Le Prince Oublié

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Le Prince Oublié

Le Pitch

Sofia (Sarah Gaye), 8 ans, vit seule avec son père (Omar Sy). Tous les soirs, il lui invente une histoire pour l’endormir. Ses récits extraordinaires prennent vie dans un monde imaginaire où l’héroïne est toujours la princesse Sofia, et son père, le Prince courageux. Mais quand Sofia rentre au collège, elle rêve plutôt du Prince Charmant. Papa-Prince va-t-il devoir s’inscrire au chômage ?

Ce qu’on en pense

Vous avez dit  Pixar ? Les studios américains auraient pu avoir cette idée de scénario, qui mélange Vice Versa et Toy Story. Le passage à l’adolescence, le rapport au père (poule) et à la mère (morte), la romance du papa rêveur (Omar Sy) avec la voisine futée (Bérénice Béjo), le monde de l’enfance représenté comme un studio de cinéma, les clins d’œil à la culture ciné (de Blanche Neige à The Artist) et pop… On imagine bien les armées de scénaristes et de dessinateurs de Pixar plancher sur le sujet  et accoucher d’un nouveau chef-d’œuvre à la Toy Story. Sauf que c’est un scénariste français (Bruno Merle) qui a eu l’idée du film et que c’est Michel Hazanavicius (OSS 117, The Artist) qui l’a réalisé. Sans avoir l’air fauché, le résultat laisse quand même un goût de « pas assez ». Pas assez développé, pas assez écrit, pas assez designé (les décors et les effets numériques sont criards et moches), pas assez incarné, surtout. Le sourire solaire, la dégaine et l’humour au second degré d’Omar Sy ne suffisent pas à donner un supplément d’âme à cette jolie fable. A-t-on vraiment envie de le voir en collant fluos ? Le rôle, en tout cas, ne risque pas de lui valoir un Oscar. À ses côtés, François Damiens incarne un méchant assez truculent et Bérénice Bejo est l’atout charme du film. Mais elle est beaucoup moins bien filmée que dans The Artist et son personnage manque de peps. Hazanavicius, dont on avait beaucoup aimé la parodie de Godard (Le Redoutable), semble ici perdu hors de son continuum temporel, qui débute aux slapsticks (The Artist), passe par l’âge d’or d’Hollywood (La Classe américaine ) et s’arrête peut-être à Godard. On ne le sent pas totalement investi dans le projet. Le Prince oublié reste un chouette film, divertissant et drôle.Mais on a l’impression que le réalisateur est passé à côté de quelque chose. Un grand film, peut-être. 

 

By |juin 17th, 2020|Categories: ça vient de sortir|0 Comments

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