Interview : José Garcia

//Interview : José Garcia

Interview : José Garcia

José Garcia  joue un aveugle (très) désinhibé dans Chamboultout, la nouvelle comédie d’Éric Lavaine avec Alexandra Lamy comme épouse et partenaire. En avant-première à Nice, il nous a parlé de son travail…  

Éric Lavaine dit de vous que vous aimez les rôles à performance. C’est ce qui vous attirait dans Chamboultout ?

Il dit ça parce que j’ai refusé plusieurs de ses propositions, au prétexte que je ne voyais pas ce que je pouvais apporter aux rôles de plus que n’importe quel autre acteur. C’est vrai que j’aime les défis.Je me shoote à l’adrénaline.Mais dans le cas de Chamboultout, ce que j’ai surtout aimé, c’est le regard différent qu’il porte sur le handicap.

Un rôle d’aveugle désinhibé : difficile de ne pas penser à Parfum de femme … 

Bien sûr que je me suis empressé de revoir le film de Dino Risi ! Mais je ne voulais surtout pas faire une performance de handicap.Le rôle exigeait de la nuance : mon personnage sait qu’il a perdu la vue, mais il croit que c’est provisoire.Et surtout il ne se rend absolument pas compte qu’il a perdu une partie de ses capacités intellectuelles. En gros, il croit qu’il va retourner au bureau dans une semaine. Comme il n’a pas la notion du temps, ce n’est pas trop grave.Mais par moments il a des éclairs de lucidité et il se rend compte…

Comment vous êtes-vous préparé  ?

J’ai travaillé avec Dominique Dumont, le codirecteur du théâtre des Bouffes parisiens qui a perdu la vue il y a quelques années.Il m’a parlé de toutes les choses du quotidien d’un non voyant. Je suis aussi allé faire un stage avec les spécialistes d’une école de chiens d’aveugle, pour apprendre à me déplacer seul en ville. Après, j’ai pris une canne et j’ai fermé les yeux. Sur le tournage, j’étais à l’isolement : on venait me chercher dans ma caravane pour m’accompagner sur le plateau.Là seulement,  j’ouvrais les yeux, car je devais jouer les yeux ouverts. C’est ça la grande difficulté de l’exercice : faire semblant de ne pas voir alors qu’on a les yeux grands ouverts. 

En dehors de celui-là, quel est le personnage que vous avez préféré jouer ?

J’ai une affection particulière pour Serge Benamou de La Vérité si je mens, évidemment.Mais celui qui m’a le plus marqué est probablement Sa Majesté Minor. Il fallait jouer à poil dans les ronces, pieds nus dans les cailloux et entouré de cochons méchants qui vous mordaient dès qu’ils pouvaient.Une vraie performance, pour le coup ! Ça a été mon plus gros bide et celui de JJ Annaud. Mais je le referai sans hésiter car c’était une expérience incroyable.

Vous vous êtes fait plus rare ces dernières années, pourquoi ?

C’est compliqué pour moi parce que je recherche des rôles originaux et que je ne veux pas exploiter mon fonds de commerce comique jusqu’à devenir pathétique. Ça m’emm… de refaire ce que j’ai déjà fait et les propositions originales sont rares. Du coup, je me suis mis à écrire : on n’est jamais aussi bien servi que par soi-même.

Quel est le rôle que vous auriez rêvé d’avoir ?

Freddie Mercury dans Bohemian Rhapsody ! J’aurais été génial (rires). Mais je n’ai pas dit mon dernier mot : s’il y a un biopic de Karl Lagerfeld, je veux le faire !

En attendant on vous verra dans la suite des Petits mouchoirs

Oui, je remplace Jean Dujardin,  puisqu’il est mort dans le premier. C’est une petite participation mais sympa, vous verrez…

By |avril 3rd, 2019|Categories: Cinéma|0 Comments

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