Interview : Matthias Schoenaerts

//Interview : Matthias Schoenaerts

Interview : Matthias Schoenaerts

Par Ph.D

Après NevadaBlood Ties,  Frères ennemis et Bullhead, le belge Matthias Schoenaerts incarne une fois de plus un malfrat taiseux et amateur de coups de poings dans le polar Sons of Philadelphia de Jérémie Guez. Il nous a parlé (par Zoom, pandémie oblige)  de ce rôle  qui, décidément, lui colle à la peau…

Votre personnage ressemble beaucoup à celui de Jacky, avec lequel on vous a découvert il y a dix ans dans Bullhead, ainsi qu’ à plusieurs autres de votre carrière. C’est ce qu’on appelle un emploi, non?  

Il y a des similitudes, c’est sur. Ce sont des personnages déchirés. Ils se conforment à ce qu’on attend d’eux dans l’univers dans lequel ils évoluent, mais ont en eux une autre personne qu’ils n’ont jamais réussi à faire exister. C’est une réalité qui touche beaucoup de monde, j’ai l’impression. Confrontés à des évènements qui déterminent leur avenir, ces gens prennent des décisions en désaccord avec leur personnalité profonde. Ils ne vivent pas la vie qu’ils auraient souhaité et se sentent coupables de cela,  même s’ils n’en sont pas seuls responsables.

Les voyous que vous jouez sont plus réalistes que dans la plupart des films de genre. Vous en donnez une incarnation presque intime…

Tels que je les vois, ce sont des mecs  simples qui font ça comme un boulot normal. Certaines personnes n’ont que ce moyen pour survivre. Sons of Philadelphie  envisage ce genre de criminalité comme un phénomène social. Ce n’est pas seulement un film de genre,  mais le reflet d’une réalité hélas criante aux Etats-Unis.

Après Nevada, ce nouveau tournage aux States vous pousse-t-il à envisager d’y faire carrière ? 

Je ne raisonne pas de manière. Le point de départ,  c’est toujours la passion du cinéma et l’histoire qu’on veut raconter. J’aime tourner partout dans le monde, sans distinction. Les Etats-Unis, je les ai découverts à 24 ans quand j’y suis allé finir mes études d’art. Je faisais du graffiti à l’époque et j’étais allé peindre à New York et à Philadelphie justement.  J’y ai découvert la grande pauvreté et l’insécurité qui règnent dans les banlieues des grandes villes. Quinze ans plus tard, la situation est encore pire. Dans certains quartiers, la misère est pire que dans le tiers monde. Une des forces du film est d’évoquer cet échec du rêve américain.

By |mai 25th, 2021|Categories: Cinéma|0 Comments

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