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Monaco-Alexandrie: Le Grand détour

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Par la rédaction

Monaco-Alexandrie au NMNM se présente comme une exposition émancipée du spectre de l’histoire de l’art nationaliste et européo-centrée. Dans cette perspective, le NMNM en collaboration avec Zamân Books & Curating, se propose de faire dialoguer Monaco et Alexandrie, à savoir deux villes-mondes aux liens éloquents et pourtant méconnus, qui se tissent au cœur du XXème siècle à travers des thèmes transnationaux : les ballets et spectacles (post)orientalistes, le surréalisme méridional, la faune et la flore, l’érotisme féministe, le développement urbain et la vie nocturne ; en définitive, les symboles et la poétique du cosmopolitisme à travers deux grands carrefours méditerranéens ; tous deux autant marqués par l’empreinte des rêves et des mythes touristiques que par celle des avant-gardes en exil. Au-delà des grands thèmes évoqués, il s’agit d’écrire une page inédite de cette histoire connectée et souvent francophone, bien que façonnée entre plusieurs zones de contact (Monaco, France, Italie, Hongrie, Grèce, Égypte…). Monaco à l’instar de ces autres carrefours d’influences, s’est construite à travers un grand brassage de populations et de communautés ; non pas des terres d’immigration mais de réelles cosmopolis : des villes portuaires comptant des centaines de nationalités différentes à travers leur histoire migratoire, politique et culturelle – au-delà d’un rapport entre locaux et étrangers, des villes-mondes. Bien entendu à deux échelles très différentes, celle propre à Monaco (le deuxième État indépendant le plus petit au monde après le Vatican) et celle d’Alexandrie (« la » capitale de la Méditerranée entre 1850 et 1950) mais qui se rejoignent dans la dynamique des capitales méditerranéennes. Monaco-Alexandrie est aussi marquée par une forte présence de protagonistes féminines de tous horizons, longtemps marginalisées par l’histoire autorisée (écrite par des hommes) alors qu’elles participent pleinement de ces avant-gardes égyptophiles. Cette histoire faite de liens presque secrets mais structurant l’expérience méridionale de la modernité s’incarne dans des figures d’écrivains, poètes, peintres, décorateurs et philosophes incarnant tous un désir de se réaliser entre des mondes fluides et transfrontières ; par-delà la montée des nationalismes et des fascismes.

 

 

Nice : Noël Dolla

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La nouvelle exposition du Musée Matisse de Nice, intitulée Noël Dolla, visite d’atelier,  réunit treize œuvres de la dernière série de Sniper, réalisées entre 2020 et 2021 à l’atelier du 109 à Nice.

 En 2018, Noël Dolla initie la série des Sniper. Ce titre générique désigne un ensemble d’œuvres dans lesquelles l’artiste souffle sa peinture à l’aide d’un pistolet à air comprimé produisant ainsi de séduisantes, et tout aussi effrayantes, «Fleurs du mal ». Jolies au premier abord, terrifiantes quand l’on sait ce dont il s’agit : la guerre, la mort, la chair déchiquetée…  Comme avec les séries antérieures, l’outil à l’usage trivial – ici un pistolet à “déboucher les chiottes” (sic) – joue le rôle d’intercesseur entre son corps et la peinture, cela toujours pour le mettre à distance, ne pas être dans le face à face avec le tableau et la projection d’un affect quel qu’il soit. Car depuis les années Support/Surface, Dolla cultive avec opiniâtreté « l’esprit d’abstraction », loin de l’académisme. La plupart des séries de celui qui se voit comme un « rationaliste baroque », font référence au contexte politique et social : Dolla est un artiste engagé. Lorsque surgit un nouveau sujet, terriblement humain, il lui faut  se l’approprier, ravaler la colère ou la haine qu’il suscite, afin de la sublimer dans l’exercice même de la peinture. D’où l’importance pour lui des outils du peintre, souvent détournés de leur emploi, mais toujours signifiants. Dans son nouvel atelier du 109 à Nice, il a pu développer et raffiner sa pratique des « Fleurs du mal » sur de très grands formats, des toiles de onze mètres de long qu’il peint suspendu à un rail dans une civière que ses assitants font avancer, monter ou descendre en fonction de ses besoins . Il y a  dans cette dernière série comme une inversion de la logique spatiale du tableau, exécuté à rebours, de droite à gauche, puis basculé du plan horizontal à la verticale du mur sur lequel il sera accroché. Inversé dans sa logique de lecture, l’espace de la peinture s’inscrit plutôt dans la durée du déplacement du visiteur qui suit du regard son déroulement, au diapason de cette danse aérienne à la trajectoire pourtant si implacablement macabre par ce qu’elle évoque.

Monaco: Tremblements

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Par la rédaction

A la villa Paloma jusqu’au 15 mai, l’exposition Tremblements présente une sélection d’œuvres contemporaines acquises ces dix dernières années par le Nouveau Musée National de Monaco. De l’installation Alien de l’artiste sud-africaine Candice Breitz, entrée dans les collections en 2010, au film The White Album de l’Américain Arthur Jafa, acquis en 2021, l’exposition rassemble dix-sept artistes, de douze nationalités différentes, offrant autant de visions de nos sociétés globalisées et fracturées. Toutes et tous ont en commun de répondre à la définition de la pensée du tremblement qui, selon les mots du poète Édouard Glissant « nous unit dans l’absolue diversité, en un tourbillon de rencontres ».  Revendiquant l’héritage de la pensée d’Édouard Glissant, l’exposition Tremblements. Acquisitions récentes du Nouveau Musée National de Monaco, met en lumière les acquisitions réalisées sous la direction de Marie-Claude Beaud, entre 2009 et 2021.  Après avoir dirigé des institutions aussi diverses que la Fondation Cartier pour l’Art contemporain, l’American Center, l’Union centrale des arts décoratifs à Paris et le Mudam à Luxembourg, Marie-Claude Beaud a développé à Monaco sa vision du musée contemporain, inspirée par la poésie d’Édouard Glissant et son esthétique du Tout-monde. Les collections du NMNM se sont ainsi enrichies de manière transdisciplinaire et inclusive, en dialogue constant avec les artistes contemporains. L’exposition est une sorte d’hommage à la conservatrice qui a fait valoir ses droits à une retraite méritée.

Nice : Mirkine par Mirkine

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Par la rédaction

Alors qu’il y a près d’un siècle  le jeune Léo Mirkine arrivait sur le port de Nice,  fuyant la Révolution bolchévique, la Ville de Nice célèbre les belles années du cinéma au travers de l’exposition « Mirkine par Mirkine : photographes de cinéma » au Musée Masséna. Léo Mirkine, c’est le photographe du 7ème art au destin hors du commun,  intimement lié à l’histoire de la Ville de Nice en tant que résistant de la première heure et photographe des Studios de la Victorine où les Mirkine (père et fils) ont contribué à plus de 80 longs métrages. Dés 1952, âgé de 18 ans, son fils Siki montre toute sa dextérité sur Fanfan la Tulipe  de Christian-Jaque et contribue à son tour à enrichir la collection Mirkine.  Ce sont plus de 250 tirages, une reconstitution du Studio Mirkine du 88, rue de France, des œuvres originales et des archives inédites qui sont exposés,  dans une fresque esthétique et historique qui débute en 1933 et qui immortalise un demi-siècle du cinéma français. De Mistinguet à Bardot, de Brasseur à Belmondo, d’Abel Gance à Vadim, le visiteur saisira tour à tour le talent de Léo Mirkine, photographe de plateau de Le Chanois, Pagnol, Carné ou Clouzot, du portraitiste favori de Sologne, Blier ou Morgan, du photographe des stars internationales et de plus de 160 long métrages, des grands classiques Et Dieu créa la… femme de Roger Vadim ou encore pour n’en citer que quelques-uns Les Diaboliques d’Henri Georges Clouzot ou Le testament d’Orphée de Jean Cocteau. Léo Mirkine s’exprime aussi loin des plateaux. Esthète passionné par le nu féminin, il devient au gré des tournages l’un des premiers reporters lucides envers la situation dans l’Afrique et l’URSS d’après-guerre. L’exposition met en avant cette saga familiale dont Stéphane Mirkine est la messagère.

Monaco: David Bailey

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Par la rédaction

Déjà exposé à la G&M Design Gallery de Monaco, sir David Bailey y revient  pour une nouvelle exposition consacrée à ses photos les plus rock: Mick Jagger, John Lennon. les Rolling Stones, mais aussi Andy Warhol, Jack Nicholson Yves Saint Laurent… Depuis les années 60, les plus grands noms du rock, du cinéma, de l’art contemporain  ou de la mode ont défilé devant l’objectif du photographe culte du Swinging London. C’est un bonheur de retrouver ses images les plus célèbres dans un accrochage qui leur rend hommage.

 

 

 

 

Nice : King of Cool

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Par la rédaction

Ouverte au printemps 2021 avec l’exposition de Dominique Tarlé sur le séjour azuréen des Rolling Stones à la villa Nellcote, La Galerie de l’Instant prolonge son séjour à Nice avec une nouvelle exposition consacrée à  Steve McQueenTout a commencé entre lui et la Galerie par quelques images prises par mon père pour Paris-Match lors des ISDT de 1964 en Allemagne de l’Est, raconte Julia Gragnon.  Sur cette compétition, plus de star, plus d’acteur, simplement un motard parmi les autres. Comme toujours c’est mon égoïsme et le plaisir de découvrir les photos de cette homme, qui m’ont donné envie de montrer ces clichés. On l’y voit sublime, épuisé, boueux, heureux dans son élément : la course moto, la compétition, sa passion“.  “C’est en voyant entrer dans la galerie des dizaines d’hommes, de tous âges, de tous styles que j’ai réalisé l’incroyable impact de Steve McQueen” poursuit la  directrice de la galerie.  Tant au niveau du style, de sa carrière, de ses choix de vie, il est pour nombres d’entre eux une inspiration ; et s’il a pu déraper, tous les admirateurs de l’artiste savent que c’est suite à des abus divers, et non pas à sa personnalité‘.   ” John Dominis comme mon père, François Gragnon, me disaient tous deux qu’il était le plus facile à photographier, à condition de le laisser LIBRE, de n’être qu’un témoin, raconte encore Julia Gragnon. C’est ainsi qu’ils obtinrent le meilleur de lui. Pareil pour les images de John Hamilton ou de son ami Barry Feinstein. Cette élégance naturelle, unique, cette grâce dont nous sommes tous témoins en regardant ces images, que nous lui envions tous, et qui nous fascine tant, depuis toutes ces années” .  Et de conclure : “Pour cette deuxième exposition dans notre nouvelle Galerie de Nice, il me semblait évident qu’il fallait exposer ces tirages, et pour certains les faire découvrir au public niçois avide de cette beauté, de cette intensité. Comme une époque révolue dont nous souhaiterions tous être à nouveau les témoins, comme une preuve que cela a existé même de façon fugace”.

Nice: Flora Doin

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Flora Doin naît le 4 février 1985 à Nice. A la fois webmaster, intervenante à la fac, chroniqueuse de rock et photographe, elle commence, à côté, à sculpter de joyeux petits personnages. D’abord pour son père, puis, histoire de tout reconnecter, elle s’amuse à offrir leurs figurines aux artistes qu’elle rencontre sur les scènes du Nice Jazz Festival ou des Nuits Guitares, dont elle gère les sites web et couvre les événements, toujours pour la presse spécialisée. C’est en 2014, suite à une interview réalisée pour La Grosse Radio, que Mathias Malzieu remarque ces petites figurines et réclame la sienne qu’il animera sur Instagram. S’en suit une fidèle collaboration amenant Flora à fabriquer l’artiste en skateboard qui illustrera l’intérieur de couverture du Journal d’un vampire en pyjama édition Poche, une sirène à la queue bleu-argenté qui introduit le clip de DionysosUne Sirène à Paris et cinq figurines représentant les acteurs du long-métrage du même nom, présentes dans le film (actuellement à l’affiche dans 300 salles de cinéma en France).  Et comme elle se passionne pour ces êtres humains touche-à-tout qui n’ont pas peur de changer de casquette selon l’humeur, sa première exposition intitulée Les Multiples, à la chapelle Sancta Maria de olivo de Beaulieu,  a mis à l’honneur Jean CocteauCharlie ChaplinMathias Malzieu  Michaël GregorioMichel Gondry, Iggy Pop et autres passionnés passionnants, sous forme de sculptures, photos, peintures, poésies et même ultra-courtes vidéos en StopMotion puisque Flora anime désormais ses figurines et leur ajoute quelques notes de musique improvisées. Retrouvez les jusqu’au 12 décembre à la galerie Babazouk de Nice

 

 

Toulon : Fondation des Treilles

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La Maison de la photographie de Toulon expose jusqu’au 28 février les oeuvres de 28 photographes  primés par la Fondation des Treilles. Créé il y a 40 ans par Anne Gruner Schlumberger, ce prix prestigieux récompense les oeuvres de photographes du pourtour méditerranéen. Une exposition d’une grande richesse et d’une grande diversité, où l’on pourra admirer les photographies primées de : Anaïs Boudot, Andrea & Magda, Raed Bawayah, Clément Chapillon, Claire Chevrier, Nicolas Comment, Stéphane Couturier, Thibaut Cuisset, Laurie Dall’Ava, Morgane Denzler, Bernard Descamps, Véronique Ellena, Patrizia di Fiore, Hicham Gardaf, Pablo Guidali, Sophie Hatier, Sylvie Hugues, M’Hammed Kilito, Evangélia Kranioti, Mark Lyon, Manuela Marques, Safaa Mazirh, Corinne Mercadier, Yusuf Sevinçli, Klavdij Sluban, Jean-François Spricigo, Wiktoria Wojciechowska et Sophie Zénon.

 

 

Nice: Caribaï

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Par la rédaction 

Née au Japon et installée à Grasse,  l’artiste plasticienne Caribaï a été invitée à investir les collections permanentes du musée départemental des Arts asiatiques avec deux installations inédites : une œuvre monumentale constituée de 43 panneaux composant un nouvel environnement pour la statuaire bouddhique dans la rotonde du musée  et une création inédite en papier suspendue au plafond du rez-de-chaussée et conçue autour de l’escalier central du bâtiment. Caribaï a étudié les beaux-arts en France, en Italie et à Bruxelles. Elle déploie un travail sensible et contemplatif au travers d’installations et de peintures. Son travail s’inspire des éléments naturels, révélant des influences venant du Japon, son pays natal.

 

 

Musée Matisse : Collection Nahmad

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Par la rédaction

Après restauration d’une partie du fond permanent du musée Matisse, répondant à leur volonté de partager l’art avec le plus grand nombre, David et Ezra Nahmad, marchands-collectionneurs éclairés, ont consenti au Musée le prêt des seize œuvres d’Henri Matisse issues de leur propre collection. Cet ensemble exceptionnel est pour la première fois révélé au public dans un nouvel accrochage. Nombre de ces tableaux, peints à Nice, ou à Vence, s’éclairent ici de la lumière qui les a vus apparaître et viennent dialoguer avec les œuvres de la collection du muséeCertaines de ces peintures sont déjà célèbres, comme La Leçon de piano de 1923 ou Jeune fille à la mauresque, robe verte de 1921, d’autres sont à découvrir, tels le petit intérieur d’Étretat, Figure assise et le torse grec ou La Lecture de 1947. Ces tableaux ont tous été acquis en ventes publiques, à Londres, New York, Paris ou Tokyo, et proviennent de collections célèbres, françaises ou américaines. Ce sont souvent des collectionneurs historiques de l’artiste des années 1920 et 1930, tels que les Américains John Quinn (L’Artiste et le modèle nu) ou Lillie Bliss (Jeune fille à la mauresque, robe verte), ou les Français, Jacques Soubies (Nu au drapé), Georges Renand (Nu au drapé ; Jeune femme assise en robe grise), Marcel Kapferer (La Leçon de piano ; Jeune fille à la mauresque, robe verte) et Henri Canonne (Intérieur – porte ouverte). Portrait au manteau bleu, Nu aux jambes croisées, ainsi que Figure assise et le torse grec, faisaient partie de la collection de l’artiste lui-même avant d’être cédés par son fils Jean Matisse qui en avait hérité. Cette collection a une histoire et une raison d’être, et s’inscrit dans un ensemble d’œuvres d’art impressionnistes et modernes  qui pourrait constituer à lui seul un fabuleux musée.

Mougins: L’Amour toujours !

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Par Ph.D

Après d’importants travaux de rénovation qui l’ont transformé en espace d’exposition ultra moderne,  le  Centre de la photographie de Mougins a réouvert ses portes au public cet été avec une exposition de la photographe espagnole, Isabel Muñoz. Pour sa deuxième exposition depuis qu’il en assure la direction artistique, François Cheval, propose de découvrir deux autres femmes photographes: la Suédoise Jenny Rova et l’Anglaise Natasha Caruana, dont il suit le travail depuis longtemps. Toutes deux présentent un accrochage sur un thème commun (et, oh combien ! universel) : L’Amour toujours. Elles le font à partir d’expériences personnelles, familières mais originales. La première a demandé à tous les hommes qui l’ont aimée de lui envoyer une photo d’elle qu’ils avaient gardé. Les clichés, étalés sur une vingtaine d’années, composent un “auto-portrait à travers le regard de mes amants” assez émouvant. La deuxième partie de l’exposition est plus dérangeante. Quittée par son amoureux, la photographe a commencé par l’espionner sur les réseaux sociaux, puis à collectionner les photos de lui avec sa nouvelle conquête. Elle s’est ensuite mis en tête de la remplacer dans les photos du couple. Pour cela, Jenny Rova  s’est habillée comme elle, s’est photographiée dans la même pose, avec le même éclairage (le makin of fait l’objet d’une vidéo),  puis a collé son portrait à la place de celui de la jeune femme sur les photos. Ces photos-montages, volontairement grossiers,   remplissent tout un cahier ! Pour les exposer, elle devait obtenir l’autorisation du couple :  il lui a donc fallu leur écrire. Pas évident…  La lettre figure au centre de l’expo. Et avec elle, toutes celles qu’elle n’a pas envoyé et qu’elle a photographié en grand format…  Un travail étonnant qui se termine par un mur d’images de son nouveau compagnon, composé de captures d’écran FaceTime de leurs conversations. Ces photos aussi ont une histoire mais on vous laisse la découvrir.

L’accrochage de Natasha Caruana n’est pas moins original. Amoureuse d’un homme marié, la jeune Anglaise a commencé à se photographier dans les endroits où il se rencontraient en secret. Puis l’ayant quitté,  elle s’est inscrite sur un site de rencontres et a photographié à la dérobée les hommes mariés qui lui donnaient rendez-vous. Des clichés décadrés d’hommes assis à une table de bistrot,  que Natasha a pris avec une montre-appareil photo et qui sont accompagnés d’enregsitrements de leurs conversations réalisés avec un faux portefeuille-enregistreur. Une vraie Mata-Hari des relations extra conjugales !  N’ayant toujours pas trouvé l’amour, alors que ses copines se mariaient à la chaine, la jeune femme est ensuite allée  chercher sur internet des photos de mariées vendant leur robe blanche sur des sites d’occasions pour en faire un mur d’images. Elle a aussi récupéré des alliances mises au clou  et s’en est fait un rideau de douche ! Enfin casée, elle a mis en scène son coup de foudre se figurant avec son amoureux  frappés par un éclair. Puis un jour, qu’elle s’était réveillée avec la sensation d’avoir à côté d’elle son ancien béguin (l’homme marié),  Natasha a imaginé de réunir les deux hommes de sa vie nus sur la même photo. Mission délicate dont on vous laisse découvrir l’issue dans cette exposition étonnante en forme de “Fragments d’un discours amoureux” chers à Roland Barthes et qui tend à prouver, selon François Cheval, que “les femmes ne photographient pas l’amour comme les hommes“. CQFD !

Nice : Daniel Spoerri

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Par la rédaction

Pour la première fois, le MAMAC consacre une monographie à l’artiste Daniel Spoerri, membre du Nouveau Réalisme, proche de Fluxus, initiateur de l’Eat Art. Esquivant la rétrospective,  cette nouvelle exposition rend compte de la manière dont l’artiste se frotte au hasard, à l’anecdote et au dérisoire, avec comme point de départ : l’émotion. Elle  articule les recherches de l’artiste autour d’une nouvelle forme d’art visant à dépasser le champ de la représentation au profit d’une expérience sensorielle élargie, participative et collaborative. Le parcours s’apparente à une déambulation aussi surprenante et fascinante que celle d’un théâtre forain avec ses pièges et attrapes, ses cabinets de curiosité, ses banquets (l’artiste avait ouvert à cet effet son propre restaurant) et son ebnvironnement sonore d’époque. Il offre, avec près de 300 œuvres et documents, un parcours labyrinthique dans l’art de l’appropriation,  depuis ses premiers tableaux-pièges jusqu’à la création de musées insolites en passant par l’art de la table et de la cuisine. Si les tableaux-pièges de Daniel Spoerri sont devenus populaires, l’exposition dévoile un éclairage novateur du travail de l’artiste. Elle présente des œuvres et archives historiques majeures sous un angle original,  ainsi que des travaux moins connus tout aussi précurseurs et passionnants. Le projet rassemble, sur 1200 m2, des prêts exceptionnels des grandes institutions publiques françaises ( le Centre Pompidou-Musée national d’art moderne – Centre de création industrielle ; le Centre National des Arts Plastiques ; le Musée d’Art Moderne de Paris ; le Musée d’art contemporain du Val-de-Marne). Des prêts majeurs sont consentis par la Bibliothèque nationale suisse, où sont conservées les archives de l’artiste, ainsi que par des galeries, des fondations et des collectionneurs de France et d’Europe. Objet d’une donation au Mamac, l’œuvre monumentale La Réplique de la Chambre n° 13 de l’Hôtel Carcassonne (1998),  reconstitution à l’échelle de la pièce où l’artiste a travaillé de 1959 à 1965,  est présentée pour la première fois en France. 

Nice : Passeur de lumière 

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Par la rédaction

Conçue en partenariat avec le Centre Pompidou-Metz, l’exposition Marc Chagall, le passeur de lumière explore l’importance de la lumière et du vitrail dans l’œuvre de l’artiste. Aujourd’hui 15 édifices, disséminés en France et à travers le monde, portent fièrement en leur sein, les réalisations de l’artiste. Par ses créations, Marc Chagall entendait proposer à ses contemporains et aux générations futures des images de paix et de transcendance. Celles-ci, riches d’une iconographie foisonnante, sont admirablement soutenues par la force émotionnelle de ses couleurs et par les reflets changeants de la luminosité extérieure. En pleine maîtrise de ses moyens, Chagall a mis tout son talent de coloriste et de créateur d’images au service de cette technique exigeante. La grande majorité de ses fenêtres, créées dans les ateliers rémois du maître verrier Simon-Marq, ont été fabriquées dans la tradition d’un savoir-faire ancestral, pratiqué avec inventivité par Chagall et ses complices et amis, Charles Marq et Brigitte Simon. La touche finale, constituée des multiples rehauts de grisaille que Chagall apposait sur le vitrail pour faire vibrer la matière, nous offre toute la liberté et générosité de la main de l’artiste. En retour, le vitrail lui a permis de transcender les limites matérielles de la peinture en inscrivant les reflets changeants de la lumière comme une composante intrinsèque de l’œuvre. L’exposition de Nice permet de mettre à l’honneur deux pièces exceptionnelles conservées au musée national Marc Chagall : la maquette de la Rose pour la cathédrale de Metz et les vitraux de La Création du Monde, imaginés pour la salle de concert du musée. En ce lieu d’exception, les visiteurs ont le privilège de découvrir les vitraux éclairés de mille feux dans la lumière du matin puis de revenir le soir se laisser emporter par la musique dans la salle de concert…

La Seyne: Claude Gassian

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Par la rédaction

« Il fallait que je fasse partie de ce voyage !»  A l’aube des années 1970, le rock omniprésent impose son rythme, son énergie, son style. Claude Gassian abandonne alors ses études d’électronique, pour mieux vivre au quotidien ce déferlement musical, écouter cette musique jour et nuit.    Les photos publiées dans la presse musicale qu’il dévore, le fascinent mais ne lui suffisent plus. C’est donc pour être au plus près de sa passion qu’il s’empare du boîtier de son père et décide de créer ses propres images. D’abord contre la scène, tout près des artistes. Il photographie Led Zeppelin à l’Olympia en 1969, Jimi Hendrix ou The Who à l’île de Wight en 1970…  Concert après concert, il signe ses premières parutions, autant de premiers trophées ! Mais la véritable révélation photographique s’opère quelques années plus tard, avec l’explosion du rock, l’émergence d’une nouvelle génération de groupes à l’image plus incisive, étonnamment plus disponible… Claude Gassian affine alors son cadre et rencontre les artistes qu’il saisit au naturel en backstage, dans les hôtels ou en studio.

De ses photographies de scène très puissantes et pleines d’énergie à ses portraits posés plus silencieux, cette propension à capter ce qui se cache sous la panoplie du musicien s’affirme au fil du temps dans un style photographique très personnel.Une confiance s’installe entre le photographe et les artistes, lui permettant de les montrer sous un autre jour, plus authentiques, loin des images officielles, presque anonymes. Il développe ainsi une écriture qui lui ouvre l’intimité des plus grands. Toutes ces icônes qui écriront l’histoire de la musique. Eurythmics, les Rolling Stones ou encore Prince l’emmènent en tournée dans les années 1980-1990. Parallèlement, il tisse des liens forts avec de nombreux artistes de la scène française. Un travail assidu avec certains d’entre eux lui donne envie de produire des livres de photographie, qu’il publie au fil des années. Par ailleurs, depuis des années, Claude Gassian profite des moments perdus au cours de ses voyages pour développer une recherche formelle, pour figurer un monde sans regard ni visage, pour arpenter des paysages silencieux et intemporels, a priori aux antipodes de ses portraits d’artistes. Du moins en apparence… C’est ce que montre l’exposition Electric ! installée jusqu’au mois de janvier à la Villa Tamaris Pacha. 

Nice : Yann Arthus-Bertrand

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Par la rédaction

Après Sebastiao Salgado, le musée de la photographie Charles Nègre à Nice accueille une rétrospective Yann-Arthus Bertrand. Une  exposition à la scénographie singulière puisque dispersée en différents lieux :  les photographies iconiques de La Terre vue du ciel sont exposée sur la Promenade du Paillon. La série Bestiaux illustrant les rapports de l’homme à l’animal est visible sur la Place Pierre Gautier. Enfin, le Musée de la Photographie accueille la rétrospective proprement dite du travail de Yann Arthus-Bertrand, accompagnée de la diffusion de son nouveau film Legacy, présenté à Cannes en juillet 2021. Dans son ensemble, l’exposition retrace le parcours singulier et engagé du photographe à la moustacle et à la crinière blanche : des toutes premières photos prises au Kenya, à la série Les Français, portraits de métiers aujourd’hui disparus ou menacés, en passant par Chevaux, portraits de chevaux à travers le monde issus d’une centaine de races et type différents, ou encore le grand projet La Terre vue du ciel. qui  s’inscrit dans les grands travaux de l’Histoire de la Photographie.