Ça vient de sortir

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Staged

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Par Phil Inout

Le Pitch

Confinés en raison de la crise sanitaire alors qu’ils s’apprêtaient à monter sur scène, deux célèbres comédiens anglais (David Tennant et Michael Scheen dans leur propre rôle) sont contraints de rester chez eux. Leur metteur en scène, Simon (Simon Evans)  les convainc de reprendre les répétitions en visio sur Zoom. Pas une mince affaire pour ces deux artistes, habituées à brûler les planches et pas toujours techno-compatibles…

Ce qu’on en pense

La comédie de confinement aura presque eu le temps de devenir un genre à part entière. Et dans le genre, il sera  difficile de faire mieux que Staged. Remarquablement écrite, dialoguée, mise en scène et jouée, cette série anglaise coche toute les bonnes cases. On se régale à voir les deux comédiens vedettes David Tennant (Doctor Who, Good Omens, Inside Man , Broadchurch)  et Michael Sheen (The Queen, Good Omens, Doctor Who) jouer leurs propre rôles de comédiens désoeuvrés et se débattre avec leurs smartphones, tablettes et ordis pour répéter malgré tout la pièce qu’ils devraient jouer après le confinement. Amis dans la vraie vie depuis qu’ils ont joué ensemble dans Good Omens, les deux acteurs n’ont pas à surjouer la complicité à l’écran : elle est évidente. La manière trés british dont ils se charrient sur leurs origines , leur accent (un est écossais , l’autre gallois), leur célébrité et leurs dons réèls ou supposés pour la cuisine ou l’éducation des enfants,  fait partie du charme de la série qui excelle aussi à montrer comment le confinement modifie les comportements et les relations sociales ou amoureuses. Les personnages féminins (femme de l’un, compagne de l’autre) et les guests stars (Judi Dench, Samuel L Jackson…) de plus en plus nombreuses au fil des épisodes, évitent au show d’être trop répétitif ou  autocentré. Déjà deux saisons à binger d’urgence sur MyCanal.   

Bron

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Par Phil Inout

Le Pitch

A la frontière entre la Suède et le Danemark, au beau milieu d’un pont, est retrouvé le corps d’une femme, vraisemblablement assassinée. Les polices suédoises et danoises sont alors dépêchées sur les lieux. Mais l’affaire prend une tournure particulièrement glauque et étonnante lorsque les enquêteurs découvrent qu’il ne s’agit pas d’un seul mais de deux cadavres, coupés en deux à la taille, qui ont été assemblés pour n’en faire qu’un…

Ce qu’on en pense

Bron (The Bridge) fait partie des grandes séries à rattraper pendant le #confinement3. Alors que Chérie 25 diffuse la saison 3Arte + a mis en ligne les deux premières. Classique du genre black nordique, cette série policière suédo-danoise lancée en 2011 se distingue par un scénario particulièrement alambiqué, avec un serial killer qui met en scène ses crimes pour alerter l’opinion sur des thèmes sociétaux et deux enquêteurs aux personnalités très différentes : Saga (Sofia Helin) une policière suédoise limite autiste qui roule en Porsche  et drague dans les bars et Martin Rohde (Kim Bodnia), un inspecteur Danois père de famille nombreuse au physique de nounours qui vient de subir une vasectomie. Écrite et réalisée majoritairement par des femmes, la série se révèle vite addictive,  à la manière de The Killing, autre géniale série nordique qui a occupé notre premier confinement et dont la version US est disponible sur Amazon Prime Vidéo.

Jonathan Coe : Billy Wilder et moi

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Par MAB

C’est une formidable bio-fiction à tiroirs. Un roman bouillant de vie qui réveille les fantômes du 20 eme siècle.  Le personnage central en est le cinéaste Billy Wilder. Peu connu sans doute des plus jeunes.. A moins que par la grâce de chaînes cinéphiles, quelques uns d’entre eux aient pu voir les impérissables « Certains l’aiment chaud » (1959) ou « Boulevard du crépuscule » (1951)  et soient restés étonnés par tant d’humour, de perspicacité et de modernité. Jonathan Coe a choisi d’évoquer cette figure emblématique du cinéma, alors que cet homme est dans ses vieux jours. Et plus précisément lors du tournage de « Fedora », son film testament. Choisi aussi de faire découvrir ou redécouvrir le réalisateur, à travers le regard d’une jeune fille totalement ignorante du septième art. Elle s’appelle Calista . En 1977, elle quitte Athènes sa ville natale, pour parcourir, sac au dos, la cote Ouest des États-Unis. Par le plus grand des hasards, elle se retrouve à la table du cinéaste et toujours plus ou moins par hasard, repart en Grèce avec lui pour lui servir d’interprète sur son film… Impossible de tout résumer de ce roman foisonnant qui commence en 2013 alors que Calista devenue mère de famille et compositrice de musique de film, se souvient de sa jeunesse. Revient ensuite à 1977 lors de sa rencontre fascinante avec le réalisateur de « Fedora », avant de plonger dans la propre jeunesse du juif autrichien Wilder, fuyant l’Allemagne nazi. Entre temps, le lecteur se sera réjoui du lien affectueux se nouant entre Billy et Calista, délecté d’une multitude d’anecdotes de tournage, de potins autour de stars tels qu’Al Pacino ou Marthe Keller, des coulisses de conférences de presse ou d’entretiens avec des journalistes locaux aux questions délirantes… On savoure surtout la maîtrise de Jonathan Coe qui rompant la narration traditionnelle , évoque le passé de Wilder sous forme de script de film. Au final,  on referme le livre  à regret, touché par la mélancolie du temps qui passe et la nostalgie d’un âge d’or disparu. Surtout à l’heure où les salles de cinéma ont toujours le rideau tiré… 

Moi, Christiane F.

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Par Phil Inout

Le Pitch

L’histoire de Christiane F. (Janna McKinnon) et de ses amis dysfonctionnels qui, adolescents, se retrouvent confrontés aux drogues, au sexe et à la violence sociale dans le Berlin Ouest des années 70

Ce qu’on en pense

Relecture moderne du fameux récit autobiographique de Christiane Pelscherinow (Moi, Christiane F. 13 ans, droguée, prostituée) adapté au cinéma par Uli Edel en 1981, cette série Allemande en 8 épisodes ressuscite le Berlin Ouest de la fin des années 80, où une bande d’adolescents va expérimenter, pour des raisons diverses,  la nuit,  la drogue et  la prostitution. La série se démarque du livre et de son adaptation au cinéma par la multiplication des personnages et par un traitement plus contemporain. Le résultat est un peu bancal, entre teen movie, film social, récit autobiographique et… fantastique ! Des scènes oniriques ou surréalistes viennent régulièrement alléger la noirceur du récit originel. Malgré tout, on peine quand même à s’intéresser aux différents personnages dont, à part l’héroïne interprétée par Janna McKinnon, aucun ne se détache vraiment. A voir pour la reconstitution d’époque  et la B.O dominée par  la musique de David Bowie, comme le film d’Uli Edel.

A-Train : All Aboard ! Tourism

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Par Cédric Coppola

Ce n’est peut-être pas le genre le plus prisé par Nintendo, mais les jeux de gestion ont toujours eu leur place sur les différentes consoles de la marque nippone. Le plus célèbre d’entre eux est un certain Sim City, qui fit les beaux jours sur Super Nintendo, où les maires virtuels pouvaient faire construire dans leur commune une statue de Mario. Cette fois dans A-Train : All Aboard ! Tourism l’enjeu n’est pas tout à fait le même puisqu’il s’agit de développer une compagnie ferroviaire. Et plus si affinités. Attention… le jeu ne s’adresse pas aux néophytes et le look manga, aussi mignon soit-il,  est un leurre.  Il s’agit en effet d’une simulation aussi complète qu’austère qui oblige à passer par une tonne de menus et à comprendre des mécaniques complexes avant de prendre un minimum de plaisir. Que l’on joue en mode libre ou suive les scénarios à disposition, implanter sa boite au Japon n’est pas une mince affaire. Construire des rails, des entreprises, des lignes de bus, acheter des logements et comme le titre le suggère, faire aussi du tourisme… Le jeu est une véritable usine à gaz et semble parfois hors sujet. En contrepartie, les amateurs trouveront un challenge à la hauteur. Autres données à prendre en compte : tous les textes – et ils sont nombreux – sont en anglais et l’ergonomie en mode nomade n’est pas la meilleure qui soit. Surtout que l’aspect technique n’est pas le point fort de ce titre destiné à un public de niche. (Jeu testé sur Nintendo Switch)

Jeux rétro sur Switch

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Par Cédric Coppola

Si le grand public occidental se souvient surtout des Gameboy, de la Game Gear ou de la PSP, respectivement signés par Nintendo, Sega et Sony d’autres consoles portables ont jadis fait le bonheur des gamers. On pense notamment à la Lynx d’Atari et à la Neo-Geo Pocket de SNK, sortie dans sa version monochrome en 1998 au Japon avant d’envahir le reste du monde un an plus tard, en version couleur. Désormais, les amateurs de jeux rétro se réjouissent de voir certains titres débarquer sur Nintendo Switch. Cette première compilation en contient dix d’entre eux, avec graphismes et sons d’origine. Des filtres et une fonction zoom sont présents afin de proposer une expérience convenable. Mais il faut cependant outrepasser les pixels et une animation sommaire. Pas de surprise à ce niveau, donc. Dans la liste, les jeux de combats – SNK oblige – sont les plus nombreux. Les filles des Gals’ Fighters, les guerriers de Samurai Shodown 2, ceux de King of Fighters R-2, les épéistes de The Last Blade : Beyond the Destiny, Mai, Terry et leurs acolytes de Fatal Fury Fist Contact… et surtout le crossover SNK vs Capcom, qui regroupe des personnages mythiques, sont au rendez-vous. Sans atteindre le niveau des versions de salon, ces variantes sont rafraichissantes. Les quatre autres softs sont Big Tournament Golf (seule simulation sportive présente sur la galette), le jeu de rôle Dark Arms Beat Buster 1999 et par deux fois Metal Slug (1st and 2nd Mission), spin-off plus accessibles que les volets canoniques. Attention… ces derniers ne sont jouables qu’en solo. Bien entendu, certains petits ajouts ont été intégrés afin de faire craquer les fans. Modes d’emploi numériques, modèles en 3D des boites, choix du langage (anglais ou japonais) fonction Rewind pour revenir en arrière en cas de faux pas… De quoi apporter une once de modernité dans ce package purement nostalgique. (Jeu testé sur Nintendo Switch)

Baghdad Central

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Par Phil Inout

Le Pitch

En 2003 à Bagdad, peu de temps après la chute de Saddam Hussein, l’ex-officier de police Muhsin al-Khafaji (Wallid Zuaiter) se démène pour retrouver une de ses filles qui a  disparu. Sa quête le conduit à accepter de collaborer avec les occupants américains  : un choix dangereux…

Ce qu’on en pense

Encore une excellente série qui a pour cadre le Moyen Orient. En l’occurrence, l’Irak de 2003, occupé par une coalition internationale après la chute de Saddam Hussein. L’ex inspecteur al-Khafaji s’y lance dans une course contre la montre périlleuse pour retrouver une de ses filles disparue alors qu’elle devait aller à la fac. Contraint de collaborer avec l’occupant,  al-Khafaji est, comme la plupart de ses concitoyens,  partagé entre l’espoir d’un avenir démocratique et le dépit de voir s’installer une force d’occupation de moins en moins légitime à mesure que le temps passe. La ville est secouée d’attentats et d’attaques terroristes dont la violence n’a d’égale que la répression  de l’armée d’occupation. Pris entre deux feux,  l’ex flic intègre, remarquablement interprété par Waleed Zuaiter (vu dans Omar), devra apprendre à louvoyer pour sauver sa peau et sa famille. Une série anglaise prenante, qui mélange hardiment thriller, espionnage, guerre, drame et politique. Seul regret: l’utilisation systématique de l’anglais (ou du français en VF) à la place de l’arabe ou du persan. Une aberration dans une série aussi réaliste.

Framing Britney Spears

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Par Phil Inout

Après Billie Eilish, c’est une autre star de la pop US qui a droit à un documentaire sur une grande plateforme de streaming (Amazon Prime Video en l’occurence). Mais avec Britney Spears, on n’est plus dans la success story : plutôt la descente aux enfers. Depuis 2008, après une sévère dépression consécutive à son divorce, la star est sous le coup d’une mesure de tutelle qui confie la gestion de sa carrière et de sa fortune (évaluée à plus de 60 millions de dollars)  à son père. Si dans les premières années la mesure a pu paraître justifiée par le comportement erratique de la jeune femme, elle semble de plus en plus abusive à mesure que le temps passe. Ce sont les fans de Britney qui ont lancé l’alerte en 2018 avec le mouvement “Free Britney”, dont ce documentaire, produit par le New York Times, se fait l’écho médiatique. Il semble qu’ils aient eu raison de s’inquiéter puisque, encouragée par le mouvement, la star a demandé la levée de la tutelle et refuse désormais de travailler tant que son père en sera le gestionnaire. Alors qu’elle devait entamer en 2018 une seconde résidence ultra profitable à Las Vegas et que la presse avait été convoquée sur place pour un concert de lancement, la chanteuse a refusé de se produire et tout a été annulé sans la moindre explication. Depuis, elle n’apparaît plus que pour se rendre aux convocations du tribunal chargé du dossier. Son affaire est même devenue exemplaire des abus de la loi sur les tutelles aux Etats Unis, dont le film I Care a Lot se fait aussi l’écho sur un mode fictionnel. On est loin de la pop et des paillettes, mais le film est passionnant. Il  montre comment la carrière et la vie de Britney Spears ont été détruites par le harcèlement médiatique hallucinant dont elle fait l’objet depuis ses premiers succès.

Hippocrate Saison 2

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Par Phil Inout

Le pitch

Un hôpital public en périphérie d’une grande ville. Suite à une inondation,  le service de médecine interne est transféré à l’étage des Urgences et fusionne temporairement avec celui du dr Brun (Bouli Lanners), le patron des Urgences. Chloé (Louis Bourgoin), Hugo (Zacharie Chasseriaud) et Alyson (Alice Belaïdi), les trois jeunes internes de médecine générale, vont devoir apprendre sur le tas la médecine de catastrophe

Ce qu’on en pense

Dans la saison 1, un virus décimait les chefs du service de médecine générale et obligeait trois jeunes internes débutants (Louise Bourgoin, Alice Bélaïdi et Zacharie Chasseriaud) à assurer l’intérim. Cette fois,  c’est dans le tournage de la saison 2 que le virus s’est invité, obligeant les scénaristes à revoir leur copie pour intégrer ce nouvel élément. Au départ, ils avaient seulement imaginé qu’une inondation oblige le service à déménager aux Urgences…  Lors des premiers épisodes , on retrouve nos jeunes héros aux prises avec la médecine d’urgence... voire de catastrophe ! Une fuite de gaz dans un hôtel oblige, en effet,  le service déjà débordé à accueillir une vingtaine d’intoxiqués. La saison 2 démarre  sur les chapeaux de roues, avec un rythme effréné et plutôt anxiogène. L’image que la série  donne de l’hôpital public est à la fois héroïque, avec des médecins, internes et infirmiers dévoués corps et âmes à leur mission, et effrayante, tant les conditions dans lesquelles ils travaillent sont difficiles. Et ce n’est pas une pandémie mondiale qui va arranger les choses ! Médecin de formation, Thomas Lilti (Hippocrate, Médecin de campagne, Première Année), sait de quoi il parle (il a repris du service pendant le Covid) et filme l’hôpital mieux que personne. Hippocrate est la série médicale la plus réaliste et la plus passionnante qu’on ait vu depuis belle lurette. La saison 2 tient toutes ses promesses  avec un casting toujours impeccable.  Mention spéciale à Bouli Lanners en chef du service des Urgences,  à  Anne Consigny en patronne de la réanimation et à Louise Bourgoin, dont le personnage de femme blessée domine encore cette deuxième saison.

Neil Young: Archives live

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Par Ph.D

Ne laissant à personne le soin d’organiser sa postérité discographique, Neil Young, 75 ans, continue d’abreuver ses fans d’enregistrements vintage. En marge de la parution du Vol 2 de ses fameuses Archives, le Loner vient de lâcher deux nouveaux lives de derrières les fagots : Young Shakespeare et Way Down in the Rust Bucket. Le premier est un concert acoustique qui date de 1971,  dans la lignée du Live at Massey Hall sorti il y a quelques années et encore meilleur si c’est possible. Mais le gros morceau est quand même le quadruple live Rust Bucket, enregistré en novembre 1990 à Santa Cruz (Californie) avec le  Crazy Horse.  Après quelques semaines de répétitions pour la tournée Ragged Glory, le groupe était au top sur un répertoire plus large que celui documenté par le live Ragged GloryC’est probablement le meilleur enregistrement du Crazy Horse en concert. A moins que Neil n’en ait encore dans sa malle aux trésors ?

 

Le Serpent

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Par Phil Inout

Le pitch

Se faisant passer pour négociants en pierres précieuses, Charles Sobhraj (Tahar Rahim) et sa compagne Marie-Andrée Leclerc (Jenna Coleman) voyagent à travers la Thaïlande, le Népal et l’Inde entre 1975 et 1976, commettant sur leur passage une série de crimes sur le « Hippie Trail» asiatique. Un jeune diplomate néerlandais Herman Knippenberg (Billy Howle) finit par soupçonner leur implication dans la disparition de plusieurs jeunes touristes et se lance à leurs trousses… 

Ce qu’on en pense

Après The Eddy, Tahar Rahim est à nouveau en tête d’affiche d’une série Netflix. L’histoire véridique de Charles Sobhraj, alias Le Serpent, un serial killer franco indien qui a sévi en Thaïlande dans les années 70, dépouillant les jeunes  hippies et se débarrassant de leurs cadavres sans jamais être inquiété par la police locale. Avec un maquillage qui le fait étrangement ressembler au David Carradine de la série Kung Fu, Tahar Rahim incarne un Serpent particulièrement venimeux, bien secondé par Jenna Coleman (Captain America First Avenger, Docteur Who) qui joue sa complice. La reconstitution d’époque est si parfaite qu’on a l’impression de regarder une série des années 70. Dommage que l’intrigue soit aussi ténue et répétitive,  avec d’incessants sauts temporels qui n’apportent pas grand chose et des accents chelous dans la version française. Tout étant exposé dans le premier épisode, on peine à aller au bout des sept suivants. 

Mundaun

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Par Cédric Coppola

Ancienne commune Suisse du canton des Grisons, Mundaun a inspiré le Studio Hidden Fields, dont la particularité est d’avoir été fondé par un seul homme : le développeur et illustrateur Michel Ziegler. Ce conte horrifique forcément personnel prend donc pour décor le folklore Alpin au moment où le héros vient enquêter sur la disparition de son grand père, lors d’un incendie de forêt. Un voyage qui ne sera pas de tout repos. En dépit de limitations techniques, dans les graphismes et l’animation, le jeu s’appuie sur une direction artistique particulière car dessiné à la main, aux nuances grisâtres. Il s’en dégage une véritable atmosphère. Il est cependant dommage que le projet n’ait pas disposé de davantage de budget pour que l’auteur puisse améliorer certains effets. Il reste malgré tout fidèle à son concept et provoque quelques sensations fortes. Pas un hasard donc si on doit gérer la peur de son personnage. En vue à la première personne et selon le concept de « simulateur de marche » consistant davantage à faire vivre une expérience plutôt que de multiplier les combats, Mundaun tient en haleine par sa narration. A plusieurs reprises on pense aux ancêtres Maupiti Island et Manoir de Mortevielle, très prisés dans les années 1990. Atypique. (Jeu testé sur PS5, également disponible sur Switch, PC, Xbox et Mac)

Loop Hero

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Par Cédric Coppola

Avec 500 000 joueurs recensés sur Steam lors de la première semaine de commercialisation, Loop Hero, la nouvelle bombe indé éditée par Devolver est un véritable succès. Il faut dire que derrière ses graphismes pixelisés et une technique minimaliste le jeu se montre vraiment innovant et s’appuie sur un concept aussi ravageur que chronophage. Explications. Dans l’espoir de sauver le monde (rien que ça), le personnage se retrouve pris dans des niveaux qui forment une boucle (loop). Condamné à tourner sans cesse, il cherche à récolter certaines ressources. Or ces dernières sont détenues par des monstres. Plutôt que de placer ses mécréants directement sur le chemin du héros, les développeurs russes de Four Quarters ont eu une idée diabolique : c’est au joueur de les insérer dans la boucle afin de permettre à notre sauveur de les occire et de récupérer une tonne d’équipements ou d’obtenir d’autres sbires. Et ainsi de suite. Quelques spécificités sont à prendre en compte : d’une part les boucles changent à chaque partie et d’autre part les combats se déroulent en mode automatique. La survie du héros dépend de l’attirail à sa disposition. Il y a aussi un aspect stratégique puisqu’il faut savoir quand rentrer au bercail afin de ne pas perdre tout le matos durement acquis suite à un échec. Mis bout à bout, ces petits détails font mouche et permettent à Loop Hero d’être un Rogue Like à part qui mérite vraiment le coup d’œil. (Jeu testé sur PC).

Arab Strap : As Days Get Dark

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(Photo Kat Gollack)

Par Ph.D

Les grands groupes de rock ne meurent jamais,  a-t-on coutume d’affirmer. Mais les petits non plus apparemment ! Ces dernières années,  on a vu revenir des formations qui n’avaient plus enregistré depuis des lustres : Wire, Ride, Jesus and the Mary Chain, Faith No More, les Psychedelic Furs, pour ne citer qu’eux, ont sorti des albums qui, non seulement font honneur à leur discographie, mais la rehaussent encore d’une pièce maîtresse. Idem pour Arab Strap, duo écossais composé d’ Adam Moffat et Malcolm Middleton, dont  on était sans nouvelles depuis 15 ans. As Days Get Dark est leur meilleure production à ce jour. Un chef d’oeuvre d’une beauté renversante. Quelque chose comme la rencontre de Leonard Cohen et de New Order. Le meilleur disque de ce début d’année, tout simplement.

 

Iain Levison: Un Voisin trop discret

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Par Denis Allard

Jim Smith, sexagénaire célibataire, est chauffeur Uber à Philadelphie. Il mène une vie calme et routinière et n’aspire qu’à une chose : qu’on le laisse tranquille. Mais quand sa voisine Corina, mère d’un jeune enfant vient le solliciter pour de l’argent, il ne se doute pas que son quotidien va être bousculé. En effet, Grolsch son mari, militaire jaloux et alcoolique des Forces Spéciales, soupçonne Jim d’être son amant. De plus, Grolsch sur le terrain,  se comporte en sale type avec son coéquipier Kyle, le menaçant de révéler son homosexualité et de nuire à sa carrière. Kyle va alors échafauder un plan pour s’en débarrasser,  mais Jim va le devancer pour sauver sa peau. Dans la lignée de ses précédents romans, Iain Levison continue de scruter de manière sarcastique et jubilatoire les maux de l’Amérique, l’armée et la police étant cette fois-ci la cible. En croisant le destin de personnages singuliers, Un voisin trop discret nous montre que les apparences sont parfois trompeuses. Le clou de l’histoire restant sa chute, drôle et immorale à souhait.