Houellebecq : Sérotonine

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Houellebecq : Sérotonine

Par MAB

« Il faut simplifier sinon on n’arrive à rien » ce n’est pas moi qui le dit, c’est Michel ou plutôt Florent-Claude, son double. Alors simplifions. Listons les tops et les flops de ce énième événement Houellebecq. Ok pour l’écriture fluide. Nette. Tranchée. Une langue orale qui suit une pensée sans cesse en alerte. Ok pour  les mots justes qui traduisent ce que le regard fulgurant saisit partout et tout le temps. Bien drôles, en effet, les comparaisons et connivences.  En même temps, Houellebecq  n’est pas Celine.  Aujourd’hui, cette langue crue qu’il a inauguré avec  Extension du domaine de la lutte  est devenue familière. Elle ne lui  appartient plus, reprise souvent par blogueurs et humoristes. Ok pour la sociologie du quotidien. La précision des lieux, des êtres, des faits et des gestes. Le réel à livre ouvert. Et cette sensibilité ultra connectée. Houellebecq respirera toujours l’air du temps. Il est partout, sait tout de nous, a tout compris. Il juge avec verve  et justesse la médiocrité et la moutonnerie de l’homme social contemporain, la casse économique. Le mépris rejoint la désolation. En même temps, il ne cesse d’utiliser, référencer et évaluer cette société de consommation qu’il dénonce. Ayant une fascination-répulsion pour l’argent, le succès, la notoriété  et les marques jusqu’à en faire un livre… à énorme succès ! Ok, enfin, pour les analyses psychologiques souvent lumineuses sur les relations de l’homme et de la femme  ( elles sont différentes ) à la vie, l’amour, la mort. Le personnage – pas Michel puisque « Sérotonine » est un roman – est un romantique. L’amour pour lui est le seul moyen de transformer notre existence terrestre en moments supportables. Dans ce registre,  certaines pages (notamment celles consacrées aux parents du narrateur)  sont sublimes. En même temps, la misogynie n’est jamais bien loin. L’érotomanie non plus. Avant le sublime de la deuxième partie, il faut subir le grotesque de pages  pornographiques bien trash. Bref,  autant avouer que cette fois, sans l’effet de surprise des premiers ouvrages, on n’a pas été bluffée par  Sérotonine  En même temps , comme il est aussi bien ficelé que les précédents , on l’a lu jusqu’au bout avec persévérance  !

By |janvier 10th, 2019|Categories: ça vient de sortir|0 Comments

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