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Guy Bedos à Mouans-Sartoux

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En 2011,  nous avions rencontré Guy Bedos qui était, avec Stephane Hessel et Fred Vargas, la tête d’affiche du 24e Festival du livre de Mouans-Sartoux. Un festival pour lequel il n’avait pas hésité à interrompre les répétitions de son nouveau spectacle, Rideau ! qu’il devait créer à Paris en décembre et qui serait, on le sait aujourd’hui,  son dernier one man show. Quelques mois avant la présidentielle, dont François Hollande était le favori pour la gauche, la conversation avait naturellement tourné autour de cette échéance…

Votre choix est déjà fait?
En politique, il faut savoir choisir entre deux inconvénients, disait Françoise Giroux. Je crois que toute ma vie de citoyen aura été conditionnée par cet adage. Je suis toujours plus sûr de mes dégoûts que de mes goûts de toute façon.Et dans l’ambiance actuelle, je préfère voter pour des candidats qui ne m’emballent pas que pour cette droite qui a l’air de sortir d’un film de Costa Gavras…

Cela ne nous dit pas qui est votre favori?
Mon favori, c’est celui qui a le plus de chance de gagner…

François Hollande, donc?
On dit qu’il a beaucoup d’humour. En privé alors, parce que pour l’instant, je n’ai pas été spécialement fracassé par ses traits d’esprit. Quoiqu’en dise M. Sarkozy, je ne me sens pas en danger de concurrence. Le président aurait dit qu’on n’avait « pas besoin d’un Guy Bedos à la tête du PS ».Ce à quoi j’ai répondu que je n’avais pas besoin du PS pour n’en faire qu’à ma tête…

Ca promet pour la tournée qui va se dérouler pendant la campagne présidentielle…
Je commence en décembre au théâtre du Rond-point et je compte bien y revenir en mai pour commenter les résultats du scrutin. J’aurais peut-être, enfin, le droit de redire du mal de la gauche?

Le titre du spectacle « Rideau! » suggère que ce pourrait être votre tournée d’adieu…
Disons d’au revoir. Je ne voudrais pas faire le spectacle de trop. J’ai réalisé récemment que je pourrais être le père de Christine Lagarde et ça m’a filé un coup au moral (rires). Alors ce sera peut-être bien le dernier, oui. Mais je ne vais pas me tuer tout de suite non plus.Il va encore falloir me supporter un moment. Je compte bien continuer à écrire.

Parlez-nous justement de votre dernier livre, « Plans Rapprochés », que vous allez présenter à Mouans-Sartoux
C’est une galerie de portraits de gens que j’aime .. Ou que j’aime moins! J’ai d’abord eu envie de parler des morts qui me manquent, comme Simone Signoret ou Desproges… J’ai un véritable cimetière dans ma poitrine. Ce sont aussi des rencontres qui m’ont marqué. À la fin, c’était un peu trop gentil. J’ai été obligé de rajouter des vacheries sur Zemmour, Kouchner ou Charasse, pour ne pas trop ternir ma réputation …

Vous êtes un habitué du Festival de Mouans Sartoux… 
Oui, j’adore Mouans-Sartoux. Il y a un côté « vivre ensemble » comme dirait Martine Aubry. J’aime l’ambiance du festival, les gens qu’on y rencontre. Et si j’en juge par le programme, je ne suis pas le seul à succomber à son charme!

Guy Bedos : Rideau !

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Guy Bedos a tiré sa révérence le 28 mai. Retiré de la scène depuis plusieurs années, il avait présenté en 2011-2012 son dernier spectacle intitulé Rideau ! On avait eu la chance de le voir en février 2012 à Acropolis, Nice. Un dernier tour de piste en forme d’apothéose… 

A 77 ans, Guy Bedos tient une forme du tonnerre.Sur scène, tout de noir vêtu comme à son habitude, il trottine, boxe l’air, s’allonge comme sur un divan: «Vous êtes mes psys.Pourquoi j’irais payer pour voir un type qui ne rit même pas et n’applaudit jamais? ».Il s’assoit au bord de la scène pour remercier son public les yeux dans les yeux : « Il n’y a qu’ici que je suis bien.A la maison tout le monde me coupe la parole! ». La concurrence de son fils, Nicolas, ne le gène pas. Au contraire, elle le réjouit et le galvanise : « Ca me soulage bien qu’il ait du succès.Jusque-là, il vivait largement au-dessus de mes moyens ».
Séquence nostalgie quand l’humoriste refait le sketch des Salopes. Hot Vidéo a remplacé entre ses mains Lui.Pas sûr qu’on y trouve les grands reportages qui servaient d’alibi pour acheter « Le magazine de l’homme moderne »… Le final est un grand moment d’émotion partagée.Bedos y reprend son antienne : La vie est une comédie italienne. « Comediante! Tragediante! Tu ris, tu pleures! Tu pleures, tu ris! Tu vis, tu meurs… ».Parfois le souffle vient à manquer, la voix s’étreint d’émotion. Alors, il fait reprendre en chœur « Ce n’est qu’un au revoir ». La salle ne boude pas son plaisir. Ravis de ce dernier tour de piste en forme d’apothéose, ses fidèles lui font un triomphe. « Pas de standing ovation! supplie pourtant l’artiste.Généralement quand on en fait une, c’est que le type est très vieux ou que tout le monde sait qu’il est très malade ». Lui, se sent, au contraire, « biologiquement incontestable ». À croire que l’exercice de la scène conserve…

 

 

Nellcote Forever

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Tous les fans connaissent l’histoire par coeur. Au printemps 1971, les Stones, quittent l’Angleterre pour échapper aux impôts. Les exilés fondent sur le sud de la France : Jagger s’installe à Mougins dans un immense domaine à moitié désaffecté, Charlie Watts s’achète une ferme en Arles, Bill Wyman se pose  à Grasse où il voisine avec Mick Taylor. Keith Richards, sa femme Anita Pallenberg et leur fils Marlon investissent la Villa Nellcote à Saint- Jean-Cap-Ferrat. Le groupe y enregistrera son chef d’oeuvre : Exile On Main Street. L’album est sorti en mai 1972, il y a tout juste 48 ans…

La maison, construite en 1899 sur les ruines d’une ancienne batterie militaire, avec ses grilles dignes de Versailles, sa façade ornée de colonnes ioniques en marbre, ses escaliers monumentaux et ses jardins à la française qui descendent jusqu’à la mer, est un véritable palais. Louée pour deux ans avec option d’achat, au prix de mille livres sterling par semaine, Nellcôte  servira, pendant huit mois, de squatt à toute la tribu gravitant autour des Rolling Stones. Femmes, enfants, musiciens, producteur, managers, roadies, visiteurs célèbres (John Lennon, Paul McCartney, Gram Parsons, Eric Clapton… ), dealers et gamins du village s’y incrustent, campent dans les salons, sur les terrasses, sur les pelouses et s’éclatent au soleil dans une atmosphère de fête dionysiaque ininterrompue, comme la Côte d’Azur n’en avait plus connu depuis l’époque héroïque où Scott Fitzgerald, Zelda et Hemingway hantaient le cap d’Antibes. La tribu ne s’en échappe que pour participer à d’autres fêtes, plus folles encore, comme celle donnée le 12 mai à Saint-Tropez pour le mariage de Mick Jagger. A partir du mois de juillet, grâce au studio mobile récemment acquis par les Stones (et à un câble d’alimentation tiré d’une villa voisine, si l’on en croit la légende), le groupe commence à enregistrer à Nellcote  le successeur de Sticky Fingers, leur dernier album. La villa est rebaptisée « Café Keith » et ne désemplit plus jusqu’à la fin des séances, en novembre. Du matin au soir, les échos des guitares électriques suramplifiées traversent la baie de Villefranche. Ceux des frasques de la tribu (cambriolages, bagarres, port d’armes, livraisons de drogue, accidents de voitures…) finissent également par parvenir jusqu’aux oreilles des autorités. Au point d’entraîner bientôt le départ précipité de toute la troupe vers une nouvelle terre d’exil

(Photo Dominique Tarlé)

Dans l’intervalle, le groupe aura eu le temps d’enregistrer, dans les caves de Nellcôte, ce que les amateurs considèrent comme son chef-d’œuvre : Exile on Main Street, un double album gorgé de soleil et de guitares. Un disque aux sonorités bluesy et country, que l’on croit inspiré des voyages des Stones aux Etats-Unis, alors qu’il fut écrit sur un bout de table immense, encombrée de chandeliers, de bouteilles vides et de cendriers remplis à ras bord ou sur un bord de terrasse surplombant la baie de Villefranche. Si cette histoire fait encore partie, presqu’un demi siècle après (l’album est sorti le 26 mai 1972), de la mythologie stonienne, c’est essentiellement à cause de quelques photos en noir et blanc prises sur place par un jeune photographe français, Dominique Tarlé. Publiées par quelques rares magazines de rock, elles collaient si parfaitement à l’atmosphère du disque qu’elles en sont devenues indissociables et, à leur tour, mythiques. Membre à part entière de la tribu, Tarlé a vécu plusieurs mois à Nellcote , photographiant sans relâche et dans l’indifférence générale tout ce qui s’y passait. Puis, comme emporté lui aussi par le maelström stonien, il avait disparu avec son trésor. Il n’est réapparu qu’en 2001 avec Exile, un luxueux livre de photos qui fait revivre cette étonnante épopée rock’n’rollienne, mi-album de famille, mi-making of, souvenir d’un temps où les demi-dieux du rock étaient encore humains et approchables. Un temps qui ne reviendra plus. Nellcote, par contre, est toujours là, solidement plantée avenue Louise-Bordes, aussi imposante et mystérieuse que la  Maison Usher, derrière ses immenses grilles dorées à l’or fin. Le jardin, tiré au cordeau, n’a plus rien de la jungle luxuriante où Keith avait échoué Mandrax, son Riva au moteur explosé et la bâtisse a subi ces dernières années des travaux de rénovations pharaoniques qui l’ont transformé en palazzo itialien.  Les quelques fans qui y viennent encore régulièrement en pèlerinage sont tenus à l’écart par un système de surveillance vidéo sophistiqué et se contentent de se prendre en photo devant la grille. Le régisseur, que l’on voit arriver du bout de l’allée à bord d’une voiturette Jaguar si l’on sonne à la porte, est très courtois, mais aussi muet qu’une tombe sur les actuels occupants de la maison, propriétaires d’un véritable « monument historique du rock » 

Stars Solidaires

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M, Benabar, Alain Chamfort, Ary Abittan, Alex Lutz, Bigflo et Oui, Booba, Charlotte Gainsbourg, Chimène Badi, Clovis Cornillac, David Guetta, Etienne Daho, Franck Dubosc, Gérard Lanvin, Gim’s, Guillaume Canet, IAM, Indochine , Jane Birkin, JJ Goldman, JP Belmondo, Julien Clerc, Kev Adams, Line Renaud, Omar Sy, Orelsan , Patricia Kaas, Patrick Bruel, Sandrine Kiberlain et des dizaines d’autres se mobilisent pour l’opération stars solidaires.  Tous ont choisi de partager une expérience unique ou de donner un objet collector qui a marqué leur vie lors d’une tombola au profit du personnel soignant.  Chaque ticket acheté (10 euros) est immédiatement employé pour commander et livrer des masques, blouses, échographes et autre matériel essentiel au personnel soignant. Dans l’hypothèse où il resterait de l’argent sur la cagnotte à la fin de la crise du Covid, l’équipe de Protège Ton soignant s’engage à investir la totalité des sommes restantes dans l’achat de matériel médical et de protection à destination des services de réanimation, afin d’être mieux préparé pour affronter toute crise sanitaire future. Les lots vont d’une journée avec la star de votre choix à un blouson de Johnny Hallyday, un disque d’or de David Guetta, une guitare de JJ Goldman ou un jean dédicacé de Charlotte Gainsbourg. Tirage au sort le 8 mai à 18h00. Participez !

RIP Christophe (1945-2020)

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Variété,  rock, chanson, techno, electro, il a habité tous les genres, leur a imprimé sa marque et les a souvent magnifiés. D’»Aline» à «Succès Fou», en passant par «Les Marionnettes» et «Les Mots Bleus», on ne retient souvent de lui qu’une poignée de chansons d’amour, classées au patrimoine national, alors que sa production, étalée sur près d’un demi-siècle («Aline» est sortie en 1965 ), est la plus importante/foisonnante/aventureuse de la scène française. Daniel Bevilacqua, alias Christophe, s’est éteint le 16 avril des suites d’un coronavirus à Brest ,  où il avait été transféré en urgence après avoir été placé en réanimation. Il avait 74 ans et souffrait depuis longtemps d’un emphysème pulmonaire. Habitué de la Côte d’Azur, il amarrait tous les étés son voilier à Port Grimaud (Var), où on pouvait exceptionnellement le rencontrer de jour lui qui ne vivait que la nuit. Christophe  a donné beaucoup de concerts dans notre région, notamment à Cannes. Mais on garde le souvenir d’une soirée particulièrement magique aux Nuits Guitare de Beaulieu, où, seul au piano, il avait revisité son répertoire, entrecoupant les chansons de longues confidences au public avant de le terrasser avec une version incroyable d’Aline mixée avec Creep de Radiohead (voir vidéo). On se souvient aussi d’une rencontre hallucinante, en 2008, dans son bunker de la rue du Montparnasse,  où on avait passé une partie de la  nuit à parler de musique et de cinéma, avant de descendre manger un morceau dans un chinois du quartier qu’il avait fait réouvrir à pas d’heure, juste pour nous…

 

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(Photos Lionel Bouffier/Nuits guitare)

On le trouve chez lui à la nuit tombée, quasiment en tenue de scène, les yeux cachés derrière des lunettes noires malgré la lumière tamisée, assis au piano, qui trône au milieu du salon. Ambiance Entretien avec un Vampire. La pièce est envahie d’instruments de musique, de meubles et d’objets chinés, de livres, de photos noir et blanc , de ses collections de postes de radio des années 30-40 et de disques vinyles (du blues essentiellement), d’un juke-box (en panne), de synthétiseurs vintage et de matériel électronique (également en panne, d’où, confesse-t-il, sa présence au piano). Une console d’enregistrement multipiste surplombée d’un antique micro de studio fait face à la fenêtre qui donne sur le boulevard. C’est là que Christophe pose ses voix en regardant les voitures glisser sur l’avenue : « Parfois on les entend un peu sur les bandes, ça ne me gêne pas ». On le conçoit, connaissant sa passion pour les bagnoles (de sport et italiennes de préférence) : « De l’histoire ancienne, jure-t-il. Cela fait dix ans que je n’ai plus de permis. Ils les font a points maintenant vous savez ? ». On sait.  « L’album Bevilacqua a marqué un tournant, raconte Christophe. Je venais de quitter Dreyfus et cela ne m’amusait plus d’enregistrer en studio. Je faisais déjà les faces B des 45 tours chez moi.Depuis, j’y enregistre pratiquement tout. Je ne vais en studio que pour les cordes, les chœurs et quelques instruments dont je ne joue pas. Pour «Aimer ce que nous sommes», on est allés à Londres et à Seville, faire les cordes avec Christophe Van Huffel. Carmine Appice nous a rejoint à Paris pour jouer de la batterie. Personne ne joue comme lui ». Comment l’inspiration vient-elle à Christophe ? « Je ne cherche pas, ce sont les chansons viennent à moi. Il y a bien longtemps que je n’ai pas composé à la guitare ou au piano avec un couplet et un refrain. Je cherche plutôt des choses qui n’existent pas. Ce qui me plaît, c’est le son. Ca part de là. Ma musique est instinctive purement émotionnelle. Ce n’est pas du rock, ni de la variété, c’est… varié ».  Variée, la conversation avec Christophe l’est également. On passe des courses de voitures («J’étais doué») au cinéma (qu’il adore), à ses dernières acquisitions sur internet (un original Sun de Little Richards, un 45 tours introuvable de Joe le Taxi), aux photos de spectateurs de ses concerts (qu’il prend et compile dans des albums), aux vidéos des derniers concerts parisiens de Jerry Lee Lewis ou de Little Richard qu’il a intégralement filmés malgré les remontrances des videurs, aux courts-métrages qu’il monte sur iMovie, à ses souvenirs de Nice où il a habité un an, près de la Place Massena, pour l’amour d’une fille… La nuit n’y suffirait pas. En prenant congé, on songe à cette phrase de Walter Pater (essayiste du XIXe siècle) citée en référence de l’album Beau Bizarre : «C’est l’étrangeté ajoutée à la beauté qui confère un caractère romantique à l’art ».

Nice : Reporté

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Mini festival Niçois, dédié au disque  vinyle, Mikrosillons, quatrième  du nom, devait se tenir du 17 au 19 avril en divers point de la villeavec le concours des disquaires et d’un certain nombre d’établissements. Une foire aux disques dans le hall de la gare des chemins de fer de provence, des animations, des DJ sets et des apéros-concerts étaient prévus…  Las,  le Covid-19 et les mesures de confinement ont contraint les organisateurs à jeter l’éponge. “Nous nous étions préparés à vous accueillir avec nos amis du Back Pack , Casa Becchio, Ooh Poo Pah Doo, Groovin’, vous organiser un beau Mikrosillons Vinyl Market à la Gare des Chemins de Fer de Provence, revoir nos amis et DJ’s italiens Disco Amor, DJ Smooth beatmaker, Francesco Florio, notent avec tristesse les organisateurs. Mais la vie c’est comme un vinyle, ça s’écoute en 45 ou 33 tours, ça saute, ça crépite, ça grésille et ça se “scratch”, bref toujours rempli de surprises !“.  Rendez-vous donc à “plus tard en 2020,  si tout va bien. On le souhaite !  

 

R.I.P Manu Dibango (1933-2020)

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L’immense saxophoniste Camerounais Manu Dibango est décédé le 24 mars 2020 à Paris des suites d’une infection au Covid-19. Il avait 86 ans et était devenu mondialement célèbre dans les années 80 après que Michael Jackson ait intégré un sample  de “Soul Makossa” , son plus grand succès, à la fin de “Wanna Be Staring Something” sur l’album Thriller. Rencontré au Midem de Cannes en 2011, où il était venu promouvoir l’album Past, Présent and Future,  Manu nous avait raconté le parcours incroyable de cette face B de 45 tours que Michael Jackson puis  RihannaPlease Don’t Stop »),  mais aussi Kanye West, Jay Z, Akon, Eminem et Jennifer Lopez ont tous samplé. Attablé à la terrasse du Majestic, le géant débonnaire  se souvenait : « C’est un titre que j’avais enregistré en 1972 pour la coupe d’Afrique de football. Comme le Cameroun  avait perdu la coupe, j’avais complètement arrêté de la jouer… Jusqu’à ce qu’un jour,  les commandes commencent à affluer des États-Unis. Apparemment, un DJ l’avait passée à la radio et d’’un coup, sans que personne n’ait compris ce qui se passait, la chanson était partout. Tu ne pouvais pas mettre un pied à New York sans l’entendre. Des années plus tard: rebelote, grâce à Michael Jackson, cette fois.  Ca a été un peu compliqué pour récupérer les droits, mais on est arrivés à un arrangement. Le problème, c’est qu’ensuite il a revendu les droits à Rihanna. Dieu sait que c’était un grand artiste, l’un des plus grands, paix à son âme. Mais les grands artistes font parfois de grandes bêtises».

MotoGP : l’année Quartararo

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Après une première saison de MotoGP riche en émotions, en poles et en podiums, tous les espoirs sont permis pour  Fabio Quartararo, 20 ans, qui pilotera cette année une Yamaha d’usine. Sacré “meilleur rookie” (débutant),  la saison dernière, plus jeune poleman de l’histoire de la MotoGP, le pilote Niçois figure parmi les favoris pour le titre mondial 2020. Toujours très rapide aux essais, Fabio a brillé aux premiers tests d’avant saison, où il étrennait sa nouvelle machine, alors que son grand rival Marc Marquez, qui l’a privé l’an dernier d’une première victoire en Grand Prix à San Marin (Italie),  était à la peine sur sa Honda.  On l’attend aux avant postes cette saison,  avant qu’il n’aille remplacer son idole Valentino Rossi  chez Yamaha. El Diablo, comme on le surnomme sur le circuit,  a en effet déjà signé son contrat pour être le top pilote de l’usine japonaise  la saison prochaine.

 

Victoires de la Musique 2020

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Pour leur 35e édition, les Victoires de la musique avaient promis de faire table rase du passé avec un show resserré, moins de blabla et plus de musique. On a dû mal comprendre… Ouverte par un discours soi-disant improvisé du président de la cérémonie, Florent Pagny, qui a refait l’histoire des évolutions technologiques dans la musique depuis 35 ans (vinyle, CD MP3, streaming, après on n’a pas tout compris…), la soirée s’est poursuivie par une avalanche de rétrospectives, de medley et de best of des éditions précédentes en replay vidéo, introduits par pas moins de onze (11 !) présentateurs/trices différent(e)s. De la navrante Daphné Bürki, à l’incontournable Laurent Ruquier, la fine fleur du service public a squatté la Seine Musicale,  d’où le show était retransmis,  au point qu’on se serait cru aux défunts 7 d’Or plutôt qu’aux Victoires de la musique. On eut également droit à un sketch interminable de Stephane Bern sur la vie et l’œuvre de Florent Pagny et à une Victoire d’honneur surprise à Maxime Leforestier qui sentait un peu le sapin. 

Côté live, Angèle, grande favorite de la soirée (mais repartie avec la seule Victoire du meilleur concert), a ouvert le bal avec un medley de son premier (et unique) album . Vitaa et Slimane ont suivi avec un « Ca va, ça vient » de circonstance.  Victoire de la Chanson originale de l’année grâce au vote du public, ils dédieront leur trophée aux oubliés de la soirée – Soprano, Gims, Kendji Girac- histoire d’enfoncer le clou polémique sur les nominations « trop blanches ». Alain Souchon recordman de statuettes a entonné « Presque », extrait de son dernier et magnifique album qui lui a valu sa 10e Victoire (album de l’année). Clara Luciani (Artiste féminine de l’année, seule bonne surprise de la soirée)  a fait un bel hommage à Marie Laforêt, en duo avec Philippe Katerine. Hoshi, victime d’une panne de son (les joies du direct), s’est vengée d’un baiser féminin en gros plan. L’inénarrable Philippe Katerine, enroulé dans un boa en ballons de baudruche bleus en forme de mains, était visiblement « Stone avec toi ». Cela ne l’a pas empêché d’emporter la Victoire de l’Artiste masculin de l’année. Suzane (Révélation scène) a été comme prévu la vraie découverte de la soirée avec une version bien énervée de «SLT», sa chanson sur le harcèlement sexuel. Avant cela, la grande Catherine Ringer a fait le  best-of des Rita Mitsouko, qu’elle joue en tournée et c’était  le meilleur moment de la soirée. Le problème, c’est qu’elle ne faisait que commencer… 

Canine à Antibes

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Toujours à l’avant garde, Anthéa était la première salle azuréenne à programmer Canine depuis la sortie de Dune, premier album de cette formation féminine conduite par la Niçoise Magali Cotta. Rarement on aura autant attendu le retour d’une enfant du pays pour découvrir enfin son travail en live. On n’a pas été déçu. Entourée de 4 chanteuses, d’une pianiste et d’une percussionniste, sur un espace scénique seulement constitué d’un podium et d’un écran de fond de scène changeant de couleur en fonction des morceaux, Canine se présente masquée (et ses choristes voilées) dans une pénombre  dont elle ne sortira qu’à mi concert pour enfin jeter le masque et apparaître en pleine lumière. Le concert est essentiellement choral avec accompagnement de piano, de batterie (physique et électronique) et de boucles de synthès. En reine des abeilles, Canine mène le bal d’une belle voix soul, soutenue par les harmonies vocales de ses quatre accompagnantes. La prestation est dense, puissante, hypnotique. Courte, aussi (à peine plus d’une heure rappel compris , car la formation n’a qu’un album à défendre. Une reprise a capella de “Girls Just Wanna Have Fun” complète la setlist et apporte une touche de second degré bienvenue. Le visuel est essentiellement assuré par les éclairages (superbes) et les discrètes chorégraphies des chanteuses qui changent constamment de poses. La communication avec le public est réduite au minimum : bonjour, merci, au revoir. Une performance théâtrale qui avait effectivement toute sa place à Anthéa. On espère revoir bientôt Canine en concert dans la région. En festival peut-être ?

 

 

Pascal Obispo à Nice

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Après quelques années au creux de la vague, Pascal Obispo a retrouvé le succès et les Zéniths  pour sa nouvelle tournée qui passait le 18 octobre par le Palais Nikaia à Nice. Entouré de 6 musiciens, dont l’irremplaçable Pierre Jaconelli aux guitares, il  y a présenté un spectacle best of de sa carrière,  avec une scénographie et des lumières absolument superbes. Moment fort du show, la séquence nostalgie avec “Lucie”, sur laquelle le chanteur fait monter sur scène une Lucie locale (carte d’identité exigée), s’est transformée en énorme  fou-rire grâce à la charmante désinvolture de la Lucie niçoise choisie au fond de la salle.  Obispo a eu du mal à reprendre son sérieux pour le reste du show,  mais la séquence a définitivement brisé la glace et le spectacle s’est terminé en standing ovation.

 

 

Sting à Nikaïa

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Après un concert sold-out cet été au Sporting Summer Festival de Monaco, Sting était de retour sur la Côte d’Azur samedi  pour un autre concert complet à Nikaia Nice, où près de 9000 spectateurs l’attendaient. Le bras en écharpe (problème à l’épaule), l’ex-leader de Police n’a pas pu jouer de la basse,  mais il s’est rattrapé au chant,  avec tous les tubes  de sa  prolifique carrière, réarrangés pour l’album My Songs. La voix est toujours là, puissante et haut perchée. Les fans ont pu découvrir en live les nouvelles versions d’  “Englishman In New York,” “Fields Of Gold,” “Shape Of My Heart,” “Every Breath You Take,” “Roxane,” ou “Message In A Bottle”, jouées par un groupe efficace mais un peu  impersonnel. D’une musicalité sans défaut, le show est agréable à regarder et à écouter, mais ne décolle jamais vraiment. Du classic rock de salon. Le public des gradins est resté sagement assis jusqu’au rappel.

 

 

Patrick Dempsey à Cannes

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Il n’a pas eu besoin d’exhiber sa « Grey’s Anatomie » pour faire Evènement,  à l’ouverture du Mipcom 2019 : le séduisant docteur Shepherd de la série américaine bénéficie dans notre pays d’une cote de popularité élevée depuis sa participation à la série de Canal + La Vérité sur l’affaire Harry Quebert et (surtout) son rôle de père putatif du Bridget Jones’ Baby. Venu présenter la nouvelle série de Sky Studios, Devils, dans laquelle il joue le rôle d’un patron de banque sans scrupule (diffusion prévue sur OCS), Patrick Dempsey a joué les « bons petits diables » sur le tapis rouge du Mipcom, en répondant avec le sourire aux questions des journalistes et des blogueurs.« Honoré et ravi » de recevoir le prix d’Excellence de CanneSeries , où il avait dévoilé l’an dernier La Vérité sur l’affaire Harry Quebert, l’acteur américain confie avoir vécu une de ses plus grandes émotions en montant les marches du palais des festivals « Être ici avec une série réalisée par un grand cinéaste comme Jean-Jacques Annaud, c’était comme un rêve devenu réalité pour moi qui n’ai jamais été sélectionné au Festival de Cannes.Cela montre l’importance qu’ont prise les séries.Désormais les meilleures histoires se racontent sur le format long que permet la série plutôt qu’au cinéma ».

Très francophile (« À cause des 24 heures du Mans ! »), Patrick Dempsey affirme être prêt à tourner à nouveau en France : « J’adore votre pays et il me le rend bien.Grey’s Anatomy a eu beaucoup de succès ici et, maintenant que j’ai levé le pied sur les courses automobiles, je vais avoir le temps de tourner en Europe ».Le pilote émérite qu’il est aura-t-il aussi le temps d’aller faire quelques tours de circuit au Castellet ?« Pas cette fois hélas.Mais je suis venu faire des essais,  il y a deux ans avec les séries Le Mans et j’ai adoré le tracé du circuit Paul Ricard ».Après une saison complète de course en endurance, Patrick Dempsey affirme avoir « atteint (ses) objectifs » et souhaite se consacrer désormais à son métier d’acteur et à sa famille. Aurait-il finalement obtenu la garde alternée du bébé de Bridget Jones ? « Ah non ! assure-t-il en rigolant.Je ne sais pas ce qu’il devient d’ailleurs, les producteurs doivent parler avec Renée Zellwegger pour une suite, mais je n’ai pas de nouvelles pour l’instant.Ça viendra peut-être, qui sait ? En tout cas, c’était un tournage génial. Quand je vous dis que j’adore travailler en Europe ! »

Jeanne Added à Monaco

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Un tour de force que ce Both Sides Tour entamé en solo par Jeanne Added. Seule sur une scène centrale, semblable à un ring de boxe, la chanteuse peroxydée et tout de noir vétue, chante et danse sur une bande son de ses principaux titres remixés techno. La performance est autant chorégraphique que vocale et devient de plus en plus minimale au fil du show,  jusqu’à finir a cappela au milieu du public. Le rapport des spectateurs à l’artiste et à ses chansons est alors on ne peut plus direct et frontal. L’expérience,  étrange mix de Camille,  de Christine and the Queens et de Merce Cunningham,  est étonnante et ne peut laisser indifférent. Avec ce show ovniesque (dont, à la demande de l’artiste, on ne donnera pas trop de détails ni d’images,  histoire d’en laisser la surprise aux futurs spectateurs),  Jeanne Added confirme l’originalité et le talent  qui lui ont déjà valu plusieurs Victoires. Coup de chapeau au  Grimaldi Forum de Monaco  pour avoir  repéré et programmé ce spectacle étonnant avant tout le monde.

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Little Steven à Monaco

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Les absents ont toujours tort, mais parfois plus qu’à d’autres. La meilleure tournée rock de l’année passait le 31 août par Monaco et, malgré le prix modique des places (35 euros),   il y avait des rangs vides dans la minuscule salle Garnier pour voir Little Steven et les Disciples of Soul. Pour appuyer la sortie de son excellent nouvel album solo Summer of Sorcery (le premier depuis 20 ans !), le guitariste et bras droit de Bruce Springsteen dans le E Street Band a concocté avec ses Disciples une énorme revue soul et rhythm’n’blues,  qui célèbre le son du « Jersey Shore » et la musique américaine des années 50-60. Malgré l’assistance réduite (300 spectateurs) et, au début,  légèrement amorphe, Steve Van Zandt et son groupe (10 musiciens et 3 choristes spectaculaires) ont donné 2 heures et demi d’un show d’une générosité Springsteenienne (quand tu crois que c’est fini, ça fait que commencer)  dans le cadre somptueux de l’opéra de Monaco. Tout l’album y est passé presque dans l’ordre (“Communion” en ouverture, “Summer of Sorcery” en clôture),  avec un medley de titres écrits pour Southside Johnny, un autre en hommage au girls group des années 60 etSun City” au rappel. Le tout avec un son nickel chrome (bravo à l’ingénieur du son: 14 musicos à balancer ça ne doit pas du gâteau),  une bonne humeur communicative et une énorme générositéLe plus formidable concert qu’on ait vu dans cette salle mythique  depuis ceux de Prince en 2009. Difficile de rêver meilleure clôture pour le Sporting Summer Festival 2019.