Cinéma

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Vanguard

Cinéma|

Par Ph.D

Le Pitch

Les hommes de la société de sécurité privée Vanguard, que dirige Tang Huating (Jackie Chan) se lancent à la poursuite de terroristes arabes qui ont enlevé la fille d’un businessman,  entre Londres, l’Afrique et Dubaï…

Ce qu’on en pense

Visiblement destinée au marché Chinois, cette série B d’action recycle sans la moindre originalité tout ce que n’importe quel spectateur occidental a déjà vu mille cinq cent fois au cinéma depuis 40 ans.  Si on n’a vraiment rien d’autre à faire et qu’on a vu tous les autres films du genre disponibles sur Amazon Prime, on pourra y  jeter un oeil distrait pour s’amuser à compter les placements de produits et voir la scène de jetski dans laquelle le malheureux Jackie Chan (pourtant réduit à jouer les utilités) a failli se noyer,  ou celle de poursuite de voitures en or massif dans un mall de Dubaï. Les requins de l’aquarium n’en sont pas encore revenus…

Song to Song

Cinéma|

Par Philippe DUPUY

Le Pitch

Sur la scène musicale d’Austin au Texas, deux couples – d’un côté Faye (Rooney Mara) et le chanteur BV (Ryan Gosling), et de l’autre un magnat de l’industrie musicale (Michael Fassbender)  et une serveuse (Natalie Portman) voient leurs destins et leurs amours se mêler, alors que chacun cherche le succès dans cet univers rock’n’roll fait de séduction et de trahison.

Ce qu’on en pense

L’arrivée de plusieurs films de Terrence Malick sur la plateforme de streaming d’Amazon va permettre à un plus large public de découvrir le cinéma de cet immense réalisateur américain,  si secret qu’il reste mal connu,  et au cinéphiles de revoir et peut-être de réévaluer quelques-uns de ses films (Nouveau Monde, A la Merveille, Knight of Cups, Song to Song). C’est le cas notamment de Song to Song qui s’était fait démolir lors de sa sortie en 2017 et mérite d’être (re)vu en streaming. D’abord parce que sa forme, intimiste et presque documentaire sur les parties musicales, supporte une vision sur petit (ou pas si petit) écran. Ensuite, parce que le streaming permet une vision en plusieurs fois,  si on a peur de s’ennuyer. Quasi expérimental, sans véritable scénario ni dialogues, volontiers élégiaque et introspectif, le cinéma de Terrence Malick peut dérouter voire irriter un public non averti  avec ses abus de voix off, de grand angle, de plans de natures, d’inserts documentaires et de musique classique. La qualité de mise en scène, la magnifiscence de la photo  et l’utilisation d’acteurs-stars sont autant d’atouts qui méritent qu’on s’accroche. Dans Song to Song, sorte de Jules et Jim (ou de César et Rosalie) tourné à Austin Texas (patrie du réalisateur) pendant un festival rock, des couples, formés par Ryan Gosling, Rooney Mara, Michael Fassbinder et  Natalie Portman (plus Berenice Marlohe et Cate Blanchett)  s’aiment, se mélangent  et se déchirent. On croise Iggy Pop, John Lydon, les Red Hot Chili Peppers, Likke Li et Patti Smith, qui conseille affectueusement le personnage de Rooney Mara comme si son histoire était réelle. Les couples se forment et se déforment dans de sublimes maisons d’architectes, dans des chambres de palace  surplombant la ville ou dans les backstages du festival. Tout ou presque est raconté en multiples voix off, les plans se succèdent sans logique apparente et on finit par ne plus si savoir qui est avec qui ou qui quitte qui,  ni pourquoi ?  Mais on reste fasciné par les fossettes et le sourire triste de Rooney Mara, la classe hallucinante de Cate Blanchett,  la gestuelle de danseur de Michael Fassbinder, le sex appeal un peu bourrin de Ryan Gosling, la perruque blonde de Natalie Portman qui la fait ressembler à Diane Kruger. Et au fond, le film en dit aussi long sur les rapports amoureux et sur la quête du succès que n’importe quel autre au scénario plus élaboré. Il faut juste lui laisser le temps d’infuser. Les plus réfractaires peuvent essayer un visionnage en épisodes de 25-30 minutes, façon série romantique et musicale. Ça marche aussi très bien comme ça.

Concrete Cowboy

Cinéma|

Par Ph.D

Le Pitch

Confié par sa mère à son père biologique après une énième incartade, Cole (Caleb McLaughlin)  un adolescent âgé de 15 ans aux pulsions violentes, découvre à les valeurs rédemptrices de l’équitation dans un quartier de Philadelphie marqué par la pauvreté et la violence où survit une communauté de cavaliers descendants des cowboys de l’ouest sauvage

Ce qu’on en pense

Comment saloper un beau sujet ?  Dans le quartier de Fletcher Street à Philadelphie, où étaient installés les écuries à l’époque où on se déplaçait encore à cheval,  survit une communauté de cavaliers et de palefreniers descendants des cowboys,  dont beaucoup étaient noirs contrairement à l’imagerie véhiculée par les westerns hollywoodiens. Dans Ghetto Cowboys, le romancier Greg Neri racontait leur histoire,  rattrapée par la mécanisation et la spéculation immobilière. Le quartier n’ayant pas encore été complètement rénové, y situer une fiction était du pain béni pour n’importe quel réalisateur. Sauf pour le dénommé Ricky Staub, apparemment. Le gars ne sait ni raconter une histoire, ni la mettre en image proprement. Un vrai travail de sagouin  ! Tout sonne faux,  même les personnages joués par les vrais cowboys du quartier.  Ne parlons même pas des deux héros, incarnés par Idris Elba (dans un rôle de père biologique bien caricatural) et Caleb McLaughlin (qui a bien grandi depuis la première saison de Stranger Things)…

The Last Tree

Cinéma|

Par Ph.D

Le Pitch

Jeune britannique d’origine nigériane, Femi (Sam Adewunmi) a connu une enfance heureuse en famille d’accueil dans la campagne du Lincolnshire. Quand il doit tout quitter pour aller vivre avec sa mère biologique dans un HLM à Londres, c’est un vrai déchirement. Entre les codes culturels de sa mère qui lui sont étrangers et ce nouvel environnement citadin qui le pousse à la délinquance, Femi doit déterminer quel genre d’adulte il veut devenir…

Ce qu’on en pense

Remarqué à Sundance mais distribué en direct VoD pour cause de crise sanitaire, le nouveau film de l’anglo-nigerian Shola Amoo (A Moving Image) s’attache au parcours d’un jeune garçon qui, placé dans une famille d’accueil de la campagne anglaise où il se sent parfaitement intégré doit la quitter  pour revenir vivre avec sa mère biologique dans une cité londonienne. Intelligent et sensible sous ses dehors rebelles, Femi (remarquablement interprêté par Sam Adewunmi) ne se reconnaît ni dans l’éducation traditionnelle que voudrait lui imposer sa mère, ni dans les codes de la rue où le caïd du quartier voudrait l’entraîner. Il lui faudra un troisième arrachement, en Afrique où l’entraîne sa mère dans la dernière partie du film, pour trouver ses racines et sa voie. Avec une esthétique qui rappelle un peu celle de Steve McQueen sur un sujet proche de sa formidable série (Small Axe sur Salto), The Last Tree se laisse regarder malgré quelques longueurs. Le mérite en revient surtout à un casting très homogène et à un scénario qui évite les lourdeurs et les clichés.   

The Quarry

Cinéma|

Par Ph.D

Le Pitch

Recueilli sur la route par un pasteur roulant vers sa nouvelle paroisse, un vagabond (Shea Whigham) va prendre sa place dans le village du Texas où il était attendu.  Malgré les soupçons grandissants du shérif local (Michael Shannon),  sa congrégation grandit. Combien de temps va-t-il pouvoir tenir le rôle sans être démasqué ?

Ce qu’on en pense

Adapté du roman à succès de Damon Galgut, ce polar sudiste va ravir les amateurs de Southern Gothic. Le scénario n’est pas d’une originalité renversante (le coup du faux pasteur, on nous l’a déjà beaucoup fait), mais l’ambiance mortifère du roman est bien rendue par la mise en scène de Scott Teems qui a fait ses armes  dans les séries Narcos : Mexico et Rectify. Surtout Michael Shannon et Shea Whigham forment un duo antagoniste digne des meilleures réussites du genre. Sorti en direct VoD à cause du Covid, le film est aussi visible sur MyCanal.  

Madame Claude

Cinéma|

Par Ph.D

Le Pitch

Fin des années 1960, Madame Claude (Karole Rocher) règne sur Paris et au-delà grâce à son commerce florissant de “maquerelle de la République”. En réinventant les codes de la prostitution, en empruntant ceux de la bourgeoisie et en s’inventant un passé respectable, elle est devenue une femme d’affaires redoutée et estimée du monde politique au grand banditisme. Le recrutement de Sidonie (Garance Marillier) , son opposée mais aussi son alter ego, sera imperceptiblement le fil conducteur de l’érosion de son empire…

Ce qu’on en pense

Avait-on besoin d’un nouveau biopic de Fernande Grudet, alias Madame Claude ? C’est en tout cas ce qu’a cru Netflix,  qui a confié à Sylvie Verheyde (Confession d’un enfant du siècle, Sex Doll) le soin de raconter à nouveau sa vie supposément édifiante de “maquerelle de la République” . Dans une reconstitution en bakélite des années 70 et une mise en scène téléfilmesque, Karole Rocher (vue dans Braquo et Sex Doll)  essaie de donner un peu d’humanité et de profondeur à son personnage. C’est méritoire car tous les autres en manquent cruellement, à commencer par les flics (Pierre Deladonchamps et Benjamin Biolay interchangeables) et les clients, réduits à des silhouettes.  Pour moderniser l’histoire, qui sent quand quand même assez fortement le moisi, la réalisatrice y ajoute le personnage de Sidonie (Garance Marillier vue dans Grave),  Escort Girl dans l’âme,  dont elle fait l’adjointe de la maquerelle en chef (et la victime d’un inceste, pour coller à l’époque). Sinon, rien des mémoires de Madame Claude ne nous est épargné, jusqu’à sa fin solitaire à Nice, où Fernande Grudet est décédée en 2015 à 69 ans. L’âge qu’on a l’impression quand le film se termine enfin !

30 jours max

Cinéma|

Par Ph. D

Le pitch

Rayane (Tarek Boudali) est un jeune flic trouillard et maladroit sans cesse moqué par les autres policiers. Le jour où son médecin (Philippe Duquesne) lui annonce, à tort, qu’il n’a plus que trente jours à vivre, Il comprend que c’est sa dernière chance pour devenir un héros au sein de son commissariat et impressionner sa collègue Stéphanie (Vanessa Guide). L’éternel craintif se transforme alors en véritable tête brûlée qui prendra tous les risques pour coincer un gros caïd de la drogue (José Garcia)…

Ce qu’on en pense

La fameuse “bande à fifi” qui, de Baby Sitting à Alibi.com en passant par Épouse moi mon pote et Nicky Larson,  a hissé le nanar aux plus hauts sommets du box office français,  continue à creuser la veine en grande profondeur avec cette nouvelle comédie affligeante signée de son plus beau spécimen,  Tarek Boudali. Les amateurs d’humour sexiste,  graveleux, homophobe et antivieux sont une nouvelle fois gâtés avec cette production (difficile de parler de réalisation) qui recycle sans vergogne les gags les plus éculés du cinéma de papa pour atteindre la quintessence du navet. Une pensée compatissante pour Chantal Ladesou et Marie Anne Chazel victimes  expiatoires de ce tsunami de bêtise et de mauvais goût, désormais disponible en Vidéo à la demande et Dvd.

Je te veux, moi non plus

Cinéma|

Par Ph.D

Le Pitch

Nina (Ines Reg) et Dylan (Kevin Debonne), meilleurs amis depuis l’enfance, n’ont aucun secret l’un pour l’autre. Désormais, Nina vit à Paris tandis que Dylan habite à Biarritz. Dylan a toujours pensé qu’ils finiraient ensemble mais n’a jamais sérieusement tenté sa chance auprès de Nina puisqu’elle se moque de lui à chaque fois qu’il évoque un avenir ensemble. Quand Nina quitte son petit ami et décide de partir à Biarritz pour des vacances improvisées avec ses deux meilleures amies, elle a finalement un déclic. Alors que Dylan vient de débuter une relation avec sa dernière rencontre, Nina réalise que c’est bel et bien lui l’homme de sa vie ! Pleine de rebondissements, leur histoire d’amour va être beaucoup plus compliquée que prévu…

Ce qu’on en pense

Après avoir mis “des paillettes dans sa vie” grâce au stand up et aux réseaux sociaux, l’humoriste Inès Reg débarque au cinéma avec cette comédie romantique inspirée de sa propre vie,  dans laquelle elle partage l’écran avec son compagnon Kevin Debonne. Au menu: de la tchatche et… pas grand chose d’autre. On s’ennuie ferme en attendant que les deux tourtereaux se décident à se déclarer enfin leur amour. L’humour est en dessous de la ceinture, tout est surjoué,  les personnages sont à gifler et les situations ont été vues dans environ dix mille autres romcoms beaucoup plus réussies. Côté réalisation, rien à dire non plus : même Biarritz est mal filmé.   Dans la lignée des “films d’humoristes” qui font généralement de gros bides en salles, Je te veux, moi non plus doit sans doute au Covid d’avoir évité ce destin funeste. C’est la plateforme de streaming d’Amazon, Prime Vidéo, qui en a hérité. Mais ça ne va pas mettre des paillettes dans son catalogue…

Music

Cinéma|

Par Ph.D

Le Pitch

Zu (Kate Hudson) sort tout juste de désintox lorsque sa grand-mère décède, lui laissant la garde de Music (Maddie Ziegler) , sa jeune demi-soeur autiste. Alors que Music vit le plus souvent dans son monde imaginaire et musical, Zu essaye de faire face à ses nouvelles responsabilités. Elle pourra heureusement  compter sur Ebo (Leslie Odom Jr), son voisin bienveillant qui lui apprendra que les obstacles de la vie peuvent être surmontés avec l’aide d’un ami …

Ce qu’on en pense

Alors qu’il aurait dû faire les beaux jours d’un grand festival, le premier film de Sia débarque en direct VoD à cause du Covid. Mais sa sortie reste un événement : depuis “Chandelier“,  la chanteuse australienne a une communauté de fans ultra fidèles dans le monde entier et le casting est alléchant. On y retrouve Kate Hudson (Nine,  Meilleures ennemies, The Killer Inside Me), crâne rasé, dans le rôle d’une junkie en voie de rédemption, Maddie Ziegler la muse des clips de Sia et Leslie Odom Jr (Le Crime de l’Orient Express),  dans un “drame optimiste” sur l’autisme,  qui alterne curieusement patine indé et forme clippesque. Bonne idée au départ, les clips musicaux censés  illustrer le monde intérieur de la jeune héroïne autiste (Maddie Ziegler toute en sourires Colgate et roulement d’yeux) finissent par prendre trop de place pour ne pas ressembler a du placement de produit (la B.O des chansons du films est bien sur déjà en vente et elle cartonne).  Dommage,  car la partie “réaliste” du film est plutôt réussie, même si le scénario “à la Rainman” est transparent (la méchante droguée sera sauvée par l’amour de la gentille autiste et celui du beau voisin) et sue le happy end à dix kilomètres.  Au final, c’est trop long de trois clips,  mais sympa quand même. Voire plus,  si affinités particulières avec la pop lyrique de Sia.

Horizon Line

Cinéma|

Par Ph.D

Le Pitch

Anciens amants, Sara (Allison Williams) et Jackson (Alexander Dreymon)  sont invités sur l’île tropicale de Rodrigues pour le mariage d’une de leurs amies. Ils se retrouvent seuls passagers d’un avion monomoteur survolant les eaux bleues de l’océan indien. Quand le pilote décède d’une crise cardiaque, le couple va devoir se débrouiller pour rallier l’île et y atterrir…

Ce qu’on en pense

Entre comédie romantique et survival, ce petit film signé Mikael Marcimain nous entraîne au dessus de l’océan Indien entre l’île Maurice et celle de Rodrigues, où deux ex-futurs tourtereaux à fort potentiel érotique  (Allison Williams vue dans Get Out et Alexander Dreymon héros sexy de The Last Kingdom) vont devoir remplacer au débotté le pilote de leur avion victime d’une crise cardiaque. Le réalisme n’étant pas le souci principal de cette sympathique production, on s’amuse bien à les voir ramper sur la carlingue en plein vol pour remplir le réservoir d’essence avec du rhum. Rythmé, amusant, ensoleillé et court (1h32), le film se laisse voir d’autant plus gentiment qu’on sait d’avance que plus leur situation aura l’air désespérée, plus les deux héros auront de chances de s’en sortir vivants.

Soul

Cinéma|

Par Ph.D

Le Pitch

Passionné de jazz et professeur de musique dans un collège, Joe Gardner a enfin l’opportunité de réaliser son rêve : jouer dans le meilleur club de jazz de New York. Mais un malencontreux faux pas le précipite dans le « Grand Avant » – un endroit fantastique où les nouvelles âmes acquièrent leur personnalité, leur caractère et leur spécificité avant d’être envoyées sur Terre. Bien décidé à retrouver sa vie, Joe fait équipe avec 22, une âme espiègle et pleine d’esprit, qui n’a jamais saisi l’intérêt de vivre une vie humaine. En essayant désespérément de montrer à 22 à quel point l’existence est formidable, Joe pourrait bien découvrir les réponses aux questions les plus importantes sur le sens de la vie.

Ce qu’on en pense

Ce devait être le “Disney de Noël“,  mais le Covid en a décidé autrement. Le nouveau film de Pete Docter (Monstre & Cie, Vice Versa, Là Haut…) se retrouve donc réservé aux abonnés de la plateforme de streaming Disney + Cela évitera les malentendus à l’entrée des salles car Soul n’a pas tellement les caractéristiques d’un “Disney de Noël”. A commencer par son thème : LA Mort !  Il s’agit, en effet,  de suivre au purgatoire (rebaptisé “le Grand Avant”) le héros, Joe, prof de musique et musicien de jazz (idéalement doublé par Omar Sy dans la version française). Victime d’un accident de la circulation alors qu’il vient de décrocher le contrat de ses rêves pour jouer dans un club, Joe refuse d’accepter son sort et fait tout pour  revenir sur Terre . C’est ainsi qu’il va conclure un pacte avec une âme errante, 22 (doublée par l’incontournable Camille Cottin) :  peu intéressée par la vie sur Terre, 22 est d’accord  pour échanger avec Joe son ticket pour le Paradis. Mais la découverte des plaisirs terrestres (comme la pizza)  va la faire changer d’avis…   Réaliste dans sa première partie New Yorkaise, l’animation adopte une forme plus stylisée (voire carrément  cubiste), dans son exploration de  l’au-delà. Le pari, comme d’habitude chez Pixar, est de rendre limpides les concepts philosophiques les plus pointus. Il n’est qu’en partie réussi cette fois : le film, avec sa superbe BO jazz,  s’adresse clairement plus à un public adulte qu’enfantin.

The Professor And The Madman

Cinéma|

Par Ph.D

Le Pitch

En 1878, William Chester Minor (Sean Penn), médecin militaire de formation, est interné depuis plusieurs années dans un asile en Angleterre après avoir tué un homme sous le coup d’une bouffée délirante. Un jour, il répond à l’annonce publiée par le lexicographe James Murray (Mel Gibson), qui cherche des collaborateurs pour éditer le  dictionnaire anglais d’Oxford. Au fil des ans, Chester Minor devient l’un des principaux contributeurs, envoyant une quantité astronomique de fiches, alors que son état mental se détériore…

Ce qu’on en pense

Présenté à Deauville l’an dernier, ce biopic qui met en scène Mel Gibson et Sean Penn a connu une génèse compliquée. Ce qui explique sans doute pourquoi il débarque directement sur OCS. Tourné en 2016, The Professor and the Madman a fait l’objet d’un long litige entre la production et Mel Gibson qui, après avoir porté le projet  l’avait renié, estimant que la version finale trahissait son travail et celui du réalisateur Farhad Safinia (Apocalypto).   Après règlement à l’amiable, le film devait sortir à l’automne 2020… Pile au moment de la fermeture des salles pour raisons sanitaires !  Les cinéphiles n’ont pas perdu grand chose car le film est raté. Alors que l’histoire (vraie) est, somme toute, relativement simple, la réalisation complique tout et se perd dans des pistes inutiles et peu crédibles. Un psychiatre d’abord étonnamment bienveillant devient subitement tortionnaire sans qu’on comprenne pourquoi, un journaliste surgit de nulle part pour semer la zizanie (en s’excusant de le faire), l’académie d’Oxford retourne cinq fois sa veste sans que cela change le cours de l’histoire et la maladie mentale dont est censé être atteint le personnage Sean Penn évolue miraculeusement au gré du scénario. Ce qui permet à l’acteur d’en faire des tonnes,  croyant sans doute tenir  un “rôle à Oscars”….  Pendant ce temps,  Mel Gibson mange sa barbe avec l’air de se demander ce qu’il fait là. Quand ça ne veut pas…

I Care A Lot

Cinéma|

Par Ph.D

Le Pitch

Marla Grayson (Rosamund Pike) est une tutrice légale réputée,  spécialisée dans les personnes âgées et riches. Aux dépens de ces derniers, dont elle s’approprie les biens sans scrupules, elle mène une vie de luxe. Mais sa dernière  victime s’avère avoir de dangereux secrets. Marla va devoir utiliser sa détermination et sa ruse si elle veut rester en vie et continuer à faire prospérer son business …

Ce qu’on en pense

Après Gone Girl, Rosamund Pike creuse son personnage de bitch stylée mais sans scrupules dans cette comédie noire de l’Anglais J Blakeson. Elle y  campe une redoutable prédatrice qui, avec la complicité d’un médecin et d’un directeur d’Ehpad,  envoie les riches vieillards à l’asile et les gave de médicaments pour mieux les spolier de tous leurs biens. Manque de bol, sa dernière cliente à des accointances avec la mafia russe et elle va devoir jouer serré pour ne pas finir coulée dans du béton armé. Caustique a souhaitI Care A Lot bénéficie, outre son actrice vedette, d’un excellent casting, au sein duquel on retrouve le Tyrion Lannister de Game of ThronesPeter Dinklage , en  parrain Russe bonzaï, amateur de pâtisseries et de morts rapides. Le scénario est digne d’une série à la Fargo et tient ses promesses jusqu’au bout : dommage qu’on ne puisse pas en dire autant de la réalisation.  On passe malgré tout un excellent moment.

La Voix humaine

Cinéma|

Par Ph.D

Le Pitch

Une femme (Tilda Swinton) regarde le temps passer à côté des valises de son ex-amant qui est censé venir les chercher,  et d’un chien agité, qui ne comprend pas que son maître l’ait abandonné. Deux êtres vivants face à l’abandon. Après trois journées d’attente fébrile, le télépĥone sonne enfin…

Ce qu’on en pense

Présenté à Venise, ce court métrage de Pedro Almodovar ressemble à une commande de grande marque de mode ou de cosmétique. On y reconnait, certes, la patte du réalisateur espagnol (couleurs vives, atmosphère mélodramatique, musique omniprésente), mais il risque de dérouter ses fans par son côté “arty” et son image un peu trop glacée. A quelques détails de costumes et de décors près, on pourrait croire à du Lars Von Trier ! De fait, le film vaut surtout pour la performance de Tilda Swinton, déclamant seule en scène,  dans un décor de studio reconstituant un appartement madrilène, le fameux texte de Jean Cocteau déjà plusieurs fois adapté au théâtre et au cinéma. Au téléphone avec son ex-amant, qui lui annonce qu’il la quitte définitivement,  le personnage se remémore leur quatre années de vie commune et dit son désespoir d’être abandonnée, avant de mettre le feu au décor et de sortir dans la rue avec le chien qu’il lui laisse en cadeau d’adieu. La caméra d’Almodovar tourne autour de l’actrice, s’élève, passe par les cintres et revient pour sublimer son jeu. Quelle autre actrice pourrait jouer cette longue scène avec des écouteurs d’iPhone dans les oreilles sans être ridicule ? Tourné pendant le confinement, le film sort simultanément en Vod et en dvd, complété d’un entretien avec l’actrice et le réalisateur.

Moxie

Cinéma|

Par Ph.D

Le Pitch

Inspirée par le passé rebelle de sa mère (Amy Poehler), Vivian (Hadley Robinson), une timide ado de 16 ans,  lance  un journal anonyme qui dénonce  le sexisme et le harcèlement dans son lycée. Elle est vite dépassée par le succès de sa création…

Ce qu’on en pense

Adapté du best seller éponyme de Jennifer Mathieu par l’humoriste actrice et réalisatrice Amy Poehler, Moxie (rebelle) commence comme un très classique teen movie (c’est la rentrée, 2 copines laissées pour compte se retrouvent au lycée)  pour virer rapidement au pamphlet féministe anti harcèlement et anti sexiste bien dans l’air du temps. Un peu lourd sur les intentions mais sympathoche,  le film aligne un casting de choc avec Amy Poehler (Parks & Recreations)  dans le rôle de la mère à la coule, Hadley Robinson (Les Filles du Dr March) dans celui de sa fille en voie d’émancipation, Emma Johnson (After) en Pom Pom Girl qui cache un douloureux secret et Patrick Schwarzenegger dans celui du quarterback harceleur. Enlevé et drôle, rythmé par une BO power pop très girlie (Bikin Kill, Gossip…)Moxie se laisse regarder gentiment, même si on ne fait pas partie de la cible ado visée.