Ça vient de sortir

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Rolling Stones Unzipped

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Par Ph.D

Tout le monde ne pourra pas aller visiter l’expo Rolling Stones Unzipped à Marseille et c’est bien dommage car elle est superbe. Par contre,  tout le monde pourra se procurer chez son libraire, à un prix d’ami,  le volumineux catalogue de l’expo qu’a eu la bonne idée de publier la maison Flammarion avec une distribution à l’échelle nationale. Plus un beau livre qu’un catalogue d’ailleurs, l’ouvrage viendra compléter la collection déjà fournie des fans en la matière. Les 400 artefacts présentés dans l’exposition (costumes, carnets, instruments, maquettes, pochettes, affiches…) y sont photographiés et commentés dans une présentation luxueuse, sous une jaquette rigide noir et rouge du meilleur effet. Sa lecture offre une plongée immersive au coeur de l’univers Stones,  en même temps qu’un souvenir-hommage à la ville rebelle qui les a si souvent accueillis. Indispensable.

 

Philippe Grimbert: Les morts ne nous aiment plus

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Par Denis Allard

Paul est un écrivain, psychanalyste et conférencier renommé. Son sujet de prédilection lors de ses colloques est le deuil, qu’il connaît bien, ayant lui-même perdu autrefois un enfant. Un jour, il frôle la mort suite à un arrêt cardiaque. Sauvé in extremis par sa femme, il devra à son tour subir le décès soudain et dramatique de son épouse dans un accident de voiture. Rongé par la culpabilité, Paul plonge alors dans un état dépressif sans espoir de sortie. Sa rencontre avec Jacob Shade, créateur de la société Ternity, lui offre la solution : utiliser l’intelligence artificielle et les datas pour continuer à dialoguer avec l’avatar de son épouse dans « l’au-delà ». Mais la déception arrive vite. Dans ce roman plein de suspense, Philippe Grimbert revisite le mythe d’Orphée en version 2.0. Le thème du temps constitue le fil rouge de l’histoire ou comment faire perdurer le lien à l’autre en le dépassant. Il nous invite également à réfléchir sur les promesses des nouvelles technologies qui repoussent sans cesse les limites jusqu’à prétendument dépasser la mort. Un récit fort, émouvant et surtout lucide sur notre époque.

 

François Rousseaux : Pour tout l’or du monde

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Par MAB

Quelle malédiction a frappé la région nantaise en 2011 et 2017 ? Il y eut d’abord la trop fameuse affaire Dupont de Ligonnès. Celle que la revue Society  a minutieusement revisitée récemment, raflant au passage des records de tirage en kiosque avant la publication d’un livre et bientôt d’une adaptation en série. Puis six ans plus tard, celle de la famille Troadec. Tout aussi hallucinante. Tout aussi sanglante. C’est donc la seconde qui nous intéresse aujourd’hui. Pour la bonne raison que le journaliste François Rousseaux, vient de lui consacrer un livre enquête publié chez Fayard. Rappel des faits : Dans la nuit du 16 au 17 février 2017, à Orvault dans la banlieue Nantaise, un couple et ses deux enfants disparaissent. Pascal, Brigitte, Sébastien et Charlotte Troadec ne répondent plus aux appels. Pascal ne se présente pas à son travail. Brigitte, non plus. La voiture de Sébastien s’est volatilisée et quand la police parvient à entrer au domicile familial, elle constate l’absence de corpsFrançois Rousseaux a – comme Florence Aubenas pour  L’inconnu de la poste  – mis plusieurs années à compiler les éléments. Ce qui l’intriguait dans cette tragédie, c’est d’abord cette histoire de pièces d’or. Une caisse entière disparue à l’aube de la seconde guerre mondiale lorsque l’on évacuait à la hâte la réserve de la banque de France vers le Canada. Le père de Pascal l’aurait trouvée sur un chantier de Brest. Il se serait confié à son fils, avant de mourir. En l’absence de magot, Renée Troadec, la mère, Hubert Caouissin, le gendre et Lydie Caouissin Troadec la sœur, sont persuadés que Pascal l’a détournée… Le livre de François Rousseaux dresse un portrait sensible et circonstancié de chacun des protagonistes : les victimes, les accusés mais aussi les acteurs judiciaires. L’ensemble avance comme une série, ménageant même un bon suspense pour qui ne connaît pas l’épilogue. Le procès va se tenir aux Assises de Loire Atlantique à partir du 21 juin prochain et deux positions vont s’affronter : un meurtre calculé selon la partie civile, même si l’accusation n’a pas retenu la préméditation ou alors l’accident absurde, une bagarre qui aurait très mal tourné,  selon la défense ? A vous de juger après lecture.

Billy Gibbons : Hardware

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Par Ph.D

Il faudrait plus qu’une misérable épidémie de coronavirus pour arrêter Billy F . Gibbons. Décidément infatigable,  le guitariste de ZZ Top revient avec un nouvel album solo alors que le précédent, The Big Bad Blues paru en 2018 tourne encore régulièrement sur nos platines. Différence notable, alors que le précité était un éloge de la lenteur bluesy, Billy a remis la gomme pour ces 11 titres de rock’n’roll pied au plancher qui dépotent sévèrement. Le titre ne ment pas:  c’est du costaud ! Contrairement à son pote Angus, radin du solo sur le dernier AC/DC, Billy envoie la cavalerie sur quasiment tous les titres, doublant même la mise sur le bien nommé “She’s on fire“,  un des sommets de l’album. C’est si vrai qu’on se demande ce qui a empêché notre barbu préféré de reformer son “vieux petit groupe du Texas” pour cet album,  qui aurait largement pu figurer dans le Top (10) du (ZZ) Top.

The Mosquito Coast

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Par Phil Inout

Le Pitch

Allie (Justin Theroux), sa compagne Margot (Melissa George), et leurs enfants, Dina (Logan Polish) et Charlie (Gabriel Bateman), vivent modestement dans la campagne californienne où Allie, inventeur sans brevet,  essaie d’élever ses enfants loin de la folie du modernisme.  Mais ils se cachent sous une fausse identité et la National Security Agency est à leur trousse. Avant que la police ne débarque dans leur planque, ils doivent fuir au Mexique en passant par le désert. Une route semée d’embûches…

Ce qu’on en pense

Inspiré du roman de Paul Theroux, dont  Peter Weir  fit une mémorable adaptation au cinéma en 1986, avec Harrison Ford dans le rôle du père, The Mosquito Coast prend beaucoup de libertés avec le livre pour faire du héros Allie (incarné par le neveu de l’auteur, Justin Theroux), non plus un écolo fanatique mais un inventeur déçu recherché par la NSA pour une raison qu’il ne se résoud pas à avouer à ses enfants. D’où leur exaspération croissante et celle de sa femme Margot (Melissa George) qui a dû couper les ponts avec sa famille pour suivre son époux dans une cavale de plus en plus précaire et périlleuse.  Dirigé  par  Rupert Wyatt (La Planète des singes. Les origines 2011), la série suit la famille dans sa fuite à travers les paysages désolés (et superbement filmés) de la Californie du sud et du Mexique, où il finissent par atterrir dans une immense hacienda gardée par une véritable armée, dont les propriétaires cachent leurs intentions à leur égard…  Un thriller familial tendu et nerveux,  qui rappelle davantage l’excellente série Ozark que le film de Peter Weir.

Les Heureux du monde

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Par Ph.D

“Tant de fêtes”…  La dédicace de Tendre est la nuit à Gerald et Sara Murphy, qui ont inspiré le couple du roman, Nicole et Dick Diver, dit en trois mots ce que Stéphanie Des Horts  distille en 350 pages dans son nouveau roman : la douce folie des années 20 sur la Côte d’Azur,  quand ce couple d’américains fortunés et leurs amis écrivains et artistes (Fitzgerald, Dos Passos, Picasso, Hemingway, Cole Porter, Fernand Leger…) inventaient la saison estivale à Juan Les Pins, Antibes et Cannes. Persuadant le directeur de l’Hôtel du Cap de laisser l’hôtel ouvert pour l’été, avant de poser leurs valises à la Villa America. Campant à la Garoupe et y organisant des fêtes costumées  dignes de Gatsby le Magnifique.  Scott Fitzgerald y écrira son chef d’oeuvre, dans lequel le couple ami se confond avec le sien, les visages de la (pas si) sage Sara Murphy et de Zelda la folle se superposant dans un final dramatique….  Stéphanie Des Horts fait revivre les riches heures de la french riviera dans un style alerte qui épouse le mode de vie débridé de ces beautiful peoples, jet setters avant l’heure. On les suit entre New York, Paris,  Pampelune et Antibes, emportés sur un air de Cole Porter, dans un tourbillon de bulles de champagne, de création et de discussions enflammées. Sara Murphy est l’héroïne du roman,  l’être que chacun désire, moteur sexuel de toutes ces fêtes et de tous ces voyages transatlantiques. Tout est vrai ou a pu l’être, suggère l’auteure. Comme cette idylle d’un soir avec Picasso… 350 pages, c’est peut-être beaucoup pour un roman qui aurait été formidable en 120. Mais il sera parfait pour la plage cet été.   A La Garoupe, ou ailleurs…

Javier Cercas : Terra Alta

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Par MAB

Terra Alta est la première incursion dans le polar populaire de Javier Cercas, l’un des grands écrivains contemporains de langue espagnole. Un épais et profond roman noir qui non seulement se réfère habilement aux Misérables  de Victor Hugo, mais s’apparente aussi par la technique narrative au grand Simenon. Voire  aux films âpres et engagés comme l’était La Isla Minima. Bonne nouvelle ! C’est aussi le premier tome d’une trilogie dont le second volume est déjà sorti en Espagne.  D’abord le titre: Terra Alta. Il s’agit d’un coin isolé dans l’extrême Sud de la Catalogne. Un lieu de mémoire ou se déroula en 1938, la sanglante bataille de l’Ebre. Un« détail » historique qui aura son importance dans cette intrigue contemporaine dont bien des secrets plongent leurs racines dans la guerre. Car, les lecteurs de Cercas le savent: depuis  Les soldats de Salamine , l’écrivain reste obsédé par la volonté de disséquer couche après couche le conflit espagnol. Même si, pour l’heure, il nous fait suivre uniquement l’ombrageux Melchor: sa vie au présent comme flic enquêteur dans une horrible affaire de tortures et assassinat d’un couple de vieux notables. Mais aussi par longs flash-back son passé de malfrat, et ses années de prison, à la fois éclairées par la lecture et relecture des Misérables et endeuillées par l’annonce de la mort de sa mère. Elle était prostituée dans les bas fonds de Barcelone. Elle fut massacrée dans un terrain vague. Ainsi, on aura compris que Terra Alta joue sur la dualité. Le héros est à la fois un Jean Valjean et un Javert, les deux personnages antinomiques de Hugo. Le lecteur, lui, suit de front l’enquête officielle sur le mystérieux double meurtre et les investigations officieuses que Melchor mène depuis des années pour confondre le ou les assassins de sa mère. Le balancier entre passé et présent est parfaitement équilibré. L’action et l’introspection, de même. Et si la société espagnole d’aujourd hui (il y est question aussi des attentats de Barcelone de Août 2017) est analysée, les souffrances de celle d’hier, tout autant. Une lecture passionnante, couronnée du Prix Planeta, l’équivalent de notre Goncourt.  

Nevché : The Real Story

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On avait laissé Fred Nevché du côté de  Valdequeros,  album voyageur qui l’a conduit à se produire plusieurs fois sur la Côte avant la pandémie. On le retrouve avec The Unreal Story of Lou Reed, album-hommage au prince noir du rock new yorkais,  dont le poète electro Marseillais nous raconte ici la véritable histoire

Comment as-tu vécu le confinement ? 

Pas bien. C’est une disposition qui appartient à d’autres régimes. Tout s’est arrêté, il a fallu adapter notre stratégie pour survivre. Du coup, le spectacle sur Lou Reed est devenu un disque

D’où est venue l’idée de cette “histoire irréelle” de Lou Reed ?

Au départ, c’est une proposition du festival Le goût des autres au Havre. Ils avaient aimé mon travail sur Marilyn Monroe et Kurt Cobain et voulaient que je fasse un peu la même chose sur Lou Reed

Qu’est-ce qui t’intéressait particulièrement dans le personnage ? 

Sa dimension poétique bien sûr. C’est presqu’un idéal pour quelqu’un comme moi qui a le cul entre deux chaises :  la poésie et la chanson. Lui a réussi à mélanger de la poésie dérangeante avec de la musique populaire et à en faire des tubes. Il avait une vraie volonté de s’affirmer comme écrivain, de donner au rock son âge adulte. Cela permet d’éclairer le mythe sous un jour nouveau. Le but n’était pas de faire des reprises… 

Il y en a deux pourtant sur l’album : “Perfect Day” et “Vicious”…  

Une et demi en fait. Vicious est plus une interpolation. J’adore l’album Transformer, dont elles sont tirées même si le Lou Reed du Velvet avec Nico est plus arty. Dans les musiques de French79  qui se sont imposées il y avait ces deux-là…

Comment avez-vous travaillé avec French79 ?

C’est simple : il a fait toutes les musiques, moi les textes avec d’autres que j’ai commandés. On avait travaillé ensemble sur Valdevaqueiros qu’il avait réalisé. Quand la proposition est venue du Havre, j’ai tout de suite pensé à lui parce que je voulais faire un truc sans guitares. Simon (Henner alias French79 NDLR) était tout indiqué pour ça.

Pourquoi avoir intitulé l’album “The Unreal Story” alors que les textes sont, au contraire, trés biographiques ? 

Mais pas que. Je voulais raconter l’histoire vraie avec la liberté de la subjectivité. Une sorte de journal imaginaire,  appuyé sur des détails biographiques réels. Un peu comme de la réalité augmentée… 

On pourra voir le show bientôt ?

J’espère bien ! Mais pour le moment,  on n’a qu’une date de certaine : le 16 juillet au festival Oh les beaux jours à Marseille. On sera tous les deux sur scène avec des écrans et des machines. On projette une interview de Lou Reed en gros plan avec ma voix qui se substitue à la sienne, c’est assez étonnant…

Et après ? 

Je travaille sur une transposition de Valdevaqueiros avec un orchestre baroque qu’on devrait enregistrer en live l’année prochaine.

Chernobyl

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Par MAB

Série la mieux notée de tous les temps devant Game of ThronesChernobyl arrive sur M6 après diffsuion sur OCS et Canal + et sortie en DVD. Si beaucoup l’ont déjà vue, sa diffusion sur une chaîne gratuite est un événement vue la qualité de cette production.  Comme son nom l’indique explicitement, Chernobyl retrace minutieusement la mécanique qui conduisit le 26 avril 1986 à la pire catastrophe causée par l’homme dans l’histoire de l’humanité (avant Fukushima en 2011). L’explosion à la centrale nucléaire Lénine en ex Union-Soviétique du réacteur n°4. Tout est dévoilé – ou rappelé pour ceux qui s’en souviennent – de l’ampleur du désastre. D’abord, la chaîne d’aveuglements et d’incompétences qui menèrent à la tragédie. Puis le déni par peur de l’Etat ou souci de promotion. Avant l’évidence des irradiations. Les premiers morts des jours suivants. Les agonies terribles des semaines à suivre. L’expulsion des lieux.  L’urgence des solutions à trouver. Les cancers dans les années qui suivront… Et dans cette horreur inconcevable, le portrait de trois êtres humains: un vice premier ministre et deux scientifiques qui tentent de se faire entendre et de limiter les dégâts. Très documenté. Sobre et précis, Chernobyl est effrayant et captivant. Nous ne sommes pas dans une dystopie. C’est le monde que nous avons créé et qui s’est installé dans le mensonge. Depuis,  il s’est effondré. Le bloc soviétique n’est plus. Nous avons appris à envisager le pire. 

The Underground Railroad

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Par Phil Inout

Le Pitch

Dans le Sud des Etats-Unis avant la guerre de Sécession, la jeune esclave  Cora Randall (Thuso Mbedu)  découvre l’existence du légendaire Underground Railroad, un réseau de chemin de fer sous-terrain secret créé pour aider les esclaves à s’échapper des plantations. Mais la voie vers la liberté est parsemée de pièges et d’embuches…

Ce qu’on en pense

Les séries sur l’esclavage et le racisme aux Etats-Unis se multiplient et ne cessent de nous épater. Après Them (Eux) , The Good Lord Bird  et Lovecraft Country (pour ne citer qu’elles) The Underground Railroad est une nouvelle réussite du genre. Il faut dire que le réalisateur, Barry Jenkins, Oscarisé pour Moonlight,   n’est pas exactement  le premier venu, que le scénario est adapté d’un Prix Pulitzer,  que les acteurs sont extras et que derrière le projet on trouve un certain Brad Pitt, connu pour son bon goût en matière de production. Le résultat est, une fois de plus,  formidable. Avec une reconstitution d’époque somptueuse et des personnages immédiatement attachants, The Undergound Railroad forme une grande  fresque historique d’une dizaine d’heures qui prend aux tripes et secoue, même si la violence de certaines scènes est compensée par la beauté des paysages et des sentiments. Une série qui vient enrichir le catalogue d’ Amazon Prime et lui fait honneur

Maroni

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Par Phil Inout

Le Pitch

Mutée de force en Guyane, l’inspectrice  Chloe Bresson (Stephane Caillard) fait équipe avec un flic local Joseph Dialo (Adama Niane) pour retrouver un enfant enlevé sur le bateau de ses parents qui ont été assassinés dans des conditions effryables.  Originaire de Saint Pierre et Miquelon, la jeune femme va devoir s’accoutumer aux traditions locales et à son nouveau partenaire, dont les méthodes sont radicalement differentes des siennes…

Ce qu’on en pense

Arte,  qui a le chic pour dénicher de géniales séries étrangères,  a encore du mal avec les françaises : tout se passe comme si  Canal + avait l’exclusivité des bonnes fictions francophones. La deuxième saison de Maroni, dont la chaine franco allemande entame ce mois ci la diffusion, ne change pas le mal qu’on pensait de la série en saison 1.  On retrouve  Chloe Bresson (Stephane Caillard) ,  qui quitte quelques temps la Guyane où elle a été muté de force et est (forcément) tombée amoureuse de son partenaire (Adama Diane),  pour aller enterrer sa mère à Saint Pierre et Miquelon. Pendant son séjour, elle  va forcement se retrouver mélée à une affaire criminelle. La transposition de l’intrigue de la moiteur conradienne de Saint Laurent du Maroni,  à la froideur scandinave de Saint Pierre ne change pas grand chose (à part la couleur dominante verte qui passe à bleue). Stéphane Caillard surjoue toujours autant la fliquesse badass et mal dans sa peau calquée sur les séries nordiques. Les dialogues sont toujours aussi explicatifs et emphatiques jusqu’au ridicule et le malheureux réalisateur , Olivier Abbou, essaie de faire du True Detective avec des acteurs de sitcom et un scénario en bois. Le seul intéret de cette version glauque et affreusement prétentieuse de Meurtres sous les tropiques est de nous faire découvrir les territoires d’Outre mer, hors des sentiers touristiques. Mais il y a trop de bonnes séries à voir sur les plateformes pour perdre trop de temps avec celle-là.

La Guerre des mondes

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Par Phil Inout

Le Pitch

Une astronome française Catherine Durand (Léa Drucker)  détecte une transmission émanant d’une autre galaxie, preuve de l’existence d’une vie extra-terrestre intelligente. Quelques jours plus tard, une attaque de grande envergure est lancée contre l’humanité qui est en grande partie détruite. Seule survit une poignée d’êtres humains qui devront comprendre ce qui se cache  derrière cette attaque impitoyable…

Ce qu’on en pense

Enième adaptation du célèbre roman de HG Wells, cette série franco-anglaise reprend les choses au début:  un signal extra terrestre est détecté trop tard,  l’attaque est massive et la survie de l’humanité est en jeu. La première saison montrait surtout la sidération des survivants.  La seconde, sans doute à cause du Covid, est plus axée sur la survie et la résistance. La question de fond reste la même : comment réagirait l’humanité si elle était menacée en tant qu’espèce ? Oublierait-elle ses divisions de classe et de race pour s’unir contre l’ennemi? Lea Drucker campe une scientifique Grenobloise qui n’a pas beaucoup de réponses à fournir (l’actrice semble elle même un peu perdue dans cette production). Gabriel Byrne, en ex toubib londonien, semble mieux armé intellectuellement pour faire face aux nombreux défis qui se présentent aux survivants. Adel Benchérif est excellent en officier de l’armée française. La réalisation privilégie le réalisme et la psychologie aux effets spéciaux, les décorateurs français et anglais (une partie de l’intrigue se déroule à Londres) ont été bien aidés par le confinement pour les plans de villes désertes,  le rythme est soutenu dans la S1 un peu moins dans la S2, qui souffre de quelques baisses de régime.Une troisième saison est déjà dans les tuyaux : la fiction HG Wells semble décidément inépuisable

 

R-Type Final 2

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Par Cédric Coppola

Pour beaucoup de gamers, le simple nom R-Type provoque des frissons. Véritable monument du shoot’em up à défilement horizontal, qui a vu le jour en 1987 dans les salles d’arcade, le jeu a participé à démocratiser un genre – trop – souvent délaissé aujourd’hui. Depuis, la licence, a connu de nombreuses suites, qui à quelques exceptions près sont oubliables, car pas au niveau de l’opus original. Aujourd’hui c’est au tour de Granzella de s’essayer à l’exercice, pour un résultat honnête, qui s’adresse avant tout aux fans, tels ceux qui ont permis au projet de voir le jour, via le financement participatif. Porté par des décors en 3D, Final 2 se parcourt de façon classique. Le décor défile pendant que les ennemis débarquent aussi bien de la droite que de la gauche pour tenter de pulvériser notre vaisseau. Heureusement, pour se défaire de ces ennemis, plusieurs types de munitions peuvent être récupérés en cours de route et le fameux module – marque de fabrique de la saga – se détache du véhicule pour aller occire quelques extraterrestres supplémentaires. De quoi pimenter cette bataille intergalactique… qui manque un peu de peps, n’arrivant pas à procurer l’adrénaline des meilleurs shooters. De la même façon la direction artistique ne dégage pas une personnalité suffisamment forte pour nous immerger pleinement dans l’espace et on passe de niveau en niveau sans jamais s’émerveiller devant l’un d’eux. Le level-design est lui aussi trop générique. Bon point toutefois, il est possible de personnaliser son pilote et son vaisseau. Dispensable certes, mais toujours bon à prendre… (Jeu testé sur Nintendo Switch)

 

 

Black Keys : Delta Kream

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Par Ph.D

Il paraît que l’été sera caniculaire : on veut bien le croire. L’écoute du nouveau Black Keys en donne un avant-goût. Dan Auerbach et son comparse Patrick Carney sont retournés à la source de leur inspiration première, le hill country blues incarné par R. L. Burnside (1926-2005) et Junior Kimbrough (1930-1998) , dont ils avaient déjà fait des reprises sur leur premier album (le bien nommé The Big Come Up en 2002). Deux bluesmen ruraux qui ont vendu leur âme au diable au fameux Crossroad et doivent bruler dans les flammes de l’Enfer vue la température que dégage leur musique aujourd’hui encore.  Delta Kream est un disque de reprises qui s’écoute avec une bière à la main et une guitare sur les genoux, l’ampli allumé et la disto à 9. Les parties de slide d’Auerbach sont les plus sales qu’on ait entendues depuis le premier George Thorogood et Billy Gibbons de ZZ Top ne renierait aucun de ses chorus. La formule est simpliste : guitare-voix/batterie/ basse. On n’a jamais fait mieux pour jouer le blues électrique. Ca sent le bayou, la sueur,  le stupre, le thermomètre à 120° Fahrenheit et le ventilateur qui brasse l’air humide. Le disque de l’été 2021, à coup sûr. 

 

Halston

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Par Phil Inout

Le pitch

Dans les années 60,  aux Etats-Unis, Roy Halston Frowick (Ewan McGregor)  crée une marque de mode, Halston, qui devient synonyme de luxe, de sexe, de statut et de célébrité et marque le New York des années 1970 et 1980. Mais un rachat hostile l’oblige bientôt à se battre pour le contrôle de son bien le plus précieux…Son propre nom !

Ce qu’on en pense

Mini série Netflix en 5 épisodes, Halston fera découvrir au public européen un nom qui aurait pu être aussi connu que celui de Calvin Klein…  Roy Halston Frowick, alias Halston, avouait d’ailleurs jalouser  son business de mode. Il n’a, hélas, pas connu la même bonne fortune que son prédécesseur. Ayant dû céder son nom à un riche investisseur pour financer ses premières collections, il a rapidement perdu le contrôle de sa société, qui a périclité avant d’atteindre une renommée mondiale. Halston reste toutefois synonyme aux Etats-Unis d’une mode chic et abordable.  La mini série supervisée par l’incontournable Ryan Murphy, raconte l’ascension et la chute d’Halston avec un grand luxe de moyens. Les défilés et les séquences musicales (Liza Minelli était l’égérie et l’amie d’Halston) sont joliment mis en scènela photographie est somptueuse et le casting est trés bon, même si on a tendance à penser qu’Ewan McGregor n’était peut-être pas le meilleur choix pour le rôle-titre. Il minaude beaucoup et les scènes de sexe homo ne sont pas à son avantage. Krysta Rodriguez est , par contre,tout à fait formidable en Liza Minnelli. Biopic de luxe plus que série conventionnelle, Halston est une nouvelle réussite à mettre à l’actif de Netflix.