Cinéma

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Storia di vacanze

Cinéma|

Par Ph.D

Le pitch

La chaleur de l’été annonce les vacances prochaines pour les familles de cette paisible banlieue pavillonnaire des environs de Rome. Des familles joyeuses, qui parviennent à créer l’illusion de vraies vacances, malgré leurs faibles moyens. Des familles normales. Enfin presque. Car leurs enfants vont bientôt pulvériser le fragile vernis des apparences…

Ce qu’on en pense

Une histoire insensée, amère et déprimante” c’est ainsi que le narrateur  de cette fable moderne présente le nouveau film de Fabio et Damiano d’Innocenzo (Frères de sang). On ne saurait lui donner tort. L’histoire de ces familles abusivement qualifiées de  “normales” (ou “sans histoires” justement) qui vont exploser au cours d’un été un peu trop chaud, parce qu’une piscine gonflable a été crevée par une main jalouse,  fait froid dans le dos. La réalisation tient du conte cruel,  avec des images déformées, de trés gros plans, une musique dérangeante et un humour à froid quasi scandinave. Etonnant pour un film italien, mais drôlement bien. A voir. 

Eiffel

Cinéma|

Par J.V

Le Pitch

Venant tout juste de terminer sa collaboration sur la Statue de la Liberté, Gustave Eiffel (Romain Duris)  est au sommet de sa carrière. Le gouvernement français veut qu’il crée quelque chose de spectaculaire pour l’Exposition Universelle de 1889 à Paris, mais Eiffel ne s’intéresse qu’au projet de métropolitain. Tout bascule lorsqu’il recroise son amour de jeunesse (Emma Mackey). Leur relation interdite l’inspire à changer l’horizon de Paris pour toujours.

Ce qu’on en pense

Porté depuis le début des années 90 par Caroline Bongrand, le scénario du biopic de Gustavel Eiffel a trainé pendant des années chez nombre de producteurs et de réalisateurs, des deux cotés de l’Atlantique,  sans que le projet se concrétise… Avant de finalement atterrir sur le bureau de  Martin Bourboulon. Pourquoi lui ? Mystère. Le fait est que le réalisateur des comédies familiales à succès Papa ou maman 1 et 2 a du mal à lier les exigences d’un biopic à grand spectacle et celles d’une romance contrariée. Trop souvent les effets spéciaux utilisés pour figurer la construction de la célèbre tour et recréer l’époque viennent rappeller que tout est factice. Du coup, Romain Duris et Emma Mackey (découverte de la série Sex Education) ont beau donner de leur personne, on a du mal à s’émouvoir des amours de Gustave et Adrienne. De trop nombreux flashes back et le ton mielleux avec lequel l’histoire est contée n’arrangent rien à l’affaire. Comme par ailleurs les coulisses de la construction du monument ne servent que de prétexte, on reste au pied de la tour sans prendre le sien. 

L’Homme de la cave

Cinéma|

Par J.V

Le pitch

A Paris, Simon (Jérémie Renier) et Hélène ( Bérénice Bejo) décident de vendre une cave dans l’immeuble où ils habitent. Un homme, au passé trouble (François Cluzet), l’achète et s’y installe sans prévenir. Peu à peu, sa présence va bouleverser la vie du couple, soumis également aux pressions du voisinage. Ils vont alors tout faire pour faire expulser cet intrus, qui ne souhaite pas déménager…

Ce qu’on en pense

Auteur de comédies enlevées (L’Année Juliette, Alceste à bycyclette, Les Femmes du 6e étage… ), Philippe Le Guay s’essaie au thriller psychologique et politique avec ce film dont l’un des protagonistes (incarné par François Cluzet) est un professeur d’histoire réprouvé pour négationnisme et l’autre un architecte juif (Jérémie Renier). Basée sur une histoire vraie, la mécanique basée sur leur confrontation devrait prendre. Or elle grippe trés vite. Malgré les talents conjugués de Jérémie Reinier, François Cluzet et Bérénice BejoL’Homme de la cave se rebiffe. Le suspens est maladroitement mené,  la réalisation est trop scolaire et la question du négationnisme n’est pas traitée: au lieu de prendre de la hauteur, on reste en sous-sol. 

Le Dernier duel

Cinéma|

Par J.V

Le pitch

Jean de Carrouges (Matt Damon), un chevalier respecté, connu pour sa bravoure et son habilité sur le champ de batailles et Jacques Le Gris (Adam Driver), un écuyer normand dont l’intelligence et l’éloquence font de lui l’un des nobles les plus admirés de la cour, sont deux amis devenus au fil du temps des rivaux acharnés. Lorsque Marguerite (Jodie Comer), la femme de Carrouges, est violemment agressée par Le Gris – une accusation que ce dernier récuse – elle refuse de garder le silence, n’hésitant pas à dénoncer son agresseur et à s’imposer dans un acte de bravoure et de défi qui met sa vie en danger, puisqu’elle sera brûlée vive si son mari perd son duel à mort contre son rival.

Ce qu’on en pense

#MeToo et la libération de la parole au 14e Siècle ? Tiré d’une histoire vraie, le nouveau Ridley Scott s’inscrit dans l’air du temps,  sans dépareiller la filmographie du maiîre. Sir Ridley retrouve avec bonheur la Dordogne et les duellistes (titre de son premier film tourné au même endroit en 1977). Le casting est à la hauteur des enjeux (Matt Damon, Adam Driver, Jodie Comer, Ben Affleck…) et il ne manque pas une vis d’armure à la reconstitution d’époque.  Un vrai blockbuster que ce Dernier duel,  dont les scènes de combats sont époustouflantes. Le scénario, par contre, manque un peu de finesse:  la multiplication des points de vue entraine des redites, sans laisser planer la moindre ambiguité sur la réalité des faits.  

La Famille Addams 2

Cinéma|

Par J.V

Le Pitch

Malgré ses efforts, Mercredi ne réussit pas à remporter un concours scientifique. Pour la consoler, ses parents Gomez et Morticia Addams décident d’amener toute la famille dans un road trip à travers les Etats-Unis. C’était sans compter sur l’arrivée d’un homme de loi, qui indique que Mercredi a été malencontreusement échangé avec un autre enfant à la naissance… Refusant cette idée, Gomez précipite le voyage, sans se douter qu’il sera poursuivi dans tout le pays…

Ce qu’on en pense

Il parait que Tim Burton prépare une série Netflix basée sur le personnage de Mercredi. En attendant, au cinéma,  il faut se farcir un deuxième film d’animation sur la famille Addams. Celui-ci n’est pas meilleur que le premier, loin s’en faut.  On est plus près d’un Hôtel Transylvanie que des premiers films de la franchise, dont on peine à retrouver l’esprit et la lettre. Les fans de l’horrifique family peuvent passer leur tour. 

Julie (En 12 chapitres)

Cinéma|

Par Ph.D

Le pitch

Julie (Renate Reinsve)  bientôt 30 ans, n’arrive pas à se fixer dans la vie. Alors qu’elle pense avoir trouvé une certaine stabilité auprès d’Aksel, 45 ans, auteur à succès, elle rencontre le jeune et séduisant Eivind…

Ce qu’on en pense

Tout entier porté par la prestation ébouriffante de l’inconnue  Renate Reinsve, primée à Cannes 2021, le nouveau film de Joachim Trier (Oslo 31 août) renverse les codes de la comédie romantique pour livrer une romance moderne tour à tour légère et poignante. Les valses hésitations sentimentales de Julie valent bien les 12 chapitres annoncés. Surtout avec, derrière la caméra , un réalisateur aussi inventif et doué que Joachim Trier. Le film est une ode à la vie et à la jeunesse,  qui n’oublie pas que les temps sont durs et que le drame n’est jamais loin du bonheur. Il dépasse ainsi la simple chronique ou le portrait de femme,  pour se hisser au rang d’oeuvre de cinéma d’auteur.  Allez-y,  mais méfiez-vous : Julie/Renate va vous planter une flèche dans le coeur. 

Debout les femmes !

Cinéma|

Par Ph.D

Le pitch

Mais qui m’a mis cette tête de con ? ” Ce n’est pas le grand amour entre le député En Marche ! Bruno Bonnell et l’Insoumis François Ruffin. Et pourtant… C’est parti pour le premier “road-movie parlementaire” à la rencontre des femmes qui s’occupent de nos enfants, nos malades, nos personnes âgées. Ensemble, avec ces invisibles du soin et du lien, ils vont traverser confinement et couvre-feu, partager rires et larmes, colère et espoir. Ensemble, ils vont se bagarrer, des plateaux télés à la tribune de l’Hémicycle, pour que ces travailleuses soient enfin reconnues, dans leur statut, dans leurs revenus. Et s’il le faut, ils réinventeront l’Assemblée…

Ce qu’on en pense

Le nouveau documentaire de François Ruffin commence avant le premier confinement, alors qu’il se désespère de n’être toujours pas  missionné par la commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale pour déposer, comme il le souhaiterait,  une proposition de loi sur les “mêtiers du lien”. Lorsque l’ordre de mission arrive enfin,  il est assorti d’une moins bonne nouvelle : son co-rapporteur sera le député en marche Bruno Bonnell, un libéral, thuriféraire de la “start up nation”. “Une tête de con” comme ne le lui envoie pas dire Ruffin lors de leur première rencontre. Pourtant,  les deux hommes vont vite se trouver d’accord sur la nécessité de donner un vrai statut et un salaire décent aux auxilliaires de vie sociale.  Les voila partis pour un tour de France à la rencontre des travailleurs sociaux quand advient le premier confinement. Patatras ? Non, car dans sa fameuse allocution “Nous sommes en guerre“,  le président Macron  apporte de l’eau au moulin des deux députés : “Il faudra se souvenir des petites mains qui ont maintenu le lien social” …  Trois mois plus tard, à l’Assemblée , alors que Bruno Bonnell, Covidé, s’est fait portter pâle,  le député Insoumis Ruffin voit pourtant tous ses amendements rejetés et la proposition de loi est enterrée. Il réagit en faisant venir à l’Assemblée les travailleuses rencontrées au cours de leur périple et défendre la proposition de loi avec leurs propres arguments dans une fausse session trés émouvante. Le film l’est aussi. Il rend hommage à ces oubliées de la République, dont la condition dans “le monde d’après” n’a hélas pas changé, sinon en pire.  

Le Loup et le lion

Cinéma|

Par J.V

Le Pitch

A la mort de son grand père, Alma (Molly Kunz), jeune pianiste de 20 ans revient dans la maison de son enfance, perdue sur une île déserte du Canada. Là, tout bascule quand un louveteau et un lionceau en détresse surgissent dans sa vie. Elle choisit de les garder pour les sauver et l’improbable se produit : ils grandissent ensemble et s’aiment comme des frères. Mais leur monde idéal s’écroule lorsque leur secret est découvert…

Ce qu’on en pense

Malgré ses lourdeurs et sa naïveté Mia et le lion blanc fut l’un des succès surprise de 2019.  Gilles de Maistre remet donc le couvert dans la même veine avec Le Loup et le lion. Au menu : grands espaces, aventures familiales et message sur la préservation de la vie sauvage La bonne nouvelle,  c’est que sur le fond comme sur la forme, le réalisateur s’attache à moins de naïveté et de stéréotypes. On lui en sait gré. 

 

Nice : CinéRoman 2

Cinéma|

Par Ph.D

Après une première édition parfaitement réussie en 2019, une annulation en 2020 pour cause de Covid et une mini édition teaser en  juin,  le festival des adaptations littéraires à l’écran CinéRoman  de Nice revient enfin du 20 au 24 octobre  au Pathé Gare du sud, à la Cinémathèque et au théâtre de l’artistique.  Pour la compétition, cinq films seront soumis à l’appréciation du jury présidé par Frédéric Beigbeder et composé de  Danièle Thompson, Agnès Jaoui, Emmanuelle Devos, Lou de Laâge, David Foenkinos, et Benjamin Lavernhe : Profession du père de Jean Pierre Améris avec Benoît Poelvoorde, Petit Pays d’Eric Barbier avec Jean Paul Rouve,  Passion Simple de Danielle Arbid avec Laetitia Dosch, Le Discours de Laurent Tirard avec Benjamin Lavernhe et Benedetta de Paul Verheoven avec Virginie Efira. Le programme des avant premières est également alléchant. On pourra voir en amont de leur sortie en salles et en présence des équipes  : Illusions perdues de Xavier Giannoli, Les Choses humaines d’Yvan Attal, Tromperie d’Arnaud Desplechin, On est fait pour s’entendre de Pascal Elbé, Zaï ZaÏ Zaï Zaï de François Desagnat, En attendant Bojangles de Régis Roinsard, Lui de Guillaume Canet, Le Temps des secrets de Christophe Baratier et Goliath de Frédéric Tellier. Un sacré programme !

 

 

Fatima

Cinéma|

Par Ph.D

Le pitch

Portugal. 1917, trois jeunes bergers de Fatima racontent avoir vu la Vierge Marie. Leurs révélations vont toucher de nombreux croyants mais également attirer la colère des représentants de l’Eglise et du gouvernement. Ils vont tout faire pour essayer d’étouffer l’affaire et obliger les trois enfants à se rétracter. Mais la rumeur s’est propagée dans tout le pays. Les pèlerins affluent à Fatima en espérant être les témoins d’un miracle.

Ce qu’on en pense

Amateurs de bondieuseries, bonjour. Voici le biopic des petits bergers de Fatima qui ont vu la vierge mais n’ont pas réussi à arrêter la guerre de 14-18,  ni à prévenir celle de 39-45 comme elle le leur avait gentiment demandé. C’est vrai qu’elle aurait peut-être dû s’adresser  directement au Kaiser ou à Hitler,  mais ils n’étaient sans doute pas disponibles (ou alors elle ne parle pas allemand. Par contre, dans le film, tout le monde parle anglais, ce qui est déjà un petit miracle). C’est vrai aussi que les trois gamins n’ont pas été trés aidés par leur famille (pourtant très pieuse),  ni par les autres adultes du village. A l’époque, comme nous l’apprend un carton au générique, le gouvernement portugais avait plutôt prévu de mettre la pédale douce sur la religion et le catholicisme. Ca n’a pas empêché les hordes de pélerins de venir piétiner le champs de blé de papa et ravager la récolte. Ils continuent depuis, bon an mal an,  mais le bonhomme n’est plus là pour s’en plaindre. Marco Pontecorvo, qui a reçu pour mission non divine de mettre en images cette histoire via une coproduction  américano-portugaise, ne lésine pas sur les plans de nature (on dirait du Malick), ni sur le casting : Harvey Keitel, qu’on a connu mécréant chez Scorsese ou pire (Voir Bad Lieutenant d’Abel Ferrara),  Joquim de Almeida et Sonia Braga viennent faire des génuflexions. Il leur sera beaucoup pardonné. C’est beau comme une messe en latin et, à la fin, même le soleil danse. Mais il faudra sans doute un autre miracle (au box office) pour rembourser les frais de production… 

 

 

7 jours

Cinéma|

Par J.V

Le pitch

La veille des vacances d’été, Mamoru découvre que sa voisine Aya, dont il est secrètement amoureux, va déménager. Il lui propose de fuguer une semaine pour fêter ses 17 ans. Au cours de leur périple, ils se cachent dans une usine désaffectée où ils sont rejoints par leurs amis et découvrent un jeune réfugié thaïlandais, qui se cache pour échapper à la police en attendant de retrouver ses parents…

Ce qu’on en pense

Bonne surprise que ce manga en apparence banal (l’animation et le rendu graphique sont plutôt quelconques) qui captive pourtant par sa capacité à emmener le spectateur sur des terrains inattendus. Sous des dehors de banale love story adolescente,  le film de  Yuuta Murano aborde avec justesse des thèmes d’actualité comme l’immigration ou le Genre, sans donner dans la bien pensance,  ni oublier de divertir avec des séquences d’action assez réussies. Recommandé pour toute la famille.

Petite soeur

Cinéma|

Par Ph.D

Le Pitch

Lisa (Nina Hoss) est une dramaturge allemande qui a abandonné ses ambitions artistiques pour suivre son mari en Suisse et se consacrer à sa famille. Lorsque son frère jumeau Sven (Lars Eidenger) , célèbre acteur de théâtre berlinois, tombe malade, Lisa remue ciel et terre pour le faire remonter sur scène. Cette intense relation fraternelle renvoie Lisa à ses aspirations profondes et ravive en elle son désir de créer, de se sentir vivante…

Ce qu’on en pense

Dix ans après La Petite chambre, Stéphanie Chuat et Véronique Reymond cosignent ce nouveau drame dans lequel la toujours parfaite Nina Hoss campe une épouse et mère modèle,  que la maladie de son frère jumeau et l’éventualité de sa mort rappellent à ses propres aspirations de vie. Un casting parfait (Marthe Keller dans le rôle de la mère, Lars Eidenger dans celui du frère, Jens Albinus pour le mari)  et une réalisation aérienne, avec des plans séquences qui coulent comme de source, font de ce deuxième long métrage  une belle réussite. Coup de coeur cinéphile de la semaine.   

Gaza mon amour

Cinéma|

Par J.V

Le Pitch

A Gaza, Issa (Salim Daw),  un pêcheur de soixante ans, est secrètement amoureux de Siham (Hiam Abbas),  une femme qui travaille comme couturière au marché. Il souhaite la demander en mariage. C’est alors qu’il découvre une statue antique dans son filet de pêche, qu’il décide de cacher chez lui. Quand les autorités locales apprennent l’existence de ce trésor embarrassant, les ennuis commencent pour Issa…

Notre avis

Ce qu’on en pense

Terre de conflits souvent documentarisés, Gaza est ici le théâtre d’une histoire d’amour au 3e age, filmée avec  délicatesse par les jumeaux Tarzan et Arab Nasser (33 ans), découverts à La Semaine de la critique 2015 avec Dégradé.  Une romance simple et touchante qui tient pour beaucoup à l’interprétation de Salim Daw et Hiam Abbas, formidables en amants vieillissants. Ils donnent un supplément d’ humanité   à ce long métrage réconfortant,  plein de poésie, d’humour et d’amour.

Cigare au miel

Cinéma|

Par J.V

Le pitch

Selma (Zoé Adjani), 17 ans, vit dans une famille berbère et laïque, à Neuilly-sur-Seine, en 1993. Lorsqu’elle rencontre Julien (Louis Peres), un garçon provocateur, elle réalise à quel point les diktats du patriarcat contrôlent son intimité. Alors que Selma décide de découvrir la puissance et les dangers de son propre désir, l’équilibre de sa famille se fissure et la terreur du fondamentalisme émerge dans son pays d’origine…

Ce qu’on en pense

Nièce d’Isabelle, Zoé Adjani, trouve son premier grand rôle dans cette belle histoire d’émancipation féminine signée Kamir AÏnouz. Elle illumine le film de sa présence et de sa sensualité. Kamir Aïnouz capte à merveille la naissance du désir et le besoin d’émancipation de la jeune fille et dépeint avec justesse les relations familiales ( Amira Casar et Lyes Salem parfaits). On déplore, par contre, le traitement trop manichéen des personnages masculins et la facilité qui consiste à finir le film en Algérie comme Maïwenn l’a déjà  fait dans ADN  et  Yamina Benguigui dans Sœurs. Si on se souvient que la thématique de l’émancipation était déjà abordée dans Papicha, on peut trouver à ce Cigare un goût de déjà vu plutot que de miel… 

Mourir peut attendre

Cinéma|

Par Philippe DUPUY

Le pitch

James Bond (Daniel Craig) a quitté les services secrets et coule des jours heureux en Italie avec Madeleine Swann (Léa Seydoux)  Mais sa tranquillité est de courte durée car son vieil ami Felix Leiter, de la CIA, débarque pour solliciter son aide : il s’agit de sauver un scientifique qui vient d’être kidnappé. Mais la mission se révèle bien plus dangereuse que prévu et Bond se retrouve aux trousses d’un mystérieux ennemi détenant de redoutables armes bactériologiques

Ce qu’on en pense

C’est peu dire que le nouveau James Bond est attendu. Et pas seulement à cause de la pandémie qui a repoussé sa sortie de plus d’un an. Dernier opus avec Daniel Craig, Mourir peut attendre clôt une saga entamée avec Casino Royale, dans laquelle Bond , inconsolable de la perte de son grand amour (Vesper Lynd,  aka Eva Green) court après sa vengeance et traque  l’insaisissable Spectre,  tandis qu’autour de lui le monde change et que disparaissent ses figures tutélaires (Q, M, Moneypenny…) , aussitôt remplacées par de nouveaux visages, interchangeables et possiblement faillibles. Au début de ce dernier épisode, 007 lui même est remplacé (par une femme, noire qui plus est !) et Bond est à la retraite. Peut-être même songe-t-il au mariage avec  Madeleine, le beau docteur rencontré dans Spectre…  Mais leur passé commun va les rattraper et ternir la romance. Aux commandes du film, Cary Joji Fukunaga , réalisateur virtuose découvert avec la série True Detective,  fait le job et entraîne comme il se doit son héros d’Italie, en Norvège, en Jamaïque et à Cuba,  tandis que son équipe (Q, M et consorts) assure le back office à Londres. Les scènes de poursuite et de baston sont dignes de ce qu’on attend d’un James Bond modèle Craig : costaudes. Coté scénario, par contre, ça flotte un peu et on peine à saisir les motivations profondes du méchant incarné (faiblement ) par Rami Malek (I Robot,  Bohemian Rhapsody). On peine aussi à reconnaître notre héros,  tenaillé par le désir de retrouver sa belle, de se ranger et de pouponner. A force de vouloir faire table rase de son passé de tombeur macho et de tueur sans états d’âme (les mouvements Black Lives Matter et MeToo sont visiblement passés par là) , ce  James Bond crépusculaire ne fait plus beaucoup rêver et va certainement laisser orphelins une grande partie des fans de la franchise. Objectivement pourtant, le film est plutôt bon, bien que beaucoup trop long.