Angoulême 2020 : Part 4

//Angoulême 2020 : Part 4

Angoulême 2020 : Part 4

(Photo Chloe Harent)

Par Pauline Smile

Allier comédie et  film conceptuel n’est pas chose aisée. C’est le projet ambitieux de Laurent Tirard (Le Retour du héros, Un Homme à la hauteur) pour son dernier long métrage Le Discours labellisé Cannes 2020. Au cours d’un repas de famille, Adrien attend vainement que Sonia réponde à son sms, mettant ainsi un terme à leur « pause sentimentale ». C’est le moment que choisit Ludo, son futur beau-frère, pour lui demander de faire un discours le soir de son mariage… Adapté du roman éponyme de Fabcaro, le film prend le parti de l’alternance des scènes de repas et de monologue intérieur face cam’ qui amène à retranscrire visuellement l’imaginaire paniqué d’Adrien. Une comédie originale, radicale dans sa mise en scène, même si la tenue en longueur du concept crée par moments, une certaine  lassitude. Cette baisse de régime est cependant compensée par Benjamin Lavernhe,  impeccable dans le rôle d’Adrien (Sortie le 23 décembre)

Cette année à Angoulême,  la guerre d’Algérie est à la mode. Ainsi, après Lucas Belvaux et son percutant long métrage Des Hommes, c’est au tour de Jean Pierre Améris d’aborder le sujet en toile de fond dans Profession du père. Emile âgé de douze ans, voit son père comme un héros, à travers les histoires fantastiques et émoustillantes qu’il lui conte. Il lui confie donc une mission top secrète: tuer le  Général De Gaulle pour sauver l’Algérie française. Dans les rôles phares, Benoît Poelvoorde (parfois en surjeu) et le très prometteur Jules  Lefebvre, sont très à leur aise et apportent une belle intensité à la relation père /fils des deux héros. Audrey Dana, dans le rôle de la mère, est plus en retrait. Image de la femme soumise des années 60, violence conjugale, autorité et domination du père, folie sous-jacente… Quand les yeux de l’enfant s’ouvrent peu à peu et que les rêvent s’écroulent, la brutalité de la réalité familiale laisse place au déni (pour la mère) ou permet au contraire l’émancipation (pour Emile). Intéressant, certes, mais si le long métrage ne manque pas d’attraits et reste sérieusement traité, la réalisation est banale et la fin traîne inutilement en longueur. C’est dommage !

.

By |septembre 2nd, 2020|Categories: Cinéma|Tags: |0 Comments

About the Author:

Leave A Comment

17 − 9 =