Festival Saint Valentin

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Festival Saint Valentin

Pour ce week-end de Saint Valentin particulier, avec des salles de cinéma toujours fermées,  nous vous avons concocté une sélection de films d’amour (ou assimilés) récents à (re)voir en streaming ou en VoD

Malcolm & Marie (Netflix)

Une scène de ménage d’1h47 qui vaut son pesant de vaisselle cassée. Jeune cinéaste prometteur,  Malcolm (John David Washington) a oublié de remercier Marie (Zendaya) pour sa contribution au scénario du film qu’elle a largement inspiré et qu’il vient de présenter avec succès en avant première. Grave erreur : Marie n’est pas de celle qui s’écrasent ou qu’on peut écraser de sa superbe ni de son  génie, réel ou supposé. Elle va le lui faire savoir au cours de longues joutes verbales filmées avec virtuosité  par Sam Levinson.

 

The Nest (Canal+) 

Sean Durkin filme la chute d’un flambeur et le délitement de son couple comme s’il était aux commandes d’un film d’horreur. La mise en scène distille une tension qui jamais ne s’apaise et la direction d’acteurs magnifie le couple formé par Jude Law et l’inconnue Carrie Coon, qui piétine sans vergogne les plate-bandes de Cate Blanchett. En d’autres circonstances, le film aurait eu sa place en compétition à Cannes. Prix de la critique, Grand Prix  et  Prix de la révélation à Deauville.

 

Les Apparences (VoD)

Connu pour ses comédies (Pauline Detective, Maman a tort, Selfie…),  Marc Fitoussi s’attaque au polar Chabrolien,  avec cette adaptation d’un roman suédois de Karin Alvtegen. Une réussite. La réalisation est élégante, les acteurs sont excellents : Biolay hautain comme jamais, Karin Viard  parfaite en parvenue vieillissante,  craignant de perdre son mari-trophée et le train de vie qui va avec, Laetitia Dosch idéale en maîtresse dans les deux sens du terme et  Lucas Englander, inquiétant en amant harceleur. Il ne manque qu’un peu de perversité façon  Polanski ou Verhoeven, ou de méchanceté à la Ulrich Seidl ou à la Haneke pour que le film dépasse le niveau du simple exercice de style et aille creuser, comme son titre l’y engageait, au-delà des apparences.

 

Les Choses qu’on dit, les choses qu’on fait (VoD)

Le dernier long métrage du Marseillais Emmanuel Mouret, interprété avec tact et sensibilités par Niels Schneider, Camélia Jordana, Vincent Macaigne et Emilie Dequenne, se déguste comme un vaudeville moderne à l’écriture délicieusement surannée. Idéal pour la Saint Valentin et favori pour les César 2021 avec 13 nominations. 

 

Antoinette dans les Cévennes (VoD)

Découverte dans la série Dix pour cent, Laure Calamy trouve ici un premier rôle à sa mesure : elle donne beaucoup de douceur à son personnage qui, sans elle aurait pu n’être qu’une Bridget Jones à la campagne. On comprend que tout le monde l’aime sur le chemin de Stevenson,  où le personnage part rejoindre son fuyant amant (Benjamin Lavernhe). Le plus surprenant dans ce feelgood movie très grand public , qui donne envie d’aller marcher dans la montagne,  c’est finalement le label Cannes 2020 qui lui a été accolé. Même les redoutables sélectionneurs Cannois ont craqué pour le film de Caroline Vignal :  vous devriez en faire autant !

 

Pieces of a Woman (Netflix)

superbe portrait de femme en forme de mélodrame, Pieces of a woman  suit la reconstruction d’une jeune mère après la perte de son premier enfant à l’accouchement. Réalisation virtuose (le plan séquence d’accouchement  restera dans les annales) et intimiste à la fois, direction d’acteur au top, casting parfait  (Vanessa Kirby découverte en sœur de la reine dans The Crown a reçu le prix d’interprétation à Venise pour son rôle de mère éplorée, Shia LaBeouf est trés bien aussi dans celui du mari), scénario impeccable le film coche toutes les bonnes cases. Pour sa première réalisation hors de son pays, Kornel Mundruczo signe une oeuvre bouleversante, dont l’atmosphère enneigée et la localisation dans le Massachussets pourront rappeler à ceux qui l’ont vu le très beau Manchester By the Sea de Kenneth Lonergan, autre grand film sur le travail de deuil…

 

Je veux juste en finir (Netflix)

Bienvenue dans le film le plus barré de Netflix ! On y suit pendant plus de deux heures et  dans un format d’image rarement utilisé (le 1.33), le couple formé par Jesse Plemmons (vu dans Fargo 2, Barry SealThe Irishman ) et Jessie Buckley (Le Voyage du Dr Dolittle) dans leur trajet en voiture vers la ferme des parents  du jeune homme. Entamé comme un road movie auteuriste et bavard, dans lequel la jeune femme rumine des pensées de séparation pendant que son fiancée pérore et chantonne au volant avec une voix de psychopathe,  le film vire au délire Lynchéen à l’arrivée dans la ferme des parents (qui changent d’âge et de comportement à chaque plan) puis au survival  dans la dernière partie lorsque, sur le chemin du retour pendant une tempête de neige, le couple s’arrête dans un bâtiment désert à la Shining.  Comme si ce n’était pas suffisant pour dérouter le spectateur, la séquence finale est digne d’un musical. Les ombres de David Lynch, Hitchcock et Kubrick planent sur ce film halluciné et hallucinant

 

A Ghost Story (Netflix)

Un petit chef d’œuvre poétique, signé David Lowery , qui a raflé trois prix (Prix du jury ex æquo, prix de la révélation, prix de la critique) à Deauville. L’histoire d’une jeune femme qui a perdu son mari et sent encore sa présence fantômatique dans leur maison. Entamé comme un nouveau Paranormal Activity, avec longs plans fixes et musique angoissante, A Ghost Story glisse insensiblement vers le surréalisme et, après un long plan fixe sur Rooney Mara en train de manger une tarte pour tromper son chagrin, finit par former une vaste fresque temporelle qui va de l’Amérique des pionniers à nos jour. Le tout en 1h30 chrono et sans quitter la maison abandonnée, où le fantôme de Casey Affleck (couvert d’un drap blanc avec deux trous pour les yeux) semble condamné à errer pour l’Éternité…

 Ondine (VoD)

Ondine (Paula Beer)  vit à Berlin, elle est historienne et donne des conférences sur la ville. Quand l’homme qu’elle aime la quitte, le mythe ancien la rattrapeA quoi tient l’enchantement d’un film comme celui là ? Au charme d’une actrice, Paula Beer, déjà aimée ailleurs (chez François Ozon, en particulier),  mais ici révélée dans toute la sensualité animale d’une jeune Brigitte Bardot. A celui d’un partenaire (Franz Rogowski) qui serait un peu comme le Joaquin Phoenix allemand. A la mise en scène toute en fluidité d’un Christian Petzold , dont on se souvient avoir aimé tous les films (Transit, Phoenix, Barbara…). A quelques notes de piano dans l’adagio en ré mineur du concerto BWV 974 de JS Bach. Au mythe d’Ondine, fée aquatique et vengeresse, qui hante sans doute quelque part notre inconscient. Petzold le revisite dans un Berlin, dont l’héroïne, conférencière free lance pour un musée d’achitecture, nous apprend qu’elle a été construite sur des marais asséchés,  d’où ne demandent qu’à remonter quelques mythes engloutis.

I’m Your Woman (Amazon Prime)

Oh, le beau polar au féminin ! Ils ne sont pas légion et celui là sort vraiment du lot. Signé Julia Hart (Miss Stevens, Stargirl),  il conte la cavale de Jean (Rachel Brosnahan, découverte dans la série La Fabuleuse Miss Maisel), femme de voyou incapable de se faire cuire un oeuf, avec, comme chaperon,  un inconnu envoyé par son mari pour la mettre à l’abri après qu’il ait tué son boss (ce qui dans la mafia est toujours mal vu…).  Entamé comme un portrait de “Desperate Housewife” (Jean s’ennuie à mourir et fume des clopes en peignoir dans le jardin, en attendant que son mari rentre du boulot), le film vire au drame conjugal  (Jean ne pouvant avoir d’enfant, son mari lui en procure un),  puis au road movie seventiespour finir sur une très moderne histoire d’amitié et de solidarité féminine.

 

 

By |février 13th, 2021|Categories: Cinéma|0 Comments

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