Foenkinos : La Famille Martin

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Foenkinos : La Famille Martin

Par MAB

Panne d’inspiration. David Foenkinos tourne en rond. Bien beau d’être un écrivain à succès, traduit dans plus de quarante langues (« La Délicatesse », « Charlotte », « Le Mystère Henri Pick »). Mais il faut continuer à travailler, trouver de nouvelles idées, écrire encore même si la fiction finit par donner la nausée. Alors une ruse vient à l’esprit de l’écrivain : Et s’il descendait dans la rue et abordait la première personne rencontrée pour en faire le sujet de son livre? Un roman du réel en quelque sorte. Aussitôt pensé, aussitôt fait. Foenkinos – ou plutôt son double- sort de son immeuble du XVII e arrondissement de Paris et tombe sur Madeleine Tricot. La vieille dame est consentante. Elle lui ouvre sa porte et son cœur. Elle qui fut autrefois couturière chez Lagerfeld, lui tisse le récit de sa vie et lui présente sa fille Valérie, professeure d’histoire, mariée à Patrick Martin, agent d’assurance. Ils sont eux-mêmes parents de deux enfants adolescents. D’où le titre, simple et évident « La famille Martin ». Une tribu on ne peut plus banale qui, d’ailleurs, n’en revient pas de devenir la matière d’un roman. Pirandello, souvent cité, montrait des personnages en quête d’auteur. Foenkinos lui fait l’inverse et invente un auteur en quête de personnages. C’était risqué. Cela pouvait sembler vain, artificiel et autocentré. C’est tout le contraire. En manipulant la vraie vie et en lui donnant un coup de pouce romanesque, David Foenkinos ne fait pas le malin. Évoque le travail d’écriture avec autodérision. Respecte ses personnages, soulignant combien chaque individu ordinaire, pourvu qu’il s’écoute et se fasse écouter, cache en lui des ressources qui ne demandaient qu’à être révélées. Combien aussi une des fonctions de la littérature populaire est de réenchanter le réel. C’était le but de « La Famille Martin » et c’est gagné. Rien d’impérissable, peut-être. Pas matière à être adapté à l’écran, cette fois. Mais une bouffée de fraîcheur et d’optimisme. On prend.

By |novembre 27th, 2020|Categories: ça vient de sortir|0 Comments

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