Ça vient de sortir

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Santana : Blessings & Miracles

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Par Ph.D

Est-ce l’effet d’un nouveau traitement survitaminé ou l’acquisition d’une nouvelle pédale de distorsion ? Le nouvel album de Carlos Santana, pourtant enregistré en  confinement,  est un vrai feu d’artifice. Ca commence dès le prologue (“Ghost of Future Pull/New Light“),  dans lequel le guitariste Mexicain s’amuse à jouer de nouveaux solos sur un medley de ses anciens hits (“Soul Sacrifice” , “Black Magic Woman“). Une fois parti, on ne l’arrête plus. Chaque titre est prétexte à dévaler le manche comme jamais, avec un son particulièrement rock’n’roll. Du coup, les guests invités au micro  (Rob Thomas, Kirk Hammett, Steve Winwood…) sont réduits à faire de la figuration. L’album aurait pu être instrumental tant la guitare prédomine et fait office de deuxième voix. Parfois, cela peut même être gênant,  comme dans la reprise samba de Procol Harun (“Whiter Stade of Pale“),  alourdie par les interventions incessantes de l’envahissant Carlos. Mais on ne va pas se plaindre : Mais on ne va pas se plaindre : à 74 ans, Santana semble avoir retrouvé une seconde jeunesse et Blessings & Miracles figure parmi ses plus grandes réussites.

 

Orelsan : Civilisation

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Par Ph.D

Honnêtement, on s’attendait à plus kiffer le nouvel album d’Orelsan. Le titre (Civilisation) et le premier single, “L’Odeur de l’essence“,  laissaient présager un disque bien énervé. Il ne l’est, hélas,  que trop sporadiquement. Le plus souvent,  le rappeur Bas Normand  reste dans sa zone de confort: une chanson sur l’enfance, quelques commentaires sur sa condition de rappeur à succès plus que trentenaire tenté par la paternité, deux-trois  titres un peu déconnants (dont un excellent avec Gringe, meilleur rap de l’album) , deux chansons rageuses dans la lignée de “Suicide Social”  (sans la fièvre incendiaire)… Civilisation applique scrupuleusement les recettes de ses prédécesseurs.   Les textes sont toujours aussi bien écrits et les instrus de Scread toujours inventifs,  mais sur l’ensemble Orelsan donne l’impression de se répéter. Comme si ce disque annonçait la fin de quelque chose plutôt que le début d’une nouvelle aventure. Peut-être faut-il le croire lorsqu’il annonce en préambule (“Shonen“) :  ” Désolé, mais j’vais devoir vous quiiter/ Bientôt vous m’aurez tous oublié” ?

 

COD : Vanguard

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Par Cédric Coppola

Fidèle au rendez-vous, le nouveau Call Of Duty déboule en plein automne, histoire de satisfaire tous les amoureux de guerre virtuelle. Comme d’habitude, Activision procède à un Turn over entre ses trois différents studios. Cette année c’est donc Sledgehammer games qui s’y colle. Soit les développeurs qui avaient notamment signés les volets Advanced Warfare et WWII. On pourrait donc presque parler de continuité avec ce dernier – publié en 2017 – dans la mesure où Vanguard a pour contexte la seconde guerre mondiale. De quoi promettre des joutes « réalistes » et se différencier de certains opus axés sur la technologie. Bonne nouvelle, contrairement au concurrent Battlefield 2042 d’Electronic Arts, une aventure solo est présente sur la galette. Cette histoire commence dans la foulée de la mort d’Hitler et met successivement le gamer aux commandes de plusieurs membres d’une troupe de choc, dans différents endroits du globe. A défaut de surprendre, ce périple scripté mise sur son côté spectaculaire ainsi que sur la diversité des situations rencontrées. Elle se montre, par contre,  un peu trop générique dans son écriture pour véritablement marquer les esprits. Elle n’a pas non plus l’audace de Cold War, avec ses multiples embranchements. Le multijoueur se découpe en plusieurs parties. Dans le plébiscité mode zombies, axé sur la coopération, il est question de combattre dans le cimetière de Stalingrad. Bien entendu, le surnaturel s’invite au sein de chaque partie. Dans la nouvelle Warzone, dont la première saison sera mise en ligne début décembre, le concept de battle-royale sera étendu à de nouvelles cartes. Quant aux affrontements classiques, en solo ou en équipe, ils gagnent en aspect tactique lors de certaines variantes. Le retour du système d’armurerie, où l’on s’équipe de différents accessoires avant de partir au front permet une personnalisation assez poussée. Complet, solide à défaut d’être original, agréable à l’œil et parfaitement fluide sur PS5 – même si le moteur du jeu n’a pas changé – Call Of Duty Vanguard s’appuie sur les forces de la franchise mais marque aussi une certaine stagnation. Espérons donc, davantage de prises de risques l’an prochain avec pourquoi pas, une véritable révolution à la clé. (Jeu testé sur PS5)

 

 

Darrieussecq : Pas dormir

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Par MAB

Avec Pas dormir  Marie Darrieussecq consolera – ou pas- tous ceux qui n’ont jamais pu retrouver un sommeil disparu depuis des lunes. Pour elle, ce bienheureux repos s’est volatilisé à la naissance de son premier enfant, il y a vingt ans. Alors que, pour vous et moi, ses semblables, ses frères, des tas d’autres raisons pourraient – ou pas- expliquer le tourment des nuits blanches. Le problème c’est que la romancière de Truismes , ne donne ici aucun espoir de guérison. En trois cents pages inclassables et d’une fantaisie un peu foutraque, elle dit sans honte, ni pudeur qu’elle a tout essa pour vaincre ce que certains nomment pompeusement « l’agrypnie ». Dans le désordre; somnifères, tisanes, méditation, psychothérapie, hypnose, acupuncture, yoga, CBD, mariage , chambre à part, amants …et surtout l’alcool,  dont elle avoue avoir abusé. Rien à faire. Même pas la « gravity blanket », une très coûteuse couverture thérapeutique importée des Etats-Unis! Alors Marie s’interroge. Pourquoi, elle, ne dort pas alors que les autres, oui. Faut-il aller chercher du côté de ceux qui ne sont plus? D’un frère jamais connu? Iconographie à l’appui, elle rappelle que la privation de sommeil est une torture encore pratiquée dans certains pays. Du Rwanda à la jungle de Calais, elle évoque les nuits de ceux qui n’ont plus de toit sous lequel se réfugier. Et en désespoir de cause, convoque tous les écrivains sans sommeil dont elle a connaissance. Ce sont comme par hasard, ses préférés: Victor Hugo, Proust, Duras, Pessoa, Sarraute et bien sûr Kafka dont le journal est son livre de chevet. Au final, on la sent presque fière de ne pas dormir. Elle n’ira pas dire comme Duras que seuls les abrutis dorment. Mais pour elle, les insomniaques sont ceux qui sont trop excités par la vie. « Dormir, au fond, c’est rater quelque chose » !  Consolateur ?

Mandibules

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Par Ph.D

Le pitch

Chargés de transporter une valise en échange de 500 euros (une fortune pour eux),  Jean-Gab (David Marsais)  et Manu (Grégoire Ludig), deux traine-savates, volent une voiture. Dans le coffre, ils trouvent une mouche géante et se mettent en tête de la dresser pour gagner de l’argent avec. Leur mission va prendre de drôles de chemins de traverse…

Ce qu’on  en pense

Après les trés réussis Au Poste et Le Daim, Quentin Dupieux déçoit un peu avec ce road movie burlesque qui louche sur Big Lebowski mais pique plutôt du nez vers Dumb & Dumber.  Grégoire Ludig et David Marsais (du Palmashow) jouent les crétins avec beaucoup de naturel, bien secondés par Adèle Exarchopoulos en sourdingue génante,  mais ça ne suffit pas à donner beaucoup d’intérêt à cette histoire de mouche géante. Le film a beau être court, on s’y ennuie. Un défaut qui pointait déjà son vilain nez dans Le Daim. La formule Dupieux (humour absurde et surréalisme)  commence peut-être à s’épuiser ? 

Nevermind: 30th Edition

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Par Ph.D

30 ans déjà que Nirvana cassait la baraque avec Nevermind. Un hold-up planétaire comme on n’en connaitra sans doute plus jamais –  les ventes de disques étant ce qu’elles sont-, pour un groupe à la musique aussi radicale. Le charisme destroy de Kurt Cobain, ses hurlements de chat écorché , le riff et le clip de “Smells Like Teen Spirit”  ont propulsé ce trio trés loin de ses bases underground, avec les dégâts que l’on sait sur le chanteur. Trente ans après, une luxuriante édition anniversaire en 5 CDs, Vinyles et Blu Ray, vient raviver la mémoire des fans de grunge et de rock alternatif. A la réécoute, la musique de Nirvana s’avère toujours aussi puissante et addictive.  Une déflagration de rage adolescente qui a peu d’équivalents dans l’histoire du rock : MC5, Stooges, Sex Pistols… La remastérisation de l’album original n’apporte pas grand chose à la géniale production de Butch Vig. Par contre,  les 4 CD de lives, enregistrés en 91/92 à Tokyo, Melbourne, Del Mar et Amsterdam et le Blu Ray du show d’Amsterdam , justifient pleinement l’achat de l’édition Super Deluxe. Le son est énorme et donne une bonne idée du rouleau compresseur infernal qu’était Nirvana sur scène.

 

Eric Clapton: Lockdown Sessions

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Par Ph.D

Presque 30 ans après son fameux Unplugged vendu à 20 millions d’exemplaires, Eric Clapton a profité de l’annulation de ses concerts (cause Covid)  pour enregistrer un nouvel album acoustique en condition de live avec un trio de musiciens composé de Chris Stainton (claviers), Nathan East (basse) et Steve Gadd (Batterie).  Au programme:  18 titres, dont une étonnante reprise de “Black Magic Woman” de Santana. Le reste de la setlist est plus classiquement blues avec des incontournables du répertoire claptonien (“After Midnight”, “Bell Bottom Blues”, “Key to the Highway”, “Rock Me Baby“) et  trois doublons par rapport à l’album de 1992  ( “Nobody Knows You”, “Layla” et “Tears in Heaven“) mais dans des arrangements sensiblement différents. Du blues de salon, chic, confortable et sans surprise.  Un peu l’équivalent des Coffee Table Books pour l’édition… L’album peut s’envisager comme un prolongement  du Unplugged et pourra être joué à la file sans problème. Par contre, seuls les guitaristes auront intérêt à regarder le DVD (pour piquer des plans de guitare). Malgré la beauté du lieu d’enregistrement (Cowdray House, Sussex),  les images renforcent un peu trop l’impression d’écouter du blues de grands-pères en pantoufles,  jouant pour l’auditoire d’un Ehpad…

 

Death Stranding : Director’s cut

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Par Cédric Coppola

A l’instar de Ghost of Tsushima mi-juillet, Death Stranding est désormais disponible dans une version Director’s cut qui célèbre au passage son portage de la PS4 vers la PS5. En plus des fonctionnalités attendues : 4K, 60 FPS, temps de chargements drastiquement réduits grâce au disque dur SSD, optimisation pour le son 3D… le dernier bébé d’Hideo Kojima bénéficie d’ajouts suffisamment notables pour séduire tous ceux qui n’avaient pas encore gouté à l’aventure de Sam Porter Bridges incarné par le charismatique Norman Reedus. La plupart de ces nouveautés, comme le lanceur de cargaisons, des bottes pour réduire les dégâts en cas de chute ou faire des sauts plus longs ont pour objectif de faciliter le périple. Le Buddy bot, un petit robot permet même de transporter davantage de marchandises. Certains crieront à un processus de casualisation ou parleront d’expérience dénaturée. Or tout cet attirail est facultatif et rien n’empêche les puristes de jouer dans les conditions d’origine. Autre bonne initiative, l’intégration d’un stand pour s’entrainer au maniement des différentes armes et la présence de nouvelles missions, qui sans être inoubliables gonflent la durée de vie. (Sony, jeu testé sur PS5)

 

 

Jeux Sega : Remakes

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Par Cédric Coppola

A défaut de proposer des titres inédits autour de ses célèbres licences tout public, Sega « remasterise » quelques épisodes majeurs. Des opus pas indispensables mais qui promettent quelques heures de détente. A tout seigneur, tout honneur. Sonic revient à toute allure pour revivre son aventure 3D sortie il y a dix ans sur l’illustre Nintendo WII. Une refonte qui en plus de proposer des graphismes en 4K et une animation ultra fluide bénéficie d’une poignée d’ajouts, tel un nouveau mode où il s’agit de faire la course contre la version métal du hérisson. Une aide du compagnon Tails qui permet contre l’échange de précieux jetons de ramener le héros de vie à trépas est aussi de la partie. Le rendu global reste toutefois en retrait des standards actuels puisque les graphismes malgré leur lifting restent assez cubiques. Sans atteindre la vivacité des meilleurs opus, Colours se parcourt sourire aux lèvres et trouve un minimum d’originalité grâce à la présence des Wisps, ces petites créatures qui permettent à Sonic de bénéficier de capacités très utiles. Quelques problèmes de caméra sont toujours présents, mais dans l’ensemble, on prend du plaisir devant la variété des situations rencontrées. Amusant.

Super Monkey Ball : Banania Mania est une compilation regroupant les trois premiers jeux de la franchise, qui célèbre cette année son 20e anniversaire. Au total ce sont plus de 300 niveaux qui s’offrent aux amoureux d’adresse et de vitesse. Le concept est simple : coincé dans une bulle, un petit singe doit ramasser les bananes situées sur un circuit et atteindre l’arrivée le plus rapidement possible. Forcément, les choses se corsent rapidement et seuls les plus agiles arriveront à réaliser un 100 % sur l’ensemble des parcours. Mode histoire, séquences animées, Banana mania est on ne peut plus complet. A noter que cette réédition permet de diriger d’autres personnages chers à Sega tel Sonic et de jouer jusqu’à 4 en simultané. Le tout est complété de 12 mini jeux, où les singes s’amusent par exemple au foot au baseball ou au bowling. Ambiance assurée pour ce titre addictif, qui traverse le temps sans prendre de rides. (Sega, jeux testé sur PS5)

 

 

 

Mohamed Mbougar Sarr : Goncourt 2021

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Par MAB

Prix Goncourt 2021, Mohamed Mbougar Sarr  succède à Hervé Le Tellier et son « L’Anomalie ». Une surprise? Pas vraiment, puisque ce jeune auteur né au Sénégal en 1990, (31 ans! ) faisait figure de favori. Sélectionné pratiquement pour tous les prix d’Automne. Alors pour cette chronique, on a fouillé dans les livres reçus durant l’été: Pas de  La plus secrète mémoire des hommes  dans la rangée des Éditions Philippe Rey (petit Editeur, en grande majorité de Joyce Carol Oates ). Difficile de le trouver en librairie. Rupture de stocks un peu partout. Réapprovisionnement dans quelques jours avec le bandeau rouge « Goncourt » ».  Il paraît d’ailleurs qu’à Dakar, on s’arrache l’ouvrage. Pour que ces lignes existent à chaud, Il a donc fallu batailler pour se procurer cette oeuvre de 450 pages dont on craignait un peu la cerebralité. Mais c’est fait, lu et approuvé. Un livre prenant et surprenant. Une langue étonnamment riche et variée pour dire  essentiellement et superbement l’amour de la littérature, et le goût de la vie : le narrateur étant un jeune écrivain sénégalais en quête d’un illustre prédécesseur, surnommé « Le Rimbaud nègre »  et disparu mystérieusement des décennies auparavant. Cette recherche est, alors, le fil rouge d’un récit labyrinthique qui se balade d’une époque tourmentée à  une autre. De la colonisation à la décolonisation en passant par la Shoah. Et de sa propre culture à celle de l’autre.  Et cela, en mêlant tous les styles, tous les genres et toutes les références : le recit, le journal intime, les lettres et témoignages ainsi que la citation de nombreux auteurs admirés… Un peu exigeant voire déroutant par moment. Mais une verve, une liberté de ton , un engagement, des connaissances et un talent tellement  vivifiants !  Ce prix prestigieux est un formidable coup de pouce à la jeune litterature francophone.

Lana Del Rey : Blue Banisters

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Par Ph.D

On le sait depuis quelques albums, même les fans transis de Lana Del Rey (dont nous sommes) doivent d’abord surmonter un sentiment de légère déception à l’écoute des nouvelles chansons de la chanteuse américaine. Mêmes mélopées rêveuses, même ambiance mélancolique, mêmes thèmes…  Ses disques se suivent et se ressemblent. Ce sentiment est d’autant plus pregnant quand le nouvel opus arrive quelques mois à peine après le précédent,  comme c’est le cas pour Blue Banisters,  et qu’il semble à priori n’être qu’un disque de bonus, composé de chansons écartées du premier justement parce que trop ressemblantes. Il faut un certain nombre d’écoutes attentives pour s’apercevoir qu’il n’en est rien. Certes Blue Banisters est un disque compagnon de Chemtrails over the Country Club, qui accentue encore le virage intimiste des chansons de Lana,  en privilégiant le piano-voix. Mais s’il ne contient aucun tube évident, toutes les chansons sont intéressantes et la voix de la chanteuse est encore plus mise en valeur par les arrangements dépouillés. Surtout, une fois qu’elles sont devenues familières,  les chansons deviennent aussi indispensables que celles des albums précédents et forment avec elles un corpus qu’on ne se lasse pas d’écouter et qui constitue une partie de la bande son de l’époque. On aime particulièrement “Text Book“, “Blue Banisters“, “Arcadia” “Nectar of the Gods“,  “Living Legend” et  “Sweet Carolina“. Mais s’il y a une chanson par laquelle on conseille de commencer l’écoute de l’album c’est  avec “Dealer. Sur un rythme faussement indolent,  Lana introduit la chanson d’une voix à peine reconnaissable,  avant de monter dans les aigus et dans les tours comme jamais. Au deuxième couplet, elle s’énerve contre son dealer qui “ne répond jamais au téléphone” et ne “donne rien en retour” de “tout l’argent” qu’elle lui laisse. Un peu comme son père,  aux abonnés absents lui-aussi  ( “Plus à la maison depuis des années“). Quand elle conclut dans un soupir  “Toutes les lignes sont occupées, tu planes“, difficile de ne pas faire pareil. Bref, oubliez tout ce qui précède et retenez ceci : Blue Banisters est encore un grand disque de Lana Del Rey. Le septième de rang.

 

Fontanel au Levant

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Par MAB

C’est une petite île de la Méditerranée. A côté de ses voisines de Port-Cros et Porquerolles. Pour Sophie Fontanel, ce lieu paradisiaque, Le Levantoù « Les gens sur le chemin vont nus, dorés et détendus » – devient la Capitale de la douceur. Pour son 17 e ouvrage, cette romancière et journaliste experte en mode, a choisi l’apaisement. « En 1926, écrit-elle en préambule, Paul Eluard publie  Capitale de la douleur.  Douleur et douceur qu’une simple lettre sépare ». Entraînée par un ami sur l’Île du Levant, elle accepte de se mettre nue dans les 5% de ce territoire consacré aux naturistes (le reste étant occupé par l’armée ) et s’en remet à la délicatesse de la nature et de la vie. Or dans ce décor prédestiné, Sophie ôte bien plus que ses vêtements, elle se met véritablement à nu. Plonge dans son passé pas si lointain et fait remonter un traumatisme enfoui. Ce viol subi à l’adolescence dont elle a toujours refusé la colère, la vengeance et la dénonciation. Par cet éloge de la bonté écrit en poétiques vers libres qui s’enroulent comme des vagues, elle voudrait ne plus avoir à s’en excuser. Elle veut pardonner comme elle a pardonné à sa mère qui lui a transmis la peur du sexe. Parce que «Face à la violence qui nous entoure, le pouvoir de la douceur est illimité »

Steely Dan/Donald Fagen : Live

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Par Ph.D

Groupe de studio plutot que de scène, Steely Dan n’avait publié qu’un seul  album live  (Alive in Americasorti en 1995) . Les fans ont donc dû se tourner vers les bootleggers, avec des fortunes diverses : difficile de retrouver le son si parfaitement lêché de Steely Dan sur des enregistrements pirates. La dernière tournée du groupe aux USA a donc été l’occasion de capter les performances,  avec un son à la hauteur de la légende de l’ensemble formé autour du duo Donald Fagen /Walter Becker. C’est en hommage à ce dernier, disparu en 2017, que Donald Fagen a reformé le groupe et continue de tourner en offrant au public d’entendre ses propres chansons en plus de celles de Steely Dan. Bien que sortis séparément, les enregistrement live de The Nightfly et de Northeast Corridor forment l’équivalent d’un triple album. Bien que trés daté, on retrouve avec plaisir ce mélange de jazz de rock et de pop rutilant qui est la signature du duo Becker/Fagen. Les versions live des chansons diffèrent assez peu de celles des albums, mais en tendant l’oreille il y a quand même de petites suprises dans les arrangements. Et le son est à la hauteur des attentes des fans : au besoin, on pourra tester sa nouvelle chaine stéréo avec, comme au bon vieux temps de Gaucho ou d’Aja . 

 

Les enfants de Cadillac 

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Par MAB

Longtemps, François Noudelmann, philosophe et essayiste, a tenu sa généalogie à distance. Ses origines juives ? « Universaliste, j’avais appris à l’école républicaine, qu’il n’y avait pas de races que les différences culturelles comptaient moins que ce qui nous réunissait tous: l’humanité. » D’ailleurs, il ne comprenait pas ceux que l’histoire de leurs aïeux obsédait. Il s’en était même éloigné géographiquement en devenant professeur d’université à New-York. « L’existence lointaine allège le poids de la nationalité à laquelle on appartient ». écrit-il. Et puis, voilà que durant la pandémie, alors même qu’il était installé dans l’oubli, voire le déni, « la mémoire familiale » se rappela à lui. Il était invité à une cérémonie au cimetière des fous, à Cadillac en Gironde, là où on avait retrouvé les traces de son grand-père Chaïm. Alors commença pour lui, une enquête généalogique. Des fouilles au fond de sa mémoire. Des recherches d’archives… Jusqu’à faire revivre deux êtres étonnants ballotés dans les tempêtes d’un XX e siècle en proie aux conflits et à l’antisémitisme. Le premier est donc Chaïm, son grand-père, qui, pour fuir les pogroms, traverse l’Europe à pied en 1911 et s’engage dans l’armée française pour en avoir la nationalité. Il reviendra de la grande guerre , « l’encéphale endommagé par le gaz moutarde » et, en guise de reconnaissance, sera interné à l’asile de Cadillac, où il mourra en 1941 après vingt ans d’errance mentale et de malnutrition. Le second est son père, Albert, qui un jour, dix heures durant, racontera « sa guerre de quarante » à son fils. Un récit incroyable d’horreurs et de maltraitances, de chances et malchances. François Noudelmann, a comme beaucoup d’autres en ce moment, intitulé cette sorte d’autobiographie, « roman ». Alors que rien dans ses lignes ne sont du domaine de la fiction. L’écriture est à la première personne. Il interpelle par le tu, ses chers disparus et émaille son récit d’un discours sur les dangers du temps présent. Mais cette appellation lui permet tout à fait légitimement de donner à son œuvre ( qui, de temps à autres, rappelle le Primo Levi de « Si c’est un homme » et de « La Trêve » ) la visibilité qu’elle mérite et de figurer en bonne place dans la course aux prix littéraires.

FIFA 22

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Par Cédric Coppola

PES / E-Football de Konami étant passé au Free to play, FIFA devient le seul jeu de football AAA disponible sur consoles. Une situation de monopole que connaît bien EA Sports depuis que Madden et NHL n’ont plus de concurrence digne de ce nom. Conséquence, les amateurs de ballon rond qui veulent avoir un titre à jour, avec les derniers transferts en date, des statistiques cohérentes et les maillots actuels croisent les doigts pour que le résultat soit à la hauteur. On ne fera pas durer le suspense… ce Fifa 2022 améliore quelques aspects mais ne corrige pas certains de ses défauts, qui l’empêchent depuis plusieurs années de franchir un cap. Commençons par ce qui fâche : des équipes nationales comme l’Uruguay ont disparu de la circulation et des formations, notamment italiennes apparaissent sous un faux nom. Des problèmes de licence qui contrastent avec l’habillage et la modélisation impeccable des sportifs. Au rayon des commentaires français, Pierre Menes n’est plus de la partie depuis ses déboires sur Canal +. Hervé Mathoux officie donc en solo. Autre petit manque : il n’y a plus d’histoire à suivre, y compris en « Volta », ce foot de rue à 3 vs 3 ou 5 vs 5 qui se pratique désormais quasi exclusivement en multi. Heureusement, les possibilités de personnaliser son double virtuel en le spécialisant en tir, vitesse ou technique donne une once d’épaisseur à cette formule qui tente de marcher sur les pas du regretté Fifa StreetRayon modes de jeux, peu de nouveautés également. « Ultimate Team », avec ses cartes à collectionner ne permet toujours pas de jouer en solo contre de vraies équipes. En multi, « Rivals » et « Fut Champions » ont été modifiés. Les relégations sont moins punitives et les affrontements parmi l’élite passent à 20 matchs au lieu de 30. Mais encore faut-il franchir les playoffs…

Bien entendu en fonction de ses performances et du nombre de matchs joués les packs à ouvrir sont plus ou moins intéressants. L’apparition de carte héros telles celles d’Abédi Pelé ou David Ginola est un apport sympathique. Mais là encore, des centaines d’heures de jeux sont nécessaires pour les obtenir sans dépenser de l’argent réel. Le « Devient Pro », où l’on contrôle un seul footballeur en compagnie de dix équipiers humains et la carrière « Mon joueur » sont plus plaisants grâce à des points de compétences à distribuer au fil de ses exploits. On y prend du plaisir et l’envie de s’améliorer est bel et bien là. Quant à la carrière de manager, déjà très complète, elle est agrémentée cette année d’une nouveauté de choix : la création de club. On monte son stade de toute pièce, choisit son logo, remplace une équipe existante et on est propulsé directement dans le grand bain avec des joueurs inconnus qu’il faudra faire progresser. Trouver des pépites au mercato étant bien entendu une autre clé de la réussite. Mais venons-en à l’essentiel : le terrain. Sur Next-gen, la technologie Hypermotion avec ses nouvelles animations est appréciable et compense les errements du moteur Frostbite, toujours peu concluant sur la gestion des contacts. Au lancement du jeu, fin septembre, la physique a plus d’importance que par le passé et la vitesse est moins favorisée. Tout n’est pas encore parfait, mais il y a du mieux. Les gardiens ont aussi bénéficié d’une refonte totale et sortent désormais des arrêts quasi impossibles tout en étant systématiquement fébriles aux enroulés des 25 mètres… Vivement un patch. En ligne, le plus gênant vient du sentiment d’injustice parfois frustrant. Cinq poteaux et dix parades de son côté, un tir anodin de l’autre et la défaite au bout du chemin… Le script fait encore parler de lui. Ni véritablement arcade,  ni simulation, Fifa 22 fait aussi l’impasse sur les cinq changements pourtant en place depuis plus d’un an lors des vrais matchs. Autant de bémols qui ne semblent malheureusement pas prêts d’être corrigés. Un carton jaune voire orange à ce sujet, donc.