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Festival Télérama

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Par la rédaction

Le Festival Cinéma Télérama revient pour une 24e édition, du 19 au 25 janvier. Au programme seize  films de 2021 et six avant-premières pour 3,50€ la séance. Voici le programme (cliquer sur le titre du film pour lire la critique ou le résumé et voir la bande annonce).

Reprises

Avant premières

The Tender Bar

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Par Ph.D

Le pitch

J.R (Daniel Ranieri/Tye Sheridan), un garçon élevé par sa mère (Lily Rabe),  passe des heures à écouter son père (Max Martini) à la radio et à trainer dans le bar tenu par son oncle Charlie (Ben Affleck), une personalité haute en couleurs,  qui remplace son père aux abonnés absents . Alors que sa mère  fait tout pour qu’il puisse accéder à des opportunités dont elle n’a jamais pu bénéficier – et ainsi quitter la maison délabrée de son grand père ( Christopher Lloyd),  qui héberge toute la familleJ.R. décide de poursuivre ses rêves personnels et professionnels avec courage et maladresse, avec son oncle Charlie comme ange gardien…

Ce qu’on en pense

Adapté des mémoires éponymes du journaliste et romancier américain J.R Moehringer, The Tender Bar (jeu de mots sur bar tender -barman-  et tendre bar) est le nouveau film de George Clooney qui aurait pu se caster dans le rôle du père absent,  mais ne l’a pas fait, préférant sans doute se concentrer sur la réalisation de cette petite dramédie familiale, touchante et drôle à la fois. L’histoire est racontée du point de vue de l’enfant (Daniel Ranieri, formidable) puis de l’adolescent (Tye Sheridan) qui observe le monde autour de lui avec tendresse et empathie, y compris pour ceux, comme son père, qui n’en méritent pas autant. Un felgood movie sur la résilience qui donne leur chance à tous ses personnages, avec Ben Affleck dans le rôle du tonton protecteur, barman philosophe et amateur de littérature qui donnera au jeune JR le goût des belles lettres et forgera sa vocation de romancier. 

 

Spencer

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Par Ph.D

Le pitch

Le fabuleux mariage de la princesse Diana et du prince Charles n’est plus qu’un lointain souvenir. Bien que les rumeurs de liaisons et de divorce abondent, la paix est ordonnée pour les festivités de Noël au domaine de la reine à Sandringham. Il y a à manger et à boire, à tirer et à chasser. Diana (Kristen Stewart)  connaît le jeu. Mais cette année, les choses seront bien différentes…

Ce qu’on en pense

Spécialiste des biopics haut de gamme (Jackie, Neruda), le chilien Pablo Larrain s’attaque à la figure de la princesse Diana avec ce film produit par la plateforme d’Amazon,  Prime Video. Boudé à Venise, Spencer est pourtant excellent. Kristen Stewart y fait une composition éblouissante dans le rôle de Lady Di,  que l’on retrouve au bord de la crise de nerfs,  à la veille des fêtes de Noël en famille (royale) à Sandringham. Pourtant originaire de la région, où sa famille possédait une propriété quasiment contigüe à celle de la Reine, Diana se perd en route avec son boxter Porsche, fait sensation dans le bar où elle s’arrête pour demander son chemin et arrive après tout le monde au château,  où il est de coutume de se peser avant et après les festivités et de prendre quelques kilos pour prouver combien on s’est amusé. Une coutume à laquelle la princesse ne se prête que de trés mauvais grace,  avant de rejoindre ses appartements et de s’y enfermer, sans avoir croisé aucun membre de la famille. Le ton est donné. Le film se concentre sur la détresse psychologique de Lady Di durant son court séjour (trois jours à tenir) et montre combien elle était seule et se sentait en permanence humiliée. Son mari, le Prince Charles lui offre pour Noël le même collier de perles qu’à sa maitresse, la Reine ne lui adresse quasiment jamais la parole, les serviteurs l’espionnent en permanence…  Ne pas s’attendre à un spin off de The Crown : Pablo Larrain est un grand cinéaste et il use de tout son art pour installer un climat plutôt que raconter la triste histoire de Lady Di. On pourra trouver qu’il prend trop de distance et de liberté avec son sujet, mais c’est justement ce qui fait l’intérêt de Spencer. Un film magnifique, que l’on aurait aimé découvrir au cinéma plutôt que sur une plateforme de streaming.  

Memory Box

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Par J.V

Le Pitch

Montréal, le jour de Noël, Maia (Rim Turki) et sa fille, Alex (Paloma Vauthier), reçoivent un mystérieux colis en provenance de Beyrouth. Ce sont des cahiers, des cassettes et des photographies, toute une correspondance, que Maia, de 13 à 18 ans, a envoyé de Beyrouth à sa meilleure amie partie à Paris pour fuir la guerre civile. Maia refuse d’affronter ce passé,  mais Alex s’y plonge en cachette. Elle y découvre entre fantasme et réalité, l’adolescence tumultueuse et passionnée de sa mère dans les années 80 et des secrets bien gardés.

Ce qu’on en pense

Après Je veux voir (Catherine Deneuve à Beirouth), Je veux savoir. Plasticiens et cinéastes, Joana Hadjithomas  et Khalil Joreije s’inspirent de leur propre expérience (Joana avait effectivement envoyé des cahiers et des cassettes à une amie restée en France lors de la guerre du Liban)  pour cette émouvante Memory Box, dans laquelle une adolescente découvre ce que fut la jeunesse de sa mpère au Moyen-Orient. Trés pop dans sa forme, le film privilégie les souvenirs solaires, laissant la guerre  en arrière plan. Découverte dans Nocturama de Bertrand Bonello, Manal Issa est épatante dans le rôle de Maia jeune.

Tendre et saignant

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Par J.V

Le Pitch

Rédactrice en chef d’un magazine de mode, Charly (Géraldine Pailhas) hérite de la boucherie familiale. Alors qu’elle s’apprête à la vendre, elle fait la connaissance sur Tinder de  Martial (Arnaud Ducret), l’artisan-boucher de son père, bien décidé à se battre pour sauver le commerce. Séduite malgré elle par le charisme de Martial, Charly pourrait être amenée à changer d’avis

Ce qu’on en pense

Le monde de la mode et celui de la boucherie réunis dans une comédie romantique… Il fallait y penser !  Comme sa mère Danièle Thompson, et son grand père Gérard Oury, Christopher Thompson a le goût des mélanges et le talent pour raconter des histoires abracadabrantesques. Tendre et saignant lorgne plus sur la romcom à l’américaine que sur la comédie à grand papa,  mais son ancrage social reste trés français. L’absence de suspens sur l’issue de l’histoire et le manque d’originalité dans la réalisation sont heureusement compensés par l’abattage des acteurs, Arnaud Ducret et Geraldine Pailhas formant un trés joli couple de cinéma.

Nightmare Alley

Cinéma|

Par J.V

Le Pitch

Alors qu’il traverse une mauvaise passe,  Stanton Carlisle (Bradley Cooper) débarque dans une foire itinérante et parvient à s’attirer les bonnes grâces d’une voyante, Zeena ( Toni Colette) et de son mari Pete (David Strathairn) , une ancienne gloire du mentalisme. S’initiant auprès d’eux, il voit là un moyen de décrocher son ticket pour le succès et décide d’utiliser ses nouveaux talents pour arnaquer l’élite de la bonne société new-yorkaise des années 40. Avec la vertueuse et fidèle Molly (Rooney Mara) à ses côtés, Stanton se met à échafauder un plan pour escroquer un homme aussi puissant que dangereux…

Ce qu’on en pense

Trés attendu après l’Oscarisé  La Forme de l’eau, le nouveau film  de Guillermo Del Toro change radicalement de registre et abandonne le Fantastique (mais pas totalement les monstres) pour un hommage classieux au film noir hollywoodien des années 40 et aux Freaks de Todd Browning. La reconstitution d’époque est absolument splendide et le casting étoilé est magnifiquement utilisé. Bradley Cooper impressionne dans la peau de l’arnaqueur sans scrupules à qui on donnerait pourtant le Bon Dieu sans confession, tandis que Rooney Mara, Willem Dafoe, Cate Blanchett , Richard Jenkis et David Strathairn jouent une partition au cordeau, qui réserve à chacun son moment de gloire.  Sur le fond, Guillermo Del Toro reste fidèle à ses obsessions en convoquant une nouvelle fois la monstruosité sous différentes formes dans une nouvelle oeuvre virtuose et attachante. Premier grand film hollywoodien de 2022.

The Chef

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Par Ph.D

Le Pitch

« Magic Friday » : le vendredi avant Noël, la soirée la plus fréquentée de l’année. Dans un restaurant gastronomique de Londres, côté cuisine, à quelques minutes du coup de feu, tout le personnel est en ébullition. Mais les problèmes s’accumulent autour du chef étoilé Andy Jones (Stephen Graham) et de sa brigade. S’ajoute à cela la pression constante d’une clientèle toujours plus exigeante qui menace de mener le restaurant à sa perte…

Ce qu’on en pense

Il ne faudrait pas le réduire à cela, mais le premier long métrage de Philip Barantini, que l’on a découvert acteur dans la série Band of Brothers, est d’abord un tour de force. Le film est, en effet, constitué d’un seul et unique plan séquence d’un peu plus d’une heure trente. Dans ce laps de temps, le réalisateur a reconstitué un service dans un grand restaurant londonien,  la caméra faisant des allers retours incessants entre  les cuisines et la salle, au milieu du personnel et des clients, sans jamais couper. Le film débute avec l’arrivée du chef (Stephen Graham),  qui traverse la salle encore vide pour se rendre en cuisine et se termine à la fin du service. Entre temps, le cuisinier vedette du restaurant aura eu maille à partir avec ses associés, sa femme,  une critique gastronomique, des clients allergiques et différents membres de sa brigade, courant sans cesse de la cuisine aux réserves, au bar (il est alcoolo) et à la salle. On ne se rend pas compte immédiatement du procédé (qui a nécessité une demi douzaine de prises et autant de nuits de répétitions dans un vrai restaurant),  mais il provoque une sensation d’immersion totale.  Servi par une brochette d’excellents acteurs,  le film se regarde comme un thriller indé, avec des personnages bien caractérisés et une tension permanente. Ce Chef mérite quatre étoiles !

L’Amour c’est mieux que la vie

Cinéma|

Par Ph.D

Le Pitch

Gérard (Darmon), Ary(Abittan) et Philippe (Lellouche) sont amis depuis leur sortie de prison, il y a 20 ans,  et ont convenu que l’honnêteté était la meilleure des combines.  Aujourd’hui, ils sont inséparables et scrupuleusement vertueux… Mais Gérard apprend qu’il souffre d’un mal incurable. Le sachant condamné, Ary et Philippe veulent lui offrir sa dernière histoire d’amour. Ils paient une prostituée (Sandrine Bonnaire) pour le séduire

Ce qu’on en pense

Après avoir tourné à l’iPhone  (et à Beaune) un film qui n’est – fort heureusement-  jamais sorti en salles, Claude Lelouch a rappelé ses copains-copines les plus fidèles (Gérard Darmon, Ary Abittan, Philippe Lellouche, Béatrice Dalle, Sandrine Bonnaire, Kev Adams…) pour un nouveau film de potes sur la vie, la mort, l’amour et le reste (Jésus fait même partie du casting). En résulte,  le  50e film du réalisateur d’ Un Homme et une femme,  qui compose à l’en croire le premier volet d’une trilogie. Une comédie chorale typiquement lelouchienne,  qui alterne bonnes idées (ressusciter Lino Ventura), scènes génantes et grand n’importe quoi, le tout arrosé d’aphorismes bien sentis et monté à la va comme je te pousse. On en sort avec un mélange de tendresse et de ressentiments, comme après un repas de famille avec l’oncle radoteur, adepte des blagues de mauvais goût. Entre temps, le Covd s’est invité sur le tournage,  un des acteurs (Robert Hossein) est mort et un autre (Abittan) a été accusé de viol.  Pas de bol, c’est celui qui joue le copain obsédé ! Lelouch a raison de dire que la vie est son meilleur scénariste.  Elle, au moins, ne déçoit jamais. 

Les Leçons persanes

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Par J.V

Le Pitch

1942, dans la France occupée, Gilles (Nahuel Perez Biscayart)  est arrêté pour être déporté dans un camp en Allemagne. Juste avant de se faire fusiller, il échappe à la mort en jurant aux soldats qu’il n’est pas juif mais persan. Ce mensonge le sauve momentanément puisque l’un des chefs du camp souhaite apprendre le farsi pour ses projets d’après-guerre. Au risque de se faire prendre, Gilles invente une langue chaque nuit, pour l’enseigner au capitaine SS le lendemain. La relation particulière qui se crée entre les deux hommes ne tarde pas à éveiller la jalousie et les soupçons des autres…

Ce qu’on en pense

Révélation de 120 battements par minute,  l’argentin Nahuel Perez Biscayart dont on avait un peu perdu la trace depuis son émouvante prestation dans le film d’Albert Dupontel Au Revoir là haut, est la tête d’affiche de ce suspens psychologique  signé de l’ukrainien Vadim Parelman (La Vie devant ses yeux). Sur le thème, souvent filmé, de l’affrontement d’un officier avec son prisonnier, le scénario réussit à faire preuve d’une grande originalité, puisqu’ici le détenu invente carrément une langue pour l’apprendre à son geôlier. Ce n’est, hélas,  pas le cas de la réalisation qui aurait mérité d’être plus audacieuse.

La Place d’une autre

Cinéma|

Par J.V

Le Pitch

1914. Nélie (Lyna Khoudry) a échappé à une existence misérable en devenant infirmière auxiliaire sur le front. Pour s’élever encore dans la société, elle prend l’identité de Rose (Maud Wyler), une jeune femme qu’elle a vue mourir sous ses yeux, et promise à un meilleur avenir. Nélie se présente à sa place chez une riche veuve, Eléonore (Sabine Azéma), dont elle devient la lectrice

Ce qu’on en pense

Librement adapté du roman de Wilkie Collins, Passion et repentir,  le nouveau film d’ Aurélia George (L’Homme qui marche, La Fille et le fleuve)  mèle film d’époque, drame social et thriller pour conter le parcours d’une jeune fille qui cherche à faire sa place dans un monde en plein chaos. La mise en scène, intimiste et picturale, table sur le duo Lyna Khoudri  (Papicha)  Sabine Azéma pour soutenir l’intérêt du spectateur jusqu’au bout,  sans y parvenir tout à fait. Long à se mettre en place, le face à face peine à émouvoir.

Interview : Claude Lelouch

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L’Amour c’est mieux que la vie est le 50e film de Claude Lelouch. Venu le présenter à Nice, le cinéaste nous a parlé du tournage avec sa passion habituelle… 

Auriez-vous imaginé pouvoir réaliser 50 films ? 

Jamais de la vie ! Cinquante, c’est énorme. Je ne sais toujours pas comment j’ai réussi à en faire autant. Si on me donnait à lire le scénario de ma vie, je n’y croirais pas. Un film c’est toujours un miracle, alors cinquante…

Quelles étaient vos intentions pour celui-là ? 

L’idée était de faire une trilogie. A mon âge (84 ans NDLR) j’ai envie de mettre au propre ma vie de cinéaste et d’homme. J’ai fait ce film pour mes enfants et petites enfants, pour leur dire deux trois choses dont je suis à peu prés convaincu sur l’amour , l’amitié et l’argent. A travers une histoire simple, parce que les choses compliquées doivent être énoncées simplement.  Je suis parti d’histoires vraies. La plupart de celles qui sont racontées dans le film sont arrivées.

Quel a été le point de départ ?

Une rencontre avec Jacques Brel quelques temps avant sa mort. On buvait une bière et il semblait l’apprécier au-delà de toute attente. Je lui en ai fais la remarque et il m’a dit : “Je déguste cette bière car c’est peut-être la dernière que je je bois. Depuis que je fais les choses pour la dernière fois, enfin j’apprécie la vie. Il a fallu qu’on me donne une date de fin pour cela”…. Le personnage que joue Gérard  Darmon ressemble un peu à Jacques Brel. Avec les deux autres, ce sont un peu Les Trois mousquetaires d’aujourd’hui. C’est le roman qui m’a le plus passionné quand j’étais petit. J’y reviens toujours… 

Pourquoi ce titre ?

J’ai toujours pensé que l’amour c’est mieux que la vie. C’est la plus belle invention de la vie, dangereuse, risquée, fragile,  mais si belle… 

Comment vous est venue cette belle idée de faire de Lino Ventura le père de Sandrine Bonnaire ? 

Mes films font partie de la mémoire collective maintenant. C’est comme s’ils n’en formaient qu’un seul. En un sens, Darmon et Bonnaire sont un peu les enfants de mes plus anciens films. Pour montrer d’où vient le personnage de Sandrine Bonnaire, il aurait fallu que je filme plusieurs scènes alors que là, avec quelques images de  l’Aventure c’est l’aventure ou de La Bonne année, ça suffit. C’est évident que son père a dû faire les 400 coups et même peut-être un casse à Cannes,  et que sa mère défendait les prostituées… 

Le covid semble s’être invité dans le film. Soudain, les acteurs portent des masques… 

 Mais la vie s’invite dans tous mes films ! J’adore ça. Je travaille avec le plus grand des scénaristes qui s’appelle la vie. En l’occurrence, ça m’a permis de de filmer encore mieux les yeux, de me  rapprocher encore plus des acteurs et de faire de plus  longues sequences. Tous mes films sont témoins de leur temps. Je prends un grand plaisir à m’adapter à l’actualité. 

Vous avez participé à un hommage à Robert Hossein à la Cinémathèque de Nice. Comment était-il sur le tournage ?  

C’est une chance incroyable de lui avoir fait faire son dernier film. Il a tourné quelques jours avant de mourir. Personne ne s’y attendait, il semblait en bonne forme et il était fou de joie de tourner. Il m’a appelé le lendemain pour me dire que je lui avais offert un beau moment de cinéma. C’était un grand acteur metteur en scène et homme de théâtre. Il a fait de grands spectacles pour le grand public. Je trouve qu’il est parti sur une trés jolie note. 

Toujours un pincement au coeur en revenant à Nice ? 

Oui, toujours. J’avais 5-6 ans  ans la première fois que j’y suis venu. Ma mère avait pris l’habitude de me cacher dans les cinémas permanents, pour échapper aux  rafles. Il y en avait un sur la Prom, où j’ai passé des après midi entières. J’étais un enfant assez turbulent et c’était le seul endroit où je me tenais tranquille. Le cinéma m’a sans doute sauvé la vie et je vis avec lui une grande histoire d’amour depuis tout ce temps.

Being The Ricardos

Cinéma|

Par Ph.D

Le Pitch

Une semaine particulière dans les coulisses du tournage de la sitcom phénomène des années 50 aux USA:  “I Love Lucy.  Lucille Ball (Nicole Kidman) et Desi Arnaz (Javier Bardem) qui en sont les vedettes font face à une série de crises à la fois personnelle et professionnelle qui menace leur émission, leurs carrières respectives et leur mariage…

Ce qu’on en pense

Après Apple (Steve Jobs) et Facebook (The Social Network), le scénariste Aaron Sorkin s’intéresse au phénomène des sitcoms  avec ce biopic de Lucille Ball et Desi Arnaz, acteurs vedettes d’une série phénomène des années 50 aux USA : I Love Lucy. Suivie pendant six saisons par 60 milllions de télespectateurs réunis tous les lundis soirs devant leur petit écran, ce feuilleton familial avait obligé les commerçants américains à s’adapter aux horaires de diffusion car les magasins se vidaient pendant le show. Dans une reconstitution d’époque hollywoodienne, Sorkin, dont c’est la troisième réalisation après Le Gand Jeu et Les 7 de Chicago, met en scène Nicole Kidman et Javier Bardem dans le rôles des acteurs vedettes du feuilleton, Lucille Ball et Desi Arnaz, mari et femme, à la ville comme à l’écran. L’action se concentre sur une semaine durant laquelle Lucille Ball dut faire face à des accusations de communisme (on est en plein maccartisme) et aux infidélités répétées de son époux. On ne sait si c’est le maquillage ou la chirurgie,  mais Nicole Kidman est presque méconnaissable dans le rôle de Lucille qu’elle incarne pourtant avec une fougue peu commune. Face à elle, Javier Bardem est plus en retenu dans le rôle du mari acteur et musicien volage. Le reste du casting comprend les acteurs de la série, les scénaristes , showrunners et producteurs,  dont certains sont interviewés de nos jours pour raconter ce qui s’est passé. Comme d’habitude dans les scénarios d’Aaron Sorkin, cela va à 100 à l’heure et il faut s’accrocher pour suivre les dialogues que les acteurs débitent comme des mitrailleuses. A ce jeu,  la Kidman, qui en train de devenir la reine des plateformes de streaming, se révèle la plus redoutable.

The Velvet Underground

Cinéma|

Par Ph.D

Sélectionné à Cannes 2021, où les festivaliers ont pu le voir sur écran géant et en son dolby (la chance !),   le documentaire de Todd Haynes sur le Velvet Underground produit par Apple est logiquement diffusé sur Apple TV+. Il faudra donc s’abonner à la plateforme pour pouvoir le voir. Cela vaut la peine, même pour un mois, d’autant que le premier essai est offert.  Le réalisateur d’I’m Not There ,  fantastique faux biopic de Bob Dylan,  a monté  des millions d’images et d’archives sonores du Velvet. On ignorait qu’il en existat un si grand nombre !  Elles racontent, chronologiquement, l’histoire du groupe qui, grâce à l’intiuition géniale d’Andy Warhol et aux chansons de Lou Reed, fit entrer l’art contemporain dans le rock (et vice versa) . Les deux membres survivants, John Cale et Maureen Tucker,  interviennent longuement face caméra, de même que l’hurluberlu Jonathan Richman, fan de la première ( et de la dernière) heure,  qui se souvient avoir vu au moins 70 concerts du Velvet.  Le film se termine, étrangement, sur le show case que Nico, Lou Reed et John Cale donnèrent au Bataclan en 1972, sans les autres membres du groupe. Ce document est toujours disponible sur le site de l’Ina.

Scream

Cinéma|

Par J.V

Le pitch

Vingt-cinq ans après que la paisible ville de Woodsboro a été frappée par une série de meurtres violents, un nouveau tueur revêt le masque de Ghostface et prend pour cible un groupe d’adolescents. Il est déterminé à faire ressurgir les sombres secrets du passé…

Ce qu’on en pense

A force de citer d’autres classiques du slasher et de s’auto citer à longueur de films,  la franchise Scream a perdu ce qui en faisait l’essence même : sa capacité à faire sursauter et se cramponner à son fauteuil le spectateur. Pour cela rien ne vaut le premier degré. Aux manettes de ce énième opus, le tandem Matt Bettinelli Olpin/ Tyler Gillet, déjà responsable du peu convaincant Wedding Nightmare,  est loin d’égaler la vista du maitre Wes Craven dont il s’agissait ici de retrouver l’esprit si l’on en croit le titre (Scream sans chiffre ni sous-titre,  comme l’original). Heureusement,  le come back surprise des stars historiques  (Neve Campbell, Corteney Cox, David Arquette) justifie à lui seul que l’on aille voir le film si on est fan de la saga Ghostface.

Placés

Cinéma|

Par J.V

Le pitch

Parce qu’il a oublié sa carte d’identité, Elias (Shaïn Boumedine) ne peut passer les épreuves du concours d’entrée à Sciences Po. À la recherche d’un job en attendant de pouvoir se présenter à nouveau, il devient éducateur dans une Maison d’Enfants à Caractère Social. Confronté à un milieu dont il ignore le fonctionnement, Elias ne sait pas encore à quel point cette expérience va changer sa vie

Ce qu’on en pense

Passage périlleux pour le scénariste des Tuche, Nessim Chikhaoui, de la grosse comédie populaire au film social. Basé sur sa propre expérience d’éducateur spécialisé, le film vaut pour son traitement de “feelgood movie” et pour la fraicheur de sa troupe de jeunes acteurs, menée par Shaïn Boudemine,  découvert dans Mektoub my love d’Adbdellatif Kechiche. Sans avoir la pertinence, ni la maîtrise de Hors Normes du duo Toledano / Nakache, Placés reste sympathique et se laisse voir.