Effacer l’historique

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Effacer l’historique

Par Philippe DUPUY

Le Pitch

Dans un lotissement en province, trois voisins sont en prise avec les nouvelles technologies et les réseaux sociaux. Il y a Marie (Blanche Gardin), victime de chantage avec une sextape, Bertrand (Denis Podalydès) , dont la fille est harcelée au lycée, et Christine (Corinne Masiero), chauffeur VTC dépitée de voir que les notes de ses clients refusent de décoller.Ensemble, ils décident de partir en guerre contre les géants d’internet. Une bataille foutue d’avance. Quoique…

Ce qu’on en pense

L’oeuvre cinématographique (car c’en est une) de Kervern et Delepine pourra un jour servir de base d’étude sociologique sur les transformations de la société française et sa capacité de résistance au changement. Après avoir évoqué la crise du capitalisme (Louise Michel), celle des retraites (Mammuth), du commerce (Le Grand soir) , de l’Agriculture (Saint Amour) et les mirages de la start-up nation (I Feel Good), il était logique qu’ils s’attaquent aux méfaits d’internet et des réseaux sociaux sur le petit peuple de France. C’est ce qu’ils font dans Effacer l’historique,  par le truchement de trois paumés comme on n’en trouve que dans leurs films (et dans la vie réelle, hélas : les tribunaux et les hôpitaux psychiatriques en sont pleins). Dans leur veine farcesque habituelle (mélange d’humour potache, de burlesque et de grosse satyre à la Groland), ils partent sabre au clair à l’assaut des GAFA (Google,Apple, Facebook, Amazon), de Netflix et des réseaux sociaux, avec un trio de pieds nickelés pas piqué des hannetons, mené par Blanche Gardin, épatante dans son premier “premier rôle”,  et une ribambelle de “guests” (quasiment tous les acteurs de leurs précédents films,  à l’exception notable de Depardieu). Ça défouraille à tout va : surendettement,  uberisation, cyber harcèlement, addiction aux séries… Tout y passe. Sans trop de discernement ni de finesse, mais ça soulage.  Même si l’image de la société française que renvoient les deux acolytes à travers le miroir à peine déformant de leurs films, est, au final, plus déprimante que drôle… Premier film post-gilets jaunes (les trois personnages se sont connus sur un rond point), Effacer l’historique est peut-être le plus désespéré de leur filmographie. N’ayant rien gagné, ni appris du mouvement, leurs personnages continuent de s’enfoncer toujours plus profond dans la mouise.

 

By |décembre 26th, 2020|Categories: Cinéma|0 Comments

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