Soudain

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Soudain

Par Ph.D

Le Pitch

Directrice d’un établissement pour personnes âgées, Marie-Lou (Virginie Efira) tente d’y instaurer une philosophie de soins innovante basée sur l’écoute et la dignité des résidents, malgré la réticence d’une partie de ses équipes. Sa rencontre avec Mari (Tao Okamoto), une metteuse en scène japonaise qui se bat contre un cancer, va bouleverser sa trajectoire. En nouant une amitié profonde, les deux femmes engagent ensemble un combat pour “rendre possible l’impossible”.

Ce qu’on en pense

Déjà, le titre est mensonger : Soudain. Il n’y a, en effet, rien de soudain dans le nouveau film du Japonais Hamaguchi Ryusuke (Drive my car, Le Mal n’existe pas). Tout s’y déroule avec une lenteur exaspérante. Tourné en France dans un Ehpad, Soudain documente en 3h15 chrono le quotidien de la directrice, Marie Lou (Virginie Efira), qui essaie d’inculquer les principes d’ humanitude à son personnel réticent. A l’écran, la chose consiste à regarder la personne «humanitudée» dans le blanc des yeux en souriant comme un ravi de la crèche et en parlant d’une voix douce. On peut aussi lui chanter A la claire fontaine. Cela fait, parait-il, des miracles auprès des malades d’Alzheimer… Sur son temps libre, Marie Lou, qui a de l’empathie à revendre au quintal,  recueille un jeune autiste fugueur. Elle fait, grâce à cela,  la rencontre d’une metteuse en scène japonaise cancéreuse au stade 4 (Tao Okamoto). Par chance, Marie Lou  parle couramment le japonais ayant, apprend-t-on,  passé son diplôme d’anthropologie au Japon après avoir assisté à l’agonie de  sa mère dans un établissement hospitalier. Il faut suivre, mais ça se tient. Ensemble, les deux femmes  dissertent des nuits entières de l’influence du capitalisme sur la dénatalité et de la théorie de « Care » (prendre soin). Après quoi, Marie Lou repart vaillamment au combat pour sauver son Ehpad de la faillite et convaincre son personnel de l’efficacité du programme. On assiste aussi (deux fois) à une pièce de théâtre en japonais… Autant dire qu’à Cannes, où le film était en compétition au milieu d’une vingtaine d’autres, il nous a fait l’effet d’une purge. Avec le recul, on lui concède le charme de ses deux actrices (récompensées d’un double prix d’interprétation) et quelques jolies scènes d’amitié amoureuse. Mais les 3h15 de projection nous ont quand même parues longues comme un jour en Ehpad.

By |août 12th, 2026|Categories: Cinéma|0 Comments

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