Les Misérables

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Les Misérables

Le Pitch

Stéphane (Damien Bonnard), tout juste arrivé de Cherbourg, intègre la Brigade Anti-Criminalité de Montfermeil, dans le 93. Il découvre ses nouveaux coéquipiers, Chris (Alexis Manenti) et Gwada (Djebril Didier Zonga), deux « Bacqueux » d’expérience qui se la jouent cowboys. Stéphane se rend vite compte que leur comportement ne fait qu’accentuer les tensions qui règnent entre les différents groupes du quartier. Alors qu’ils se trouvent débordés lors d’une interpellation et qu’un jeune est gravement blessé par un tir de flashball inconsidéré, ils s’aperçoivent qu’un drone filmait leurs moindres faits et gestes. Une course-poursuite s’engage dans la cité pour récupérer ces images compromettantes… 

Ce qu’on en pense

Enfant des cités de Montfermeil, où il vit toujours, membre du collectif Kourtrajmé avec ses copains Kim Shapiron et Romain Gavras, Ladj Ly ne pouvait rêver meilleure entrée en cinémaen compétition à Cannes pour son premier long-métrage, il y a  décroché le Prix du jury et son film représentera la France aux Oscars. Entamé sur un mode plutôt décontracté et souriant, sur le souvenir de la vague bleue-black-blanc-beur, avec l’étonnante Jeanne Balibar en patronne de la BAC dragueuse, bizutage du bleu et tchatche à tous les étages, le film monte progressivement en pression vers un final éprouvant, prémonitoire des récentes agressions de policiers et de pompiers dans les cités. De La Haine (dont il pourrait constituer le pendant policier), à Ma 6T va cracker en passant par Polisse et Do The Right Thing, Ladj Ly avançait en terrain balisé, voire miné, avec ce classique scénario de « film de cités ». Il s’en sort pourtant avec brio, grâce à une réalisation nerveuse, une excellente direction d’acteurs (Damien Bonnard et Alexis Manenti brigueront sans doute un César) et de très bons dialogues. Tous les personnages existent à l’écran malgré leur grand nombre (sacrée galerie de portraits !) et la montée en puissance vers le déchaînement de violence final est parfaitement gérée. Le spectateur reste scotché à son fauteuil. Certes, on pourrait se passer de la référence un peu scolaire à Victor Hugo (qui s’inspira de cet « endroit paisible sur la route de rien » qu’était à son époque Montfermeil pour y situer une partie des Misérables) dans le titre et dans la morale du film (« Il n’y a ni mauvaises herbes, ni mauvais hommes. Il n’y a que de mauvais cultivateurs »). Mais l’élève Ladj Ly réussit haut la main son entrée dans la cour des grands avec ce drame policier, qui pourra choquer certains spectateurs par son réalisme brutal, mais résonne comme un cri d’alarme dans une actualité sociale particulièrement brûlante.

By |novembre 21st, 2019|Categories: Cinéma|0 Comments

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