Train Dreams
Par Ph.D
Le pitch
Au début du XXe siècle, orphelin depuis l’enfance, Robert (Joel Edgerton) évolue vers l’âge adulte au milieu des grandes forêts du Nord-Ouest américain. Il participe à l’expansion des chemins de fer américains aux côtés d’hommes aussi inoubliables que les paysages qu’ils habitent. Après l’avoir courtisée tendrement, il épouse Gladys (Felicity Jones) avec qui il fonde un foyer, malgré un travail de bucheron qui l’éloigne souvent de sa femme et de leur bébé…
Ce qu’on en pense
Inspiré d’un livre de Denis Johnson, « Train Dreams » dresse le portrait émouvant d’un homme simple, dont la vie se déroule au cours d’une ère de changement sans précédent en Amérique (les années 40-60) sans que cela ne l’atteigne. A la manière de Terrence Malick, Clint Bentley (Sing Sing) immerge le spectateur dans un bain de nature sauvage et de considérations philosophiques en voix off, filmant ses personnages au plus près des visages et des corps pour leur donner chair et âme. Joel Edgerton fait une composition formidable en homme taiseux soumis à un destin à la fois minuscule et tragique, Felicity Jones est magnifique dans le rôle de sa femme Gladys et le moindre second ou troisième rôle est traité avec autant d’importance que les deux premiers. C’est un grand film de cinéma – un des plus beaux de l’année-, qu’on aurait adoré voir en salles et qu’il faut absolument préserver pour un visionnage attentif sur Netflix.
After the Hunt
Par Ph.D
Le Pitch
Une professeure d’université (Julia Roberts) est confrontée à un tournant personnel et professionnel lorsqu’une de ses étudiantes à Yale (Ayo Edebiri) porte une accusation d’agression sexuelle contre l’un de ses collègues et ami (Andrew Garfield), après une soirée arrosée passée chez elle et son mari (Michael Stuhlbarg)…
Ce qu’on en pense
Après les succès en salles que furent Call Me By Your Name et Challengers, c’est, étonnamment, sur la plateforme de streaming d’Amazon (Prime Video) qu’il faut aller voir le nouveau film de Luca Guadagnino, au casting pourtant prestigieux (Julia Roberts, Andrew Garfield, Chloé Sevigny, Michael Stuhlbarg, Ayo Edebiri) et à la réalisation toujours aussi lêchée. Plombé par de longs tunnels de dialogues philosophiques, le film risque de décourager les impatients. Pourtant, le sujet (les relations post-MeToo dans les milieux intellectuels) et son traitement, façon thriller psychologique, valent la peine qu’on aille au bout des 2h30 de film. Julia Roberts, en prof à la fois cassante et brisée, y fait une de ses meilleures compositions récentes.
Ballad of a Small Player
Par Ph.D
Le pitch
Un joueur invétéré (Colin Farrell) ruiné, erre dans les casinos de Macao après que son passé et ses dettes l’ont rattrapé. Traqué par une détective privée (Tilda Swinton), il rencontre un esprit semblable (Fala Chen) qui pourrait bien détenir la clé de son salut…
Ce qu’on en pense
Sur le papier, Ballad of a Small Player a tout pour plaire : un réalisateur fiable (Edward Berger auquel on doit les excellents Conclave et A l’Ouest rien de nouveau), deux stars (Colin Farrel et Tilda Swinton) et le décor des casinos de Macao. A l’arrivée, l’impression est pourtant mitigée. L’immersion dans l’enfer du jeu est réussie, avec des images splendides de Macao et de ses casinos. Mais le scénario semble avoir été écrit au fur et à mesure du tournage, sans idée directrice. Comme son héros, le film flotte entre deux eaux. Du coup, les acteurs en font des tonnes, à commencer par Colin Farrel en accro au jeu cardiaque, suant et grimaçant. Tilda Swinton, en détective privée British psycho rigide, semble s’être trompée de plateau (et de costume) avec un film de Wes Anderson. Fala Chen est, paradoxalement, la seule à donner chair à son personnage d’ange gardien(ne) fantomatique. Malgré tout, cette production Netflix reste, cinématographiquement très au dessus de la moyenne. Vous pouvez miser dessus pour une après-midi pluvieuse. PS : ne zappez pas le générique de fin, la meilleure scène du film s’y trouve.
Frankenstein
Par Ph.D
Le pitch
Au 19e siècle, Victor Frankenstein (Oscar Isaac), un scientifique brillant mais égocentrique financé par un marchand d’armes (Christoph Waltz), donne vie à une créature monstrueuse (Jacob Elordi) reconstituée avec des morceaux de cadavres et réveillée par l’électricité produite par la foudre…
Ce qu’on en pense
Il y avait comme une évidence à voir Guillermo del Toro adapter le roman gothique de Mary Shelley, avec laquelle il partage nombre d’obsessions (les monstres, le rapport au père, la science sans conscience…). Le résultat est visuellement somptueux et plus fidèle au roman que la quarantaine d’adaptations précédentes. L’ambition du projet le destinait à l’évidence au grand écran, pourtant c’est sur Netflix que les abonnés pourront le voir (et les autres pas). Dommage ! L’image est superbe, le casting trés réussi. Malgré le maquillage et les effets spéciaux, Jacob Elordi parvient à donner beaucoup de chair et d’âme au fameux monstre. Plus sexy que Boris Karloff et fort comme un super-héros (avec un coté Surfer d’Argent), ses scènes avec Mia Goth (Elisabeth) sont parmi le plus réussies du film.
La Disparue de la cabine 10
Par Ph.D
Le pitch
Invitée sur un yacht de milliardaire, une journaliste (Keira Knightley) est témoin de la chute d’un passager par-dessus bord tard dans la nuit. Pourtant, tous les passagers sont encore à bord et il ne manque personne. Passant pour une affablatrice, elle continue à chercher des réponses, mettant ainsi sa propre vie en danger…
Ce qu’on en pense
Un thriller paranoïaque en huis clos qui n’a pour originalité que son décor : un yacht hyper luxueux sur lequel un milliardaire (Guy Pearce) a eu la mauvaise idée d’inviter une journaliste d’investigation (Keira Knightley). On voit par là que la vraisemblance n’est pas le souci majeur du scénario. De fait, le reste n’a pas grand intérêt, malgré une photo soignée et un bon casting.
A House of Dynamite
Par Ph.D
Le Pitch
Un missile nucléaire de provenance inconnue est lancé sur Chicago. Au Pentagone et à la Maison Blanche, une course contre la montre s’engage pour déterminer qui est responsable et comment réagir…
Ce qu’on en pense
Le nouveau film de Kathryn Bigelow (Démineurs, Zéro Dark Thirty, Detroit) sort sur Netflix plutôt qu’en salles. Une chance pour les abonnés de la plateforme et dommage pour les autres. A House of Dynamite remet au goût du jour le « thriller nucléaire » en imaginant la détection d’un engin nucléaire inconnu au dessus de l’Atlantique. Destination : Chicago. Nombre de victimes probables : autour de 10 millions. Le film débute par une journée comme les autres pour la directrice de la sécurité nationale (Rebecca Ferguson) jusqu’à la détection du missile et la mise en place d’une cellule de crise. On suit ensuite le parcours d’un analyste de la Maison Blanche (Gabriel Basso) qui, coincé dans le trafic de la capitale US, tente de rejoindre son poste tout en téléphonant à ses contacts en Russie pour essayer de comprendre ce qui se passe et conseiller le Président. La dernière section est consacrée au Président (Idris Elba) qui, comme George Bush Jr le 11 septembre 2001, se trouve ce matin-là en visite dans une école. Exfiltré avec l’officier portant la malette nucléaire, il devra choisir en 10 minutes entre riposte partielle, massive ou totale… Nouveau prodige de mise en scène anxiogène, le film tient ses promesses, laissant le spectateur pantelant et inquiet de savoir, non pas si un tel scénario pourrait vraiment se produire, mais quand cela arrivera et, subsidiairement, qui sera celui auquel reviendra la décision d’appuyer ou non sur le bouton…
All of you
Par Ph.D
Le pitch
Meilleurs amis depuis l’université, Simon (Brett Goldstein ) et Laura (Imogen Potts) sont prêts à s’avouer leur amour lorsque cette dernière rencontre son âme soeur grâce à une application de rencontres. Au fil du temps, alors que leurs chemins se croisent et se séparent, ils ne peuvent qu’admettre qu’ils sont passés à côté de leur vie ensemble. Face à l’incertitude qu’impliquerait un changement de vie, Simon et Laura sont-ils prêts à tout sacrifier pour vivre l’amour qui a toujours existé entre eux, ou devraient-ils accepter leur destin ?
Ce qu’on en pense
Une romance un peu ennuyeuse, dont la seule originalité (l’héroïne choisit de faire confiance aux algorithmes d’une application de rencontre plutôt qu’à son coeur) est rapidement oubliée pour ne plus s’intéresser qu’aux atermoiements de la jeune femme, déchirée entre une vie conjugale heureuse et l’amour qu’elle ne peut s’empêcher de ressentir pour son meilleur ami. La présence de la radieuse Imogen Poots (Outer Range), également à l’affiche du premier film de Kirsten Stewart, The Chronology of Water, permet tout de même d’aller au bout sans trop d’effort.
French Lover
Par Ph.D
Le pitch
Abel Camara (Omar Sy) est l’acteur en vue du moment, et lorsque Marion (Sara Giraudeau) , l’incarnation parfaite de la “Girl next door”, lui rend service un jour, aucun des deux ne soupçonne que c’est le début d’une grande histoire d’amour...
Ce qu’on en pense
Coup de foudre à Notting Hill sur Seine, avec Omar Sy dans le rôle de Julia Roberts et Sara Giraudeau dans celui tenu par Hugh Grant. Le scénario, transposé dans le monde du cinéma français, façon 10 pour cent, est malin, les dialogues sont bien écrits et le casting est top (Pascale Arbillot, Alban Ivanov, Cindy Bruna, Agnes Hurstel…). Dommage que la réalisation ne suive pas ! Tout est inutilement surligné et ça dure deux plombes. On passe quand même un bon moment.
CinéRoman 7 : Le palmarès
Par la rédaction
EO
Par J.V
Le pitch
Le monde est un lieu mystérieux, surtout vu à travers les yeux d’un animal. Sur son chemin, EO, un âne gris aux yeux mélancoliques, rencontre des gens bien et d’autres mauvais et fait l’expérience de la joie et de la peine, mais jamais, à aucun instant, il ne perd son innocence.
Ce qu’on en pense
Prix du jury de Cannes 2022, Eo marque le grand retour de Jerzy Skolimowski qui, à 84 ans, signe une fable lyrique et sensorielle en hommage au chef-d’oeuvre de Robert Bresson Au hasard Balthazar. Mais, contrairement à son modèle, le cinéaste Polonais évite à son héros animal le rôle de victime expiatoire pour en faire, au contraire, le moteur d’un conte pantheïste filmé à hauteur d’âne. Le film est un trip visuel et sonore qui fait penser à du Terrence Malick remixé par Jean-Luc Godard. Un petit chef d’oeuvre.
Ravage
Par Ph.D
Le pitch
Un détective meurtri (Tom Hardy) doit se frayer un chemin dans la clandestinité criminelle après une affaire de drogue qui a mal tourné pour sauver le fils d’un politicien, tout en démêlant un réseau de corruption et de conspiration qui prend au piège toute la ville…
Ce qu’on en pense
Plutôt que Ravage, c’est Carnage qu’aurait dû s’intituler ce thriller hyper sanglant signé Gareth Evans, spécialiste du genre (Gangs of London, The Raid…) qui multiplie les gunfights jusqu’à l’absurde. Le budget « munitions » a dû dépasser celui du casting, malgré la présence de Tom Hardy et de Forrest Whitaker qui auraient sans doute pu s’épargner d’ajouter un nanar ultra violent à leur filmographie. Rien de crédible dans cette histoire de policiers et de politiciens ripoux, sur fond de trafic de drogue dans un Chicago Gothamesque enneigé et boueux. Les dialogues sont réduits au strict minimum et c’est tant mieux tant ils sont ridicules. Seules la mise en scène, spectaculaire, et la photo soignée justifient, à la rigueur, le visionnage.
Highest 2 Lowest
Par Ph.D
Le pitch
Alors qu’il négocie la vente de sa maison de disques, David King (Denzel Washington) est la cible d’une demande de rançon qui l’accule à un dilemme moral et financier…
Ce qu’on en pense
Présenté hors compétition à Cannes 2025 et librement inspiré du chef d’oeuvre d’Akira Kurosawa Entre le ciel et l’enfer, le nouveau film de Spike Lee est destiné à la plateforme de streaming Apple TV+ Du coup, le réalisateur de Do The Right Thing a pris ses aises : le film dure plus de deux heures, alors que le scénario plaide plutôt pour un format resserré. L’intrigue multiplie les invraisemblances et la réalisation se traine (La première heure est digne d’une télénovella). Les thèmes du film original sont survolés et plus que New York, Spike Lee prend un visible plaisir à filmer le fabuleux penthouse du héros incarné par un Denzel Washington en petite forme, lui aussi. Deux séquences justifient toutefois le visionnage: celle de la poursuite dans le Bronx pendant un concert d’Eddie Palmieri et celle de la battle rap entre Denzel Washington et A$ap Rocky dans un studio du Bronx. C’est peu, mais on s’en contente.
Murder Club du jeudi
Par Ph.D
Le Pitch
Dans un manoir de la campagne anglaise, une bande de retraités passionnés de cold cases se retrouvent plongés au cœur d’une véritable enquête criminelle dont le succès ou l’échec pourraient affecter l’avenir de leur maison de retraite…
Ce qu’on en pense
On y va pour le casting étoilé (Pierce Brosnan, Helen Mirren, Ben Kingsley…) et le savoir faire du réalisateur (Chris Colombus), et on reste pour l’atmosphère délicieusement british de cette maison de retraite huppée, dont les pensionnaires jouent les Sherlock Holmes pour occuper leurs jeudis après midi. La photo est soignée et les acteurs cabotinent à qui mieux mieux, mais le scénario n’est guère passionnant et la réalisation est loin d’être trépidante. A garder en favori pour un dimanche après-midi pluvieux…
Sleeping Dogs
Par J.V
Le pitch
Un ancien inspecteur de la police criminelle (Russel Crowe), atteint d’Alzheimer, se repanche sur une vieille affaire de meurtre pour laquelle un innocent a peut-être été condamné à mort. Il va découvrir des secrets effrayants de son passé oublié…
Ce qu’on en pense
La prestation massive de Russel Crowe , en vieux flic atteinte de troubles de la mémoire, est le meilleur argument de cette honnête série B policière au scénario prévisible et à la réalisation scolaire. Le roman Jeux de miroirs d’Eugen Ovidiu Chirovici dont elle est adaptée laissait espérer un traitement plus original. Le film se regarde néanmoins avec plaisir.
Heads of State
Par Ph.D
Le pitch
Le Premier ministre britannique Sam Clarke (Idris Elba) et le président américain Will Derringer (John Cena) entretiennent une rivalité très publique et peu amicale qui met en péril la « relation spéciale » de leurs pays. Mais lorsqu’ils deviennent la cible d’un ennemi étranger puissant et impitoyable, qui s’avère plus redoutable que les forces de sécurité des deux dirigeants, ils sont contraints de s’en remettre aux deux seules personnes en qui ils peuvent avoir confiance : l’un et l’autre. Finalement alliés à la brillante agente du MI6 Noel Bisset (Priyanka Chopra Jonas), ils doivent s’enfuir et trouver un moyen de travailler ensemble suffisamment longtemps pour déjouer une conspiration mondiale qui menace le monde libre tout entier.
Ce qu’on en pense
Cette année encore, le blockbuster de l’été se visionne en streaming ( sur Prime Vidéo en l’occurence). Signée Ilya Naishuller, Heads of State est une comédie d’action comme on en faisait dans les années 80 avec cascades, explosions, poursuites, gunfights , humour et casting étoilé. La bonne idée du scénario est d’avoir fait des proies habituelles du vilain (les chefs d’état), les héros du film. Idris Elba joue un premier ministre anglais très James Bondien et John Cena campe un ex-acteur de films d’action à la Schwarzenegger/Stallone devenu président des Etats-Unis. L’opposition des deux cultures, anglaise et américaine, alimente une bonne partie des scènes de comédie et la réalisation, hyper rythmée, fait le reste. On passe un excellent moment en compagnie de ces Heads of State qui ne se prennent pas au sérieux.
















