Ça vient de sortir

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The Great Ace Attorney Chronicles

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Par Cédric Coppola

« Objection votre honneur » cette phrase, très prisée des avocats,  aurait dû être balancée dans une réunion dans les bureaux de Capcom au moment de l’annonce du portage de ces “chroniques” sorties en 2015 et 2017 au pays du soleil levant et qui ne mettent pas en scène le célèbre Phoenix Wright mais le jeune Ryunosuko Naruhodo, un jeune étudiant en droit. La raison de ce coup de sang ? L’absence de traduction des textes en français. Un vrai manque tant ces enquêtes et ces procès font la part belle aux dialogues. De quoi exclure totalement d’un public non anglophone… Surtout que les dialogues regorgent de subtilités. Ceux qui maitrisent la langue de Shakespeare pourront, par contre, se lancer volontiers dans ces affaires qui se déroulent au Japon et à Londres. L’humour est omniprésent et les postulats souvent cocasses. Les différents personnages qui défilent à la barre étant assez particuliers et inattendus. Le jeu est aussi très agréable à l’œil avec des mimiques à foison,  sans oublier d’aborder des sujets sensibles. Là où on aurait pu craindre que le choix de situer l’action à la fin du XIXe siècle donne un côté vieillot à l’ensemble il n’en est rien. Bien au contraire, cela permet d’éviter le trop plein technologique. Cerner les personnalités de chacun, vérifier les témoignages, déceler les mensonges, regrouper les preuves, analyser les pièces à convictions, contredire les arguments et même faire une danse de séduction (corriger certains témoignages alambiqués) … rythment les parties de ce spin-off rafraichissant et distrayant qui a de quoi occuper les apprentis hommes / femmes de lois pendant plus de cinquante heures ! (Jeu testé sur PS4, également disponible sur Switch et PC)

Padura: Poussière dans le vent 

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Par MAB

Ils étaient huit amis soudés depuis la fin du lycée à la Havane. « Un clan » comme ils se définissaient eux-même. Et parmi eux, la mystérieuse Élisa considérée par tous comme leur leader. De 18 à 30 ans, ils vont vivre d’abord d’insouciance avant de partager de plus en plus douloureusement les transformations du monde des années quatre-vingt dix, la chute du bloc soviétique et ses conséquences sur la vie quotidienne à Cuba. Face à la pénurie, les secrets d’État et la suspicion permanente, certains parmi les huit vont disparaître, d’autres rester et d’autres s’exiler…Des personnages magnifiquement complexes auxquels le romancier Cubain Leonardo Padura nous attache en plus de 600 pages. On les découvre à travers une construction temporelle faite d’aller et retour entre passé et présent. Le fil rouge étant l’enquête intime faite en 2010 par une jeune fille d’origine Cubaine, née aux États-Unis et amoureuse d’un jeune Cubain exilé à Miami et le suspense : de qui sont-ils les enfants ? Un mot de l’auteur : Leonardo Padura est né à La Havane en 1955. Il a été journaliste et scénariste de cinéma (« Retour à Ithaque » de Laurent Cantet). Il vit toujours sur cette île dont il a besoin pour écrire, malgré les critiques idéologiques qu’il lui adresse dans ses essais. « J’ai la nationalité espagnole depuis dix ans…mais ma seule nationalité c’est Cuba » affirme- t-il. Ce dernier roman exclusivement cubain est cependant une passionnante réflexion quasi universelle sur le déchirement de l’exil et la perte de repères géographiques et politiques. Il se lit d’une traite et fera parler de lui au moment des prix littéraires.

Bob Marley : Capitol Session

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Par Philippe DUPUY

En octobre 1973, Bob Marley & the Wailers tournent aux Etats-Unis espérant enfin décrocher la timbale. Rudoyés par le public en première partie de Bruce Springsteen, ils se font éjecter de la tournée de Sly & the Family Stone : trop mal sapés, pas assez funky. Désoeuvré, le groupe, que Bunny Wailer vient de quitter (remplacé par Joe Higgs),  mais qui compte encore Peter Tosh dans ses rangs,  se réfugie dans un studio de la tour Capitol Records à Los Angeles pour filmer une session live. Les caméras de Denny Cordel captent un groupe de musiciens au naturel, mal fagotés,  qui se roulent de monstrueux pétards de ganja avant d’entamer la séance, plaisantent entre les morceaux, s’interrompent et reprennent quand ils se plantent, font durer une intro le temps que tout le monde soit dans le tempo… Coiffé d’un bonnet de grand mère, Peter Tosh ne quitte pas ses lunettes noires et ouvre la séance avec “You Can’t Blame the Youth. Concentré sur sa guitare et ses choeurs, il ne lâche pas un mot. Le jeune Bob Marley, qui n’arbore pas encore de dreadlocks et porte une veste en jean, parait plus relax en début de séance mais semble entrer en lui-même au fil des morceaux pour finir sur un “Get up Stand up” littéralement possédé. Le groupe joue à l’os un reggae tranchant, archaïque, limite punk.  Les grandes chansons de Marley (“Burnin’ and Lootin” , “Kinky Reggae”, “Stir It Up”, “No More Trouble” …) sont déjà là, mais dans leur forme brute, sans la patine que leur donnera ensuite le succès public. Capitol Session 73 montre et fait entendre les Wailers d’avant la reconnaissance : un groupe de musiciens faméliques et enragés. Oublié pendant plus de 20 ans, enfin restauré et remastérisé le film est un document formidable et  historique. Mais on recommande aussi la version CD audio, dans laquelle les chansons s’enchainent sans temps morts et qui constitue le meilleur live de Bob Marley avec les Wailesr (presque) originels.

 

Magma : Eskähl 2020

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Par Ph.D

Dans la foulée de la sortie d’un nouvel album studio (Zess), Magma avait repris la route en 2019 pour une tournée passée par Jazz à Juan en affiche commune avec King Crimson (grand souvenir !). Le Covid l’a coupé dans son élan,  mais le groupe avait déjà accumulé assez de matériel pour sortir un nouveau double album live. Intitulé Eskähl, il présente le groupe dans son nouveau line-up (Hervé Aknin au chant, Rudy Blas à la guitare, Jimmy Top à la basse, Simon Goubert et Thierry Eliez aux claviers)  sur un medley des trois premiers albums intitulé “Theusz Hamtaahk Anthologie” , enregistré à Perpignan le 8 mars 2020 et qui occupe tout le premier CD. Le deuxième disque, enregistré à Bordeaux, Toulouse et Perpignan,  présente  des compositions plus récentes, plus jazzy et mélodieuses qui démontrent, s’il en était besoin, que 50 ans après sa formation, Magma produit toujours une musique inspirée et puissante. Joliment packagé, l’album constitue un superbe teaser pour la tournée qui redémarre ces jours ci et passera par Six Fours en octobre.

Rory Gallagher

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Par Ph.D

Sorti en 1971, le premier album solo de Rory Gallagher bénéficie d’une somptueuse édition anniversaire dont la version Deluxe  comprend pas moins de 4 CD (l’album original remastérisé, 2 CD de versions alternatives des titres de l’album et un CD live à la BBC de 1971), un DVD du concert filmé à la Taverne de l’Olympia à Paris pour la mythique émission Pop 2,  un livre relié de 32 pages (photos inédites de Barrie Wentzell, notes, récits, témoignages et interviews) et une affiche exclusive. Un superbe hommage au guitariste irlandais, trop tôt arraché à l’affection de ses fans, qu’on retrouve ici dans son premier effort solo après l’aventure Taste. L’album, idéalement remastérisé, sonne formidablement bien et n’a pas vieilli d’une seconde. Un classique du blues rock dont la version vinyle originale de 1971 est une relique précieuse mais usée jusqu’à la trame.

 

Liminanas : Da Pelicula

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Par Ph.D

On le voyait venir, c’est fait : Les Liminanas achèvent leur mue electro avec ce nouvel opus conçu avec le DJ star Laurent Garnier. Le rock garage-psychédélique des Liminanas s’accommode on ne peut mieux du gros son big beat que leur offre Laurent Garnier dans ces 12 titres peut-être écrits au soleil d’Ibiza (ou en y pensant) et qui forment la bande-son spontanée d’un fiévreux roadtrip psychédélique. Côté vocaux, Lionel et Marie Liminana sont accompagnés de leur vieux complice  Bertrand Belin  (“Au début, c’était le début‘ ) dont il a aussi écrit le texte et d’ Eduardo Henriquez sur le single estival “Que Calor” (un tube instantané),  tandis que Laurent Garnier mêle sa voix à celles du duo sur  ‘Juliette dans la caravane‘ et ‘Tu tournes en boucle‘ .  L’influence de  Gainsbourg et de Bashung est toujours présente, mais cette fois ce sont des boucles techno et non des guitares qui les accompagnent. Un disque d’after pour l’été 2021. Les Liminanas l’étrenneront sur la scène du Bol d’or, le 18 septembre : sacrée teuf  en perspective !

 

Imany: Voodoo Cello

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Découvert au mois de juin 2021 à Anthéa Antibes, le formidable spectacle Voodoo Cello (violoncelle vaudou) d‘Imany, dans lequel elle reprend des standards de la pop  (et une ou deux chansons françaises) seulement accompagnée de 8 violoncelles,  méritait une déclinaison en album. Plutôt que de l’enregistrer live, la chanteuse a réuni sa troupe en studio pour graver les meilleures reprises du spectacle:  “I’m Still Standing” (Elton John),Wonderful Life”  (Black) , “Total Eclipse of the Heart” (Bonnie Tyler) , “Believer”  (Imagine Dragons), Wild World (Cat Stevens) et surtout “Like a Prayer”(Madonna) se prêtent particulièrement à l’exercice.  Le son est parfait et les arrangements, acoustiques et dépouillés, mettent en avant la voix chaude et profonde d’Imany qui n’a jamais été mieux mise en valeur. L’album est une splendeur.
 

 

Zelda: Skyward Sword HD

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Par Cédric Coppola

Sorti en 2011 sur la regrettée Nintendo WII, Skyward Sword fait injustement partie des épisodes les plus sous-estimés de la saga. Pourtant, malgré ses défauts (à commencer par un début assez laborieux), l’aventure ne manque pas d’atouts et a le mérite de revenir sur les origines du mythe. Histoire de lui donner un second souffle, Big N réédite l’œuvre sur SwitchLes nouveautés de ce portage ne sont pas nombreuses mais enrichissent l’expérience, en plus de la rendre plus agréable. Le lifting HD est propre, le 60fps est présent, Fay, la créature qui accompagne Link se montre moins intrusive et la possibilité de jouer en agitant les joy-con est appréciable car beaucoup plus précis que les Wiimotes. Pour le reste, le jeu est identique. Pas de nouvelles régions ou donjons au programme, donc. Comme indiqué ce n’est qu’au bout du long prologue, lorsque Link quitte la cité de Célesbourg, dans l’espoir de retrouver Zelda que l’aventure commence à prendre forme et décolle lentement mais sûrement. En dehors de son histoire qui revient sur les origines de la fameuse épée, le jeu possède deux atouts de choix : la qualité des donjons à traverser et ses combats. Les premiers sont un modèle de level-design et font la part belle aux puzzles. Ils sont aussi suffisamment variés et de tailles conséquentes pour tenir en haleine. La difficulté est aussi très bien dosée. Quant aux affrontements, ils déroutent, nécessitant un petit temps d’adaptation puisqu’il faut désormais choisir de frapper verticalement ou horizontalement. Une Fonction indispensable pour briser les gardes des mécréants. D’où l’intérêt d’opter pour le gameplay avec les joy-cons. Que les gamers nomades ou habitués à une maniabilité plus conventionnelle se rassurent, celui-ci n’est pas obligatoire. Comme de coutume dans les Zelda, différents objets permettent de débloquer certains passages. Des mini jeux apportent un brin de fraîcheur et les paysages rencontrés : eau, désert, forêt… sont variés. Une très bonne pioche donc, aussi bien pour les nostalgiques que pour ceux qui n’avaient pas pu se procurer le jeu il y a dix ans. 

Samurai Warriors 5

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Par Cédric Coppola

En règle générale, le simple mot « Warriors » dans un jeu vidéo renvoie au genre du Musô, lequel place le joueur face à des centaines d’ennemis simultanément pour des combats aussi improbables que spectaculaires. Au fil des années, ce qui était à la fin du XXe siècle considéré comme des jeux de niche se sont démocratisés grâce à des titres comme Hyrule Warriors qui prend place dans l’univers de Zelda. Cependant, Koei Tecmo continue de développer ses deux séries phares autour de l’histoire du Japon : Dynasty Warriors et donc Samurai Warriors, dont le cinquième épisode est désormais disponible. Plutôt que de proposer une simple suite, les développeurs d’Omega Force ont préféré reprendre les choses à zéro. Un reboot qui permet aux nouveaux venus de ne pas prendre le train en marche et de découvrir Mitshide Akechi et Nobunaga Oda, personnages ô combien emblématiques. Leurs histoires sont prenantes et le jeu passe en revue leurs exploits à travers le temps. De quoi réviser à minima sa culture nippone.

Sur le champ de bataille, le gamer ne se contentera pas de les diriger puisque ce sont près de trente personnages jouables qui sont à dispositions. Les combattants ayant certaines capacités qui leur sont propres, de façon à renouveler à minima le gameplay et éviter un simple matraquage de bouton. On n’échappe pas à une certaine forme de répétitivité au fil des périples, mais un effort a été fait de cer côté-là. Le choix des armes va aussi dans ce sens. En plus de proposer un mode coopération fort appréciable (notamment sur la même console), Samurai Warriors 5 sait aussi multiplier les objectifs pour éviter que la routine s’installe. La conquête de territoire ou la prise de citadelle (un mode entier est d’ailleurs dédié à cette activité) occupent toutefois la majorité du temps. Comme de coutume,  en plus des adversaires lambdas, différents boss et sous-boss se dressent sur le chemin de nos combattants. Classique mais efficace… Quant à la partie technique, elle surprend puisque les graphismes sont en cell-shading ce qui donne parfois l’impression d’être devant un film d’animation. La fluidité en 60 fps est aussi présente et permet d’excuser des décors parfois un peu trop vides. D’où un Beat’em all peut être pas révolutionnaire mais bigrement défoulant. (Jeu testé sur PS4 Pro, également disponible sur Nintendo Switch, Xbox One et PC)

 

 

Adieu les cons

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Par Philippe DUPUY

Le Pitch

Lorsque Suze Trappet (Virginie Efira) apprend à 43 ans qu’elle est sérieusement malade, elle décide de partir à la recherche de l’enfant qu’elle a été forcée d’abandonner quand elle avait 15 ans. Sa quête administrative va lui faire croiser JB (Albert Dupontel), quinquagénaire en plein burn out, et M. Blin (Nicolas Marié) , archiviste aveugle d’un enthousiasme impressionnant. À eux trois, ils se lancent dans une quête aussi spectaculaire qu’improbable.

Ce qu’on en pense

Après sa belle adaptation d’Au revoir là-haut, le prix Goncourt de Pierre Lemaitre, Albert Dupontel revient à la comédie burlesque noire dont il détient, semble-t-il, le secret de fabrique en France.  Avec Adieu les cons, l’humoriste paye son tribut aux Monty Python qui ont formé son goût pour le cinéma: le film est dédié à leur fondateur disparu, Terry Jones et Terry Gilliam y fait une réjouissante apparition en marchand d’armes. Le scénario s’inspire d’ailleurs franchement de Brazil, le chef d’oeuvre de Gilliam, dont il remet l’intrigue à l’heure des nouvelles technologies et des réseaux sociaux. Certains personnages portent aussi des noms “Braziliens” (Tuttle, Kurzman, Lint…). Celui incarné par Dupontel est un crack de l’informatique suicidaire mais maladroit. Virginie Efira campe une mère à la recherche de son enfant abandonné et prête à tout pour le retrouver  (la filiation est une des thématiques centrales de l’oeuvre de Dupontel). Mais la révélation comique du film est certainement Nicolas Marié, hilarant dans le rôle d’un comparse aveugle priapique. Moins délirant, plus maîtrisé que ses prédécesseurs, Adieu les cons n’en est pas moins drôle, ni  féroce. Au contraire !  Si vous avez aimé Neuf mois ferme, vous goûterez certainement le Dupontel nouveau.  Par ces temps de sinistrose, il a comme un goût de banane.

The Killers : Pressure Machine

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Par Ph.D

Quelques mois après l’indigeste  Imploding the Mirage, sur lequel leur pop Springsteeno-U2bienne  était au maximum de sa grandiloquence surproduite, les Killers sont de retour avec un nouvel album qui est presque l’exact opposé de son prédécesseur. Empêchés de tourner par le Covid, Brandon Flowers et ses comparses sont retournés en studio enregistrer un concept-album qui trottait dans la tête du chanteur depuis un moment. Il y parle de la petite ville où il a grandi (Nephi dans l’Utah) et de ses habitants, dont on entend les voix entre chaque chanson,  dans des extraits sonores apparemment recueillis à la volée dans la rue. Le procédé, combiné à une production plus sobre,  donne au projet une authenticité et une sincérité qui avaient fini par faire défaut aux disques de The Killers. On dirait toujours du Springsteen joué par Arcade Fire (ou les Waterboys), mais du Springsteen période Nebraska plutôt que Born in the USA. Premier grand disque de la rentrée, Pressure Machine est probablement le meilleur album de The Killers à ce jour. Le plus beau en tout cas.

 

 

Tarantino : Il était une fois…

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Par Denis Allard

Hollywood, 1969. Rick Dalton, star déclinante de feuilletons western et sa doublure cascade, Cliff Booth, assistent impuissants à la métamorphose d’une industrie cinématographique qui annonce l’avènement du « nouvel Hollywood ». De plus, cette même année, Hollywood est le théâtre de l’assassinat de l’actrice Sharon Tate par les disciples du gourou Charles Manson. Le lien entre ces personnages ? Rick Dalton est le voisin de Sharon Tate. Succès en salles il y a deux ans, cette novélisation du long métrage est un vrai « page turner ». Librement inspiré du film, le roman reprend cependant assez fidèlement la trame de l’histoire. Tarantino y déploie tout son talent de narrateur avec des dialogues percutants qui en ont faits sa marque de fabrique. Tout au long du roman, Il y ajoute de nombreuses anecdotes savoureuses liées aux acteurs et réalisateurs d’alors. Il y développe également le personnage mystérieux de Cliff Booth dans un chapitre hilarant relatant le meurtre « accidentel » de sa femme lors d’une virée en bateau. Enfin, Tarantino n’oublie pas non plus de mentionner son savoir encyclopédique de la scène musicale de l’époque. Ainsi y  apprend-t-on que Charles Manson, gourou certes mais aussi guitariste ambitieux, fréquentait Dennis Wilson le batteur des Beach Boys. Manson, dont sa chanson fétiche Cease to Exist rebaptisée Never Learn Not to Love figure sur l’album 20/20 des Beach Boys, sans y être cependant crédité. Au fil de l’histoire et à travers ces personnages, Quentin Tarantino dresse finalement une fresque mémorable et un peu folle de cette époque charnière de l’histoire américaine ballotée par les mouvements contestataires. Passage réussi donc pour ce primo-romancier qui réjouira les fans mais pas seulement.

Garçon chiffon

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Par Ph.D

Le Pitch

Jérémie (Nicolas Maury), la trentaine, peine à faire décoller sa carrière de comédien. Sa vie sentimentale est mise à mal par ses crises de jalousie à répétition et son couple bat de l’aile. Il décide alors de quitter Paris et de se rendre sur sa terre d’origine, le Limousin, où il va tenter de se réparer auprès de sa mère (Nathalie Baye)

Ce qu’on en pense

Les acteurs de la série Dix pour cent sont à la fête ces temps-ci au cinéma : après Laure Calamy qui s’éclate en Antoinette dans les Cévennes et Thibault de Montalembert qui joue les drag queens dans Miss, voici Nicolas Maury dans son premier long métrage de réalisateur. Une dramédie au ton trés personnel,  qui a bénéficié du label Cannes 2020 et dans laquelle Maury se met en scène en homo parisien jaloux pathologique qui tente une retraite dans le Limousin pour calmer ses nerfs. Avec une mère comme la sienne (Nathalie Bay, excellente), le séjour n’a rien d’une sinécure !  Un premier film XavierDolanesque, qui pourra dérouter et même agacer,  mais qui révèle un vrai talent d’écriture et de mise en scène (pour le jeu on savait déjà). A suivre.

Prince : Welcome 2 America

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Par Philippe DUPUY

Si Prince était encore vivant et qu’au sortir d’un énième confinement,  il s’était mis en tête d’offrir à ses fans un disque d’été plein de hits, disco funk, dansant et rafraîchissant,  mais avec des textes pertinents, qui sondent les maux de l’Amérique et du monde civilisé, il aurait difficilement pu accoucher d’un album plus parfait que Welcome 2 America. Enregistré en 2010, ce disque était resté dans ses tiroirs,  pour des raisons que le Nain Pourpre a apparemment emporté dans sa tombe. Il sort enfin, cinq ans après sa mort et constitue le premier véritable album posthume de Prince, dont la discographie post mortem pourrait dépasser en nombre et en qualité celle de Jimi Hendrix. Le Kid de Minneapolis a, on le sait , laissé des kilomètres de bandes enregistrées en live ou dans ses studios de Paislay Park. Mais les prochains opus pourront difficilement être plus pertinents, homogènes  et géniaux que Welcome 2 America qui convoque le meilleur du jazz, du funk et de la soul US, avec des titres qui sonnent comme du Isaac Hayes, du Marvin Gaye ou du Curtis Mayfield. Avare de tubes dans les dernières années de sa carrière, Prince en avait au moins trois en réserve sur cet album : “Welcome 2 America” qui donne son titre à l’album est du calibre de “Sign’O’ The Times“, “Born 2 Die” est délicieusement disco,  avec une rythmique à la “Papa Was a Rolling Stone” et “Hot Summer” est un rock parfait pour ce deuxième été Covidé. On pourrait aussi convoquer “1010 (Rin Tin Tin)” qui ferait une belle intro de comédie musicale ou “Yes” , une tournerie funky dans laquelle Prince semble retrouver l’énergie vitale de ses premiers albums.  Ne cherchez pas plus loin le disque de l’été 2021: même mort Prince continue de régner.

 

 

JO de Tokyo

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Par Cédric Coppola

Les jeux olympiques de Tokyo battent leur plein. Et si les français ne sont pas forcément toujours à la fête, quoi de mieux qu’une simulation virtuelle pour rattraper le déficit de médailles ? Une possibilité offerte par le jeu officiel de Sega, où le gamer peut s’essayer à 18 disciplines, en variant les gameplay.

Passons rapidement sur l’aspect technique. Les graphismes en 3D sont propres mais loin des standards actuels et les animations tout justes correctes. L’une des originalités est de pouvoir entièrement personnaliser son sportif voire de le déguiser. L’heure est aussi au sport mixte et il ne faut donc pas s’étonner de voir des équipiers des deux sexes se passer une balle ensemble ou se tirer la bourre lors d’une course. On ne note également aucun personnage prédéfini avec des caractéristiques distinctes. Ici seul le skill compte.

Les épreuves sont de qualités homogènes. Il y a de l’athlétisme avec du 100m, 110m haies, du relais 4x100m, du lancer du marteau, du saut en longueur… du combat comme le judo ou la boxe… du tennis, du ping-pong, des sports collectifs tels que le rugby à 7, le foot, le beach-volley, le basket, le baseball… de la natation en 100m nage libre ou 200m quatre nages… mais aussi de l’escalade, du BMX… C’est extrêmement complet. Bien entendu, l’objectif n’est pas sur certaines expériences de concurrencer Fifa ou Nba 2k, mais d’être accessible au plus grand nombre. Cela n’empêche pas que des défis soit relevés contre l’IA… car au plus on passe des tours, au plus les adversaires sont coriaces. De la même manière, les développeurs ont su échapper au maximum au syndrome Track and field, signe d’un genre qui péchait autrefois par du matraquage de boutons à outrance. La jouabilité est même parfois assez subtile avec des astuces à débloquer pour, par exemple, prendre un meilleur départ ou faire des super actions. Bien entendu, en sus du mode solo, le multi est présent et permet des joutes animées. Mis bout à bout, ce Tokyo 2020 est un titre frais et divertissant, aucunement prise de tête. Taillé pour l’été, donc. (Jeu testé sur PS4, également disponible sur Xbox, Switch, Steam et Stadia)