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Toulon : Courts métrages

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Malgré la crise sanitaire, la neuvième édition du festival international de courts-métrages Cinéma en Liberté est maintenue à Toulon. Le festival aura lieu le vendredi 21 Aout et samedi 22 Aout  à la Tour Royale  de 20h à 1h du matin. Durant ces deux soirées vingt-neuf courts métrages internationaux retenus parmi plus de 350 candidatures venues des quatre coins du monde seront projetés. “Par les circonstances exceptionnelles que nous traversons cette année, l’enthousiasme partagé de nos partenaires ont décuplé notre volonté de vous faire vivre un tourbillon cinématographique au bouillon de culture vivifiant” assure l’équipe organisatrice de l’association Au Coeur des Arts. Un Jury de professionnels départagera les courts métrages en compétition. La projection des films primés, du film de clôture ainsi que la remise des prix se dérouleront le dimanche 23 Aout au cinéma le Royal partenaire du festival. Voici le programme de l’édition

Vendredi 21 Aout (Tour Royale)
20h – ouverture des portes et exposition “les reliques de l’image” de l’Association Kesako
20h – 20h40- Dj set Reiza
21h – Discours d’ouverture et lancement des projections
Samedi 22 Aout (Tour Royale)
20h – ouverture des portes et exposition “les reliques de l’image” de l’Association Kesako
20h – 20h40- Dj set de Perrine
21h – Discours d’ouverture et lancement des projections

Dimanche 23 août (Le Royal)

18h30 remise des prix

 

Greenland -Le dernier refuge

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Le pitch

Une comète est sur le point de s’écraser sur la Terre et de provoquer un cataclysme sans précédent. John Garrity (Gerard Butler) décide de se lancer dans un périlleux voyage avec son ex-épouse Allison (Morena Baccarin) et leur fils Nathan pour rejoindre le dernier refuge sur Terre à l’abri du désastre. Alors que l’urgence devient absolue et que les catastrophes s’enchaînent de façon effrénée, les Garrity vont être témoin du meilleur comme du pire de la part d’une humanité paniquée au milieu de ce chaos…

Ce qu’on en pense

Rien de tel qu’un bon cataclysme pour ressouder un couple.  Celui des Garrity (Gerard Butler-Morena Baccarin) battait de l’aile: la fin du monde va lui donner un nouvel élan…  La crise sanitaire, aussi, a de curieux effets. Alors que les blockbusters les plus attendus de l’été sont repoussés à la rentrée (Tenet) ou redirigés vers sur les plateformes de streaming (Mulan), un film comme Greenland-Le dernier refuge, qui paraissait promis au direct VOD,  se retrouve en tête de gondole des multiplexes avec la lourde tâche de faire revenir le public dans les salles. Il y a peu de chance, hélas, que ce film catastrophe lambda, parvienne à sauver l’été des exploitants.  Le casting n’a rien d’attractif, le scénario sent le réchauffé, le budget effets spéciaux est réduit au minimum vital pour ce genre de productions et la réalisation (signée Ric Roman Waugh) est appliquée sans plus. Pas une catastrophe, mais pas de quoi transformer le salles de cinéma en “dernier refuge” non plus.

Bigfoot Family

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Le pitch

Depuis son retour en ville, Bigfoot est devenu la star des médias. Au grand dam de son fils Adam qui rêvait d’une vie de famille paisible. L’adolescent essaye de dompter les incroyables pouvoirs hérités de son père et trouve réconfort auprès de la folle ménagerie abritée sous son toit. Lorsque Bigfoot est alerté par des militants écolos, il s’envole pour l’Alaska, bien décidé à combattre les méfaits de la société pétrolière X-Trakt. Quelques jours plus tard, le monde entier est sous le choc : l’aventurier velu a disparu. Le sang d’Adam ne fait qu’un tour. Cap sur le Grand Nord avec sa mère Shelly, Trapper un raton-laveur intrépide et Wilbur l’ours maladroit, pour retrouver son super-papa…

Ce qu’on en pense

On avait découvert le gentil héros velu du studio d’animation Belge nWave avec Bigfoot Junior en 2017. Pour cette suite de ses aventures, la thématique écologique, déjà au cœur du Voyage extraordinaire de Sammy et de  Sammy 2 (co-réalisés par Ben Stassen et produits pas nWave Pictures), est omniprésente. C’est dans l’air du temps et cela donne une profondeur supplémentaire à ce dessin animé familial et bon enfant. Les adultes peuvent y accompagner les enfants sans crainte de trop s’ennuyer.

L’Infirmière

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Le pitch

Ichiko (Mariko Tutsui) est infirmière à domicile. Elle travaille au sein d’une riche famille qui la considère depuis toujours comme un membre à part entière. Mais lorsque la cadette de la famille disparaît, Ichiko se trouve suspectée de complicité d’enlèvement. En retraçant la chaîne des événements, un trouble grandit : est-elle coupable ? Qui est-elle vraiment ?

Ce qu’on en pense

Aurait-on trouvé le Hitchcock japonais ? Après Harmonium (2017) , dans lequel un ex-détenu faisait son nid dans une famille ordinaire jusqu’à la détruire,  Kôji Fukada  récidive dans le thriller vénéneux avec le même art consommé pour installer la tension et le malaise.  Ici, une infirmière à domicile apparemment irréprochable va être confrontée à la rumeur et devoir refaire sa vie,  après que le fils de sa sœur ait été impliqué dans la séquestration d’une jeune fille. Avec un récit en double temporalité, qui fait s’entremêler présent et passé proche avec des échappées surréalistes, Fukuda décortique au scalpel chirurgical les mécanisme de la rumeur, de la culpabilité et de la honte, dans une société où on est présumé coupable tant qu’on n’a pas totalement prouvé son innocence (Ce qui s’avère presque impossible, tant les codes moraux sont stricts et obligent à cacher le moindre écart de conduite)…  Habilement mené,  le récit de la descente aux enfers de la malheureuse Ichiko est parfaitement glaçant. Mais, comme celui d’Harmoniumle final laisse le spectateur sur sa faim. Une autre marque de fabrique du réalisateur japonais ?

Eva en août

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Par Philippe DUPUY

Le Pitch

Eva (Itsaso Arana), jeune comédienne de 33 ans,  a décidé de changer de vie. Alors que ses amis partent en vacances, elle reste à Madrid dans l’appartement prêté par un ami journaliste. Les jours s’écoulent dans une torpeur madrilène festive et joyeuse. Autant d’opportunités de rencontres pour la jeune femme qui se sent libre comme l’air

Ce qu’on en pense

L’été c’est parfait” estime l’héroïne de cette dramédie intimiste espagnole,  qui lorgne très fort vers un cinéma rohmérien au pays d’Almodovar. Parfait pour les vacances. C’est dans cet état que se sent Eva (Itsaso Arana, jolie brunette au faux air de Valérie Donzelli) au début du film : vacante. Elle a refusé de fuir la canicule, préférant jouer les touristes dans sa  ville natale. Madrid au mois d’août : il y a pire endroit pour confiner. Des fêtes partout, profanes et sacrées. Un pur mélange du monde d’avant, à la mode espagnole (les jours commencent la nuit). Eva vient de se séparer (on l’apprendra au détour d’une rencontre devant un  cinéma) et a aussi largué son boulot de “comédienne pudique”  (assure-t-elle après plusieurs tournées) . Pudique, comme ce film, où il n’est presque pas question de sexe. Pourtant Eva rencontre beaucoup de beaux  jeunes hommes et de jolies jeunes femmes dans ses virées nocturnes madrilènes. On voudrait être à sa place ! Deux heures,  c’est trop court pour un été comme celui-là. Un Kechiche espagnol en aurait tiré  trois films de 5 heures. Jonas Trueba ( 5 films au compteur, un seul distribué en France : que font les distributeurs ?) a le sens de la mesure. Son film est une fugue. Mais pas en mode mineur. On en sort avec envie d’y retourner. Spoiler : à la fin, on comprend pourquoi l’héroïne se sentait vacante. Elle est désormais pleine…  d’avenir.

 

Le Défi du champion

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Le pitch

Christian Ferro (Andrea Carpenzano), jeune star du football de l’AS Roma, est un joueur inculte, rebelle, indiscipliné… et riche.  Suite à de nouvelles frasques, le président du club décide de remettre son champion dans le rang : s’il veut continuer à jouer, il doit s’éduquer, étudier et passer son bac.  Valerio (Stefano Accorsi), un universitaire brillant mais solitaire et fauché, est embauché comme professeur particulier. Malgré leurs préjugés et leurs différences, ils  vont beaucoup apprendre l’un de l’autre . Au point qu’ entre les deux, va naître une amitié inattendue…

Notre avis

Le synopsis  rappellera peut-être aux cinéphiles celui de Will Hunting (Gus Van Sant 1988). C’est normal, c’est le même ! Avec un footballeur à la place du mathématicien prodige mais asocial incarné par Matt Damon et la star italienne Stefano Accorsi  dans le rôle du mentor tenu à l’époque par Robin Williams. Pourtant, Le Défi du champion n’est pas le remake italien de Will Hunting. Le ton est nettement plus léger et humoristique. Même si la transformation (en deux mois !) du simili-Ronaldo (trés bien campé par Andrea Carpenzano) en  jeune bachelier raisonnable et romantique,  paraît assez improbable, on a envie d’y croire. La description du monde dans lequel vit le jeune garçon (entre télé réalité, jeux vidéo, voitures de sport et bande de potes qui squattent sa luxueuse villa)  est assez juste.  Et le face à face, entre l’intello fauché (Stefano Accorsi, plus Woody Allenien que jamais) et le jeune (pas si) crétin plein aux as, fonctionne parfaitement.  Le  feelgood movie de l’été. 

Tijuana Bible

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Le pitch

Nick (Paul Anderson), un vétéran américain blessé en Irak, vit dans la Zona Norte, le quartier chaud de Tijuana. Il y fait la connaissance d’Ana (Adriana Paz), une jeune mexicaine à la recherche de son frère disparu depuis quelques semaines. Ensemble, ils vont plonger dans les bas-fonds de cette ville aux mains des narcos-trafiquants.

Ce qu’on en pense

Plongée en apnée dans les quartiers les plus miséreux de la ville-frontière mexicaine avec le Peaky Blinder , Paul Anderson en ex-GI défoncé et des habitants filmés à l’arrache  par l’auteur de l’excellent Mange tes morts (2014), Jean Charles Hue. Un film christique qui pique un peu les yeux (tout est filmé en surexposition) ,  mais qui, comme ses personnages, mérite sa rédemption. Ne serait-ce que pour le courage qu’il a fallu à l’équipe pour tourner sans protection policière dans la Zona Norte.

 

The Climb

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Par Philippe DUPUY

Le pitch

Kyle (Kyle Marvin) et Mike (Michael Angelo Covino) sont deux meilleurs amis aux tempéraments très différents mais dont l’amitié a toujours résisté aux épreuves de la vie. Jusqu’au jour où Mike couche avec la fiancée de Kyle. Alors que l’amitié qui les lie aurait dû être irrémédiablement rompue, un événement dramatique va les réunir à nouveau…

Ce qu’on en pense

C’est une histoire d’amitié. Celle, apparemment idéale, des deux acteurs  Michael Angelo Covino et Kyle Marvin,  qui ont écrit et joué le film (réalisé par Covino), pour se donner un emploi. Et celle, nettement plus toxique des deux héros Kyle et Mike, amis d’enfance qui,  malgré leurs différents (et pas des petits ! )  n’arrivent pas à se détester suffisamment pour se séparer à jamais. Ce que ferait n’importe quel esprit un peu sensé si son copain se débrouillait pour saborder systématiquement ses histoires d’amour et presque toutes les virées “entre amis”. Le film commence dans le col de Vence (Michael Angelo Covino a des attaches en France),  où les deux potes font du vélo avant le mariage de Kyle. C’est le moment que choisit Mike pour avouer à l’autre qu’il a couché avec sa fiancée. Fin du premier plan séquence (le film en comporte une demi douzaine, tous plus épatants les uns que les autres).  On retrouve Mike quelques années plus tard à l’enterrement de la dite fiancée (jouée par Judith Godrèche),  qu’il a fini par épouser à la place de son copain. Kyle débarque au cimetière et, dans la peine commune, tout est oublié. Jusqu’à ce que rebelote : Kyle va se marier avec une copine de fac (Gayle Rankin), que toute sa famille déteste, et Mike va tout faire, plus ou moins consciemment,  pour faire échouer l’entreprise…  Une comédie burlesque dont l’humour désespéré rappelle énormément Thunder Road, le film de Jim Cummins sorti en 2018. Même sens du tempo, mêmes soucis formels, même ton tragicomique. Une réussite !   Prix coup de coeur du Certain regard à Cannes et Prix du jury à Deauville l’an dernier.

T’as pécho ?

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Le pitch

Arthur (Paul Kircher), 15 ans, a un coup de foudre pour Ouassima (Inès d’Assomption) , qui ne le regarde même pas… Alors que lui n’a jamais pécho, elle sort avec Matt (Abdel Bendhaer) , le beau gosse du collège. Pour s’approcher d’elle, Arthur rassemble une bande de losers célibataires et lui propose de leur donner des cours de péchotage, à 10 euros la leçon. Dans les vestiaires de la piscine, débute alors un long apprentissage intime et collectif sur « les filles et l’amour : mode d’emploi ».

Ce qu’on en pense

L’avantage avec les films dont le titre et le pitch font craindre le pire , c’est qu’on en sort le plus souvent en se disant que,  finalement, ce n’était pas si atroce que ça. Entre Les Beaux Gosses et Sex Education, ce premier long métrage signé Adeline Picault réserve effectivement quelques bons moments,  même s’il a du mal à tenir la distance. Sous employés,  Ramzy Bedia et Vincent Macaigne laissent le champ (trop) libre aux jeunes acteurs qui ont du mal à rendre leurs personnages de crétins boutonneux un tant soit peu sympathiques et attachants.

Terrible jungle

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Par Philippe DUPUY

Le Pitch

Eliott (Vincent Dedienne) , jeune chercheur naïf, part étudier les Otopis, un peuple mystérieux d’Amazonie. C’est aussi l’occasion pour lui de s’éloigner de l’emprise de sa mère, la possessive Chantal de Bellabre (Catherine Deneuve). Mais celle-ci, inquiète pour lui, décide de partir à sa recherche en s’aventurant dans l’étrange forêt amazonienne avec une équipe de gendarmes commandés par le chef Raspaillès (Jonathan Cohen).

Ce qu’on en pense

Les comédies françaises voyagent mal, c’est un fait acquis. Même Alain Chabat s’y est fourvoyé avec son Marsupilami. Terrible Jungle ne fait pas exception à la règle malgré son casting étoilé. Vincent Dedienne joue les Tintin explorateur sans aucun charisme et Alice Belaïdi ne sait pas sur quel pied faire danser son personnage (elle se l’est d’ailleurs cassé pendant le tournage). Heureusement, Catherine Deneuve (toujours parfaite en femme à poigne)  et Jonathan Cohen (hilarant en gendarme crétin) sauvent un peu l’expédition. Mais la réalisation manque de rythme, le scénario n’a pas été assez travaillé pour que les situations et les personnages soient vraiment drôles et le comique se cantonne sagement à ce qu’on peut attendre d’un film du dimanche soir sur TF1. Dommage,  car on sent bien qu’avec un peu d’audace et de travail supplémentaires, Terrible Jungle aurait pu mériter son titre. Alors que franchement, c’est plutôt pas terrible.

Hotel by the River

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Le pitch

Un vieux poète, qui loge dans un hôtel au bord d’une rivière, fait venir ses deux fils, pensant que sa fin est proche. Lieu de retrouvailles familiales, l’hôtel est aussi celui d’un désespoir amoureux : une jeune femme trahie par l’homme avec qui elle vivait vient y trouver refuge et demande à une amie de la rejoindre…

Ce qu’on en pense

Toujours aussi prolixe, Hong Sang-soo a deux films dans sa besace cette année : La Femme qui s’est enfuie qui sortira le 30 septembre et celui-ci, qu’il a tourné en noir et blanc avec sa compagne et muse la délicieuse Kim Min-hee. Comme d’habitude chez le cinéaste Sud-Coréen,  ça bavasse interminablement autour d’une table et il ne se passe quasiment rien  

Cannes 2020 : cap sur Deauville

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A circonstances exceptionnelles, édition exceptionnelle : le Festival du cinéma américain de Deauville accueillera cette année  le Festival de  Cannes, en incluant dans sa programmation  dix films  qui auraient dû être projetés pendant l’édition du mois de mai annulée en raison de l’épidémie de coronavirus. Les dix films choisis pour ce partenariat inédit sont :   ADN de Maïwenn, AMMONITE de Francis Lee, DES HOMMES de Lucas Belvaux, LES DEUX ALFRED de Bruno Podalydès, A GOOD MAN de Marie-Castille Mention-Schaar, LAST WORDS de Jonathan Nossiter, PENINSULA de Yeon Sang-ho, ROUGE de Farid Bentoumi, SLALOM de Charlène Favier et  TEDDY de Ludovic & Zoran Boukherma.  Les festivaliers normands pourront ainsi les découvrir  sur grand écran, en présence du délégué général du festival de Cannes, Thierry Frémaux et de son président Pierre Lescure. Les films de Cannes irrigueront toutes les sections de cette édition, conférant une teinte originale et cosmopolite à la programmation. De nombreuses équipes de films, pour une grande majorité française, seront présentes pour échanger avec le public. «Avec Pierre Lescure et les équipes de Cannes, nous sommes très heureux de l’hospitalité qui nous est offerte pour projeter les films de la Sélection officielle sur les planches de Deauville, déclare Thierry Frémaux. Nous partageons avec Bruno Barde (son homologue Normand NDLR) une exigence identique pour le cinéma, une même passion pour les artistes, une tradition semblable de générosité et d’ouverture au monde.»  En dehors de cette sélection cannoise, Deauville  proposera, comme à son habitude quelque 70 films américains,  en compétition ou en avant premières et un hommage spécial sera rendu à Kirk Douglas. C’est Vanessa Paradis qui présidera le jury.

 

Lands of Murders

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 Le pitch

Dans une région reculée de l’Allemagne tout juste réunifiée, deux inspecteurs enquêtent sur la disparition inquiétante de deux adolescentes. L’un a des méthodes modernes d’investigation, tandis que l’autre n’hésite pas à user de pratiques moins orthodoxes. Leur recherche les met sur la piste d’une affaire de bien plus grande envergure. Au cœur d’un climat post-RDA sous tension, ils vont devoir mettre de côté leurs divergences pour faire avancer l’enquête…

Ce qu’on en pense

Remake allemand du film multi primé d’Alberto Rodriguez La Isla Minima, qui se déroulait dans l’Espagne post-Franquiste, Lands of Murder vaut surtout pour sa transposition dans l’Est de l’Allemagne nouvellement réunifiée. Les enjeux et les difficultés de la réunification sont personnifiées par les deux inspecteurs de police aux méthodes et aux personnalités très différentes. Les paysages désolés de l’ex-Allemagne de l’Est, filmés dans  les tons délavés des pellicules de l’époque avec une appétence particulière pour les plans aériens, ajoutent à la “glauquitude” de cette histoire de trafics sexuels et de meurtres d’adolescentes. Pour un remake, le scénario laisse quand même à désirer (trop de personnages et de scènes inutiles) et le film peine à justifier sa longueur. 

 

 

 

Les Meilleures intentions

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Le pitch

Début des années 90. Amanda, l’ainée de 10 ans, son frère et sa sœur vivent alternativement sous le toit de leurs parents séparés à Buenos Aires. Le statu quo est bouleversé lorsque leur mère annonce vouloir déménager avec son compagnon au Paraguay en amenant les enfants avec elle. Amanda se sent plus proche de son père , musicien à la vie de patachon, sa mère étant plus stricte mais plus responsable. Partir avec sa mère son frère et sa sœur ou rester avec son père? Grand dilemme pour une petite fille…

Ce qu’on en pense

Un premier film argentin tout en finesse et douceur,  basé sur les souvenirs d’enfance de la réalisatrice, Ana Garcia Blaya, qui a connu le déchirement du divorce de ses parents, l’ambiance baba cool chez l’un, plus familiale chez l’autre. L’histoire est racontée de son  point de vue d’enfant de 10 ans, responsable par défaut de ses petits frère et sœur lorsqu’elle vit chez son père, mais attirée par son mode de vie libertaire. Leur quotidien est joliment reconstitué et l’histoire avance par petites touches avec de fréquents retour en arrière, à travers les vidéos du temps du bonheur familial qu’aiment regarder les enfants. On comprend que le couple s’est aimé,  mais que la mère s’est lassée de la vie sans le sou que lui faisait mener son époux. Elle est rentrée dans la norme,  a rencontré un homme gentil et responsable qui a accepté ses enfants et est partie s’installer avec lui assurer leur avenir,  même si elle aime sans doute encore son ex-mari. Lui est resté un éternel adolescent, toujours fourré avec ses copains, faisant la fête jusqu’à épuisement. Sa fille a grandi sans qu’il s’en aperçoive. Il est touché qu’elle ne veuille pas le laisser seul en partant s’installer ailleurs avec sa mère. Mais au fond de lui il sait bien que ce sera mieux pour elle. Il a déjà accepté que son amour de jeunesse s’en aille, pour les mêmes raisons… Servie par une troupe d’acteurs épatants (enfants compris),  une très jolie chronique familiale sur fond de rock argentin.

The King of Staten Island

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Par Philippe DUPUY

Le pitch

Il semblerait que le développement de Scott (Pete Davidson) ait largement été freiné depuis le décès de son père pompier, quand il avait 7 ans. Il en a aujourd’hui 24 et entretient le doux rêve d’ouvrir un restaurant/salon de tatouage. Alors que sa jeune soeur Claire (Maude Apatow) , sociable et bonne élève, part étudier à l’université, Scott vit toujours au crochet de sa mère infirmière, Margie (Marisa Tomei), et passe le plus clair de son temps à fumer de l’herbe, à traîner avec ses potes Oscar, Igor et Richie et à coucher en cachette avec son amie d’enfance Kelsey (Bel Powley). Mais quand, après 17 ans de veuvage, sa mère commence à fréquenter Ray (Bill Burr), lui aussi pompier, Scott va voir sa vie chamboulée et ses angoisses exacerbées. L’adolescent attardé qu’il est resté va enfin devoir faire face à ses responsabilités et au deuil de son père…

Ce qu’on en pense

Surtout connu pour ses comédies régressives (40 ans toujours puceau, En cloque mode d’emploi…), Judd Apatow réussit aussi trés bien les dramédies, comme il l’a déjà prouvé avec Funny People. Il est aussi connu pour révéler de  nouveaux talents (Seth Rogen, James Franco, Paul Rudd, Jonah Hill…). Aperçu dans Crazy Amy, Pete Davidson explose ici dans un premier rôle très autobiographique. Ayant perdu son père pompier dans les attentats du World Trade Center, Davidson, grand échalas dégingandé aux yeux globuleux et à la lippe Jaggerienne,  s’est signalé par des shows de stand-up particulièrement féroces. Il a participé aux dialogues et au scénario du film,  qui dresse le portrait d’un jeune garçon perturbé mais intelligent qui, à 25 ans passés, va enfin trouver le chemin pour passer à l’âge adulte grâce aux efforts conjugués de sa mère (Marisa Tomei, toujours parfaite) , de sa soeur (Maude Apatow) , de son peut-être futur beau père (Bill Burr à moustache) et de sa copine d’enfance (Bel Powley, excellente). Mash-up improbable de Clerks et de Mommy, The King of Staten Island  est une belle réussite. Le film US de l’été.