Cinéma

/Cinéma

Memory

Cinéma|

Par J.V

Le pitch

Sylvia (Jessica Chastain) mène une vie simple, structurée par sa fille, son travail et ses réunions des AA. Pourtant, ses retrouvailles avec Saul (Peter Sarsgaard) bouleversent leurs existences, réveillant des souvenirs douloureux que chacun avait enfouis jusque-là…

Ce qu’on en pense

Le Mexicain Michel Franco rompt avec sa radicalité habituelle pour celle Love Story toute en délicatesse dans laquelle Jessica Chastain et  Peter Sarsgaard. campent admirablement deux êtres cabossés par la vie auxquels est offerte une seconde chance de s’aimer. Le tour de force du film est d’exalter le sentiment amoureux sans jamais tomber dans la mièvrerie. A la fois doux et empreint de gravité, Memory  touche au coeur.

 

Assemblage

Cinéma|

Par Ph.D

Le pitch

Ce soir est la dernière chance pour Alex (Julien Romano) de changer son destin. Il met en œuvre un plan complexe mais les personnages louches et les rebondissements le mettent en péril.

Ce qu’on en pense

Un premier film constitué d’un seul plan séquence d’1h30, il fallait oser. Sofiene Mamdi l’a fait et, techniquement, c’est une réussite. On n’en dira pas autant du scénario et des dialogues,  que les acteurs paraissent improviser de scène en scène. En dehors de quelques sorties dans la rue, pour fumer ou prendre l’air, tout se passe de nuit dans le huis clos d’un bar du Palais Royal , dont le sous sol vouté ressemble au donjon d’un club libertin. Le patron (Julien Romano dans une imitation de Gilbert Melki imitant Al Pacino), qui est aussi producteur de cinéma comprend-t-on,  y reçoit deux couples, avec lesquels il semble devoir faire affaire. Un acteur américain (Luke Stratte McClure), sa femme chilienne (Catalina Cuevas), un réalisateur français barbu (Constantin Leu) et sa nouvelle actrice (Charlotte Landoy). Il y a aussi la femme asiatique du patron (Hélène Jin) et son frère (Jiahui Chou), qui sert d’homme de main.  Sans qu’on sache pourquoi, la tension entre les différents personnages est d’emblée palpable. On s’attend à ce que ça parte en vrille ou en partouze, mais non : ça discute interminablement. Jusqu’au final, où il se passe enfin quelque chose, mais qui n’est pas non plus une vraie fin. Comme si une suite était à venir. Ce qui parait assez improbable vu le peu d’intérêt du film…

 

Abigail

Cinéma|

Par J.V

Le pitch

Suite au kidnapping d’Abigail (Alisha Weir), la fille d’un puissant magnat de la pègre, un groupe de criminels amateurs pensaient simplement devoir enfermer et surveiller cette jeune ballerine afin de pouvoir réclamer une rançon de 50 millions de dollars. Retirés dans un manoir isolé, les ravisseurs commencent mystérieusement à disparaître, les uns après les autres, au fil de la nuit. C’est alors qu’ils découvrent, avec horreur, que la fillette avec laquelle ils sont enfermés n’a rien d’ordinaire

Ce qu’on en pense

Signé des auteurs de  V/H/S , The Baby, Wedding Nightmare  et de deux films de la franchise Scream,  Matt Bettinelli-Olpin et Tyler Gillett,  ce  slasher de série B commence plutôt bien avec quelques exécutions bien sanglantes,  avant de vouloir absolument embrasser la cause #MeToo  en liguant ses héroïnes contre un personnage masculin qui n’en demandait pas tant. Un revirement de scénario sans autre raison qu’un opportunisme de circonstance.

 

Fainéant.es

Cinéma|

Le Pitch

Nina (Faddo Jullian) et Djoul (.jU), copines inséparables, sont expulsées de leur squat. Elles reprennent alors la route à bord de leur vieux camion avec une soif de liberté et une seule obsession : faire la fête. Rencontres impromptues, travail saisonnier, concerts, joyeuses subversions, quelques galères, mais surtout beaucoup d’aventures rythment désormais la vie nomade de ces deux amies…

Ce qu’on en pense 

Après Revivre, dans lequel on suivait l’attente des parents de deux bébés devant subir une greffe nécéssaire à leur survie, Karim Dridi quitte l’hôpital pour s’attacher au pas  de deux « marginales » quadragénaires en quête d’un meilleur avenir,  pour un docu-fiction ancré dans le réel et interprété par des comédiens amateurs. Malgré quelques longueurs et certaines  faiblesses dans l’interprétation, on s’attache à ces personnalités « hors normes ».

Greenhouse

Cinéma|

Par J.V

Le pitch

Aide-soignante à domicile, Moon-Jung (Seo-Hyeong Kim), s’occupe avec bienveillance d’un vieil homme aveugle (Jae-sung Yang) et de sa femme. Mais quand un accident brutal les sépare, tout accuse Moon-Jung. Elle se retrouve à devoir prendre une décision intenable…

Ce qu’on  en pense

La solitude et le manque d’amour dans la société contemporaine sont au coeur de ce drame psychologique coréen auquel la réalisatrice Seo-Hyeong Kim parvient à insuffler une tension de thriller. Le portrait, tout en nuance, d’une femme d’âge mur qui bascule dans le crime et la folie.  Lancinant et sombre, mais tenu de bout en bout.

La Belle de Gaza

Cinéma|

Par J.V

Le Pitch

Yolande Zauberman part à Tel-Aviv dans l’espoir de trouver « La Belle de Gaza », qui, selon ce que l’on raconte, aurait quitté la Palestine pour devenir transsexuelle, à Tel Aviv…

Ce qu’on en pense

Tourné avant les massacres du 7 octobre et l’offensive israëlienne dans la bande de Gaza, ce documentaire de Yolande Zauberman a tout de même eu les honneurs d’une  « séance spéciale » à Cannes 2024, car il aborde le conflit israélo-palestinien sous un angle original : celui de la condition des femmes transgenres. A partir de l’histoire d’une femme  qui aurait  opéré sa transition en allant de  Gaza à Tel Aviv à pied , la réalisatrice enquête et enchaîne les entretiens.  Légende urbaine ou  réalité ? Peut importe au fond. Le but étant de comprendre et de faire comprendre ce que ces femmes vivent au quotidien dans un pays toujours en guerre.

Cannes 2024: Le Palmarès

Cinéma|

Par Ph.D

Francis Ford Coppola remettant sa palme d’or d’honneur à George Lucas, c’est l’image que l’on retiendra de la cérémonie de cloture de Cannes 2024. Deux géants du cinéma américain réunis pour une édition où le cinéma américain a particulièrement brillé. En témoigne la palme d’or décernée à Sean Baker pour Anora, une comédie noire qu’auraient pu signer les frères Coen ou les frères Safdie (lire ici). C’était un de nos films préférés de la sélection, avec une actrice épatante, Mikey Madison, qui aurait pu décrocher le prix d’interprétation féminine si la palme n’était pas exclusive de toute autre récompense. On est ravi qu’il ait été attribué au cast féminin d’Emilia Perez, avec lequel Jacques Audiard rafle aussi le prix du Jury. Il y avait peu de rôles masculins marquants dans cette édition aussi ne s’offusque-t-on pas de Jesse Plemons, découverte de la série Fargo, l’emporte pour le film de Yorgos Lanthimos,  Kinds of Kindness. Favori de dernière minute pour la Palme avec Les graines du figuier sauvage, l’iranien Mohammad Rasoulof doit se contenter d’un Prix spécial, comme si le palmarès avait été établi avant la projection de son film. On regrette aussi l’absence de FF Coppola et de Christophe Honoré dont le Marcello Mio nous a charmé. On lui aurait bien volontiers décerné le prix du scénario qui aurait été plus mérité que celui accordé à l’atroce The Substance, un film d’horreur de pure mise en scène à l’histoire idiote. Côté réalisation, le jury de Greta Gerwig lui a pourtant préféré le Grand Tour de Miguel Gomes. On ne saurait lui donner tort. Quel bon goût !

 

Cannes 2024: Part 6

Cinéma|

Par Philippe Dupuy

Il a fallu attendre le dernier jour pour que la compétition prenne un peu de « substance »,  avec l’entrée en lice de Michel Hazanavicius  (La plus précieuse des marchandises) et, surtout, de l’iranien Mohammad Rasoulov avec La Graine du figuier sacré. Le premier est une adaptation animée du conte éponyme de Jean-Claude Grumberg sur la Shoah. L’histoire d’un bébé laissé sur les rails par son père au moment de monter dans le train de déportation et recueilli par une famille de bucherons. Dans le conte, la Shoah n’est jamais nommée. Dans le film, à la direction artistique très vintage, les camps sont montrés. L’option divise, mais le résultat est probant. L’émotion, si souvent absente des films en compétition, est au rendez-vous. Arrivé d’Iran quasiment à pied (il s’est enfui après avoir été condamné à 8 ans de prison et à la flagellation), Mohammed Rasoulov a frappé un grand coup avec La Graine du figuier sacré , qui mélange documentaire et fiction autour du mouvement Femmes Vie Liberté. Le film met en scène la famille d’un juge dont les filles défendent le mouvement alors qu’il est lui -même commis à condamner ses partisans. Avec ce drame familial poignant et d’une actualité brulante, le réalisateur d’Un Homme intègre et de Le Diable n’existe pas s’impose, au finish, comme le meilleur prétendant à la Palme d’or.

Avant cela,  on aurait plutôt parié sur la réalisatrice indienne Payal Kapadia dont le premier film, All We Imagine As Light , est une petite merveille de sensibilité. L’histoire de trois femmes de trois générations différentes qui travaillent dans le même hôpital de Bombay et doivent composer avec la pauvreté, le mal logement et la dureté de la condition féminine en Inde. Un pays que la réalisatrice filme admirablement. L’actrice principale, Kani Kusruti,  mériterait un prix d’interprétation mais les candidates sont nombreuses. Dans cette sélection décidément très francophile, Gilles Lellouche avait réuni le casting le plus avantageux. A part Pierre Niney (qui avait un blockbuster « Qualité France » à tourner avec  Le Comte de Monte Cristo),  tout ce qui compte dans le jeune cinéma français est à l’affiche de L’Amour Ouf. A commencer par Adèle Exarchopoulos et François Civil qui forment le couple maudit de cette vaste fresque amoureuse de 2h20,  surchargée comme une mini série de TF1. Succès public prévisible en salles, mais sélection risquée en compétition : le film obtient la plus basse note au palmarès de la presse internationale. N’est pas Jacques Audiard qui veut.  Heureusement, la master class de George Lucas a mobilisé la critique festivalière et l’a empéchée de s’acharner sur le film. Le père de Star Wars recevra une palme d’honneur lors de la cérémonie de cloture, où Emilia Perez reste notre favori.

 

 

Cannes 2024: Part 5

Cinéma|

Par Philippe Dupuy

Quel beau film d’ouverture (ou de cloture) aurait pu faire Marcello mio , le nouveau film de Christophe HonoréPour la compétition par contre, c’est un peu léger. La fin, surtout (lire la critique ici) . Pour rester dans l’ambiance ritale,  rien de tel qu’un petit tour sur la côte Amalfienne avec Parthenope , la divine héroïne du nouveau Paolo Sorrentino. La beauté de son interprête (Celeste Dalla Porta) n’a d’égale que celle de la baie de Naples, ville natale du réalisateur qui lui rend un hommage énamouré et quasi publicitaire. L’office du tourisme local va devoir embaucher pour faire face à l’afflux de réservations… Eviter, par contre, le Motel Destino de Karim Ainouz : les voisins de chambre font décidément trop de bruit ! C’est comme ça qu’on baise au Brésil ? Sinon,  rien de nouveau sous le soleil du nordeste : que ce vague polar, même pas moite, se retrouve en compétition en dit long sur la faiblesse de la sélection 2024. Les derniers films défilent et la palme dort toujours avec Emilia Perez. Il ne reste plus beaucoup de prétendants pour la réveiller. Sean Baker peut-être ? Anora est, en tout cas, le film qu’on aura le plus envie de revoir en salles. L’histoire d’une go-go danseuse futée (Mikey Madison, nouvelle candidate au prix féminin) qui se marie à Las Vegas avec le fils fêtard d’un richissime oligarque Russe. Bingo !  Mais quand la famille débarque de Moscou avec ses gros bras pour exiger le divorce, ça chauffe pour la donzelle…  Rien de particulièrement transcendant dans ce Pretty Woman Tarantinesque, mais un bon film tout simple de temps en temps, ça fait du bien.

 

Cannes 2024: Part 4

Cinéma|

Par Philippe Dupuy

Avec The Substance, film en anglais de la réalisatrice française Coralie Fargeat (Revenge), les sélectionneurs Cannois ont trouvé de quoi assouvir leur nouvelle lubie pour le « film de genre ». Jadis,  ils assommaient les festivaliers avec de grands films historiques russes ou chinois,  dont la critique disait qu’ils étaient « beaux mais chiants« . Désormais,  place aux « films concepts«  de pure mise en scène, si possible futuristes et sanguinolants. Après Titane (Palme d’or 2021),  The Substance pousse les curseurs à fond. Difficile de faire plus superficiel et sanglant. L’histoire d’une star de télé vieillissante (Demi Moore) qui découvre un programme secret lui permettant de retrouver sa jeunesse… Mais une semaine sur deux seulement ! La semaine suivante,  elle retrouve son enveloppe corporelle habituelle. A condition de respecter le protocole : chaque jour de plus passé dans sa nouvelle identité (en Margaret Qualley) se paie de 10 ou 20 ans de plus dans l’ancienne. Facile de deviner ce qui va se passer dans ce Portrait de Dorian Gray 2.0 à l’esthétique publicitaire qui utilise toutes les ficelles du body horror pour un résultat encore plus navrant que Titane. Tous les espoirs sont donc permis au palmarès !  Censé se passer à Hollywood, le film a été en grande partie tourné sur la Côte d’Azur. C’est peut-être là que se niche son génie: impossible de faire la différence !

Après ça, Les Linceuls, nouveau film de David Cronenberg, auquel Coralie Fargeat a presque tout piqué, fait évidemment pale figure en matière de film concept. Vincent Cassel y joue l’inventeur d’un système de « sépulture connectée ». Une caméra embarquée dans le linceul retransmet en direct sur l’écran digital de la tombe la décomposition du cadavre ! Riche idée, à partir de laquelle Cronenberg brode, avec son talent habituel, un thriller horrifique sur les dangers de l’utra connectivité et de l’intelligence artificielle. Ca pourrait être bien (mieux que son précédent en tout cas),  si ce n’était pas aussi long et bavard.  On ne peut pas en dire autant de Caught by the Tide, le nouveau Jia Zhangke  dont les protagonistes n’ont que quelques lignes de dialogue. Le réalisateur Chinois a utilisé des chutes de ses films précédents ( Les Eternels et Still Life notamment) pour raconter une histoire d’amour ratée sur 40 ans de modernisation de la Chine à marche forcée. On y retrouve ses deux acteurs fétiches (Zhao Tao et Zubin Li) que l’on voit vieillir sans le moindre recours aux effets spéciaux. Ca fait du bien !  Bien que banni des grands festivals occidentaux, le cinéma Russe est présent à Cannes avec le nouveau film du dissident Kirill Serebrennikov sur Edouard Limonov, poète, écrivain et activiste d’extrême droite,  qui soutint l’annexion de la Crimée, envoya ses militants combattre pour la Russie dans le Dombass et mourut avant de pouvoir soutenir la guerre en Ukraine, dont il était originaire. Serebrennikov en fait une sorte d’Amadeus Russe,  dans une reconstitution épatante du New York des années 70-80,  sur fond de reprises de Lou Reed et du Velvet Underground. Brillant sur la forme mais louche sur le fond, Limonov, la ballade offre à Ben Whishaw  (le Q des derniers James Bond) un rôle qui pourrait lui valoir un prix d’interprétation…  Si on n’était pas à Cannes, où ils échoient généralement à des inconnus dont l’Histoire oublie aussitôt les noms .

 

Heroico

Cinéma|

Par J.V

Le pitch

Luis (Santiago Sandoval Carbajal), un jeune homme de 18 ans aux racines indigènes, entre au collège militaire dans l’espoir de s’assurer un meilleur avenir. Là, il se heurte à un système rigide et violent, conçu pour faire de lui un parfait soldat…

Ce qu’on en pense

Prenant d’abord la forme d’un docu fiction, ce film Mexicain signé David Zonana rappelle la première partie de Full Metal Jacket, dans laquelle Stanley Kubrick décrivait la formation d’une machine à tuer dans un camp d’entrainement militaire. Le film prend ensuite une tournure plus psychologique,  pour finir par verser dans la folie et le fantastique. Un traitement de  choc pour dénoncer la culture de la violence dans la société mexicaine.

Colocs de choc

Cinéma|

Par J.V

Le pitch

Manon (Fantine Harduin), une adolescente introvertie de 16 ans, se voit obligée de cohabiter avec sa grand-mère Yvonne (Hélène Vincent), ex-militante féministe atteinte de la maladie d’Alzheimer. La situation se corse quand Yvonne commence à prendre Manon pour sa fille. Contre toute attente, Manon entre dans les délires d’Yvonne et rejoue le rôle de sa mère qu’elle n’a presque pas connue…

Ce qu’on en pense

Un premier long métrage sensible, signé Élodie Lélu, sur les rapports mère-fille, la maladie et la mémoire,  avec un beau trio de comédiens composé d’Hélène Vincent, Olivier Gourmet et Fantine Harduin. Le duo Hélène Vincent/Fantine Harduin fonctionne à merveille et leurs personnages sont très attachants. Dommage que la réalisation soit si scolaire et le scénario plus propice à un court métrage qu’à un long.

Furiosa

Cinéma|

Par J.V

Le pitch

Dans un monde en déclin, la jeune Furiosa (Alya Browne / Anya Taylor-Joy) est arrachée à la Terre Verte et capturée par une horde de motards dirigée par le redoutable Dementus (Chris Hemsworth). Alors qu’elle tente de survivre à la Désolation, à Immortan Joe (Lachy Hulme) et de retrouver le chemin de chez elle, Furiosa n’a qu’une seule obsession : la vengeance.

Ce qu’on en pense

Neuf ans (déjà !) après le carton Fury Road, George Miller était de retour à Cannes pour présenter en avant première mondiale ce nouveau volet de la saga Mad Max.  Un  Mad Max  sans Mad Max,  puisque centré sur le personnage de Furiosa, découvert dans Fury Road sous les traits de Charlize Theron, ici remplacée par la délicieuse Anya Taylor-Joy (Le Jeu de la dame).  Le film reprend tous les codes de la franchise pour un résultat hautement réjouissant, à la mise en scène vertigineuse. L’affrontement entre Anya Taylor-Joy et Chris Hemsworth (Thor), tout en décontraction, tient ses promesses et les cascades sont toujours aussi spectaculaires. Les fans de Fury Road seront comblés. Les allergiques aux bastons et aux poursuites interminables peuvent zapper.

Marcello Mio

Cinéma|

Par J.V

Le pitch

C’est l’histoire d’une femme qui s’appelle Chiara (Chiara Mastroianni).  Elle est actrice, elle est la fille de Marcello Mastroianni et Catherine Deneuve et le temps d’un été, chahutée dans sa propre vie, elle se raconte qu’elle devrait plutôt vivre la vie de son père.  Elle s’habille désormais comme lui, parle comme lui, respire comme lui et elle le fait avec une telle force qu’autour d’elle, les autres finissent par y croire et se mettent à l’appeler « Marcello »…

Ce qu’on en pense

En compétition à Cannes 2024, Christophe Honoré dévoile un projet d’une folle originalité, embarquant avec lui la famille, la mythologie et l’univers cinématographique des monstres sacrés que sont Catherine Deneuve et Marcello Mastroianni. Son actrice fétiche, Chiara Mastroianni , fille de Marcello et Catherine, se coule avec un grand naturel dans le rôle de son père (ou du moins de son père joué par elle) et son entourage réagit à la transformation: Deneuve d’abord hostile à l’idée, Benjamin Biolay son ex compagnon, Nicole Garcia et Fabrice Luchini, amis bien intentionnés… Ce faisant Honoré recrée une sorte de Dolce Vita parisienne, se laissant aller à son penchant pour la fantaisie, la poésie et le crépusculaire. Charmant.

Cannes 2024: Part 3

Cinéma|

Par Philippe Dupuy

Et si, à mi-Festival, Jacques Audiard avait déjà plié le game ? Emilia Perez , son nouveau film,  coche toutes les cases d’une belle deuxième Palme d’or : sujet original (un narcotrafiquant qui veut changer de sexe),  traitement qui ne l’est pas moins (avec des passages chantés !), casting sensationnel (Zoe Saldana première candidate au prix d’interprétation et la révélation Karla Sofia Gascon en narco transgenre),  superbe mise en scène, BO géniale (Camille reviens, tout est pardonné)  et ventes à l’international assurées. Il va falloir se lever tôt pour faire mieux.  D’autant que la concurrence n’est pas trés affutée cette année. Lanthimos et Paul Schrader ont déçu avec Kinds of Kindness et Oh, Canada. Le premier est un film à sketches en trois parties et ne brille que par sa cruauté et son casting (Emma Stone, Jesse Plemons, Willem Dafoe, Margaret Qualey). Le second est une adaptation de Russel Banks qui sent le sapin, avec Richard Gere en cinéaste culte en fin de vie,  qui avoue face caméra toutes ses lâchetés à d’anciens étudiants venus le filmer pour un documentaire sur sa vie. Brouillon, dépassé et finalement assez ennuyeux. Sinon, on a bien ri à Un Certain Regard devant Rumours. Une satyre politique saignante du G7 avec Cate Blanchett en chancelière allemande tracassée du radada et Denis Menochet en président français pompeux. Quelque chose entre Ruben Oslund, la série Parlement et le film de zombies !