Ça vient de sortir

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Le Bureau des légendes S5

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Le Pitch

Au sein de la DGSE (Direction Générale de la Sécurité Extérieure), un département appelé le Bureau des légendes (BDL) pilote à distance les agents les plus importants des services de renseignements français : les clandestins. En immersion dans des pays hostiles, leur mission consiste à repérer les personnes susceptibles d’être recrutées comme source de renseignements. Opérant dans l’ombre “sous légende”, c’est-à-dire sous une identité fabriquée de toutes pièces, ils vivent durant de longues années dans une duplicité permanente. De retour d’une mission clandestine de six années à Damas, Guillaume Debailly (Mathieu Kassovitz) – plus connu sous le nom de code Malotru – est promu au sein du BDL et reprend peu à peu pied dans sa vraie vie. Mais contrairement à toute procédure de sécurité, il semble ne pas abandonner sa légende et l’identité sous laquelle il vivait en Syrie. Les réactions en chaîne vont être nombreuses et dramatiques… 

Ce qu’on en pense

Au fil de ses quatre premières saisons, Le Bureau des légendes s’est imposé comme la meilleure série française de tous les temps. Rigueur d’écriture,  réalisation nerveuse, casting impeccable, immersion réaliste dans le monde de l’espionnage , en prise directe avec l’actualité internationale…. Eric Rochant a réussi à égaler voire à dépasser ses modèles anglo-saxons. Pour ce qui sera sa dernière saison, Rochant parviendra-t-il à tenir la barre toujours aussi haut ? Il semble que oui. On retrouve donc le paranoïaque JJA (Mathieu Amalric),  qui a repris le service pour y mettre de l’ordre, mis en cause par la presse pour sa responsabilité dans la disparition de Malotru (Mathieu Kassovitz). Sara Giraudeau (Marina Loiseau) et Florence Loiret Caille (Marie Jeanne Dutilheul) échangent leurs rôles au bureau et sur le terrain et un nouveau venu dans le service  (Louis Garrel, alias Mille Sabords) semble obsédé par la figure de Malotru… Les deux derniers épisodes sont réalisés par Jacques Audiard. Autant dire qu’on peut s’attendre à un final en apothéose.

The Mandalorian

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Le Pitch

The Mandalorian (Pedro Pascal), un chasseur de primes réputé,  est chargé de retrouver un enfant, enlevé par des mercenaires. Après l’avoir délivré, ne pouvant se résoudre à le laisser à ses commanditaires, il l’enlève à son tour et cherche à le confier à une tribu pacifique. Mais toute la galaxie semble être à ses trousses…    

Ce qu’on en pense

Quoi de mieux pour lancer le service de streaming Disney + qu’un spin off de Star Wars ? Voici donc les aventures du Mandalorian, le chasseur de prime intergalactique,  dont l’armure semble avoir été dessinée par Tony Stark (le réalisateur d’ Iron Man, Jon Favreau, est aux manettes) . Dans l’univers Star Wars, l’intrigue, est située entre la chute de l’Empire et l’émergence du Premier Ordre, pendant la Nouvelle République. Visuellement, la série est à la hauteur des derniers films de la saga et on y retrouve tout l’univers familier de Star Wars.  Celui de la première trilogie en particulier,  avec un côté western encore plus assumé. Le Mandalorian (que ses amis appellent familièrement Mando) est une sorte de Josh Randall de l’espace. D’abord mutique et caché derrière son casque et son armure,  on apprend à le connaitre mieux  au fil des épisodes. Mais l’attraction de cette première saison est évidemment le bébé Yoda, que Mando prend sous son aile et dont on découvre aussi, peu à peu, les pouvoirs de futur maître  Jedi. Les quatre premiers épisodes, que nous avons pu voir en avant première se regardent avec gourmandise et donnent envie de connaitre la suite. Les fans de Star Wars devraient adorer.

Animal Crossing: New Horizons

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Par Cédric Coppola

Mine de rien, la sortie de « Animal Crossing » est sans doute le meilleur remède pour lutter contre la déprime du confinement. Toujours aussi colorée et chaleureuse, la licence chère à Nintendo, plonge le gamer dans une atmosphère réconfortante. Envolons-nous en direction d’une île (presque) déserte en compagnie d’une galerie de personnages haut en couleurs, bienveillants en toute circonstance. L’erreur serait de s’arrêter sur le simple aspect technique. Les graphismes sont volontairement minimalistes pour plaire aux enfants. Ils mettent en valeur les mimiques des habitants dont le design est mignon au possible. Tout débute lors de l’arrivée de son ou sa petit(e) protégé(e) sur son petit paradis, sélectionné parmi quatre, en fonction de l’emplacement des rivières et des zones forestières. Accueilli par Tom Nook et ses deux acolytes, on pose d’abord sa tente avant d’être convié à une fête de bienvenue. Très vite « New Horizons » se démarque des épisodes précédents. S’il est toujours possible de s’adonner à différentes activités comme le jardinage ou la décoration de son chez soi en toute liberté, différents objectifs motivent le joueur à revenir encore et encore sur l’île. Désormais, notre voyageur dispose d’un Nookphone (équivalent du smartphone) permettant d’accéder directement aux options. A commencer par un système de « Miles », points qu’on accumule en effectuant différentes tâches. Ce système monétaire s’ajoute à celui des clochettes, que l’on gagne en vendant objets, poissons, coquillages, bois ou encore des mauvaises herbes… Gagner sa vie est en effet indispensable pour rembourser les crédits souscrits pour agrandir sa maison auprès du capitaliste de Tom Nook. Mais que les parents se rassurent aucune micro-transaction, avec des vrais sous, n’est à déplorer. Tout est virtuel.

Autre élément essentiel pour tout apprenti Robinson Crusoé : le craft. Récolter tant de minerai, de type de bois etc… permet de construire des outils comme une hache ou un filet à papillon. Ceux-ci se cassant assez vite (du moins jusqu’au déblocage de meilleurs plans de bricolage), mieux vaut faire des provisions. Ces matériaux sont aussi nécessaires pour l’ouverture de magasins. Quant au musée – un des premiers endroits à construire -, il ne s’ouvrira qu’après avoir récolté une quinzaine d’espèces différentes sur l’île. Pêcher des poissons et creuser des trous pour dénicher des fossiles devient rapidement une seconde nature. Et si votre île manque de ressources, pas de panique… Il est possible de se rendre – en échange de Miles, forcément – sur le territoire d’un ami. Les autres membres de la famille, qui jouent sur la même console, peuvent aussi s’installer sur votre archipel. A chacun de choisir son emplacement, sans gêner son prochain. « Animal Crossing : New Horizons » est donc un jeu radicalement différent, qui va à l’encontre de la mode actuelle. Extrêmement chronophage, il ne vous invite pas forcément à faire de longues sessions et préfére s’appuyer sur le temps qui passe. Ainsi, non seulement le cycle jour/nuit est respecté (ou inversé si on choisit l’autre hémisphère) en étant marqué par l’arrivée de nouveautés. Pour reprendre l’exemple du musée, deux jours sont nécessaires entre le début du chantier et son inauguration… Dans le même ordre d’idée, les habitants débarquent au compte-gouttes, un curieux fantôme n’apparait que dans l’obscurité et des évènements saisonniers (Pâques est le premier) seront organisés pour coller à notre quotidien. Bien entendu, certains malins modifieront constamment l’horloge de leur switch par impatience, mais là n’est pas le but de ce hit taillé pour plaire au tout public. La marque Big N. 

Murat : Baby Love

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Auvergnat, coeur fidèle.  Et inspiration toujours au top !  Un peu plus d’un an après le splendide Il Francese dans lequel il se fantasmait en maréchal d’Empire gouverneur de Naples, Jean-Louis Murat revient avec un nouvel album enjoué et (presque) dansant, intitulé (en hommage aux Rubettes? ) Baby Love. Avec son désormais compagnon d’écriture Denis Clavaizolle, l’arverne bougon nous a cette fois concocté des chansons groove, soi-disant inspirées par Earth Wind & Fire (?!)  avec des textes poétiques toujours un peu abscons (« Si j’ai bien deux ou trois Jean en moi/J’ai une armée de Louis/Deux ou trois cafards… »)  et un titre dédié à feu Tony Joe White,  en guise de conseil avisé aux jeunes générations : « Comme disait Tony Joe/Dans sa beautiful car/P’tit gars fais gaffe/À celle qui n’aime plus la guitare”…

Adults in the room

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Le pitch

Élu à la tête du pays après sept années de crise économique dramatique, le président grec Alexis Tsipras, nomme Yanis Varoufakis ministre des finances. A charge pour lui de renégocier la dette de la Grèce avec les institutions européennes. Pendant des mois, les réunions vont se succéder au sein de l’Eurogroupe, où siègent les ministres des finances de l’Europe. Lié par les promesses électorales de son parti,Syriza, Varoufakis essaiera désespérément de desserrer l’étau d’austérité imposé à son pays et de faire comprendre la souffrance du peuple Grec à des interlocuteurs de plus en plus hostiles et méprisants

Ce qu’on en pense
La crise grecque ne pouvait laisser Costa-Gavras indifférent. Quasi-inventeur du thriller politique, le réalisateur franco grec signe, à 86 ans, son meilleur film depuis des lustres, avec cette plongée en apnée dans les arcanes des institutions européennes.S’attachant aux basques du ministre grec Yanis Varoufakis, dont il adapte les mémoires (Conversations entre adultes. Dans les coulisses très secrète de l’Europe), Costa déploie des trésors de talent et de savoir faire pour rendre compréhensibles les enjeux politiques et économiques sans perdre le spectateur en route. Il y parvient au-delà de toute espérance, dans un mélange de comédie politique et de thriller économique, avec une mise en scène virtuose et un casting international épatant, au sein duquel Christos Loulis campe un Varoufakis particulièrement séduisant. Le film est passionnant de bout en bout, à la hauteur des plus belles réussites du genre (In The Loop, Margin Call…) . Du grand Costa-Gavras

Tales From The Loop

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Le pitch

Un petit village se trouve à proximité d’une machine nommée “The Loop” (“La Boucle”), dont la fonction est d’explorer les plus grands mystères de l’univers.  La vie des habitants est perturbée par des incidents très étranges

Ce qu’on en pense

Entre Stranger Things et La 4e Dimension (et un tas d’autres séries fantastiques), cette nouvelle série Amazon Prime décline en 8 épisodes un univers rétro futuriste  inspiré des peintures de l’artiste suédois Simon Stålenhag. Dans le premier épisode,  une gamine rentre de l’école et constate que sa maison et sa mère ont disparu. Recueillie par  une famille voisine elle s’aperçoit que la mère de son copain n’est autre qu’elle même dans une quinzaine d’années. Dans le deuxième épisode, deux copains entrent dans une espèce de boule métalique qui traine dans la campagne (celle ci est parsemée d’objets, de structures et de robots bizarres) et constatent à la sortie qu’ils ont échangé leurs corps. Ils décident d’en profiter pendant 24 heure pour vivre la vie de l’autre.  Problème : l’un des deux se trouve si bien dans sa nouvelle famille  qu’il ne veut plus faire l’échange… De la bonne SF américaine pour amateurs du genre.

Interview : Costa-Gavras

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À 86 ans, Costa-Gavras signe un de ses meilleurs films avec Adults in the Room , qui traite de la crise grecque et de sa gestion par la commission européenne à travers la figure de Yanis Varoufakis, le ministre des finances Grec, qui a mené les négociations avec les instances européennes sur la restructuration de la dette de son pays. A l’occasion de sa sortie en dvd, voici l’interview que nous avait accordé le réalisateur lors de sa venue à Nice pour l’avant première…

On se doutait bien que la crise grecque ne vous laisserait pas indifférent. Mais pourquoi l’avoir abordée à travers la figure de Yanis Varoufakis ?

Je me suis effectivement intéressé à la crise depuis ses débuts en 2009-2010 et j’ai commencé à amasser de la documentation en vue d’en parler dans un film. Mais je ne trouvais pas d’angle d’attaque. Jusqu’à ce que je commence à m’intéresser au personnage de Varoufakis qui a été le seul à démissionner du gouvernement après le référendum. Je l’ai rencontré et il m’a tout raconté des négociations qu’il avait menées avec la commission européenne. Mieux : il m’a fait écouter les enregistrements qu’il avait faits de leurs discussions car il n’y avait pas de compte rendu de ces réunions et les déclarations des uns et des autres à la presse étaient souvent contradictoires. C’était passionnant. Il avait commencé à écrire son livre et il m’a envoyé les nouveaux chapitres au fur et à mesure. J’ai tout de suite vu que c’était par lui que je devais raconter cette tragédie, car il s’agit d’une tragédie

Pourtant, c’est plus un film sur l’Europe que sur la crise grecque…

Par pudeur, j’ai choisi de ne montrer les conséquences de la crise qu’à travers les images d’actualité et celles des manifestations. Les gouvernements successifs, de gauche comme de droite, sont responsables de la situation, mais l’Europe l’est aussi puisqu’elle a continué à faire crédit à la Grèce en sachant très bien qu’elle ne pourrait jamais rembourser. La difficulté c’était de montrer tout cela sans noyer le spectateur sous des tonnes de chiffres et de graphiques.M’attacher à la personnalité de Varoufakis m’y a bien aidé. Surtout avec un acteur de la classe de Christos Loulis pour l’incarner.J’avais l’impression de filmer le vrai Varoufakis.

D’ailleurs, tous les acteurs sont formidables…

Le fait de tourner dans la langue de chaque pays représenté a obligé à trouver des acteurs peu connus mais de grand talent.La plupart viennent du théâtre. Évidemment ça a rendu le financement plus compliqué que si on avait pris des stars mais c’était une exigence pour la crédibilité du film.

Le constat que vous tirez de tout cela est assez pessimiste. Comme si quels que soient les gouvernements ou les hommes rien ne pouvait changer réellement le cours des choses…

C’est vrai que Tsípras a fait trop de promesses pour se faire élire.Il était évident qu’il ne pourrait pas les tenir. Mais le peuple est aussi responsable d’avoir fait semblant d’y croire. Comme le dit le titre, inspiré d’une sortie de Christine Lagarde pendant les réunions : il faudrait un peu plus d’adultes dans la pièce !

Christine Lagarde est d’ailleurs la seule interlocutrice de Varoufakis à trouver un peu grâce à vos yeux…

Oui, c’est une femme, elle dirigeait le FMI et elle avait une vision un peu différente des autres.Elle a été la première à reconnaître que ce que l’on infligeait au peuple Grec n’était pas supportable.On peut espérer que ses nouvelles fonctions à la Banque centrale européenne aideront à résoudre la crise…

Car la crise n’est pas terminée ?

Oh non ! Si on continue sur la voie qui a été prise, le peuple Grec en a encore pour 15 ans à souffrir. Songez que 500000 personnes ont déjà quitté le pays : des cadres et des jeunes diplômés pour la plupart.C’est une perte de richesse considérable…

Cet exode fait-il écho à celui que vous avez connu dans votre propre jeunesse ?

Bien sûr. Sauf qu’à mon époque, c’étaient les pauvres sans qualification qui quittaient le pays, pas les cadres, ni les diplômés.

 

The Plot Against America

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Le Pitch

1940 :  le célèbre aviateur Charles Lindbergh bat le Président Roosevelt aux élections présidentielles. La peur s’empare des Juifs américains. Dans son discours radiophonique à la nation, le nouveau président a reproché aux juifs d’avoir  poussé  l’Amérique à entreprendre une guerre inutile avec l’Allemagne nazie et s’est empressé de signer un pacte de non-agression avec Hitler

Ce qu’on en pense 

Une curieuse fiction dystopique,  qui imagine la victoire du fascisme aux Etats-Unis et la non-entrée en guerre du pays en 1940. On suit l’évolution de la situation au sein d’une famille juive dont les membres sont divisés sur la conduite à tenir face au nouveau pouvoir.  Reconstitution d’époque soignée et casting impeccable (John Turturro, Wynona Rider, Zoe Kazan…),  mais des longueurs. Le roman de Philip Roth  dont la mini série (6 épisodes) est adaptée se serait sans doute mieux prêté à un long métrage unique.

Messiah

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Le pitch

Lorsque l’agent de la CIA Eva Geller (Michelle Monaghan) découvre des informations sur un homme nommé Al Massih (Mehdi Dehbi) qui attire l’attention internationale suite à des actes troublant l’ordre public, elle ouvre une enquête sur ses origines. Alors que de nouveaux adeptes témoignant de ses miracles continuent de rejoindre ses rangs, les médias du monde entier commencent à se laisser séduire par cette figure charismatique. Eva Geller doit vite dénouer le mystère : est-il vraiment un être divin ou un terroriste décidé à ébranler l’ordre mondial ?

Ce qu’on en pense

Le confinement coronavirus pourrait donner une seconde chance à cette excellente série fantastico-policière, passée un peu inaperçue à son lancement en début d’année sur Netflix et dont on apprend que la deuxième saison pourrait ne pas se tourner. Ce serait dommage, car on a bien accroché à cette histoire de vrai-faux messie,  dont on ne sait toujours pas, à la fin de la première saison,  si c’est un imposteur ou un être vraiment capable de renverser le cours de l’Histoire. La réussite de la série, dans laquelle Tomer Sisley joue le rôle d’un porte flingue du Mossad, tient au réalisme avec lequel le cas est traité alors que le postulat de départ est quand même énorme : le Christ est-il vraiment de retour ?  Des réactions des pouvoirs politiques, de la police, des médias et du peuple à l’enchainement des évènements, tout paraît parfaitement vraisemblable.

Michel Moutot: L’America

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L’auteur de ce roman palpitant, Michel Moutot, est reporter à l’Agence France Presse, lauréat du prix Albert Londres en 1999 et correspondant à New York en 2001, au moment des attentats du 11 septembre. L’Amérique, il connaît, même s’il a écrit cette épopée tragique bien avant d’imaginer et connaître les nouvelles souffrances que le pays vit aujourd’hui. Vous avez peut-être eu le bonheur de trouver  L’America, paru début mars, dans les rayons des libraires avant que ces derniers ne soient forcés de fermer. Si ce n’est le cas, précipitez-vous sur la version numérique. Car cette aventure passionnante qui, de la Sicile à New-York puis de la Nouvelle-Orléans à la Californie, dit combien il était difficile de vivre et survivre au début du XX eme siècle en Italie comme aux Etats -Unis. Ce n’est pas forcément un réconfort. Mais cela peut permettre de prendre patience et relativiser. Notamment en découvrant, effaré, l’essor machiavélique de la Mafia Sicilienne à laquelle personne ne pouvait échapper et les conditions misérables des émigrants partis tenter leur chance dans cette fausse terre promise qu’était “L’America”. Le roman fait 450 pages. Rester chez soi avec lui permet de voyager dans le temps et l’espace et oublier un temps le présent

Pearl Jam : Gigaton

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Sept ans après Lightning Bolt, Pearl Jam sort enfin du silence avec un album dont le titre, Gigaton, annonce du lourd. Promesse en partie tenue avec une demi douzaine de titres bien rock,  des guitares particulièrement tranchantes et des solis quasi Van Haleniens. Mike McCready est à son affaire : le héros de cet album,  c’est lui. Mais Eddie Vedder est bien là aussi, voix au top et textes soignés, avec quelques punchlines anti-Trump bien senties. Dommage que ces bonnes dispositions ne tiennent pas la distance. L’album affiche une bonne moitié de titres de remplissage et un trop plein de ballades molles du genou. Au final,  on se dit que Gigaton aurait fait un EP du tonnerre.  Espérons que le groupe choisira de jouer les bonnes chansons en tournée et nous épargnera les soporifiques.

Bob Dylan : Murder Most Foul

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17 minutes, 164 vers : c’est la chanson la plus longue que  Bob Dylan, auteur pourtant logorrhéique (précédent record 14′ pour “Tempest” sur l’album éponyme) ait jamais écrite. “Murder Most Foul” (citation d’Hamlet de Shakespeare signifiant “Le meurtre le plus fautif“) est sa première composition originale depuis 2012 et l’album Tempest,  pour lequel elle avait peut-être été écrite. C’est une ballade sépulcrale en piano-voix,  avec un simple accompagnement de violoncelle et de cymbales,  sur l’assassinat de John Fizgerald  Kennedy. Dylan a choisi de la publier à minuit, alors qu’un tiers de la planète est confiné pour cause de coronavirus et que les Etats-Unis risquent de payer le plus lourd tribut à l’épidémie. Hors sujet ? Pas si sûr. Et si, au contraire,  “le timing était juste”  comme le  chante Dylan au début de la chanson ? Comme toujours avec Dylan,  il faut lire entre les lignes et risquer l’exégèse. Se pourrait-il que cette chanson, qui évoque l’assassinat de Kennedy et,  à travers lui, la perte de l’innocence et la fin du rêve américain,  nous parle aussi de la crise actuelle ? Au long des cinq couplets (sans refrain : le titre est juste rappelé en fin de couplet), le prix Nobel de littérature entremêle plusieurs voix : celle du narrateur  qui parle d’un “jour frappé d’infamie” et d’un lieu (Dealey Plaza à Dallas) où   “où la foi, l’espoir et la charité sont morts”. Celle de JF Kennedy “conduit au massacre comme un agneau sacrificiel“, qui demande à ses assassins “Savez vous bien qui je suis” ? Celles de ceux qui ont voulu sa mort (“Tu avais des dettes qu’on est venus encaisser“, “On n’a pas fait de quartier“, “Tes frères, on les aura aussi“) et celle d’une sorte de choeur antique (nous?),  qui demande à un DJ célèbre (Wolfman Jack) de lui jouer des chansons,  comme pour exorciser sa peur et sa peine (“Play it for the First Lady, she ain’t feeling any good“). Ce name dropping,  qui compose tout le 5eme couplet et comprend aussi des titres de films,  cite des oeuvres bien postérieures à 1963. Façon de dire que la peine dure toujours… Ou de relier l’assassinat à des réalités plus contemporaines ? “The day that they killed him, someone said to me, “Son, the Age of the Antichrist has just only begun” raconte le narrateur à la fin du troisième couplet. Dans le cinquième,  le monde semble vouloir s’étourdir dans une orgie de sons et d’images (“All that junk and all that jazz“) jusqu’à la fin des temps. Quand la chanson se termine,  sur l’injonction : “Play Blood Stained Banner/Play Murder Most Foul“, difficile de ne pas penser au  «meurtre le plus fautif » que constitue l’incurie du gouvernement américain face à l’épidémie de Covid-19… 

Toute ressemblance

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Le pitch

Cédric Saint Guérande (Franck Dubosc), dit « CSG », est LE présentateur préféré des Français. Ses audiences insolentes au 20 heures attisent les jalousies même au sein de La Grande Chaîne, dont il est la star…

Ce qu’on en pense

C’est au festival de Cannes qu’est née l’idée du premier film de Michel Denisot.Au cours d’un dîner avec des producteurs, l’ex-présentateur du Grand Journal de Canal + avait régalé les convives d’anecdotes sur les coulisses de la télévision. Karine Angeli (Un gars, une fille, Brice de Nice) l’a ensuite aidé à écrire le scénario, inspiré de ses souvenirs.Cela donne une comédie grinçante sur les coulisses du JT, dans laquelle Franck Dubosc incarne un mélange très crédible d’Yves Mourousi, de Laurent Delahousse et de PPDA. Les deux derniers font d’ailleurs des apparitions dans leur propre rôle, de même que plusieurs de leurs collègues présentateurs/trices. Histoire de bien souligner que tout cela est pure fiction et que «toute ressemblance etc, etc…». Boudé lors de sa sortie en salles, le film pourrait trouver son public en VOD et dvd. 

Our Boys

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Le pitch

Été 2014, trois adolescents juifs sont kidnappés et tués par des militants du Hamas. Deux jours plus tard, le corps brulé d’un adolescent palestinien de Jérusalem Est est retrouvé. Simon (Schlomi Elkabetz), un agent de la Division Terroriste Interne du Shin Bet, enquête sur le meurtre

Ce qu’on en pense

Inspirée de faits réels et inscrite dans une actualité toujours brûlante, cette excellente série israélienne raconte l’enchainement de violences et de vengeances qui a embrasé Israel en 2014,  après l’enlèvement d’adolescents juifs par le Hamas et le massacre d’un gamin palestinien par trois jeunes extrémistes israéliens. L’histoire est racontée du point de vue de l’inspecteur de Shabak, la division anti terroriste du Shin Bet, qui a confondu les meurtriers (Schlomi Elkabetz, excellent). Mais la réalisation, très réaliste, immerge le spectateur dans toutes les couches de la population de Jerusalem et des quartiers palestiniens,  à la manière d’un docu- fiction avec beaucoup d’images d’actualités. Entre thriller policier, film de procès et drame politique,   Our Boys est passionnant de bout en bout (10 épisodes) et presqu’aussi fort que Chernobyl. A rattraper en avril sur Canal + Séries,  pour ceux qui ont manqué la première diffusion,  et sur MyCanal pour l’intégrale.

A couteaux tirés

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Le pitch

Célèbre auteur de polars, Harlan Thrombey (Christopher Plummer) est retrouvé mort dans sa somptueuse propriété, le soir de ses 85 ans. L’esprit affûté et la mine débonnaire, le détective Benoit Blanc (Daniel Craig) est alors engagé par un commanditaire anonyme afin d’élucider l’affaire. Mais entre la famille d’Harlan qui s’entre-déchire et son personnel qui lui reste dévoué, Blanc plonge dans les méandres d’une enquête mouvementée, mêlant mensonges et fausses pistes, où les rebondissements s’enchaînent à un rythme effréné jusqu’à la toute dernière minute

Ce qu’on en pense

Etre deux épisodes de Star Wars, le wonder boy hollywoodien  Rian Johnson s’offre et nous offre un divertissement haut de gamme avec cette comédie policière inspirée d’Agatha Christie,  élégamment troussée et au casting étoilé (Chris Evans , Michael Shannon, Don Johnson, Toni Colette, Jamie Lee Curtis...). Daniel Craig jubile en détective plus proche d’Hercule Poirot que de James  Bond dans un whodunnit? à tiroirs qui flirte brillamment avec les grands classiques du genre. Un pur régal.