Madres Paralelas

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Madres Paralelas

Par Philippe DUPUY

Le pitch

Deux femmes, Janis et Ana, se rencontrent dans une chambre d’hôpital sur le point d’accoucher. Elles sont toutes les deux célibataires et sont tombées enceintes par accident. Janis (Penelope Cruz), d’âge mûr, n’a aucun regret et durant les heures qui précèdent l’accouchement, elle est folle de joie. Ana (Milena Smit) en revanche, est une adolescente effrayée, pleine de remords et traumatisée. Janis essaie de lui remonter le moral alors qu’elles marchent telles des somnambules dans le couloir de l’hôpital. Les quelques mots qu’elles échangent pendant ces heures vont créer un lien très étroit entre elles, que le hasard se chargera de compliquer d’une manière qui changera leur vie ….

Ce qu’on en pense

De moins en moins flamboyant, mais toujours adepte du mélo,  Pedro Almodovar livre une nouvelle reflexion sur la mémoire, le mensonge, la famille et  la culpabilité,  avec cette histoire d’échange de bébés à la maternité doublée d’une recherche historique sur les crimes du franquisme. Son égerie de toujours, Penelope Cruz,  joue le rôle de Janis, une plus toute jeune femme,  engrossée “à l’insu de son plein gré” par un partenaire occasionnel,  sur lequel elle comptait plutôt pour faire réouvrir une fosse commune,  où nombre d’hommes de son village auraient été jetés durant la guerre civile, après avoir été exécutés par la milice franquiste.  Un “devoir de mémoire” qui s’accommode mal du secret qu’elle porte : son bébé a été échangé avec celui de la jeune femme qui partageait sa chambre à la maternité. Lorsque cette dernière vient lui apprendre qu’elle a perdu le bébé victime d’une mort subite, Janis se trouve devant un choix cornélien : dire la vérité et perdre sa dernière chance d’avoir un enfant, ou garder le silence et trahir ses propres idéaux.  D’une facture très (trop ?) sage, ce nouveau mélo Almodovarien n’atteint certes pas les sommets de sa filmographie. On le situera plutôt dans la lignée de  Julieta sorti en 2016, plusieurs crans en dessous de son vrai-faux autoportrait Douleur et Gloire (2019). On aime surtout le film pour le regard que le cinéaste porte sur ses deux actrices ( Milena Smit, révélation du film, aurait largement mérité de partager le prix d’interprétation de Penelope à Venise) et pour son scénario qui oblige le spectateur, homme ou femme, à se poser la question : qu’aurais-je fait à la place de Janis ?

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By |avril 18th, 2022|Categories: ça vient de sortir|0 Comments

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