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Nice : La télé de Moya

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Par la rédaction

L’Artistique, à Nice,  invite à découvrir l’exposition LA TÉLÉ DE MOYA  en visite guidée virtuelle le 18 mai sur l’Artistique virtuel de Second Life. Dès que les conditions sanitaires le permettront, l’exposition sera ensuite visible à Dubouchage. Elle  présente des dessins, peintures et photographies rehaussées (souvent inspirés du chamanisme), qui sont les premières recherches de l’artiste dans son désir de devenir créature. Dans sa jeunesse Patrick Moya rêvait de devenir  un télé-artiste qui vivrait dans le petit écran. De 1974 à 1977étudiant à la Villa Arson, MOYA écrit, remplissant un gros cahier noir de pensées, d’idées ou de croquis, véritables fondations de son œuvre à venir. Privé de télévision quand il était en pension, MOYA se rattrape durant ses trois ans d’étude aux Arts-Déco de Nice. Ses réflexions sur le média télévision l’amènent à inventer une signalétique autour du thème des ondes hertziennes associées  à 4 couleurs (le jaune pour l’Art, le message ; le bleu pour la création ; le rouge pour l’énergie, la technique et le vert pour le spectateur) et un réseau hertzien qui préfigure le Web. Depuis 2007, Patrick MOYA a réalisé son rêve de jeunesse en investissant le monde virtuel de Second Life où il a créé  Moya Land, une « petite dictature de l’art » de 260 000 m2 dont il est le maitre absolu et qui lui permet enfin de vivre dans son œuvre. Après y avoir organisé le carnaval, il y a construit une réplique du centre d’arts l’Artistique et une reproduction virtuelle de l’exposition, en tout point identique à celle présentée dans les salons de l’Artistique. Dans la vidéo ci-dessous, Eric Léon, conservateur  de l’Artistique, nous fait découvrir  en avant première La Télé de Moya… 

Monaco : Marginalia

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Par Ph.D

Le Nouveau Musée National de Monaco présente, du 1er avril au 5 septembre à la Villa Sauber, une exposition originale et inédite : « Marginalia. Dans le secret des collections de bande dessinée ». Construite autour de prêts issus de collections publiques et privées, elle réunit sur deux niveaux des dessins de plus de 90 artistes figurants parmi les plus grands noms du neuvième art  : Hergé, Uderzo, Franquin, Giraud, Druillet, Milton Kane, John Buscema, Hogarth, Neal Adams, Walt Disney, Frazetta, Herrmann, Jack Kirby, Liberatore, Loisel , Manara, Franck Miller, Peyo, Schultz, Mézières, Cheret, Hugo Pratt, Edgar P. Jacobs… Liste non exhaustive ! Comme son titre l’indique, cette formidable exposition repose sur le principe des “marginalia” : petits dessins, souvent profanes, parfois fascinants, réalisés dans la marge des manuscrits médiévaux, qui prenaient la forme de notes, dessins ou commentaires portés par les copistes ou les lecteurs. On peut  y  découvrir des planches  souvent  inédites, sélectionnées (et pour certaines acquises) par la directrice  Marie-Claude Beaud et les commissaires Damien MacDonald et Stéphane Vacquier. Une scénographie circulaire, conçue par  Berger&Berger offre des perspectives renouvelées sur le travail des artistes présentés. En fin de visite, arrêtez-vous quelques minutes dans la salle de  projection pour visionner les  vidéos de l’émission Du Tac au Tac, prêtées par l’INA. Celle consacrée à la rencontre entre Philippe Druillet, Burne Hogarth et John Buscema vaut son pensant d’encre de chine…

 

 

Monaco : Giacometti

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Par la rédaction

La Fondation Giacometti s’associe au Grimaldi Forum pour présenter, pour la première fois à Monaco à l’été 2021, une exceptionnelle rétrospective de l’œuvre du sculpteur et peintre Alberto Giacometti, la plus importante de ces dernières années. Placé sous le commissariat d’Émilie Bouvard, directrice scientifique et des collections de la Fondation, ce voyage dans la création d’Alberto Giacometti se fera sous le signe de l’émerveillement. Celui de Giacometti, face au réel « merveilleux », comme il le dit souvent, lui qui s’est attaché à représenter ce qu’il voit autour de lui, sans hiérarchie : intimes aimés, objets de son atelier, choses du quotidien, paysages de son enfance suisse ou des faubourgs parisiens. La scénographie de l’exposition, la richesse des œuvres présentées viendront à leur tour émerveiller le spectateur placé au cœur de l’intimité de l’artiste. Le parcours de l’exposition fera la part belle à toutes les périodes, à tous les media, sculpture (plâtres, bronzes), peintures, dessins, estampes, auxquels Giacometti a eu recours. Il permettra une vue complète de sa création, des œuvres de jeunesse à la période surréaliste, du retour à la figuration à son travail d’après modèle, et à l’invention des grandes icônes de l’après-guerre. Rassemblant près de 230 œuvres accompagnées de photographies, cette exposition jalonnée de chefs-d’œuvre proposera au visiteur de merveilleuses découvertes autour de 14 séquences originales. Le parcours restituera notamment l’esprit de l’atelier en révélant les détours et les interrogations qui marquent le processus créatif d’Alberto Giacometti. Les thèmes privilégiés par l’artiste – la représentation de la tête, du visage, du corps féminin – ressortiront particulièrement, mais on découvrira aussi son rapport à la solitude, à la mélancolie, et son travail acharné avec ses modèles : sa femme Annette, son frère Diego, ses amis proches. Le visiteur rencontrera ainsi un autre Giacometti, celui qui expérimente aux limites de la sculpture, et le formidable peintre qui pratique aussi au côté du portrait les genres du paysage ou de la nature morte.

Marseille : Unzipped

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Par Ph.D

Trois ans presque jour pour jour après avoir donné leur dernier concert au Stade Vélodrome de Marseille, les Rolling Stones y seront de retour le 10 juin par le biais de leur grande exposition itinérante, intitulée Unzipped. Créée à Londres, l’exposition qui retrace leur phénoménale carrière avec des milliers d’objets (affiches, dessins, pochettes, costumes, instruments…) tirés de leurs archives personnelles, fait depuis escale dans les grandes capitales européennes. Et c’est Marseille qui a été choisie pour en être l’étape française. Il faut dire que, comme le disait Philippe Manoeuvre,  lors de la conférence de presse de présentation de l’évènement (voir vidéo) : “Marseille et les Stones, ça remonte à la plus haute antiquité” ! Le groupe y a donné son premier concert en 1966, à la salle Vallier,  et est régulièrement revenu depuis jouer au stade Vélodrome.  Jusqu’au 9 septembre, les visiteurs pourront déambuler dans les 2000 M2 de salons du stade Vélodrome pour découvrir cette  exposition géante et ultra immiersive. Règles sanitaires obligent, la visite ne pourra se faire que sur inscription préalable avec une jauge de 200 personnes maximum.  Il est donc conseillé de réserver ses places très à l’avance.

Monaco: Tyler Shields

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Après Mariano Vivanco,  la G&M Design Gallery de Monaco accueille un autre photographe de mode au succès international : Tyler Shields. Originaire de Floride, Tyler Shields, 38 ans, est connu pour ses photographies controversées et provocantes, mettant en scène la violence, la maltraitance  et le danger. En 2017, sa photographie de Kathy Griffin tenant une tête sanglante ressemblant à celle  du président américain Donald Trump provoqué véritable un tollé. La sélection présentée à Monaco sous le titre “Just Tyler” montre des facettes différentes de son travail, avec des images plus glamour que provocantes. 

 

 

 

 

Monaco: Shimabuku

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Le Nouveau Musée National de Monaco propose jusqu’au 3 octobre l’exposition intitulée  La Sirène de 165 mètres et autres histoires. Cette exposition originale trouve son origine dans une légende médiévale nippone et se développe à la manière d’un poème épique. Elle relate les aventures de l’artiste-promeneur  Shimabuku et ses rencontres au fil de l’eau, de son Japon natal à la Principauté de Monaco, en passant par le Brésil, l’Australie et de nombreux autres pays. Associant librement la performance, le land art, la musique et même  la cuisine, les œuvres de Shimabuku tissent continuellement de nouveaux récits. Ses textes, qui forment la trame narrative de l’exposition, entrelacent installations, films, sculptures, photographies, réalisés au cours des trente dernières années. A Monaco, l’exposition s’est ainsi enrichie d’une sirène en pâte de fougasse, d’une pierre gravée en monégasque et d’une toile en ombre portée de “la plus grande habitante de Monaco“, une employée municipale qui mesure 1,85 m. Amusante, l’expo déçoit toutefois par son contenu artistique. Partie d’une légende, elle reste anecdotique…

Antibes : Picasso, portraits de famille

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Ce devait être l’événement de l’automne à Antibes: le prêt d’une dizaine de chefs d’œuvres de la collection Nahmad au musée Picasso débouchait sur l’exposition Picasso, portraits de famille.  Las, le Covid et la fermeture des musées ont ruiné les espoirs du conservateur du musée Jean-Louis Andral  et l’ont conduit, la fermeture sanitaire se prolongeant au delà de la durée du prêt,  à proposer une visite de l’exposition en ligne sur Youtube. De l’Autoportrait à l’Etreinte, en passant par Paul en Pierrot, Femme assise 1 et 2, L’Ombre et Le déjeuner sur l’herbe, il présente le parcours de l’exposition,  en  huit tableaux peints entre 1906 et 1970,  qui sont autant de témoignages du génie de Picasso. A voir ci dessous donc,  à défaut de pourvoir les admirer sur les murs du musée.

Monaco : 20 ans d’expos

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A l’occasion de son 20ème anniversaire, le Grimaldi Forum, centre de congrès et de culture de la Principauté de Monaco, a mis en ligne une série de vidéos consacrées aux grandes expositions d’été qui ont marqué son histoire :  Grace Kelly, Les Reines d’Egypte, La Cité interdite, Dali, Extra Large, L’or des Pharaons, Tokyo-Kyoto, Saint Petersbourg, Super Warhol, Jours de cirque …  Une série en 20 épisodes, à découvrir chaque semaine sur le site web du Grimaldi Forum, pour vivre ou revivre 20 ans d’une programmation exigeante et diversifiée, qui contribue à la richesse culturelle de Monaco et participe à son rayonnement international. A voir et à revoir sans modération en attendant cet été celle consacrée à Giacometti.

Rencontre: Eric Garence

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Sa maman collectionne les images de publicité murales vintage (“Du Beau, Du Bon, Dubonnet“, ça vous parle ? ). Ces images ont dû imprimer l’imaginaire du Niçois Eric Garence, qui dit avoir “toujours dessiné” mais n’avait jamais pensé en faire son métier.  Après une école de commerce, il  commence une carrière de chef d’entreprise dans le digital à Paris et découvre l’usage de la tablette graphique. En 2015, de passage à Aiguines dans le Haut Var, il croque le château sur son carnet de dessins,  puis conçoit sur sa tablette une affiche colorée, dans l’esprit des “réclames” d’antan que sa mère collectionne. “J’aimais l’idée de raconter l’histoire d’un lieu en images et en textes. Ça combinait mon besoin de création artistique et ma formation commerciale” explique-t-il. L’image plait beaucoup. Eric en fait des tirages pour ses amis et continue à dessiner des affiches, pour le plaisir, au gré de ses voyages et de ses coups de cœur. En 2017, il décide de quitter Paris pour réinstaller sa famille dans le Sud. Ses images circulent sur les réseaux sociaux et attirent l’attention du Comité Régional du Tourisme, qui lui commande une série sur les Alpes Maritimes. C’est le début d’une Success Story. En trois ans, désormais reconnu et installé comme “affichiste”, Eric a réalisé quelque 250 affiches, qu’il vend sur son site internet, dans les offices de tourisme et  dans son corner de la boutique Capsule à Cap 3000. Ses images vintage, naïves et colorées de la Côte d’Azur (et d’autres régions, car on lui en réclame de partout) se déclinent sur des tee shirts, des coussins, du textile, des mugs… Et même sur des paquets de lingettes Nivea !  A côté de sa ligne “commerciale”, Eric développe, dans son petit atelier de Cagnes sur Mer,  une série d’inspiration plus contemporaine qu’il a baptisé Phoenix: des collages surréalistes réalisés à partir de ses affiches commerciales. “Ce sont mes extravagances. Un geste d’autodestruction-rédemption dans l’esprit de l’école de Nice“. Du 12 janvier au 12 février, Eric Garence organise une vente caritative de ses œuvres au profit de l’association Innovation Alzheimer sur le site www.bonjourlaffiche.com. Profitez-en pour découvrir son travail !

 

 

Nice : Slavs and Tatars

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Depuis près d’une quinzaine d’années, le collectif berlinois Slavs and Tatars produit une œuvre faite d’installations, de sculptures, de conférences ou d’éditions qui ont pour caractéristique commune de remettre en cause notre connaissance du langage et des cultures régionales, voire des cultures tout court. Slavs and Tatars (créé au départ par une Polonaise et un Iranien) s’appuie pour cela sur les rites et les traditions d’une zone géographique située entre l’ancien mur de Berlin et la Grande Muraille de Chine, autrement dit la grande région intercontinentale que l’on appelle la steppe eurasienne et qui fonctionne comme le laboratoire de leur recherche. A l’instar d’un grand livre ouvert, leur première exposition monographique en France propose une traversée de leur pratique artistique avec un parcours mêlés de pièces anciennes et de nouvelles productions spécialement pensé pour l’espace labyrinthique du centre d’art de la Villa Arson. Toutes sont issues des huit cycles de leur travail : Not Moscow Not Mecca Language Arts ; Made in Germany ; Kidnapping Mountains ; Mirrors for princes ; Friendship fo Nations ; Pickle Politics ; Régions d’être. Ces cycles ne sont pas des séries qui se terminent mais des mouvements sans fin, qui s’alimentent en permanence. Le dernier, Régions d’être donne son titre à l’exposition, tel un jeu de mots avec le terme raison d’être : la raison d’être de Slavs and Tatars est en réalité régionale, c’est un appel à regarder ailleurs, au-delà des centres de pouvoir, d’autorité ou de savoir, vers les marges des idéologies, les frontières des systèmes de croyance. L’exposition invite à adopter d’autres régions et d’autres endroits comme étant les nôtres.

Nice : Les Murs reculent

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Après la grande exposition Matisse Métamorphoses, consacrée à son oeuvre sculpté durant le printemps et l’été 2020, et l’extraordinaire rencontre avec le cinéma que révélait Cinématisse en 2019, le musée Matisse poursuit avec  Les murs reculent une programmation qui s’attache à révéler Matisse autrement. Le nouvel accrochage évoque la postérité de l’artiste dans la seconde moitié du XXème siècle, et notamment la lecture abstraite de son œuvre. Le titre de ce nouveau parcours, Les murs reculent , s’inspire d’une citation de l’artiste à son gendre, le critique d’art Georges Duthuit,  à propos du fauvisme. Il dit bien ce qui fut l’un des principaux apports de l’art de Matisse aux générations futures. Des oeuvres d’ artistes américains et européens  (Jean Arp, Joseph Albers, Morris Louis, Jules Olitski, Ellsworth Kelly, Shirley Jaffe, Kenneth Noland, Al Held, Frank Stella, Richard Serra, Aurélie Nemours, Simon Hantaï, Raymond Hains, Jacques Villeglé, Claude Viallat, Daniel Buren, Pierre Buraglio, Bernar Venet, Louis Cane, Jean-Pierre Pincemin, Noël Dolla, Jean-Charles Blais…)  entrent en correspondance avec la collection du musée dans cet accrochage exceptionnel imaginé pendant la période du confinement, sur une proposition de Claudine Grammont, directrice du Musée Matisse. L’exposition a été rendue possible grâce à la générosité du MAMAC, de la Fondation Marguerite et Aimé Maeght, de la Venet Foundation, de l’Espace de l’Art Concret, de la galerie Ceysson & Bénétière, de la galerie Catherine Issert Saint-Paul-de-Vence et avec l’aide des artistes eux-mêmes. Pendant la fermeture sanitaire, regardez la visite de l’exposition en vidéo ci-dessous

Nice : Amazones du Pop

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Au début des années 1960, des héroïnes de papier sortent des cases pour explorer un monde interdit. Elles ont pour noms BB, Barbarella, Marilyn, Jodelle, Pravda la Survireuse… Elles sont libres, puissantes et sensuelles telles des amazones. Nées d’une culture adolescente, elles incarnent un nouvel idéal qui impulsera une révolution des mœurs sans précédent. La nouvelle exposition du Musée d’Art Moderne et d’Art Contemporain de Nice, intitulée She-Bam Pow POP Wizz ! en hommage à “Comic Strip“, la célèbre chanson de Serge Gainsbourg, retrace pour la première fois à cette échelle, l’histoire ouverte d’une génération de femmes européennes et nord-américaines qui ont contribué avec audace et flamboyance, à une autre facette, plus méconnue, du Pop international. Pour les 30 ans du MAMAC, l’exposition met en valeur un axe majeur de sa collection – le face à face entre le Nouveau-réalisme et le pop art – et une de ses figures charismatiques : la franco-américaine Niki de Saint Phalle. Dans son sillage, c’est la contribution essentielle des femmes à l’histoire du pop qui est ici déployée. Faute de pouvoir visiter l’expo, en raison des mesures de fermeture sanitaire, on peut se rabattre sur le formidable catalogue, disponible sur place ou à commander en ligne ici

La Seyne: Arthus-Bertrand

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A l’occasion de la seizième édition de L’Oeil en Seyne, la Villa Tamaris de La Seyne a inauguré une nouvelle exposition qui retrace la carrière de photographe de Yann Arthus-Bertrand. Pour cet évènement, L’Oeil en Seyne a choisi  d’exposer 150 clichés du photographe-réalisateur, qui font la somme de ses engagements pour le climat et la planète. Intitulée Legacy , comme son dernier film, l’exposition interpelle sur ce que nous allons laisser aux générations futures à travers les photos d’un monde dont l’infatigable bourlingueur a saisi tous les contrastes. Qu’il photographie du ciel (sa grande spécialité) , à hauteur d’homme ou d’animal, chez Arthus Bertrand la beauté de l’image n’occulte jamais le message. Parce qu’à 74 ans, il croit encore qu’on peut sauver la planète et les hommes qui y vivent. Parce que tout simplement  “Il le faut”, comme il le répète  lorsqu’on lui pose la question de savoir ce qui motive encore son activisme…

Nice : Pentti Sammallahti

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Des vastes déserts de la mer blanche de Solovski en Russie, aux forêts denses d’Europe Centrale peuplées d’animaux improbables, et jusqu’aux confins du Monde, chaque photo de Pentti Sammallahti est une petite histoire, une fable, une légende qui dit en quelques mots qu’il suffit de voir pour que la beauté existe. Né à Helsinki en 1950, Sammallahti sait accorder à chaque détail, aussi ténu soit-il, un rôle prépondérant. Son regard creuse le visible de l’intérieur et fait remonter ces petites particules natives à la surface du monde, comme de la poussière de charbon, plus légère que l’air. Arpentant d’immenses territoires, souvent reculés, et de vastes espaces vierges ou peu peuplés, il laisse libre cours à sa quête d’une lumière particulière ou d’un horizon insoupçonné, usant du format panoramique dont il est un des maîtres incontestés, de sa science des contrastes subtils et d’une palette exceptionnelle des tonalités du noir et blanc. Parfois qualifié de « Bruegel de l’art argentique », Pentti Sammallahti parvient, par son génie du paysage, à « substantialiser » l’hiver qui, sous son regard, semble plus matière que saison. L’exposition Miniatures du musée de la photo Charles Nègre à Nice rend hommage au talent méconnu de ce photographe Finlandais, égal des plus grands. L’artiste, qui a photographié Nice, n’a, hélas,pas pu se déplacer pour le vernissage,  à cause de la situation sanitaire. Regardez la performance réalisée par la Compagnie LA SAETA sur l’exposition (les deux premières minutes sont dans le noir) 

Nice : Ursula Biemann

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Depuis plus de vingt ans, l’artiste et auteure Suisse Ursula Biemann, entremêle étroitement dans ses essais vidéo, les défis écologiques contemporains, l’extraction et la distribution inégale des ressources de la Terre et les flux migratoires, conséquences de la pression exercée sur l’environnement et tous les êtres vivants.  Pour la première fois en France, l’exposition que lui consacre le MAMAC rassemble plusieurs œuvres vidéo de l’artiste avec une sélection focalisée sur les questions environnementales. Ursula Biemann nous emmène des plaines désormais bitumeuses du Nord du Canada, aux terres inondées du Bengladesh ; des luxuriantes forêts d’Equateur où des peuples indigènes luttent juridiquement pour préserver leur écosystème et leur cosmovision, aux interactions et drames invisibles qui se jouent au cœur des océans ou dans les territoires Sami, en Norvège. Très informée des recherches scientifiques en cours et des débats philosophiques et anthropologiques autour des enjeux écologiques, l’artiste instille dans son œuvre filmée des visions éco-féministes.  L’exposition montre également l’évolution de sa pratique depuis des essais vidéo donnant voix à d’autres géographies, jusqu’à des récits fictionnels, voire de science-fiction. Le territoire de l’imaginaire et l’invention de récits apparaissent comme de possibles voies aujourd’hui pour envisager de nouvelles relations au monde et une éthique des relations avec d’autres espèces. Loin de céder au catastrophisme ambiant, Ursula Biemann invite ainsi à réapprendre notre appartenance originelle à l’ordre naturel et à entendre la voix de peuples qui vivent dans des interactions riches et respectueuses avec le non-humain.