A 17 ans, Rue Bennett (Zendaya), fraîchement sortie de désintox, cherche à donner un sens à son existence. Elle se lie très vite à Jules Vaughn (Hunter Shafer), une fille trans récemment arrivée en ville après le divorce de ses parents. Dans leur sillage gravitent Nate Jacobs (Jacob Elordi), un sportif dont les problèmes de colère masquent des complexes sexuels ; Maddy Perez (Alexa Demie), la petite amie de Nate ; Chris McKay , star de l’équipe de football qui peine à suivre les cours ; Cassie Howard (Sydney Sweaney) , dont le passif sexuel continue de la poursuivre ; Lexi Howard (Maude Apatow), jeune sœur de Cassie et amie d’enfance de Rue ; et Kat Hernandez , en pleine exploration de sa sexualité…
Ce qu’on en pense
Conçu au départ comme un « collège movie » trash, Euphoria a rapidement évolué en série phénomène à base de drogue, de sexe et de violencecrue. Une sorte de Less Than Zero 3.0 qui a fait de Sam Levinson « le Bret Easton Ellis de la série » et de la plupart des acteurs, jusqu’alors inconnus, des stars planétaires. Ainsi naquirent à la célébrité instantanée Zendaya, Sydney Sweaney, Jacob Elordi et consorts. Alors que la saison 3 commence enfin à être disponible sur HBO Max (1 épisode par semaine), on retrouve Rue/Zendaya après le lycée cherchant à faire son trou dans la branche qu’elle connaît le mieux, pour l’avoir pratiquée avec assiduité pendant ses années lycée (et les 2 premières saisons de la série): celui de la came et du sexe. La réalisation est toujours aussi folle, la BO aussi et on retrouve la fine équipe avec un plaisir dépravé.
A Hollywood, Matt Remick (Seth Rogen) est bombardé directeur de Continental Studios, une société de production en grande difficulté. Alors que leurs films peinent à se financer, Matt et son équipe tentent de vaincre leurs propres incertitudes tout en affrontant les artistes narcissiques et lâches dirigeants d’entreprise avec lesquels ils travaillent, sans jamais perdre de vue leur inlassable envie de faire de grands films. Masquant leur panique derrière leurs habits de pouvoir, chaque fête, visite de plateau, décision de casting, réunion de marketing et remise de prix, est l’occasion d’une brillante réussite ou d’une catastrophe qui mettra fin à leur carrière. En mangeant, dormant et respirant « films », Matt a le métier dont il a rêvé toute sa vie, et cela pourrait bien causer sa perte.
Ce qu’on en pense
LA série sur Hollywood et les coulisses de l’usine à rêve. Chaque épisode, réalisé en plan séquence, est l’occasion pour le héros (Seth Rogen) et ses adjoints de faire preuve d’un peu plus d’incompétence et de déveine. Les catastrophes s’enchainent sous le regard consterné des guest stars (Martin Scorsese, Ron Howard…) jouant leur propre rôle. Un « Dix pour cent » puissance mille, qui ravira les fans de cinéma US.
A Londres, Shah Latif (Riz Ahmed), acteur pakistanais, galère pour faire son trou. Sa dernière chance de percer se présente sous la forme d’une audition pour le rôle de James Bond 007. Pendant quatre jours mouvementés, sa vie part à la dérive et sa famille, son ex-petite amie et le monde entier se demandent s’il est vraiment l’homme de la situation.
Ce qu’on en pense
La recherche d’un nouveau James Bond a inspiré à Riz Ahmed cette comédie dans laquelle il interprète un acteur de seconde zone, d’origine pakistanaise , qui par un improbable concours de circonstances va se retrouver en tête de liste pour remplacer Daniel Craig. La situation, cocasse en elle-même (un 007 Paki !!), se corse encore à cause de la famille envahissante du héros et de son ex journaliste qui balance le scoop pour se venger. Une série anglaise rythmée, bien jouée, drôle et subtile. Anglaise quoi !
Nancy Hennessy (Kate Mara) est assassinée et laisse derrière elle deux meilleures amies (Kerry Washington, Elisabeth Moss), un mari et une fille, ainsi qu’un amant secret dont elle emporte l’identité dans la tombe. De l’extérieur, sa vie semblait parfaite. Mais alors que l’enquête sur sa mort piétine, de sombres détails font surface et révèlent à quel point elles connaissaient mal leur amie.
Ce qu’on en pense
Sur une trame désormais ultra balisée, dont Desperate Housewives et Big Little Lies ont posé les fondamentaux, une série féminine qui vaut pour son casting (Kate Mara, Elisabeth Moss, Kerry Washington), sa réalisation élégante et un suspense tenu jusqu’au dernier épisode avec moults rebondissements et révélations.
En Martinique, onze frères et sœurs âgés de 7 à 23 ans luttentcontre la misère après la mort de leur mère, leur pilier et leur repère. Pour certains, le trafic de drogue semble être la seule issue. Ce choix, loin de faire l’unanimité, met à rude épreuve la force des liens familiaux.
Ce qu’on en pense
Une série Netflix sur le narcotrafic aux Antilles par le réalisateur de Patriotes et du Bureau des légendes ? L’attente est forcément grande et le risque de déception tout autant. Tournée en Martinique, dans un mélange de français et de créole, avec des acteurs recrutés sur place et une BO de rap antillais, Bandi (caïd en argot créole) tranche avec les productions Netflix du même acabit. Eric Rochantet sa fille Capucine, qui assume le rôle de showrunneuse, aspirent au naturalisme et fuient les clichés touristiques. A quelques marinas et cocotiers près, le monde dans lequel évolue la famille Lafleur ne diffère guère de celui des séries de cités habituelles: misère sociale, pères absents ou délinquants, chômage, alcoolisme, drogue… Mais le parlé, la nonchalance et la gestuelle antillaise donnent une couleur originale à ce drame familial quasi-shakespearien, dans lequel les plus âgés des trois frères vont devoir passer au dessus de leurs différents pour assurer la survie de leur nombreuse fratrie. Héros de la série, le cadet Kylian (Djody Grimeau, une découverte) a un poster de Scarface dans sa chambre d’étudiant. Mais c’est à un autre personnage incarné par Al Pacino qu’on l’identifie : celui de Michael Corleone dans Le Parrain 2 (Son frère Kingsley, joué par Rodney Dijon, rappelle plutôt le malheureux Fredo). Malgré leur nombre et le jeu souvent limité des acteurs non professionnels, les personnages existent tous à l’écran, en dehors de leur simple utilité scénaristique. C’est la grande réussite de cette série attachante dont on apprend, hélas, qu’elle n’aura pas de saison 2.
Après avoir reçu un mystérieux message, David Rousseau (Jean-Paul Rouve), auteur de polars en panne d’inspiration, se rend à Mouthe, le village le plus froid de France. Le même jour, un meurtre survient, mis en scène de manière aussi artistique que déroutante. Y voyant le point de départ inespéré d’un roman, Rousseau entame une enquête qui empiète sur celle de l’Adjudant Louvetot (Guillaume Gouix). Le trouble s’installe définitivement lorsque les meurtres s’additionnent. Il y aurait un serial killer… à Mouthe !
Ce qu’on en pense
On avait beaucoup aimé, en 2011, Poupoupidou, polar nordique semi parodique transposé dans le Doubs, avec Jean-Paul Rouve dans le rôle d’un écrivain en panne d’inspiration qui se retrouve mélé à un meurtre dans son village d’enfance. Gérald Hustache-Mathieu adapte son deuxième long métrage en série et c’est une réussite. On y retrouve l’ambiance décalée et les personnages de Poupoupidou pour une enquête plus complexe, autour de meurtres rituels et d’un serial killer amateur de peinture, mais surtout l’humour au second degré et le côté parodique qui faisaient le sel de Poupoupidou. Jean-Paul Rouve est parfait en Nestor Burma du Haut Doubs et le reste du casting (India Hair, Firmine Richard, Soliane Moisset… ) est excellent. Malgré ses nombreuses références, littéraires (Le Poulpe, Chandler…), sérielles (Twin Peaks) et cinématographiques (Fargo) , la série reste trés grand public et pourra même plaire aux fans de Capitaine Marleau. A (re)voir toutes affaires cessantessur Arte.
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