Athena

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Athena

Par Ph.D

Le pitch

Rappelé du front à la suite de la mort de son plus jeune frère, décédé des suites d’une prétendue intervention de police, Abdel (Dali Benssalah) retrouve sa famille déchirée. Entre le désir de vengeance de son petit frère Karim (Sami Slimane)  et le business en péril de son grand frère dealer Moktar (Ouassini Embarek), il essaye de calmer les tensions. Minute après minute, la cité Athena se transforme en château fort, théâtre d’une tragédie familiale et collective à venir. Au moment où chacun pense avoir trouvé la vérité, la cité est sur le point de basculer dans le chaos…

Ce qu’on en pense

Dernier avatar du « film de cité », Athena se devait de faire plus fort que tous les autres  (La Haine, Ma 6T va cracker, Les Miserables, Bac Nord...). C’est réussi !  Romain Gavras (Le Monde est à toi, Notre Jour viendra…) a voulu en faire « le Apocalypse Now des films de cité ». Une tragédie antique, sur fond d’émeutes et de chants sacrés.  Les 35 premières minutes se résument en un seul  plan séquence ébouriffant  d’assaut de commissariat et d’embrasement de la cité,  ironiquement baptisée Athena. L’explosion finale aurait pu être accompagnée de « The End« ,  le titre des Doors qui ouvre Apocalypse Now. Romain Gavras n’a pas osé,  mais on entend tourner les pales d’un hélico… Entre les deux : festival de cris, d’explosions de mortiers et de cocktails molotovs, courses poursuites à travers les cages d’escaliers et  les murs d’appartements défoncés à la masse. Enivré par sa propre virtusité à filmer le chaos, le réalisateur a oublié de faire exister ses personnages, de leur donner autre chose à jouer que la colère ou la peur et de mettre du sens sous ses images pompières et pyromanes. Comme on en a déjà beaucoup vu de pareilles (voir la filmographie précitée), on ne retient que la violence et le malaise que provoque sa mise en scène, soi disant »opératique ». Selon sa conscience politique, chacun pourra tirer du film la conclusion qui l’arrange, c’est pratique !  On se demande quand même ce que papa Costa (Gavras), vrai cinéaste engagé, doit penser de cette chose…

By |septembre 23rd, 2022|Categories: Cinéma|0 Comments

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