Nicolas Mathieu : Connemara

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Nicolas Mathieu : Connemara

Par MAB

Nicolas Mathieu récidive. Son nouveau roman après, « Nos enfants après eux » (prix Goncourt 2018) utilise les mêmes recettes – cela n’a rien de dépréciatif – que le premier. Tant mieux, puisque, c’est Le succès littéraire de ce début d’année. Une œuvre en tête de gondole, dont tout le monde parle, que chacun lit et dans lequel le plus grand nombre se reconnaît. Malin d’ailleurs de l’avoir titré « Connemara » comme cette incontournable chanson de Michel Sardou qui anime aussi bien les bals populaires que les mariages ou les fêtes arrosées des écoles de commerce. Même observation sociologique et politique que l’ouvrage précédent, donc. Même territoire également, bien connu de ce natif d’Epinal. Sauf que, cette fois, les personnages que Mathieu observe d’un œil pointu, ne sont plus des ados mais des quadragénaires oscillant entre nostalgie du passé et amertume du présent. Hélène, par exemple, à qui l’écrivain a donné le prénom porté par Romy Schneider dans « Les choses de la vie » de Sautet. En cette année 2017, alors que la présidentielle approche, cette exécutive woman est l’électrice type du défenseur de la « start up nation ». Originaire d’un bourg de Meurthe et Moselle, elle s’est, grâce à ses performances scolaires, extirpée de son milieu populaire pour intégrer un cabinet de consulting florissant. Or, entre le trop plein de réunions jargonnantes, les deux enfants et un mari jamais là, cette quadragénaire se remet mal d’un burn out et ne peut nommer ce qui ne va pas dans sa tête. « On peut avoir réussi sur le papier et se demander « Et après « … » explique le romancier. Alors Hélène fouine sur Tinder, cherche de nouvelles sensations et émotions. Jusqu’au jour où elle tombe sur Christophe, le beau gosse que toutes les filles voulaient au lycée. Or l’ancien hockeyeur, divorcé, est resté scotché à Cornecourt. Forcé de vivre chez son paternel en bataillant pour la garde de son fils… A vous de lire la suite. Sachez juste que Nicolas Mathieu continue à faire tomber les masques de notre époque. Son volume est ample. Sa plume, toujours aussi vive et acérée. Elle dit le monde d’aujourd’hui avec la langue d’aujourd’hui comme le faisaient Balzac et Flaubert du monde d’hier avec leurs mots d’hier. 

By |février 18th, 2022|Categories: ça vient de sortir|0 Comments

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