It’s a Sin

It’s a Sin

Par Philippe DUPUY

Le pitch

Ritchie (Olly Alexander), Roscoe (Omari Douglas) et Colin (Callum Scott Howells) débarquent à Londres en 1981. Trois jeunes homos plus ou moins assumés,  dont la vie d’adulte commence avec un virus nouveau qui commence à se propager  dans toute la communauté gay, sans que les autorités médicales ne donnent l’alerte… 

Ce qu’on en pense

Signée Russel T . Davies (Queer as Folk), It’s a Sin est la première mini-série sur les années Sida. Bien que produite par HBO, la série se passe à Londres au début des années 80. Une bonne idée, et pas seulement pour la BO britt pop qui convoque tous les hits de l’époque. En 1981, le sida n’est encore à Londres qu’une vague rumeur venue de New York : une troupe de comédiens gays a été décimée par un mystérieux cancer, apprend-t-on incidemment par une conversation surprise dans un couloir de fac. Mais “le cancer n’est pas contagieux“, répète en boucle Ritchie (Olly Alexander,  sosie  de Tom Hanks jeune) chaque fois que la rumeur revient à ses oreilles. Tout à sa joie de faire ses débuts sur les planches et de consommer des garçons à la chaîne, Ritchie ne veut rien savoir de cette “grosse maladie avec un petit nom” (Prince). De son côté, Roscoe  (Omari Douglas),  jeune black en rupture familiale, n’a pas très envie que ce genre de nouvelle se répande dans son pub gay : mauvais pour le business. Quant- à Collin (Callum Scott Howells) , provincial timide et mal dégrossi, il n’a  pas de vie sexuelle. Pourquoi s’en ferait-il ? Heureusement, leur copine Jill (Lydia West), avec laquelle ils partagent un grand appart en coloc,  s’inquiète à leur place. Elle va tout faire pour en savoir plus sur cette épidémie qui, alors que les familles et les autorités médicales gardent le secret,  a déjà emporté deux de leurs proches amis. Le Sida est une maladie honteuse, car elle ne touche que les homosexuels : c’est du moins ce que l’on feint de croire… Portée par un casting rafraîchissant et entamée sur le ton enjoué d’un soap à la Friends, dans le Londres gay et exhubérant du début des années 80,  It’s a Sin ne tardera pas à virer au drame. En plus de ses qualités scénaristiques et d’une réalisation digne d’un film indé, cette formidable mini-série nous rappelle que, 40 ans après, le virus est toujours là (et fait encore près d’un million de morts par an). C’est pourtant un autre qui fait la Une, dans un brouhaha médiatique inversement proportionnel au silence meurtrier qui a entouré les débuts de l’épidémie de Sida…

By |mars 23rd, 2021|Categories: ça vient de sortir|0 Comments

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