Cinéma

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Cassandre

Cinéma|

Par J.V

Le pitch

Été 1998. Campagne. Cassandre (Billie Blain) a 14 ans. Dans le petit manoir familial, ses parents (Zabou Breitman / Eric Ruf) et son frère aîné (Florian Lesieur) remarquent que son corps a changé. Heureusement, Cassandre est passionnée de cheval et intègre, pour les vacances, un petit centre équestre où elle se fait adopter comme un animal étrange. Elle y découvre une autre normalité qui l’extrait petit-à-petit d’un corps familial qui l’engloutit…

Ce qu’on  en pense

Sur un sujet proche de celui des Chatouilles d’Andréa Bescond, Hélène Merlin aborde la question des abus sur mineurs et met en lumière la résilience de son héroïne, avec cette première réalisation très aboutie. Billie Blain incarne avec talent la jeune Cassandre, face à Zabou Breitman et Eric Ruf qui jouent les parents.  Le film prend la forme d’un conte noir, ce qui lui permet d’éviter le pathos sur un sujet aussi sensible. Une réussite. 

Lads

Cinéma|

Par J.V

Le pitch

Ethan (Marco Luraschi), 17 ans, devient apprenti-jockey dans une écurie d’obstacles, l’épreuve la plus violente du galop. Au contact des purs sangs, il découvre le monde des courses, des paris et de l’argent. Sa passion grandit, sa frustration aussi. Courir pour gagner, mais toujours au service des autres. Bientôt, il devra choisir : transgresser les règles ou sauver sa peau…

Ce qu’on  en pense

Sorte de « Rocky à cheval », Lads immerge le spectateur dans l’univers des courses hippiques et dans le quotidien des jockeys, rarement montré au cinéma. Loin des sagas familiales de Christian Duguay ( Jappeloup, Tempête ), le film de Julien Menanteau vise au réalisme et  descrit les coulisses du milieu, avec un esprit presque documentaire.  La qualité de la réalisation (notamment dans les scènes de course) et  l’interprétation font le reste. On y va au galop!  

Fanon

Cinéma|

Par J.V

Le pitch

1953. Frantz Fanon (Alexandre Bouyer), un psychiatre français originaire de la Martinique, vient d’être nommé chef de service à l’hôpital psychiatrique de Blida en Algérie. Ses méthodes contrastent avec celles des autres médecins dans un contexte de colonisation…

Ce qu’on  en pense

La colonisation et la guerre d’Algérie vues par le prisme du biopic : celui du psychiatre Frantz Fanon qui tenta de soigner les traumas  d’un pays gangréné par la violence et le racisme, avant d’en être renvoyé pour sympathies avec le FLN. Une réalisation trop scolaire et la prestation en demi-teinte d’Alexandre Bouyer dans le rôle titre,  empêchent de se passionner pour cette histoire malgré ses résonances avec actualité.

Minecraft

Cinéma|

Par J.V

Le pitch

Quatre outsiders : Garrett (Jason Momoa), Henry, (Sebastian Eugene Hansen) Natalie (Emma Myers) et Dawn (Danielle Brooks), sont soudainement projetés à travers un mystérieux portail menant à La Surface, un monde cubique qui prospère grâce à l’imagination. Pour rentrer chez eux, il leur faudra maîtriser ce monde, le protéger de créatures maléfiques comme les Piglins et les Zombies et s’engager ans une quête fantastique aux côtés de Steve (Jack Black), expert fabricateur. Cette aventure les poussera à être audacieux et à développer leur créativité. Autant de facultés dont ils auront besoin pour s’épanouir dans le monde réel…

Ce qu’on en pense

Un cocktail d’aventure, d’humour et d’action pour cette adaptation soignée du jeu vidéo éponyme qui en rappelle un autre : Jumanji ! Jason Momoa et Jack Black font le job en meilleurs ennemis du monde et les dialogues égrènent des perles qui pourront resservir dans les cours de récréation. Pour ados et fans du jeu. 

The Grill

Cinéma|

Par J.V

Le pitch

C’est le coup de feu dans la cuisine du Grill, restaurant très animé de Manhattan. Pedro (Raul Briones), cuisinier rebelle, tente de séduire Julia (Rooney Mara), l’une des serveuses. Mais quand le patron découvre que l’argent de la caisse a été volé, tout le monde devient suspect et le service dégénère…

Ce qu’on en pense

Après The Chef et The Bear,  The Grill propose une nouvelle immersion filmée dans les cuisines survoltées d’un restaurant. Tourné en noir et blanc, avec force plans séquences, le film du réalisateur mexicain Alonso Ruizpalacios souffre, hélas, de la comparaison avec les précités et avec le Roma d’Alfonso Cuarón, auquel il emprunte, en plus du noir et blanc,  un vague propos sur l’immigration.  Plus que le fait maison, ça sent le réchauffé.

The Electric State

Cinéma|

Par Ph.D

Le Pitch

Dans une Amérique dystopiqueles robots ont été bannis après une guerre avec les hommes, une adolescente (Millie Bobby Brown) réalise que son nouvel ami robot, doux mais étrange, lui a en fait été envoyé par son frère disparu pendant la guerre. Elle,  le robot et un compagnon de rencontre (Chris Pratt) partent à la recherche du garçon dans la réserve où les robots survivants du conflit ont été parqués, découvrant une incroyable manipulation…

Ce qu’on en sait

Le nouveau film Netflix des frères Russo, adaptaté du roman graphique Tales from the Loop, est une plutôt bonne surprise par rapport à leurs précédentes productions pour la plateforme. Certes, c’est beaucoup trop long et les thèmes abordés (virtualisation, robotisation, transhumanisme…) sont survolés au profit de scènes de batailles dont on aurait pu faire l’économie. Mais pour une fois, à part un méchant bien caricatural (Stanley Tucci en simili Elon Musk),  les personnages sont intéressants, évolutifs et touchants. Celui de Chris Pratt, réminiscent des Gardiens de la galaxie, permet de donner au film une note d’humour bienvenue, renforcée par un parc de robots au look rétro, dignes d’un Disney vintage.  A cet égard, le choix d’inscrire l’intrigue dans un univers rétro futuriste dystopique (l’Amérique des années 90-2000) s’avère particulièrement payant. La découverte de l’immense réserve où sont parqués les robots, derrière un mur qui ressemble à celui de Donald Trump à la frontière mexicaine,  est ainsi la partie la plus réussie du film. La fin est assez touchante avec, pour l’héroïne (incarnée par la révélation de Stranger Things, Millie Bobby Brown), une décision difficile à prendre et un beau discours sur la nécessité de sortir du virtuel pour renouer de vrais rapports humains.

Sanctuary

Cinéma|

Par Ph.D

Le pitch

Hal (Christopher Abbott) est sur le point d’hériter de l’ immense empire hôtelier bâti par son père. En quête de respectabilité, il décide de rompre avec sa maîtresse-dominatrice (Margaret Qualley) au cours d’une dernière séance sado-maso dans une chambre de palace. Naturellement, ses tentatives pour rompre leurs liens ne se déroulent pas exactement comme prévu…

Ce qu’on en pense

Sorti en direct VOD en 2023, ce thriller psychologico-érotique signé Zachary Wigon tente de se refaire la cerise sur Netflix. Bonne idée car la réalisation est soignée et la présence de Margaret Qualley,  bien que beaucoup moins dénudée que dans The Substance, devrait attirer le chaland. Autant prévenir : le film est moins érotique que psychologique : la relation entre les deux personnages exclut, en effet, tout contact physique. Il ne s’agit que de jeux de domination psychologiques qui vont se retourner plusieurs fois au cours d’une dernière séance explosive.  Sexe, pouvoir, argent, emprise… le cocktail est détonnant et le huis clos devient vite sulfureux. La performance de Margaret Qualley en dominatrice évincée est digne d’éloges. Dans ses meilleurs moments, Sanctuary rappelle même un peu le Malcolm & Marie de Sam Levinson,  où Zendaya trouvait un de ses meilleurs rôles post-Euphoria.   

5 septembre

Cinéma|

Par J.V

Le pitch

Lors des Jeux Olympiques de Munich de 1972, l’équipe de télévision américaine se voit contrainte d’interrompre subitement la diffusion des compétitions pour couvrir la prise d’otage en direct d’athlètes israéliens. Un évènement suivi à l’époque par environ un milliard de personnes dans le monde entier. Au cœur de l’histoire, l’ambitieux jeune producteur Geoff Mason (John Magaro) veut faire ses preuves auprès de Roone Arledge (Peter Sarsgaard), son patron et légendaire directeur de télévision. Avec sa collègue et interprète allemande Marianne (Léonie Benesch), son mentor Marvin Bader (Ben Chaplin), Geoff va se retrouver confronté aux dilemmes de l’information en continu et de la moralité…

Ce qu’on  en pense

En 2005, Steven Spielberg avait déjà raconté l’histoire de la prise d’otages des JO de 1972 dans Munich.  L’originalité du film de Tim Fehlbaum est de la faire (re) vivre au spectateur à travers  le regard d’une équipe de télévision américaine qui l’a couverte en direct. L’occasion pour le réalisateur allemand de livrer une réflexion sur l’information en continu , dont Munich a, en quelque sorte, marqué l’avènement et qui, aujourd’hui, est devenue la norme. Ce qui ne l’empêche pas de livrer un thriller en temps réel tout à fait haletant.

La Mer au loin 

Cinéma|

Par J.V

Le pitch

Nour (Ayoub Gretaa), 27 ans, a émigré clandestinement à Marseille. Avec ses amis, il vit de petits trafics et mène une vie marginale et festive… Mais sa rencontre avec Serge (Grégoire Colin), un flic charismatique et imprévisible, et sa femme Noémie (Anna Mouglalis), va bouleverser son existence. De 1990 à 2000, Nour aime, vieillit et se raccroche à ses rêves…

Ce qu’on en pense

Après Retour à Bollène, Saïd Hamich filme dix ans de la vie d’un immigré clandestin à Marseille. Entre film social et mélo, la proposition émeut et séduit par la qualité de sa réalisation et son immersion dans un Marseille en pleine mutation et à peine reconnaissable. Un film doux et grave qui déjoue habilement les poncifs bercé d’une BO raï entêtante.

Maria

Cinéma|

Par J.V

Le pitch

La vie de la plus grande chanteuse d’opéra du monde, Maria Callas (Angelina Jolie), lors de ses derniers jours, en 1977, à Paris

Ce qu’on en pense

Passé maître dans l’art du biopic, le Chilien Pablo Larraín poursuit ses portraits de femmes célèbres. Après  Jackie (Kennedy) et Spencer (Lady Di) voici donc Maria (Callas). Au crépuscule de sa vie, la Diva se retourne sur son parcours pavé de drames intimes et de succès publics.  Dans le rôle titre,  Angelina Jolie fait une prestation remarquable, bien épaulée par deux excellents acteurs italiens, Pierfrancesco Favino et Alice Rohrwacher, qui jouent ses fidèles serviteurs. Les airs d’opéra qui accompagnent habilement la narration renforcent son pouvoir hautement émotionnel.

God Save The Tuche

Cinéma|

Par J.V

Le Pitch

Les Tuche mènent à nouveau une vie paisible à Bouzolles. Mais lorsque le petit-fils de Jeff (Jean-Paul Rouve) et Cathy (Isabelle Nanty) est sélectionné pour un stage de football à Londres, c’est l’occasion rêvée pour toute la famille d’aller découvrir l’Angleterre et de rencontrer la famille royale. Entre chocs culturels et maladresses, les Tuche se retrouvent plongés au cœur de la royauté anglaise…

Ce qu’on en pense

La reprise par Jean-Paul Rouve de la réalisation du cinquième volet des aventures de la famille Tuche laissait espérer un nouveau souffle,  voire un peu de cinéma. On note, effectivement, en début de film,  une louable tentative d’humour « à la Chabat » . Hélas,  l’intention fait long feu et la nouvelle Tucherie retombe vite  dans ses travers habituels : gags lourdingues , dialogues vulgaires et intrigue minimaliste.  Aucun cliché sur l’Angleterre ne nous est épargné et, à part Bernard Menez en  Charles III, ( LA trouvaille du film),  aucun nouveau personnage ne tient la route face au quatuor Bouzollais.

La Pampa

Cinéma|

Par J.V

Le pitch

Willy (Sayyid El Alami) et Jojo (Amaury Foucher), deux ados inséparables, font du motocross pour chasser l’ennui dans un petit village au cœur de la France. Ils se sont fait une promesse : ils partiront bientôt pour la ville. Mais Jojo cache sa relation avec son coach Teddy (Artus). Et quand tout le village le découvre, les rêves et les familles des deux amis volent en éclat…

Ce qu’on  en pense

La France semi-rurale  inspire décidément les réalisateurs. Après Chien de la casse et Vingt dieux, La Pampa creuse le sillon. A la réalisation,  Antoine Chevrollier dont c’est le premier long-métrage n’est pas tout à fait un inconnu puisqu’on lui doit l’excellente série Oussekine et plusieurs épisodes du fameux Bureau des légendes. Au casting, on reconnait aussi Sayyid El Alami (Leurs enfants après eux) et l’incontournable Artus, parfaitement crédible dans un rôle pourtant très éloigné de son registre comique habituel. L’univers du motocross offre un cadre original à ce drame poignant, très efficacement mis en scène. 

Ad Vitam

Cinéma|

Par Ph.D

Le pitch

Après avoir échappé à une tentative de meurtre, Franck Lazarev (Guillaume Canet) doit retrouver sa femme Leo (Stephane Caillard) kidnappée par un mystérieux groupe d’hommes armés. Il est rattrapé par son passé et plongé dans une affaire d’Etat qui le dépasse.

Ce qu’on en pense

Ecrit et produit par Guillaume Canet, mais réalisé par un sous fifre , ce thriller le met en scène dans un rôle à la Jason Bourne. Ancien du GIGN, viré après une opération qui a mal tourné, le héros doit sauver sa femme enceinte des griffes de ceux qui ont provoqué son renvoi. Un scénario peu crédible,  pour une réalisation de série B d’action  qui culmine avec une poursuite dans les airs assez ridicule. Canet, qui n’a plus l’âge du rôle, est le maillon faible d’un casting par ailleurs plutôt bon. Le meilleur atout du film est sa durée : 1h30, c’est vite vu (et vite oublié).     

Bird

Cinéma|

Par Ph.D


Le pitch

À 12 ans, Bailey (Nykiya Adams) vit avec son frère Hunter (Jason Buda) et son père Bug (Barry Keoghan), qui les élève seul dans un squat au nord du Kent. Bug n’a pas beaucoup de temps à leur consacrer et Bailey, qui approche de la puberté, cherche de l’attention et de l’aventure ailleurs. Elle va les trouver auprès d’un mystérieux inconnu (Franz Rogowski) qui traîne dans le quartier à la recherche de ses parents…

Ce qu’on en pense

Trois fois primée à Cannes,  Andrea Arnold y présentait en 2024 ce nouveau drame social dans lequel son cinéma naturaliste se teinte de fantastique, façon Le Règne animal.  La proposition a laissé le jury indifférent, mais pas les festivaliers qui ont apprécié l’audace de la réalisation en format carré et le jeu des acteurs, au rang desquels la révélation Nykia Adams,  Franz Rogowski dans une prestation à la Joaquin Phoenix et un  Barry Keoghan tatoué des pieds à la tête en père immature. Filmé caméra à l’épaule dans le lumpen prolétariat anglais, avec Fontaines DC et Seaford Mods en BO (aussi Coldplay, mais juste pour faire baver les crapauds),  Bird est le meilleur film de la réalisatrice anglaise depuis Fish Tank, auquel il renvoie immanquablement. Leurs jeunes héroïnes pourraient être demi soeurs ou cousines.

 

 

Eephus

Cinéma|

Par J.V

Le Pitch

Alors qu’un projet de construction menace leur terrain de baseball adoré, deux équipes amatrices d’une petite ville de la Nouvelle-Angleterre s’affrontent pour la dernière fois. Face à cet avenir incertain, les tensions et les rires s’exacerbent, annonçant la fin d’une ère de camaraderie…

Ce qu’on en pense

A la manière de  Noël à Miller’s Point,  dont il signait d’ailleurs la photographie,  Carson Lund s’attache à un groupe de personnes sans chercher spécialement à développer une intrigue en particulier. Un cinéma indépendant US « d’ambiance »,  qui pourrait devenir la marque d’Omnes films,  la société qui a produit les deux longs métrages. A découvrir.