Ça vient de sortir

/Ça vient de sortir

Diego Maradona

ça vient de sortir|

Le pitch

Le 5 juillet 1984, Diego Maradona débarque à Naples pour un montant qui établit un nouveau record du monde. Pendant sept ans, il enflamme les stades. Le footballeur le plus mythique de la planète a trouvé ses marques dans la ville la plus passionnée – mais aussi la plus dangereuse – d’Europe. Sur le terrain, Diego Maradona était un génie. En dehors, il était considéré comme un dieu. Cet Argentin charismatique a mené le SCC Napoli en tête du tableau pour la première fois de son histoire. Mais le prix à payer était élevé. Accointances avec la mafia, drogue, prostitution… Des heures sombres l’attendaient après ces années fastes…

Ce qu’on en pense

Réalisé à partir de plus de 500 heures d’images inédites, issues des archives personnelles du footballeur, par le documentariste anglais Asif Kapadia, auquel on doit deux très bons films sur Ayrton Senna et Amy Winehouse, Diego Maradona retrace la carrière et cerne la personnalité du pibe de oro mieux qu’aucun autre jusqu’ici (Kusturika s’y était essayé en 2008 avec son Maradona par Kusturica).Le film était en sélection officielle au dernier festival de Cannes, mais le footballeur, qui y était pourtant annoncé, a renoncé au dernier moment à assister à la projection, confirmant ainsi qu’il reste, malgré les années, les excès et les kilos en trop, le roi du contrepied.

Parasite

ça vient de sortir|

Le pitch

Toute la famille de Ki-taek (Song Kang-ho) est au chômage et vit d’expédients.  Un jour, leur fils Ki-woo (Chon Woo-sik) réussit à̀se faire recommander pour donner des cours particuliers d’anglais chez une riche famille. Il va se débrouiller pour faire embaucher les siens  sous de fausses identités et de fausses qualifications.Quitte à se débarrasser des employés de maison pour prendre leur place…

Ce qu’on en pense

Après deux gros films «américains» (Snowpiercer et Okja), Bong Joon-ho revient au pays avec une«petite» comédie noire qui a fait grosse impression à Cannes. La forme est plus modeste,  mais le réalisateur Coréen y déploie les talents de mise en scène déjà constatés dans The Host, Mother et leurs successeurs. Le début du film fait fortement songer à Une Affaire de famille, du japonais Hirokazu Kore-eda couronné d’une Palme d’or l’an dernier à Cannes. Parasite pourrait en être la version «sombre».Contrairement à ceux de Kore-eda, toujours pleins de bonté et d’humanité, les miséreux de Bong Joon-ho ont tous les défauts. Ils sentent «le vieux radis» ou le «torchon humide», n’ont aucun scrupule, boivent et mangent comme des porcs et sont prêts à tuer pour sortir de leur misérable condition.  Les riches, au contraire, sont beaux, sentent bon, vivent dans des maisons d’architecte, ont des enfants surdoués, respectent les autres et sont aimables avec le petit personnel. Ils ne sont pas «riches mais gentils», comme le croit une employée, mais «gentils parce qu’ils sont riches». Sous-entendu : ils peuvent se le permettre. La famille Ki-taek, par contre, n’a pas le choix. Si elle veut se sortir du gourbi où elle survit de boulots sous-payés et de petites arnaques, il va falloir qu’elle écrase les autres sur son passage, comme les cafards qui infestent son appartement. Ce qu’elle va s’employer à faire avec un bel abattage…  Pour dénoncer le délitement des valeurs et la fracture sociale dans son pays, le réalisateur coréen n’y va pas avec le dos de la cuillère. Quitte à forcer  sur la métaphore et les effets comiques. Entamé comme une tragicomédie sociale à la Affreux, sales et méchants, le film vire à la farce macabre dans sa deuxième partie. Un mélange des genres qui a séduit le jury de Cannes. Deuxième favori de la critique, Bong Joon-ho y a obtenu la Palme d’or, comme Kore-eda l’année précédente. Une affaire de famille de cinéma, sans doute…  

 

NoJazz : Beautiful Life

ça vient de sortir|

Avec ce 7 ème opus, le groupe niçois  Nojazz poursuit l’exploration de l’électro jazz world, véritable marque de fabrique du groupe, tout en maintenant son cap soulful. Leur nouvelle voix hautement funky, apparue dans l’album précédent (Soul Stimulation),  surfe sur des rythmiques percutantes, parfois même déroutantes, se glisse avec aisance entre les riffs de cuivre toujours si puissants et trouve parfaitement sa place au milieu d’arrangements débridés. Les NoJazz déploient ici plus que jamais leurs talents d’écoute et d’improvisation. Ils aiment surprendre autant qu’ils aiment être surpris.  Chaque nouveau titre est pour eux l’occasion d’une plongée vers l’inconnu initiant sans peine de nouvelles collaborations à travers la planète. Le son très abouti et actuel de “Beautiful Life” en est une belle illustration.

Renaud : Les Mômes…

ça vient de sortir|

Depuis qu’il est repassé à l’eau, Renaud a retrouvé son mojo. Cet album “pour enfants”, le prouve mieux encore que le précédent, qui était celui de sa résurrection et en portait encore les stigmates. Cette fois,  Musiques et textes sont du niveau des meilleures années. Il n’y a que la voix qui n’est pas revenue, hélas,  mais après quelques écoutes on n’y fait plus attention, tellement les chansons sont bonnes. Renaud y évoque  l’enfance (l’école, la récré, les copains, les grandes espérances, les petites peurs, les sorties au parc…)  avec la gouaille et l’humour de Titeuf… La nostalgie en plus. “Les Animals“, en single, donnent le ton, avec un texte malin et un refrain particulièrement entraînant. Le reste est du même tonneau : du grand Renaud.

Coldplay: Everyday Life

ça vient de sortir|

A la première écoute, on se demande ce qu’on est en train d’écouter : un disque de démos world ? Un Christmas Album apocryphe ? La BO d’un film imaginaire ? Le Mystère des voix bulgares ? Mais non, c’est  bien le nouveau Coldplay. Un album beaucoup plus aventureux que ses prédécesseurs, qui rompt avec les racines pop du groupe et l’envoie voyager aux lisières de la world music et  du jazz oriental. PAS DE PANIQUE ! Le talent mélodique de Chris Martin est toujours là et il y a de très belles chansons  (“Daddy”, “Arabesque”…). C’est un disque grave, profond et beau, ouvert sur le monde mais à écouter chez soi, pas dans les stades avec un bracelet fluo, des ballons  et des confettis.  Un disque pour “la vie de tous les jours”, comme le suggère son titre.

Le Roi lion

ça vient de sortir|

Le pitch

Au fond de la savane africaine, tous les animaux célèbrent la naissance de Simba (voix de Rayane Bensetti), leur futur roi. Les mois passent. Simba idolâtre son père, le roi Mufasa (Jean Reno), qui prend à cœur de lui faire comprendre les enjeux de sa royale destinée. Mais tout le monde ne semble pas de cet avis. Scar (Michel Lerousseau), le frère de Mufasa, l’ancien héritier du trône, a ses propres plans. La bataille pour la prise de contrôle de la Terre des Lions est ravagée par la trahison, la tragédie et le drame, ce qui finit par entraîner l’exil de Simba. Avec l’aide de deux nouveaux amis, Timon (Jamel Debbouze) et Pumbaa (Alban Ivanov), le jeune lion va devoir trouver comment grandir et reprendre ce qui lui revient de droit…

Ce qu’on en pense

Depuis que Disney a entrepris de filmer la version live de ses films d’animation classiques, Le Roi Lion était le plus attendu. Et aussi, sans doute, le plus piégeux à réaliser. Comment faire jouer à de vrais lions des scènes dramatiques ou comiques complexes ?Comment ne pas verser dans le vrai -faux documentaire Disney Nature ? Jon Favrau, qui avait déjà mis en scène l’honnête remake photoréaliste du Livre de la jungle s’est attelé à la tâche avec une armée de comédiens qui ont joué chaque rôle animal, bardés de capteurs, dans la fameuse boîte noire inventée par James Cameron pour Avatar, et d’animateurs qui ont recréé avec un moteur de jeu vidéo les personnages et l’environnement de savane africaine, inspiré du Masai Mara au Kenya. Le résultat est absolument bluffant ! Pour les animaux comme pour la végétation, il est presque impossible de faire la différence entre les images réelles et celles reconstituées par ordinateur. Rien que pour cette performance technique inouïe, le film mérite  d’être vu. Sinon, le remake étant fidèle à l’original presque plan pour plan, les nostalgiques du dessin animé devraient s’y retrouver sans peine. Le côté réaliste du film rend, par contre, les naïvetés du scénario et l’omniprésence des chansons (dont la version française n’est toujours pas géniale) plus gênantes. Mais la dimension shakespearienne de l’histoire, même édulcorée, est aussi plus sensible… Résultat : plus encore que le dessin animé, le film peut être vu et apprécié par tous les publics. Pari gagné pour Disney.

Interview : Lofofora

ça vient de sortir|

Après une «parenthèse acoustique» qui aura tout de même duré deux ans, Lofofora a rebranché les guitares pour Vanités, dixième album d’un groupe qui fête cette année ses 30 ans d’existence. Reuno, le charismatique chanteur des Lofo,  qui a vécu à Cannes une partie de son adolescence, nous a raconté l’enregistrement… 

Le nouvel album sonne plus électrique que jamais.Ça vous avait manqué ?

Deux ans à jouer acoustique pour des clowns électriques comme nous, c’était effectivement un peu long. On était heureux de retrouver la fée électricité et on a remis les watts !

Cette parenthèse acoustique a-t-elle apporté quelque chose au son du groupe ?

Le fait d’avoir été dépouillé des artifices de la distorsion nous a sans doute conduits à des compos plus aérées… Toutes proportions gardées, car ça reste du rock lourd.Disons qu’on a travaillé avec les amplis à 9 plutôt qu’à 11 (rires). Côté chant,  j’ai aussi moins de complexes : je sais que je peux me permettre plus de choses sans que les fans du groupe se barrent en courant.

La longévité du groupe devrait vous rassurer : 30 ans d’existence pour un groupe de metal, c’est rare.Vous allez les fêter ?

On n’est pas trop pour les commémorations et les médailles.C’est un peu antinomique avec l’idée qu’on se fait du rock. On ne fête pas l’anniversaire du groupe, mais on célèbre la vie sur scène tous les soirs et le plaisir de jouer encore ensemble après tout ce temps.

Votre bio Wikipédia indique que vous vous êtes rencontrés à un concert d’Iggy Pop à Antibes, c’est vrai ?

Pas tout à fait.Phil Curty, notre bassiste, est originaire de Nice et moi j’ai vécu à Cannes de 16 à 23 ans. On s’est rencontrés au Fort Carré d’Antibes et on a commencé à se voir régulièrement.Lui jouait déjà dans un groupe punk. C’est après un concert d’Iggy au théâtre de verdure de Nice qu’on a effectivement décidé de faire de la musique ensemble.Il faut croire qu’il a été particulièrement convaincant ce soir-là (rires)

Quelle est la recette pour durer en tant que groupe de Metal ?

S’entourer des bonnes personnes et être sincère. Tant qu’on a toujours plus envie de tailler la route pour jouer ensemble que de partir en vacances et qu’on reste connecté au monde, on trouve toujours des raisons de s’énerver et d’écrire de bonnes chansons rock.

Inna de Yard

ça vient de sortir|

Le pitch

Sur les hauteurs verdoyantes de Kingston, des légendes du Reggae se retrouvent pour enregistrer un disque. Inna de Yard raconte l’aventure humaine de ces chanteurs qui, en plus d’incarner un genre musical mythique et universel, font vibrer l’âme de la Jamaïque…

Ce qu’on en pense

Apprenant qu’une vingtaine de ses idoles jamaïcaines allaient se réunir pour enregistrer un nouvel album sous le nom collectif de Inna de Yard, l’Anglais Peter Webber (Men Only, Hannibal Lecter, The Medusa), fan absolu de reggae, a pris sa caméra, a sauté dans un avion et a filmé leurs retrouvailles et les séances d’enregistrement, sur la terrasse d’une « mansion on the hill » de Kingston. Avec le vent et les insectes en guest stars  et assez de ganja pour assurer un haut niveau d’inspiration. Makin of de l’album sorti en avril, son film, qui a été présenté en avant-première mondiale au Midem, est au reggae ce que Buena Vista Social Club a été à la musique cubaine : un document testamentaire, une formidable galerie de portraits de musiciens et une preuve de la grande vitalité du genre musical dont il capture l’essence à la source.

Anna

ça vient de sortir|

Le pitch

Les Matriochka sont des poupées russes qui s’emboîtent les unes dans les autres. Chaque poupée en cache une autre. Anna (Sasha Luss) est une jolie femme de 24 ans, mais qui est-elle vraiment et combien de femmes se cachent en elle ? Est-ce une simple vendeuse de poupées sur le marché de Moscou ? Un top model qui défile à Paris ? Une tueuse qui ensanglante Milan ? Un flic corrompu ? Un agent double ? Ou tout simplement une redoutable joueuse d’échecs ? Il faudra attendre la fin de la partie pour savoir qui est vraiment Anna et qui est “échec et mat”.

Ce qu’on en pense

Acculé à produire un succès vite fait, après l’échec commercial cruel de Valerian, Luc Besson nous refait le coup de Nikita. En version russe ! Anna, incarnée par l’atomique blonde Sasha Luss (rien que ce nom, déjà…),  est tirée de la défonce par le KGB, qui en fait une machine à tuer. Son instructeur (Luke Evans) a de faux airs de Tchéky Karyo. Sa patronne, Olga la boiteuse (Helen Mirren), s’est fait le look  de la couturière des Indestructibles (Edna Mode). Elle-même est un mix physique d’Anne Parillaud (Nikita) et de Milla Jovovich (Le 5e Élément). Bref, on est en terrain familier. Comme couverture, Anna joue les top modèles internationaux. Ça tombe bien : c’est le vrai métier de Sasha Luss (et ça se voit). A Paris, elle est accueillie par Alison Wheeler,  qui en fait des tonnes dans le rôle de la directrice de casting hystérique (pléonasme ?). Anna s’en fiche : elle est là pour flinguer tout le monde. Ce à quoi elle s’emploie avec une belle énergie. Un officier de la CIA (Cillian Murphy) déjoue sa couverture : elle en tombe amoureuse et devient agent double. Ou triple ? On ne sait plus. Car non content de filmer les gunfights, les poursuites et les crashes de voitures, comme s’il avait un TGV à prendre, Besson triture la chronologie (“3 mois avant”, “6 mois plus tard”, “2 mois après”…) et empile les capitales : Paris, Milan, Moscou…  On s’y perd ! C’est le but car, comme d’habitude, le scénario a été écrit sur un demi ticket de métroMalgré tout, croyez-le ou non, on s’est bien amusé. Beaucoup plus qu’à Spider-Man : Far From Home, par exemple. Anna est le film d’action bourrin de l’été qu’on attendait. Et comme c’est du «Made in France »,  on peut s’y vautrer en toute bonne conscience. Cela sauvera même peut-être quelques emplois chez Europa Corp… 

Yesterday

ça vient de sortir|

 

Le Pitch

En dépit des encouragements d’Ellie (Lily James), sa meilleure amie  qui n’a jamais cessé de croire en lui, Jack Malik (Himesh Patel), auteur-compositeur interprète sans talent, voit ses rêves de succès sombrer dans la mer qui borde le petit village où il habite en Angleterre. Après avoir percuté un bus à vélo lors d’une panne d’électricité géante, Jack se réveille dans un monde où les Beatles n’ont jamais existé… Cela  va le mettre face à un sérieux cas de conscience : s’attribuer leurs chansons ou pas ?

Ce qu’on en pense

En attendant l’inévitable biopic des Beatles, Yesterday s’empare du mythe d’une manière originale : et si vous vous réveilliez un jour dans un monde sans Beatles ? Ne seriez-vous pas tenté de recréer les chansons qui trottent forcément dans votre tête (Yesterday, Hey Jude, Help, Penny Lane, All You Need is Love et tant d’autres) ? L’idée n’est pas nouvelle. Fabrice Lucchini l’exploitait à merveille avec Johnny Hallyday, dans Jean Philippe. À bien des égards, Yesterday ressemble à la version anglaise du film de Laurent Tuel. En bon « monsieur plus » du cinéma britannique, Danny Boyle (Transpotting, 127 heures, Slumdog Millionaire…) y ajoute quelques trouvailles de son cru. Comme une panne électrique mondiale, censée expliquer l’effacement des Beatles (et de quelques autres célébrités qu’on vous laisse découvrir) de la mémoire collective de l’humanité, un mentor en la personne d’ Ed Sheeran qui prend le héros sous son aile et une romance tout à fait dispensable. La comédie fonctionne plutôt bien par contre et on passe un moment agréable. Mais si on a vu Jean Philippe, on ne peut s’empêcher de faire la comparaison. Et c’est au détriment du film de Danny Boyle, dont on pouvait espérer mieux que cette petite comédie fantastique, réalisée à la va-vite et au casting vraiment pas terrible. On retient quand même une critique un peu acerbe de l’industrie musicale et une interrogation pertinente sur les mécanismes du succès. Les chansons des Beatles,  chantées de nos jours par un loser replet au physique ingrat,  susciteraient-elles le même engouement que par John, Paul, George et Ringo dans les années 60 ? Tout à la gloire des Beatles – intouchable trésor national britannique- le film n’ose pas s’aventurer trop loin dans cette voie. Dommage…

Sylvain Tesson

ça vient de sortir|

Par MAB

« Tesson, je poursuis une bête depuis six ans. Elle se cache sur les plateaux du Tibet. J’y retourne cet hiver, je t’emmène ? » Le photographe animalier Vincent Munier n’a pas eu à formuler deux fois la proposition à l’écrivain baroudeur Sylvain Tesson. Aussitôt, les voilà en vol pour Pékin en compagnie de l’épouse de Munier et d’un quatrième larron. Leur but ? Approcher la mythique panthère des neiges, un animal menacé d’extinction. Pas facile, facile. Il leur faudra prendre une longue route en 4X4. Traverser des panoramas de plus en plus grandioses et désertés par la population. Puis grimper à 5000 mètres d’altitude par moins 30 degrés ! Et là, se mettre à l’affût. Sans un mot. Pendant des heures dans un univers totalement inhospitalier. Jusqu’à… « l’apparition religieuse » écrit Tesson dans son ouvrage. Et d’ajouter avec son humour mordant « Munier  au lieu d’offrir un manteau de fourrure à sa femme, l’emmène voir directement la bête qui le porte ». La panthère des neiges  est un récit linéaire dans lequel Tesson entrecroise habilement les péripéties d’une aventure hors du commun et la description de lieux sauvages. En philosophe épris de spiritualité asiatique, il ajoute également des réflexions personnelles sur les vertus de la patience et de l’affût ainsi que sur les conséquences désastreuses de l’activité humaine sur les animaux. Par sa démarche écologique, il plaira à beaucoup. Alors que son nom ne figurait pas dans la liste des quatre finalistes, Tesson est le lauréat surprise du prix Renaudot.

COD : Modern Warfare

ça vient de sortir|

Par Cédric Coppola

Fidèle au rendez-vous annuel, le nouveau Call of Duty  est désormais disponible. Il bat une énième fois des records puisque ce nouvel opus a engendré près de 600 millions de dollars lors des trois premiers jours de lancement ! Un chiffre hallucinant, signe que l’engouement pour le blockbuster d’Activision ne faiblit pas. Développée par Infinity Ward , la série des «Modern Warfare » a pour objectif de se focaliser sur des conflits contemporains avec comme point central la lutte anti-terroriste. Ce cru 2019 qui fait également office de reboot s’inscrit dans cette lignée et propose une campagne de premier ordre qui bien que courte, nous envoie aux quatre coins du globe au cours de missions intenses. Une envie de réel… mais aussi de créer une pure fiction. Ainsi la Syrie et Al-Qaïda apparaissent sous des noms d’emprunts. Certaines libertés ont aussi été prises avec les agissements de l’armée russe. Un point faisant même l’objet d’une polémique, notamment en raison d’une séquence où l’on dirige une enfant qui voit son père abattu sous ses yeux par un soldat soviétique… A jouer en connaissance de cause, avec un certain recul, donc. Entre phases d’infiltrations, utilisation de drones, passages où il faut user du fusil de sniper, défense d’une ambassade, attentat à Piccadilly… les situations rencontrées sont variées.

Le côté scripté, scénarisé, fait toujours son petit effet et l’ensemble est diablement spectaculaire. Comme de coutume, plusieurs niveaux de difficultés sont disponibles. Une fois cette campagne achevée, direction le multi. Petite surprise, le mode zombie n’est pas au rendez-vous. Il est remplacé par des opérations spéciales haletantes à mener en coop. Attaque ou défense d’objectifs sont les maîtres mots de ces défis réellement funs, surtout en compagnie d’amis. Fer de lance de la galette, dont l’installation avoisine les 120 go sur PS4 Pro, l’aspect compétitif est une nouvelle fois des plus complets. On note des cartes où il faut jouer dans l’obscurité, des conflits à grande échelle avec des véhicules blindés, du match en équipe ou chacun pour soi…. Le tout en comité plus ou moins réduit. Autre gros plus : le Crossplay. Désormais il est possible de se fritter simultanément que l’on soit sur PS4, X-One ou PC ! D’un point de vue technique, « Modern Warfare » est une vraie réussite. Les graphismes se situent un cran au-dessus des précédentes productions et le travail sonore est remarquable. Avec un bon équipement, l’immersion est totale et pourra même perturber les plus sensibles ! Autre atout de cet opus 2019, l’absence de lootboxes ! Désormais, il s’agit de remplir des défis (abattre tant d’ennemis avec une arme particulière, terminer un certain nombre de parties…) pour accumuler des points d’expérience et débloquer du nouvel équipement. Une idée qui porte ses fruits, au point de rendre le jeu encore plus chronophage ! (Testé sur PS4 Pro)

Le Daim

ça vient de sortir|

Le Pitch

Georges (Jean Dujardin), 44 ans, vient de se faire larguer. A la rue, il investit tout ce qui lui reste (7 000 euros) dans l’achat d’une veste en daim d’occasion.Dès lors, le daim devient son obsession et sa raison de vivre. Avec le caméscope que lui offert le vendeur en cadeau, il commence à se filmer avec son blouson et se fait passer pour un cinéaste en repérage auprès de Denise (Adèle Haenel), la réceptionniste cinéphile de l’hôtel où il est descendu et qu’il ne peut, évidemment, pas payer…

Ce qu’on en pense 

Après Benoît Poelvoorde (Au Poste !), Quentin Dupieux débauche Jean Dujardin pour son deuxième film «français». Jusqu’ici le réalisateur, plus connu dans le monde de la musique sous le pseudo de Mr Oizo, tournait ses films aux États-Unis avec quelques acteurs français (Eric Judor, Alain Chabat) mais surtout américains. C’est d’ailleurs à l’un d’eux qu’il destinait le rôle de Georges, avant de décider de rentrer en France et de le confier à Jean Dujardin. Après Bertrand Blier (Le Bruit des glaçons) et le duo Kervern-Delepine (I Feel Good), Dujardin poursuit son immersion dans le cinéma d’auteur(s) avec cette comédie surréaliste, dans laquelle il joue un paumé dont l’esprit est  peu à peu possédé par un blouson «daim-oniaque». Pour l’occasion l’acteur s’est fait un look à la Jean Yanne, raccord avec l’image très seventies du film. Et il s’est fondu dans le personnage, façon Actor’s Studio : « La fuite, l’obsession, la solitude masculine, ça me parlait, confie-t-il. On est tous un peu givrés, non ? ». Même son réalisateur a été étonné de son implication : « J’avais de grands doutes sur les scènes de conversation avec le blouson.Si on n’y croyait pas, j’aurais laissé tombé.Jean s’est glissé dedans comme un musicien de free-jazz ». Adèle Haenel, qui lui donne la réplique, est aussi formidable en réceptionniste d’hôtel cinéphile , passionnée et naïve. Comme Bérénice Bejo dans The Artist, le charme du film lui doit beaucoupPrésenté en ouverture de la Quinzaine des réalisateurs à Cannes, Le Daim a été très bien accueilli par la critique. On espère que la présence de Jean Dujardin à l’affiche permettra au grand public de découvrir et d’apprécier l’univers et l’humour particuliers de Quentin Dupieux. Le Daim est, sans conteste, un de ses meilleurs films.

Amélie Nothomb : Soif

ça vient de sortir|

Par MAB

Amélie Nothomb a ses disciples. ils la suivent. Quelles que soient les voies tortueuses de son inspiration, on retrouve toujours ses romans en tête des ventes. Y compris le médiocre Les prénoms Épicènes   de l’an
passé. Car la dame au chapeau sait surprendre et intriguer avec des œuvres courtes et fluides. Sauf qu’il faut produire un roman par an. Pas facile. Mais, en cette rentrée, Amélie a eu une révélation. Au risque de choquer les croyants, elle a eu l’insolence de se mettre dans le corps du christ, pour imaginer le monologue intérieur de ce dernier, au temps de sa passion. Âmes sensibles, abstenez-vous ! Car aucune souffrance de l’abominable chemin de croix imposé à Jésus n’est épargnée au lecteur : le procès expédié et l’ingratitude des miraculés, la nuit de terreur au cachot, les coups de fouet, la lourde croix à porter, les clous plantés, la soif terrible et l’interminable agonie .. Quelle audace de la part de Nothomb et quel talent de faire revivre ce supplice horrifiant dont on nous inflige la représentation, voire la faute depuis des millénaires  Etait-il utile d’y revenir ? Est-ce provocation ? On se pose, évidemment la question avant lecture. Après, plus du tout. Car la démarche de la romancière est étonnante d’humanité et d’humanisme. Sans aucun blasphème.Bien au contraire. En incarnant le fils de Dieu, en décrivant ses tourments physiques et psychiques, elle en fait un être d’amour et de désir. Un homme écrasé de solitude, se remémorant les plaisirs simples de l’existence. Un fils aimant et obéissant qui ne comprend pas à quoi peut servir ce terrible don de soi. Acte barbare qui ouvre la porte à tous les autres absurdes supplices et sacrifices. Par son style très contemporain, l’écriture nous saisit. Le récit est poignant. Comme si cela se passait sous nos yeux aujourd hui, il invite à une réflexion durable sur le fait d’être vivant. Nothomb dont l’ouvrage part déjà comme des petits pains multipliés, mérite un prix. Elle reste en piste pour le Goncourt.

Toy Story 4

ça vient de sortir|

 

Le pitch

Woody a toujours privilégié la joie de ses jeunes propriétaires – Andy puis Bonnie – et de ses compagnons, n’hésitant pas à prendre tous les risques pour eux, aussi inconsidérés soient-ils. L’arrivée de Forky, un nouveau jouet qui ne veut pas en être un, va l’entraîner avec sa bande dans une série d’aventures et l’obliger à se remettre en question… 

Ce qu’on en pense

Sorti en 1995, Toy Story a marqué l’histoire du cinéma en étant le premier film d’animation entièrement réalisé en images de synthèse. Avec une incroyable prescience, le scénario faisait d’ailleurs s’opposer l’ancien monde, incarné par le cow-boy en peluche Woody et le nouveau, symbolisé par Buzz l’éclair et ses composants électroniques. Cinq ans plus tard, Toy Story 2 connaissait un immense succès (4,5 millions d’entrées France) et en 2010 le numéro 3 s’imposait comme un véritable chef-d’œuvre. Avec TS3, Pixar signait le film parfait : émotion, drôlerie, virtuosité de la mise en scène et de l’animation…On comprend que la maison mère (Disney) ait longuement hésité avant de mettre un nouvel épisode en chantier. Comment ne pas décevoir après avoir atteint de tels sommets ?Neuf ans plus tard, c’est donc avec une petite appréhension que l’on va voir Toy Story 4. Et on a tort ! Sans être aussi parfait que son prédécesseur, TS 4 est absolument formidable. Les jouets, que l’on retrouve au moment où Bonnie leur nouvelle propriétaire entre en maternelle, vivent une nouvelle grande aventure superbement réalisée (avec un niveau de réalisme impressionnant dans l’animation) et font connaissance avec plusieurs nouveaux personnages très réussis : Forky, la fourchette complexée (Pierre Niney), Gabby la poupée flippante (Angèle),  les deux peluches siamoises (Jamel et Franck Gastambide), Caboom le cascadeur canadien (Marc Arnaud)…Comme d’habitude dans cette incroyable franchise, il y a quasiment un niveau de lecture par spectateur : les plus jeunes se régaleront de voir Woody et sa bande réussir des exploits dignes de Mission Impossible. Les cinéphiles apprécieront les nombreux clins d’œil aux films d’horreur (Chucky et Shining entre autres). Les féministes adoreront le retour de La Bergère (doublée par Audrey Fleurot) en super-nana très « girl power ». Les cœurs sensibles fondront pour sa romance avec Woody. Les écolos valideront le recyclage de Fourchette et les humanistes son admission par le reste du groupe,  malgré sa différence de genre et sa condition inférieure de “déchet”. Et tous applaudiront à l’émancipation du cow-boy qui voulait sauver tout le monde et qui comprend enfin qu’il doit commencer par se sauver lui-même, en acceptant d’évoluer lui aussi… Belle métaphore, belle leçon de vie, grand film !