Par Ph.D
Le Pitch
A la veille de la Deuxième Guerre mondiale, Jean Luchaire (Jean Dujardin), patron d’un journal et pacifiste convaincu, se lie d’amitié avec l’Allemand Otto Abetz (August Diehl) qui deviendra Ambassadeur d’Allemagne à Paris pendant l’occupation. Leur relation privilégiée permettra à Luchaire et à sa fille Corinne (Nastya Golubeva), actrice en vue, de vivre une vie de privilégiés, alors que l’Europe sombre dans la barbarie nazie. A la libération, ils devront rendre des comptes…
Ce qu’on en pense
Cinq ans après le triomphe de son adaptation des Illusions Perdues (7 César dont celui du meilleur film), Xavier Giannoli s’est senti légitimé à se lancer dans cette fresque historique de plus trois heures sur la collaboration. Un sujet pour le moins sensible, historiquement et conjoncturellement avec la résurgence de l’antisémitisme et la montée des extrêmes. A travers le portrait de Jean Luchaire, patron de presse condamné à mort après la guerre pour collaboration, et de sa fille Corinne actrice à la carrière brisée, elle même condamnée à la déchéance civile, le film tente de montrer comment les meilleures intentions pacifistes et humanistes ont pu entrainer certains hommes dans le piège d’une collaboration, devenue totalement injustifiable après la découverte des crimes nazis et de la Shoah. De la rencontre de Luchaire avec Otto Abetz (formidable August Diehl), qui pour son malheur deviendra son ami et l’ambassadeur d’Allemagne à Paris, à son procès et à sa condamnation à mort, on suit la dérive du personnage qui entrainera sa fille dans sa chute. Jean Dujardin est parfait dans ce rôle ambivalent et on découvre le talent de Nastya Golubeva (fille de Leon Carax aux faux airs d’Emilie Dequenne), très émouvante dans celui de Corinne Luchaire. Avec 30 millions de budget et une reconstitution fastueuse du Paris de l’occupation, Les Rayons et les Ombres (titre emprunté à Victor Hugo) est le premier grand film français de l’année. On lui souhaite de connaître le succès public qu’il mérite malgré sa durée extravagante.








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