J’accuse

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J’accuse

Le pitch

Jugé coupable de trahison, le capitaine Dreyfus (Louis Garrel) est dégradé en place publique et envoyé au bagne. Le colonel Picquart (Jean Dujardin), sous les ordres duquel il avait servi, est nommé à la tête du contre-espionnage après avoir été témoin du procès. Enquêtant sur un autre officier, également soupçonné d’entente avec l’ennemi, Picquart s’aperçoit que Dreyfus a été condamné à sa place et que l’armée a fabriqué des preuves pour couvrir son erreur. Dès lors, au mépris de sa carrière et de sa sécurité, il mettra tout en œuvre pour faire innocenter Dreyfus…

 

Ce qu’on en pense

Roman Polanski revisite l’affaire Dreyfus. Courage ou inconscience ? Ses détracteurs ont beau jeu de l’accuser d’avoir voulu faire un parallèle douteux avec son propre traitement médiatique et judiciaire. Lui,  se contente de répondre, pour expliquer son choix , que « Les grandes histoires font les grands films ». Celle de Dreyfus a tellement marqué la société française qu’elle est encore régulièrement citée, plus d’un siècle après les faits, chaque fois qu’il est question d’erreur judiciaire et d’antisémitisme.Le scénario, adapté du roman de Robert Harris, laisse au second plan la personnalité de Dreyfus (« Il était au bagne la plupart du temps et ne pouvait rien voir de ce qui se tramait à Paris » justifie Polanski), pour s’intéresser à celle du colonel Picquart. Pur produit de l’armée, antisémite bon teint, ayant peu de sympathie pour celui qui avait été un de ses élèves, c’est pourtant lui qui fournira la preuve de l’innocence de Dreyfus. Il se battra ensuite pour sa réhabilitation, non par humanisme ou conviction politique, comme Zola ou Clemenceau, mais par respect pour la justice. Pour Polanski,  Picquart, malgré son antisémistisme, est «un Juste». Jean Dujardin trouve dans cette incarnation son meilleur rôle dramatique , au milieu d’un casting composé d’acteurs chevronnés de la Comédie Française et d’un Louis Garrel méconnaissable en Dreyfus. La réalisation- à l’image d’une première scène impressionnante de la dégradation de Dreyfus dans la cour de l’Ecole militaire- est un pur chef-d’œuvre de classicisme. A 86 ans, Polanski retrouve  le souffle qui faisait défaut à ses dernières réalisations. J’accuse est, sans conteste, l’un de ses plus grands films. Proche du Pianiste, qui lui valu la palme d’or à Cannes, 7 César et trois Oscars. Vu le contexte de sa sortie, avec de nouvelles accusations de viol particulièrement étayées cette fois, il y a peu de chance qu’il connaisse les mêmes honneurs. 

By |novembre 14th, 2019|Categories: Cinéma|0 Comments

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