Joker

Joker

Le pitch

Souffrant de problèmes neurologiques suite à une enfance traumatique, Arthur Fleck (Joaquin Phœnix) vit avec sa vieille mère à Gotham City et travaille comme clown pour la publicité, les anniversaires et les hôpitaux. En regardant chaque soir le show de Murray Franklin (Robert de Niro) à la télé, il rêve de se produire sur scène comme humoriste et note ses meilleures blagues dans un grand carnet qui ne le quitte jamais. Sa vie bascule lorsqu’il est agressé dans la rue et perd son boulot… 

Ce qu’on en pense

On s’en doutait depuis le Lion d’or obtenu à la Mostra de Venise, le Joker de Todd Phillips, même sous licence DC Comics, n’a rien à voir avec un film de super-héros classique. Ni même avec le prequel de Batman annoncé (bien qu’on y croise la famille de Bruce Wayne). C’est un film noir et violent, qui aurait très bien pu être signé Martin Scorsese. Le scénario évoque d’ailleurs un mix de Taxi Driver et de King of Comedy (La Valse des pantins en VF). La présence de Robert de Niro en présentateur de télévision renforce évidemment cette impression. Idem pour la reconstitution de Gotham City, qui ressemble à s’y méprendre au New York, crade et dangereux de Taxi Driver. Dire qu’on n’attendait pas un tel chef-d’œuvre de Todd Phillips serait un doux euphémisme. Le réalisateur de Very Bad Trip et de Date Limite est totalement transfiguré. C’est Bruce Wayne lorsqu’il enfile le costume de Batman ! On rêve d’ailleurs de lui voir réaliser un film de la saga de l’homme chauve-souris. Christopher Nolan n’a qu’à bien se tenir ! Mais si Joker est un tel choc, c’est bien sûr grâce à (ou à cause de) la prestation hallucinée et hallucinante de Joaquin Phœnix. Spécialiste des rôles « habités » et borderline (Beautiful Day, Inherent Vice, The Immigrant, The Master, La Nuit nous appartient…), l’acteur a perdu 25 kg pour incarner Arthur Fleck. Sa maigreur est encore plus effrayante que son rire névrotique. Et pourtant, il réussit à rendre le personnage fragile, sensible et presque attendrissant. Un « freak » qui porte sur ses épaules décharnées toute la misère et toute la violence du monde et qui décide de la retourner à l’envoyeur dans une geste anti-establishment qui fait basculer le film en brulôt politique. De tous les plans, Phœnix fait oublier les incarnations précédentes, pourtant supposées indépassables, du Joker par Heath Ledger et Jack Nicholson. S’il n’obtient pas l’Oscar pour ce rôle-là, il faut dissoudre l’Académie. Dans de l’acide chlorhydrique !

 

 

By |octobre 10th, 2019|Categories: Cinéma|0 Comments

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