Maigret

Maigret

Par Ph.D

Le pitch

Le commissaire Maigret (Gérard Depardieu) enquête sur la mort d’une jeune fille (Clara Antoons). Rien ne permet de l’identifier, personne ne semble l’avoir connue, ni se souvenir d’elle. Il rencontre Betty (Jade Labeste), une délinquante  qui ressemble étrangement à la victime, et réveille en lui le souvenir d’une autre disparition, plus ancienne et plus intime…

Ce qu’on en pense

Décidément, Simenon inspire Patrice Leconte. Maigret, son 30e long métrage,  est une réussite digne de M. Hire (1989). Gérard Depardieu, monstrueusement humain, y tient le rôle du fameux commissaire,  dans un mastic, des éclairages et des graphismes qui rappellent qu’avant de devenir réalisateur, Patrice Leconte était bédéaste. Plus qu’à la reconstitution du Paris des années 50, Leconte s’attache à en retrouver l’atmosphère,  dans un film expressionniste sur lequel flotte l’ombre de Murnau. La réalisation ne se réduit toutefois pas à un simple exercice de style : l’adaptation de Maigret et la jeune morte, publié en 1954, permet de s’intéresser à l’homme derrière le policier,  à ses failles et à ses peines. Marqué par le deuil de sa seule enfant, privé de sa pipe et des plaisirs de la table, Maigret traine sa lourde carcasse et murmure plus qu’il ne parle. Au bout du rouleau, il retrouve pourtant foi en l’humanité dans les grands yeux d’une fille perdue (Jade Labeste) qui lui rappelle et la morte et sa fille. Bien entouré (Mélanie Bernier, André Wilms dans une de ses dernières apparitions marquantes…) et toujours là quand il faut, Depardieu mobilise pour le rôle les merveilles de sensibilité qu’il sait déployer sur scène lorsqu’il chante Barbara. Bon sang, mais c’est bien sûr ! Maigret, c’est tout lui.  

By |juin 23rd, 2022|Categories: ça vient de sortir|0 Comments

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