Le 8 janvier 1997, pour fêter ses 50 ans, David Bowie enregistrait pour la BBC un set acoustique de plusieurs chansons. Accompagné de Reeves Gabrels , Mark Plati et de quelques choristes, Bowie revisitait son répertoire en « unplugged », selon la formule à la mode de l’époque. L’album ChangesNowBowie, qui parait quatre ans après sa mort, s’ouvre d’ailleurs par une version de « The Man Who Sold The World » popularisée par l’Unplugged in New York de Nirvana paru en 1994. Mais plus qu’un simple set live acoustique ChangesNowBowie propose des chansons réarrangées, mixées et produites comme pour un album plutôt qu’ un show case. Ce qui fait tout l’intérêt de ce nouveau disque posthume du Thin White Duke. Certains titres sont d’ailleurs plutôt électriques qu’acoustiques, comme le « White Light White Heat » de Lou Reed, sur lequel Reeves Gabrels tord un solo particulièrement énervé. On aime aussi beaucoup la version d’ « Aladdin Sane« , plus dépouillée que celle de l’album éponyme. Encore un album qu’on ira chercher en vinyle chez le disquaire, à la fin du confinement: 9 titres c’est la bonne longueur pour deux faces de 33 T. D’ici là on peut déjà l’écouter sur les plateformes de streaming.
David Bowie
ChangesNowBowie
Date de sortie
17 avril 2020
(9 titres Rhino/ParlophoneO)
Playboys : Rien ne va plus
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Par Ph.D
Rien ne va plus ou tout va bien ? Les Playboys soufflent le chaud et le froid avec la sortie de leur nouvel album enregistré au printemps au Red Box Studio sous la houlette d’Andy Rose, producteur historique des Stranglers ou de Madness. Le jour de la sortie, le plus ancien groupe Niçois (formé en 1979), annonçait en effet le départ de son bassiste historique Franck Durban, faisant craindre la dissolution définitive. Par une sorte de miracle inattendu, les Playboys ont reçu le même jour une offre de service qu’ils ne pouvaient pas refuser : celle de Grégoire Garrigues (Asphalt Jungle, Chris Wilson, Kim Fowley, Tav Falco…), sommité de la scène rock parisienne, qui vient de s’installer sur la Côte et brûlait de rejoindre le groupe. On peut donc légitimement espérer que l’aventure continue pour Les Playboys. En attendant, Rien ne va plus est disponible en vinyle chez Real Cool Trash à Nice ou en commande sur la boutique eBay de leur label Dangerhouse. 14 titres dont 12 originaux qui sonnent comme du pur Playboys, mélange de garage et de yéyé délicieusement vintage. Côté reprises, « Je ne vois rien » des Problèmes et « Rien n’a d’importance » des Sparks font le job, comme « Rien ne va plus » petite pépite co-signée avec Jean-William Thoury de Bijou.
Jack Lalli : Collector’s
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Par la rédaction
Bien connu des Niçois amateurs de rock et de pop, Jack Lalli donne une suite à son premier roman Rock Astoria dans lequel il racontait sa vie de passeur de musique (animateur radio, journaliste, essayiste, collectionneur, chroniqueur…). Dans Collector’s c’est le collectionneur de vinyles qui parle. Il se souvient des virées en conventions et bourses aux disques avec ses potes Phil, Gégé, Ray, Johnny Be Good, Duane, Deborah, Nath et Marlène. De Nice à Marseille, de Paris à Londres, et jusqu’à Milan, à traquer le disque rare voire connu d’eux seuls, ils nous entraînent dans un univers fascinant où se mêlent anecdotes, références musicales, artistes mythiques, groupes oubliés et albums recherchés. Un voyage au coeur de la passion musicale, ponctué de rencontres, d’humour, de souvenirs de concerts et de situations souvent surprenantes. Car si la musique adoucit les moeurs, ce n’est apparemment pas toujours le cas chez les collectionneurs, dont certains sont prêts à tout pour mettre la main sur leur « précieux ». A lire en musique, avec les titres suggérés par les têtes de chapitres.
Joyce Maynard: L’Influenceuse
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Par MAB
Avec « L’influenceuse », l’américaine Joyce Maynard, ne règle pas seulement ses comptes avec les réseaux sociaux : elle démonte, avec une froide ironie, une société où quelques « likes » semblent valoir davantage qu’une vie. Son bref roman, inspiré de plusieurs affaires criminelles – dont celle d’un couple d’influenceurs, Gabrielle Petito et Brian Laundrie- met en scène, en chapitres incisifs, Tammy et Kevin, un jeune couple convaincu que la célébrité se conquiert à coups de selfies, de vidéos léchées et de paysages soigneusement choisis. Leur road trip à travers les États d’Amérique, n’est pas un voyage, c’est une opération de communication. L’amour lui-même – sans le faire car Tammy se déclare PAM (Pas Avant le Mariage ), semble calibré pour les abonnés. Cela ne marche pas fort. Les Followers se font attendre. Assez vite, incompréhension, reproches et frustrations s’installent à bord du camping-car où chacun dort sur sa couchette. Puis Tammy est retrouvée morte dans le désert de l’Utah, Kevin disparaît et Internet s’emballe. En quelques heures, chacun devient détective, juge ou procureur. Les réseaux sociaux, si efficaces pour fabriquer des vedettes d’un jour, excellant à transformer un drame en divertissement collectif. Dans ce court thriller á plusieurs voix– il y a aussi la mère intrusive de Kevin- le personnage le plus troublant est sans doute Roxanne, admiratrice obsessionnelle de Tammy. À travers son regard, Joyce Maynard montre combien la frontière entre intérèt et voyeurisme est tenue. À l’heure des influenceurs, suivre quelqu’un quotidiennement suffit à créer l’illusion d’une intimité. Sous une intrigue apparemment tres simple, nourrie de petites croyances et manies ultra contemporaines, Joyce Maynard livre une satire féroce d’une époque nombriliste où l’on préfère collectionner des abonnés plutôt que des expériences, où l’émotion est mise en scène et où même la mort devient un contenu viral. Le miroir est peu flatteur : les influenceurs ne prospèrent que parce que des millions de spectateurs réclament sans cesse de nouvelles histoires à consommer et transforment chaque tragédie en spectacle. A lire et faire lire á vos ados.






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