La Princesse de Clèves

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La Princesse de Clèves

Par MAB

 La princesse de Clèves,  tout le monde connait. Mais bien peu ont lu ce classique en entier. A peine quelques extraits pour traiter de « la Rencontre Amoureuse » en vue du bac français. On sait que le roman fut écrit anonymement par Madame de Lafayette en 1678, sous Louis XIV. Et que pour se protéger de toute censure, elle transposa son intrigue de cour – un marigot de médisances, ragots et coups tordus – un peu plus de cent ans plus tôt. Henri II étant alors le roi. Marié à Catherine de Médicis et amoureux de Diane de Poitiers, il mourut d’une blessure à l’oeil lors d’un tournoi.  Bien entendu, cette passion maudite entre une très jeune femme trop fidèle à son vieux mari et un séducteur terrassé par le coup de foudre donna lieu à des adaptations cinéma. Par exemple, celle de Jean Delannoy en 1961 avec Marina Vlady dans le rôle titre et très récemment,  La belle personne  une transposition ultra contemporaine de Christophe Honoré avec Léa Seydoux et Louis Garrel.  En revanche, on pensait l’oeuvre inadaptable en bande dessinée. Trop littéraire et implicite pour un format graphique. Or Claire Bouilhac et Catel Muller ont réussi un petit exploit inattendu. Le texte originel n’est pas trahi. Sa délicatesse, ses non dits, l’élégance du langage et la beauté des âmes… tout est là. Certaines citations sont même intégralement reprises. L’image reconstitue fidèlement les décors et costumes. Alors que le graphisme lui, notamment dans les postures et mimiques des personnages, restitue tout ce que ce texte peut avoir d’intemporel et donc d’actuel. Voire de féministe.

By |mai 10th, 2019|Categories: ça vient de sortir|0 Comments

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