Figure incontournable de la scène artistique niçoise, connu dans le monde entier pour ses célèbres « inclusions« , exposé à Paris , St Tropez, Courchevel et dans nombre de capitales, Fred Allard n’avait pas encore de vitrine dans sa ville natale. Lacune comblée avec l’ouverture, en février 2024, d’une magnifique galerie au 10 de l’avenue de Verdun, à l’emplacement des anciens bureaux d’Air France, dans le carré chic du centre-ville. Sur deux niveaux et près de 200 M2 d’espaces clairs et lumineux, le plasticien Niçois de 55 ans expose ses oeuvres les plus emblématiques : les « Vide ton sac » (inclusions d’objets personnels dans de la résine translucide) de Neymar, Charles Leclerc ou Fabio Quartararo, les fameux « shopping bags » (inclusions de figurines pop en forme de sacs à main), une nouvelle série inspirée par Warhol et Basquiat (dont la superbe Joconde/Balenciaga qui illustre cet article), du mobilier de designers, des livres et des objets d’art. Plus qu’un espace d’exposition personnel, l’endroit se veut, en effet, un lieu de rencontre. Il propose un regard sur notre époque qui mêle l’art, la mode, le luxe et le sport. La marque de fabrique du néo pop-artiste Niçois.
Chaque automne, le Musée Matisse Nice explore la réception contemporaine de l’œuvre d’Henri Matisse (1869-1954). Il présente cette année une exposition temporaire consacrée à Alex Katz (né en 1927), figure majeure de la peinture américaine. La rencontre entre Henri Matisse et Alex Katz s’inscrit dans une vaste histoire culturelle qui lie la France et les États-Unis. Dès 1908, l’œuvre d’Henri Matisse est présentée outre-Atlantique et participe à la découverte, par le public américain, des recherches les plus avant-gardistes de la création européenne. En février 1949, Alex Katz découvre dans la galerie de Pierre Matisse à New York une exposition que ce dernier consacre aux œuvres récentes de son père. Les peintures dites des « Intérieurs de Vence », dont la Nature morte aux grenades (1947) ou Le silence habité des maisons (1947), les dessins au pinceau et les papiers gouachés découpés provoquent chez le jeune artiste, alors étudiant à la Cooper Union de Manhattan, un profond choc esthétique. Dès lors, Alex Katz, peintre de l’Amérique quotidienne, ne cesse de regarder l’œuvre du maître français. Soixante-quinze ans plus tard, ce projet d’exposition est né de la rencontre de Katz avec les collections du musée, en 2024, et du dialogue fécond qui s’en est suivi. Conçue avec l’artiste lui-même, « Henri Matisse – Alex Katz. Le silence de la peinture » propose un parcours renouvelé de l’ensemble du musée à travers lequel les œuvres d’Alex Katz entrent en résonance avec celles d’Henri Matisse. L’exposition, par son ampleur chronologique, permet de découvrir l’œuvre d’Alex Katz depuis ses premiers travaux (Nude, 1951) jusqu’à ses œuvres les plus récentes (Lilies 13, 2025). Peintures, dessins, découpages et estampes de l’atelier de l’artiste invitent le public à revisiter les collections du musée, elles-mêmes issues de l’atelier de Matisse, à travers une lecture contemporaine, et soulignent le caractère toujours actuel de son œuvre.
Le monde contemporain est saturé d’images. Parmi elles, certaines acquièrent une force particulière jusqu’à accéder au statut d’icône. Issu du grec eikôn (« image »), le terme désigne d’abord les représentations sacrées de la tradition chrétienne orientale. Il s’est progressivement étendu au domaine profane pour qualifier des figures dont l’image semble dépasser l’existence même. L’exposition du Centre de la photographie de Mougins explore cette tension entre image et croyance, entre ceux qui sont représentés et ceux qui, par leur regard, leur admiration ou leur dévotion, contribuent à leur donner une existence autonome, hors du réel. L’accrochage s’organise en douze chapitres prenant pour ancrage un personnage-icône : Le Christ : la vraie icône / Le Guerrillero Heroico / Marilyn, Norma Jean, Zelda Zonk / La main de Dieu ou la vie de Saint Diego / Mausolées / La transverbération de Padre Pio / La Beatlemania / Alias Johnny / BB. La nouvelle Ève / Diana et le treizième pilier / Le 18 juin, une parole en acte / Frida Kahlo ou le dolorisme mexicain…
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