David Goudreault : La Bête et sa cage

//David Goudreault : La Bête et sa cage

David Goudreault : La Bête et sa cage

Par MAB

«J’ai encore tué quelqu’un. Je suis un tueur en série. D’accord, deux cadavres. C’est une petite série, mais c’est une série quand même. Et je suis jeune. Qui sait jusqu’où les opportunités me mèneront ? » En tout cas, depuis quelques jours, l’univers de celui qui s’exprime ainsi, est réduit à une cellule d’isolement. Son avocat vient de lui apporter papier et crayons, prétendant que l’écriture l’aiderait à tuer le temps et apporterait des pièces à son procès. Voila qui est fait dans les pages suivantes.  Ce sont les  réflexions à la première personne d’un détenu québécois que propose le canadien David Goudreault. Son roman s’intitule « La bête et sa cage ». C’est le second volet d’une trilogie commencée avec «La bête et sa mère » et qui s’achèvera avec « Abattre la bête ». Des œuvres sorties avec succès au Québec et qui viennent d’être éditées en France par Philippe Rey. Pourquoi en conseiller la lecture ? Parce qu’il s’agit de pages crues, âpres et dures sur la vérité des prisons. Un roman sans détours dont le héros, inapte à l’introspection et à la culpabilité, se drogue et subit des viols répétés. Mais aussi parce que l’écriture virtuose  sait se faire drôle lorsque ce même détenu privé de dents zozote comme un enfant ou fantasme sur Edith une gardienne. Voire tendre quand il attend désespérément une lettre de sa mère. Goudreault connait son sujet. Il est travailleur social et intervient dans les centres de détention pour animer des ateliers de créativité. Il ne juge pas. N’oppose pas bourreau et victime. Ne compatit pas plus que les détenus ne s’apitoient sur eux-mêmes. Il met le lecteur en immersion dans les cellules, soulignant que si la folie pousse l’homme au crime, l’incarcération le transforme en monstre.  

 

By |avril 2nd, 2019|Categories: ça vient de sortir|0 Comments

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