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Ma Famille et le loup

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Le pitch

L’été de ses 9 ans, Hugo (Enzo Indignoli) passe les grandes vacances avec ses cousins chez sa mamie Sara (Carmen Maura). Quand ils apprennent que le loup va venir la chercher, les enfants se mobilisent pour sauver leur grand-mère et se lancent dans une aventure inoubliable

Ce qu’on en pense

C’est quoi cette (autre) Mamie ? Après Chantal Ladesou, c’est au tour de Carmen Maura de jouer les mamies foldingues,  dans ce film qui hésite entre les genres (comédie, drame familial, animation, naturalisme, film de vacances, fable enfantine…) sans convaincre dans aucun. Découvert avec un film d’animation (Nocturna, la nuit magique) Adrian Garcia a du mal à négocier son passage aux images réelles et à la direction d’acteurs. A part Carmen Maura, tout son cast joue faux et aucun personnage ne tient vraiment la route. L’opposition entre les quatre frères paraît aussi artificielle que celle entre les deux cousins et l’intrigue tient toute entière sur la mort attendue de la grand-mère,  que le loup de la fable, adéquatement nommé Wrong (faux), doit venir chercher. Ce qui n’empêche pas toute la famille de passer un excellent séjour dans la région de La Seyne où le film a été tourné, ni le jeune héros de déclarer à la fin que c’étaient “les meilleures vacances de (sa) vie” !

L’Intouchable, Harvey Weinstein

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Le pitch

L’ascension et de la chute du magnat d’Hollywood Harvey Weinstein, accusé de viols et de harcèlement sexuel par plusieurs dizaines de femmes… 

Ce qu’on en pense

30 ans de règne, une dizaine d’Oscars… Et  80 victimes recensées,  dont quelques actrices célèbres pour un procès qui s’annonce retentissant, en septembre. L’Intouchable raconte l’affaire Weinstein,  à travers les témoignages de quelques victimes, d’anciens collaborateurs/trices et de journalistes d’Hollywood. Du bon travail journalistique, mais sans grand intérêt cinématographique. Le film aurait sans doute eu davantage sa place (et peut-être plus d’impact) sur une grande chaîne de télévision qu’au cinéma. D’autant que, si on a un peu suivi l’affaire depuis son déclenchement, on n’y apprendra rien. Ursula McFarlane s’attache surtout à montrer comment, à coups d’intimidation et en achetant le silence de ses victimes, Weinstein a pu exercer ses méfaits impunément pendant aussi longtemps. Elle passe plus rapidement sur le silence, forcément coupable, de tous ceux qui savaient et n’ont rien dit. On ne comprend pas bien, non plus, pourquoi Ronan Farrow (fils de l’actrice Mia Farrow, qui a révélé l’affaire), a réussi à obtenir les témoignages que nombre d’autres reporters avant lui avaient essayé d’avoir sans y parvenir. « Parler plutôt que se taire est le défi que doivent affronter toutes les victimes de violence » dit-il. C’est peut-être pour avoir compris cela qu’il a réussi à enclencher la fameuse « libération de la parole » qui a abouti à la chute du dernier Mogul d’Hollywood. Par un étonnant hasard de programmation, ce documentaire sort le même jour que le nouveau film de Quentin Tarentino dont Weinstein a fait la carrière. Once Upon A Time… In Hollywood est le premier film de Tarantino qui n’a pas été produit par Miramax la société des frères Weinstein, aujourd’hui déconfite.  

Je promets d’être sage

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Le pitch 

Après des années de galère dans le théâtre, à bout de nerfs, Franck (Pio Marmaï) plaque tout.  Il aspire à une vie qui se tienne enfin et accepte un poste de gardien de musée loin de Paris, au calme. C’était sans compter sur Sibylle (Léa Drucker), une agent de surveillance caractérielle qui va lui mener la vie dure et tout faire pour le persuader de démissionner. Ils vont pourtant être amenés à s’allier pour monter une petite escroquerie. Une chance peut-être de reprendre leurs vies en main ?

Ce qu’on en pense 

Le réalisateur de ce premier film, Ronan Le Sage, explique l’avoir écrit juste après avoir échoué à en monter un autre, plus dramatique et ambitieux, alors qu’il doutait de son avenir dans la cinéma et s’interrogeait sur l’éventualité de trouver un boulot « normal ». Son héros, incarné par Pio Marmaï, lui ressemble donc et choisit de devenir gardien de musée. Quoi de plus normal ? Sauf que ses nouveaux collègues sont encore plus névrosés que lui ! À commencer par Sybille (Lea Drucker), qui est la seule à s’en rendre compte, et qui va l’entraîner dans ses propres folies… Une comédie romantique à la Happiness Therapy (David O Russel 2013), dans laquelle deux névroses finissent par s’annuler pour déboucher sur une histoire d’amour et un futur plus radieux. Malgré leur différence d’âge (ou à cause d’elle ?) Pio Marmaï et Léa Drucker forment un couple de cinéma original et attachant. Grâce à eux,  le film se laisse voir.

 

 

Once Upon a Time… In Hollywood

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Le pitch 

En 1969, la star de télévision Rick Dalton (Leonardo DiCaprio) et le cascadeur Cliff Booth (Brad Pitt), sa doublure de longue date, poursuivent leurs carrières au sein d’une industrie qu’ils ne reconnaissent plus. De  nouveaux occupants s’installent dans la propriété voisine de celle de Rick : Roman Polanski (Rafal Zawierucha) et sa femme Sharon Tate (Margot Robbie)… 

Ce qu’on en pense

Le 9 août 1969, l’actrice Sharon Tate, épouse enceinte de Roman Polanski  et plusieurs de ses amis sont sauvagement assassinés par les membres d’une communauté hippie dirigée par un dangereux illuminé, Charles Manson. Cet événement tragique sert de toile de fond et d’unique moteur dramatique au nouveau film de Quentin Tarentino. Une comédie uchronique dans laquelle,  comme à son habitude, le réalisateur de Pulp Fiction joue avec les genres cinématographiques : comédie pop, western, film de guerre,  buddy movie, séries TV, slasherTout y passe ! Avec B.O d’époque et reconstitution aux petits oignons du L.A des années 60-70. Une époque de liberté sexuelle et d’innocence, dont le réalisateur américain est, semble-t-il, nostalgique et dont l’assassinat de Sharon Tate marque, symboliquement,  la fin. On prend un grand plaisir à voir Leo DiCaprio et Brad Pitt copiner en fringues flashy, picoler dans les bars et «cruiser» en décapotable, dans les rues d’un Los Angeles disparu, sur fond de tubes californiens. Des deux stars , c’est Pitt (plus Robert Redford que jamais) qui a le meilleur rôle: celui de Mister Cool. Mais Leo a quand même plusieurs scènes mémorables (dont une, sur le set d’un western, avec une gamine incroyable) . Al Pacino joue un producteur de cinéma visionnaire (le nouvel Hollywood arrive !), Margot Robbie est magnifique et solaire  en Sharon Tate, Margaret Qualley explose l’écran en Manson freak délurée, plusieurs habitués des films de «Qwantine» font des apparitions sympathiques (Michael Madsen, Kurt Russel, Tim Roth…) et la chienne Daisy a bien mérité sa Palme Dog. On s’amuse bien à les voir tous s’agiter comiquement, comme dans un film des frères Coen, jusqu’au final qui a fait polémique à Cannes,  où le film était en compétition (et d’où il est reparti bredouille, bien entendu…). Tarantino avait-il le droit de jouer avec un événement aussi dramatique que la mort de Sharon Tate? Il l’avait déjà fait avec celle d’Hitler dans Inglourious Basterds, mais le sujet était moins sensible. Le réalisateur américain croit toujours au pouvoir curatif du cinéma. Il n’est pas le seul. Son film est, de toute la sélection Cannoise, celui qu’on avait le plus envie de revoir. En VOST de préférence puisque même les Multiplexes la proposent. 

 

 

Perdrix

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Le Pitch

Le gendarme Pierre Perdrix (Swann Arlaud) vit des jours agités depuis l’irruption de l’insaisissable Juliette Webb (Maud Wyler) dans son patelin des Vosges. Comme une tornade, elle va semer le désir et le désordre dans son univers et celui de sa famille, obligeant chacun à redéfinir ses frontières, et à se mettre enfin à vivre… 

Ce qu’on en pense

Une comédie surréaliste dans la lignée de Quentin Dupieux (en moins barré) et d’Antony Cordier  (Gaspard va au mariage), avec un zeste de capitaine Marleau (les Vosges, les gendarmes, tout ça…)… Pour son premier long-métrage, l’ancien journaliste sportif Erwan Le Duc choisit un ton original et soigne sa réalisation. Mais il peine quand même à tenir en haleine avec ce qui ressemble plus à une série de saynètes surréalistes qu’à une histoire construite. On comprend, in fine, que ça parle du pouvoir libérateur de l’amour et de la nécessité de lâcher prise dans un monde absurde. Mais on trouve surtout le temps long en se demandant si, par hasard, Perdrix ne nous prendrait pas pour des pigeons… 

 

Nomades

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Le pitch

À Tanger, Naïma (Jalila Talemsi) élève seule ses trois fils. Les côtes espagnoles sont à portée de regard, les deux aînés succombent à la tentation de l’exil. Avant que le dernier, Hossein (Jamil Idrissi), ne suive le même chemin, Naïma décide de le ramener dans son village natal pour le protéger… 

Ce qu’on en pense

Un film marocain réalisé par un Français ? Méfiance ! Et puis non :  aux rencontres d’Avignon, Olivier Coussemacq  a expliqué avoir passé une partie de son enfance au Maroc et développé des liens forts avec tout le Maghreb. Engagé auprès des sans-papiers, il n’est pas, non plus, suspect de prôner le retour au pays, comme pourrait le laisser penser la fin de son film. Son regard se porte avant tout sur la mère (Jalila Talemsi, formidable) et sur l’amour qu’elle porte à son dernier fils (Jamil Idrissi). C’est l’histoire d’une double émancipation : celle du fils, initié par une jolie Française et celle de la mère, qui, de retour dans sa ferme natale, où elle pensait résoudre son problème, comprend qu’il a commencé là. Une histoire simple, racontée sans grands effets, mais avec beaucoup de sincérité et de générosité.

C’est quoi cette mamie ?

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Le pitch

Après deux ans de joyeuse colocation, la tribu des 7 demi-frères et sœurs doit quitter le grand appart’ avant la rentrée. Alors que chacun part en vacances pour l’été avec ses parents respectifs, Gulliver, le petit dernier, est envoyé tout seul chez sa grand-mère au bord de la mer. Mais l’excentrique Mamie Aurore (Chantal Ladesou) n’est pas une baby-sitter comme les autres et préfère faire la fête plutôt que de garder son petit-fils… Le reste de la troupe décide de venir à sa rescousse. C’est le début d’une nouvelle révolution. Elle voulait se la couler douce… Ils vont lui mener la vie dure !

Ce qu’on en pense

Asssistant-réalisateur pour la crème du cinéma d’auteur (Leos Carax, Claire Denis, Chantal Ackerman), Gabriel Julien-Lafferière a complètement viré sa cuti depuis qu’il réalise ses propres films. Après le succès surprise de son premier long métrage , Neuilly, sa mère en août 2008 et quelques épisodes d cela série Fais pas ci, fais pas ça, il a enchaîné les comédies populaires à succès. C’est quoi cette famille ? avait attiré quelque 800 000 spectateurs dans les salles en août 2016. Voici donc la suite (après celle de Neuilly, sa mère). Au programme : vacances chez mamie zinzin,  aventures sudistes (tournage entre Marseille et La Seyne) et conflit des générations à l’envers (ici ce sont les adultes qui se conduisent comme des ados). Pas grand-chose à sauver côté cinéma, si ce n’est un “premier premier rôle” pour Chantal Ladesou (71 ans) avec un personnage de mamie foldingue, taillé à sa mesure, quelque part entre Absolutely Fabulous (pour le meilleur) et Mamie Tuche (pour le pire).

Diego Maradona

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Le pitch

Le 5 juillet 1984, Diego Maradona débarque à Naples pour un montant qui établit un nouveau record du monde. Pendant sept ans, il enflamme les stades. Le footballeur le plus mythique de la planète a trouvé ses marques dans la ville la plus passionnée – mais aussi la plus dangereuse – d’Europe. Sur le terrain, Diego Maradona était un génie. En dehors, il était considéré comme un dieu. Cet Argentin charismatique a mené le SCC Napoli en tête du tableau pour la première fois de son histoire. Mais le prix à payer était élevé. Accointances avec la mafia, drogue, prostitution… Des heures sombres l’attendaient après ces années fastes…   

Ce qu’on en pense

Réalisé à partir de plus de 500 heures d’images inédites, issues des archives personnelles du footballeur, par le documentariste anglais Asif Kapadia, auquel on doit deux très bons films sur Ayrton Senna et Amy Winehouse, Diego Maradona retrace la carrière et cerne la personnalité du pibe de oro mieux qu’aucun autre jusqu’ici (Kusturika s’y était essayé en 2008 avec son Maradona par Kusturica).Le film était en sélection officielle au dernier festival de Cannes, mais le footballeur, qui y était pourtant annoncé, a renoncé au dernier moment à assister à la projection, confirmant ainsi qu’il reste, malgré les années, les excès et les kilos en trop, le roi du contrepied.

Les Faussaires de Manhattan

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Ancienne auteure à succès aujourd’hui sans le sou, Lee Israël (Melissa McCarthy) se découvre par hasard un don exceptionnel : celui d’imiter à la perfection le style de grands romanciers. Avec l’aide de son ami Jack (Richard E.Grant), elle monte une arnaque imparable : rédiger de fausses correspondances entre auteurs célèbres, que Jack revend à prix d’or aux collectionneurs New-Yorkais. Grisés par le succès, les deux faussaires ne voient pas que le FBI commence à s’intéresser à eux

Ce qu’on en pense 

C’est le genre de film qu’on aime plutôt bien, mais dont on sent confusément qu’il a frôlé la catastrophe. Renseignements pris, il s’avère qu’il devait d’abord être réalisé par sa scénariste (Nicole Holofcener) et interprété par Julianne Moore. Les deux femmes avaient, apparemment, deux idées diamétralement opposées du personnage principal et ne sont pas parvenues à s’entendre. Moore a donc été débarquée  du projet. Mais Hofcener a aussi fini par être remplacée par une autre réalisatrice, Marielle Heller (The Diary Of A Teenage Girl). C’est finalement Melissa McCarthy qui a hérité du rôle de l’écrivaine has been, alcoolo et acariâtre, dont le film raconte l’extravagante mais véridique histoireEndettée jusqu’au cou, après avoir connu un certain succès avec des biographies littéraires, l’écrivaine Lee Israël s’était résolue à vendre une lettre dédicacée de Katharine Hepburn qu’elle possédait, pour acheter à manger à son chat. Surprise par la somme rondelette qu’elle en avait tirée, elle s’est mise à produire des faux à la chaîne (on en a retrouvé plus de 400), sur du vieux papier et de vieilles machines à écrire, en se basant sur ses bonnes connaissances du milieu littéraire, et à les vendre dans tout New York. Sans se douter que les collectionneurs allaient finir par trouver bizarre cet afflux de correspondances signées Noël Coward, Hemingway ou Dorothy Parker et par la dénoncer au FBI. Confondue et condamnée, Lee Israël finira par retrouver le succès, et un certain confort matériel, en écrivant sa propre histoire,  avant de décéder en 2014. Porté par l’interprétation de Melissa McCarthy (nommée à l’Oscar pour le rôle) et de l’excellent Richard E. Grant qui joue son comparse et compagnon de beuveries, le film adapte assez fidèlement les mémoires de l’écrivaine. La reconstitution du New York des années 80-90 et l’ambiance bohème dans laquelle évoluent les personnages font beaucoup pour le charme un peu bancal du film, qui pèche surtout par ses longueurs et par son incapacité à choisir entre drame et comédie… 

 

 

Ricordi ?

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Ils se sont rencontrés à une fête et se sont aimés tout de suite. C’est une belle et grande histoire d’amour, racontée à travers les souvenirs du jeune couple – des souvenirs altérés par le temps, leurs états d’âme, leurs différents points de vue. Des souvenirs qui finiront par influer sur leur relation…

Ce qu’on en pense

Neuf ans après Dix hivers à Venise, avec lequel on l’avait découvert, Valerio Mieli revient enfin avec cette histoire d’amour toute simple, mais racontée selon les points de vue respectifs des protagonistes,  qui s’entremêlent pour questionner la notion même de souvenirs : ceux qu’on embellit avec le temps et ceux qui, au contraire, laissent un goût amer. Souvent, ce ne sont pas les mêmes pour ceux qui les ont pourtant vécus ensemble. Montage virtuose, images vaporeuses, joli casting, BO immersive... Un peu à la manière de Terrence Malick, mais avec la fantaisie poétique d’un Michel Gondry, le film plonge le spectateur de plus en plus profond dans la psyché du couple, grâce à une réalisation sensorielle et à un superbe travail sur le son. On se laisse emporter avec ravissement par ce flot sensuel d’images et de sentiments.

Comme des bêtes 2

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Le Fox-Terrier Max doit faire face à un grand bouleversement : sa propriétaire Katie s’est mariée et a eu un adorable bébé, Liam. Max est tellement obsédé par la garde du petit, qu’il en développe des troubles obsessionnels du comportement. Lors d’une excursion en famille dans une ferme, Max et le gros Duke vont faire la connaissance de vaches souffrant d’intolérances aux canidés, de renards hostiles et d’une dinde monstrueuse.Ce qui ne va pas arranger les tocs de Max…

Ce qu’on en pense

Carton surprise de 2016 avec 800 millions de dollars de recettes pour 75 millions de budget, Comme des bêtes appelait une suite.Et pour une fois, on n’est pas déçu ! Les scénaristes d’Illumination, studio responsable de Moi, Moche et Méchant, Tous en Scène et Grinch, ce sont encore une fois pressé les neurones pour accoucher non pas d’une mais de trois histoires parallèles, mettant en scène les héros du premier film (Max, Duke, Pompon Gidget) et quelques nouveaux venus (dont Rico le chien cow-boy et une flopée de matous) dans des séquences dignes des vidéos « trop mignonnes » d’Internet. Comme pour son prédécesseur, la réussite du film tient dans la caractérisation des personnages (tous plus dingos les uns que les autres) et dans la manière dont on épouse leur point de vue d’animaux pas si bêtes. Drôle et enlevé Comme des bêtes 2 réjouira petits et grands spectateurs, avec une morale très proche de celle de Toy Story 4 : pour sauver les autres, il faut commencer par se sauver soi-même de ses propres névroses. 

Mon frère

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Parce qu’il voulait protéger son petit frère d’un père trop violent, Teddy (MHD), un jeune sans histoire, se voit accusé du meurtre de son père et est envoyé dans un Centre Educatif Fermé, dans l’attente de son procès pour parricide. Il plonge alors dans un univers brutal, dont il ne connaît pas les règles. Il fait la connaissance d’Enzo (Darren Muselet), le caïd du centre. Après une période d’affrontement dur, leur amitié va leur permettre de déjouer le destin qui leur était promis.

Ce qu’on en pense

Après La Cité Rose (2013), Julien Abraham poursuit son travail sur la jeunesse et la violence avec ce film “coup de poing” (sans jeu de mots),  adapté du livre de Richard Hellbrunn sur les expériences de psychoboxe en Centre d’Education Fermé.  Quasi documentaire sur les CEF, âpre et sans concession,  mais ménageant tout de même quelques moments de tendresse, Mon frère bénéficie de l’interprétation du rappeur MHD, très bon et émouvant,  face à l’excellent Darren Muselet dans le rôle du caïd.

Rêves de jeunesse

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Salomé (Salomé Richard) décroche un job d’été dans la déchetterie de son village natal dans le sud de la France. Sous un soleil de western, dans ce lieu hors du monde, son adolescence rebelle la rattrape. De rencontres inattendues en chagrins partagés, surgit la promesse d’une vie nouvelle…

Ce qu’on en pense

Tourné dans notre région, le nouveau film d’Alain Raoust (La Cage, Fantômes, L’été indien) a été présenté en ouverture de l’Acid, section consacrée à l’aide à la diffusion du cinéma indépendant, à Cannes. Symboliquement situé près d’une déchetterie, Rêves de jeunesse est un film social qui dresse le constat d’une jeunesse en mal d’idéaux et fait l’éloge de la solidarité. Porté par l’interprétation solaire de Salomé Richard, il pêche , hélas,  par un casting peu homogène : ses jeunes partenaires ne sont pas tous à la hauteur. C’est d’autant plus regrettable que leurs personnages sont le plus souvent bien écrits et attachants.

 

Midsommar

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Dani et Christian sont sur le point de se séparer quand la famille de Dani (Florence Pugh ) est touchée par une tragédie. Attristé par le deuil de la jeune femme, Christian (Jack Reynor) ne peut se résoudre à la laisser seule et l’emmène avec lui et ses amis à un festival estival qui n’a lieu qu’une fois tous les 90 ans et se déroule dans un village suédois isolé.  Mais ce qui commence comme des vacances insouciantes dans un pays où le soleil ne se couche pas va vite prendre une tournure beaucoup plus sinistre et inquiétante…

Ce qu’on en pense

Révélé l’an dernier avec Hérédité, l’américain Ari Aster confirme son goût pour l’épouvante et son talent pour la mettre en scène.  Midsommar impose son style chirurgical, limite Kubrickien,  et  sa manière d’instaurer l’angoisse en douceur avec des personnages forts. A contre courant des productions habituelles, Midsommar distille l’horreur en plein soleil, sans poursuites, ni jump scare, de manière totalement hypnotique. Un nouveau grand du cinéma de genre est né.

Donnie Darko

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Le Pitch

Donnie Darko (Jake Gyllenhaal) est un adolescent de seize ans pas comme les autres. Intelligent et doté d’une grande imagination, il a pour ami Frank, une créature que lui seul peut voir et entendre. Lorsque Donnie survit par miracle à un accident, Frank lui propose un étrange marché. La fin du monde approche et ce dernier doit accomplir sa destinée. Des événements bizarres surviennent dans la petite ville tranquille, mais Donnie sait que derrière tout cela se cachent d’inavouables secrets. Frank l’aidera à les mettre à jour, semant ainsi le trouble au sein de la communauté…

Ce qu’on en pense 

Sorti en 2002, le premier film de Richard Kelly (Domino, Southland Tales) n’a pas connu de succès commercial, mais il est devenu culte au fil du temps, grâce notamment à son casting et à sa BO New Wave. Jake Gyllenhaal y trouvait son premier « premier rôle » et Seth Rogen y faisait des débuts prometteurs, aux côtés de Drew Barrymore et Patrick Swayze dans des rôles secondaires. Le film ressort cet été dans une version 4K superbement restaurée et allongée de plusieurs séquences. L’intrigue est toujours aussi nébuleuse et mélange allègrement les genres (teen movie, thriller fantastique, fable sociale…), mais le charme demeure. Un désormais classique, qu’il faut avoir vu au moins une fois… Et même plusieurs pour espérer comprendre quelque chose à l’intrigue !