Villa Caprice

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Villa Caprice

Par Philippe DUPUY

Le pitch

Avocat célèbre, Luc Germon (Niels Arestrup) pense atteindre la consécration lorsque Gilles Fontaine (Patrick Bruel), l’un des patrons les plus puissants de France, lui demande de prendre sa défense. L’homme d’affaires est soupçonné d’avoir acquis dans des conditions douteuses une magnifique propriété sur la Côte d’Azur, la Villa Caprice. Humilié et furieux de s’être laissé piéger, Fontaine compte sur l’habileté de Germon pour le tirer de ce mauvais pas. Mais une étrange relation de pouvoir s’installe bientôt entre les deux hommes, en principe alliés. Qui prendra l’avantage ?

Ce qu’on en pense

A l’origine du projet, la journaliste Pascale Robert-Diard n’a pas eu à fouiller beaucoup dans ses souvenirs de chroniqueuse judiciaire pour torcher ce scénario mettant en scène un homme d’affaires véreux, un couple d’élus ripoux  et un ténor du barreau. Des noms viennent rapidement à l’esprit si on cherche qui a pu inspirer les personnages joués par Patrick Bruel (l’homme d’affaires imbu de sa personne), Eva Darlan (l’épouse trompée et revancharde) et Niels Arestrup (la diva du barreau)…  Mais plus que l’intrigue judiciaire et politique, c’est le rapport  entre l’avocat et son riche client qui a intéressé Bernard Stora (Consentement mutuel, L’Ainé des Ferchaux, La douce empoisonneuse…) dans cette histoire qui tourne à la manipulation et aux jeux de pouvoirs et de perversion narcissique. Le personnage de l’avocat, célèbre mais torturé (il vit avec son père sénile qui le traite de flotte)  offre à Niels Arestrup l’occasion d’une de ces compositions possédées dont il a le secret. Mais sa prestation  fait de l’ombre à ses malheureux partenaires,  qui ont beaucoup de mal à exister à l’écran face à lui. Tout comme la Côte d’Azur, réduite à quelques vues aériennes de Cap Camarat et de la fameuse Villa qui donne son titre au film (le château Volterra à Ramatuelle en réalité). Le réalisateur cherche vainement à créer des ambiances hitchcockiennes et la fin tombe comme un cheveu sur la soupe, laissant le spectateur (et toute la partie judiciaire de l’histoire) en plan. Ce qui pourrait laisser dire à un émule d’Hervé Villard que Villa Caprice, c’est pas fini.

By |juin 2nd, 2021|Categories: Cinéma|0 Comments

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