Daniel Pennac : Mon frère

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Daniel Pennac : Mon frère

Par MAB

«Je ne sais rien de mon frère mort, si ce n’est que je l’ai aimé. Avec lui, j’ai perdu tout ce qui restait de la douceur du monde. Toute ma vie, j’ai été alimenté à son humour ». Bernard est décédé seize mois plus tôt d’une erreur médicale. Dans une fratrie de quatre garçons, il était le second, le fils préféré. Daniel Pennac, le dernier né. De cinq ans plus âgé, Bernard avait pour Daniel, une présence attentive et discrète. “Pour silencieux qu’il fût, c’est lui qui m’apprit à parler. Et d’ailleurs à lire, plus tard, les romans qu’il aimait. Donc à écrire ». Parmi les auteurs que l’ainé fit découvrir au cadet, il y eut Melville et la nouvelle « Bartleby ». L’histoire absurde d’un notaire rendu fou par un de ses employés qui refuse toute tâche avec toujours les mêmes mots : « je préfèrerais ne pas ». Un personnage dont le mystère renvoie à celui de l’insondable Bernard qui comme Bartleby semblait dépressif et aboulique. Un homme presque mort une première fois, et disant à son frère, « C’est tentant, tu sais ! ».  C’est pourquoi peu après le décès de son ainé, Daniel Pennac, devenu l’écrivain que l’on sait,  monte « Bartleby, le scribe » au théâtre. Et dans l’hommage qu’il lui rend aujourd hui avec ce petit livre bourré de tendresse et d’affection pudique, insère le texte de Melville entre les pages de souvenirs. Une façon particulièrement fine de dire beaucoup tout en respectant les codes de silence et de pudeur de toute la famille. L’ensemble, construit ainsi, est lumineux d’humanité. Plus qu’un coup de cœur, un coup au cœur.

By |juillet 7th, 2018|Categories: ça vient de sortir|0 Comments

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