Cannes 2019: Part 2

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Cannes 2019: Part 2

Par Philippe DUPUY

Après une première semaine de bonne tenue, marquée par les films de genre à dominante  fantastique et dominée par le superbe  biopic autofictionnel de Pedro Almodovar Douleur et Gloire,  le 72 e festival de Cannes s’est poursuivi par une météo maussade avec le choc esthétique du nouveau film de Terrence Malick , Une vie cachée,  sublime évocation d’un résistant Autrichien qui a refusé d’incorporer l’armée allemande pendant la deuxième guerre mondiale et le très beau Portrait de la jeune fille en feu de Céline Sciama qui mériterait, a minima,  un double prix d’interprétation pour Adèle Haenel et Noémie Merlant. Le prix masculin pourrait aller à héros du nouveau Marco Bellochio Le Traitre, un film de mafia classique mais d’une belle ampleur qui raconte l’histoire du repenti dont le témoignage  envoya 366 membres de la Cosa Nostra en prison. Alors que les frères Dardenne, Xavier Dolan, Ira Sachs livraient des copies décevantes, Quentin Tarantino, dont on n’attendait pas le Pérou,  mettait une bonne claque aux festivaliers avec son Once Upon a Time… In Hollywood, évocation mélancolique et uchronique du Los Angeles des années 60-70,  avec Brad Pitt et Leo DiCaprio en losers sympathiques et l’assassinat de Sharon Tate par la Manson family en background. Le coréen Bong Joo-ho devenait l’un des favoris de la compétition avec Parasite, une fable sur la fracture sociale qui vire à la farce macabre. Une Affaire de famille en plus méchant.  Chouchou français du festival (tous ses films y ont été sélectionnés  ou presque), Arnaud Desplechin séduisait les amateurs de classiques polars à la française avec Roubaix, une lumière tiré d’un fait divers réel. Pour sa première venue à Cannes Justine Triet faisait honneur à la sélection française avec Sibyl , une brillante comédie psychanalytique où s’illustre une nouvelle fois Virginie Efira.  Abdellatif Kechiche, par contre,  se vautrait  avec la suite de Mektoub My Love: 3h40 de vide sidéral et de popotins en folie sur de la techno de bourrin au kilomètre. Du Gaspar Noë sans drogue, ni stroboscope,  mais avec une scène de cunnilingus non simulé de 12 minutes chrono.  Heureusement,  en toute fin de Festival, le vétéran Marco Bellocchio  avec Le Traitre (grand film de mafia) et Elia Suleiman (le Tati palestinien)  avec It Must Be Heaven  faisaient oublier cet unique miscasting d’une des meilleures sélections de la décennie

 

By |mai 24th, 2019|Categories: Cinéma|0 Comments

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