Une vie cachée

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Une vie cachée

 Le pitch

1939 : Franz Jägerstätter (August Diehl), paysan autrichien, refuse de se battre aux côtés des nazis. Reconnu coupable de trahison par le régime hitlérien, il est passible de la peine capitale. Mais porté par sa foi et son amour pour sa femme, Fani (Valerie Pachner), et ses enfants, Franz reste inébranlable

Ce qu’on en pense

Depuis sa Palme d’or, décrochée en 2011 avec The Tree of Life , on pensait avoir perdu Terrence Malick. Ses derniers films , A la merveille , Knight of Cups et Song to Song ont déconcerté ses admirateurs les plus fervents et fini de décourager les plus tièdes. Trop d’élégie tue l’élégie !  C’est donc avec appréhension qu’on se préparait à affronter trois heures d’images d’alpages, de musique sacrée et de considérations philosophico-religieuses en voix off. Et bim ! Malick sort de son fameux chapeau de cowboy ce qui est probablement son meilleur film depuis Le Nouveau monde (2005)Une Vie cachée débute, à la veille de la deuxième guerre mondiale sur des images de parades nazies à Berlin.Dans leur village des montagnes autrichiennes, Franz Jägerstätter (August Diehl) et sa famille croient vivre «au dessus des nuages» qui s’accumulent au dessus de l’Europe. L’orage éclate en mai 39 avec la convocation de Franz à la caserne la plus proche pour faire ses classes.Rapidement démobilisé, car plus utile comme cultivateur que comme soldat, il en garde une aversion tenace pour la vie militaire et la doctrine nazie. Alors que les autres habitants du village se laissent convaincre par la figure du führer et ses thèses racistes, Franz prévient qu’il n’ira pas se battre pour des idées qu’il ne partage pas. Il n’en démordra plus. Menacé, emprisonné, battu, humilié, jugé et finalement condamné à mort, il refusera même de servir comme infirmier pour sauver sa vie et faciliter la vie de sa femme (merveilleuse Valerie Pachner) et celle de ses enfants. Exécuté, il sera béatifié par Benoît XVI en 2007 (le film ne le dit pas, mais l’inspiration religieuse est évidente). Terrence Malick filme le martyre de cet homme comme la Passion du Christ,  avec l’ampleur d’une symphonie pastorale. La photographie (signée Joerg Widmer) est tout simplement magnifique et, pour une fois, le propos a le mérite d’être clair. Le film s’achève sur une très belle citation du Middlemarch de George Eliot : «Le bien croissant du monde dépend en partie d’actes non historiques ; et si les choses ne vont pas pour vous et moi aussi mal qu’elles auraient pu aller, nous en sommes redevables en partie à ceux qui ont vécu fidèlement une vie cachée et qui reposent dans des tombes délaissées». La résistance d’un seul homme vaut pour toute l’Humanité. On  pourra, certes, regretter la fâcheuse tendance de Malick à la logorrhée visuelle et son usage immodéré du grand angle. Une Vie cachée dit en trois heures ce qui aurait pu être exposé en deux. Il n’en reste pas moins que c’est un grand film. Comment le jury Cannois a pu y rester insensible demeure un mystère. 

 

 

By |décembre 12th, 2019|Categories: Cinéma|0 Comments

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