Cinéma

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Selfie

Cinéma|

Le pitch

Dans un monde où la technologie numérique a envahi nos vies, certains d’entre nous finissent par craquer. Addict ou technophobe, en famille ou à l’école, au travail ou dans les relations amoureuses, Selfie raconte les destins comiques et sauvages d’Homo Numericus au bord de la crise de nerfs…

Ce qu’on en pense

Internet et les réseaux sociaux rendent fou, c’est désormais avéré. Mais comme on ne peut plus s’en passer, autant en rire. En cinq sketches (mais curieusement, aucun sur la pratique liée au titre), Selfie entend se moquer gentiment de « l’influence du numérique sur les honnêtes gens ».Une mère de famille (Blanche Gardin) met en scène la maladie orpheline d’un des enfants pour gagner un voyage aux États-Unis, une prof de lettres (Elsa Zylberstein) entame une liaison virtuelle mais néanmoins dangereuse avec un youtubeur analphabète (Max Boublil), un cadre (Manu Payet) se fait marabouter par un site de vente en ligne, un amoureux transi (Finnegan Oldfield) enchaîne les rencards sur un site de rencontre dans l’espoir de séduire la fille de ses rêves, une famille réunie pour un mariage voit tous ses secrets divulgués à l’occasion d’une fuite géante de données en ligne… Réalisés par cinq auteurs différents (dont Marc Fitoussi et le Niçois Cyril Gelblat), les sketches font rapidement le tour de la question et forment (presque) une histoire. C’est malin, grinçant et parfois drôle, mais un peu trop gentillet.Les Nouveaux Sauvages du Net restent à réaliser.

 

 

Swallow

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Le pitch

Hunter (Haley Bennett) semble mener une vie parfaite aux côtés de Richie (Austin Stowell), son mari qui vient de reprendre la direction de l’entreprise familiale. Mais dès lors qu’elle tombe enceinte, elle développe un trouble compulsif du comportement alimentaire, le Pica, caractérisé par l’ingestion d’objets divers. Son époux et sa belle-famille décident alors de contrôler ses moindres faits et gestes pour éviter le pire : qu’elle ne porte atteinte à la lignée des Conrad… Mais cette étrange et incontrôlable obsession ne cacherait-elle pas un secret plus terrible encore ?

Ce qu’on en pense

Primé à Deauville, ce premier film très maîtrisé d’un cinéaste New Yorkais de 39 ans, Carlo Mirabella Davis, multiplie les références (Hitchcock, Cronenberg, Bergman…). Cela ne l’empêche pas de trouver son propre rythme pour raconter la névrose de son héroïne qui, pour échapper à l’emprise de son mari et de sa belle famille, se met à ingérer n’importe quoi, quitte à mettre sa santé et la vie de son bébé en péril. Entre thriller horrifique, drame psychologique et portrait de femme en quête d’émancipation, la mise en scène distille un malaise subtil. Dans le rôle de l’épouse au bord de la crise de fo (l) ie, Haley Benett (Kaboom) fait une composition épatante. Avis aux estomacs délicats, certaines scènes sont dures à digérer…

1917

Cinéma|

Le pitch

Pris dans la tourmente de la Première Guerre Mondiale, Schofield (George MacKay) et Blake (Dean-Charles Chapman), deux jeunes soldats britanniques, se voient assigner une mission périlleuse. Porteurs d’un message qui pourrait empêcher une attaque dévastatrice et la mort de centaines de soldats, dont le frère de Blake, ils se lancent dans une véritable course contre la montre, derrière les lignes ennemies

Ce qu’on en pense

Triomphateur surprise des Golden Globes (meilleur réalisateur, meilleur film dramatique), Sam Mendes est désormais favori des Oscars. Son nouveau film semble faire l’unanimité de la critique et le public US lui a réservé un accueil triomphal, le plaçant en tête du Box-Office devant Star Wars. Un exploit pour un film sur la guerre de 14-18, avec deux acteurs inconnus en têtes d’affiche ! Porté par le succès des deux derniers James Bond qu’il a réalisés (Spectre, et Skyfall), le réalisateur britannique s’est lancé dans une reconstitution à (très) grand spectacle de la première guerre mondiale, en se basant sur les mémoires de son grand-père, qui a participé au conflit en tant qu’agent de liaison. C’est d’ailleurs le type de mission qui est confiée aux deux héros du film : porter un message à un autre régiment,  menacé de tomber dans un piège tendu par les Allemands. Pour cela, ils devront traverser le no man’s land et les lignes ennemies, soit une quinzaine de kilomètres de tranchées, de barbelés et de villages de campagne bombardés, encore infestés de soldats ennemis. L’un des deux Anglais, Blake, est le plus motivé : son frère aîné appartient au régiment piégé. L’autre n’a que son courage et son sens du devoir pour viatique. Cela suffira-t-il ? Entre film de guerre, survival et jeu vidéo à la Medal of Honor, 1917 embarque le spectateur dans une expérience des tranchées ultra-immersive, grâce à un dispositif filmique constitué de longs plans séquences raccordés pour sembler n’en faire qu’un seul. Du paysage champêtre dans lequel se réveillent les héros (tels Le Dormeur du val), à celui de la séquence finale tout aussi bucolique, la caméra ne lâche jamais les deux héros et emprunte, le plus souvent, leur point de vue subjectif. Cela crée une tension constante durant les deux heures de projection, dont on sort épuisé. Mais le procédé n’a rien de novateur (Mendes lui-même l’a déjà employé dans le plan d’ouverture virtuose de Spectre) et le pari est moins gonflé que celui de Nolan dans Dunkerque, qui montrait la guerre sans les combats. Au final, 1917 ressemble au remake d’Il faut sauver le soldat Ryan par un émule d’Inarritu (Le Revenant) et de Terrence Malick (La Ligne rouge) : beaucoup d’épate, un peu de métaphysique, mais pas tellement de fond. L’évocation de la boucherie que fut la « grande » guerre se suffit peut-être d’images de charniers et de champs dévastés, mais il n’y a aucune perspective historique sur le conflit et les personnages sont tout juste esquissés, réduits à leur fonction dans le scénario. Le final désamorce même la critique de la folie guerrière du commandement qui semblait poindre, en hommage aux Sentiers de la gloire (Kubrick 1957). C’est du bon cinoche, virtuose, spectaculaire et prenant, mais pas le grand film de guerre annoncé

Cannes 2020 : Spike Lee président

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Alors que les nominations aux Oscars font, cette année encore, l’objet de critiques pour leur manque de diversité ethnique, le Festival de Cannes montre l’exemple en désignant un réalisateur noir pour présider le jury de sa 73e édition. Fervent militant de l’égalité raciale et des droits civiques , Spike Lee, 62 ans, est considéré comme l’un des chefs de file du mouvement anti-raciste aux Etats-Unis. C’est aussi un réalisateur mondialement célèbre pour ses films-brulôts comme Do The Right Thing (1989) sur les émeutes raciales ou le dernier en date, BlacKkKlansman (2018), pamphlet anti Trump et anti-raciste, qui lui a valu le Grand Prix à Cannes et l’Oscar du scénario. Spike Lee est également titulaire d’un Oscar d’honneur décerné en 2016 pour l’ensemble de sa carrière. « Il est celui qui lève le poing. Il est aussi celui qui rend hommage à Robert Mitchum avec les mots amour / haine gravés sur ses bagues lors de son entrée remarquée dans la grande salle du Palais des Festivals en 2018 » rappellent Thierry Frémaux et Pierre Lescure dans le communiqué d’annonce de sa désignation. Le réalisateur sexagénaire au look d’éternel adolescent, casquette vissée sur la tête et baskets flashy aux pieds, se dit quant-à lui «  honoré d’être la première personne de la diaspora africaine à assurer la présidence » du jury Cannois.

Dans une longue lettre de remerciements adressée aux organisateurs, Spike Lee rappelle que le Festival a eu « un impact énorme » sur sa carrière et a « façonné (sa) trajectoire dans le cinéma mondial ». Son premier long métrage She’s Gotta Have It (Nola Darling n’en fait qu’à sa tête) a remporté le Prix de la jeunesse à la Quinzaine des Réalisateurs en 1986, Do the Right Thing était en Compétition en 1989 et ses films suivants ( Jungle Fever en 1991,  Girl 6 en 1996 , Summer of Sam en 1999, Ten Minutes Older en 2002) ont tous eu les honneurs de la compétition, du hors compétition ou des sections parallèles. En 2018, Spike Lee revenait en compétition avec BlacKkKlansman, auquel le jury a décerné le Grand Prix.  Scénariste, acteur, monteur, producteur et réalisateur, Spike Lee « a amené au cinéma contemporain les questionnements et les révoltes de l’époque, sans jamais oublier de s’adresser au public qu’il a, film après film, sensibilisé à ses causes » estiment les organisateurs du Festival. « La personnalité flamboyante de Spike Lee promet beaucoup. Quel Président de Jury sera-t-il ? Rendez-vous à Cannes ! » concluent Thierry Frémaux et Pierre Lescure, à propos de ce président au profil très politique. Il aura la lourde tâche de succèder à Alejandro Inarritu dont la Palme d’or (Parasite de Bong Joon-ho) est un énorme succès public et brigue l’Oscar du meilleur film. La composition du jury sera connue à la mi-avril, avec la sélection officielle qui n’en est encore qu’à ses prémisses et sur laquelle rien n’a encore filtré. Une seule chose est sûre : le 73 e Festival de Cannes se tiendra du 12 au 23 mai sur la Croisette.

 

3 aventures de Brooke

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Le Pitch

Xingxi (Xu Fangyi), une jeune Chinoise, voyage seule au nord de la Malaisie. Elle y vit trois aventures distinctes, et comme parallèles, dont le point de départ est identique : par une journée de grande chaleur, perdue au bord d’un chemin, elle est victime d’une crevaison de vélo…

Ce qu’on en sait 

Fervente admiratrice d’Eric Rohmer, la Chinoise Yuan Qing a conçu son premier film comme un hommage aux “Contes moraux” du réalisateur français, avec une héroïne ingénue (la charmante Xu Fangyi) qui revit trois fois la même journée de vacances, mais de manière différente. Elle rencontre des personnes différentes  et s’épanouit à leur contact un peu plus chaque fois. Pascal Greggory y retrouve son prénom de Pauline à la plage, Pierre, dans le rôle d’un écrivain en panne d’inspiration auquel Xingxi s’attache dans la dernière séquence du film qui se conclut par cette sentence définitive: “C’est un monde triste et beau“. Le film, lui, est léger et charmant. On surveillera les prochaines réalisations de cette réalisatrice prometteuse.

Marche avec les loups

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Après La Vallée des Loups sorti en 2017 et qui a enregistré plus de 200.000 entrées, Marche avec Les Loups poursuit l’aventure de Jean-Michel Bertrand avec le canis lupus. Pendant deux ans, le documentariste a campé dans les Alpes, été comme hiver,  pour filmer les loups dans ce qui est (re)devenu leur habitat naturel. Grace à un ingénieux dispositif de caméras à déclenchement automatique reliées à son smartphone,  il y est parvenu au-delà même de ses propres espérances. Journal de bord de son immersion, le  film contient des images jamais vues de loups en liberté. L’auteur, qui a enregistré ses commentaires en chuchotant comme s’il était encore dans la montagne,  défend la cause animale et est persuadé que le loup peut cohabiter harmonieusement avec l’Homme. Les bergers et les propriétaires de troupeaux sont, on le sait, d’un avis contraire…

Douze Mille

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Le pitch

Frank (Arieh Worthalter) se fait chasser d’une casse automobile où il travaille clandestinement. Dans sa région, c’est la zone, pas de travail. Bien que très attaché à sa vie avec Maroussia ( Nadège Trebal), Frank doit partir trouver du travail ailleurs, loin de chez lui. Douze mille euros : c’est la somme dont ils conviennent tous les deux,  qu’il devra gagner avant de revenir. Mais Frank va-t-il revenir fidèle ? Au moins fidèle à lui-même ? Va-t-il seulement revenir…

Ce qu’on en pense

Un drôle de film social qui mêle sexe, danse (chorégraphies JC Gallotta), musique electro (BO de Rodolphe Burger) et travail clandestin,  par une élève de la Fémis, Nadège Trebal, visiblement davantage préoccupée de faire original que crédible ou même seulement compréhensible. Ainsi de scènes portuaires dans lesquelles le héros (Arieh Worthalter) se met à danser sans raison apparente devant ses collègues dockers. Collègues étant un grand mot, vu qu’ il fait semblant de travailler là sans avoir été embauché. Ce qui ne l’empêche pas de trafiquer à sa guise avec une bande de jeunes voleuses qui le prennent pour un vigile. Comprenne qui pourra !

Système K

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Au milieu de l’indescriptible chaos social et politique de la capitale du Congo, une scène artistique contemporaine bouillonnante crée à partir de rien, crie sa colère et rêve de reconnaissance. Malgré le harcèlement  des autorités et les difficultés personnelles des artistes, le mouvement envahit les rues et donne lieu à des scènes surréalistes qu’a filmées le Français Renaud Barret dans ce documentaire immersif à la BO et au contenu énergisants.

Merveilles à Montfermeil

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Le pitch

Joëlle (Jeanne Balibar) et Kamel (Ramzy Bedia) font tous deux partie de l’équipe municipale de la nouvelle Maire de Montfermeil, Emmanuelle Joly (Emmanuelle Béart), mais ils sont en instance de divorce. Alors que toute l’équipe travaille d’arrache pied à la mise en œuvre d’une nouvelle et très surprenante politique (dont la pierre angulaire est la création de la « Montfermeil Intensive School of Languages »), le couple se chamaille et se déchire. Leur amour renaîtra-t-il à l’occasion de la Fête de la Brioche ?

Ce qu’on en pense

Épatante en commissaire de police dragueuse dans Les Misérables de Ladj Ly, Jeanne Balibar retrouve Montfermeil pour sa première réalisation en solo. Pas sûr que la cité lui en soit reconnaissante. Non contente de ridiculiser l’action des élus locaux, cette satire politique grossière donne une image débilitante de la cité et de ses habitants. La farce est un registre décidément difficile à manier.Avec Notre Dame, Valérie Donzelli ne s’en tire finalement pas si mal en comparaison. Ici, on a réellement de la peine pour les acteurs embarqués dans cette pathétique ineptie. A commencer par la malheureuse Emmanuelle Béart, qui fait pitié en maire au bord de la crise de nerfs. Sa scène de pétage de plombs est un moment de ridicule dont elle aura du mal à se relever. Mathieu Amalric n’est pas mal non plus en maire-adjoint, adepte du short ou du kilt… Pour amateurs de navets cosmiques ! 

Festival Télérama

Cinéma|

Avant les César, le Festival Télérama est la dernière occasion de voir en salles quelques-uns des meilleurs films de 2019 à tarif réduit (3,50 euros par séance sur présentation du Pass à trouver sur l’appli Télérama dans l’édition papier du 8 janvier). Dans les Alpes Maritimes,  le cinéma de Beaulieu, le Rialto à Nice, La Coupole à la Gaude , le Casino à Antibes, La Strada à Mouans Sartoux et Les Arcades à Cannes programmeront les films sélectionnés du 15 au 21 janvier. Dans le Var , la ciné maison pour tous de Montauroux, Le Vox à Fréjus, la Boite à images à Brignoles, Le Royal à Toulon et le cinéma de Six Fours participent également à l’opération.

Voici la liste des films sélectionnés (vous pouvez lire la critique et/ou voir la bande annonce en cliquant sur le titre)

En plus des 16 reprises, le festival propose quatre films en avant-première.  Inout vous fait gagner des places pour les séances du Rialto Nice aux jours indiqués). Pour participer au tirage au sort envoyez votre demande à Inoutcotedazur@gmail.com (2 places par personne)

    • La Bonne épouse – Martin Provost (Dimanche 19 janvier à 15h45)
    • Un Fils – Mehdi M. Barsaoui ( Jeudi 16 janvier à 19h40)
    • La Fille au bracelet – Stéphane Demoustier
    • Dark Waters – Todd Haynes (Mardi 21 janvier à 19h10)

Les Siffleurs

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Le pitch

Cristi (Vlad Ivanov), un inspecteur de police de Bucarest corrompu par des trafiquants de drogue, est soupçonné par ses supérieurs et mis sur écoute. Embarqué malgré lui par la sulfureuse Gilda (Catrinel Marlon) sur l’île de la Gomera, il doit apprendre vite le Silbo, une langue sifflée ancestrale. Grâce à ce langage secret, il pourra libérer en Roumanie un mafieux de prison et récupérer les millions cachés. Mais l’amour va s’en mêler et rien ne se passera comme prévu…

Ce qu’on en pense

Révélé à Cannes en 2006 avec l’excellent 12 h 08 à l’est de Bucarest, le Roumain Corneliu Porumboiu a mis 13 ans pour y revenir en compétition.L’attente était donc importante pour ce film, qui a constitué l’une des déceptions de l’édition 2019. Inutilement embrouillée, sans grande originalité (à part l’usage du silbo qui justifie le titre) cette histoire de flic ripoux (Vlad Ivanov catatonique) contraint d’apprendre à la dure le langage sifflé de l’île de La Gomera pour récupérer un butin planqué dans des matelas en Roumanie (?!),  n’est ni drôle, ni passionnante, ni émouvante, ni rien du tout. Le réalisateur a beau multiplier les contorsions temporelles, les références faciles (la scène de la douche de Psychose…) et les titres accrocheurs dans la B.O, son film manque cruellement de souffle.

L’Adieu

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Le pitch

Lorsqu’ils apprennent que Nai Nai (Zhao Shuzhen), leur grand-mère et mère tant aimée, est atteinte d’une maladie incurable, ses proches, selon la tradition chinoise, décident de lui cacher la vérité. Ils utilisent alors le mariage de son petit-fils comme prétexte à une réunion de famille pour partager tous ensemble ses derniers instants de bonheur. Pour sa petite fille, Billi (Awkwafina), née en Chine mais élevée aux Etats-Unis, le mensonge est plus dur à respecter. Mais c’est aussi pour elle une chance de redécouvrir ses origines, et l’intensité des liens qui l’unissent à sa grand-mère.

Ce qu’on en pense

Précédé d’un buzz hyper favorable, ce petit mélodrame de la réalisatrice sino-américaine Lulu Wang, en partie autobiographique, est en course pour les Oscars et a déjà valu à son actrice principale, la rappeuse Awkwafina le Golden Globe de la meilleure actrice. Elle est effectivement très bien dans le rôle de cette jeune femme qui revient au pays pour voir une dernière fois sa grand-mère, se confronte aux traditions et retrouve ses racines. Malgré quelques longueurs, le film est à la fois drôle et émouvant, grâce au décalage qu’il installe entre l’héroïne, élevée aux États Unis et sa famille restée en Chine. Mais on sent un peu trop les ficelles d’écriture du film indé US délocalisé. Un pur produit Sundance.

Un Vrai bonhomme

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Le pitch

Tom (Thomas Guy) s’apprête à̀ faire sa rentrée dans un nouveau lycée. Pour l’aider à s’intégrer, il peut compter sur les conseils de Leo (Benjamin Voisin), son grand frère et véritable mentor. Leo va s’employer à̀ faire de Tom un mec, un vrai.Mais son omniprésence va rapidement se transformer en une influence toxique. Tom va devoir batailler pour s’affranchir de l’emprise de Leo et trouver son propre chemin….

Ce qu’on en pense

Découvert en 2012 avec un court-métrage inspiré par Brokeback Mountain (Ce n’est pas un film de cow-boys) et co-créateur de la série Les Grands pour OCS, Benjamin Parent poursuit avec son premier long-métrage sa thématique sur l’adolescence.Il le fait à travers ce récit d’apprentissage dans lequel Tom (Thomas Guy), un jeune garçon timide et sensible essaie vainement de calquer son attitude sur celle de son grand frère Léo (Benjamin Voisin), plus extraverti et viril, avant de comprendre qu’il va devoir s’affranchir de son exemple et développer sa propre personnalité. Toute l’originalité du scénario (attention spoiler) tient dans le fait que le grand frère mentor, toujours présent auprès du jeune héros pour lui dicter sa conduite dans les coups durs, est en fait… Un fantôme.  Leo est, en effet, mort dans l’accident de voiture qu’il provoque au début du film en conduisant sous substance. Ce que l’on comprend très vite, hélas, tant les ficelles scénaristiques sont grosses. On suit donc les tentatives désespérées de Tom pour jouer les durs et s’intégrer dans un lycée où son grand frère a apparemment laissé son empreinte virile. Sorte de Jiminy Cricket blond et crâneur, le fantôme de Léo  le coache à la dure, avec des résultats généralement désastreux. Grâce à ses conseils avisés, Tom arrivera à se faire rejeter même par le plus complexé de tous les élèves qui avait pourtant vu en lui un allié potentiel !  Les deux héros étant finalement assez peu attachants (l’un trop maladroit, l’autre trop sûr de lui ), ce sont finalement les parents, joués par Isabelle Carré et Laurent Lucas, qui retiennent l’attention. La mère, qui se remet difficilement de la perte d’un de ses fils,  est surprotectrice avec le second, qu’elle empêche de prendre librement son envol.Le père, qui se reconnaissait mieux dans son aîné viril et sportif (un espoir de l’équipe de basket locale), ne peut s’empêcher de faire la comparaison avec le cadet et pousse inconsciemment celui-ci à essayer de remplacer son frêre. Pas trés original, mais plutôt bien observé et bien joué.Mais entre film d’ados  et drame familial, Benjamin Parent peine à trouver le ton juste. Sa réalisation ne dépasse pas le niveau d’un téléfilm moyen.

  

 

Sol

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Le pitch
Sol (Chantal Lauby), célèbre interprète de Tango argentin, vit à Buenos-Aires depuis de nombreuses années. Derrière son tempérament excessif et son sourire incandescent, la Diva cache une blessure dont elle ne s’est jamais réellement remise : la perte de son fils unique, Raphaël, avec qui elle avait rompu tout lien. Sol revient à Paris dans l’espoir de rencontrer enfin Jo, son petit-fils de 7 ans, né de l’union de Raphaël et d’Eva, sa belle-fille, qu’elle ne connaît pas. Mais devant eux, Sol prend peur et prétend être là pour louer le studio situé sur leur palier. Dès lors, elle va tout faire pour apprivoiser ses nouveaux voisins…

Ce qu’on en pense
Jouant avec intelligence sur le principe du chien dans un jeu de quilles,   Jézabel Marques  signe avec ce premier long métrage une honnête comédie dramatique  sur le deuil et la transmission, à laquelle Chantal Lauby, dans son premier premier rôle,  apporte un capital de sympathie appréciable. Camille Chamoux, qui joue sa belle fille,  est également touchante,  ce qui compense en partie le manque d’ambition de la réalisation.

Les Enfants du temps

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Le pitch

Jeune lycéen, Hodaka fuit son île pour rejoindre Tokyo. Sans argent ni emploi, il tente de survivre dans la jungle urbaine et trouve un poste dans une revue dédiée au paranormal. Un phénomène météorologique extrême touche alors le Japon, exposé à de constantes pluies. Hodaka est dépêché pour enquêter sur l’existence de prêtresses du temps. Peu convaincu par cette légende, il change soudainement d’avis lorsqu’il croise la jeune Hina

Ce qu’on en pense

Nouveau phénomène de l’animation japonaise, Makoto Shinkai est l’auteur de Your Name, film d’animation le plus lucratif de tous les temps. Très attendu, son nouveau film, Les Enfants du temps,  a déjà engrangé  plus de 100 millions de dollars de recette au Japon. Cette fable écologique sur le dérèglement climatique se déroule dans un Tokyo menacé par des pluies diluviennes et dont le salut pourrait venir de jeunes femmes-soleil, capables de faire revenir le beau temps. Une magnifique parabole, superbement mise en scène avec une reconstitution impressionnante de la capitale japonaise, qui plus qu’un décor est l’un des personnages principaux du film. Un nouveau Miazaki est né.