Cinéma

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Dog

Cinéma|

Par Ph.D

Le Pitch

Ancien combattant en disponibilité pour lésion cérébrale, Jackson Briggs (Shanning Tatum) espère reprendre du service. Pour décider ses chefs à le réincorporer,  il accepte une mission particulière : accompagner Lulu, un chien de l’armée  réformé pour stress post traumatique,   aux funérailles de son ancien maître. Un road trip de plusieurs milliers de kilomètres le long de  la côte du Pacifique,  au cours duquel Briggs et Lulu vont devoir apprendre à se connaître et à se faire confiance… 

Ce qu’on en pense

En la lecture du synopsis, on sait déjà comment ça va finir et on ne s’attend pas à des merveilles. Mais on espère quand même une bonne petite comédie dramatique tire larmes qui nous apprendrait deux ou trois trucs  sur le traitement du stress post-traumatique, la réinsertion des anciens combattants et la thérapie animale. Au lieu de cela, Shanning Tatum, qui co-réalise joue et produit, nous embarque dans un road movie aux péripéties aussi inintéressantes qu’artificielles (voire ridicules),  dans lequel on ne rencontre pas un seul personnage un peu attachant et où le chien joue mieux que tous les autres acteurs. Il faut attendre la toute dernière scène pour sortir les mouchoirs, et encore : on la voit arriver depuis tellement longtemps qu’on a eu le temps de s’y préparer. Heureusement, c’est du streaming et on peut mettre ça en mémoire pour occuper les enfants un  après-midi particulièrement pluvieux. 

 

L’Année du requin

Cinéma|

Par J.V

Le pitch

Maya (Marina Foïs), gendarme maritime dans les landes, voit se réaliser son pire cauchemar : prendre sa retraite anticipée ! Thierry (Kad Merad), son mari, a déjà prévu la place de camping et le mobil home. Mais la disparition d’un vacancier met toute la côte en alerte : un requin rôde dans la baie ! Aidée de ses jeunes collègues Eugénie (Christine Gautier) et Blaise (Jean Pascal Zidi), elle saute sur l’occasion pour s’offrir une dernière mission…

Ce qu’on en pense

Après un premier film d’horreur remarqué ( Teddy avec Anthony Bajon), les frères Boukherma s’essaient à la comédie dans cette parodie amorphe et landaise des Dents de la mer qui bénéficie d’un casting 3 étoiles (Marina Foïs, Kad Merad, Jean Pascal Zidi). Hélas, rien de ce qui faisait l’intérêt de leur premier film ne semble avoir subsisté au changement de genre. On suit cette comédie de vacances au scénario balisé et à la réalisation lambda d’un oeil distrait. Les acteurs en font des tonnes,  mais rien ne surnage.

Des Feux dans la nuit

Cinéma|

Par Ph.D

Le pitch

Un village isolé entre mer et montagne. Ses habitants tentent de survivre comme ils peuvent. Mirko (Jérémie Elkaïm),  père d’Alan (Igor Van Dessel),  un jeune garçon de 15 ans, est parti travailler loin des siens, lui confiant la survie de la famille. Une tâche démesurée pour Alan , qui doit aussi surveiller de grands feux allumés sur la plage, pour faire cuire du sel, mais aussi, finit-il par apprendre, pour attirer les bateaux les soirs de tempête. Une nuit, un navire s’échoue en offrant aux villageois sa précieuse cargaison…

Ce qu’on en pense

Librement adaptée de Naufrages d’Akira Yoshimura, cette dystopie naturaliste à la réalisation minimaliste, signée  Dominique Lienhard,  offre à Ana Girardot, Jérémie Elkaïm et Ophélie Bau (révélation de Mektoub my love d’Abdellatif Kechiche)  l’occasion de se ridiculiser dans des costumes moyenageux dignes des Monthy Python,  en ânonnant des dialogues ineptes. Il est question de rapports dominants-dominés et de survie,  mais c’est surtout de celle des spectateurs qu’on s’inquiète, tant c’est ennuyeux.

Bullet Train

Cinéma|

Par J.V

Le pitch

Coccinelle (Brad Pitt) est un assassin malchanceux et particulièrement déterminé à accomplir sa nouvelle mission paisiblement après que trop d’entre elles aient déraillé. Mais le destin en a décidé autrement et l’embarque dans le train le plus rapide au monde aux côtés d’adversaires redoutables qui ont tous un point commun, mais dont les intérêts divergent radicalement… Il doit alors tenter par tous les moyens de descendre du train.

Ce qu’on en pense

Spécialiste du film d’action au second degré, David Leitch (John Wick, Deadpool 2,  Fast & Furious : Hobbs & Shaw) est aux commandes de ce Bullet Train, dans lequel Brad Pitt promène à 200 à l’heure sa coolitude incarnée. Hélas, même s’il essaie d’y ressembler, David Leitch n’est pas Guy Ritchie, ni Quentin Tarantino et,  sans dérailler, ni laisser totalement le spectateur en gare,  son film ne sort pas du train-train mainstream pour lequel il a soigneusement été formaté. A l’arrivée, une comédie d’action efficace et distrayante, mais loin d’être inoubliable.

En décalage

Cinéma|

Par J.V

Le pitch

C. (Marta Nieto) est une ingénieure du son talentueuse, passionnée par son travail. Un jour, elle découvre qu’elle commence à se désynchroniser. Elle réalise alors que son cerveau s’est mis à percevoir le son plus tard que les images qu’il reçoit. C. doit renoncer à son travail et reconsidérer toute sa vie.

Ce qu’on en pense

A la manière de Sound of Metal, le film de Darius Marder dans lequel le héros, musicien de rock,  était atteint de surdité progressive,En décalage joue avec le son (ici désynchronisé),  pour mieux faire entrer le spectateur dans la tête de l’héroïne,  atteinte d’un mal étrange qui trouble son audition. La formidable Marta Nieto, décoverte dans Madre,  incarne cette ingénieure du son qui doit s’adapter à ce handicap inattendu.  Assez étrangement, lorsque les troubles disparaissent et que le son est de nouveau raccord avec l’image, le film perd de son intérêt et l’explication finale sur l’origine du trouble laisse dubitatif.

Les Promesses d’Hasan

Cinéma|

Par J.V

Le pitch

Lorsque Hasan (Umut Karadag) apprend qu’un pylône électrique va être installé sur les terres qu’il cultive, il manœuvre afin que son champ soit épargné. Mais avant de partir en pèlerinage à la Mecque, il promet à sa femme de réparer ses erreurs passées

Ce qu’on en pense

Depuis Miel et son Ours d’or à Berlin en 2010, le Turc Semith Kaplanoglu fait figure de plus sérieux concurrent de son compatriote Nuri Bilge Ceylan dans les festivals internationaux. Son cinéma n’a pourtant pas l’ampleur,  ni la précision chirurgicale de celui du maître. Entre film social, ode écolo et fantastique, Les Promesses d’Hasan déroutent. Le film, fleuve et contemplatif comme il se doit, trouve toutefois son point d’équilibre dans la figure de son anti-héros, Hasan incarné par  le charismatique Umuit Karadag . Un personnage comme on en voit peu au cinéma.

Krypto et les super-animaux

Cinéma|

Par J.V

Le pitch

Krypto, le super-chien de Superman, se trouve face à un défi immense : sauver son maître, enlevé par Lex Luthor et son maléfique cochon d’inde Lulu. Pour cela, il devra faire équipe avec une bande d’animaux au grand cœur mais plutôt maladroits….

Ce qu’on  en pense

Parents amateurs de séances de cinéma climatisées en famille,  réjouissez-vous : Warner a pensé à vous en étendant l’univers des DC Comics (Superman, Batman, Wonderwoman et consorts) aux fidèles compagnons des membres de  la Justice League et au chien Krypto en particulier. Leurs super-maitres ayant été privés de leurs super-pouvoirs,  Krypto et ses amis quadrupèdes se retrouvent subitement dotés de super-pouvoirs qu’ils vont mettre à profit pour aider leurs maitres et sauver le monde. Bon rendu visuel, humour, voix connues (Muriel Robin entre autres), aventures, poursuites … Rien ne manque à cette production,  qu’un peu d’originalité. Mais pour un film de vacances caniculaires, on s’en contente largement.

Le Rapport Auschwitz

Cinéma|

Par J.V

Le Pitch

Déportés à Auschwitz en 1942, deux jeunes Juifs slovaques réussissent à s’enfuir le 10 avril 1944. Leur but : révéler au monde ce qui se passe dans les camps de la mort, et tenter de sauver des milliers de vies…

Ce qu’on en pense

Basé sur une histoire vraie et divisé en trois parties distinctes, Le Rapport Auschwitz impose une mise en scène rigoureuse pour montrer combien il a été difficile de faire entendre la vérité sur les camps de concentration nazis.  On pense évidemment au Fils de Saul et à La Liste de Schindler, entre autres films marquant sur les camps, mais le Slovaque Peter Bebjak trouve son propre langage cinématographique pour remplir son devoir de mémoire. A voir. 

 

Un été comme ça

Cinéma|

Par J.V

Le pitch

Invitées en maison de repos pour explorer leurs malaises sexuels, trois jeunes femmes occupent les jours et les nuits à apprivoiser les démons intimes. Sous la supervision tranquille d’une thérapeute allemande et d’un travailleur social bienveillant, le groupe tente de garder un équilibre fragile. Pour la jeune Geisha (Aude Mathieu), la sombre Léonie (Larissa Corriveau) et l’imprévisible Eugénie (Laure Giapicconi), il s’agit pour 26 jours d’éviter les cris, d’apprivoiser les chuchotements du temps présent et de considérer l’avenir…

Ce qu’on en pense

2h20 de thérapie sexuelle par la parole, c’est parfois émoustillant,  mais quand même sacrément long. Le canadien Denis Côté (Nos vies privées, Bestiaire , Hygiene sociale… ) filme, dans un style naturaliste, trois jeunes femmes luttant contre leurs névroses mais échoue à  donner de l’ampleur à son récit lorsqu’il élargit le cadre. Frustrant. 

Mi Iubita mon amour

Cinéma|

Par J.V

Le pitch

Jeanne (Noméie Merlant) part fêter son enterrement de vie de jeune fille en Roumanie avec des amies. Suite au vol de leur voiture, elles rencontrent Nino (Gimi Covaci) et sa famille qui acceptent de les héberger pendant quelques nuits. Mais alors que tout semble les séparer, une attirance s’installe entre Jeanne et Nino. C’est le début d’un été passionnel et hors du temps…

Ce qu’on en pense

Présenté en séance spéciale à Cannes 2021, Mi iubita mon amour est le premier long métrage que réalise Noémie Merlant, actrice remarquée  des films de Céline Sciamma (Le Portrait de la jeune fille en feu) et  Jacques Audiard  ( Les OlympiadesEn partie autobiographique, le scénario évoque sa bande d’amies  ( qui jouent leur propre rôle)  et sa relation avec un jeune rom, Gimi Covaci, également scénariste et acteur du film. Une romance moderne, qui tient par sa mise en scène enlevée et par la belle énergie que déploient tous les acteurs,  à commencer par Noémie Merlant elle-même qui, ici, laisse éclater toute sa féminité. 

Sundown

Cinéma|

Par Ph.D

Le Pitch

Une riche famille anglaise passe de luxueuses vacances à Acapulco quand l’annonce d’un décès les force à rentrer d’urgence à Londres. Au moment d’embarquer, Neil (Tim Roth) affirme qu’il a oublié son passeport dans sa chambre d’hôtel. La famille doit partir sans lui. Au lieu de revenir chercher son passeport dans le palace où ils logeaient, Neil demande à son taxi de le déposer dans une modeste pension de la ville…

Ce qu’on en pense

Disciple Mexicain de Michael Haneke, Michel Franco livre avec  Sundown un drame existentialiste,  intimiste et lancinant,  que ne renierait certainement pas le maître autrichien. Passant sans prévenir du drame familial (maman est morte) au thriller judiciaire et à une réflexion sur la vie et la mort, le scénario multiplie les sorties de piste pour tenir le spectateur en alerte. Acteur fétiche du cinéaste, Tim Roth est parfait dans le rôle du triste héros de cette fable mélancolique,  homme riche et réservé, que la vie a peut-être trop gâté et qui semble avoir perdu tout appétit. Une impression trompeuse…  Comme beaucoup dans ce film d’été caniculaire, poisseux et, au final,  tout à fait épatant.

Marcel !

Cinéma|

Par J.V

Le pitch

La petite fille est insomniaque. La mère est une artiste. Le chien s’appelle Marcel. La petite fille aime passionnément sa mère, mais sa mère aime Marcel plus que tout. Un événement imprévu permettra-t-il à ces chaînes d’amour de se reconnecter ?

Ce qu’on en pense

Présenté en séance spéciale à Cannes 2022, où sa réalisatrice, l’actrice italienne Jasmine Trinca, était membre du jury, Marcel ! s’inscrit dans la veine naturaliste et sociale des  films  d’Alice Rohrwacher (Les Merveilles, Heureux comme Lazzaro, Futura),  elle aussi habituée du Festival. Sa soeur Alice endosse par ailleurs  le rôle principal dans cette  relation mère-fille dysfonctionnelle qui  entend immerger le spectateur dans le monde des artistes de rue et des saltimbanques. Une facilité parmi d’autres pour marquer son appartenance à la grande lignée du cinéma italien,  qui ne cache pas, hélas, les difficultés de la néo réalisatrice à trouver le ton juste et à susciter de l’émotion, voire un quelconque intérêt. Qui trop embrasse… 

The Gray Man

Cinéma|

Par Ph.D

Le pitch

 » Gray Man  » est le nom de code de l’agent de la CIA Court Gentry, alias « Sierra Six » (Ryan Gosling). Recruté dans une prison fédérale par son officier traitant, Donald Fitzroy (Billy Bob Thornton) , Gentry était autrefois un redoutable tueur à gages à la solde de la CIA. Mais la situation a radicalement changé : Gentry est désormais la cible de Lloyd Hansen (Chris Evans), ancien comparse de la CIA, totalement déterminé à le traquer à travers le monde pour l’éliminer. L’agent Dani Miranda (Ana de Armas)  le couvre – et il en aura besoin !

Ce qu’on en pense

Le blockbuster de l’été n’est (hélas) plus l’apanage des salles de cinéma: Netflix a désormais le sien. La plateforme a confié un de ses plus gros budgets à date (200 millions de dollars) aux frères Russo (de la maison Marvel/Avengers) pour tourner ce Gray Man qui marque le retour peu attendu de Ryan Gosling dans le rôle du tueur mutique qui a fait sa gloire (voir Drive et mourir). Le scénario n’a pas dû peser lourd dans la facture : on a déjà vu dix mille fois cette histoire d’ancien agent/tueur à gages pourchassé par ses propres employeurs pour récupérer la preuve de leurs sombres magouilles. Par contre, le budget cascades/effets spéciaux doit avoisiner celui de la fourniture d’armes à l’Ukraine. Il fallait bien ça puisque les séquences de poursuites constituent le seul intérêt (très relatif) du film. Celle en tram (et en Audi, placement de produit oblige) dans le centre ville de Prague fera date. Après, vous pouvez vous rendormir : il n’y a plus rien à voir. N’imaginez pas , par exemple,  que parce que les héros se pourchassent dans toute l’Europe,  vous allez pouvoir faire un peu de tourisme: leurs voyages ne sont prétextes qu’à des scènes d’intérieur, invariablement conclues par une explosion ou un gunfight. Le pompon va à l’étape monégasque pour une séance de torture express,  qui se déroule… dans une cave ! On y découvre un Chris Evans tellement moustachu qu’on le croirait échappé d’un biopic de Freddie Mercury. Pour ne pas être en reste, Ryan Gosling s’est laissé pousser la barbe (et les muscles), ce qui ne le rend pas plus expressif. Heureusement,  il y a la merveilleuse Ana de Armas, révélation du dernier James Bond, dont les quelques scènes consolent d’avoir passé plus de deux heures devant cette réalisation désolante, à faire passer n’importe quel film de Michael Bay pour un chef d’oeuvre auteuriste.

La Petite bande

Cinéma|

Par J.V

Le Pitch

La petite bande, c’est Cat, Fouad, Antoine et Sami, quatre collégiens de 12 ans. Par fierté et provocation, ils s’embarquent dans un projet fou : faire sauter l’usine qui pollue leur rivière depuis des années. Mais dans le groupe fraîchement formé les désaccords sont fréquents et les votes à égalité paralysent constamment l’action. Pour se départager, ils décident alors de faire rentrer dans leur petite bande, Aimé, un gamin rejeté et solitaire.

Ce qu’on en pense

Révélé en 1995 avec Les Apprentis Pierre Salvadori s’essaie au film  pour enfants avec cette Petite bande qu’on avait envie d’aimer pour son scénario écolo, qui rappelle vaguement celui de La Croisade de Louis Garel. Hélas, pas plus que son confrère, Salvadori n’arrive à nous intéresser un tant soit peu à son histoire, pleine d’invraisemblances. Pire, alors que Garel tenait au moins le pari du conte poétique, Salvadori se disperse entre les genres, passant du film pour enfants, au polar et au film de super-héros sans jamais trouver le ton juste pour parler à son public cible (les pré-ados) non plus qu’à à leurs ainés. Bref, c’est la débandade ! 

As Bestas

Cinéma|

Par J.V

Le pitch

Antoine (Denis Menochet) et Olga (Marina Fois), un couple de Français, sont installés depuis longtemps dans un petit village de Galice. Ils ont une ferme et restaurent des maisons abandonnées pour faciliter le repeuplement. Tout devrait être idyllique mais un grave conflit avec leurs voisins fait monter la tension jusqu’à l’irréparable…

Ce qu’on  en pense

Présenté à Cannes 2022  dans la section Cannes première, le nouveau film du prodige espagnol Rodrigo Sorogoyen (Que dios nos perdones,  El Reino,  Madre) réussit encore à surprendre dans le registre, pourtant usé,  du  thriller paysan. Par son casting d’abord,  qui mélange acteurs français (Denis Ménochet et Marina Foïs, excellents en couple de paysans expatriés)  et espagnols (Luis Zahera et Diego Anido dans le rôle des inquiétants voisins). par sa mise en scène ensuite, qui multiplie les morceaux de bravoure et impose un changement de personnage principal dans la deuxième partie. En résulte un thriller puissant,  qui pose la question de l’appartenance à une terre et celle du repli, volontaire ou subi. Brillant.