Ça vient de sortir

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L’Avocat du diable

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Par Denis Allard

Durant plus de trois décennies, l’avocat new-yorkais Roy Cohn a marqué de son empreinte le monde politico-judiciaire et médiatique aux Etats Unis. Homme d’influence, retors et dénué d’humanité, il se fit connaître du grand public en faisant condamner Ethel Rosenberg en 1951 à la chaise électrique en manipulant le juge en charge de l’affaire. Il devint par la suite le bras droit zélé de Joseph McCarthy dans sa chasse aux sorcières, alimentant une peur irrationnelle en Amérique. Homme sans scrupules ni morale, il a eu pour clients aussi bien des parrains de la mafia que l’archevêque de New York et la famille Ford. Noctambule, il menait grand train de vie, roulait en Rolls, ne payait pas ses impôts et participa à différentes escroqueries financières. Dans les années 70, il devint le mentor d’un jeune ambitieux nommé Donald Trump. Tout au long de sa vie, Roy Cohn n’aura de cesse de faire la Une des tabloïds, construisant sans relâche sa propre légende d’avocat diabolique. Homosexuel « dans le placard », il est rattrapé par les affaires, puis radié du barreau en 1986. Il meurt du sida la même année à l’âge de 59 ans, lâché par la plupart de ses anciens compagnons de fortune. Le journaliste Philippe Corbé, correspondant de RTL aux Etats Unis, signe sur ce personnage hors normes un livre âpre et captivant, qui se lit comme un polar et apporte un nouvel éclairage sur le comportement et les excès de Donald Trump, peut-être inspirés par ce curieux pygmalion.

 

Ride 4

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Par Cédric Coppola

Spécialistes des jeux de motos, les italiens de Milestones remettent le couvert avec  Ride 4, un opus sobre et calibré qui améliore sensiblement la formule… en attendant de prendre son virage le 21 janvier sur les consoles nouvelles générations. Le transfert étant bien évidemment gratuit entre la version PS4 et PS5 (et idem sur Xbox). Faites vrombir les moteurs. On ne le répétera jamais assez :  jouer à un jeu de moto demande au novice de composer avec une inertie assez particulière. Un temps de prise en main est donc nécessaire pour qui n’a jamais essayé la série ou celle des MotoGP , signée par les mêmes développeurs. A l’inverse les vétérans ne seront pas dépaysés. Ils seront même ravis de voir débarquer l’intelligence artificielle ANNA dans une version améliorée, qui permet de rendre plus crédible les comportements des concurrents. Toujours dans un souci de réalisme, la gestion de l’usure des pneus a été améliorée et les arrêts aux stands font leur apparition. Avec plus de 150 bécanes et une trentaine de circuits de par le monde à maîtriser, la durée de vie est des plus solides. Le mode carrière a lui aussi été revu et corrigé. Sans doute jugée trop fantaisiste avec ces différents journaux à ouvrir pour débloquer de nouvelles courses, elle prend une allure plus classique sur ce  Ride 4 . La spécificité réside dans la nécessité de se perfectionner dans certains domaines, quitte à faire des impasses sur certains championnats. C’est carré, net et précis. Peut-être même un peu trop… On sent cependant la montée en puissance au fil de l’expérience acquise et c’est l’essentiel. Impossible aussi de ne pas citer le mode en ligne qui fait le boulot, même si on le réservera aux meilleurs au vu du niveau général rencontré. Comme beaucoup de titres de sports qui seront disponibles sur les deux générations de consoles, Ride 4, à défaut d’être en roue libre, semble être conscient d’être arrivé à une limitation technique et essaye d’opérer la transition en douceur, avant sans doute de déployer son plein potentiel. Verdict 2021 donc ou plus vraisemblablement lors de l’opus 5 ! (jeu testé sur PS4 Pro)

Assetto Corsa Competizione

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Par Cédric Coppola

Lassé des jeux de courses fantaisistes ou simplement orientés arcade ?  Assetto Corsa Competizione  a pensé à vous et abat la carte de la simulation pure et dure. Encore plus que son aînée, qui posait déjà les bases de ce jeu de conduite réaliste, cette suite enrichit l’expérience. Avis donc aux pilotes exigeants – équipés de préférence d’un volant – souhaitant se lancer sur la piste sur PS4. Le titre étant en effet arrivé sur consoles quelques mois après la version PC. Le sous-titre « Competizione » n’est pas le fruit du hasard. Les développeurs de Kunos Simulazioni mettent en avant le eSport. Pas étonnant donc que la moindre erreur, la moindre mauvaise appréciation de trajectoire se paie cash. Peu ou pas d’assistance au pilotage et des réglages pointus sont à l’ordre du jour. Il faut aussi faire preuve de concentration, tant la conduite est précise. Dans cette quête de réalisme le jeu va à l’essentiel. On note évidemment un mode multi, un championnat et une carrière, où l’on enchaîne les circuits sans glaner d’expérience. Le skill fait donc la différence. Toujours dans cette optique, l’objectif n’est pas de faire dans la surenchère des circuits, ni de voitures (on en compte une vingtaine) mais de proposer une véritable expérience pour chacun d’eux. Les premiers sont reproduits à l’identique grâce à la technologie laserscan et les bolides possèdent une physique et un bruit moteurs uniques. Question technique L’Unreal Engine assure l’essentiel mais le rendu PS4 est en dessous de celui des PC. Rien de rédhibitoire toutefois, puisque la fluidité est au rendez-vous et que les sensations sont là. Nouvelle preuve avec le dernier DLC proposé. Baptisé GT Pack 4 qui apporte onze nouveaux modèles, avec leurs propres spécificités et remettent au goût du jour la classe GT4 donc, considéré comme une porte d’entrée à l’univers GT… Inutile de dire que les voitures étant légèrement moins puissantes, le talent fait encore plus la différence ! (Jeu testé sur PS4 Pro)

Bruce Springsteen: Letter to You

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On a découvert les chansons du nouvel album de Bruce Springsteen dans le makin of de l’album qu’Apple TV+ a diffusé la veille de la sortie du disque. Un film de 90 minutes en noir et blanc où on voit le Boss enregistrer l’album “live en studio” avec le E Street Band,  dans leur local du New Jersey. Entre deux toasts (ça picole sec) et trois compos dont on le voit parfois chanter la démo pour le groupe en s’accompagnant à la guitare acoustique, le Boss contextualise et se raconte en voix off,  comme il l’avait fait pour son show de Broadway et pour le film du concert de Western Stars (tous deux également réalisés par Thom Zimny). Il explique n’être jamais lassé de la conversation qu’il a entamée avec son public il y a plus de 40 ans et constate épaté, en écoutant les bandes, que son groupe joue mieux que jamais. Effectivement, dès que le E Street Band se met en branle les chansons prennent une ampleur formidable. Ainsi enregistrées (en 5 jours chrono), elles ont la puissance et la spontanéité du live. Les textes ont beau paraître parfois simplistes, des thématiques fortes s’en dégagent : le temps qui passe, les amis qui s’en vont, la vie qui file, les bonheurs qu’elle dispense  (l’amitié, l’amour, la beauté du monde, la musique) et dont il faut profiter avant qu’il ne s’enfuient… L’album est dédié à George Thiess,  avec lequel Bruce avait formé son premier groupe en 1965,   les Castiles, dont il est aujourd’hui le dernier membre survivant. Il compte aussi deux chansons écrites avant Greetings From Ashbury Park,  auxquelles le groupe donne une nouvelle vie. Après la parenthèse Broadway et son album country (Western Stars), le Boss revient à ses racines avec cet album à la fois spontané et nostalgique, plein de guitares et de glockenspiel,  qui ravira les fans de la première heure. On prie pour que le Covid le laisse venir le jouer chez nous,  puisqu’on apprend dans le film que la tournée mondiale était censée débuter au stade de San Siro, à Milan.

Moloch

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Le Pitch

Dans une ville portuaire, industrielle et labyrinthique, des inconnus s’enflamment brutalement, sans raison. Suicides ? Meurtres ? Phénomènes surnaturels ? Pour le découvrir, Louise (Marina Vacth)  une jeune journaliste, Tom (Arnaud Valois) un inspecteur de police et Gabriel (Olivier Gourmet), un psychiatre, mènent l’enquête… 

Ce qu’on en pense 

Présentée à CanneSéries avant sa mise en ligne sur Arte +, Moloch débarque sur Arte pour deux soirées de trois épisodes. Superbement réalisée par Arnaud Malherbe (Chefs), c’est un thriller fantastique dans la lignée de Dark et de Il Miracolo, excellente série espagnole dans laquelle une statue de la vierge pleurait du sang. Ici, ce sont des inconnus qui prennent feu et se consument mystérieusement (effets spéciaux trés réussis). Le premier cas est découvert par une journaliste débutante (l’excellente Marina Vacth) qui, consciente de tenir le scoop de sa vie, va enquêter sur le phénomène,  au péril de sa vie et de sa santé mentale (déjà fragile). Elle fait équipe un moment avec le jeune inspecteur de police chargé de l’enquête (Arnaud Valois),  avant de jeter son dévolu sur un psychiatre (Olivier Gourmet) dont certains patients semblent avoir un lien avec l’épidémie d’auto combustions. Laquelle se propage rapidement dans la ville portuaire indéterminée où se situe l’action, ce qui nous vaut de beaux plans nocturnes de docks et diurnes sur l’immense plage battue par le vent, façon polars nordiques. Les deux premiers épisodes sont accrocheurs, avec une réalisation qui, par moments, pourrait faire penser à du Gaspar Noé, un très bon casting, une ambiance anxiogène et une bande son qui mixe electro et death metal. Hélas, comme souvent dans ce type de séries (Ad Vitam, Trepallum), le scénario ne tient pas la distance :  on achète difficilement le volet “contestation sociale” de l’affaire (n’est pas Joker qui veut) et les quatre derniers épisodes sont un long pensum boursouflé, dur à avaler. Le rythme est beaucoup trop lent, les dialogues frisent le ridicule, les clichés pullulent (spécialement dans la salle de rédaction du Télégraphe, le journal où travaille l’héroïne),  tout le monde tire la tronche et on patauge dans une ambiance mystico-traumatique malaisante. Jusqu’à un final diablement… décevant. 

Gainsbourg : Palace 1979

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(Photo Patrick Siccoli)

En décembre 1979, ayant écoulé quelque 400 000 exemplaires de son album reggae (Aux armes et cætera), Gainsbourg investit Le Palace à Paris, avec ses musiciens jamaïcains,  pour 13 concerts qui resteront dans les annales. La setlist se compose des titres de l’album, complétés par trois anciennes chansons réorchestrées pour l’occasion : « Docteur Jekyll et Monsieur Hyde », « Harley Davidson » et « Bonnie and Clyde ». Pour ceux qui avaient eu la chance d’y assister, l’album live sorti dans la foulée ne donnait, hélas, qu’une piètre idée de la magie de ces 13 soirées. Pour cette réédition, les bandes enregistrées les 26, 27 et 28 décembre 1979 ont  été entièrement remixées et remasterisées et le concert est enfin présenté dans son intégralité et sa continuité. Ça change tout ! Le nettoyage piste par piste des bandes a permis de gagner en netteté de façon significative, tout en conservant tout le spectre des fréquences sur la voix de Gainsbourg. Un minutieux travail de restauration sonore a également permis de sauver de l’oubli deux prises inédites de haut vol : « Daisy Temple » et « Docteur Jekyll et Monsieur Hyde ». Quarante ans après, cette nouvelle version du Live au Palace est  le témoignage unique de la résurrection scénique de Gainsbourg, porté par un groupe de légende. Rigoureusement indispensable.

 

 

Rolling Stones: SW Live

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(Photo Kevin Mazur)

En 1989, après 8 ans d’absence des scènes mondiales (et de bonnes cures de désintoxication pour Keith Richards et Ron Wood), les Rolling Stones sont de retour et imposent avec la tournée Steel Wheels un nouveau format scénique : le stadium rock. Le show est grandiose,  spectaculaire et d’une longueur inusitée pour le groupe : 2h30. Ils jouent tous leurs tubes et les bonnes chansons du nouvel album éponyme. Contrairement aux tournées suivantes, où seul le décor de scène changera, la setlist est encore toute fraîche et on sent un véritable plaisir de revisiter leurs tubes. Le son est énorme: les oreilles de ceux qui étaient au concert du stade Vélodrome à Marseille s’en souviennent encore ! Celui proposé sur cette édition CD+Dvd a été capté à  Atlantic City,  où le groupe était rejoint sur scène par Eric Clapton , Axl Rose et John Lee Hooker. Une nouba gargantuesque !  L’image n’est pas terrible,  mais les pistes audio déchirent.

 

 

The Apartments : In And Out…

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In and Out of the Light (on adore déjà le titre) décrit assez bien la position de The Apartments dans le paysage musical international. Ce groupe Australien, essentiellement composé de Peter Milton Walsh,  ne cesse d’apparaître et de disparaître des écrans radars depuis 1985, prenant juste le temps de déposer à portée d’esgourdes quelques chansons parfaites avant de s’évanouir aussitôt dans la nature.  “Beauté pure”, “Clair obscur”,  “splendeur mélancolique”, “élégance” sont les termes qui reviennent le plus dans la chronique de leurs magnifiques albums. In and Out… est leur septième et ne fait pas exception: c’est une merveille qui rappellera de bons souvenirs aux fans de Prefab Sprout et des Daintees.  Avec ces 8 nouvelles chansons à écouter au coin du feu, on est parés pour l’hiver.

 

 

13 Sentinels : Aegim Rim

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Par Cédric Coppola

Vanillaware :  la seule prononciation de ce nom suffit à faire vibrer tous les amoureux de jeux vidéo made in Japan. Et bonne nouvelle, les auteurs de Odin SphereMuramasa et Dragon’s crown reviennent par la grande porte avec un J-RPG qui séduit autant pour sa structure riche et complexe que par ses combats au tour par tour. Un petit ovni a essayer de toute urgence, surtout que les textes ont entièrement été traduits en français ! Tout débute à Tokyo en 1985 lorsqu’une invasion de robots met la ville en péril. A cette occasion 13 héros décident d’unir leur force pour venir à bout de cette menace. Pour cela, ils convoquent les sentinels, des méchas capables de combattre ce mal et de redonner un peu d’espoir au peuple. On s’en doute, la guerre va faire rage… Mais le titre ne se limite pas à ce pitch. Très vite, on se retrouve embarqué dans des croisements temporels et on est invité à suivre le destin de chacun des protagonistes à travers les époques. Chacun de leur choix fait avancer l’intrigue,  mais débloque aussi parfois la suite du périple de certains de leurs compagnons. Mieux vaut donc aimer les jeux narratifs avant de s’embarquer dans le périple et de rester concentré pour comprendre tous les enjeux. Cela en vaut la peine, tant le script alterne les moments épiques et les instants d’émotions intenses. Du point de vue gameplay, 13 Sentinels se déroule en deux phases distinctes. A commencer par une partie exploration, en 2D (un style qui est la marque de fabrique du studio) où l’on interagit avec son entourage en essayant de débloquer des mots clés pour avancer. La seconde partie est logiquement la phase combat. Des joutes tactiques où le temps rentre en ligne de compte tout comme les capacités des méchas, que l’on améliore avec des crédits gagnés au fil des exploits. Et comme chaque personnage possède ses propres compétences, les possibilités sont nombreuses. Seul petit hic, l’afflux d’informations nuit parfois à la compréhension des batailles. Mais après un temps d’adaptation,  on s’y fait. Il est en tout cas important de noter que ces deux concepts forment un ensemble cohérent. Pour peu que l’on adhère aux deux genres, le plaisir est assuré.  Une très bonne surprise. ! (Jeu testé sur Ps4 Pro)

Emily in Paris

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Le Pitch

Emily (Lily Collins), une Américaine d’une vingtaine d’années originaire du Midwest, part s’installer à Paris après avoir reçu une proposition d’emploi des plus inattendues. Son nouveau challenge : apporter un point de vue américain à une agence de marketing française en difficulté…

Ce qu’on en pense 

Nouveau projet de Darren Star (Beverly Hills, Sex and the City), Emily in Paris est la bouffée d’air frais qu’il fallait à Paris après les attentats, les gilets jaunes, les blackblocks et le Covid. Une comédie romantique  légère comme une bulle de savon sur la butte Montmartre,  avec comme héroïne une pétulante Audrey Hepburn 2.0 qui aurait dévalisé le dressing de Paris Hilton. La délicieuse Lily Collins promène son joli minois et ses tenues flashy dans les beaux quartiers parisiens, à la recherche de l’amour et de la réussite dans son nouveau job. Elle y croise un trés craquant voisin cuisinier, hélas fiancé à un adorable mannequin, se fait une copine chinoise expatriée pleine de ressources, louvoie entre les propositions malhonnêtes de plein de quadras affolés par son look de bonbon acidulé et guerroie avec sa chef, snob comme seules savent l’être les self made women parisiennes (Philippine Leroy Beaulieu, hélas mal dirigée). C’est vif, drôle, enlevé, certes très caricatural et superficiel, mais pop et fun comme un défilé de la fashion-week.

La Flamme

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Le Pitch

Dans cette saison de LA FLAMME, le cœur à prendre est celui de Marc (Jonathan Cohen), pilote de ligne. La vie lui a tout donné… sauf une copilote. Pendant 9 semaines, dans une sublime villa, 13 femmes vont s’affronter pour le séduire et tenter d’allumer en lui… LA FLAMME. Alors, armez les toboggans, vérifiez la porte opposée… Marc va emmener ses prétendantes au 7ème ciel !

Ce qu’on en pense 

Adaptée d’une série US produite par Ben Stiller (Burning Love), La Flamme est une parodie de télé réalité à la Bachelor avec Jonathan Cohen dans le rôle du coeur à prendre. En retard d’une bonne dizaine d’années sur le phénomène Bachelor, la version française mise tout sur son incroyable casting (Leïla Bekhti ,  Céline Salette, Florence Foresti , Laure Calamy, Adèle Exarchopoulos, Camille Chamoux, Géraldine Nakache, Dora Tillier… La moitié des actrices françaises est au casting des prétendantes ) et ses guests à foison (Vincent Dedienne en présentateur, Pierre Niney en psy, Ramzy Bédia en coach sportif, Orelsan, Gilles Lellouche, Laetitia Casta, Angèle…). Les premiers épisodes, présentés en avant première à CanneSéries,  sont assez drôles, mais laissent quand même craindre un effet de lassitude sur la durée avec des personnages caricaturaux et un humour sexiste un peu lourdingue. Malgré tout c’est,  avec la saison 4 de Dix pour cent  également dévoilée à CanneSéries,  la série française la plus attendue de la fin d’année. Et Jonathan Cohen a confié à Cannes qu’une saison 2 est déjà dans les tuyaux.

Téhéran

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Le Pitch

 Tamar Rabinyan (Niv Sultan) est agente du Mossad et hackeuse. Pour sa première mission, elle est envoyée à Téhéran, en Iran, son lieu de naissance. Elle est chargée de neutraliser les défenses aériennes du pays afin d’empêcher l’Iran de se procurer la bombe atomique. Repérée à l’aéroport,  Tamar est  traquée dans tout Téhéran par la police iranienne…

Ce qu’on en pense 

La plateforme Apple + tient enfin une bonne série d’espionnage.  Gage de qualité, Téhéran est une série israélienne  qui plonge son héroïne au cœur de la capitale iranienne où elle est traquée par la police des mollahs et par ses propres collègues du Mossad. Le sujet et la réalisation n’ont rien de très original,  mais la série est quand même passionnante et addictive, grâce à la qualité de l’interprétation (à commencer par l’actrice principale, Niv Sultan, une découverte), à des personnages qui ne sont jamais caricaturaux (notamment celui du chef de la police incarné par Shaun Toub), au réalisme de la mise en scène et à celui de la reconstitution de Téhéran, capitale partagée entre gardiens de la révolution, police omniprésente, bourgeoisie aux abois et jeunesse contestataire. La série se hisse ainsi au niveau des meilleures réussites récentes du genre,  d’Homeland à Fauda en passant par No Man’s Land.

Le Mensonge

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Le Pitch

Claude Arbonel (Daniel Auteuil) a tout réussi dans sa vie : son mariage, sa carrière… Maire de sa ville, Castel sur Mer, il se destine à devenir sénateur. Pour Lucas, son petit-fils adoré, la vie est bien moins souriante : à Melun où il vit, ses parents divorcent. Tout le monde se dispute sa garde.  Mal dans sa peau,  il accuse un jour son grand-père de viol

Ce qu’on en pense 

Les habitants de la Côte d’Azur seront certainement devant leur poste de télévision les 5 et 12 octobre, pour voir cette mini-série de France 2. Et pas seulement parce que Daniel Auteuil y fait ses grands débuts dans une série télé, ni parce qu’elle a été tournée dans la région (Nice et Villefranche sur mer). L’affaire Iacono, dont elle s’inspire, a,  en effet,  défrayé la chronique locale durant des années,  sans qu’on en comprenne toujours le tenants et les aboutissants. En 2000, alors qu’il s’apprêtait à briguer un poste de sénateur, le maire de Vence, Christian Iacono fut interpellé et placé en garde à vue pour le viol de son petit fils. Condamné aux assises puis en appel à 9 années de prison, il a toujours clamé son innocence. Jusqu’à ce qu’en 2011, son petit fils qui l’accusait d’attouchements sans en démordre  se rétracte et avoue qu’il avait menti depuis tout ce temps… Daniel Auteuil, campe avec le talent qu’on lui connaît ce notable déchu, qui trouvera pourtant la force de pardonner à son petit-fils ces années de purgatoire. Et c’est Vincent Garenq, auteur de Présumé Coupable sur l’affaire d’Outreau,  qui met en scène cette mini série en 4 épisodes. Les noms et les lieux ont été changés,  mais les faits tels qu’ils ont été établis par la justice sont respectés. La mécanique du mensonge puis du déni de mensonge est parfaitement expliquée dès le premier épisode et les trois autres décrivent en détail le calvaire judiciaire et familial qu’a dû subir l’ancien maire de Vence. Une réalisation solide qui  évite les clichés sudistes et les trémolos,  pose les bonnes questions et y apporte des réponses. Le casting autour de Daniel Auteuil est excellent et tout sonne juste. Du beau boulot.

Jeux Indés 3

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Par Cédric Coppola

A l’heure où les mots PS5, RTX 3080, Xbox Series X et “ruptures de stocks” sont sur toutes les lèvres des gamers, nombre de jeux indés essaient d’exister et de se créer une place sur PS4 ou Nintendo Switch. Zoom sur certaines propositions conçues aux quatre coins du monde, qui brillent par leur originalité et ont de quoi occuper plusieurs heures à prix modéré…

OkunoKA

Le premier d’entre eux, « OkunoKA » vient d’Italie et s’inspire fortement du best-seller « Super Meat boy ». La mission du petit héros Ka est d’empêcher un grand méchant de corrompre des esprits et ainsi sauver le monde. Jusqu’ici la mission semble classique… Pad en main, c’est une autre paire de manche puisque le Die and Retry est de rigueur. Sauter, courir… et changer de couleur, en l’occurrence d’éléments pour transformer des nuages en plateforme… Les actions ne sont pas très nombreuses, mais la prise en main est limpide et Ka répond au doigt et à l’œil. La structure des petits tableaux est, par contre, extrêmement fourbe avec des ennemis à foison et des pièges qui nous obligent à calculer puis à doser le moindre déplacement. Ne pas se fier donc au design mignon et coloré. Le jeu est dur, très dur, véritablement pensé pour le speed-run. Seuls les meilleurs et/ou les persévérants en verront le bout. (Jeu testé sur PS4 Pro)

No Straight roads 

C’est en Malaisie qu’a été développé « No Straight roads ». Là encore,  l’originalité est de rigueur puisque les petits gars de Metronomik ont situé l’histoire dans une ville gouvernée par l’électro… Forcément cela ne convient pas au groupe de rockeurs que l’on est sommé d’incarner dans cette aventure en 3D. En plus des phases d’exploration ponctuées de plateformes, rappelant volontairement l’ère des 32 bits, on note des combats de boss endiablés. Tous ont leur propre rythme qu’il faut capter, puis contrer à l’aide de ses instruments. Les notes de musiques servent de munitions. De quoi proposer un gameplay hybride, inspiré par le jeu de rythme mais où l’action reste prioritaire.… Autre bon point, la BO – contrairement aux doublages en VF, présents mais à la synchronisation labiale décevante – est réussie. Quant au design, avec des graphismes un peu cubiques et des couleurs flash, il a son charme, mais ne plaira pas à tout le monde. Il est en tous les cas cohérent avec cette proposition peut-être pas inoubliable, mais plaisante à parcourir. (Jeu testé sur PS4 Pro)

Maid Of Sker

Rendez-vous au pays de Galles… pour « Maid Of Sker ». Wales Interactive situe, en effet, son aventure dans une inquiétante bâtisse au fin fond du pays britannique. Inspiré par une histoire vraie qui serait survenue en 1987, le périple nous demande d’incarner un certain Thomas, homme qui reçoit un appel à l’aide de sa dulcinée. Arrivé sur les lieux, il découvre un hôtel délabré et l’horreur ne tarde pas à pointer le bout de son nez. Un lieu hanté où les petits frissons sont garantis. Pas question ici de sortir l’artillerie lourde, mais d’avancer à tâtons en retenant sa respiration et en résolvant des énigmes. Pas très difficile – l’IA n’est pas la meilleure qui soit et il est facile de la prendre à revers -, le jeu brille essentiellement par sa narration et son ambiance, travaillée avec soin. Les amateurs d’horreur apprécieront. (Jeu testé sur PS4 Pro)

Windboud 

Last but not least, direction… l’Australie et plus précisément à Brisbane lieu où 5 lives Studios, a imaginé « Windboud ». Comme principale influence de leur jeu de survie, les développeurs se sont inspirés du cultissime « Zelda Breath of the Wild ». Sans égaler cette référence, le titre ne manque pas d’intérêt et propose un réel défi. L’héroïne que l’on dirige, dans le mode histoire, découpé en chapitres ou dans son pendant survie, où chaque mort est définitive doit composer avec son environnement. A savoir un archipel coloré, qui abrite une faune et une flore conséquentes. Pour rester en vie mieux vaut gérer convenablement ses jauges de vie et d’endurance. Surtout lors du combat. Il faut également crafter un maximum de matériaux pour construire des objets très pratiques. Au fil du temps, le personnage gagne en confiance et s’attache à améliorer son bateau pour rejoindre d’autres îles. Mais comme le titre le suggère, le vent joue un rôle prépondérant et il faut sans cesse composer avec lui lorsqu’on s’improvise capitaine. En résulte un jeu frais, un peu répétitif à la longue mais qui a le mérite de dépayser les joueurs Switch durant quelques (Jeu testé sur Nintendo Switch)

This Is Us : Saison 4

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Le pitch

Des années 70 à nos jours, la saga d’une famille (presque) ordinaire : celle de Jack et Rebecca Pearson (Milo Ventimiglia et Mandy Moore) et de leurs triplés Randall (Sterling K Brown), Kate (Chrissy Metz) et Kevin (Justin Hartley) entre la côte Est et la côte Ouest des Etats-Unis…

Ce qu’on en pense 

Alors que la diffusion des trois premières saisons s’achève sur M6 et que NBC a commencé celle de la saison 5 aux Etats Unis , Amazon Prime vient de mettre en ligne la saison 4 de This Is Us, la  formidable série familiale de Dan Fogelman. En six saisons, This Is Us raconte la vie quasi quotidienne d’une famille de la classe moyenne américaine, avec ses grands bonheurs (la naissance de triplés), ses drames (la perte d’un bébé), ses résiliences (l’adoption d’un bébé abandonné, né le même jour), ses projets, ses victoires et ses échecs. Des pans de vie qui traversent cinq décennies de l’histoire contemporaine des Etats Unis. Une saga grandiose, portée par des acteurs formidables,  que l’on voit vieillir ou rajeunir au gré de constants aller-retours dans le temps. Impossible de ne pas s’attacher à cette famille, dont on découvre peu à peu les nombreux membres, leur personnalité et leurs choix de vie. Loin de l’univers caricatural des sagas familiales à la  Dallas ou  Dinasty, This Is Us touche par son réalisme, sa finesse, sa justesse de trait et sa profondeur.  Attention tout de même : c’est extrêmement addictif et on pleure autant qu’on rit. Préparez les mouchoirs !