Silent Friend

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Silent Friend

Par Philippe DUPUY

Le pitch

Dans un jardin botanique, un arbre veille et observe, témoin patient des siècles. En 1908, il suit Grete (Luna Wedler), qui lutte pour exister dans un milieu qui l’ignore. Dans les années 70, il voit Hannes (Enzo Brumm)  s’éveiller à l’amour et au monde des plantes. Aujourd’hui, le vieil arbre parle avec Tony  (Tony Leung) dans son langage secret. Autour de lui, certains se cherchent, d’autres se rencontrent. Lui demeure, ami silencieux, dans un temps plus vaste que le leur.

Ce qu’on en pense 

La star du nouveau film de la hongroise Ildiko Enyedi est un arbre. Un Ginko Biloba pour être précis. Elle le filme comme si c’était Brad Pitt dans une pub pour sous vêtements. L’autre vedette du film, Tony Leung (LE Tony Leung) en tombe raide amoureux. Ne riez pas : ça pourrait aussi vous arriver !  Dans ce film lysergique et poétique, les hommes parlent aux plantes et vice versa. Le petit malin de la deuxième section (celle qui se passe dans les années 70)  utilise même un géranium comme ouvre-porte. Placée sur le bord de fenêtre de sa dulcinée, la plante le reconnaît quand il se pointe à la porte du jardin. Désoeuvré par le Covid et confiné solitaire dans l’université allemande où il venait de sa lointaine Asie donner un cours, le brave Tony parvient à convaincre une collègue française (Lea Seydoux avec des lunettes d’ingénieure de l’INRA) de lui envoyer du sperme de Ginko Biloba mâle pour fertiliser l’arbre femelle du parc et la convaincre de lui parler. L’ingestion d’un champignon hallucinogène facilitera grandement la conversation. Un siècle plus tôt, au même endroit, une agronome surdouée (Luna Wedler), première femme à intégrer le corps professoral de l’Université,  apprenait la photo pour fixer sur plaques sensibles l’éclosion de ses chères plantes. Ses collègues hommes n’étaient pas loin de lui faire un procès en pornographie. Quelle dévergondée !  Il y a tout cela et bien d’autres choses (dont un cours magistral sur le « cerveau lanterne » des bébés) dans ce film merveilleux, que seuls les impatients congénitaux trouveront trop long (2h30, ressenties moitié moins). Les autres se couleront avec ravissement dans un état rare au cinéma : l’extase. 

By |avril 1st, 2026|Categories: Cinéma|0 Comments

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