Cinéma

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Mes rendez-vous avec Léo

Cinéma|

Par J.V

Le pitch

Nancy Stokes (Emma Thompson), enseignante à la retraite, a vécu une vie sage et sans excès. Après la mort de son mari, elle est prise d’un inavouable désir d’aventure. Elle s’offre alors les services d’un jeune escort boy, Leo Grande (Daryl McCormack). Mais cette rencontre improbable pourrait leur apporter bien plus que ce qu’ils recherchaient et bouleverser le cours de leur vie…

Ce qu’on en pense

Un huis-clos sur l’éveil tardif au sexe d’une catho senior dans une chambre d’hôtel : le projet était risqué,  pour les acteurs comme pour les spectateurs. La surprise n’en est que meilleureSophie Hyde (Animals, 52 Tuesdays) parvient à évoquer la question sans tabou ni vulgarité et Emma Thompson est parfaite dans le rôle, jouant le désir,  l’hésitation et la jouissance avec la même subtilité sans craindre d’exposer sa nudité.  Son jeune partenaire Daryl McCormack parvient à faire surgir les failles de son personnage d’escort sûr de sa séduction et l’alchimie entre les deux prend rapidement. Aucune raison de zapper ce Rendez-vous avec Leo (et Nancy).

 

 

Fumer fait tousser

Cinéma|

Par Ph.D

Le pitch

Après un combat acharné contre une tortue démoniaque, cinq justiciers qu’on appelle les « Tabac Force», reçoivent l’ordre de partir en retraite pour renforcer la cohésion de leur groupe qui est en train de se dégrader. Le séjour se déroule à merveille jusqu’à ce que Lézardin, empereur du Mal, décide d’anéantir la planète Terre…

Ce qu’on en pense

Présenté hors compétition à Cannes 2022, Fumer fait tousser nous arrive quelques mois seulement après l’épatant Incroyable mais vrai. Le décidément prolifique Quentin Dupieux y adopte la forme du film à sketches,  dans une parodie  de séries japonaises à la Bioman/Power Rangers/Tortues Ninja. Servi par un casting « all stars »( Anaïs Demoustier, Oulaya Amamra, Vincent Lacoste, Jean-Pascal Zadi, Gilles Lellouche, Benoit Poelvoorde, Alain Chabat, David Marsais, Grégoire Ludig, Doria Tillier, Adèle Exarchopoulos, Blanche Gardin…),  c’est du Quentin Dupieux bien bien barré, comme on l’aime. Avec cette fois une touche Chabat/Nuls qu’on adore. 

Le Torrent

Cinéma|

Par Ph.D

Le pitch

Lorsqu’Alexandre (José Garcia) découvre que sa jeune épouse, Juliette (Ophelia Kolb), le trompe, une violente dispute éclate. Juliette s’enfuit dans la nuit et fait une chute mortelle. Le lendemain, des pluies torrentielles ont emporté son corps. La gendarmerie entame une enquête et Patrick (André Dussolier), le père de Juliette, débarque, prêt à tout pour découvrir ce qui est arrivé pendant cette nuit d’inondations. Alexandre qui craint d’être accusé, persuade Lison (Capucine Valmary) , sa fille d’un premier lit, de le couvrir. Il s’enfonce de plus en plus dans le mensonge et Patrick commence à le soupçonner. Piégée entre les deux hommes, Lison pourrait tout faire basculer. C’est le début d’un terrible engrenage…

Ce qu’on  en pense

Pour son sixième long-métrage derrière la caméra, l’actrice-réalisatrice Anne Le Ny installe au coeur des Vosges un suspens policier qui a des airs de déjà vu, et pas seulement parce que le scénario s’inspire d’un fait divers réel (l’affaire Suzanne Viguier). Le casting (José Garcia, André Dussolier, Ophelia Kolb) et la réalisation  téléfilmesques n’aident pas à se passionner pour un suspens vite éventé.

Violent Night

Cinéma|

Par J.V

Le pitch

Le soir de Noël, quand un groupe de mercenaires entre par effraction sur la propriété d’une famille aisée qu’ils prennent en otage, ils vont devoir affronter un adversaire auquel ils ne s’attendaient pas : Le Père Noël est dans la place et il va leur montrer que ce bon vieux Saint Nicolas a plus d’un tour dans sa hotte…

Ce qu’on en pense

Comment renouveler le genre, usé jusqu’à la trame,  du « Film de Noël »?  Le norvégien Tommy Wirkola (Seven Sisters) a trouvé la réponse  en faire un film d’action à la Die Hard (dont un des épisodes – Piège de Cristal- se passait précisément à Noël). Avec prise d’otages le soir du réveillon, combats chorégraphiées et un Père Noël, alcoolique et tourmenté. La recette fonctionne, grâce à une réalisation pied au plancher et à la prestation de David Harbour en « Bad Santa ». Les méchants vont avoir les boules,  mais pour le spectateur c’est cadeau !

Le Lycéen

Cinéma|

Le pitch

Lucas (Paul Kircher) a 17 ans quand soudain son adolescence vole en éclats. Avec l’aide de son frère, monté à Paris, et de sa mère, avec qui il vit désormais seul, il va devoir lutter pour apprendre à espérer et aimer de nouveau…

Ce qu’on en pense

En grande partie autobiographiqueLe Lycéen s’inscrit dans la veine des « films de deuil » de Christophe Honoré (Les Chansons d’amourPlaire, aimer et courir vite,  Les Malheurs de Sophie). Le cinéaste y évoque le décès de son propre père qu’il interprète lui-même dans scène émouvante,  confiant son propre rôle à l’étonnant Paul Kircher (Meilleur espoir masculin de l’année ? ). Vincent Lacoste dans le rôle du frère et Juliette Binoche dans celui de la mère livrent également des prestations de trés haut niveau dans ce beau récit d’une adolescence brisée et reconstruite. Malgré quelques longueurs, du Christophe Honoré bon cru.

Annie Colère

Cinéma|

Par J.V

Le Pitch

Février 1974. Parce qu’elle se retrouve enceinte accidentellement, Annie (Laure Calamy), ouvrière et mère de deux enfants, rencontre le MLAC – Mouvement pour la Liberté de l’Avortement et de la Contraception – qui pratique les avortements illégaux aux yeux de tous. Accueillie par ce mouvement unique, fondé sur l’aide concrète aux femmes et le partage des savoirs, elle va trouver dans la bataille pour l’adoption de la loi sur l’avortement un nouveau sens à sa vie…

Ce qu’on en pense 

Après le catastrophique Aurore,  sur la ménopause d’Agnès Jaoui (du moins de son personnage), Blandine Lenoir s’attaque à l’avortement avec la même inclinaison pour les forceps. Le message sur le droit à l’interruption de grossesse est asséné avec force clichés et grosses ficelles scénaristiques,  qui font passer  l’héroïne interprêtée par Laure Calamy,  d’épouse soumise à militante acharnée après avoir avorté.  Un revirement si brutal qu’on peine à croire au reste de l’histoire.

Enzo le croco

Cinéma|

Le pitch

Quand la famille Primm déménage à New York, leur jeune fils Josh peine à s’adapter à sa nouvelle école et à ses nouveaux camarades. Tout cela change quand il découvre Enzo – un crocodile chanteur qui aime les bains et le caviar – et qui vit dans le grenier de sa nouvelle maison. Enzo et Josh deviennent rapidement amis, mais lorsque l’existence de l’insolite crocodile est menacée par leur diabolique voisin, M. Grumps, les Primm s’allient avec Hector P. Valenti, le propriétaire d’Enzo, afin de prouver au monde qu’une famille peut toujours s’improviser…

Ce qu’on en pense

Dans la veine de Paddington, Enzo le Croco ne manque pas d’atouts pour séduire le jeune public et au delà. Les effets spéciaux, qui permettent de donner vie (et voix) à l’animal aux côtés du casting humain,  sont plutôt réussis et Javier Bardem, en prestidigitateur raté et baratineur, s’amuse visiblement beaucoup  à en faire des tonnes pour s’inscrire dans l’esprit cartoonesque de la réalisation,  signée Will Speck et Josh Gordon. On aurait (aliga)tort de s’en priver !

Rimini

Cinéma|

Par Ph.D

Le Pitch

Vieux crooner autrichien et gigolo occasionnel, Richie Bravo (Michael Thomas) survit en poussant la chansonnette pour des retraités dans des hôtels miteux de Rimini, sur la côte Adriatique. Son monde commence à vaciller quand Tessa (Tessa Göttlicher), sa fille désormais adulte, fait irruption dans sa vie et lui demande l’argent qu’il ne lui a jamais donné… 

Ce qu’on en pense

Premier volet d’un dyptique sur la famille,  qui mettra en scène le frère du héros aperçu au début du film, Rimini est un Ulrich Seidl presque aimable par rapport au reste de la filmographie du cinéaste autrichien méchant (Import/Export, Paradis, Sous Sol…). Certes, le spectateur devra y subir quelques scènes de sexe gériatrique assez pénibles et le film s’étire sur près de deux heures avec beaucoup de plans fixes et de répétitions mais, pour une fois, Seidl semble éprouver quelque compassion pour ses personnages, même les plus abimés.  A commencer par son héros, formidablement incarné par Michael Thomas, avec lequel il avait tourné Import/Export. Un rôle à la Depardieu version trash, qui culmine dans plusieurs scènes de concert devant des touristes du 3e âge dans des hôtels lugubres de Rimini en hiver. La station balnéaire italienne, filmée dans le brouillard ou sous la pluie,  est l’autre personnage principal de ce film résolument hors saison mais qui ne manque pas de charme.

 

35e Rencontres de Cannes

Cinéma|

Par la rédaction

Rendez-vous attendu de tous les amateurs de cinéma, les Rencontres Cinématographiques de Cannes étaient de retour du 21 au 27 novembre grace à Cannes Cinéma. Au programme cette année : près de 100 séances en une semaine dans 7 cinémas, La sélection Panorama des festivals : 8 films en compétition  dont Maestro(s) de Bruno Chiche en ouverture et La Syndicaliste de Jean-Paul salomé en clôture, 23 films hors compétition en avant-première3 hommages (Mario Bava, Bertrand Tavernier, Jean-Luc Godard), 3 cartes blanches (Licange production, Cannes Dakar (8 courts métrages sénégalais) et Prix de la citoyenneté), 3 séances et masterclasses, des rencontres avec les équipes des films présentés en avant première, de nombreux ateliers scolaires. Cette année, Douglas Kennedy  présidait  le jury  entouré de Pablo Pauly, Pierre Alary et Marilyne Canto. Aucun Ours de Jafa Panahi a reçu le Grand Prix. Saint Omer d’Alice Diop le Prix du scénario et Divertimento de Castille Mention Schaar le Prix du public. 

 

She Said

Cinéma|

Par J.V

Le Pitch

Deux journalistes du New York Times, Megan Twohey (Carey Mulligan) et Jodi Kantor (Zoe Kazan), ont mis en lumière un des scandales les plus importants de leur époque. À l’origine du mouvement #Metoo leur investigation a brisé des décennies de silence autour du problème des agressions sexuelles dans le milieu du cinéma hollywoodien, changeant à jamais la société américaine et le monde de la culture.

Ce qu’on en pense 

L’allemande Maria Schrader (I’m Your Man) s’attaque à l’affaire Weinstein dans un film-dossier qui manque hélas de personnalité.  She Said emprunte aux Hommes du Président ou au plus récent Spotlight,  sans en avoir la portée,  ni le punch.  Malgré la belle prestation des deux enquêtrices de choc incarnées par Carey Mulligan et Zoe Kazan, la litanie d’interviews de femmes abusées finit par lasser. Celle d’Ashley Judd, qui interprète son propre rôle, sort du lot et renforce le réalisme de cette reconstitution.

Saint-Omer

Cinéma|

Par J.V

Le Pitch

Rama (Kayije Kagame),  jeune romancière, assiste au procès de Laurence Coly (Guslagie Malanda) à la cour d’assises de Saint-Omer. Cette dernière est accusée d’avoir tué sa fille de quinze mois en l’abandonnant à la marée montante sur une plage du nord de la France. Mais au cours du procès, la parole de l’accusée, l’écoute des témoignages font vaciller les certitudes de Rama et interrogent notre jugement.

Ce qu’on en pense

Inspiré par un fait divers survenu dans le Pas de Calais,  le premier film de fiction de la documentariste Alice Diop lui a valu le Grand Prix du Jury à Cannes et celui du meilleur premier film à la Mostra de Venise.  Politique et engagé, Saint Omer brille par sa mise en scène, qui place le spectateur dans la position d’un juré d’assises, lors d’une plaidoirie finale filmée en regard caméra.  Dans le rôle de l’accusée, Laurence Coly porte sur ses épaules ce film-choc. A voir sans faute.

Les Miens

Cinéma|

Par Ph.D

Le pitch

Moussa (Sami Bouajila) a toujours été doux, altruiste et présent pour sa famille. À l’opposé de son frère Ryad (Roschdy Zem), présentateur télé à la grande notoriété qui se voit reprocher son égoïsme par son entourage. Seul Moussa le défend, qui éprouve pour son frère une grande admiration. Un jour Moussa chute et se cogne violemment la tête. Il souffre d’un traumatisme crânien. Méconnaissable, il parle désormais sans filtre et balance à ses proches leurs quatre vérités. Il finit ainsi par se brouiller avec tout le monde, sauf avec Ryad…

Ce qu’on en pense

Basé sur la mésaventure de son propre frère – victime du syndrome qu’il décrit après un trauma crânien-, Les Miens est certainement le film le plus intime et personnel de Roschdy Zem. Une histoire de famille douce-amère inspirée de la sienne donc,  mais dans laquelle on retrouve la patte de Maïwenn,  avec laquelle Roschdy a co-écrit le scénario. L’acteur-réalisateur y retrouve logiquement son frère de cinéma, Sami Bouajila, dans un rôle à double tranchant qui lui va comme un gant. On passe un trés bon moment en leur compagnie et en celle des autres membres de la famille (Rachid Bouchareb, Meriem Serbah, Maïwenn, Nina Zem…). C’est si rarement le cas dans le cinéma français que Les Miens constitue la (très) bonne surprise de la semaine. 

Bones and all

Cinéma|

Par J.V

Le pitch

Maren (Taylor Russel) part à la recherche de sa mère et rencontre Lee (Timothée Chalamet) , un adolescent à la dérive qui va l’embarquer dans un road trip enflammé sur les routes de l’Amérique profonde. Leur amour naissant sera-t-il suffisamment fort pour résister à leurs démons, leur passé et le regard d’une société qui les considère comme des monstres ?

Ce qu’on en pense

Timothée Chalamet retrouve le réalisateur italien de Call Me By Your Name, Luca Guadagnino, pour cette romance horrifique qui a reçu le Lion d’argent de la mise en scène à la Mostra de Venise. Un film qui puise son inspiration aussi bien dans Trouble Every Day de Claire Denis, pour le cannibalisme que dans le Sailor et Lula pour le road movie désenchanté. Chalamet y livre une nouvelle performance marquante dans un rôle tourmenté,  sans toutefois écraser sa jeune partenaire, Taylor Russell Mc Kenzie, qui lui donne crânement la réplique.

Aucun Ours

Cinéma|

Par J.V 

Le pitch

Dans un village iranien proche de la frontière, un metteur en scène (Jafar Panahi) est témoin d’une histoire d’amour tandis qu’il en filme une autre. La tradition et la politique auront-elles raison des deux ?

Ce qu’on en pense 

Dans la lignée auto fictionnelle des films qu’il réalise clandestinement depuis Taxi Téhéran (Hit the Road, Trois Visages, Celles qui chantent), le nouveau film de Jafar Panahi nous arrive alors que l’Iran est en proie au mouvement des femmes. Cette fiction malicieuse dans laquelle le cinéaste questionne autant son propre travail que la société iranienne, n’en a que plus d’intérêt et d’actualité.

 

 

Le Menu

Cinéma|

Par J.V

Le Pitch

Un couple se rend sur une île isolée pour dîner dans un des restaurants les plus en vogue du moment, en compagnie d’autres invités triés sur le volet. Le savoureux menu concocté par le chef va leur réserver des surprises aussi étonnantes que radicales

Ce qu’on en pense 

Pas facile de parler de ce thriller signé Mark Mylod (un des réalisateurs de Game of Thrones) sans en spoiler l’intrigue. Disons seulement qu’elle rappelle étonnament celle du premier sketch du film argentin Les Nouveaux sauvages de Damian Szifron. Ralph Fiennes dans le rôle du chef et  Anya Taylor-Joy,  dans celui d’une des clientes,  sont les ingrédients majeurs d’un Menu qu’on savoure sans chipoter mais qui  laisse un arrière-goût légèrement décevant si on le compare à celui, autrement plus relevé, des Nouveaux Sauvages.