Par Ph.D
Prêts pour le bac d’histoire ! Les lycéens qui ont sêché les révisions pour voir des films à Cannes n’auront pas tout à fait perdu leur temps: ils ont pu y voir les biopics de Jean Moulin, du général de Gaulle, un film sur 14-18 et un autre sur la collaboration. Notre Salut d’Emmanuel Marre est de loin notre préféré du lot. Sur le fond comme sur la forme, c’est le film le plus intéressant de la sélection. Ce sera aussi notre favori pour la Palme d’or avec Fjord de Cristian Mungiu et Paper Tiger de James Gray. Les derniers films de la compétition n’ont , en effet pas bouleversé la hiérarchie établie les jours précédents. L’Inconnue d’Arthur Harari est une fable fantastique au scénario malin, mais à la réalisation faiblarde. C’est l’inverse pour Minotaure d’Andrei Zviaguintsev, histoire d’adultère qui tourne au drame sur fond de conscription pour la guerre en Ukraine. Une réalisation solide mais un scénario sans originalité. La Bola Negra des Espagnols Javier Calvo et Javier Ambrossi aurait pu faire la balle, mais cette interminable fresque historique queer, étirée sur trois temporalités, nous a épuisés. Il faudrait offrir des ciseaux à tous les réalisateurs de films de plus de 120 minutes. Quant aux Histoires de la nuit de Léa Mysius, c’est clairement le film de trop de la compétition. Seule la présence au casting de Benoit Magimel, nouveau chéri du festival, semble pouvoir justifier sa présence sur la Croisette. Hélas, il n’y fait même pas un bon méchant dans ce rôle de voyou venu chercher son ex-femme (Hafsa Herzi) dans la ferme où elle se planquait sous une fausse identité avec son nouveau mari (Bastien Bouillon) et leur fille d’une dizaine d’années. Un thriller qui se voudrait psychologique, mais frise le ridicule. Notre Palme d’horreur.





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