Beigbeder : Smiley

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Beigbeder : Smiley

Par MAB

Un emoji Smiley en couverture. Rien d’autre. Voila ce que propose Frédéric Beigbeder en titre et couverture de son nouvel ouvrage autocentré. C’est original et intrigant comme toujours. Du coup, le néo dandy est une fois encore en tête des ventes. D’autant que l’on sait qu’à travers un nouvel épisode de sa vie, et toujours sous le pseudo d’Octave Parango, il va beaucoup balancer sur lui et les autres et que le jeu consistera à identifier tout le monde. Notre tendance voyeuse est au départ satisfaite. Au départ seulement. On dira pourquoi, un peu plus loin. Cette fois, c’est donc de son éviction de France Inter qu’il s’agit. Alors que depuis deux ans, l’homme à tout faire était chaque jeudi, le chroniqueur pitre de la matinale, il s’est un sale matin après nuit de défonce, autodétruit en direct (voir la vidéo). Page blanche, bredouillement et désorientation totale. Une chute libre pathétique. Quelques heures après, le clown triste était viré. Il l’a forcement mal pris. D’où ce règlement de compte par le biais de l’écriture. Une vengeance par laquelle il démolit tous les animateurs de la station trop serviles et complaisants avec les puissants et méprisants avec les faibles. Un pamphlet qui lui permet aussi de s’attaquer à la dictature du rire; aux effets pervers des réseaux sociaux; à l’arrogance et à la dureté tapies derrière la bonne conscience. Ces pages-là sont claires et convaincantes. On adhère complètement. Mais ensuite, cela se gâte un peu. Quand Beigbeder revient sur la nuit qui a précédé sa chute, il se perd en lui-même et ses contradictions. Mélange souvenirs et réflexions livresques. Éloge de son passé de fêtard parisien et peur de la vieillesse. Pages porno sur les femmes et le sexe et déclaration d’amour à son épouse et son enfant… Bref, haine et passion de lui-même, comme destruction et tentative de reconstruction… Au final, comme chaque fois, il séduit et agace et c’est comme cela qu’il nous plait.

 

By |janvier 20th, 2020|Categories: ça vient de sortir|0 Comments

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