Ça vient de sortir

/Ça vient de sortir

Nirvana : Live at the Paramount

ça vient de sortir|

En octobre 1991, alors que l’album Nevermind vient de sortir et que MTV matraque “Smells Like Teen Spirit” environ mille fois par jour, Nirvana, encore en trio,  attaque la triomphale tournée qui conduira le groupe à la reconnaissance mondiale (et Kurt Cobain à s’enfoncer le nez dans la poudre). Mais pour l’heure, Nirvana est porté par la Grâce et livre à domicile (Seattle) une prestation phénoménale. Les titres sont tout neufs, aucune usure ne se fait sentir,  même sur “Teen Spirit” que Cobain finira par détester mais qu’il joue ici comme si sa vie en dépendait. Le concert, que l’on peut aujourd’hui regarder en version superbement  restaurée sur Youtube,  n’était sorti, à l’époque, qu’en vidéo. Universal a eu la bonne idée de l’éditer en double vinyle pour le Disquaire Day, avec un son nickel, un poster (pas terrible),  une reproduction du pass VIP du concert (sympa) et un code de téléchargement. Et pour ne rien gâter la pochette est superbe. Si vous n’achetez qu’un vinyle cette année…

PGM : Point Blank

ça vient de sortir|

Annoncé en 2016 par un EP 3 titres (Vertigo) et en 2017 par le très sombre single “With Our Love“, sorti en réaction au massacre de la Promenade des Anglais, le deuxième album de  Press Gang Metropol  est disponible  en digital depuis le 12 avril et arrivera en physique le 26 avril. Vous pouvez déjà le commander : il est excellent. L’arrivée en 2015 d’un nouveau chanteur, Sébastien Bernard,  à la tessiture vocale proche de Dave Gahan , a définitivement cristallisé les obsessions du groupe pour la New Wave anglaise. De Depeche Mode à Joy Division/New Order en passant par Cure ou les Psychedelic Furs, les influences sont sensibles mais parfaitement digérées sur ce deuxième album, dont les 12 titres s’avalent d’une traite. Aucun temps mort,  le son est nickel, les compos claquent, le chant est au top. Franchement, si on ne connaissait pas les origines géographiques du groupe, on jurerait entendre un groupe anglais émule de Depeche Mode.  On a très hâte de voir PGM  jouer ce disque en live.  En attendant, on l’écoute en boucle sans se lasser.

 

High Life

ça vient de sortir|

Le Pitch

Dans un vaisseau spatial, un homme seul (Robert Pattinson) élève un bébé. Il est le seul rescapé d’un groupe de condamnés à mort qui ont accepté de devenir les cobayes d’une mission spatiale en dehors du système solaire, à la recherche de nouvelles sources d’énergie. Une mission de très longue durée au cours de laquelle le médecin du bord (Juliette Binoche) dirigeait une expérience de reproduction dans l’espace

Ce qu’on en pense

Dans l’espace, personne n’entend crier les bébés… Sauf Robert Pattinson, qui pouponne comme s’il avait fait cela toute sa vie !   C’est le premier effet Kiss Cool du nouveau film de Claire Denis (Trouble Every Day, White Material, Un Beau soleil intérieur). Le second est d’ordre purement esthétique: depuis Tarkovski (Solaris), on ne filme plus la SF comme le fait Claire Denis. Et c’est bien dommage! Devant son objectif, l’espace interstellaire ressemble à une prison dont on ne s’évade pas.Une prison flottante, comme ce vaisseau aux airs de cargo spatial qui dérive dans l’espace infini avec son équipage de condamnés à mort dont la peine a été commuée en mission d’intérêt général: trouver de nouvelles sources d’énergie aux confins de la galaxie.Et, accessoirement, le moyen de perpétuer l’espèce. En «shamane du sperme» (sic), la toubib de l’équipage (Juliette Binoche, toute en extensions capillaires) s’y emploie, entre deux séances en solo dans la “fuckroom” du vaisseau. Vous avez dit bizarre? Le film l’est assurément, selon les standards de l’époque. La preuve: ni les vaisseaux, ni les combinaisons spatiales ne sont blancs. Et on y communie devant la retransmission (en grand différé) d’un match de rugby écossais… C’est 2018, L’Odyssée de l’espèce ! Mais Claire Denis préfère Tarkovski à Kubrick, ce qui se défend. «Avec Solaris et 2001, on peut voyager loin» reconnaît-elle (lire interview ici). Il faudra désormais ajouter High Life dans son paquetage. Il y avait longtemps qu’on n’avait pas plané aussi haut au cinéma. Pas certain d’être redescendu, on recommande le voyage aux âmes aventureuses. Beaucoup s’y ennuieront: 80 000 jours de voyage dans l’espace, sans combats au sabre laser, ni poursuites en vitesse lumière, ça peut paraître long. A moins de se laisser flotter. La chanson générique des Tindersticks (que chante Robert Pattinson) et la lumière jaune d’Olafur Eliasson dans le dernier plan, récompenseront les braves.

 

Robin Trower : Coming Closer To The Day

ça vient de sortir|

Avec une régularité de métronome, Robin Trower tombe un album tous les deux ans , ce qui amène le compteur à 23 depuis le début de sa carrière solo. Les dernières productions de l’ex-guitariste de Procol Harum, qui vient de fêter ses 74 ans,  sont toutes d’excellente qualité: on ne sait donc pas pourquoi, au juste,  ce nouvel opus nous fait autant d’effet. Comme à son habitude, Robin l’a enregistré tout seul dans son home studio, jouant de tous les instruments et assurant le chant. La veine est purement blues et le son toujours aussi Hendrixien. Les 12 chansons sont excellentes, impossible d’en extraire une plutôt qu’une autre:  le disque s’écoute d’une traite. Difficile évidemment de ne pas penser, au détour d’une intro , d’un riff  ou d’un solo, à “Crosstown Traffic“,  “Red House” ou quelqu’ autre classique de Jimi Hendrix,  mais  Trower n’est jamais dans la copie servile,  ni dans la démonstration de virtuosité. Il perpétue simplement le son d’Hendrix,  avec ses propres chansons, un toucher magique et un très gros feeling. Espérons que la tournée qu’il vient d’entamer aux Etats-Unis pour défendre l’album le mènera jusqu’à nous, un de ces jours comme semble le promettre le titre (interprétation optimiste).   On garde un souvenir ému de son concert à Monaco,  au bon temps du Moods,  où on avait eu l’insigne honneur de pouvoir l’interviewer.

DVD: Les Confins du monde

ça vient de sortir|

Le pitch

Indochine, 1945. Robert Tassen (Gaspard Ulliel), jeune militaire français, est le seul survivant d’un massacre dans lequel son frère a péri sous ses yeux. Décidé à venger sa mort, Robert s’engage dans une quête solitaire et secrète à la recherche de celui qu’il considère comme le responsable de l’exécution de son frère et de ses camarades. Son amour pour Maï (Lang-Khê Tran), une jeune Indochinoise, le fera-t-il renoncer à sa vengeance?

Ce qu’on en pense

Avec Valley of Love, présenté en compétition à Cannes en 2015, Guillaume Nicloux (Le Poulpe, Une Affaire privée, La Clé) a, semble-t-il, ouvert un nouveau cycle de films dans lesquels la mort, le deuil et la passion amoureuse se mêlent pour en devenir les principaux enjeux. La quête vengeresse du personnage incarné par Gaspard Ulliel se double ici d’une passion dévorante dans un film-trip qui parvient à évoquer, à la fois, la démesure d’Apocalypse Now et le dépouillement de la 317e section de Pierre Schoendoerffer. Les montagnes du Nord Vietnam, magnifiquement photographiées par David Ungaro, offrent un cadre idéal à la dérive du personnage, mise en scène de manière tour à tour violente et contemplative. Gaspard Ulliel et Guillaume Gouix sont parfaits en soldats perdus et Nicloux retrouve pour la troisième fois Gérard Depardieu (en écrivain, cette fois). Le jury de la Quinzaine des réalisateurs et les César sont inexplicablement passés à côté de ce très grand film. Une injustice à rattraper en vidéo.

David Goudreault : La Bête et sa cage

ça vient de sortir|

Par MAB

«J’ai encore tué quelqu’un. Je suis un tueur en série. D’accord, deux cadavres. C’est une petite série, mais c’est une série quand même. Et je suis jeune. Qui sait jusqu’où les opportunités me mèneront ? » En tout cas, depuis quelques jours, l’univers de celui qui s’exprime ainsi, est réduit à une cellule d’isolement. Son avocat vient de lui apporter papier et crayons, prétendant que l’écriture l’aiderait à tuer le temps et apporterait des pièces à son procès. Voila qui est fait dans les pages suivantes.  Ce sont les  réflexions à la première personne d’un détenu québécois que propose le canadien David Goudreault. Son roman s’intitule « La bête et sa cage ». C’est le second volet d’une trilogie commencée avec «La bête et sa mère » et qui s’achèvera avec « Abattre la bête ». Des œuvres sorties avec succès au Québec et qui viennent d’être éditées en France par Philippe Rey. Pourquoi en conseiller la lecture ? Parce qu’il s’agit de pages crues, âpres et dures sur la vérité des prisons. Un roman sans détours dont le héros, inapte à l’introspection et à la culpabilité, se drogue et subit des viols répétés. Mais aussi parce que l’écriture virtuose  sait se faire drôle lorsque ce même détenu privé de dents zozote comme un enfant ou fantasme sur Edith une gardienne. Voire tendre quand il attend désespérément une lettre de sa mère. Goudreault connait son sujet. Il est travailleur social et intervient dans les centres de détention pour animer des ateliers de créativité. Il ne juge pas. N’oppose pas bourreau et victime. Ne compatit pas plus que les détenus ne s’apitoient sur eux-mêmes. Il met le lecteur en immersion dans les cellules, soulignant que si la folie pousse l’homme au crime, l’incarcération le transforme en monstre.  

 

Dominique Bona : Mes Vies secrètes

ça vient de sortir|

Par MAB

Dominique Bona est membre de l’Académie française, depuis avril 2013. Femme de lettres, elle a reçu les prix Interallié et Renaudot pour ses romans et publié de nombreuses biographies : Romain Gary, Stefan Zweig et plus récemment  Colette et les siennes. Aujourd’hui, elle dévoile ses Vies secrètes. Dans un récit à la première personne, elle relate pour la première fois, la face cachée de son travail, détaillant anecdotes et péripéties de ses enquêtes littéraires. Le récit est intime puisqu’il dit les émotions, les sentiments et les rencontres qui ont construit sa propre identité et fait d’elle, moins une romancière qu’une admiratrice des romanciers et artistes dans la vie desquels elle s’est plongée. Mais il est aussi instructif puisqu’il invite à une promenade en compagnie de ces hommes et femmes célèbres, peintres sculpteurs ou écrivains, qui ont fait rayonner la culture française de la première moitié du vingtieme siècle.  Colette et Romain Gary donc, se retrouvent compilés dans ce parcours érudit. Mais aussi Berthe Morizot, Les sœurs Heredia, Gala Dali, André Maurois, Simone Gallimard, l’éditrice… On peut lire cet ouvrage fluide à la lecture aisée, dans l’ordre. Ou bien choisir les chapitres en fonction des artistes évoqués. Sans doute, celui sur Camille Claudel enfermée à l’asile de Montfavet est-il le plus sincère, le plus personnel et le plus émouvant. Evidemment, Mes vies secrètes  n’a rien de créatif. C’est une copie de bonne élève  qui, d’une certaine façon recycle la besogne de toute une vie. Les lecteurs, les plus âgés, auront d’ailleurs l’impression d’en savoir déjà beaucoup sur les artistes évoqués. D’autres se diront aussi qu’il s’agit-là d’un bottin mondain littéraire. Un entre soi parisien ou tout le monde se connaissait, se fréquentait. Parfois s’aimait et se trompait. Mais répétons-le, ce qui en fait le charme c’est son style. Une écriture si habile et si simple qu’elle rend ces vies secrètes de grands personnages de la littérature, aussi divertissantes que des pages de magazines people.   

 

 

The Brian Jonestown Massacre

ça vient de sortir|

On se doutait bien qu’un jour  The Brian Jonestown Massacre parviendrait à sortir un album dont les chansons ne seraient pas qu’une suite de jams informes. Cet heureux  jour est, semble-t-il,  arrivé avec ce nouvel album de 9 titres  fulgurant, dense et ramassé qui porte le nom du groupe,  dont Anton Newcombe, look Neil Young assumé,  est désormais le seul membre permanent,  en même temps que le leader incontesté. D’inspiration toujours très Velvet Underground, les neuf chansons de TBJM hissent l’album au niveau des meilleurs Dandy Warhol et Black Rebel Motorcycle Club, groupes frères avec lesquels Newcombe partage un goût invétéré pour les sonorités vintage et les envolées psychédéliques. Il était temps !

Muriel Barbery : Un étrange pays

ça vient de sortir|

Par MAB

En 2007, « L’élégance du Hérisson », propulsait la philosophe Muriel Barbery, parmi les 10 romanciers français les plus vendus . On se souvient que ce roman entrelaçait la vie de trois personnages habitant le même immeuble parisien. Renée, la concierge, secrètement passionnée de philosophie. Paloma une adolescente délaissée par des parents grand bourgeois. Et un riche amateur d’art japonais. Cette  satire sociale eut un tel succès populaire qu’elle fut suivie deux ans plus tard par une adaptation à l’écran, Josiane Balasko incarnant la cérébrale gardienne. Mais la pression médiatique fut trop forte pour la discrète Muriel. Elle choisit de vivre au Japon, son endroit de prédilection. Et c’est de là qu’elle nous revient aujourd hui avec « Un Etrange Pays » un roman qui tranche délibérément avec le « Hérisson ». Un étrange livre en fait, entre conte philosophique et roman fantastique dont l’univers poétique fait s’affronter hommes et elfes. En quelques sortes, le tome suivant de « La vie des Elfes » qu’elle écrivit en 2015.  Impossible en revanche de résumer cette œuvre lente et exigeante. Ni de donner des repères spatio temporels. « Un étrange pays » est un solennel ouvrage d’atmosphère, qui prend le temps d’installer un monde perdu confronté aux tourments perpétuels des civilisations. Un roman esthétique et  statique qui décrit des personnages insolites dans un univers légendaire sombrant peu à peu dans le désenchantement. « Partout la conquête du pouvoir est la plus forte ; Les conflits font rage et les vérités que l’on croyait éternelles vacillent ». La chronologie donnée en épilogue se termine en 1938. Une date qui, forcement, donne du sens à l’ensemble.

 

Bohemian Rhapsody

ça vient de sortir|

Le pitch

A Londres, au début des années 60, le jeune Farrokh Bulsara (Rami Malek) rencontre Brian May (Gwilym Lee) et Roger Taylor (Ben Hardy), respectivement guitariste et batteur du groupe Smile. Ensemble, ils forment le groupe Queen. Pour le meilleur et pour le pire, Farrokh devient Freddie Mercury…

Ce qu’on en pense

On pouvait légitimement craindre le pire de ce biopic de Freddie Mercury, devenu celui de Queen après que les membres survivants du groupe aient pris le pouvoir sur la production et que le réalisateur Bryan Singer (Usual Suspects , X-Men) ait abandonné le tournage en cours. Groupe iconique des années 80 (pas une très bonne décennie pour le rock), Queen n’a pas une histoire très différente, ni plus édifiante que celle d’autres formations vedettes de l’époque.C’est celle d’un groupe formé autour de deux personnalités opposées mais complémentaires (le chanteur Freddie Mercury, icone gay en devenir et le guitariste Brian May, doué mais trop sage pour devenir une vraie rock star), qui a connu un succès planétaire dans une époque particulièrement faste pour le business de la musique (émergence des radios FM , lancement du CD audio, méga concerts en stades). Ascension contrariée (Queen avait des prétentions artistiques peu en phase avec les visées commerciales de sa maison de disques), succès surprise (avec le titre opératique «Bohemian Rhapsody»), frasques de diva du chanteur, jalousies, séparation, reformation et triomphe scénique (au concert Live Aid dont le groupe semble avoir assuré le succès à lui tout seul…), avant la mort annoncée de Freddie Mercury (diagnostiqué malade du Sida) et sa quasi déification posthume… Telle est, retracée par le film, la trajectoire du groupe. L’argent, les dissensions internes, les jalousies, la drogue et les frasques sexuelles du chanteur sont tout juste évoqués. Il s’agit bien d’un «biopic autorisé», comme il y a des «biographies autorisées».Pourtant, on avoue avoir pris un plaisir coupable à cette évocation, trés lisse et commerciale, de la saga de Queen. Le performance de Rami Malek (découvert dans la série Mr Robot), en Freddie Mercury tout en moustache et mâchoire prognathe, n’y est pas pour rien. Mais Gwylim Lee est tout aussi ressemblant et crédible en Brian May. La reconstitution du concert de Live Aid est assez incroyable. Et la B.O est forcément formidable, puisque c’est du Queen. Dans le genre, le film est une telle réussite qu’il ouvre grand la voie à d’autres biopics de groupes, autorisés ou non : Les Beatles et Elton John sont déjà en boite . Pour les autres  (Led Zeppelin, les Kinks, les Who, les Stones…),  il ne reste plus qu’à trouver les sosies.

Cold War

ça vient de sortir|

Le pitch

Pendant la guerre froide, entre la Pologne stalinienne et le Paris bohème des années 1950, un musicien épris de liberté (Tomasz Kot) et une jeune chanteuse passionnée (Joanna Kulig) vivent un amour impossible dans une époque impossible…

Ce qu’on en pense

Oscarisé en 2015 pour Ida, film en noir et blanc sur une jeune orpheline élevée dans un couvent, Pawel Pawlikowski hausse encore le niveau avec Cold War, qui lui a valu un prix de la mise en scène à Cannes. En moins d’une heure et demie, dans un noir et blanc encore plus somptueux que celui d’Ida, le film nous entraîne dans l’Europe de l’immédiate après-guerre, sur les pas de Victor (Tomasz Kot) et Zula (Joanna Kulig) qui s’aiment, se déchirent, se recherchent et se fuient pendant une dizaine d’années. Faisant sien le mantra de Truffaut dans La Femme d’à côté («Ni avec toi, ni sans toi»), Pawlikowski filme cette cavale amoureuse et tragique à grands coups d’ellipses, de scènes de chants, de musique et de danse. Celle où Zula entame un rock endiablé avec les clients d’un cabaret parisien, passant de bras en bras devant Viktor défait, entrera au Panthéon des grandes scènes de danse au cinéma. Devant la caméra de Pawlikawski, Joanna Kulig a des airs de Jennifer Lawrence et Tomasz Kot de Daniel Day Lewis. C’est magnifique !  Notre Palme d’or de Cannes 2018.

Canine: Dune

ça vient de sortir|

Après avoir enflammé la “Parisfère” depuis 2 ans à coups de concerts privés mystérieux et enfiévrés, Canine  publie enfin son premier album, Dune, et tombe le masque. Sous le nom de ce qu’on croyait être un collectif féminin d’une dizaine de musiciennes se cachait en fait Magali Cotta, une Niçoise de 37 ans passée par le conservatoire de Paris (ça s’entend),  fan de Nina Simone et de musiques de films (ça s’entend aussi),  convertie à l’electro.  Centrée sur le chant choral, enveloppé de boucles electro et de rideaux de cordes, la musique de Canine évoque par certains côtés Hyphen Hyphen (autres niçoises),  Sia, Mylène Farmer  ou encore Enya avec ses envolées de cathédrales. Conçu dans le home studio de la maison familiale de Libre dans la vallée de la Roya, avec des textes engagés sur l’environnement ou les migrants (“Ventimiglia“),  chantés en anglais et en français, Dune (hommage à Jodorowski ?) a séduit la critique qui voit en Canine  la nouvelle Christine and the Queens. On lui souhaite de connaître le même succès. En attendant,  Canine rejoint Hyphen Hyphen, Juniore  et Griefjoy au panthéon des nouveaux groupes azuréens qui pèsent dans le game.

 

 

Le Grand Bain

ça vient de sortir|

Le pitch

A la piscine municipale, Bertrand, Marcus, Simon, Laurent, Thierry et les autres, tous plus ou moins à la dérive dans leur vie sentimentale et professionnelle, s’entraînent sous l’autorité toute relative de Delphine (Virgine Efira), ancienne gloire des bassins et celle plus rigoureuse d’Amanda (Leila Bekhti) coach handicapée mais à la main leste. Ils mettent toute leur énergie dans une discipline en principe réservée aux femmes : la natation synchronisée. Et envisagent même de participer aux championnats du monde. Une idée pas si folle puisqu’elle redonne sens à leur vie…

Ce qu’on en pense

C’est peu dire qu’on n’attendait pas un tel film de Gilles Lellouche. Abonné aux rôles virils, rien ne prédisposait, a priori, l’acteur des Petits mouchoirs et le réalisateur des Infidèles à accoucher d’une comédie surréaliste aussi poétique, surprenante, emballante, intelligente , émouvante et réussie que celle-là. Comme quoi, le cinéma français peut encore nous réserver de bonnes surprises…  A Cannes, où le film était présenté hors compétition, il a reçu un accueil incroyablement enthousiaste. S’agissant d’une comédie, c’est assez rare pour être souligné. Certes, on rit beaucoup aux mésaventures croquignolesques de cette bande de losers patentés (dont un Philippe Katerine impayable, un Jean Hugues Anglade chevelu et un Guillaume Canet énervé), coachés par deux «entraîneuses» aux tempéraments radicalement. L’une très cool, désabusée et laxiste (Virginie Efira, fragile et émouvante) , l’autre intransigeante et furibarde (Leila Bekhti, atomique, son arrivée dynamite le film). Mais on s’attendrit aussi devant la fragilité de ces hommes lessivés par la compétition sociale, qui trouvent, dans ce nouveau défi et la solidarité qu’il leur impose, des raisons de relever la tête et les bras. Une comédie hilarante en forme de fable sociale, pas très éloignée au fond de l’univers de Kervern et Delépine (Le Grand Soir, Saint-Amour, I Feel Good), mais en plus tenu et accessible au «grand public». Ce Grand Bain est si bienfaisant qu’il nous console à lui tout seul d’une année de comédies françaises particulièrement navrantes. On plonge dedans avec délice !

 

A Star is Born

ça vient de sortir|

Le pitch

Chanteur de country-rock  sur le déclin, Jackson Maine (Bradley Cooper) découvre dans un cabaret Ally (Lady Gaga), une jeune serveuse- chanteuse très prometteuse. Tandis qu’ils tombent amoureux l’un de l’autre, Jack propulse Ally sur le devant de la scène et fait d’elle une artiste adulée par le public. Bientôt éclipsé par le succès de la jeune femme, il vit de plus en plus de mal son propre déclin…

Ce qu’on en pense

Quatrième relecture d’Une Etoile est né et première réalisation de l’acteur Bradley Cooper, révélé dans Very Bad Trip, A Star is Born est un pur produit commercial destiné, avant toute chose, à mettre en valeur  l’acteur-réalisateur (et ses dons musicaux supposés) et à lancer la carrière d’actrice de Lady Gaga. Le film remplit laborieusement son contrat.  Bradley Cooper a beau s’être fait la tête de Kris Kritofferson (ou de Beigbeder ?),  il est loin d’en avoir le charisme.  Et si Lady Gaga est convaincante quand elle chante , elle l’est beaucoup moins dans les scènes de comédie et d’amour. Leur duo ne fait vraiment d’étincelles que sur scène. Et comme ni le scénario, ni la réalisation ne brillent par leur originalité, les deux heures seize de projection paraissent longues,  malgré une B.O accrocheuse et de bonnes scènes de live.

Jeu : Resident Evil 2

ça vient de sortir|

Par Cédric Coppola

Chez Capcom, les « Resident Evil » se suivent et… ne se ressemblent pas forcément ! Au cours de son histoire qui a débuté en 1996, la série est en effet passée de l’horrifique à l’action pure, avant de retourner à ses premiers amours, il y a deux ans, via un épisode 7 qui osait la vue subjective tout en s’imposant comme un incontournable pour les possesseurs de casque VR. Aujourd’hui, la nouveauté se nomme…. « Resident Evil 2 » ! Un remake d’un des épisodes les plus appréciés par les fans, marqué par l’entrée en lice d’un certain Léon Kennedy. Contrairement aux autres portages HD de la saga connue au Japon sous le nom de « Bio Hazard », le jeu a été entièrement refait à neuf, grâce à l’utilisation d’un moteur graphique dernier cri. Exit donc la 3D précalculée et ses plans fixes qui posaient problèmes à maintes reprises lors des affrontements avec les zombies. Exit aussi la jouabilité rigide. Dorénavant, on voit son héros de dos et les actions sont fluides.

Seul petit bémol, la gestion de l’inventaire est toujours aussi poussive, puisqu’il faut, par exemple passer obligatoirement par le menu pour utiliser une herbe de soin. Au niveau normal, le challenge est aussi plus faible que par le passé, grâce à l’apparition de checkpoints et la possibilité de sauvegarder sa progression auprès des fameuses machines à écrire sans utiliser les rubans. Les puristes iront donc directement en difficulté cauchemar. La structure reste sensiblement la même avec le fameux commissariat et le laboratoire. Des lieux modélisés avec grand soin. Les sursauts sont toujours présents grâce à une mise en scène brillante. En témoignent certaines phases avec le fameux Monsieur X, plus tendues que jamais. En toute logique, on devra comme par le passé, parcourir le jeu deux fois avec Léon et Claire, dans l’ordre de son choix. Sympathique même si on note des incohérences avec des actions effectuées au préalable qui n’ont pas d’impact sur la seconde partie. On reste toutefois en haleine le long de la vingtaine d’heures nécessaire grâce à un rythme qui varie intelligemment combats et puzzles, en étant séduit par les jeux d’ombres concoctés par les développeurs. En s’appuyant sur une base solide et en la modernisant techniquement, Capcom, qui a tendance à parfois abuser du recyclage, change son fusil d’épaule et donne à travers ce « Resident Evil 2 » la véritable définition du mot Remake. Une promesse tenue qui s’adresse aussi bien aux fans qu’à ceux qui n’avaient pas touché le hit sur PS2… Espérons donc, que le 3e opus « Nemesis » subisse le même traitement !