Séries

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Rebecca

Séries|

Par Phil Inout

Le Pitch

Six ans après avoir abandonné la traque d’un tueur en série et quitté la police, Rebecca (Anne Marivin) décide de reprendre du service pour échapper à la dépression qui la ronge et l’éloigne de son mari et de ses enfants. De retour au sein de la Criminelle, elle enquête sur une série de meurtres et est persuadée que le tueur est celui qu’elle n’avait pas pu arrêter six ans auparavant. Elle le poursuit avec acharnement,  mais des pertes de mémoire perturbent son travail. Et lorsqu’une des victimes s’avère être la maîtresse de son mari, la voilà qui se retrouve directement impliquée :  pourquoi était-elle la seule à savoir où se trouvait le cadavre de cette femme ? Est-ce le serial killer qui l’a tuée … ou bien est-ce elle, au cours d’un de ces black-out ? Comment enquêter quand on se pense soi-même coupable ? Rebecca va devoir reconstruire morceau par morceau son passé pour découvrir l’événement terrifiant qui a déclenché sa névrose et l’a peut être conduite à tuer…

Ce qu’on en pense

Remake TF1 de la déjà pas terrible série anglaise Marcella (dont 3 saisons sont déjà disponibles sur Netflix) , Rebecca se distingue surtout par son casting doré sur tranche : Anne Marivin joue la fliquette névrosée, Benjamin Biolay, son mari, Clotilde Coureau sa patronne, Samir Guesmi l’inspecteur principal, Baptiste Lecaplain le jeune flic geek,  Gregory Montel le frère d’une des victimes, Patrick Timsit le suspect principal… Le fait que le moindre rôle soit tenu par une tête archi connue est peut-être intéressant pour attirer le chaland,  mais cela n’aide pas à rentrer dans l’histoire. Le temps de trouver qu’Anne Marivin a une sale mine et de s’esbaudir des fantaisies capilaires de Timsit et Biolay,  le premier épisode est passé et on hésite à lancer le deuxième. Didier Le Pêcheur filme à l’ancienne, s’arrêtant sur le moindre regard lourd de sous entendus et utilisant des effets visuels et sonores qui datent de l’ORTF. Résultat, il faut trois heures pour arriver au noeud de l’intrigue : l’héroïne fait des black-out. Pas évident pour mener une enquête criminelle ! Surtout quand l’une des victimes est la maitresse de son mari, qu’on est allée la voir la veille pour lui parler du pays et qu’on ne se souvient pas de la suite… On est allé,  péniblement,  au bout des 8 épisodes en se disant que les dialogues ne sont pas trop mauvais pour une fois et que Samir Guesmi est décidément très bon.

Invasion

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Par Phil Inout

Le Pitch

Des aliens envahissent la Terre. A  New York, Manchester, au Japon et en Afghanistan, les survivants sidérés par la violence de cette attaque essaient de s’organiser pour survivre

Ce qu’on en pense

La Guerre des mondes continue d’inspirer les créateurs de séries. Après l’excellente adaptation franco Belge réalisée pour Canal + , voici celle d’Apple TV+ qui lui ressemble un peu pour son parti-pris réaliste et anti-spectaculaire,  mais bénéficie quand même d’un budget de blockbuster. Cela permet de suivre des groupes de survivants sur plusieurs continents et de débaucher quelques stars pour les incarner, dont Golshifteh Farahani et Sam Neil.  Après les premières attaques extra-terrestres qui ont paralysé le monde,  on suit donc les efforts de survie  d’une famille aux Etats-Unis, d’un soldat américain en Afghanistan, d’un groupe de collégiens en Angleterre et d’une japonaise employée à la JASA, équivalent local de la NASA. Les communications ayant été coupées d’un coup, personne ne sait réellement ce qui se passe et on découvre en même temps qu’eux l’étendue des dégâts. La réalisation prend tout son temps pour installer les personnages et faire monter le suspens. Il faut attendre cinq épisodes pour savoir à quoi ressemblent les asssaillants ! C’est long,  mais cela vaut la peine de s’accrocher car la série se bonifie d’épisodes en épisodes. Encore une ou deux de ce calibre et l’abonnement à Apple TV+ va devenir indispensable. Par contre, la formule qui consiste à ne délivrer qu’un épisode par semaine (pour obliger à renouveler l’abonnement de mois en mois) est un vrai tue l’amour.

L’Amour flou

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Par Phil Inout

Le Pitch

Après 10 ans de vie commune, deux enfants adorés et un chien. Romane Bohringer  et Philippe Rebbot se sont séparés… En continuant à habiter (presque) ensemble dans deux appartements mitoyens.  De cette aventure singulière, ils ont fait un film sorti en 2018 : L’AMOUR FLOU. Depuis,  ils sont installés dans cette drôle de vie, qui par bien des aspects, se révèle miraculeuse : la menace de se séparer n’existant plus puisque c’est fait, les tensions entre Philippe et Romane semblent avoir disparu et ils parlent désormais le langage de l’amitié. Les enfants, quant à eux, semblent baigner dans le bonheur, leurs deux parents à portée de main. Mais le quotidien de la famille Rebbot-Bohringer est toujours aussi fou et flou.

Ce qu’on en pense

Bonne surprise de l’année 2018, L’Amour flou (le film) racontait comment le couple Bohringer-Rebbot avait inventé le concept de “Sépartement : deux appartements séparés mais communicants par la chambre des enfants, pour continuer à élever leurs enfants ensemble tout en étant séparés. On y découvrait le quotidien,  effectivement assez flou,  du couple d’acteurs,  dans des scènes de pure comédie inspirées de leur propre vécu. Comme ils ont apparemment poursuivi l’expérience depuis , l’idée d’en faire une télé réalité ou une série trottait dans la tête des producteurs. On ne sait pas s’ils ont fait le bon choix,  mais voici donc la série dérivée du film,  avec les Bohringer-Rebbot (parents, enfants, grands parents, chien) dans leur propre rôle et quelques acteurs (dont l’excellent Eric Caravaca) dans celui des amants, voisins et commerçants du quartier. Si on n’a pas vu le film, la découverte de cette vie de famille originale occupera agréablement les premiers épisodes. Si on l’a vu, on risque d’être déçu. L’humour y est plus appuyé,  avec des scènes qui se veulent burlesque mais qui s’avèrent plutôt génantes,  comme quand Romane va s’acheter des sextoys. L’actrice se filme en quadra frustrée, fauchée, mal fagotée et obsédée par son poids. Rebbot est montré comme un traine savate, chômeur, alcoolo et dragueur, Richard Bohringer a l’air misérable sur son lit d’hopital,  les enfants jouent mal, le chien est malade et les situations se répètent d’un épisode à l’autre. On ne renouvelera pas le bail.

VTC

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Par Phil Inout

Le pitch

Chauffeuse de VTC, Nora (Golshifteh Farahani) est dans une situation extrêmement précaire : accro aux amphétamines, elle vit dans sa voiture en attendant de réunir l’argent nécessaire pour louer un petit appartement et obtenir la garde partagée de sa fille. Quand son frère Ben (Vincent Heneine), lui-même chauffeur, a un accident, Nora se propose de livrer un colis urgent à sa place. Sans s’en douter, elle vient de se mettre au service d’un dangereux réseau.

Ce qu’on en pense

La délicieuse Golshifteh Farahani (Un Divan à Tunis, Invasion, Tyler Rake) est la tête d’affiche de cette petite série imaginée par Julien Bittner autour d’une “taxi driveuse” sous amphètes  qui sillonne la nuit parisienne et dort dans sa voiture en attendant de pouvoir se payer un studio. Mélée malgré elle à un mystérieux trafic assorti de règlements de comptes sanglants, elle va devoir sauver sa peau (et sa licence de VTC) au cours d’une nuit de tous les dangers.  Paris la nuit, superbement filmé,  est l’autre personnage principal de la série qui dispense une ambiance à la Drive (musique électro comprise)  pour un scénario minimal et sans surprise. Dix courts épisodes de 20 minutes suffisent à torcher l’affaire,  qui ressemble plus à un ballon d’essai qu’à une oeuvre véritablement aboutie. On aurait volontiers laissé tourner le compteur pour passer un peu plus de temps avec Nora/Golshifteh.

Impeachment

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Par Phil Inout

Le pitch

Mutée de la Maison Blanche à un poste subalterne au Pentagone suite à l’affaire Whitewater et au suicide de son patron, la secrétaire Linda Tripp (Sarah Paulson) remâche sa vengeance. Quand la jeune Monica Lewinsky (Beanie Fledstein) arrive dans son service et lui raconte qu’il lui est arrivé la même mésaventure,  à cause de ses “relations” avec Bill Clinton (Clive Owen), Linda va tout faire pour que le scandale éclate. L’occasion se présente alors que l’équipe du Président tente d’étouffer l’affaire Paula Jones (Analeigh Ashford), une autre jeune femme victime du donjuanisme maladif de l’ex- Président…

Ce qu’on en pense

Après L’Affaire OJ Simpson et L’Assassinat de Gianni Versace, la 3e saison de la série American Crime Story s’intéresse au scandale Monica Lewinsky, qui faillit faire destituer Bill Clinton. Ryan Murphy est particulièrement à son affaire dans cette saison,  qui met en scène des personnages haut en couleurs et des situations scabreuses sur fond d’intrigues politiques. Sarah Paulson est méconnaisable dans le rôle de la secrétaire revancharde Linda Tripp,  par laquelle le scandale éclata. La débutante Beanie Feldstein campe une Monica Lewinsky naïve et manipulée par sa collègue de travail (la vraie Monica co-produit la série). Annaleigh Ashford joue une Paula Jones un peu caricaturale et Clive Owen un Bill Clinton fantômatique et assez peu ressemblant malgré plusieurs couches de maquillage. De ce côté-ci de l’Atlantique,  l’affaire Lewinsky a pu se résumer au fameux “sucer n’est pas tromper” qui fut la ligne de défense du président aussi bien auprès de sa femme Hillary que du Grand Jury. Mais aux Etats-Unis, le scandale a pris des proportions homériques et la série en rappelle les tenants et les aboutissants avec une vraie gourmandise. Ca va à 100 à l’heure, les acteurs s’éclatent visiblement à jouer des personnages réels aussi délirants  (Sarah Paulson notamment,  dans une performance transformiste à la Merryl Streep) et on peine à croire que tout est vrai, ce qui est pourtant le cas. On n’en attendait pas moins vu le sujet , mais cette saison s’avère particulièrement… jouissive !  

Scenes From a Marriage

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Par Phil Inout

Le Pitch

Mira (Jessica Chastain) et Jonathan (Oscar Isaac) vivent confortablement  dans une banlieue résidentielle des Etats-Unis. Elle a un poste haut placé dans une société de technologies et lui enseigne à la fac et s’occupe de leur fille lorsque Mira doit voyager pour son boulot. Justement une fusion se profile avec une boite israélienne qui risque de beaucoup accaparer la jeune femme et de bouleverser la vie du couple… 

Ce qu’on en pense

Comme son titre le laisse deviner, Scenes From a Marriage est l’adaptation US de la mini-série éponyme (devenue un film)  d’Ingmar Bergman qui radiographiait sans concession toutes les étapes de la vie (et de la mort) d’un couple lambda. En faire une mini série moderne était un pari risqué, vu la dévotion quasi religieuse qu’inspire l’oeuvre de Bergman.  L’israëlien prodige Hagai Levi (Our Boys, BeTipul, In Treatment)  y réussit pourtant au delà de toute espérance. Bien aidé, il est vrai,  par le formidable couple de cinéma que forment Jessica Chastain (qui coproduit la série) et Oscar Isaac.   Chaque épisode est introduit par un plan séquence montrant les acteurs se mettre en place pour le tournage,  puis l’épisode démarre comme si de rien n’était. Une mise en abyme qui permet de marquer le respect dû à l’oeuvre de Bergman : oui il s’agit bien d’un remake et on vous le montre.  Dans le premier épisode, une étudiante qui prépare une thèse sur les couples monogames vient interroger Mira et Jonathan. Lui se répand  en confidences alors qu’ elle reste sur sa réserve, l’air préoccupée.  Effectivement,  il y a de la tempête dans l’air: le deuxième épisode nous plonge directement dans le drame. Mira a un amant et a prévu de partir avec lui séance tenante. Désir, jalousie, poly amour, frustration, lassitude, haine, divorce,  réconciliationToutes les phases d’une relation de couple sont explorées à travers les discussions entre les deux protagonistes qui n’en finissent pas de se prendre la tête. Ce pourrait être saoulant ou plombant : ça ne l’est jamais,  grace au talent des deux acteurs et à celui du réalisateur, dont la caméra circule autour d’eux avec une virtuosité époustouflante. Une des grandes séries de l’année, à n’en pas douter. Mais à ce niveau de cinématographie, peut-on encore parler de série? Plus qu’une mini-série, Scenes From a Marriage est un grand film.

Sermons de minuit

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Par Phil Inout

Le Pitch

Sur la petite île reculée de Crockett, la vie est si tranquille que cela en devient presque inquiétant. Mais avec l‘arrivée d’un jeune prêtre mystérieux et charismatique (Hamish Linklater) , les habitants  font l’expérience d’événements miraculeux et de terrifiantes manifestations...

Ce qu’on en pense

Après les excellents  The Haunting of Hill House et The Haunting of Bly ManorMike Flanagan confirme avec Sermons de minuit qu’il est bien le Stephen King de la mini-série. La série débute avec la libération de Riley Flynn (Zach Gilford) un enfant de Crockett Island exilé volontaire sur le continent,  qui vient de purger une peine de prison  pour avoir provoqué un accident mortel alors qu’il était ivre.  Sans emploi, ni ressources, il  retourne vivre chez ses parents et constate que rien n’a changé sur l’île. Les jeunes s’ennuient à mourir, les adultes ont de plus en plus de mal à joindre les deux bouts depuis qu’une marée noire a fait fuir les poissons (la pêche étant l’unique industrie de l’île) et se réfugient à l’église pour prier pour des jours meilleurs. Justement,  là quelque chose a changé : le prêtre de la paroisse, vieux et malade,  a été remplacé par un jeune pasteur sombre et charismatique, le père Paul (formidable Hamish Linklater ) dont les prêches enflammés attirent de plus en plus de monde à l’église. Ce qui réjouit la bigote Bev Keane (Samantha Sloyan, formidable également) qui lui sert de bonne. D’autant plus que de petits miracles commencent à se produire parmi les paroissiens: des vieillards malades retrouvent une seconde jeunesse, une jeune handicapée remarche, les alcooliques renoncent à boire… Evidemment, ça va se gâter sérieusement… L’intégrisme religieux et le discours sur la Foi sont au coeur de cette série qui part un peu dans tous les sens (policier, comédie sentimentale, drame, fantastique…) avant de plonger dans l’horreur pure, avec un final grand guignolesque à souhait. Si on ne craint pas une overdose de bondieuseries et de blablas philosophico-religieux , on peut y aller comme à confesse: Monseigneur Flanagan connaît sa bible du cinéma d’épouvante sur le bout du missel.  A binger le dimanche de préférence.

Maid

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Par Phil Inout

Le Pitch

Alex (Margaret Qualey) quitte Sean (Nick Robinson) du jour au lendemain  pour protéger leur fille de son alcoolisme chronique et de ses accès de violence. Elle se retrouve à la rue, sans le sou et doit accepter un travail de femme de ménage sous payé pour  subsister tant bien que mal. Rêvant de reprendre ses études un jour pour devenir écrivain, elle consigne dans un cahier ses expériences tragicomiques dans les maisons où elle est employée

Ce qu’on en pense

Portée par Margaret Qualey, qui en deux scènes d’auto stop avec Brad Pitt bouffait la pellicule dans le dernier Tarantino (Once Upon a Time… In Hollywood),  Maid est une tentative réussie de fiction prolo à la Ken Loach. La série met en scène une quasi SDF dans ses efforts pour survivre au sein d’un système social ubuesque, archaïque et inhumain. Loin d’être plombante ou misérabiliste, elle dresse le portrait empathique de femmes maltraitées par la vie qui se révèlent être de sacrées guerrières lorsqu’on les pousse dans leurs derniers retranchements. La réalisation est digne d’un bon film indé, avec des trouvailles visuelles comme le décompte de l’argent que gagne (et dépense aussitot) l’héroïne qui s’affiche dans le coin supérieur droit de l’écran,  avec un bruit de caisse enregistreuse et une alarme lorsqu’elle passe dans le rouge. Une série aussi actuelle dans ses thématiques que dans son traitement. A voir

Foundation

Séries|

Par Phil Inout

Le Pitch

Quand l’éminent professeur Hari Seldon (Jared Harris) prédit la chute imminente de l’Empire galactiqueles Cleons – une longue lignée de clones d’empereur au pouvoir – craignent que leur règne jusqu’ici inégalé soit compromis. Ils sont forcés dès lors de prendre en compte la potentielle réalité de la perte de leur puissant héritage pour toujours et prennent leurs dispositions pour limiter les dégâts. Le Dr. Seldon et quelques-uns de ses fidèles sont envoyés aux confins de la galaxie pour bâtir la Fondation, un lieu spécial destiné à préserver le savoir de la civilisation, dans l’espoir de sa reconstruction.

Ce qu’on en pense

La plateforme de streaming d’Apple a désormais sa série blockbuster : Foundation, adaptée de la saga futuriste d’Isaac Asimov. De (très) gros moyens ont été déployés pour que la série soit à la hauteur des attentes des fans de science fiction. Foundation est, avec Dune,  l’une des pierres angulaires du genre littéraire. Elle conte les efforts d’un empire futuriste pour résister à la décomposition après des siècles de règne. Réputé inadaptable, le roman d’Asimov est un chef d’oeuvre. Qu’en est-il de la série? Premier constat : l’argent dépensé se voit à l’écran. Visuellement et esthétiquement, Foundation soutient la comparaison avec Star Wars, Star Trek ou Dune. L’histoire est prévue pour se déployer sur 80 épisodes mais les dix premiers font plus que planter le décor. On saute de siecle en siecle et de planète en planète sans souci de cohérence chronologique, ni de perdre des personnages en route . Il faut s’accrocher, mais ça vaut la peine  Le public des plateformes de streaming est-il prêt pour un projet aussi ambitieux ? Les résultats d’audience le diront. En tout cas, avec Foundation, il n’est pas volé.

Germinal

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Par Phil Inout

Le Pitch

Après avoir dû fuir Lille, Etienne Lantier (Louis Peres) se réfugie à Montsou où il est engagé comme mineur. Il rencontre les Maheu et tombe amoureux de leur fille Catherine (Rose Marie Perreault) mais celle-ci est courtisée par Chaval (Jonas Bloquet) et semble lui donner sa préférence. Au contact des mineurs, Etienne se révolte contre la misère dans laquelle ils sont tenus par la Compagnie des Mines. Quand cette dernière décide de baisser les salaires, Etienne pousse à la grève et prend la tête de la contestation. Les semaines s’écoulent, les grévistes affamés luttent, mais sont victimes d’une répression violente. Etienne ne peut cependant renoncer à son idéal ; il sait qu’un jour la force ouvrière, encore en germination, viendra à bout des injustices

Ce qu’on en pense

Cette nouvelle adaptation de l’oeuvre de Zola séduit par sa réalisation moderne (David Hourrègue), son casting qui mélange têtes connues (Guillaume de Tonquedec, Thierry Godard Alix Poisson, Sami Boouajila…) et moins connues (Louis Peres en Lantier, une découverte) et son approche “féministe” du roman et de l’histoire. La reconstitution et la photo sont splendides et les scènes de mines et de révoltes sont trés réussies. La série prend le temps d’installer les differents personnages. L’histoire et le contexte sont bien posés. Les personnages féminins sont mis en avant et la tension monte au fil des épisodes. A part quelques effets de langage anachroniques, cette superproduction franco-belge est une réussite à la hauteur des plus grandes séries historiques internationales.

Braqueurs

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Par Phil Inout

Le Pitch

Quand sa nièce Shaïnez (Sofia Lesaffre) contrarie un puissant baron de la drogue, Mehdi (Sami Bouajila) et sa bande de pros du braquage se retrouvent au cœur d’une guerre des gangs violente. Très violente.

Ce qu’on en pense

Après l’oubliable  Sentinelle, Julien Leclerc poursuit sa collaboration avec Netflix pour cette série, dérivée du film éponyme qu’il avait réalisé en 2015. Sami Bouajila reprend son rôle de chef de gang charismatique et se retrouve à nouveau impliqué contre son gré dans une guerre entre trafiquants de  drogue. Malgré quelques lourdeurs, la saison se regarde avec plaisir si on aime les films de casse, la baston et les gunfights à répétition. Leclerc y confirme ses dispositions pour les films d’action et Sami Bouajila pour les rôles de voyous à l’ancienne. L’intrigue est plutôt pas mal ficelée, mais le traitement maque d’ originalité et de second degré. L’interêt (relatif) de la chose c’est que ça se passe en Belgique, avec de beaux plans des zones portuaires.

Octobre

Séries|

Par Phil Inout

Le Pitch

Le cadavre d’une jeune femme à la main coupée est trouvé sur une aire de jeux de Copenhague avec, prés du corps, un curieux indice : un bonhomme fait avec des châtaignes et des bâtonnets. L’affaire est confiée à une détective, Naia Thulin (Danica Curcic), en duo avec un inspecteur parachuté d’Europol, Mark Hess (Mikkel Boe Folsgaard). L’enquête prend un tour inattendu  lorsque le médecin légiste (David Dencik) relève sur les chataignes des empreintes appartenant à la fille d’une ministre (Iben Dorner) disparue deux ans plus tôt et donnée pour morte… 

Ce qu’on en pense

Bientôt l’hiver : la saison des polars nordiques est ouverte ! Avec Octobre (The Chestnut Man in english),  les amateurs ne seront pas dépaysés ni déçus. La série Danoise est signée Soren Sveistrup, à l’origine de la série fondatrice du genre, The Killing. Naia Thulin, l’héroine d’Octobre pourrait être la cousine de Sarah Lund, en moins autiste mais aussi paumée. Et elles s’habillent chez le même fripier ! Son adjoint, Mark Hess, n’est pas mal non plus dans le genre autiste. L’enquête avance à mesure que diminue l’animosité entre les deux : l’une est une bosseuse acharnée qui néglige l’éducation de sa fille, l’autre a été mis sur la touche et traine des pieds. Forcément, ça grince.  Les meurtres rituels se succèdent dans une ambiance bien glauque, comme on les aime. Le final est un peu raté,  mais ce n’est pas grave, on a eu notre dose de temps pourri, de pulls moches et de personnages dérangés pour l’hiver.

Montre jamais ça à personne

Séries|

Par Phil Inout

Le Pitch

Clément Cotentin a commencé à filmer son grand frère Aurélien, alias Orelsan, en 2005, alors qu’il cherchait encore sa voie/voix  à Caen avec ses potes Gringe, Ablaye et Skread. Il a suivi son ascension jusqu’à Bercy…

Ce qu’on en pense

Comment devient on le numéro 1 du rap en France lorsqu’on est issu de la classe moyenne (parents dans l’enseignement), un peu glandeur, un peu zonard, qu’on vient de Caen, qu’on ne connaît personne dans le milieu de la musique et qu’on n’est pas spécialement dévoré d’ambition ? C’est à cette question que la série documentaire de Clément Cotentin, journaliste sportif et petit frère d’Orelsan,  s’attache à répondre. Fan inconditionnel de son grand frère (“C’est le Eminem français“), Clément à commencé à le filmer en 2005 dans l’appart de Caen où il zonait avec ses potes, en essayant sans trop y croire de faire du rap,  entre petits boulots (gardien de nuit dans un hôtel) et grosses déconnades d’ados attardés. Il l’ a suivi depuis premières des battles rap jusqu’aux concerts de Bercy pour la triomphale tournée de La Fête est finie. Présenté en avant-première à CanneSéries, Montre jamais ça à personne (excellent titre) mélange les images tournées dans l’intimité d’Orel et ses potes pendant 15 ans et des interviews récentes des différents protagonistes et de personnalités extérieures au groupe comme Gims, Soprano, Olivia Ruiz, Stromae, le tourneur ou le responsable de la maison de disques d’Orelsan. La série ne cache rien des accidents de parcours (humiliation des premières battles, annulation de la première tournée après l’ affaire “Sale pute“, doutes permanents…) et montre comment s’est construit, pierre par pierre,  le succès d’Orel : un MySpace original (les réseaux sociaux n’existaient pas encore ), un trés bon premier album suivi d’un bad buzz qui lui assure une notoriété nationale, un deuxième album encore meilleur,  avec une nouvelle identité (Rael San) et des clips pop, des tournées qui imposent l’artiste comme une vraie bête de scène, un clan soudé, l’attachement à la famille et aux racines provinciales… Rien n’assurait que ça marcherait,  mais l’essentiel était là : le talent d’écriture, le charisme,  la volonté de progresser sans cesse… Lorsqu’à la fin, Clément demande à Orel et Skread ce qu’ils pensent du parcours, les deux font la même réponse : “Ce n’est que le début“. Edifiante, rythmée et drôle,  la série se regarde avec intérêt. On la conseille aux jeunes fans d’Orel… et à leurs parents ! Elle pourra en rassurer certains. Ceux d’Orelsan avouent sans peine qu’ils n’avaient aucune idée du potentiel de leur rejeton et se demandaient bien ce qu’il allait devenir…

CanneSéries 04 : le palmarès

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Par la rédaction

Après une édition 2020 hybride pour cause de Covid, CanneSéries saison 4 s’est tenue  du 8 au 13 octobre, en présenciel et sans limitation de jauge . Le Festival  s’est ouvert avec la  saison 2  de la série rap Validé et s’est achèvé sur la saison finale de Gomorra. Entre les deux, un riche programme de projections et de rencontres,  que l’on pouvait suivre au palais des Festivals, à Miramar et sur CanneSéries Online.   C’est Nicolas Coster Waldau (Game of Thrones) qui présidait  le jury de la compétition et parmi les nombreuses stars présentes à Cannes on a notamment pu croiser Laurie Nunn (Sex Education), Phoebe Dynevor (Bridgerton) , Connie Britton (White Lotus), Lynda Carter (Wonder Woman) Mike White, Raoul Peck, Marc Levy, Samuel Le Bihan, Diana Boss, Fanny Sidney et Orelsan. La série humoristique finlandaise Mister 8, remporte deux prix, celui de la meilleure série et le prix d’interprétation pour Pekka Strang. La production allemande The Allegation, qui revisite un scandale juridique outre-Rhin, remporte également deux prix, le Grand Prix Dior et le Prix du meilleur scénario. Un Prix spécial d’interprétation a été décerné au  casting de la série norvégienne  Countrymen, à découvrir prochainement sur Arte.  Du côté des séries courtes, la série norvégienne About Saturday, qui s’intéresse à la délicate question du consentement a été couronnée. Voici le palmarès intégral de l’édition :

Prix de la meilleure série courte : About Saturday

Grand Prix Dior : The Allegation

Prix d’interprétation : Pekka Strang – Mister 8

Prix spécial d’interprétation : Countrymen

Prix Dior de la révélation : Malik Gervais-Aubourg – Je voudrais qu’on m’efface

Prix du meilleur scénario : Ferdinand Von Schirach – The Allegation

Prix de la meilleure musique : Giorgio Giampa – Christian

Prix des lycéens meilleure série longue : Countrymen

Prix des étudiants meilleure série courte : Lockdown

Prix du public de la meilleure série en compétition : Awake

 

Jeune & Golri

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Par Phil Inout

Le Pitch

Prune (Agnès Hurstel), stand-uppeuse débutante de 25 ans, tombe amoureuse de Francis (Jonathan Lambert), qui a 46 ans et une petite fille de 6 ans (Jehanne Pasquet). La jeune femme devient belle-mère, alors que ses copines sont encore en descente de MDMA, et qu’elle a le même âge mental que la petite. C’est l’histoire d’une maternité non choisie mais golri. L’histoire de Prune quoi.

Ce qu’on en pense

Trés inspirée de Fleabag, l’hilarante série anglaise de Phoebe Waller Bridge, Jeune & Golri est l’oeuvre de l’humoriste Agnes Hurstel, qui se met en scène dans un rôle de trentenaire paumée, stand uppeuse débutante et amoureuse catastrophique. Elle rencontre un homme plus âgé qu’elle (Jonathan Lambert) et en tombe amoureuse, malgré la présence dissuasive de la fille d’icelui, Alma (Jehanne Pasquet),  qui pourrait être la fille  de Margareth Thatcher et de Staline à 6 ans.  En 8 épisodes de 26 minutes, on  suit la jeune femme dans ses efforts pour 1) percer dans le stand up 2) maintenir une relation de plus d’une semaine 3) apprivoiser la gamine 4) cacher à son mec qu’elle se moque de leur vie sexuelle et sentimentale tous les soirs sur scène. C’est drôle, enlevé , bien écrit et emballé dans un format trés pop avec plein d’incrustations de dessins dans le cadre. Agnès Hurstel est charmante dans un rôle qui lui ressemble forcément beaucoup. La comparaison avec Fleabag se fait forcément au détriment de la série française (plus gentilllette),  mais on s’amuse bien. Le public de SerieMania lui a même décerné le prix de la série française de l’année.