A 17 ans, Rue Bennett (Zendaya), fraîchement sortie de désintox, cherche à donner un sens à son existence. Elle se lie très vite à Jules Vaughn (Hunter Shafer), une fille trans récemment arrivée en ville après le divorce de ses parents. Dans leur sillage gravitent Nate Jacobs (Jacob Elordi), un sportif dont les problèmes de colère masquent des complexes sexuels ; Maddy Perez (Alexa Demie), la petite amie de Nate ; Chris McKay , star de l’équipe de football qui peine à suivre les cours ; Cassie Howard (Sydney Sweaney) , dont le passif sexuel continue de la poursuivre ; Lexi Howard (Maude Apatow), jeune sœur de Cassie et amie d’enfance de Rue ; et Kat Hernandez , en pleine exploration de sa sexualité…
Ce qu’on en pense
Conçu au départ comme un « collège movie » trash, Euphoria a rapidement évolué en série phénomène à base de drogue, de sexe et de violencecrue. Une sorte de Less Than Zero 3.0 qui a fait de Sam Levinson « le Bret Easton Ellis de la série » et de la plupart des acteurs, jusqu’alors inconnus, des stars planétaires. Ainsi naquirent à la célébrité instantanée Zendaya, Sydney Sweaney, Jacob Elordi et consorts. Alors que la saison 3 commence enfin à être disponible sur HBO Max (1 épisode par semaine), on retrouve Rue/Zendaya après le lycée cherchant à faire son trou dans la branche qu’elle connaît le mieux, pour l’avoir pratiquée avec assiduité pendant ses années lycée (et les 2 premières saisons de la série): celui de la came et du sexe. La réalisation est toujours aussi folle, la BO aussi et on retrouve la fine équipe avec un plaisir dépravé.
Carmen « Carmy » Berzatto (Jeremy Allen White) , un jeune chef du monde de la gastronomie, est de retour à Chicago pour reprendre le « Diner » familial, à la suite du suicide de son frère. Loin de son univers, Carmy doit faire face aux écrasantes responsabilités d’une petite entreprise, à un personnel récalcitrant et à des relations familiales tendues, tout en subissant les conséquences de la tragédie.
Ce qu’on en pense
Le premier épisode alpague le spectateur par la manche pour le plonger directement dans l’arrière cuisine survoltée d’un « Dinner » de quartier à Chicago, où le jeune chef Carmen Berzatto (Jeremy Allen White, génial) prend, au pied levé, la succession de son frère ainé suicidé. C’est Cauchemar en cuisine ! L’endroit est d’une saleté repoussante, aucun appareil ne fonctionne correctement, les plombs sautent sans arrêt (au propre comme au figuré), les employés sont nuls et n’en font qu’à leur tête et cousin Richie (Ebon Moss-Bachrach) ne semble être là que pour jeter de l’huile sur le feu. Pourtant, la salle (qu’on ne découvrira pas avant le deuxième épisode) ne désemplit pas : il faut envoyer. Heureusement, Carmy peut s’appuyer sur Sydney (Ayo Edebiri) qui vient de débarquer comme stagiaire et a les aptitudes d’une future chef. Mais les emmerdes pleuvent : le resto est plus endetté que la Grèce, les impôts et les charges n’ont pas été payés depuis un lustre et la commission d’hygiène et de sécurité menace de le faire fermer. Carmy se dit qu’il aurait dû rester à New York, où il venait d’être élu « meilleur nouveau chef » du meilleur restaurant de la ville. Sauf que le suicide de son frère l’a fracassé, qu’il pointe aux Alcooliques Anonymes et que le resto est le seul patrimoine familial. Il va lui falloir assurer. Le spectateur aussi doit s’accrocher pendant un premier épisode survolté et braillard. Heureusement, ça se calme un peu par la suite et on s’attache trés vite aux différents personnages qui prennent de l’épaisseur au fil des épisodes. Tout tient sur eux, sur le jeu des acteurs (tous excellents) sur l’ambiance des quartiers populaires de Chicago où se situe le restaurant et sur une mise en scène digne desfrères Safdie (Uncut Gems, Good Time) . Chaque épisode se termine sur un titre rock indé de derrière les fagots (Wilco, Kevin Morby, Counting Crows, Breeders, REM… La BO est dispo sur les plateformes) et on n’a qu’une envie, c’est d’appuyer sur « épisode suivant ». Au moment de l’addition, The Bear se révèle être une des toutes meilleures séries de ces dernières années. 5 saisons et un « extra » sont disponibles sur Disney +
Catherine Cawood (Sarah Lancashire) , mène une vie qui n’est pas de tout repos. Elle occupe la fonction d’agent de police dans le Yorkshire. Divorcée, elle élève le jeune fils de sa fille suicidée huit ans plus tôt. Alors qu’elle semble finalement reprendre le dessus, elle apprend queTommy Lee Royce (James Norton), l’homme qu’elle juge responsable de ce suicide, est sorti de prison, ayant purgé une peine pour d’autres faits. Alors qu’elle enquête sur lui en secret, une affaire de rapt détourne son attention…
Ce qu’on en pense
Et bim ! Encore une grande série policière anglaise à déguster sur Arte où 3 saisons (18 épisodes d’une heure) sont disponibles. De quoi passer l’été dans l’air rafraichissant de la campagne du Yorkshire, hélas vicié par la violence, la drogue, la misère sociale et l’alcool. On y suit la reconstruction de l’héroïne (Sarah Lancashire) qui a quitté son poste d’inspectrice pour élever le fils de sa fille, suicidée après un viol et qui reprend péniblement du collier comme sergent de police dans une petit commissariat local. Ses enquêtes sont filmées avec un réalisme proche du cinéma social anglais avec, pour chaque saison, un scénario solide et un casting impeccable. Une série pleine d’humanité, en dépit de la noirceur du contexte social.
Quand Michael (James Nelson Joyce) tombe amoureux de Diana (Hannah Onslow) , il entrevoit pour la première fois de sa vie un avenir au-delà de ses activités criminelles : il importe de la cocaïne avec son ami Ronnie (Sean Bean) en Angleterre depuis des années. Lorsqu’une cargaison disparaît, il comprend que leur empire est menacé. D’autant que Jamie (Jack Mullen), le fils de Ronnie, compte bien succéder à son père et évincer Michael…
Ce qu’on en pense
Cette série de mafia anglaise se démarque par sa réalisation classique, sans effets particuliers ni ultraviolence. Au contraire, le héros (James Nelson Joyce, qui a de faux airs de Vincent Cassel et ferait un excellent James Bond), pourtant chef de gang et narco trafiquant, a avant tout le souci de protéger sa douce fiancée (Hannah Onslow) de ses activités. Les rôles féminins sont particulièrement soignés et l’ancrage de l’action à Liverpool offre des décors urbains parfaits. A voir en VO pour l’accent à couper au couteau des protagonistes.
John Sugar (Colin Farrell) est un détective privé américain qui enquête sur la mystérieuse disparition d’Olivia Siegel (Sydney Chandler), la petite-fille bien-aimée du légendaire producteur hollywoodien Jonathan Siegel (James Cromwell). Alors que Sugar tente de découvrir ce qui est arrivé à Olivia, il découvre également les secrets de la famille Siegel ; certains très récents, d’autres enfouis depuis longtemps…
Ce qu’on en pense
Colin Farrell incarne un détective privé à la Philip Marlowe mais bien de notre époque, dans cette superbe série Apple, disponible sur Canal+ . Si l’enquête sur la disparition de la petite fille junky d’un riche producteur hollywoodien n’a rien de bien original, le personnage du privé à l’ancienne, empathique et généreux avec les faibles mais impitoyable avec les méchants, détonne dans le contexte d’un polar contemporain. Colin Farrell est parfait dans le rôle et le reste du casting est à l’unisson. La réalisation du brésilien Fernando Meirelles est hyper léchée, la BO parfaite et le générique parmi les plus beaux du moment. Une régalade.
Le Pitch
Dans le New York des années 1930, un détective privé (Nicolas Cage) vieillissant et malchanceux se débat avec son passé de super-héros, en enquêtant malgré lui sur l’apparition de nouveaux mutants…
Ce qu’on en pense
C’est bien connu : les meilleurs Spider Man sont désormais chez Sony et pas chez Marvel/Disney. C’est ce qui nous vaut de découvrir l’adaptation de Spider Noir sur Prime plutôt que Disney+. Cette série est ce qui est arrivé de mieux à la franchise depuis les premiers Sam Raimi. Spider Noir se démarque totalement de l’univers de l’Araignée en faisant de Nicolas Cage (qui doublait déjà les anime Sony) un Spidey de 60 balais qui a rangé son costume de super héros pour enfiler l’imper mastic du détective privé à la Philip Marlowe. Dans un de ses meilleurs rôles depuis longtemps, Cage joue avec l’image du privé dans un improbable mélange de Faucon Maltais et deSin City que l’on peut voir, au choix, en Noir et Blanc ou en couleurs. Un régal.
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