Vanessa Paradis achevait la tournée de son nouvel album “Les Sources”, à l’Opéra de Monaco dans le cadre du Sporting Summer Festival. En grande forme, entourée de 6 musiciens, elle a emballé le public de la salle Garnier (qui affichait complet pour l’occasion), avec un set débuté par ses nouvelles chansons, poursuivi par un long medley de tous ses albums et terminé sur ses plus grands succès, dont l’inaltérable « Joe le Taxi« , chanté en chœur avec la salle. Après un concert soporifique, il y a quelques années au Sporting, on a retrouvé la grande Vanessa des années Gainsbourg/Kravitz : elle n’a pas arrêté de danser, silhouette adolescente et gracile sur laquelle les années ne semblent pas avoir de prise. Dommage que le son ait été aussi mauvais : sans doute pré-réglé pour les grandes salles, à un volume beaucoup trop important pour Garnier, il a gâché les passages les plus musicaux et rendu presqu’inaudibles les paroles des chansons. Heureusement, la générosité de la chanteuse, son talent et sa grâce folle ont fait oublier ce désagrément.
1984 forever
Événement|
Par Ph.D
Six ans jour pour jour après sa création à Anthea Antibes, le 13 mars 2020 ( la veille du premier confinement Covid !), le Collectif 8 a donné la dernière représentation de 1984 au théâtre Francis Gag de Nice. C’est peu dire qu’en 6 ans la pièce n’a rien perdu de son actualité. Entre temps, les réseaux sociaux ont fini d’assoir leur domination sur les esprits, deux guerres majeures se sont déclenchées et la post-vérité s’est généralisée dans l’ex-première démocratie du monde, dont le slogan favori (La Paix par la Force) ressemble à s’y méprendre à celui de Big Brother: La Guerre c’est la paix. Une fureur épique s’est emparée du monde, donnant corps à la vision prophétique de George Orwell et à celle de Gaële Boghossian, planchant 6 ans plus tôt sur une nouvelle adaptation du roman au théâtre. La pièce se concentre sur l’interrogatoire et la rééducation de Winston Smith (Paulo Correia), trahi par son amour pour Julia (Judith Rutkowski). Suspendu au dessus du sol par des câbles électriques, Winston subit un lavage de cerveau en règle, au centre d’un dispositif d’écrans qui recréent le monde rétro futuriste du roman (Big Brother y ressemble beaucoup à Joseph Staline) et permettent de reconstituer en images ses aveux circonstanciés. Un mélange de théâtre, de cinéma et de pantomime que le Collectif 8 porte à des sommets avec cette pièce. Mais plus encore que la forme, très contemporaine, c’est le fond qui impressionne, tant l’adaptation du roman est pertinente. La pensée visionnaire d’Orwell et l’univers totalitaire du roman sont parfaitement restitués. La pièce est une totale réussite.




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