Citoyens du monde

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Citoyens du monde

Par Philippe DUPUY

Le pitch

Il n’est jamais trop tard pour changer de vie. Deux retraités, le Professeur (Gianni Di Gregorio), qui a enseigné le latin toute sa vie, et Giorgetto (Giogio Collangelli) , Romain pur jus qui touche une pension de misère, se disent qu’ailleurs, dans un autre pays, l’herbe sera plus verte et leur pouvoir d’achat plus conséquent. Ils sont rejoints dans leur projet de départ par Attilio (Ennio Fantastichini), antiquaire bohême et grande gueule. Déménager, mais où ? C’est la première question, et peut-être déjà celle de trop. Tant bien que mal, le trio s’organise. Il faut faire ses adieux, retirer ses économies, etc. Mais le plus dur dans l’exil, c’est quand même de partir… 

Ce qu’on en pense

En quelques films (Le déjeuner du 15 août, Gianni et les femmes, Bons à rien), Gianni Di Gregorio s’est imposé comme l’héritier des grands de la comédie italienne. Comme eux, il s’attache à mettre en scène (et à interprêter)  les “soliti ignoti” , ces “petites gens qu’on ignore”,  dont  Mario Monicelli avait tiré le titre original du Pigeon. Le réalisateur romain s’attaque, cette fois, aux fantasmes d’évasion fiscale de ses concitoyens les plus âgés qui, par centaines, émigrent au Portugal ou en Asie pour redonner un peu de pouvoir d’achat à leurs maigres pensions de retraite. Une idée que lui a, paraît-il, soufflé Matteo Garrone,  pour lequel Di Gregorio avait écrit l’adaptation de Gomorra. Avançant au rythme pépère de ses héros,  par  petites saynette burlesques  et attendrissantes, le film s’attache à montrer qu’il y a loin du rêve à la réalité. Par un effet facile mais efficace (l’arrivée dans le quartier d’un jeune migrant africain en quête de visa pour le Canada), il montre aussi le décalage entre le ressenti de nos héros, fauchés mais ne manquant de rien, et la réalité de l’émigration.  Une comédie italienne comme on les aime: al dente ! 

By |décembre 26th, 2020|Categories: Cinéma|0 Comments

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