Parasite

Parasite

Le pitch

Toute la famille de Ki-taek (Song Kang-ho) est au chômage et vit d’expédients.  Un jour, leur fils Ki-woo (Chon Woo-sik) réussit à̀se faire recommander pour donner des cours particuliers d’anglais chez une riche famille. Il va se débrouiller pour faire embaucher les siens  sous de fausses identités et de fausses qualifications.Quitte à se débarrasser des employés de maison pour prendre leur place…

Ce qu’on en pense

Après deux gros films «américains» (Snowpiercer et Okja), Bong Joon-ho revient au pays avec une«petite» comédie noire qui a fait grosse impression à Cannes. La forme est plus modeste,  mais le réalisateur Coréen y déploie les talents de mise en scène déjà constatés dans The Host, Mother et leurs successeurs. Le début du film fait fortement songer à Une Affaire de famille, du japonais Hirokazu Kore-eda couronné d’une Palme d’or l’an dernier à Cannes. Parasite pourrait en être la version «sombre».Contrairement à ceux de Kore-eda, toujours pleins de bonté et d’humanité, les miséreux de Bong Joon-ho ont tous les défauts. Ils sentent «le vieux radis» ou le «torchon humide», n’ont aucun scrupule, boivent et mangent comme des porcs et sont prêts à tuer pour sortir de leur misérable condition.  Les riches, au contraire, sont beaux, sentent bon, vivent dans des maisons d’architecte, ont des enfants surdoués, respectent les autres et sont aimables avec le petit personnel. Ils ne sont pas «riches mais gentils», comme le croit une employée, mais «gentils parce qu’ils sont riches». Sous-entendu : ils peuvent se le permettre. La famille Ki-taek, par contre, n’a pas le choix. Si elle veut se sortir du gourbi où elle survit de boulots sous-payés et de petites arnaques, il va falloir qu’elle écrase les autres sur son passage, comme les cafards qui infestent son appartement. Ce qu’elle va s’employer à faire avec un bel abattage…  Pour dénoncer le délitement des valeurs et la fracture sociale dans son pays, le réalisateur coréen n’y va pas avec le dos de la cuillère. Quitte à forcer  sur la métaphore et les effets comiques. Entamé comme une tragicomédie sociale à la Affreux, sales et méchants, le film vire à la farce macabre dans sa deuxième partie. Un mélange des genres qui a séduit le jury de Cannes. Deuxième favori de la critique, Bong Joon-ho y a obtenu la Palme d’or, comme Kore-eda l’année précédente. Une affaire de famille de cinéma, sans doute…  

 

By |décembre 4th, 2019|Categories: ça vient de sortir|0 Comments

About the Author:

Leave A Comment

17 + six =