Vanessa Springora : Le Consentement

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Vanessa Springora : Le Consentement

Par MAB

C’est le prix Renaudot attribué à l’écrivain Gabriel Matzneff en 2013, qui a décidé l’éditrice Vanessa Springora à écrire  Le Consentement  tout comme le film « J’accuse » de Polanski a poussé Valentine Monier à sortir de son silence. Car, autres temps, autres mœurs. On ne compte plus désormais les femmes (parfois les hommes ) qui prennent la plume ou la parole pour désigner leur violeur ou leur manipulateur. Pour Springora et Monier, les faits remontent à plusieurs décennies. Mais si la seconde s’est contentée d’accusation de viol dans la presse, la première a écrit une autobiographie éditée chez Grasset. A la première personne, sans double, ni masque, ni fards, elle relate d’une plume claire et précise,comment elle fut sous l’emprise d’un écrivain germanopratin célèbre quand elle avait 14 ans et lui cinquante. Comment surtout ce pédophile adulé à l’époque par toute l’intelligentsia a ruiné son adolescence et sa jeunesse. « Depuis tant d’années, je tourne en rond dans ma cage. Mes rêves sont peuplés de meurtre et de vengeance. Jusqu’au jour ou la solution se présente enfin là sous mes yeux. Prendre le chasseur à son propre piège. L’enfermer dans un livre. » écrit Vanessa Springora en préambule du Consentement. le succès de son entreprise dépasse toutes ses espérances. Non seulement son livre s’arrache. Mais le tout puissant Matzneff est désormais un banni. Plus édité. Retiré des librairies. Plus de subventions du centre national du livre. A 83 ans, il est même cité à comparaître en justice. Quelle chute ! Pour Vanessa tout commence au début des années quatre vingt. Une époque où tout était permis aux artistes reconnus. On lisait Lolita  de Nabokov avec délectation. On collectionnait les clichés de David Hamilton. Des groupies à peine pubères se précipitaient dans la loge des chanteurs et l’on citait l’hédoniste Matzneff dans tous les cercles…C’est d’ailleurs dans un dîner mondain ou l’a amenée sa mère que la jeune fille le rencontre. Il est brillant. Il veut l’avoir. Fille d’un père absent, elle a lu trop tôt  Madame Bovary . elle veut l’aimer et être aimée. Il la prend au piège et la harcèle jusqu’aux portes des établissements scolaires. Matzneff a ses disciples. Personne au début ne trouve à redire. Sauf qu’un jour Vanessa découvre dans les œuvres du mentor ses vantardises de prédateur sexuel et pédophile. Sa douleur sera immense et durera des années.. Le Consentement, si bien écrit soit-il, n’est pas une oeuvre littéraire. Mais un témoignage précis. Un document sur la notion de consentement. Et bien sur une pièce de plus au lourd dossier de la pédophilie. Une preuve, encore une, qu’il n’est jamais trop tard pour dire. Pour se sauver et peut être sauver autrui.

By |janvier 15th, 2020|Categories: ça vient de sortir|0 Comments

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