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Nellcote Forever

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Tous les fans connaissent l’histoire par coeur. Au printemps 1971, les Stones, quittent l’Angleterre pour échapper aux impôts. Les exilés fondent sur le sud de la France : Jagger s’installe à Mougins dans un immense domaine à moitié désaffecté, Charlie Watts s’achète une ferme en Arles, Bill Wyman se pose  à Grasse où il voisine avec Mick Taylor. Keith Richards, sa femme Anita Pallenberg et leur fils Marlon investissent la Villa Nellcote à Saint- Jean-Cap-Ferrat. Le groupe y enregistrera son chef d’oeuvre : Exile On Main Street. L’album est sorti en mai 1972, il y a tout juste 48 ans. Souvenirs de l’été le plus rock’n’roll qu’ait jamais connu la Côte d’Azur…

La maison, construite en 1899 sur les ruines d’une ancienne batterie militaire, avec ses grilles dignes de Versailles, sa façade ornée de colonnes ioniques en marbre, ses escaliers monumentaux et ses jardins à la française qui descendent jusqu’à la mer, est un véritable palais. Louée pour deux ans avec option d’achat, au prix de mille livres sterling par semaine, Nellcôte  servira, pendant huit mois, de squatt à toute la tribu gravitant autour des Rolling Stones. Femmes, enfants, musiciens, producteur, managers, roadies, visiteurs célèbres (John Lennon, Paul McCartney, Gram Parsons, Eric Clapton… ), dealers et gamins du village s’y incrustent, campent dans les salons, sur les terrasses, sur les pelouses et s’éclatent au soleil dans une atmosphère de fête dionysiaque ininterrompue, comme la Côte d’Azur n’en avait plus connu depuis l’époque héroïque où Scott Fitzgerald, Zelda et Hemingway hantaient le cap d’Antibes. La tribu ne s’en échappe que pour participer à d’autres fêtes, plus folles encore, comme celle donnée le 12 mai à Saint-Tropez pour le mariage de Mick Jagger. A partir du mois de juillet, grâce au studio mobile récemment acquis par les Stones (et à un câble d’alimentation tiré d’une villa voisine, si l’on en croit la légende), le groupe commence à enregistrer à Nellcote  le successeur de Sticky Fingers, leur dernier album. La villa est rebaptisée « Café Keith » et ne désemplit plus jusqu’à la fin des séances, en novembre. Du matin au soir, les échos des guitares électriques suramplifiées traversent la baie de Villefranche. Ceux des frasques de la tribu (cambriolages, bagarres, port d’armes, livraisons de drogue, accidents de voitures…) finissent également par parvenir jusqu’aux oreilles des autorités. Au point d’entraîner bientôt le départ précipité de toute la troupe vers une nouvelle terre d’exil

(Photo Dominique Tarlé)

Dans l’intervalle, le groupe aura eu le temps d’enregistrer, dans les caves de Nellcôte, ce que les amateurs considèrent comme son chef-d’œuvre : Exile on Main Street, un double album gorgé de soleil et de guitares. Un disque aux sonorités bluesy et country, que l’on croit inspiré des voyages des Stones aux Etats-Unis, alors qu’il fut écrit sur un bout de table immense, encombrée de chandeliers, de bouteilles vides et de cendriers remplis à ras bord ou sur un bord de terrasse surplombant la baie de Villefranche. Si cette histoire fait encore partie, presqu’un demi siècle après (l’album est sorti le 26 mai 1972), de la mythologie stonienne, c’est essentiellement à cause de quelques photos en noir et blanc prises sur place par un jeune photographe français, Dominique Tarlé. Publiées par quelques rares magazines de rock, elles collaient si parfaitement à l’atmosphère du disque qu’elles en sont devenues indissociables et, à leur tour, mythiques. Membre à part entière de la tribu, Tarlé a vécu plusieurs mois à Nellcote , photographiant sans relâche et dans l’indifférence générale tout ce qui s’y passait. Puis, comme emporté lui aussi par le maelström stonien, il avait disparu avec son trésor. Il n’est réapparu qu’en 2001 avec Exile, un luxueux livre de photos qui fait revivre cette étonnante épopée rock’n’rollienne, mi-album de famille, mi-making of, souvenir d’un temps où les demi-dieux du rock étaient encore humains et approchables. Un temps qui ne reviendra plus. Nellcote, par contre, est toujours là, solidement plantée avenue Louise-Bordes, aussi imposante et mystérieuse que la  Maison Usher, derrière ses immenses grilles dorées à l’or fin. Le jardin, tiré au cordeau, n’a plus rien de la jungle luxuriante où Keith avait échoué Mandrax, son Riva au moteur explosé et la bâtisse a subi ces dernières années des travaux de rénovations pharaoniques qui l’ont transformé en palazzo itialien.  Les quelques fans qui y viennent encore régulièrement en pèlerinage sont tenus à l’écart par un système de surveillance vidéo sophistiqué et se contentent de se prendre en photo devant la grille. Le régisseur, que l’on voit arriver du bout de l’allée à bord d’une voiturette Jaguar si l’on sonne à la porte, est très courtois, mais aussi muet qu’une tombe sur les actuels occupants de la maison, propriétaires d’un véritable « monument historique du rock » 

The Avener à Nice

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Excellente surprise de l’été du Covid, la ville de Nice et Panda Events proposait  un DJ set gratuit de The Avener  le  11  juillet à la tour Bellanda, sur la colline du château à Nice. Le show était visible depuis le  bout de la Promenade des Anglais, d’où 5000 personnes ont pu le suivre en direct (comptage et filtrage réalisés en direct par les services municipaux et la police),  dans un respect, hélas très relatif, de la distanciation sociale et du port du masque. Partie intégrante de la programmation estivale post-confinement de la Ville, destinée à faire de Nice “la ville la plus attractive et rassurante de France cet été” (selon les mots employés par Christian Estrosi lors de la présentation du programme), ce concert surprise était diffusé en live stream sur les réseaux sociaux, où plusieurs milliers d’ internautes ont pu le voir dans des conditions optimales et sans risque sanitaire. Le son était excellent et la réalisation vraiment superbe,  avec des images aériennes époustouflantes de la Prom’ au coucher du soleil . The Avener, que les clubbers Niçois connaissent sous le nom de Tristan Casara, du temps où il mixait au High Cluba joué son nouvel album (le bien nommé Heaven) et quelques revivals de derrière les fagots signés Queen ou Michael Jackson, dont un remix particulièrement électrique de “Thriller”. En conclusion de son set, qui a duré plus d’une heure, le DJ a donné rendez vous aux Niçois après la crise sanitaire. Pour un vrai concert, cette fois.

MotoGP : l’année Quartararo

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Malgré le retard pris par le championnat du monde à cause du coronavirus et après une première saison de MotoGP riche en émotions, en pôles et en podiums, tous les espoirs sont permis pour Fabio Quartararo, 20 ans, qui pilote cette année une Yamaha d’usine. Sacré “meilleur rookie” (débutant),  la saison dernière, plus jeune poleman de l’histoire de la MotoGP, le pilote Niçois figure parmi les favoris pour le titre mondial 2020. Toujours très rapide aux essais, Fabio a brillé aux premiers tests d’avant saison, où il étrennait sa nouvelle machine, alors que son grand rival Marc Marquez, qui l’a privé l’an dernier d’une première victoire en Grand Prix à San Marin (Italie),  était à la peine sur sa Honda.  Attendu aux avant postes cette saison,  avant qu’il n’aille remplacer son idole Valentino Rossi  chez Yamaha (El Diablo, comme on le surnomme sur le circuit,  a en effet déjà signé son contrat pour être le premier pilote de l’usine japonaise  la saison prochaine), il a parfaitement réussi son début de saison  le 19 juillet à Jerez en remportant le Grand Prix d’Espagne au terme d’une course parfaiteFabio est le premier pilote français à s’imposer en Grand Prix depuis 1999. L’année de sa naissance ! De quoi faire la fierté de ses parents, commerçants à Nice, de ses copains d’école à Nice-Ouest et de toute la Côte d’Azur, que ses prouesses enflamment dimanche après dimanche. Si quelqu’un peut sauver cette désastreuse année 2020, c’est lui: Fabio “El Diablo” Quartararo ! 

 

Air Sessions à Nice

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Décidément les surprise pleuvent en cet été du Covid. Avant le DJ set très attendu de The Avener à la Tour Bellanda , décalé au 11 juillet, Thomas Dutronc, Ayo et Plume  ont  donné du 5 au 7 juillet des live streams superbes depuis l’Observatoire de la Côte d’Azur à Nice à l’invitation du Nice Jazz Festival. Respect des consignes sanitaires oblige, le public n’était pas admis sur place mais il a pu suivre les prestations en direct sur le site  nicejazzfestival.fr, Filmés dans des conditions exceptionnelles, avec des images et une réalisation dignes des meilleures émissions télé,  les trois artistes ont joué au coucher de soleil, dans le cadre merveilleux de l’observatoire avec la baie des anges en fond de scène.  Celle de Thomas Dutronc, qui étrennait son nouvel album de reprises (Frenchy), a été un grand moment. Des prestations hélas trop peu suivies en live, en raison d’une organisation et d’une communication tardives.  Prochain rendez-vous au Théâtre de Verdure pour  les  Nice Jazz Summer Sessions (17 au 21 juillet) ,  mais en public cette fois.

Bébés dauphins à Marineland

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(Photo Mathias Debbaut)

Après trois mois de fermeture au public à cause de la crise sanitaire, Marineland Antibes a rouvert ses portes. L’occasion d’aller saluer la naissance de deux bébés dauphins, baptisés Lua et Ollie,  et de voir les progrès des trois oursons blancs, Indiana, Yuma et Tala,  nés fin 2019. Mais aussi de (re)découvrir les charmes du plus grand parc animalier marin d’Europe,  sans la cohue habituelle et dans de bonnes conditions de sécurité sanitaire puisque la quasi totalité de la visite se fait à ciel ouvert et que les horaires des représentations ont été aménagées pour que le public se dispatche entre les différentes aires du parc. Les masques chirurgicaux ne sont obligatoires que dans le tunnel aux requins, les boutiques et les espaces couverts. Dans les conditions particulières liées à la crise sanitaire,   Marineland sera, n’en doutons pas,  une des attractions phares de l’été azuréen.

Disquaires Days 2020

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La situation mondiale liée au Covid-19 a conduit les instances du Record Store Day à modifier structurellement l’événement tel que nous le connaissons. Ainsi, les vinyles des labels internationaux proposés pour le Disquaire Day 2020 seront mis en vente dans les magasins indépendants français participants, non plus sur un seul jour mais sur quatre dates : les 20 juin,  29 août,  26 septembre et 24 octobre. “Ce que nous voulons à travers cette journée, c’est souligner l’importance de ces disquaires indépendants, la diversité musicale qu’ils incarnent ainsi que le rôle culturel et social incontournable qu’ils occupent” expliquent les organisateurs. Localement, on déplore la défection de Mikrosillons, qui accompagnait chaque année le D Day, avec notamment une foire aux disques. Annulée à cause de la crise sanitaire, l’organisation aura tout de même une présence samedi sur le parvis de Cap 3000 à Saint Laurent du Var.  Le point positif, c’est l’abondance des sorties prévues pour ces 4 journées chez les disquaires participants de notre région. Pour le premier D Day, plus particulièrement consacré aux disques français, c’est évidemment  l’album Surf d’Etienne Daho qui retient le plus l’attention. Commencé en 2004 avec Ivan Beck, abandonné, puis repris en 2006 avec Nicolas Dubosc, seuls quelques titres de cet album de reprises avaient vu le jour sur le EP Be My Guest Tonight en 2007. Daho a depuis longtemps élevé l’exercice de la reprise au rang d’art, reprenant dans un même élan Gainsbourg, Syd Barrett, Françoise Hardy, le Velvet ou Ricky Nelson. Qu’un tel album vienne consacrer son talent d’interprète était écrit. Bien plus qu’un simple disque de reprises, Surf est un véritable album d’Étienne Daho. Qu’il s’attaque à des classiques éternels (“I Can’t Escape From You”, “My Girl Has Gone”, “Moon River”), qu’il se fasse accompagner par soixante musiciens et les cordes de David Whitaker à Abbey Road (“Glad To Be Unhappy“) ou qu’il reprenne des perles oubliées comme le sublime “You Choose” des Pet Shop Boys, il y met le même respect, la même envie, le même amour, la même sincérité. Daho partage avec Surf une playlist intime et nous offre un disque de chevet personnel à la beauté irradiante. Ambassadeur des Disquaires Days 2020, Daho en sera aussi le héros. 

Show Must Go Home in Nice

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Lancée à Lille pendant le confinement, la tournée  Show Must Go Home présentée par Mat Bastard,  le chanteur de Skip The Use, a fait étape à Nice le dimanche 7 juin avec Ayo, Ben l’Oncle Soul, Skip The Use, Dedhomiz, Boris Way et Jean-Marie Bigard. Mesures sanitaires obligent, leurs prestations ont été enregistrées auparavant depuis le rooftop de l’hôtel Marriott. Sans public donc,  mais avec l’intention de réunir une large audience sur internet et les réseaux sociaux et surtout de soutenir les professions du spectacle,  touchées de plein fouet par la crise sanitaire. « Avec notre émission qui va à la rencontre des talents musicaux de chaque région, en inventant de nouvelles formes de concerts live « autrement », nous souhaitons réfléchir « à ciel ouvert » avec toute la profession de la musique, pour inventer ensemble les nouvelles formes que pourront prendre les concerts demain, explique Cédric Pollet, fondateur Show Must Go Home. L’impact de la crise actuelle risque de durer, personne ne peut présager pour l’heure d’un « retour à la normale ». Nous misons sur l’intelligence collective, l’heure est à la coopération, l’hybridation des talents et des idées, pour prototyper et développer rapidement les nouvelles formes que peut prendre la musique live. ». Depuis son lancement, Show Must Go Home connaît un  succès grandissant. Les 4 premères émissions ont totalisé plus de 4 millions de vues et le “best of” plus de 700 000 vues. Celle de Nice devrait réunir une audience plus large encore, effet Côte d’Azur aidant. Rendez-vous donc sur le site de Show Must Go Home pour 80 minutes de show en replay. Une tombola solidaire au profit du secours populaire (1 euro le ticket) permet de gagner des places de concert en VIP.

Cannes : Midem Digital

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Le Midem 2020, qui devait se tenir à Cannes du 2 au 5 juin, a été annulé en raison des inquiétudes suscitées par le coronavirus. La prochaine édition aura lieu du 1er au 4 juin 2021 à Cannes. D’ici là le Midem 2020 se transforme et propose un nouveau format, une édition digitale renommée Midem Digital Edition. Ce service en ligne, accessible à tous gratuitement, vise à rassembler la communauté internationale de la musique pour discuter, collaborer et partager des solutions en se concentrant sur les professionnels du milieu les plus touchés. Du 2 au 5 juin  les internautes du monde entier  pourront ainsi participer à la première  Midem Digital Edition. Un Midem en ligne qui comprendra, comme l’édition physique,  des keynotes, des conférences ,  des présentations en direct et des show cases d’artistes. Une occasion exceptionnelle pour le grand public de découvrir de l’intérieur le salon mondial de la musique, d’habitude réservé aux professionnels de l’industrie musicale et à la presse.

Guy Bedos à Mouans-Sartoux

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En 2011,  nous avions rencontré Guy Bedos qui était, avec Stephane Hessel et Fred Vargas, la tête d’affiche du 24e Festival du livre de Mouans-Sartoux. Un festival pour lequel il n’avait pas hésité à interrompre les répétitions de son nouveau spectacle, Rideau ! qu’il devait créer à Paris en décembre et qui serait, on le sait aujourd’hui,  son dernier one man show. Quelques mois avant la présidentielle, dont François Hollande était le favori pour la gauche, la conversation avait naturellement tourné autour de cette échéance…

Votre choix est déjà fait?
En politique, il faut savoir choisir entre deux inconvénients, disait Françoise Giroux. Je crois que toute ma vie de citoyen aura été conditionnée par cet adage. Je suis toujours plus sûr de mes dégoûts que de mes goûts de toute façon.Et dans l’ambiance actuelle, je préfère voter pour des candidats qui ne m’emballent pas que pour cette droite qui a l’air de sortir d’un film de Costa Gavras…

Cela ne nous dit pas qui est votre favori?
Mon favori, c’est celui qui a le plus de chance de gagner…

François Hollande, donc?
On dit qu’il a beaucoup d’humour. En privé alors, parce que pour l’instant, je n’ai pas été spécialement fracassé par ses traits d’esprit. Quoiqu’en dise M. Sarkozy, je ne me sens pas en danger de concurrence. Le président aurait dit qu’on n’avait « pas besoin d’un Guy Bedos à la tête du PS ».Ce à quoi j’ai répondu que je n’avais pas besoin du PS pour n’en faire qu’à ma tête…

Ca promet pour la tournée qui va se dérouler pendant la campagne présidentielle…
Je commence en décembre au théâtre du Rond-point et je compte bien y revenir en mai pour commenter les résultats du scrutin. J’aurais peut-être, enfin, le droit de redire du mal de la gauche?

Le titre du spectacle « Rideau! » suggère que ce pourrait être votre tournée d’adieu…
Disons d’au revoir. Je ne voudrais pas faire le spectacle de trop. J’ai réalisé récemment que je pourrais être le père de Christine Lagarde et ça m’a filé un coup au moral (rires). Alors ce sera peut-être bien le dernier, oui. Mais je ne vais pas me tuer tout de suite non plus.Il va encore falloir me supporter un moment. Je compte bien continuer à écrire.

Parlez-nous justement de votre dernier livre, « Plans Rapprochés », que vous allez présenter à Mouans-Sartoux
C’est une galerie de portraits de gens que j’aime .. Ou que j’aime moins! J’ai d’abord eu envie de parler des morts qui me manquent, comme Simone Signoret ou Desproges… J’ai un véritable cimetière dans ma poitrine. Ce sont aussi des rencontres qui m’ont marqué. À la fin, c’était un peu trop gentil. J’ai été obligé de rajouter des vacheries sur Zemmour, Kouchner ou Charasse, pour ne pas trop ternir ma réputation …

Vous êtes un habitué du Festival de Mouans Sartoux… 
Oui, j’adore Mouans-Sartoux. Il y a un côté « vivre ensemble » comme dirait Martine Aubry. J’aime l’ambiance du festival, les gens qu’on y rencontre. Et si j’en juge par le programme, je ne suis pas le seul à succomber à son charme!

Guy Bedos : Rideau !

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Guy Bedos a tiré sa révérence le 28 mai. Retiré de la scène depuis plusieurs années, il avait présenté en 2011-2012 son dernier spectacle intitulé Rideau ! On avait eu la chance de le voir en février 2012 à Acropolis, Nice. Un dernier tour de piste en forme d’apothéose… 

A 77 ans, Guy Bedos tient une forme du tonnerre.Sur scène, tout de noir vêtu comme à son habitude, il trottine, boxe l’air, s’allonge comme sur un divan: «Vous êtes mes psys.Pourquoi j’irais payer pour voir un type qui ne rit même pas et n’applaudit jamais? ».Il s’assoit au bord de la scène pour remercier son public les yeux dans les yeux : « Il n’y a qu’ici que je suis bien.A la maison tout le monde me coupe la parole! ». La concurrence de son fils, Nicolas, ne le gène pas. Au contraire, elle le réjouit et le galvanise : « Ca me soulage bien qu’il ait du succès.Jusque-là, il vivait largement au-dessus de mes moyens ».
Séquence nostalgie quand l’humoriste refait le sketch des Salopes. Hot Vidéo a remplacé entre ses mains Lui.Pas sûr qu’on y trouve les grands reportages qui servaient d’alibi pour acheter « Le magazine de l’homme moderne »… Le final est un grand moment d’émotion partagée.Bedos y reprend son antienne : La vie est une comédie italienne. « Comediante! Tragediante! Tu ris, tu pleures! Tu pleures, tu ris! Tu vis, tu meurs… ».Parfois le souffle vient à manquer, la voix s’étreint d’émotion. Alors, il fait reprendre en chœur « Ce n’est qu’un au revoir ». La salle ne boude pas son plaisir. Ravis de ce dernier tour de piste en forme d’apothéose, ses fidèles lui font un triomphe. « Pas de standing ovation! supplie pourtant l’artiste.Généralement quand on en fait une, c’est que le type est très vieux ou que tout le monde sait qu’il est très malade ». Lui, se sent, au contraire, « biologiquement incontestable ». À croire que l’exercice de la scène conserve…

 

 

Stars Solidaires

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M, Benabar, Alain Chamfort, Ary Abittan, Alex Lutz, Bigflo et Oui, Booba, Charlotte Gainsbourg, Chimène Badi, Clovis Cornillac, David Guetta, Etienne Daho, Franck Dubosc, Gérard Lanvin, Gim’s, Guillaume Canet, IAM, Indochine , Jane Birkin, JJ Goldman, JP Belmondo, Julien Clerc, Kev Adams, Line Renaud, Omar Sy, Orelsan , Patricia Kaas, Patrick Bruel, Sandrine Kiberlain et des dizaines d’autres se mobilisent pour l’opération stars solidaires.  Tous ont choisi de partager une expérience unique ou de donner un objet collector qui a marqué leur vie lors d’une tombola au profit du personnel soignant.  Chaque ticket acheté (10 euros) est immédiatement employé pour commander et livrer des masques, blouses, échographes et autre matériel essentiel au personnel soignant. Dans l’hypothèse où il resterait de l’argent sur la cagnotte à la fin de la crise du Covid, l’équipe de Protège Ton soignant s’engage à investir la totalité des sommes restantes dans l’achat de matériel médical et de protection à destination des services de réanimation, afin d’être mieux préparé pour affronter toute crise sanitaire future. Les lots vont d’une journée avec la star de votre choix à un blouson de Johnny Hallyday, un disque d’or de David Guetta, une guitare de JJ Goldman ou un jean dédicacé de Charlotte Gainsbourg. Tirage au sort le 8 mai à 18h00. Participez !

RIP Christophe (1945-2020)

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Variété,  rock, chanson, techno, electro, il a habité tous les genres, leur a imprimé sa marque et les a souvent magnifiés. D’»Aline» à «Succès Fou», en passant par «Les Marionnettes» et «Les Mots Bleus», on ne retient souvent de lui qu’une poignée de chansons d’amour, classées au patrimoine national, alors que sa production, étalée sur près d’un demi-siècle («Aline» est sortie en 1965 ), est la plus importante/foisonnante/aventureuse de la scène française. Daniel Bevilacqua, alias Christophe, s’est éteint le 16 avril des suites d’un coronavirus à Brest ,  où il avait été transféré en urgence après avoir été placé en réanimation. Il avait 74 ans et souffrait depuis longtemps d’un emphysème pulmonaire. Habitué de la Côte d’Azur, il amarrait tous les étés son voilier à Port Grimaud (Var), où on pouvait exceptionnellement le rencontrer de jour lui qui ne vivait que la nuit. Christophe  a donné beaucoup de concerts dans notre région, notamment à Cannes. Mais on garde le souvenir d’une soirée particulièrement magique aux Nuits Guitare de Beaulieu, où, seul au piano, il avait revisité son répertoire, entrecoupant les chansons de longues confidences au public avant de le terrasser avec une version incroyable d’Aline mixée avec Creep de Radiohead (voir vidéo). On se souvient aussi d’une rencontre hallucinante, en 2008, dans son bunker de la rue du Montparnasse,  où on avait passé une partie de la  nuit à parler de musique et de cinéma, avant de descendre manger un morceau dans un chinois du quartier qu’il avait fait réouvrir à pas d’heure, juste pour nous…

 

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(Photos Lionel Bouffier/Nuits guitare)

On le trouve chez lui à la nuit tombée, quasiment en tenue de scène, les yeux cachés derrière des lunettes noires malgré la lumière tamisée, assis au piano, qui trône au milieu du salon. Ambiance Entretien avec un Vampire. La pièce est envahie d’instruments de musique, de meubles et d’objets chinés, de livres, de photos noir et blanc , de ses collections de postes de radio des années 30-40 et de disques vinyles (du blues essentiellement), d’un juke-box (en panne), de synthétiseurs vintage et de matériel électronique (également en panne, d’où, confesse-t-il, sa présence au piano). Une console d’enregistrement multipiste surplombée d’un antique micro de studio fait face à la fenêtre qui donne sur le boulevard. C’est là que Christophe pose ses voix en regardant les voitures glisser sur l’avenue : « Parfois on les entend un peu sur les bandes, ça ne me gêne pas ». On le conçoit, connaissant sa passion pour les bagnoles (de sport et italiennes de préférence) : « De l’histoire ancienne, jure-t-il. Cela fait dix ans que je n’ai plus de permis. Ils les font a points maintenant vous savez ? ». On sait.  « L’album Bevilacqua a marqué un tournant, raconte Christophe. Je venais de quitter Dreyfus et cela ne m’amusait plus d’enregistrer en studio. Je faisais déjà les faces B des 45 tours chez moi.Depuis, j’y enregistre pratiquement tout. Je ne vais en studio que pour les cordes, les chœurs et quelques instruments dont je ne joue pas. Pour «Aimer ce que nous sommes», on est allés à Londres et à Seville, faire les cordes avec Christophe Van Huffel. Carmine Appice nous a rejoint à Paris pour jouer de la batterie. Personne ne joue comme lui ». Comment l’inspiration vient-elle à Christophe ? « Je ne cherche pas, ce sont les chansons viennent à moi. Il y a bien longtemps que je n’ai pas composé à la guitare ou au piano avec un couplet et un refrain. Je cherche plutôt des choses qui n’existent pas. Ce qui me plaît, c’est le son. Ca part de là. Ma musique est instinctive purement émotionnelle. Ce n’est pas du rock, ni de la variété, c’est… varié ».  Variée, la conversation avec Christophe l’est également. On passe des courses de voitures («J’étais doué») au cinéma (qu’il adore), à ses dernières acquisitions sur internet (un original Sun de Little Richards, un 45 tours introuvable de Joe le Taxi), aux photos de spectateurs de ses concerts (qu’il prend et compile dans des albums), aux vidéos des derniers concerts parisiens de Jerry Lee Lewis ou de Little Richard qu’il a intégralement filmés malgré les remontrances des videurs, aux courts-métrages qu’il monte sur iMovie, à ses souvenirs de Nice où il a habité un an, près de la Place Massena, pour l’amour d’une fille… La nuit n’y suffirait pas. En prenant congé, on songe à cette phrase de Walter Pater (essayiste du XIXe siècle) citée en référence de l’album Beau Bizarre : «C’est l’étrangeté ajoutée à la beauté qui confère un caractère romantique à l’art ».

Nice : Reporté

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Mini festival Niçois, dédié au disque  vinyle, Mikrosillons, quatrième  du nom, devait se tenir du 17 au 19 avril en divers point de la villeavec le concours des disquaires et d’un certain nombre d’établissements. Une foire aux disques dans le hall de la gare des chemins de fer de provence, des animations, des DJ sets et des apéros-concerts étaient prévus…  Las,  le Covid-19 et les mesures de confinement ont contraint les organisateurs à jeter l’éponge. “Nous nous étions préparés à vous accueillir avec nos amis du Back Pack , Casa Becchio, Ooh Poo Pah Doo, Groovin’, vous organiser un beau Mikrosillons Vinyl Market à la Gare des Chemins de Fer de Provence, revoir nos amis et DJ’s italiens Disco Amor, DJ Smooth beatmaker, Francesco Florio, notent avec tristesse les organisateurs. Mais la vie c’est comme un vinyle, ça s’écoute en 45 ou 33 tours, ça saute, ça crépite, ça grésille et ça se “scratch”, bref toujours rempli de surprises !“.  Rendez-vous donc à “plus tard en 2020,  si tout va bien. On le souhaite !  

 

R.I.P Manu Dibango (1933-2020)

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L’immense saxophoniste Camerounais Manu Dibango est décédé le 24 mars 2020 à Paris des suites d’une infection au Covid-19. Il avait 86 ans et était devenu mondialement célèbre dans les années 80 après que Michael Jackson ait intégré un sample  de “Soul Makossa” , son plus grand succès, à la fin de “Wanna Be Staring Something” sur l’album Thriller. Rencontré au Midem de Cannes en 2011, où il était venu promouvoir l’album Past, Présent and Future,  Manu nous avait raconté le parcours incroyable de cette face B de 45 tours que Michael Jackson puis  RihannaPlease Don’t Stop »),  mais aussi Kanye West, Jay Z, Akon, Eminem et Jennifer Lopez ont tous samplé. Attablé à la terrasse du Majestic, le géant débonnaire  se souvenait : « C’est un titre que j’avais enregistré en 1972 pour la coupe d’Afrique de football. Comme le Cameroun  avait perdu la coupe, j’avais complètement arrêté de la jouer… Jusqu’à ce qu’un jour,  les commandes commencent à affluer des États-Unis. Apparemment, un DJ l’avait passée à la radio et d’’un coup, sans que personne n’ait compris ce qui se passait, la chanson était partout. Tu ne pouvais pas mettre un pied à New York sans l’entendre. Des années plus tard: rebelote, grâce à Michael Jackson, cette fois.  Ca a été un peu compliqué pour récupérer les droits, mais on est arrivés à un arrangement. Le problème, c’est qu’ensuite il a revendu les droits à Rihanna. Dieu sait que c’était un grand artiste, l’un des plus grands, paix à son âme. Mais les grands artistes font parfois de grandes bêtises».

Victoires de la Musique 2020

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Pour leur 35e édition, les Victoires de la musique avaient promis de faire table rase du passé avec un show resserré, moins de blabla et plus de musique. On a dû mal comprendre… Ouverte par un discours soi-disant improvisé du président de la cérémonie, Florent Pagny, qui a refait l’histoire des évolutions technologiques dans la musique depuis 35 ans (vinyle, CD MP3, streaming, après on n’a pas tout compris…), la soirée s’est poursuivie par une avalanche de rétrospectives, de medley et de best of des éditions précédentes en replay vidéo, introduits par pas moins de onze (11 !) présentateurs/trices différent(e)s. De la navrante Daphné Bürki, à l’incontournable Laurent Ruquier, la fine fleur du service public a squatté la Seine Musicale,  d’où le show était retransmis,  au point qu’on se serait cru aux défunts 7 d’Or plutôt qu’aux Victoires de la musique. On eut également droit à un sketch interminable de Stephane Bern sur la vie et l’œuvre de Florent Pagny et à une Victoire d’honneur surprise à Maxime Leforestier qui sentait un peu le sapin. 

Côté live, Angèle, grande favorite de la soirée (mais repartie avec la seule Victoire du meilleur concert), a ouvert le bal avec un medley de son premier (et unique) album . Vitaa et Slimane ont suivi avec un « Ca va, ça vient » de circonstance.  Victoire de la Chanson originale de l’année grâce au vote du public, ils dédieront leur trophée aux oubliés de la soirée – Soprano, Gims, Kendji Girac- histoire d’enfoncer le clou polémique sur les nominations « trop blanches ». Alain Souchon recordman de statuettes a entonné « Presque », extrait de son dernier et magnifique album qui lui a valu sa 10e Victoire (album de l’année). Clara Luciani (Artiste féminine de l’année, seule bonne surprise de la soirée)  a fait un bel hommage à Marie Laforêt, en duo avec Philippe Katerine. Hoshi, victime d’une panne de son (les joies du direct), s’est vengée d’un baiser féminin en gros plan. L’inénarrable Philippe Katerine, enroulé dans un boa en ballons de baudruche bleus en forme de mains, était visiblement « Stone avec toi ». Cela ne l’a pas empêché d’emporter la Victoire de l’Artiste masculin de l’année. Suzane (Révélation scène) a été comme prévu la vraie découverte de la soirée avec une version bien énervée de «SLT», sa chanson sur le harcèlement sexuel. Avant cela, la grande Catherine Ringer a fait le  best-of des Rita Mitsouko, qu’elle joue en tournée et c’était  le meilleur moment de la soirée. Le problème, c’est qu’elle ne faisait que commencer…