Les couleurs de Nadia est la première exposition inédite et monographique qu’un musée de France consacre à l’épouse de Fernand Léger sur le territoire national. Pour réhabiliter le travail méconnu de cette artiste,  qui a sans doute eut le tort d’être la femme d’un peintre célèbre,   le musée de l’Annonciade a fait le choix de montrer la diversité de sa production,  depuis sa formation en Biélorussie jusqu’à sa disparition dans le Var en 1982. Dans un musée consacré et dédié aux peintres inspirés par la couleur, ce titre est comme un clin d’œil à la reconnaissance des artistes femmes.

Le musée de l’Annonciade, créé en 1922, rappelle que la ville de Saint-Tropez a été l’un des foyers les plus actifs de l’avant-garde picturale au début du XXe siècle, grâce à Paul Signac qui y accosta en 1892 à bord de son yacht L’Olympia. Séduit par le pays, Signac y acheta une maison dont il fit son atelier, La Hune, et y invita de nombreux peintres : Cross, Matisse, Derain, Marquet. Les collections présentées, s’échelonnant entre 1890 et 1950 sont surprenantes, autant par leur qualité que par leur homogénéité. L’ensemble des artistes exposés ont fondé leur travail à partir d’une réflexion sur la couleur tout en restant fidèles à la figuration. Cet ensemble est composé de peintures de premier ordre, appartenant essentiellement aux mouvements pointilliste, nabis et fauve.