Ça vient de sortir

/Ça vient de sortir

Madeleine Collins

ça vient de sortir|

MC Solaar

Par Ph.D

Le pitch

Judith (Virginie Efira) mène une double vie entre la Suisse et la France. D’un côté Abdel (Quim Guttierez), avec qui elle élève une petite fille, de l’autre Melvil (Bruno Salomone), avec qui elle a deux garçons plus âgés. Peu à peu, cet équilibre fragile fait de mensonges, de secrets et d’allers-retours se fissure dangereusement. Prise au piège, Judith choisit la fuite en avant, l’escalade vertigineuse…

Ce qu’on  en pense

Virginie Efira est devenue, avec Lea Seydoux, l’actrice incontournable du cinéma français. Pour le meilleur et pour le pire, avec un risque évident de surexposition. Après Benedetta et avant Bojangles, la voici héroïne du nouveau film d’Antoine Barraud (Daniele Gould, Les Gouffres, Le Dos rouge). L’ histoire d’une femme qui mène une double vie, avec deux familles, dans deux villes et deux pays différents. Un sujet déjà beaucoup traité au cinéma (avec des héros masculins,  il est vrai)  qui n’incite pas, à priori,  à se précipiter en salles.  On aurait pourtant grand tort de bouder Madeleine Collins : un drame à la réalisation hitchcockienne,  surprenant de bout en bout et qui réserve un suspens parfaitement maitrisée.  Rien de vaudevillesque , en effet, dans cette intrigue étonnament crédible,  dont les ressorts dramatiques ne se révèlent qu’en toute fin du film. Une belle surprise et un trés beau rôle de femme pour Virginie Efira. 

Pleasure

ça vient de sortir|

Par Ph.D

Le pitch

Bella (Sofia Kappel), une jeune suédoise de 20 ans arrive à Los Angeles dans le but de faire carrière dans l’industrie du porno. Sa détermination et son ambition la propulsent au sommet d’un monde où le plaisir cède vite la place au risque et à la toxicité…

Ce qu’on en pense

Labellisé Cannes 2020, Pleasure est si réaliste sur les coulisses de l’industrie du porno en Californie qu’on pourrait par moments croire à un documentaire ou à un reportage en immersion avec une aspirante pornstar. Dans le rôle , la débutante Sofia Kappel est incroyable de naturel. Pourtant,  le tournage n’a pas dû être simple. Car s’il n’y a aucune scène de sexe non simulé,  certaines y ressemblent énormément. Celle du tournage d’une scène brutale à trois est particulièrement éprouvante. L’intérêt du film réside dans le regard féminin que porte la réalisatrice suédoise Ninja Thyberg sur ce monde qu’elle avait déjà filmé pour son premier court métrage, également intitulé Pleasure. Son film n’est pas un pamphlet contre le porno, mais il montre cruement la réalité de ces tournages,  durant lesquels aucune actrice n’est forcée certes,  mais où la pression sur elles est permanente pour qu’elles aillent toujours plus loin…

Le Diable n’existe pas

ça vient de sortir|

Par Ph.D

Le pitch

Iran, de nos jours. Heshmat (Ehsan Mirhosseini ) est un mari et un père exemplaire mais nul ne sait où il va tous les matins. Pouya (Kaveh Ahangar), jeune conscrit, ne peut se résoudre à tuer un homme comme on lui ordonne de le faire. Javad (Mohammad Valizadegan), venu demander sa bien-aimée en mariage, est soudain prisonnier d’un dilemme cornélien. Bharam (Mohammad Seddhigimehr) , médecin interdit d’exercer, a enfin décidé de révéler à sa nièce le secret de toute une vie. Ces quatre récits sont inexorablement liés. Dans un régime despotique où la peine de mort existe encore, des hommes et des femmes se battent pour affirmer leur liberté.

Ce qu’on en pense

Tourné dans des conditions difficiles pour échapper à la censure du régime iranien, le nouveau film de Mohammad Rasoulof (Un Homme intègre) est une nouvelle dénonciation du totalitarisme religieux qui étouffe le pays sous une chappe de plomb. Les malheureux héros des quatre histoires qui le constituent ont tous un lourd fardeau de peur et de culpabilité à porter car, à un moment de leur vie, ils ont dû pactiser avec la violence du régime, ce Diable qui, officiellement n’existe pas. Quatre histoires aux ambiances différentes : urbaine pour les deux premières, rurale pour les deux suivantes. Le rythme est lent et ça discute beaucoup (c’est un film iranien) ,  mais cela vaut la peine de s’accrocher car, malgré les difficultés de tournage , l’image est somptueuse, l’interprétation est formidable  et la chute de chaque histoire tombe comme un couperet. Le film a reçu l’Ours d’Or à Berlin, où l’on préfère le grand cinéma politique aux films de genre épate bourgeois.

L

Madres Paralelas

ça vient de sortir|

Par Philippe DUPUY

Le pitch

Deux femmes, Janis et Ana, se rencontrent dans une chambre d’hôpital sur le point d’accoucher. Elles sont toutes les deux célibataires et sont tombées enceintes par accident. Janis (Penelope Cruz), d’âge mûr, n’a aucun regret et durant les heures qui précèdent l’accouchement, elle est folle de joie. Ana (Milena Smit) en revanche, est une adolescente effrayée, pleine de remords et traumatisée. Janis essaie de lui remonter le moral alors qu’elles marchent telles des somnambules dans le couloir de l’hôpital. Les quelques mots qu’elles échangent pendant ces heures vont créer un lien très étroit entre elles, que le hasard se chargera de compliquer d’une manière qui changera leur vie ….

Ce qu’on en pense

De moins en moins flamboyant, mais toujours adepte du mélo,  Pedro Almodovar livre une nouvelle reflexion sur la mémoire, le mensonge, la famille et  la culpabilité,  avec cette histoire d’échange de bébés à la maternité doublée d’une recherche historique sur les crimes du franquisme. Son égerie de toujours, Penelope Cruz,  joue le rôle de Janis, une plus toute jeune femme,  engrossée “à l’insu de son plein gré” par un partenaire occasionnel,  sur lequel elle comptait plutôt pour faire réouvrir une fosse commune,  où nombre d’hommes de son village auraient été jetés durant la guerre civile, après avoir été exécutés par la milice franquiste.  Un “devoir de mémoire” qui s’accommode mal du secret qu’elle porte : son bébé a été échangé avec celui de la jeune femme qui partageait sa chambre à la maternité. Lorsque cette dernière vient lui apprendre qu’elle a perdu le bébé victime d’une mort subite, Janis se trouve devant un choix cornélien : dire la vérité et perdre sa dernière chance d’avoir un enfant, ou garder le silence et trahir ses propres idéaux.  D’une facture très (trop ?) sage, ce nouveau mélo Almodovarien n’atteint certes pas les sommets de sa filmographie. On le situera plutôt dans la lignée de  Julieta sorti en 2016, plusieurs crans en dessous de son vrai-faux autoportrait Douleur et Gloire (2019). On aime surtout le film pour le regard que le cinéaste porte sur ses deux actrices ( Milena Smit, révélation du film, aurait largement mérité de partager le prix d’interprétation de Penelope à Venise) et pour son scénario qui oblige le spectateur, homme ou femme, à se poser la question : qu’aurais-je fait à la place de Janis ?

L

Les Choses humaines

ça vient de sortir|

Par Philippe DUPUY

Le pitch

Etudiant plein d’avenir, Alexandre  (Ben Attal) est accusé par Mila (Suzanne Jouannet) de l’avoir violée lors d’une soirée trop arrosée. Qui est ce jeune homme et qui est cette jeune femme ? Est-il coupable ou est-il innocent ? Est-elle victime ou uniquement dans un désir de vengeance, comme l’affirme l’accusé ? Les deux jeunes protagonistes et leurs proches (Charlotte Gainsbourg, Pierre Arditi, Mathieu Kassovitz…) vont voir leur vie, leurs convictions et leurs certitudes voler en éclat mais… N’y a-t-il qu’une seule vérité ?

Ce qu’on en pense

Auteur de comédies familiales plutot réussies (Ma Femme est une actrice, Ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants,  Mon Chien Stupide…), Yvan Attal s’attaque pour la première fois à un drame avec cette adaptation du roman éponyme de Karine Tuil. L’histoire d’un jeune garçon de bonne famille (Ben Attal, portrait boudeur de sa mère), fils d’un célèbre journaliste de télévision (Pierre Arditi, à la limite de l’auto-parodie) et d’une militante féministe (Charlotte Gainsbourg, toujours parfaite) qui est accusé de viol par la fille de l’amant de sa mère  (Suzanne Jouannet, trés émouvante), juive orthodoxe issue de la classe laborieuse. Un long film-dossier en trois parties (la première est consacrée à l’accusé, la deuxième  à la victime, la troisième au procès) sur un sujet dans l’air du temps,  où s’entrechoquent  classes sociales, religions et sexualité pour une réflexion sur la vérité et le mensonge (lire ici ce que nous en disait le réalisateur lors du festival CinéRoman). Le résultat est mi-chèvre,  mi-chou,  sur le fond comme sur la forme,  avec des scènes trés réussies et émouvantes, d’autres assez ratées et plombantes et un procès qui traine en longueur. L’intérêt réside surtout dans la découverte de deux jeunes comédiens prometteurs : Ben Attal, parfait en jeune produit de la classe dominante,  à la fois dominateur et fragile et Suzanne Jouannet parfaitement crédible en jeune femme humiliée et blessée.

L

SOS Fantômes : L’Héritage

ça vient de sortir|

Par J.V

Le pitch

Une mère célibataire (Carie Coon) et ses deux enfants s’installent dans une petite ville et découvrent peu à peu leur relation avec les chasseurs de fantômes et l’héritage légué par leur grand-père…

Ce qu’on en pense

Révélé avec la comédie romantique  Juno,  Jason Reitman avait le profil idéal pour signer un quatrième volet de la saga à succès des Chasseurs de fantômes initiée dans les années 80 par … son propre père, Yvan Reitman . Une histoire d’héritage familial donc,   qui permet à Reitman junior de multiplier les références et les caméos d’acteurs (et de monstres) des deux premiers films… Quitte à oublier de renouveler la saga et d’y imposer véritablement sa marque. Mais  en jouant à fond la carte de la nostalgie le film vise juste et frappe au coeur les fans de la saga. A voir en famille.

Les Tuche 4

ça vient de sortir|

Par Ph.D

Le pitch

Après avoir démissionné de l’Elysée, Jeff Tuche (Jean-Paul Rouve) et sa petite famille sont heureux de retrouver leur village de Bouzolles. A l’approche des fêtes de fin d’année, Cathy (Isabelle Nanty) demande un unique cadeau : inviter à Bouzolles  sa sœur Maguy (Isabelle Nanty) et son mari Jean-Yves (Michel Blanc),  avec qui Jeff est fâché depuis 10 ans pour une sombre histoire de voiture…

Ce qu’on en pense

Retour à la case départ pour les Tuche qui, après avoir touché le gros lot au loto, vécu leur rêve américain et s’être fait élire à la présidence de la République, retrouvent leurs penates bouzollaises. De quoi couler des jours heureux à ne rien faire… Jusqu’à ce que Cathy se mette en tête de réconcilier Jeff avec son beau frêre Jean-Yves Marteau. Michel Blanc s’est refait pousser la moustache (et la mèche) pour incarner le beauf en question, tandis qu’Isabelle Nanty assure les deux rôles de Cathy et de sa soeur BCBG Maguy.  Ce mini conflit familial débouche, assez étonnament, sur un conte de Noël social dans lequel Jeff Tuche rachète une usine de jouets désaffectée pour s’opposer à l’expansionnisme de l’employeur de Jean-Yves, leader de la vente par internet baptisé Magazone. Olivier Baroux se prendrait-il pour Ken Loach ? On en est encore loin, mais on note un effort louable pour étoffer le scénario de ce 4e volet de la saga Tuche, pour évoluer vers un humour moins comique troupier et pour donner aux personnages un peu plus de profondeur.  Celui de Wilfried, incarné par l’excellent Pierre Lottin est particulièrement mis en valeur  et celui de Mamie Suze (Claire Nadeau) est rendu presque supportable par sa jolie relation avec François Berléand qui, en Pierre Noël, donne au film une note fantastique. Encore un effort et les Tuche vont devenir tout à fait fréquentables !

La Méthode Williams

ça vient de sortir|

Par J.V

Le pitch

Lorsque ses filles Venus et Serena ont eu quatre ans, Richard Williams (Will Smith), qui n’avait aucune expérience dans le sport,  a élaboré un plan de 78 pages décrivant l’entraînement des futures championnes. Depuis, ces deux sœurs font parties des plus grandes joueuses de l’histoire du Tennis…

Ce qu’on en pense

Co-produit par Will Smith qui tient le rôle de Richard Williams, ce biopic signé Reinaldo Marcus Green s’attache à lever le voile sur le mystère de la réussite des soeurs Williams : deux jeunes noires, à priori peu destinées à faire une grande carrière dans le milieu huppé du tennis professionnel et qui y ont réussi au delà de toute espérance. Trés académique la réalisation glorifie les méthodes d’entrainement empiriques du papa-entraineur et son acharnement à transmettre à ses filles des valeurs morales propres à faire d’elles des symboles  pour toute la communauté afro-américaine. Un message très #BlackLivesMatter,   que Will Smith prend un visible plaisir à faire passer à l’écran. Quitte à metre sous le tapis les conflits familiaux et à idéaliser la relation du père Williams avec ses deux filles…

Les Magnetiques

ça vient de sortir|

Par Ph.D

Le pitch

Une petite ville de province au début des années 80. Philippe (Thimotée Robart) vit dans l’ombre de son frère, Jérôme (Joseph Olivennes) , le soleil noir de la bande. Entre la radio pirate qu’ils animent, le garage du père et la menace du service militaire, les deux frères ignorent qu’ils vivent là les derniers feux d’un monde sur le point de disparaître… 

Ce qu’on  en pense

Primé à la Quinzaine des réalisateurs lors du dernier Festival de Cannes, Les Magnétiques est un film rock déguisé en drame naturaliste.  Musical, lyrique, fébrile et mélancolique comme une chanson de Joy Division (“Decades” en B.O),  il nous plonge au coeur des années Mitterrand, synonymes d’espoirs déçus pour toute une génération. Servi par un casting épatant (Timothée Robart , Marie Colomb…), formidablement mis en scène et rythmé par une impeccable BO rock indé,  ce premier long métrage de Vincent Maël Cardona séduit au delà de toute attente.  Les Magnétiques vont vous scotcher !  

Chère Léa

ça vient de sortir|

Par J.V

Le Pitch

Après une nuit arrosée, Jonas (Gregory Montel) décide sur un coup de tête de rendre visite à son ancienne petite amie, Léa (Anaïs Demoustier) , dont il est toujours amoureux. Malgré leur relation encore passionnelle, Léa le rejette. Éperdu, Jonas se rend au café d’en face pour lui écrire une longue lettre, bousculant ainsi sa journée de travail, et suscitant la curiosité du patron du café. La journée ne fait que commencer…

Ce qu’on en pense

Valeur montante du cinéma hexagonal, Grégory Montel reprend son personnage d’amoureux transi de la série Dix pour cent dans le nouveau film de Jérôme Bonnell (La Dame de trèfle, A trois on y va).  Un rôle taillé sur mesure qui débouche sur un joli duo avec Anaïs Demoustier et à une proposition de comédie romantique originale puisque tout se joue dans une seule journée et en grande partie dans la tête du héros, concentré sur la lettre d’amour qu’il est en train d’écrire à sa dulcinée tout en essayant de l’observer par la fenêtre de son appartement. Un petit film plein de charme. 

Van Cauwelaert : Une vraie mère…

ça vient de sortir|

Par MAB

Tout commence au décès de Simone, la mère du narrateur, tuée d’un coup de cercueil aux obsèques de son cancérologue. Avant de pousser son dernier souffle, elle demande deux choses à son fils : continuer à occuper l’appartement niçois et faire rouler sa Renault Fuego version turbo. Il promet et il fait. Relatant dans  Une vraie mère ou presque  les aléas qui suivent. Car Pierre Pikswaert, écrivain célèbre de son état, n’emprunte pas seulement l’automobile chaque fois qu’il vient de Paris pour un salon du livre, mais aussi le permis de sa mère dès qu’il doit perdre des points pour excès de vitesse. « En trois mois, ma mère avait perdu onze points Elle n’avait jamais aussi mal conduit depuis qu’elle était morte ! » Alors que faire, quand un courrier de la préfecture propose à la défunte de s’inscrire à un stage de sensibilisation à la sécurité routière ? Révéler qu’elle est décédée et qu’il y a usurpation d’identité ? Ou accepter la proposition d’une animatrice de maison de retraite, actrice ratée et lectrice fidèle de « jouer Simone »  et d’aller faire le stage à sa place ? Évidemment Pierre va céder à Lucie Castagnol , ouvrant son toit et sa vie à une série de carambouilles plus drôles et étranges les unes que les autres. D’autant que Lucie se prend au jeu et devient plus maternelle, autoritaire et abusive que sa vraie génitrice… Avec cette fable vite lue et sans doute vite écrite, l’écrivain prolifique Didier Van Cauwelaert manifeste une fois encore son sens de l’humour et de l’autodérision. Une fois encore, il se saisit de l’air du temps (voir « L’inconnue du 17 mars » son précédent ouvrage) et des aléas de sa vie d’écrivain, de fils et de compagnon pour dire beaucoup de ses relations à son travail, à lui-même ainsi qu’à ceux qu’il aime et qu’il a aimé. En priorité sa mère, bien entendu. C’est tendre et cocasse. Un petit plaisir.

 

 

Une Femme du monde

ça vient de sortir|

Par J.V

Le pitch

A Strasbourg, Marie (Laure Calamy)  se prostitue depuis 20 ans. Elle a son bout de trottoir, ses habitués, sa liberté. Et un fils, Adrien, 17 ans. Marie veut lui payer des études. Mais pour cela, il lui faut plus d’argent, et vite…

Ce qu’on en pense

Révélée par la série Dix pour cent et sacrée meilleure actrice aux César pour son rôle dans Antoinette dans les Cevennes , Laure Calamy est la principale attraction du  premier long métrage de Cécile Ducrocq Une femme du monde.  L’histoire d’une travailleuse du sexe parfaitement assumée, qui se démène pour assurer l’avenir de son turbulent rejeton. Un rôle que l’actrice endosse avec son tempérament habituel et auquel elle donne beaucoup d’humanité, malgré un scénario qui n’évite pas les facilités et une réalisation trop sage. Pas encore le premier grand rôle dramatique espéré,  mais un nouveau pas dans la bonne direction.

Oranges Sanguines

ça vient de sortir|

Par J.V

Le pitch

Au même moment en France, un couple de retraités surendettés tente de remporter un concours de rock, un ministre est soupçonné de fraude fiscale et une jeune adolescente rencontre un détraqué́ sexuel. Une longue nuit va commencer. Les chiens sont lâchés…

Ce qu’on  en pense

Ovni du dernier Festival de Cannes,  cette comédie trash est l’oeuvre de Jean-Christophe Meurisse,  que les amateurs de théâtre connaissent bien avec sa troupe des Chiens de Navarre et que les cinéphiles ont découvert en 2016 avec Apnée. Avec Oranges Sanguines, Meurisse pousse le curseur du trash encore plus loin,  avec des scènes volontairement dérangeantes. Mais la violence et la provocation ne sont jamais gratuites,  puisqu’elles servent le propos politique du film et permettent à l’auteur de dresser le portrait d’une France meurtrie et en colère,  qui ressemble beaucoup à celle d’Emmanuel Macron. Autour des Chiens de Navarre,  quelques guests de choix  (Denis Podalydès, Blanche Gardin, Vincent Dedienne,  Patrice Laffont) viennent enfoncer le clou d’un film complètement marteau.

Pete Doherty: The Fantasy Life

ça vient de sortir|

Par Ph.D 

Spécialiste des causes perdues, Fréderic Lo réussit avec l’ancien Libertines Peter Doherty le même miracle qu’avec Daniel Darc période Crêve Coeur : ressusciter un artiste sur lequel plus personne ne pariait un kopeck. Avec ce recueil de chansons écrites à quatre mains, on est loin du rock des Libertines, évidemment. Mais la voix déchirée de Doherty fait merveille sur ces petites perles pop ciselées et délicatement orchestrées par l’orfèvre Lo. L’album s’apprécie un peu plus à chaque écoute et pourrait bien finir par figurer tout en haut de la discographie du barde anglais, tiré de sa semi retraite à Etretat.  “De toute beauté” : on n’aurait jamais cru pouvoir écrire ça d’un disque de Pete Doherty. C’est pourtant le cas.

RHCP : Unlimited Love

ça vient de sortir|

Par Ph.D 

Seize ans que les RHCP n’avaient plus enregistré avec leur guitariste originel  John Frusciante !  L’émoi des fans est donc grand (et compréhensible) à la découverte d‘Unlimited Love, leur 12e album,  à quelques semaines d’une tournée mondiale qui passera par le Stade de France à Paris début juillet. Un album copieux (17 titres) et d’une grande qualité musicale. Les guitares sont à la fête (normal) et la basse de Flea sonne comme jamais. Pour les textes,  on n’en dira pas autant, mais bon… On regrette surtout l’absence de hits. Toutes les chansons sonnent familièrement,  mais aucune ne se détache véritablement. On dirait une collection de B sides des albums précédents. Mais vue la pauvreté de la production rock actuelle,  on s’en contentera pour animer nos soirées d’été.