Wildcat Gun Machine s’inscrit dans la grande tradition des Twin gun shooter, à savoir ces jeux de tirs où l’on dirige le personnage avec le pad de gauche et oriente son tir avec celui de droite. Dans un monde futuriste labyrinthique et grisâtre, notre héroïne doit donc se frayer un chemin parmi des hordes de monstres, libérer quelques robots et résoudre des petites énigmes. Mais que l’on ne s’y trompe pas, l’histoire passe au second voire au troisième plan et l’objectif de Chunkybox games est de proposer un titre d’action frénétique qui met les réflexes à rude épreuve. Heureusement, au fil de sa progression, on récolte de l’armement de plus en plus puissant… Chose indispensable pour venir à bout du bestiaire et des nombreux boss. Réservée au hardcore gamers par sa difficulté et assez redondante dans sa mécanique – il est nécessaire de refaire plusieurs fois certains niveaux et le côté die & retry pourra en frustrer plus d’un – la proposition ne se classe donc pas parmi les classiques du genre mais a le mérite de dégager une réelle personnalité notamment dans son lore, dystopique à souhait (Sur Nintendo Switch).
Wildcat Gun Machine
(Nintendo)
Sortie
Juin 2022
Joyce Maynard: L’Influenceuse
ça vient de sortir|
Par MAB
Avec « L’influenceuse », l’américaine Joyce Maynard, ne règle pas seulement ses comptes avec les réseaux sociaux : elle démonte, avec une froide ironie, une société où quelques « likes » semblent valoir davantage qu’une vie. Son bref roman, inspiré de plusieurs affaires criminelles – dont celle d’un couple d’influenceurs, Gabrielle Petito et Brian Laundrie- met en scène, en chapitres incisifs, Tammy et Kevin, un jeune couple convaincu que la célébrité se conquiert à coups de selfies, de vidéos léchées et de paysages soigneusement choisis. Leur road trip à travers les États d’Amérique, n’est pas un voyage, c’est une opération de communication. L’amour lui-même – sans le faire car Tammy se déclare PAM (Pas Avant le Mariage ), semble calibré pour les abonnés. Cela ne marche pas fort. Les Followers se font attendre. Assez vite, incompréhension, reproches et frustrations s’installent à bord du camping-car où chacun dort sur sa couchette. Puis Tammy est retrouvée morte dans le désert de l’Utah, Kevin disparaît et Internet s’emballe. En quelques heures, chacun devient détective, juge ou procureur. Les réseaux sociaux, si efficaces pour fabriquer des vedettes d’un jour, excellant à transformer un drame en divertissement collectif. Dans ce court thriller á plusieurs voix– il y a aussi la mère intrusive de Kevin- le personnage le plus troublant est sans doute Roxanne, admiratrice obsessionnelle de Tammy. À travers son regard, Joyce Maynard montre combien la frontière entre intérèt et voyeurisme est tenue. À l’heure des influenceurs, suivre quelqu’un quotidiennement suffit à créer l’illusion d’une intimité. Sous une intrigue apparemment tres simple, nourrie de petites croyances et manies ultra contemporaines, Joyce Maynard livre une satire féroce d’une époque nombriliste où l’on préfère collectionner des abonnés plutôt que des expériences, où l’émotion est mise en scène et où même la mort devient un contenu viral. Le miroir est peu flatteur : les influenceurs ne prospèrent que parce que des millions de spectateurs réclament sans cesse de nouvelles histoires à consommer et transforment chaque tragédie en spectacle. A lire et faire lire á vos ados.
Golden Boy
ça vient de sortir|
Par Ph.D
C’est l’histoire d’un Rastignac des affaires qui débarque dans une ville du sud et s’empare du club de foot, L’Olympique, dont il se sert comme tremplin politique. Autour de lui, le marigot local s’agite : vieux briscards de la politique, truands, journalistes en quête de reconnaissance, policiers à l’affut, procureurs ambitieux, femmes de pouvoir… Comme il est joliment écrit en postface : « Si tous les personnages sont fictifs, il n’est pas toujours possible ni nécessaire d’éviter toute ressemblance« . On croit, effectivement, reconnaitre la plupart des protagonistes. D’autant que l’auteur, ancien journaliste sportif, a longtemps fréquenté les milieux qu’il décrit. Sa plume est restée alerte et ancrée dans la réalité. Avec une matière similaire, certains ont échafaudé des séries, dont les titres reviennent en mémoire (Marseille, La Fièvre…). André Baudin a l’élégance de faire court: 150 pages et tout est dit. Du coup, le bouquin se dévore comme une (bonne) nouvelle.







Leave A Comment