Cannes 2023: Part 4

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Cannes 2023: Part 4

Par Philippe Dupuy

Maere

La vitalité et la créativité de Marco Bellocchio n’en finissent pas d’épater sur la Croisette. L’an dernier, le réalisateur octogénaire y présentait un série politique sur Aldo Moro. Cette année, c’est un grand film historique. Rapito (L’Enlèvement) conte l’histoire véridique d’un enfant juif de Bologne, arraché à ses parents par l’église catholique,  au prétexte qu’il avait été baptisé en secret par sa nourrice et qu’il devait donc recevoir une éducation catholique. Pris sous son aile par le Pape Pie IX en personne, le garçon ne sera jamais récupéré par sa famille,  mais son cas contribuera à faire tomber le régime religieux. Bellocchio en tire une fresque historique d’une grande ambition formelle, mais un peu pesante. L’ambition est aussi ce qui caractérise le nouveau film  de Tran Anh Hung qui,  après L’Odeur de la papaye verte,  livre une somptueuse adaptation du roman de Marcel Rouff, La Passion de Dodin Bouffant. N’y allez pas le ventre vide : il n’est question que de manger !  Benoît Magimel et Juliette Binoche y campent un couple du 19e siècle passionnés de cuisine au point que toute leur vie tourne autour de la préparation de repas pantagruéliques. Tran Anh Hung filme ces festins avec une telle gourmandise qu’on en salive sur son siège. Le jeu des acteurs a beau être trés théâtral, Magimel a une telle présence qu’un prix d’interprétation n’est pas exclu. Plus léger, le nouveau Nanni Moretti, Vers un avenir radieux a conquis les festivalier par son humour meta sur le cinéma. Il y incarne un réalisateur obsessionnel qui lui ressemble beaucoup. Le film, lui, ressemble a du Woody Allen doublé en italien. On y a passé le meilleur moment de l’édition. Le plus mauvais fut sans doute la projection du film de Catherine Breillat, L’été dernier, titre d’une originalité confondante qui est censé annoncer l’histoire d’amour « underage » entre une avocate (Lea Drucker) et son beau-fils de 17 ans. On n’y croit, évidemment,  à aucun moment et on a de la peine pour la malheureuse Lea Drucker contrainte à des scènes d’amour et de sexe ridicules. Heureusement, le bien nommé Perfect Days de Wim Wenders nous a lavé les yeux et les oreilles de cette horreur avec la même efficacité que son héros nettoie les toilettes de Tokyo. Une ode à la vie simple (et aux cassettes audio vintage) qui nous a rappelé Paterson et les premiers films de Jim Jarmusch.  En BO : Lou Reed, Van Morrison, Patti Smith, Nina Simone… Le bonheur , quoi ! Restait au vétéran Ken Loach la charge de réveiller nos conciences assoupies par trop de champagne et de paillettes. The Old Oak s’y emploie avec l’efficacité et le manichéisme habituels du réalisateur anglais. Une bonne claque avant de remettre le smoking et le noeud pap’ dans la naphtaline et de se dire « A  l’année prochaine »…

 

By |mai 25th, 2023|Categories: Cinéma|0 Comments

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