Plusieurs fois annoncé, toujours repoussé le nouvel album de Michel Polnareff est (Enfin !) sorti .Et – surprise! – on y retrouve Polnareff au sommet de sa flamboyance et de son inspiration la plus échevelée. Composé de 11 plages, l’album s’ouvre et se referme sur des instrumentaux épiques («Phantom» et «Agua Caliente»), comme à l’époque de Polnareff’s (1971). Ils donnent la couleur musicale: résolument baroque ! Trois titres sont déjà connus des fans: «Ophélie Flagrant des lits», «L’Homme en rouge» et «Sumi». Les deux premiers ont été entièrement ré-orchestrés et sonnent beaucoup mieux qu’en version originale.«Sumi», avec son récitatif à la Gainsbourg, est un des sommets de l’album .«Grandis pas», l’une des deux chansons que Polna consacre à son jeune fils, Louka, est un piano-voix classique sur lequel on retrouve avec bonheur la voix du chanteur, sans filtres, ni effets. Elle n’a jamais mieux sonné ! Dans «Longtime» (peut-être la meilleure chanson du disque), Polna se moque de ses pannes d’inspiration. Dans «Terre Happy», il fait parler la Terre pour délivrer un message écologique simpliste. Côté musique, c’est plus Le Roi des fourmis, c’est Le Roi lion! «Dans ta playlist» est une des 3 ou 4 chansons au format classique de l’album. Polna y taquine gentiment Obispo («Si j’existe, c’est d’être dans ta playlist»). À l’arrivée, Enfin! est l’album qu’on n’espérait plus de Michel Polnareff: original, inspiré, décomplexé, musical, d’un culot monstre. Il fournirait la matière d’un super spectacle et peut-être est-ce pour cela qu’il a été conçu. Pour le coup, on espère une tournée !
Michel Polnareff
Enfin !
(Barclay)
Playboys : Rien ne va plus
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Par Ph.D
Rien ne va plus ou tout va bien ? Les Playboys soufflent le chaud et le froid avec la sortie de leur nouvel album enregistré au printemps au Red Box Studio sous la houlette d’Andy Rose, producteur historique des Stranglers ou de Madness. Le jour de la sortie, le plus ancien groupe Niçois (formé en 1979), annonçait en effet le départ de son bassiste historique Franck Durban, faisant craindre la dissolution définitive. Par une sorte de miracle inattendu, les Playboys ont reçu le même jour une offre de service qu’ils ne pouvaient pas refuser : celle de Grégoire Garrigues (Asphalt Jungle, Chris Wilson, Kim Fowley, Tav Falco…), sommité de la scène rock parisienne, qui vient de s’installer sur la Côte et brûlait de rejoindre le groupe. On peut donc légitimement espérer que l’aventure continue pour Les Playboys. En attendant, Rien ne va plus est disponible en vinyle chez Real Cool Trash à Nice ou en commande sur la boutique eBay de leur label Dangerhouse. 14 titres dont 12 originaux qui sonnent comme du pur Playboys, mélange de garage et de yéyé délicieusement vintage. Côté reprises, « Je ne vois rien » des Problèmes et « Rien n’a d’importance » des Sparks font le job, comme « Rien ne va plus » petite pépite co-signée avec Jean-William Thoury de Bijou.
Jack Lalli : Collector’s
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Par la rédaction
Bien connu des Niçois amateurs de rock et de pop, Jack Lalli donne une suite à son premier roman Rock Astoria dans lequel il racontait sa vie de passeur de musique (animateur radio, journaliste, essayiste, collectionneur, chroniqueur…). Dans Collector’s c’est le collectionneur de vinyles qui parle. Il se souvient des virées en conventions et bourses aux disques avec ses potes Phil, Gégé, Ray, Johnny Be Good, Duane, Deborah, Nath et Marlène. De Nice à Marseille, de Paris à Londres, et jusqu’à Milan, à traquer le disque rare voire connu d’eux seuls, ils nous entraînent dans un univers fascinant où se mêlent anecdotes, références musicales, artistes mythiques, groupes oubliés et albums recherchés. Un voyage au coeur de la passion musicale, ponctué de rencontres, d’humour, de souvenirs de concerts et de situations souvent surprenantes. Car si la musique adoucit les moeurs, ce n’est apparemment pas toujours le cas chez les collectionneurs, dont certains sont prêts à tout pour mettre la main sur leur « précieux ». A lire en musique, avec les titres suggérés par les têtes de chapitres.
Joyce Maynard: L’Influenceuse
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Par MAB
Avec « L’influenceuse », l’américaine Joyce Maynard, ne règle pas seulement ses comptes avec les réseaux sociaux : elle démonte, avec une froide ironie, une société où quelques « likes » semblent valoir davantage qu’une vie. Son bref roman, inspiré de plusieurs affaires criminelles – dont celle d’un couple d’influenceurs, Gabrielle Petito et Brian Laundrie- met en scène, en chapitres incisifs, Tammy et Kevin, un jeune couple convaincu que la célébrité se conquiert à coups de selfies, de vidéos léchées et de paysages soigneusement choisis. Leur road trip à travers les États d’Amérique, n’est pas un voyage, c’est une opération de communication. L’amour lui-même – sans le faire car Tammy se déclare PAM (Pas Avant le Mariage ), semble calibré pour les abonnés. Cela ne marche pas fort. Les Followers se font attendre. Assez vite, incompréhension, reproches et frustrations s’installent à bord du camping-car où chacun dort sur sa couchette. Puis Tammy est retrouvée morte dans le désert de l’Utah, Kevin disparaît et Internet s’emballe. En quelques heures, chacun devient détective, juge ou procureur. Les réseaux sociaux, si efficaces pour fabriquer des vedettes d’un jour, excellant à transformer un drame en divertissement collectif. Dans ce court thriller á plusieurs voix– il y a aussi la mère intrusive de Kevin- le personnage le plus troublant est sans doute Roxanne, admiratrice obsessionnelle de Tammy. À travers son regard, Joyce Maynard montre combien la frontière entre intérèt et voyeurisme est tenue. À l’heure des influenceurs, suivre quelqu’un quotidiennement suffit à créer l’illusion d’une intimité. Sous une intrigue apparemment tres simple, nourrie de petites croyances et manies ultra contemporaines, Joyce Maynard livre une satire féroce d’une époque nombriliste où l’on préfère collectionner des abonnés plutôt que des expériences, où l’émotion est mise en scène et où même la mort devient un contenu viral. Le miroir est peu flatteur : les influenceurs ne prospèrent que parce que des millions de spectateurs réclament sans cesse de nouvelles histoires à consommer et transforment chaque tragédie en spectacle. A lire et faire lire á vos ados.
Golden Boy
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Par Ph.D
C’est l’histoire d’un Rastignac des affaires qui débarque dans une ville du sud et s’empare du club de foot, L’Olympique, dont il se sert comme tremplin politique. Autour de lui, le marigot local s’agite : vieux briscards de la politique, truands, journalistes en quête de reconnaissance, policiers à l’affut, procureurs ambitieux, femmes de pouvoir… Comme il est joliment écrit en postface : « Si tous les personnages sont fictifs, il n’est pas toujours possible ni nécessaire d’éviter toute ressemblance« . On croit, effectivement, reconnaitre la plupart des protagonistes. D’autant que l’auteur, ancien journaliste sportif, a longtemps fréquenté les milieux qu’il décrit. Sa plume est restée alerte et ancrée dans la réalité. Avec une matière similaire, certains ont échafaudé des séries, dont les titres reviennent en mémoire (Marseille, La Fièvre…). André Baudin a l’élégance de faire court: 150 pages et tout est dit. Du coup, le bouquin se dévore comme une (bonne) nouvelle.








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