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Cannes/Nice : In & Out

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Le festival LGBT In & out, organisé par l’association les Ouvreurs, se déroulera  du 20 au 23  juin à  Cannes et du 25 au 30 juin à Nice avec  plusieurs  avant-premières et une sélection des meilleurs films queer. Le superbe  Portrait de la jeune fille en feu de Céline Sciamma, en compétition au dernier Festival de Cannes, sera projeté en avant-première lors des soirées d’ouvertures,  le 21 juin au Cinéma Les Arcades de Cannes et le 25 juin au cinéma Le Rialto de Nice en présence de la réalisatriceParmi les autres avant premièresVita & Virginia de Chanya Button (Le 21 juin à Cannes), Haut Perchés de Olivier Ducastel et Jacques Martineau (le 22 juin à Cannes en présence d’Olivier Ducastel et le 26 à Nice)Fabulous d’Audrey Jean-Baptiste (le 29 juin à Nice)Bixa Travesty de Kiko Goifman et Claudia Priscilla (le 29 juin à Nice)Conséquences de Darko Štante (le 30 juin à Nice) et L’étincelle de Benoît Masocco (le 30 juin en clôture à Nice en présence du réalisateur). Programme complet sur le site des Ouvreurs.

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Lune de miel

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Le pitch 

Anna et Adam (Judith Chemla, Arthur Igual), jeune couple de parisiens aux origines juives polonaises, partent pour la première fois de leur vie en Pologne. Ils ont été invités à la commémoration du soixante-quinzième anniversaire de la destruction de la communauté du village de naissance du grand-père d’Adam. Si Adam n’est pas très emballé par ce voyage, Anna est surexcitée à l’idée de découvrir la terre qui est aussi celle de sa grand-mère. Enfin… D’après le peu qu’elle en connaît. Les voilà partis à la recherche de leurs origines dans un voyage plein de surprises, durant lequel ils ne trouveront pas exactement ce qu’ils sont venus chercher…

Ce qu’on en pense

Actrice passée à la réalisation, Elise Otzenberger s’est basée sur ses propres souvenirs de voyage en Pologne avec son mari, à la recherche de leurs racines familiales, pour ce premier long-métrage très prometteur. La réalisation emprunte la forme d’un road movie dans lequel le souvenir de la Shoah, omniprésent, est traité avec un humour que ne renierait pas Woody Allen. Les dialogues sont savoureux, les situations drolatiques et le couple formé par Judith Chemla (formidable) et Arthur Igual (une révélation) est vraiment très attachant. Une comédie romantique enlevée, intelligente et drôle : c’est sir rare qu’on en redemande ! 

 

 

Zombi Child

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Le pitch

Haïti, 1962. Un homme est ramené d’entre les morts pour être envoyé de force dans l’enfer des plantations de canne à sucre. 55 ans plus tard, au prestigieux pensionnat de la Légion d’honneur à Paris, une adolescente haïtienne (Wislanda Louimat) confie à ses nouvelles amies le secret qui hante sa famille. Elle est loin de se douter que ces mystères vont persuader l’une d’entre elles, en proie à un chagrin d’amour, à commettre l’irréparable…

Ce qu’on en pense

Après deux films à gros budget (L’Apollonide et Saint-Laurent) et l’échec critique et commercial de Nocturama (sur une bande de jeunes nihilistes poseurs de bombes), Bertrand Bonello revient à la forme plus modeste et expérimentale de ses débuts, qui lui avait bien réussi avec De la guerre, Le Pornographe ou Tiresia. Présenté à la Quinzaine des réalisateurs à Cannes, Zombi Child n’est évidemment pas, comme son titre et son affiche pourraient le laisser penser, un film de zombies classique, ni un quelconque college movie horrifique. Le réalisateur Niçois joue avec les codes des deux genres pour livrer une œuvre totalement personnelle et originale, plus proche de Jacques Tourneur (Vaudou) que de Georges A Romero (La Nuit des morts vivants). Dans un premier récit, Bonello s’intéresse aux rites vaudous haïtiens avec l’histoire, paraît-il véridique, de Clairvius Narcisse, réapparu à ses proches 20 ans après sa mort officielle. Dans le second récit, monté en parallèle, il filme un groupe d’adolescentes pensionnaires de la fameuse maison d’éducation de la légion d’honneur à Paris. Un lycée d’excellence où sont admis les pupilles de la nation.Seul lien entre ces deux univers, distants de plusieurs milliers de kilomètres et culturellement à des années-lumière : le personnage de Fanny (Wislanda Louimat), censée être une descendante de Clairvius Narcisse… À sa manière, arty et allusive, Bonello réveille la mémoire de l’esclavage et du vaudou (les morts zombifiés par les prêtres vaudous auraient été utilisés dans les plantations) pour montrer comment le colonialisme infecte encore la société actuelle, représentée par ces lycéennes,  éduquées dans une rigueur d’un autre siècle,  mais dont les préoccupations et le langage sont éminemment modernes. Intrigant, beau et envoûtant : Zombi Child est peut-être le meilleur film de Bertrand Bonello

 

 

Roxane

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Le pitch

Toujours accompagné de sa fidèle poule Roxane, Raymond (Guillaume de Tonquédec), petit producteur d’œufs bio en centre Bretagne a un secret bien gardé pour rendre ses poules heureuses : leur déclamer les tirades de Cyrano de Bergerac. Mais face à la pression et aux prix imbattables des grands concurrents industriels, sa petite exploitation est menacée. Il va avoir une idée aussi folle qu’incroyable pour tenter de sauver sa ferme, sa famille et son couple…

Ce qu’on en pense

Sur un thème assez proche de celui de Normandie nue de Philippe Le Guay, sorti en début d’année avec François Cluzet dans le rôle principal (internet au secours des agriculteurs en péril), Mélanie Auffret tisse une petite comédie sans prétention, qui pourrait séduire un public populaire et familial. Il y retrouvera la vedette d’une de ses séries télé préférées (Fais pas ci, fais pas ça), Guillaume de Tonquédec, associé à une poule pondeuse prénommée Roxane. Car, pour être paysan, l’homme n’en est pas moins féru de théâtre. Et d’internet, où les vidéos de sa poule sont censées faire du clic et sauver son exploitation… Ça ne volaille pas très haut, mais la campagne est joliment photographiée, la B.O est signée Gaetan Roussel, l’acteur donne beaucoup d’humanité à son personnage, et l’actrice principale ne démérite pas.  Pour faire le buzz sur internet, elle a les bons (cot-cot) codecs !

Un Hâvre de paix

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Le pitch

Trois frères se retrouvent pour enterrer leur père. Avishaï (Micha Rozenkier), le plus jeune, doit partir deux jours plus tard à la frontière libanaise où un nouveau conflit vient d’éclater. Il sollicite les conseils de ses frères qui ont tous deux été soldats. Itaï (Yona Rozenkier)  souhaite endurcir le jeune homme tandis que Yoav (Yoel Rozenkier) n’a qu’une idée en tête : l’empêcher de partir.

Ce qu’on en pense

Pour son premier long-métrage, le réalisateur israëlien Yona Rozenkier a ramené ses deux frères dans le kibboutz de leur enfance (le supposé “hâvre de paix” du titre) et leur a fait jouer leurs propres rôles, alors que le plus jeune vient de finir ses classes à Tsahal et que l’aîné s’est porté volontaire pour la guerre au Liban.Le conflit reste hors champs (on n’entend que le bruit des hélicos et des explosions au loin), mais il est omniprésent dans leur esprit. Le film montre comment la guerre s’insinue dans le quotidien du kibboutz et infuse sa violence jusque dans les rapports familiaux. Du bon cinéma israélien ancré dans le réel. 

Men in Black : International

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Le pitch

Enfant, elle a assisté, chez elle,  à une scène impliquant un monstre extra terrestre. La mémoire de ses parents a été effacée par les Men in Black,  mais pas la sienne, car ils ne l’ont pas vue. Aujourd’hui, elle  va entrer à son tour dans les MiB et devenir l’agent M. Associée à l’agent H  (Chris Hemsworth),  M  (Tessa Thompson) va devoir débusquer une taupe au sein du MiB…  

Ce qu’on en pense
Quatrième film de la saga MiB,  en forme de spin off et de reboot,  par Felix Gary Gray (Fast and Furious 8). L’équipe se féminise et rajeunit avec le duo Tessa Thompson -Chris Hemsworth, déjà formé  dans Thor : Ragnarok et Avengers: Endgame. Pour faire bonne mesure , les scénaristes ont même rajouté un petit extraterrestre trop mignon au couple vedette, en guise de Jiminy Cricket.  Cela ne suffit, hélas, pas à relancer l’intérêt pour la franchise,  qui a visiblement épuisé son stock de gags, de poursuites et de monstres venus d’ailleurs. Même en restant sous la barre des deux heures, le film ne parvient pas à distraire jusqu’au bout. On s’ennuie ferme et pas besoin de Neurolaser pour avoir déjà tout oublié avant la fin du générique…

Greta

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Le pitch

Frances (Chloë Grace Moretz) trouve un sac à main égaré dans le métro de New York. Elle le  rapporte à sa propriétaire,  Greta (Isabelle Huppert) , veuve esseulée aussi excentrique que mystérieuse. L’une ne demandant qu’à se faire une amie et l’autre fragilisée par la mort récente de sa mère, les deux femmes vont vite se lier d’amitié comblant ainsi les manques de leurs existences. Mais Greta cache son jeu et  Frances a peut-être   mordu un peu trop vite à l’hameçon… 

Ce qu’on en pense

Trois ans après Elle de Paul Verhoeven, Isabelle Huppert renoue pour de bon avec le cinéma hollywoodien  (qu’elle n’avait plus fréquenté depuis le naufrage des Portes du Paradis)  avec ce thriller paranoïaque signé Neil Jordan (Entretien avec un Vampire). Elle s’en donne à cœur joie  dans le rôle d’une musicienne psychopathe (remember La Pianiste?) qui piège ses proies dans le métro en y semant des sacs à main. Face à elle , Chloë Grace Moretz, qui donnait déjà la réplique à Juliette Binoche dans Sils Maria d’Olivier Assayas, joue une victime un peu trop parfaite. La mort, la paranoïa et la solitude urbaine rodent dans cet exercice de style soigné qui vire à la farce macabre.

11 fois Fatima

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Le pitch

Durant 10 jours, 11 femmes d’un même village du Nord du Portugal se lancent dans un pèlerinage de 400 km à pied jusqu’à Fátima. Elles devaient partager un grand moment de joie et communion. Mais l’extrême dureté physique du voyage les mènera à des conflits frisant parfois la crise de nerfs collective. Et malgré leur grande complicité du départ, leurs véritables identités changeront le cours du chemin ….

Ce qu’on en pense

Sous la forme d’un vrai-faux documentaire, le réalisateur portugais João Canijo suit un groupe de marcheuses en route vers Fatima. Contrairement à celui de Saint Jacques de Compostelle, le pélerinage portugais est censé se faire dans la douleur. Et de fait, il aussi pénible pour le spectateur que pour les marcheuses,  qui passent leur temps à se plaindre, à geindre et à se houspiller. Si encore les paysages étaient beaux ! Mais non, on ne quitte la route goudronnée que pour les campings et les motels de pélerins qui la bordent. Au bout des deux heures que dure le film, le spectateur a l’impression d’avoir fait le périple trois fois en marchant sur du verre pilé. Ceux qui iront jusqu’au bout méritent l’absolution

 

Salauds de pauvres

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Le pitch

Salauds de pauvres s’amuse de faits de tous les jours et ne raconte pas une histoire, mais des histoires sur le thème de la fracture sociale

Ce qu’on en pense

Une sorte de Nouveaux monstres (ou de Nouveaux sauvages)  à la française, mais sans le génie italien pour la farce, ni la qualité d’écriture et de réalisation argentine. Soit donc, une douzaine de sketches écrits à la va-vite par une douzaine d’auteurs différents, mollement réalisés et joués par dessus la jambe. Généralement, dans ce genre d’exercice, il y a des hauts et des bas. Ici,  uniquement des bas …  

X-Men : Dark Phoenix

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Le pitch

Au cours d’une mission de sauvetage dans l’espace, Jean Grey (Sophie Turner) frôle la mort, frappée par une mystérieuse force cosmique. De retour sur Terre, cette force la rend non seulement infiniment plus puissante, mais aussi beaucoup plus instable. En lutte contre elle-même, Jean Grey déchaîne ses pouvoirs, incapable de les comprendre ou de les maîtriser. Devenue incontrôlable et dangereuse pour ses proches, elle défait peu à peu les liens qui unissent les X-Men….

Ce qu’on en pense

Douzième film de la saga X-Men et toujours pas de signe évident de lassitude du public. Ni des studios à produire des films de super héros à la chaîne… Le personnage central de cet épisode, qui fait suite aux deux films réalisés par Bryan Singer (Days of Future Past et Apocalypse), a déjà été incarné dans plusieurs épisodes par  Famke Janssen, avant d’être repris par la sculpturale Sophie Turner , découverte de la série Game of Thrones (où elle joue Sansa Stark). Le scénario joue assez habilement sur la responsabilité du mentor des X-Men , Charles (James McAvoy) qui n’hésite jamais à envoyer ses jeunes poulains au casse pipe. Un thème assez nouveau dans la saga. Les effets spéciaux, toujours impressionnants,  sont contrebalancés par une réalisation étonnamment «naturaliste», qui permet aux stars du casting (Michael Fassbender, Jessica Chastain…) de s’exprimer un peu plus que de coutume. Bref, un épisode plutôt réussi.

Parasite

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Le pitch

Toute la famille de Ki-taek (Song Kang-ho) est au chômage et vit d’expédients.  Un jour, leur fils Ki-woo (Chon Woo-sik) réussit à̀se faire recommander pour donner des cours particuliers d’anglais chez une riche famille. Il va se débrouiller pour faire embaucher les siens  sous de fausses identités et de fausses qualifications.Quitte à se débarrasser des employés de maison pour prendre leur place…

Ce qu’on en pense

Après deux gros films «américains» (Snowpiercer et Okja), Bong Joon-ho revient au pays avec une«petite» comédie noire qui a fait grosse impression à Cannes. La forme est plus modeste,  mais le réalisateur Coréen y déploie les talents de mise en scène déjà constatés dans The Host, Mother et leurs successeurs. Le début du film fait fortement songer à Une Affaire de famille, du japonais Hirokazu Kore-eda couronné d’une Palme d’or l’an dernier à Cannes. Parasite pourrait en être la version «sombre».Contrairement à ceux de Kore-eda, toujours pleins de bonté et d’humanité, les miséreux de Bong Joon-ho ont tous les défauts. Ils sentent «le vieux radis» ou le «torchon humide», n’ont aucun scrupule, boivent et mangent comme des porcs et sont prêts à tuer pour sortir de leur misérable condition.  Les riches, au contraire, sont beaux, sentent bon, vivent dans des maisons d’architecte, ont des enfants surdoués, respectent les autres et sont aimables avec le petit personnel. Ils ne sont pas «riches mais gentils», comme le croit une employée, mais «gentils parce qu’ils sont riches». Sous-entendu : ils peuvent se le permettre. La famille Ki-taek, par contre, n’a pas le choix. Si elle veut se sortir du gourbi où elle survit de boulots sous-payés et de petites arnaques, il va falloir qu’elle écrase les autres sur son passage, comme les cafards qui infestent son appartement. Ce qu’elle va s’employer à faire avec un bel abattage…  Pour dénoncer le délitement des valeurs et la fracture sociale dans son pays, le réalisateur coréen n’y va pas avec le dos de la cuillère. Quitte à forcer  sur la métaphore et les effets comiques. Entamé comme une tragicomédie sociale à la Affreux, sales et méchants, le film vire à la farce macabre dans sa deuxième partie. Un mélange des genres qui a séduit le jury de Cannes. Deuxième favori de la critique, Bong Joon-ho y a obtenu la Palme d’or, comme Kore-eda l’année précédente. Une affaire de famille de cinéma, sans doute…  

 

Piranhas

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Le pitch

Nicola (Francesco Di Napoli) et ses amis ont entre dix et quinze ans. Ils se déplacent dans Naples à scooter, ils sont armés et fascinés par la criminalité. Ils ne craignent ni la prison ni la mort, seulement de mener une vie ordinaire comme leurs parents. Leurs modèles : les parrains de la Camorra. Leurs valeurs : l’argent et le pouvoir. Leurs règles : fréquenter les bonnes personnes, trafiquer dans les bons endroits, et occuper la place laissée vacante par les anciens mafieux pour conquérir les quartiers de Naples. Quel qu’en soit le prix…

Ce qu’on en pense

Claudio Giovannesi (Ali a les yeux bleus, Fiore) adapte sans génie  le roman éponyme dans lequel Robert Saviano (Gomorra) raconte comment des adolescents remplacent aujourd’hui les «soldats» de la Camorra qui rançonnaient jusqu’ici les petits commerçants  des quartiers les plus populaires de Naples. Sans éducation, sans morale, sans scrupules et, surtout, sans espoir d’échapper au déterminisme social qui les condamne à être des voyous ou des victimes, ces jeunes «piranhas» sont encore plus dangereux que leurs aînés car ils tuent pour rien, comme dans les jeux vidéo sur lesquels ils passent leur temps. L’immersion dans les rues de Naples est assez réussie,  mais le film pêche par la direction d’acteurs et le manque de rythme. La réalisation ne dépasse pas le niveau d’un honnête téléfilm. 

L’Autre continent

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Maria (Deborah François) a 30 ans, elle est impatiente, frondeuse, et experte en néerlandais. Olivier  (Paul Hamy) a le même âge, il est lent, timide et parle quatorze langues. Ils se rencontrent à Taïwan. Et puis soudain, la nouvelle foudroyante. C’est leur histoire. Celle de la force incroyable d’un amour. Et celle de ses confins, où tout se met à lâcher. Sauf Maria…

Ce qu’on en pense

Une jolie romance entre Deborah François et Paul Hamy dans un Taïwan parfois  filmé en tilt-shift qui donne un curieux  “effet maquette” aux images. Entamé comme une rom-com un peu intello mais somme toute assez classique, le film vire au drame romantique avec l’arrivée subite de la maladie qui prive peu à peu  le jeune homme de sa mémoire. Filmée sans pathos par Romain Cogitore (Nos résistances), cette histoire d’amour s’avère singulière et touchante.

 

 

Venise n’est pas en Italie

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Le Pitch

La famille Chamodot est fantasque et inclassable. Bernard (Benoît Poelvoorde), le père, un peu doux-dingue, fait vivre tout le monde dans une caravane, et la mère, Annie (Varlérie Bonneton) teint les cheveux de son fils Émile en blond, parce que, paraît-il, il est plus beau comme ça… Quand Pauline, la fille du lycée dont Émile est amoureux, l’invite à Venise pour les vacances, l’adolescent est fou de joie. Seul problème, et de taille, les parents décident de l’accompagner avec leur caravane, pour un voyage aussi rocambolesque qu’initiatique

Ce qu’on en pense 

Comme il l’avait fait en 2015 pour L’étudiante et Monsieur Henri, Yvan Calbérac adapte au cinéma sa propre pièce, elle-même tirée de son roman à succès. Des souvenirs d’enfance plus ou moins autobiographiques : « Mes parents me teignaient les cheveux en blond et chez nous aussi c’était : impossible n’est pas Calberac » confiait le réalisateur, aux Rencontres du Sud d’Avignon, où le film était présenté en avant-première. Entre La vie est un long fleuve tranquille mièvre et Les Tuche soft, Venise n’est pas en Italie (titre piqué à Serge Reggiani) n’est certes pas la comédie de l’année. Mais le film finit par amuser et attendrir, grâce au jeu de Valérie Bonneton et Benoît Poelvoorde, qui évitent d’en faire trop, et à celui des jeunes comédiens, plutôt bien dirigés. Ce n’est pas Venise, mais pas Bouzolles non plus !

Rocketman

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Le pitch

Rockstar adulée, Elton John (Taron Egerton) débarque en costume de scène à une réunion des Alcooliques Anonymes et raconte comment il est devenu alcoolique et accro à tout ce qui existe comme drogues…

Ce qu’on en pense

Quelques mois après le phénoménal succès de Bohemian Rhapsody,  consacré au groupe Queen et à son chanteur Freddie Mercury , débarque sur les écrans un nouveau biopic rock : celui d’Elton John. Anobli par la Reine, le pianiste et chanteur anglais a vendu plus de disques que Queen. Le film, réalisé par Dexter Fletcher,  qui avait repris en cours la réalisation de Bohemian Rhapsody et sauvé le projet, connaîtra-t-il le même succès faramineux, après son lancement en fanfare à Cannes ? Pas sûr. D’abord parce que contrairement à Freddie Mercury, Elton n’est pas mort jeune et en pleine gloire. C’est aujourd’hui un papa gâteau de 72 ans, au physique de banquier et sa personnalité fascine sans doute moins que celle de Mercury. Le film le cantonne un peu trop dans les clichés du gamin mal-aimé par sa mère et son père qui devient,  par la grâce d’un talent de musicien hors norme, une méga star planétaire, s’autodétruit dans les excès et se fait exploiter par un manager sans scrupules dont il a eu le tort de tomber amoureux… La prestation de Taron Egerton est heureusement épatante. Il  incarne la rockstar à la perfection et chante même à sa place (ce qui n’était pas le cas de Rami Maleck pour Freddie Mercury). Il mériterait un double Oscar pour sa peine ! Les scènes musicales sont encore meilleures que celles de Bohemian Rhapsody. On regrette même que Dexter Fletcher n’ait pas osé en faire une vraie comédie musicale,  car les plus réussies sont celles qui participent directement à la narration. Comme celle de «Saturday Night’s Alright» en ouverture chorégraphiée. Ou celle de «Crocodile Rock», au cours de laquelle la star et le public s’envolent littéralement. Rocketman rend également justice à Bernie Taupin, parolier des plus grandes chansons d’Elton, resté dans son ombre et avec lequel il collabore pourtant toujours, 50 ans après leur première rencontre. Il met aussi en lumière le rôle décisif de son premier manager, producteur de la vieille école, qui l’a incité à aller sans attendre conquérir les States , en lui donnant ce conseil avisé : «Mets leur en plein la vue et ne te tue pas avec les drogues !».