Cannes 2021: Part 2

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Cannes 2021: Part 2

Par Philippe Dupuy

Grace aux traits d’esprit du serveur central orwellien du Festival (voir épisodes précédents et la chanson Monde Nouveau de Feu! Chatterton), on voit des films dans des endroits inédits, cette année à Cannes. Au troisième jour, alors que l’on se dirigeait vers Jane par Charlotte, le film de Charlotte Gainsbourg sur sa mère (anecdotique : on ne peut quand même pas être douée en tout),  on est même tombé sur l’inauguration d’un multiplexe  pharaonique à Mandelieu La Napoule. Le Cineum Cannes (c’est son nom), 12 salles dont une Imax, 2400 fauteuils, un resto, un bar une salle d’expositions,  n’ouvrira ses portes au public qu’après le festival,  mais il sert déjà à abriter les projections de rattrapage pour les aventuriers retardataires. Aussi brillant de l’extérieur que sombre à l’interieur, l’endroit est d’un modernisme effrayant. D’après Pierre Lescure, qui était là pour l’inaugurer, on peut même inverser le sens des escalators d’un coup de clé. C’est dire !

Retourner ensuite à La Licorne (Cannes La Bocca), où on n’avait plus mis les pieds depuis 30 ans pour une projection festivalière, fut comme un choc. Mais rien à côté de celui procuré par le documentaire de Todd Haynes sur le Velvet Underground. Entendre la musique monstrueusement dissonante des deux premiers albums à fond de ballon sur la sono d’un cinéma est une expérience qu’on recommande à tous les fans.  Pour ce documentaire produit par Apple (et probablement destiné à sa plateforme de streaming), Haynes a monté des millions d’images et d’archives sonores. Elles racontent, chronologiquement, l’histoire du groupe qui, grâce à l’intiuition géniale d’Andy Warhol et aux chansons de Lou Reed, fit entrer l’art contemporain dans le rock (et vice versa) . Les deux membres survivants, John Cale et Maureen Tucker,  interviennent longuement face caméra, de même que l’hurluberlu Jonathan Richman, fan de la première ( et de la dernière) heure,  qui se souvient avoir vu au moins 70 concerts du Velvet. Le film se termine (étrangement) sur le show case que Nico, Lou Reed et John Cale donnèrent au Bataclan en 1972. On peut le regarder sur le site de l’Ina en attendant la sortie du film. Pour se finir,  la romance moderne de Joachim Trier Julie en 12 chapitres (The Worst Person in the World en VO) nous a planté une flèche dans le cœur pour Renate Reinsve, qui tient le rôle principal et sera notre première favorite pour le prix d’interprétation. Le film, lui, mériterait au moins un prix de mise en scène. 

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By |juillet 9th, 2021|Categories: Cinéma|0 Comments

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