Ça vient de sortir

/Ça vient de sortir

Mum

ça vient de sortir|

Par Phil Inout

Le pitch

Cathy (Lesley Manville) tente de tourner la page après le décès de son mari. À travers une année entière où elle s’offre de nouveaux départs, elle va reconstruire sa vie entourée de sa famille et ses amis,  parfois encombrants…

Ce qu’on en pense

Habituée des films de Mike Leigh (Another Year, Mr Turner… ), la délicieuse Lesley Manville est l’héroïne de cette série anglaise,  qui fait curieusement écho à celle de Ricky Gervais, After Life. Une autre histoire de veuvage, vue cette fois du coté féminin. Cathy, son personnage est aussi douce et aimante que celui de Ricky Gervais est acide et misanthrope. Bien qu’affublée d’un entourage encombrant (un grand fils égoïste, une future belle fille quasi débile, des beaux parents acariâtres et vulgaires, un amoureux transi maladroit, un frère marié à une harpie…), jamais la brave Cathy ne se départit de son doux sourire, ni de sa bonne humeur. Elle n’est pas simplette, loin de là, mais elle a choisi d’aimer sa famille et ses amis,  malgré leurs défauts, leurs gaffes et leurs réflexions désobligeantes et de continuer à vivre sa vie sans se soucier de ce qu’ils peuvent dire ou penser. Une leçon de vie qui s’administre en épisodes tragicomiques et attendrissants d’une vingtaine de minutes, si bien écrits et dialogués qu’ils sont comme la quintessence de la comédie familiale anglaise. 

Camille Kouchner : La Familia Grande

ça vient de sortir|

Par MAB

Il faut bien revenir sur le phénomène de société qu’est la sortie de « La Familia Grande » de Camille Kouchner. Car, ce récit dans lequel cette avocate de 45 ans, fille de l’ancien ministre Bernard Kouchner dénonce  – enfin- les abus sexuels commis par son beau père, sur son frère jumeau, dépasse toutes les prévisions du Seuil, son éditeur. Malgré l’énorme couverture médiatique qui en révélait déjà tout le contenu : c’est à dire, l’identité du beau-père, le juriste charismatique Olivier Duhamel ; celle de la mère, la politologue libertaire Evelyne Pisier , de la sœur de celle-ci,  l’actrice Marie France qui a mis fin à ses jours en avril 2011 , la date et le lieu des faits : une belle demeure familiale de Sanary à la fin des années quatre-vingt,  lorsque « Victor » avait 14 ans… les lecteurs se sont donc précipités. Et le tirage est passé le jour même de la sortie de 70 000 à 170 000. Légitime bien sûr, un tel « succès ». Quand la loi n’a pas agi. Quand il y a prescription, il faut, quand on a les outils pour le faire, que l’écrit brise l’omerta. Qu’un témoignage personnel, fut-il d’abord thérapeutique pour soi-même, soit lu par le plus grand nombre afin d’encourager les victimes – de tous milieux et de toute époque-  à sortir de l’ombre à leur tour. Là dessus, on est tous bien d’accord . C’est ce qui s’est passé avec « Le Consentement » de Vanessa Springora.  Et puis au-delà de l’inceste, « La familia Grande » décrit en détails –  situations scabreuses, jeux libidineux, mots et gestes – une petite société de gens en vue qui se pensaient au-dessus de la vertu et des principes  éducatifs. C’est sidérant de le découvrir et tant pis si le style ne suit pas toujours ! On dit pourtant Camille Kouchner extrêmement stressée par la vague provoquée par son livre. Sur les réseaux sociaux, des internautes ont immédiatement révélé la véritable identité de son frère jumeau, la victime qui ne voulait pas apparaître publiquement. Des démissions, des renvois et procédures ont été activés. Un #MeToo de l’inceste s’est mis en place. Ce n’est peut-être pas tout à fait ce que Camille voulait, comme le prouvent les lignes consacrées à une mère dans le déni et malgré tout, très aimée. En tout cas, dans le sillage de cette affaire et de ce livre,  des centaines de victimes témoignent sur Twitter. Preuve que la courageuse Camillou, comme on l’appelait dans cette famille, a bien fait.

Losing Alice

ça vient de sortir|

Par Phil Inout

Le pitch

Réalisatrice à succèsmariée à David (Gal Toren) un acteur célèbre et mère de 3 jeunes enfants, Alice (Ayelet Zurer), 47 ans,est en panne d’inspiration lorsqu’elle rencontre Sophie (Lihi Kornowski), une jeune et séduisante scénariste qui vient d’écrire le scénario d’un thriller érotique que tout le monde s’arrache, à commencer par David qui y voit le rôle de sa vie. Un autre réalisateur a déjà été choisi pour le mettre en scène, mais il a disparu. Alice se positionne et devient littéralement obsédée par l’idée de réaliser le film…  

Ce qu’on en pense

Sexe, rivalités féminines, affres de la création… Tels sont les ingrédients émoustillants de cette série israéliennedécouverte à CanneSéries et diffusée par Apple TV+. Une nouvelle réussite  de la production israélienne: après Our Boys, Fauda, Nehama, When Heroes Fly, Teheran, Hatufim, False Flag  et  Hostages (pour ne citer qu’elles), on n’en finit plus de louer le talent des réalisateurs et scénaristes de l’Etat hébreux. Sans parler des interprêtes ! La merveilleuse  Ayelet Zurer (vue dans Hostages, Munich et Man of Steel) et la débutante Lili Kornowski (False Flag) forment le duo de charme de ce thriller erotico psychologique largement féminin,  dont Apple TV+ distille, hélas, les épisodes au compte-gouttes. Une forme de torture mentale encore plus cruelle en temps de confinement.

Thomas Naïm : Sounds of Jimi

ça vient de sortir|

Par Ph.D

Reprendre du Jimi Hendrix, pour un guitariste,  est un exercice particulièrement casse-gueule. A part Stevie Ray Vaughan, la plupart de ceux qui s’y sont risqués se sont plutôt ridiculisé. Qu’attendre d’un album de covers d’Hendrix par un guitariste de jazz français ?  Il a faut déjà une conscience professionnelle chevillée aux oreilles pour se risquer à l’écoute, même si l’on sait que l’homme a accompagné les efforts discographiques et scéniques d’artistes aussi respectables que Hugh Coltman, Hindi Zahra, Sebastien Tellier, Ala.ni, Mayra Andrade, Tiken Jah Fakoly, Blick Bassy, Idrissa Diop, Albin de la Simone, Claire Diterzi ou Renan Luce… Et là, surprise totale : au lieu d’être dans la démonstration de force (comme un Poppa Chubby,  par exemple) ou dans la copie note pour note (comme beaucoup d’autres), Thomas Naïm joue les chansons d’Hendrix, pas forcément les plus connues, comme si c’étaient les siennes. Avec son style et un son à lui: coulé, jazzy, funky, laid back,  sans saturation ni wah-wah,  avec juste une pointe de reverb’. Hugh Coltman et Célia Kameni chantent sur “Castles Made of Sand” , “If Six Was 9” ou “Foxy Lady“, mais on préfère de loin les instrumentaux,  comme Manic Depression” transfiguré par la  trompette d’Erik Truffaz… La musique coule naturellement et on redécouvre qu’Hendrix n’était pas seulement un instrumentiste génial : c’était aussi un grand compositeur.  L’album s’écoute en boucle, à toute heure du jour et de la nuit. Gros coup de coeur du moment !

Shame: Drunk Tank Pink

ça vient de sortir|

Par Ph.D

Qui de  Shame ou de Fontaines DC sera déclaré meilleur groupe anglais de la décennie ? Au cap toujours difficile du deuxième album,  impossible de les départager. Comme leurs concurrents Dublinois, les Shame ont gagné en maturité ce qu’ils ont (à peine) perdu en puissance brute depuis leur premier effort. Produit par James Ford (Arctic Monkeys, Foals), Drunk Tank Pink est plus diversifié et élaboré que Songs of Praise, déflagration sonique de 2018. On croit parfois entendre du Talking Heads,  du B52’s,  voire du Bowie période Berlin,  derrière la rage punk du quintet de Brixton. Mais qu’on se rassure: l’énergie du gang de Charlie Steen, le chanteur Strummerien de Shame, est intacte. La fin de l’album, à partir de “Dog Day“,  est une boucherie. On rêve de pouvoir aller pogoter sur leur musique en festival cet été.

Marie NDiaye : La vengeance m’appartient

ça vient de sortir|

Par MAB

Que La vengeance m’appartient , nouvel ouvrage de Marie NDiaye (après le monologue théâtral Royan ) , est un roman puissant et complexe ! Qu’il traite de façon énigmatique et envoûtante de sujets brûlants ! Qu’il n’a pas son pareil pour laisser le lecteur désemparé ! Perplexe jusqu’aux dernières lignes quant à l’identité et la vérité des personnages ! Marie Ndiayeprix Goncourt 2009 pour Trois femmes puissantes – vit désormais à La Reole et situe presque toutes ses œuvres à Bordeaux ou alentours. Ainsi en va-t-il pour ce polar psychologique,  dont la narratrice est une avocate de 42 ans qui vient d’ouvrir son cabinet dans une ville « ou en ces sombres journées de glace et de brume, les pluies verglaçantes venaient de mettre le tram hors service ». Le premier – et seul- client est Gilles Principaux. Il vient demander à Me Suzane de défendre sa femme, accusée du meurtre de leurs trois enfants. Pourquoi elle, se dit l’avocate, trop novice pour une affaire d’une telle ampleur ? Cet homme, étonnamment affable et souriant, n’est il pas l’adolescent de 15 ans qui a marqué son enfance ? C ‘est toute la question qui traverse ce curieux récit émaillé évidemment de tant d’autres interrogations: Pourquoi Maryline Principaux, mère exemplaire, a-t-elle noyé Jason , John, et Julia dans sa baignoire? Par ailleurs, pourquoi M et Mme Suzane ne sont ils pas plus aimants envers leur fille unique ? Pourquoi enfin, Sharon, l’employée de maison Mauricienne qu’elle garde par militantisme, est-elle aussi désinvolte, voire hostile?  La vengeance m’appartient  est donc avant tout un roman d’atmosphère. Tout est suggéré, rien n’est élucidé. S’il traite de questions familiales fondamentales, de mémoire traumatique et d’ascension sociale; s’il capte aussi tout ce qui traverse douloureusement la France d’aujourd’hui… ce récit construit sur de nombreux monologues, se contente de montrer, dans un style très littéraire, les turbulences de l’âme, sans désigner ni causes, ni coupables. Puissant et complexe, vraiment… 

OVNI(s)

ça vient de sortir|

Par Phil Inout

Le pitch

1978. Didier Mathure (Melvil Poupaud), brillant ingénieur spatial, voit son rêve partir en fumée lorsque sa fusée explose au décollage. Alors qu’il pensait avoir touché le fond, il est muté à la tête d’un bureau d’enquête spécialisé sur les ovnis géré par une équipe qui donne effectivement l’impression de vivre sur une autre planète. Sa mission : trouver des explications scientifiques aux apparitions de soucoupes volantes qui défraient la chronique. Un véritable enfer pour ce cartésien invétéré qui n’a plus qu’une idée en tête : se tirer de là au plus vite. Mais un événement extraordinaire va bouleverser ses certitudes, et lui ouvrir les portes d’un monde où plus rien n’est impossible.

Ce qu’on en pense

Après le Minitel rose (3615 Monique), le GEPAN (Groupe d’étude des phénomènes aérospatiaux non identifiés) : c’est dans les parodies d’époque (OSS 117, Au service de la France) que la fiction française comique réussit le mieux. OVNI(s) en est une nouvelle preuve. Melvil Poupaud, tout en moustache et costumes cintrés, y fait la chasse aux soucoupes volantes avec une joyeuse bande d’allumés du CNES (dont le génial Michel Vuillermoz) dans une reconstitution d’époque pleine de couleurs pétantes et de drames capillaires. C’est fin, drôle, enlevé, bien réalisé (par Antony Cordier dont on avait beaucoup aimé le premier film, Gaspard va au mariage),  bien joué, plein de références cinématographiques et télévisuelles (Les Envahisseurs, E.T, Rencontres du 3e Type…)  et, pour une fois,  le scénario tient la route. Les 12 épisodes s’avalent d’un trait.  On en redemande !

Jablonka : Un Garçon comme vous et moi

ça vient de sortir|

Par MAB

C’est un autoportrait comme tant d’autres. Un récit d’enfance. Un de plus. Sauf qu’il est aussi un passionnant livre d’histoire contemporaine et une étude subtile, légère et vraie de ce qu’était l’éducation d’un garçon de la bourgeoisie avant #Metoo. Il commence à la naissance d’Ivan Jablonka en 1973, à Paris, d’un père ingénieur et d’une mère professeure de lettres. On suit le petit garçon que ses parents- hantés par la Shoah – élèvent à la fois comme un prince et un survivant, depuis la maternelle jusqu’ à Normale Sup, en passant par une année de CP effectuée en Californie. On redécouvre avec lui, les bandes dessinées et les premiers jeux vidéo, les chansons de Renaud,  puis celles de Goldman, les premiers émois amoureux de CE2, ceux-là même dont on se souvient à vie. On le suit de collège en lycée et lors de ses vacances en famille sur les plages naturistes du côté de Cassis: « le cul nu et les bedaines faisant obstacle à la phallocratie » (voir « En Camping-car » un de ses précédents ouvrages). Muni de lettres conservées, de photos personnelles, de journaux de l’époque, de témoignages de ses proches…Jablonka refait le parcours de ses débuts à sa « réussite de vie ». Souligne comment, né dans la moyenne bourgeoisie d’origine juive, il dut intégrer l’angoisse familiale et le désir de revanche paternel, en étant brillant scolairement. Et surtout,  interroge avec habileté la question du genre, lui qui, physiquement et psychiquement vulnérable, a toujours été mal à l’aise avec les jeux et les plaisanteries de « mecs », les films X, la séduction offensive et la domination sur les femmes. Un garçon comme vous et moi  se lit d’une traite. Beaucoup de lecteurs -hommes ou femmes – de cette génération, se reconnaîtront dans ce tableau sociologique et intime dressé avec sincérité et autodérision. Même si, tout de même, derrière la modestie affichée et la vraie volonté de charmer, se dessine le parcours d’une réussite dont les clefs n’ont pas été données à tout le monde. 

Lupin

ça vient de sortir|

Par Phil Inout

Le pitch

Il y a 25 ans, la vie du jeune Assane Diop (Omar Sy) bascule lorsque son père meurt après avoir été accusé d’un crime qu’il n’a pas commis. Aujourd’hui, Assane va s’inspirer de son héros, Arsène Lupin, pour le venger

Ce qu’on en pense

Annoncé comme une réinvention moderne du héros de Maurice Leblancavec Omar Sy dans le rôle titre, Lupin fait de la peine : mise en scène clippesque (du tâcheron Louis Leterrier pour les premiers épisodes), personnages caricaturaux, interprétation en dessous du niveau de la mer, dialogues ineptes, scènes d’action ridicules, intrigue capilotractée, scénario bâclé…  Après  Marseille et La Révolution , Lupin ne relève pas le niveau de la série française sur Netflix. Seuls les quotas de production française semblent justifier leur présence  aux côtés des merveilles de toutes nationalités dont regorge la plateforme. Par sympathie pour Omar Sy, seule raison valable d’aller au bout des cinq premiers épisodes, on se dépêchera d’oublier cette fadaise tout juste digne de TF1 et on ira revoir la série originale avec Georges Descrières sur le site de l’INA ou sur Salto.

3615 Monique

ça vient de sortir|

Par Phil Inout

Le pitch

Dans la France du début des années 80, Simon (Arthur Mazet), Toni (Paul Scarfoglio) et Stéphanie (Noémie Schmidt) incarnent une nouvelle génération prête à tout pour s’approprier cette nouvelle décennie sans pour autant savoir concrètement ce qu’ils vont bien pouvoir faire de leur vie. Jusqu’à ce qu’ils découvrent les possibilités insoupçonnées du Minitel Rose…

Ce qu’on en pense

Ancêtre d’internet et des réseaux sociaux, le minitel a permis à une génération d’entrepreneurs de s’enrichir grâce aux messageries érotiques, accessibles par les fameux 3615. L’histoire de cette bascule vers les autoroutes de l’information et la start up nation méritait d’être racontée. Les concepteurs de 3615 Monique ont choisi de le faire sur le ton de la comédie. C’est réussi et les dix épisodes de 25 minutes se regardent avec plaisir,  grâce notamment à un excellent casting et à une reconstitution d’époque soignée et drôle. La critique des années fric aurait pu être plus féroce, mais il n’est pas exclu que la saison 2 soit plus acerbe. 

The Good Lord Bird

ça vient de sortir|

Par Phil Inout

Le pitch

Henry, dit “Onion” (Joshua Johnson Lionel), un adolescent esclave, est enrôlé malgré lui dans l’armée de militants abolitionnistes menée par John Brown (Ethan Hawke) durant le “Bleeding Kansas“, une bataille sanglante qui a transformé cet Etat du Midwest en champ de bataille entre les défenseurs et les opposants à l’esclavage…

Ce qu’on en pense

Une géniale adaptation du roman de James McBrideL’oiseau du bon Dieu (The Good Lord Bird en VO) produite par Ethan Hawke qui s’est donné le bon rôle : celui de John Brown  abolitionniste halluciné qui a conduit la bataille du Kansas en tranchant des têtes à coups de sabre pour faire entendre à leur propriétaire la bonne parole. Son épopée tragi comique est racontée par un adolescent noir enrôlé de force dans son “armée” de réprouvés après que son père ait été tué par la faute de Brown. Pris pour une fille et surnommé Onion, le gamin assiste effaré aux massacres perpétrés par les deux camps,  au nom de l’idée qu’ils se faisaient de leur pays. C’est à la fois horrible et hilarant. Toute ressemblance avec l’Amérique d’aujourd’hui, divisée entre Trumpistes et anti Trumpistes, n’est sans doute pas tout à fait fortuite…

Patria

ça vient de sortir|

Par Phil Inout

Le pitch

Au pays basque espagnol, un père de famille, entrepreneur, est assassiné dans la rue alors qu’il sortait de chez lui. Le meurtre est attribué à l’ETA qu’il refusait de financer. Des années plus tard, sa femme revient au village, contre l’avis de ses deux enfants,  pour trouver des réponses à ses questions…

Ce qu’on en pense

Première création originale de la branche espagnole d’HBO, Patria, mini série en 8 épisodes d’une heure environ, s’intéresse logiquement aux traumatismes du terrorisme séparatiste basque. Adaptée du best seller éponyme de Fernando Aramburu , elle met en scène deux familles liées par un meurtre attribué à l’ETA et suit les parcours opposés des deux mères de famille. Intéressante sur le fond et classique sur la forme, la série pêche par un excès de noirceur, ajoutant aux traumatismes du terrorisme des tragédies médicales (cancer, avc…) ou familiales dont le spectateur accablé ce serait bien passé. Aucun personnage n’étant vraiment attachant, il faut être passionné par le sujet pour aller au bout des 8 épisodes.

Alice in Borderland

ça vient de sortir|

Par Phil Inout

Le pitch

A Tokyo, trois copains fans de jeux vidéo se retrouvent propulsés dans une réalité alternative, où ils doivent participer à des jeux meurtriers pour tenter de rester en vie alors qu’à l’exception des autres joueurs,  le reste de la population de la ville a mystérieusement disparu… 

Ce qu’on en pense

Adaptée d’un manga à succès cette série japonaise de science fiction entraîne le spectateur dans un Tokyo vidé de ses habitants, où seuls quelques individus, apparemment choisis au hasard, doivent franchir une série d’épreuves pour survivre. A la manière d’un jeu vidéo, ils doivent franchir des plateaux de plus en plus difficiles, en ne pouvant compter que sur eux-mêmes et en se défiant des autres joueurs. Léchée mais ultra violente, la série vaut surtout pour les images de Tokyo déserte,  qui renvoient évidemment à celles du confinement.  De l’addiction aux  jeux vidéo considérée comme un virus mortel…

Industry

ça vient de sortir|

Par Phil Inout

Le pitch

A Londres, un groupe de jeunes loups de la finance fraîchement diplômés intègrent la salle des marchés d’un grand opérateur en bourse. La moitié seulement décrochera un job à l’issue de la période d’essai. Dans une culture d’entreprise qui encourage l’individualisme, la compétition, le sexe, la drogue et la performance à tout prix, que sont-ils prêts à faire pour réussir ?

Ce qu’on en pense

Bienvenue chez Les loups de la City ! Empruntant au film de Martin Scorcese (Le Loup de Wall Street) son penchant pour les excès en tout genre, cette série anglo américaine écrite par deux anciens traders nous invite dans la salle des marchés d’un opérateur boursier et dans l’intimité de ses traders. Au programme : ambition, fric, sexe et cocaïne. Pas très engageant à priori,  mais difficile de lâcher le programme sans savoir qui entrera dans le moule, qui en sortira et qui décrochera la timbale. Le choix de privilégier le parcours des deux filles de la promo (une bourge des grandes écoles et une black arrivée là au culot) est payant, car il permet d’introduire les problèmes d’égalité hommes/femmes et de harcèlement au travail. Sans compter que les deux interprètes (Marisa Abela et Myha’la Herrold) sont excellentes. 

The Wilds

ça vient de sortir|

Par Phil Inout

Le pitch

Un groupe d’adolescentes, toutes très différentes, se retrouvent coincées sur une île déserte après un crash d’avion. Elles ignorent qu’elles font en réalité l’objet d’une expérimentation sociale très élaborée…

Ce qu’on en pense

Eniéme variation de Lost version ados (même pitch, même structure en flashback), The Wilds tire tout de même son épingle du jeu grâce à un casting de jeunes actrices épatantes et à une étude en profondeur des caractères et des comportements. L’intrigue est cousue de fil blanc et la réalisation banale,  mais on s’attache rapidement aux  héroïnes dont chacune cache évidemment, plus ou moins bien,  un trauma et/ou un secret. Dix épisodes d’une heure c’est peut-être un peu beaucoup,  mais les premiers épisodes sont accrocheurs et les derniers donnent très envie de voir la saison 2. On recommande donc cette série estampillée Amazon Prime.