Darrieussecq : La mer à l’envers

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Darrieussecq : La mer à l’envers

Par MAB

Comment mieux résumer  La mer à l’envers de Marie Darrieussecq que par cet extrait de la page 154 : « On est déjà bien enfoncé dans ce troisième millénaire qui la faisait rêver, enfant. Mais dans aucun rêve, aucun, elle ne parlait avec un garçon de l’âge de son fils, émigré du Niger, blessé dans un campement de fortune, sur un écran portatif qui ferait aussi téléphone, le tout dans une voiture hybride. » ?  Celle qui pense ainsi s’appelle Rose. Elle est à la fois une femme ordinaire et l’héroïne du récit. Et ce Younés qu’elle veut rejoindre pour tenter de le sauver, est un jeune migrant. Elle l’a croisé en mer, quand le paquebot de croisière sur lequel elle passait des vacances « ridicules » avec ses enfants a repêché une embarcation de fortune. Elle lui a alors donné le portable de son fils Gabriel. A l’insu de tous, ils sont restés en contact par géolocalisation. Elle fait aujourd hui, les mille kilomètres qui séparent le pays basque, où elle vit, de Calais,  où il survit. Elle deviendra hors la loi en l’hébergeant… « Il est impossible aujourd’hui de ne pas savoir ce qui se passe en Méditerranée, affirme Marie Darrieusscq. Tous les matins, on doit gérer une énorme culpabilité. Elle est plus forte que jamais » Pour autant, son roman n’a rien de moralisateur. Il s’inspire des témoignages que la romancière recueille de la Porte de la Chapelle à Calais et de Calais au Niger quand elle joue comme elle le dit à « la dame de charité ». Son récit est vif, précis, souvent drôle, très contemporain dans son style. Elle ne fait pas de Rose une sainte. Juste une femme ordinaire, perdue dans son époque et bousculée par une émotion providentielle. C’est bien.

By |octobre 4th, 2019|Categories: ça vient de sortir|0 Comments

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