A Second Look

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A Second Look

Par Ph.D

 Le 18 août 1969, vers 8h30 du matin, Jimi Hendrix monte sur la scène du festival de Woodstock. Son management a obtenu qu’il en fasse la clôture, mais il a attendu toute la nuit que son tour vienne enfin. Après « 3 jours de musique et de paix » (et de pluie et de débauche hippie), le retard s’est accumulé. La foule de 400 000 spectateurs a fondu (il a bien fallu retourner au boulot pour ceux qui en avaient un) et il ne reste que quelques milliers de passionnés pour assister à ce qui devait être le climax du festival. La plupart se sont massés devant et autour de la scène où Hendrix et son nouveau groupe ont pris place. Profitant du bordel ambiant, un étudiant de 22 ans, Arthur Goodman s’est incrusté dans un coin, derrière le bassiste, et a sorti sa caméra Sony qu’il trimballait depuis le début du festival dans un topcase de guitare. Nanti de 4 bobines de films, il a décidé d’immortaliser la prestation du guitariste,  au nez et à la barbe de l’équipe de tournage officielle du festival, dont les musiciens le croient sans doute membre. Ce qu’il fera quasiment in extenso, moyennant quelques coupures pour recharger sa caméra. Un chouette souvenir du festival, dont il ne fera profiter que ses proches. Le film Woodstock, les disques et le DVD officiel du concert d’Hendrix se chargeront, au fil des ans,  d’entretenir la légende de ce concert devenu mythique. L’histoire aurait pu en rester là,  si Goodman n’avait pas fait don des bobines de son film à la succession d’Hendrix,  et si celle-ci n’avait pas décidé de le numériser, de le remixer et de le publier sur Youtube, il y a quelques jours, sous le titre « Live at Woodstock A Second Look« ,  pour marquer le 57e anniversaire du festival. Transféré en noir et blanc et synchronisé sur la bande son officielle du concert, avec des photos du show pour combler les blancs, le film offre effectivement « un deuxième regard » sur la prestation d’Hendrix : celui d’un vrai cinéaste qui s’attache presqu’autant à filmer les musiciens qu’à retranscrire l’ambiance du festival,  avec un public dont les regards trahissent la sidération, mais aussi la fatigue. Compte tenu des conditions de tournage, le résultat est extraordinaire : on a vraiment l’impression d’être sur scène avec Jimi Hendrix alors au sommet de son génie guitaristique. Le noir et blanc donne à ces images la patine d’un film d’auteur et pare la prestation d’Hendrix d’une aura historique. C’est peu dire qu’on n’en attendait pas tant d’un petit film amateur, resté sur les étagères de son auteur pendant plus d’un demi-siècle !

By |août 26th, 2026|Categories: Cinéma|0 Comments

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