Cinéma

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César 2024 : Le Palmarès

Cinéma|

Maere

Par Ph.D

Un grand vainqueur annoncé (et, à notre avis, surcôté) : Anatomie d’une chute . Des prix de consolation pour le meilleur film français de l’année (Le Règne Animal). Une seule statuette pour le film le plus émouvant : Je Verrai toujours vos visages. La naissance d’une star : Raphaël Quenard, prix de la révélation (et du meilleur discours de réception). Un prix masculin volé à Raphaël Quenard (Arieh Worhalter pour Le Procès Goldman). Un Meilleur film étranger francophone (Simple comme Sylvain).  Un prix féminin mille fois mérité : Sandra Huller. Un invité d’honneur snobé : Christopher Nolan (reparti sans la statuette du meilleur film étranger qui lui était promise pour Oppenheimer). Un César d’honneur mérité pour Agnès Jaoui, (qu’on reverra sans doute l’année prochaine pour Le Dernier des juifs). La vengeance de Judith Godrèche (voir vidéo).  La revanche des femmes réalisatrices… Même Rachida Dati a passé une bonne soirée (et c’est rare pour une ministre de la culture aux César) : autant dire que la cérémonie des César 2024 a été un bon cru. 

 

Rebel Moon

Cinéma|

Par J.V

Le Pitch

Une paisible colonie sur une lune lointaine est soudain menacée par les armées d’un tyran et place tous ses espoirs de survie entre les mains d’une mystérieuse inconnue (Sofia Boutella)...

Ce qu’on en pense 

Le nouveau film de Zack Snyder (300, Wattchmen, Justice League) sort sur Netflix et c’est une bonne nouvelle pour les abonnés de la plateforme qui pourront se régaler de cette  nouvelle saga spatiale prévue en trois volets,  sans sortir de chez eux. Vaguement inspirée des 7 Samourais, l’intrigue conduit à la formation d’une troupe de mercenaires de l’espace pour sauver un village de paysans  d’une armée d’occupation. Le casting,  mené par Sofia Boutella en amazone intersidérale, est très sympa. Les décors et costumes sont soignés et les effets spéciaux ne font pas cheap. Côté réalisation, Snyder y va mollo sur les filtres et les effets visuels,  ce qui est reposant pour les yeux. Au final, une plutôt bonne surprise. Le premier volet donne envie de voir la suite (prévue pour le 19 avril).

Universal Theory

Cinéma|

Par Ph.D

Le pitch

1962 : lors d’un congrès de physique dans les Alpes suisses, le jeune Johannes (Jan Bülow) défend une théorie sur l’existence de mondes parallèles. Mais personne n’y croit, pas même son tuteur. Les mystères s’accumulent pourtant : une curieuse formation nuageuse dans le ciel ; la présence fantomatique de Karin (Olivia Ross), une jeune pianiste qui l’obsède et semble tout savoir de lui… Et ces personnes victimes d’accidents étranges dans la montagne ? Le réel semble bien fragile en ce lieu…

Ce qu’on en pense

Formidable film de science fiction à l’ancienne (noir et blanc, effets spéciaux bricolés, musique symphonique…), Universal Theory révèle le talent de Timm Kröger, jeune réalisateur allemand dont c’est le premier long métrage. La Hammer, Murnau, Hitchcock, Fritz Lang, Lynch, Dark, Black Mirror... Les références pleuvent à son propos, pourtant Universal Theory demeure une oeuvre totalement personnelle et originale . A contre-courant d’à peu près tous les courants contemporains, alors qu’il y est question de multiverse (théorie chère à  Marvel) et de physique quantique. Le film ose même le mélo sentimental,  avec une histoire d’amour qui traverse les univers parallèles entre les deux jeunes premiers affriolants que sont Jan Bülow (qui aurait pu jouer le chanteur de Joy Division dans  Control) et la troublante Olivia Ross. On sort de là complètement mystifiés. La bonne surprise cinéphile de la semaine.

Double foyer

Cinéma|

Par J.V

Le pitch

Lili (Émilie Dequenne) et Simon (Max Boublil) s’aiment, mais n’habitent pas ensemble. Abel, l’enfant de cet amour, vit entre deux maisons…

Ce qu’on en pense

L’amour « chacun chez soi » a ses adeptes. Compagne du regretté Claude Miller, Claire Vassé en tire une comédie molassonne dans laquelle le duo Emilie Dequenne Max Boublil peine à séduire. En décalage avec le sujet, résolument  moderne, la réalisation fait vieillotte. Un manque d’inspiration qui oblige à chausser des lunettes « double foyer » pour y voir un semblant de réflexion sociologique…

Le Successeur

Cinéma|

Par J.V

Le pitch

Heureux et accompli, Ellias (Marc-André Grondin) devient le nouveau directeur artistique d’une célèbre maison de haute couture française. Quand il apprend que son père, qu’il ne voit plus depuis de nombreuses années, vient de mourir d’une crise cardiaque, Ellias se rend au Québec pour régler la succession. Le jeune créateur va découvrir qu’il a hérité de bien pire que du cœur fragile de son père…

Ce qu’on en pense

Après le succès de  Jusqu’à la garde , film sur les violences conjugales couronné de cinq  César en 2018, Xavier Legrand revient avec, cette fois,  un pur film de genre. Et le moins qu’on puisse dire est qu’il ne déçoit pas ! Ce polar sur la paternité toxique et l’impossibilité d’échapper à ses racines, adapté d’un roman d’Alexandre Postel (L’Ascendant 2015),   va vous retourner la tête , avec un scénario à rebondissements et une réalisation virtuose. Le Québecquois Marc-André Grondin (C.R.A.Z.Y,  Le Premier jour du reste de ta vie) est impressionnant dans le rôle titre. Premier choc français de l’année. 

Au fil des saisons

Cinéma|

Par J.V

Le pitch

Charlie (Morgan Saylor), 20 ans, étudiante, revient dans la ferme familiale en Virginie pour aider sa mère (Andrea Riseborough) qui est souffrante. Elles ont une vision différente de la vie : Charlie étudie la finance, tandis que Laura gère un élevage de poules. Après une longue absence, Solange, la mère de Laura (Catherine Deneuve), grand-mère de Charlie, débarque à la ferme… Elle est française, féministe et excentrique. Solange a quitté l’Amérique alors que sa fille était encore une enfant et elles ne se sont jamais beaucoup revues…

Ce qu’on en pense 

En partie autobiographique, cette petite comédie dramatique se distingue par la présence de Catherine Deneuve dans un second rôle inattendu de grand-mère immigrée aux Etats-Unis et par celle de Martin Scorsese à la production. Pour le reste, rien dans la réalisation du duo Hanna Ladoul / Marco La Via, dans l’écriture,  ni dans l’interprétation,  ne permet au film d’échapper à l’oubli aussitôt visionné.

 

 

L’Empire

Cinéma|

Par J.V

Le pitch

Dans un village de pêcheurs de la Côte d’Opale, surgissent des chevaliers d’empires interplanétaires. Une lutte sanguinaire entoure alors la naissance du Margat, prince résurgent, mauve et immonde, enfant d’un couple séparé…

Ce qu’on  en pense

Les fans de Star Wars feront bien de visionner la bande annonce avant de se ruer vers le nouveau film de Bruno Dumont. Les références à la saga de Georges Lucas ne sont, en effet, que prétexte à un décalage de plus pour le réalisateur de L’Humanité et de La Vie de Jésus (dont L’Empire est une sorte de prequel) . Sans se départir de sa ligne « Bressonienne », ni sombrer dans le pastiche lourdingue,  Dumont parvient à détourner le genre space opera,  comme il l’avait fait pour  la comédie musicale avec  Jeannette, l’enfance de Jeanne d’Arc et pour le film policier avec CoinCoin et les Z’inhumains. On y retrouve Fabrice Luchini dans un costume encore plus ridicule que celui dont Dumont l’avait affublé dans Ma Loute et Camille Cottin en princesse Leia de la Côte d’Opale. Un nouvel OFNI (objet filmique non identifié) signé Bruno Dumont.

Une Vie

Cinéma|

Par J.V

Le pitch

Prague, 1938. Alors que la ville est sur le point de tomber aux mains des nazis, Nicholas Winton (Anthony Hopkins / Johnny Flynn), un banquier londonien, met tout en œuvre pour sauver des centaines d’enfants promis à une mort certaine dans les camps de concentration…

Ce qu’on en pense

L’histoire vraie du « Schindler anglais«  qui sauva près de 700 enfants en organisant des convois entre la Tchécoslovaquie et l’Angleterre,  à la barbe des nazis. Retourné à l’anonymat après la guerre, n’ayant jamais véritablement réalisé la valeur de son geste, Nicholas Winton n’a connu la célébrité qu’en 1988, lorsque son histoire fut racontée par une émission de télévision. Tout le monde se souvient de la scène dans laquelle,  assistant à l’émission de la BBC dans une salle pleine,  il est filmé découvrant que le public était essentiellement constitué d’ enfants qu’il avait sauvés, devenus adultes grâce à lui. Oscarisé pour The Father, Anthony Hopkins trouve,  à 86 ans, un nouveau rôle à la hauteur de son génie dramatique.  Derrière la caméra, le réalisateur de séries James Hawes (Snowpiercer, Slow Horses, Penny Dreadful) alterne le bon (la guerre et les années de reconnaissance) et le plus dispensable (la jeunesse du héros en flashback),  avec une facheuse tendance à surligner les intentions,  alors que la force de l’histoire se suffisait à elle-même.

Walk Up

Cinéma|

Par J.V

Le pitch

Byungsoo (Hae-hyo Kwon), un réalisateur célèbre, accompagne sa fille (Mi-so Park) chez une amie de longue date (Hye-Young Lee), propriétaire d’un immeuble à Gangnam. La visite des lieux entraîne pour Byungsoo un voyage hors du temps où se dessinent, à chaque étage, ses amours passés et à venir…

Ce qu’on  en pense

Le Hong Sang-Soo nouveau est arrivé ! Alors que le réalisateur Coréen est déjà à la Berlinale pour présenter son film suivant (A Traveler’s Needs), Walk Up  offre à ses aficionados une nouvelle variation sur ses thèmes favoris,  avec le fidèle Hae-hyo Kwon, dans le rôle de son double de cinéma.  Toujours tourné en noir et blanc,  selon  une formule quasi immuable de plans séquences autour de personnages devisant à table devant un verre ou un repas, le film parvient tout de même à séduire une fois de plus. C’est magique !

Sleep

Cinéma|

Par J.V

Le pitch

La vie d’un jeune couple est bouleversée quand le mari (Sun-kyun Lee) devient somnambule et se transforme en quelqu’un d’autre la nuit tombée. Sa femme (Yu-mi Jeong), submergée par la peur qu’il fasse du mal à leur nouveau-né, ne trouve alors plus le sommeil…

Ce qu’on en pense

Présenté à la Semaine de la critique cannoise et Grand Prix du festival du film fantastique de Gerardmer, Sleep révèle le talent d’un nouveau cinéaste sud coréen: Jason Yu.   Capable d’ instaurer un climat de terreur au sein d’un film intimiste sur le couple et les bouleversements liés à la naissance d’un premier enfant, le jeune cinéaste privilégie  la psychologie aux effets spéciaux et mise sur son couple d’acteurs. Pari gagné : Sleep va vous empêcher de dormir.

 

 

Le Pion du général

Cinéma|

Par Ph.D

Le pitch

Le jeune Rakib travaille comme seul employé de maison dans le manoir de Purna, un général à la retraite, aussi craint que respecté, et dont la famille est servie par celle de Rakib depuis des générations. Lorsque Purna se présente aux élections de la mairie locale, Rakib découvre un mentor et un père de substitution qu’il défendra à tout prix, jusqu’à ce qu’il soit déchiré entre la loyauté et la justice…

Ce qu’on en pense

Un superbe travail de mise en scène et de photographie au service d’un scénario très classique sur  la violence et l’autoritarisme ancrés dans la société indonésienne. L’histoire d’un potentat local prêt à tout pour se faire réélire et d’un garçon innocent qui découvre, malgré lui,  les dessous de la politique. Un jeu de pouvoir et de manipulation voué à mal finir…

César 2024 : Nos favoris

Cinéma|

Par Ph.D

Qui succédera  à « La nuit du 12 », grand vainqueur de l’an dernier?  La cérémonie aura lieu  le 23 février à l’Olympia, à Paris, présidée par Valérie Lemercier.  Sans surprise, les favoris sont Le Règne animal  et Anatomie d’une chute avec Je verrai toujours vos visages ,  Le Procès Goldman et Chien de la casse qui a révélé le génial Raphael Quenard en lice pour le César du meilleur acteur. Des César d’honneur seront  remis à l’actrice et réalisatrice Agnès Jaoui et au cinéaste américano-britannique Christopher Nolan.Voici la liste des nominations dans les principales catégories. Nos favoris sont marqués d’un X et les probables vainqueurs d’un + :

Meilleure actrice

  • Marion Cotillard dans « Little girl blue »
  • Léa Drucker dans « L’été dernier » +
  • Virginie Efira dans « L’amour et les forêts »
  • Hafsia Herzi dans « Le ravissement »
  • Sandra Hüller dans « Anatomie d’une chute » X

Meilleur acteur

  • Romain Duris dans « Le règne animal »
  • Benjamin Lavernhe dans « L’abbé Pierre – Une vie de combats » +
  • Melvil Poupaud dans « L’amour et les forêts »
  • Raphaël Quenard dans « Yannick » X
  • Arieh Worthalter dans « Le procès Goldman »

Meilleur scénario original

  • « Anatomie d’une chute » réalisé par Justine Triet X+
  • « Chien de la Casse » réalisé par Jean-Baptiste Durand
  • « Je verrai toujours vos visages » réalisé par Jeanne Herry
  • « Le procès Goldman » réalisé par Cédric Kahn
  • « Le règne animal » réalisé par Thomas Cailley

Meilleure réalisation

  • Thomas Cailley dans « Le règne animal » X+
  • Jeanne Herry dans « Je verrai toujours vos visages »
  • Cédric Kahn dans « Le procès Goldman »
  • Catherine Breillat dans « L’été dernier »

Meilleur premier film

  • Bernadette
  • Chien de la casse X
  • Le Ravissement +
  • Vincent doit mourir
  • Vermines

Meilleur film étranger

  • « L’enlèvement » réalisé par Marco Bellocchio
  • « Les feuilles mortes » réalisé par Aki Kaurismaki
  • « Oppenheimer » réalisé par Christopher Nolan +
  • « Perfect days » réalisé par Wim Wenders X
  • « Simple comme Sylvain » réalisé par Monia Chokri

Meilleur film

  • « Anatomie d’une chute » réalisé par Justine Triet +
  • « Chien de la Casse » réalisé par Jean-Baptiste Durand
  • « Je verrai toujours vos visages » réalisé par Jeanne Herry
  • « Le procès Goldman » réalisé par Cédric Kahn
  • « Le règne animal » réalisé par Thomas Cailley X

 

Vivants

Cinéma|

Par J.V

Le pitch

Gabrielle (Alice Isaaz), 30 ans, intègre une prestigieuse émission de reportages. Elle doit très vite trouver sa place au sein d’une équipe de grands reporters. Malgré l’engagement de Vincent (Roschdy Zem), leur rédacteur en chef, ils sont confrontés au quotidien d’un métier qui change, avec des moyens toujours plus réduits, face aux nouveaux canaux de l’information. Habités par leur passion pour la recherche de la vérité, leur sens de l’humour et de la solidarité, ils vont tout tenter pour retrouver la foi de leurs débuts et se réinventer

Ce qu’on en pense

Venue du documentaire, Alix Delaporte (Angèle et Tony) livre un film assez réaliste sur le journalisme d’investigation confronté au bouleversement de l’univers des média et à la crise du journalisme traditionnel confronté aux chaines du web et aux réseaux sociaux. Le charme du film tient en grande partie à son casting  dans lequel se retrouvent Roschdy Zem, Alice Isaaz, Vincent Elbaz, Pascale Arbillot, Pierre Lottin, Jean-Charles Clichet et Grégoire Leprince-Ringuet. La partie romance n’est pas terrible, mais on en sort vivants.

Madame Web

Cinéma|

Par J.V

Le pitch

Cassandra Web (Dakota Johnson) est une ambulancière de Manhattan qui serait capable de voir dans le futur. Forcée de faire face à des révélations sur son passé, elle noue une relation avec trois jeunes femmes destinées à un avenir hors du commun… si toutefois elles parviennent à survivre à un présent mortel !

Ce qu’on en pense

Egaré aux Etats-Unis, Tahar Rahim  joue les méchants dans ce film d’action au féminin dont l’héroïne, incarnée par Dakota Johnson,  a le pouvoir de maitriser le temps. Un super pouvoir dont le réalisateur n’est, hélas, pas doté. De sorte que le spectateur risque de trouver le temps long jusqu’au final, heureusement un peu plus musclé que le reste. Les spectatrices adolescentes sont-elles l’avenir du film de super-héros ? Madame Web a peut-être la réponse, pas nous.

20 000 espèces d’abeilles

Cinéma|

Par J.V

Le pitch

Cocó (Sofia Otero), huit ans, a bien du mal à savoir qui elle est. Au cours d’un été passé parmi les ruches du Pays Basque, elle éveille sa singularité au sein des femmes de sa famille, elles-mêmes en proie au doute. Dans un monde où il existe 20 000 espèces d’abeilles différentes, il existe forcément une identité qui corresponde à Cocó…

Ce qu’on en pense

Pour son premier long métrage, l’Espagnole Estibaliz Urresola Solaguren s’intéresse à la question du genre. Sa mise en scène,  à hauteur d’enfant, est délicate,  mais un peu scolaire.  La comparaison avec Girl de Luka Dhont,  sur le même sujet,  ne se fera pas en sa faveur. A voir tout de même pour la jeune Sofia Otero, 11 ans, révélation du film, qui a reçu un prix d’interprétation mérité au festival de Berlin.