Ça vient de sortir

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Benedetta

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Par Philippe DUPUY

Le pitch

Au 17ème siècle, alors que la peste se propage en Italie, la très jeune Benedetta Carlini (Virginie Efira) rejoint le couvent de Pescia en Toscane. Dès son plus jeune âge, Benedetta est persuadée de porter la parole de Dieu et de pouvoir faire des miracles. Son mysticisme grandissant et ses penchants saphiques finiront par lui attirer les foudres de l’Eglise…

Ce qu’on  en pense

Longtemps considéré comme un faiseur de séries B clippesques (Basic Instinct, Showgirls, Robocop) , Paul Verhoeven bénéficie d’un étonnant révisionnisme critique depuis qu’il est invité en sélection à Cannes. Son avant dernier film, Elle avec Isabelle Huppert, était déjà en compétition et il revient cette année avec Benedetta, un nanar effarant, qui met en scène Virginie Efira en nonne mystique et homosexuelle, faiseuse de miracles autoproclamée, promise au bûcher dans l’Italie hyper catho et pestiférée du 17e siècle. Entre Nonne-Porn ,  farce anticléricale à la Mon curé chez les nudistes au couvent et fable allégorique sur #MeToo et la pandémie réunis, le film s’étire sur plus de deux heures sans parvenir ni à faire rire, ni à choquer, ni à émoustiller, ni à traiter le moindre sujet. Virginie Efira en remontée de The Exorcist se paye quelques scènes gênantes dans lesquelles elle doit hurler avec la voix du Christ et passe le reste du temps à poil à se goder avec une statue de la vierge en bois customisée par sa camarade de jeux (Daphné Patakia). Gode save the gouines ! A la fin, la malheureuse Charlotte Rampling, couverte de bubons,  préfère se jeter dans le bûcher plutôt que de rester dix minutes de plus dans cette farce. On la comprend !

Mandibules

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Par Ph.D

Le pitch

Chargés de transporter une valise en échange de 500 euros (une fortune pour eux),  Jean-Gab (David Marsais)  et Manu (Grégoire Ludig), deux traine-savates, volent une voiture. Dans le coffre, ils trouvent une mouche géante et se mettent en tête de la dresser pour gagner de l’argent avec. Leur mission va prendre de drôles de chemins de traverse…

Ce qu’on  en pense

Après les trés réussis Au Poste et Le Daim, Quentin Dupieux déçoit un peu avec ce road movie burlesque qui louche sur Big Lebowski mais pique plutôt du nez vers Dumb & Dumber.  Grégoire Ludig et David Marsais (du Palmashow) jouent les crétins avec beaucoup de naturel, bien secondés par Adèle Exarchopoulos en sourdingue génante,  mais ça ne suffit pas à donner beaucoup d’intérêt à cette histoire de mouche géante. Le film a beau être court, on s’y ennuie. Un défaut qui pointait déjà son vilain nez dans Le Daim. La formule Dupieux (humour absurde et surréalisme)  commence peut-être à s’épuiser ? 

La Nuée

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Par Ph.D

Le pitch

Difficile pour Virginie (Suliane Brahim) de concilier sa vie d’agricultrice avec celle de mère célibataire. Pour sauver sa ferme de la faillite, elle se lance à corps perdu dans le business des sauterelles comestibles. Mais peu à peu, ses enfants ne la reconnaissent plus : Virginie semble développer un étrange lien obsessionnel avec ses sauterelles…

Ce qu’on  en pense

La Nuée c’est un peu Petit Paysan Vs Les Oiseaux d’Hitchcock : un “film d’horreur paysan” pour lequel Just Philippot,  dont c’est le premier long métrage,  a obtenu le label Cannes 2020 (sélection Semaine de la critique). Une belle promotion pour ce petit film de genre qui décevra sans doute les amateurs d’épouvante (l’invasion se fait attendre et les effets spéciaux sont limités)  mais séduira ceux qui aiment le mélange des genres. Outre qu’il  illustre assez  littéralement l’expression “se saigner aux quatre veines pour son exploitation“, la principale qualité du film est quand même de faire découvrir l’actrice Suliane Brahim, sociétaire de la comédie française, dans son premier grand rôle au cinéma. On espère pas le dernier !

Nevermind: 30th Edition

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Par Ph.D

30 ans déjà que Nirvana cassait la baraque avec Nevermind. Un hold-up planétaire comme on n’en connaitra sans doute plus jamais –  les ventes de disques étant ce qu’elles sont-, pour un groupe à la musique aussi radicale. Le charisme destroy de Kurt Cobain, ses hurlements de chat écorché , le riff et le clip de “Smells Like Teen Spirit”  ont propulsé ce trio trés loin de ses bases underground, avec les dégâts que l’on sait sur le chanteur. Trente ans après, une luxuriante édition anniversaire en 5 CDs, Vinyles et Blu Ray, vient raviver la mémoire des fans de grunge et de rock alternatif. A la réécoute, la musique de Nirvana s’avère toujours aussi puissante et addictive.  Une déflagration de rage adolescente qui a peu d’équivalents dans l’histoire du rock : MC5, Stooges, Sex Pistols… La remastérisation de l’album original n’apporte pas grand chose à la géniale production de Butch Vig. Par contre,  les 4 CD de lives, enregistrés en 91/92 à Tokyo, Melbourne, Del Mar et Amsterdam et le Blu Ray du show d’Amsterdam , justifient pleinement l’achat de l’édition Super Deluxe. Le son est énorme et donne une bonne idée du rouleau compresseur infernal qu’était Nirvana sur scène.

 

Eric Clapton: Lockdown Sessions

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Par Ph.D

Presque 30 ans après son fameux Unplugged vendu à 20 millions d’exemplaires, Eric Clapton a profité de l’annulation de ses concerts (cause Covid)  pour enregistrer un nouvel album acoustique en condition de live avec un trio de musiciens composé de Chris Stainton (claviers), Nathan East (basse) et Steve Gadd (Batterie).  Au programme:  18 titres, dont une étonnante reprise de “Black Magic Woman” de Santana. Le reste de la setlist est plus classiquement blues avec des incontournables du répertoire claptonien (“After Midnight”, “Bell Bottom Blues”, “Key to the Highway”, “Rock Me Baby“) et  trois doublons par rapport à l’album de 1992  ( “Nobody Knows You”, “Layla” et “Tears in Heaven“) mais dans des arrangements sensiblement différents. Du blues de salon, chic, confortable et sans surprise.  Un peu l’équivalent des Coffee Table Books pour l’édition… L’album peut s’envisager comme un prolongement  du Unplugged et pourra être joué à la file sans problème. Par contre, seuls les guitaristes auront intérêt à regarder le DVD (pour piquer des plans de guitare). Malgré la beauté du lieu d’enregistrement (Cowdray House, Sussex),  les images renforcent un peu trop l’impression d’écouter du blues de grands-pères en pantoufles,  jouant pour l’auditoire d’un Ehpad…

 

Bergman Island

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Par L.V

Le pitch

Un couple de cinéastes (Tim Roth et Vicky Krieps) s’installe pour écrire, le temps d’un été, sur l’île suédoise de Fårö, où vécut Bergman. A mesure que leurs scénarios respectifs avancent, et au contact des paysages sauvages de l’île, la frontière entre fiction et réalité se brouille…

Ce qu’on  en pense

En compétition officielle à Cannes pour la première fois,  Mia-Hansen Løve (Maya, LAvenir, Eden, Un amour de jeunesse…)  joue désormais dans la cour des grands avec cet hommage vibrant à Ingmar Bergman qui est aussi une réflexion sur le cinéma et sur le couple. Celui formé par  Tim Roth et Vicky Krieps fait évidemment penser, à celui de la réalisatrice avec son compagnon Olivier Assayas, ce qui ajoute une dimension autobiographique à ce film touchant et profond. Un pur régal cinéphile.

Titane

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Par L.V

Le pitch

Après une série de crimes inexpliqués, un père (Vincent Lindon) retrouve son fils disparu depuis 10 ans…

Ce qu’on  en pense

Choc de Cannes 2021, Titane a divisé la Croisette pour sa présentation en compétition. Le deuxième film de Julia DucournauGrave ) devrait faire de même en salles, avec un Vincent Lindon transfiguré en pompier piqué aux stéroïdes, face à l’inconnue Agathe Rousselle bien dirigée dans un rôle quasi mutique mais magnétique.  Quatre ans après Grave, la cinéaste réaffirme son goût pour le fantastique avec ce film d’un l’esthétisme à la fois envoutant et perturbant, pour public averti. 

Le Discours

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Par Ph.D

Le pitch

Adrien (Benjamin Lavernhe) est coincé. Coincé à un dîner de famillepapa (François Morel) ressort la même anecdote que d’habitude, maman (Guilaine Londez) ressert le sempiternel gigot et Sophie (Julia Piaton), sa soeur, écoute son futur mari comme s’il était Einstein. Alors il attend. Il attend que Sonia (Sara Giraudeau) réponde à son sms, et mette fin à la « pause » qu’elle lui fait subir depuis un mois. Mais elle ne répond pas. Et pour couronner le tout, voilà que Ludo, son futur beau-frère (Kyan Khojandi), lui demande de faire un discours au mariage… Oh putain, il ne l’avait pas vu venir, celle-là ! L’angoisse d’Adrien vire à la panique. Mais si ce discours était finalement la meilleure chose qui puisse lui arriver ?

Ce qu’on  en pense

On adore l’univers absurde des BD de Fabcaro,  mais pour voir le film de Laurent Tirard (Mensonges et trahisons et plus si affinités, Molière, Le Retour du héros…) qui en est adapté, c’est Benjamin Lavernhe qu’il faut vraiment aimer. Le sociétaire de la Comédie Française est de tous les plans et le spectateur ne quitte pas son personnage d’adulescent maladroit,  qui lui parle en s’adressant directement à la caméra. Le procédé n’évite pas tout à fait l’écueil du theâtre filmé dans cette comédie chorale bavarde où Sara Giraudeau, François Morel, Julia Piaton, Guilaine Londez et Kyan Khojandi font tout juste plus que de la figuration. Verdict : Fabcaro, c’est mieux en bandes dessinées. 

Black Widow

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Par L.V

Le pitch

Natasha Romanoff, alias Black Widow (Scarlett Johansson)  voit resurgir la part la plus sombre de son passé pour faire face à une redoutable conspiration liée à sa vie d’autrefois. Poursuivie par une force qui ne reculera devant rien pour l’abattre, Natasha doit renouer avec ses activités d’espionne et avec des liens qui furent brisés, bien avant qu’elle ne rejoigne les Avengers.

Ce qu’on  en pense

Perdue, semble-t-il, pour le cinéma d’auteur (et c’est bien dommage), Scarlett Johansson renfile le costume de Black Widow pour un opus Marvel centré, pour la première fois (et sans doute pas la dernière),  sur son personnage. Problème : la Veuve Noire (Black Widow en VO) est morte, comme plusieurs de ses amis,  dans Avengers : Endgame. Plutôt que de se creuser les méninges pour la ressusciter, les scénaristes ont situé l’action de ce vrai-faux prequel avant sa mort, quelque part entre Civil War et Infinity War. Ce qui est tout à fait plausible,  mais risque de limiter  les possibilités s’il y a plusieurs suites. En attendant, Black Widow, dont le seul super pouvoir est d’être une bonne espionne et une sacrée combattante,  se frite avec un nouveau vilain  en la personne de Dreykov (Ray Winstone),  au look et aux agissements très Harvey Weinsteiniens. Avec un cast aussi féminin (Rachel Weisz et Florence Pugh en renfort)  et une réalisatrice aux manettes (Cate Shortland), on n’allait certainement pas échapper à un film post #MeToo.  Pas de souci en ce qui nous concerne,  sauf que la réalisation, contrairement au casting,  manque singulièrement de pep’s. Black Widow n’est pas le grand Marvel féministe qu’on pouvait espérer.

Death Stranding : Director’s cut

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Par Cédric Coppola

A l’instar de Ghost of Tsushima mi-juillet, Death Stranding est désormais disponible dans une version Director’s cut qui célèbre au passage son portage de la PS4 vers la PS5. En plus des fonctionnalités attendues : 4K, 60 FPS, temps de chargements drastiquement réduits grâce au disque dur SSD, optimisation pour le son 3D… le dernier bébé d’Hideo Kojima bénéficie d’ajouts suffisamment notables pour séduire tous ceux qui n’avaient pas encore gouté à l’aventure de Sam Porter Bridges incarné par le charismatique Norman Reedus. La plupart de ces nouveautés, comme le lanceur de cargaisons, des bottes pour réduire les dégâts en cas de chute ou faire des sauts plus longs ont pour objectif de faciliter le périple. Le Buddy bot, un petit robot permet même de transporter davantage de marchandises. Certains crieront à un processus de casualisation ou parleront d’expérience dénaturée. Or tout cet attirail est facultatif et rien n’empêche les puristes de jouer dans les conditions d’origine. Autre bonne initiative, l’intégration d’un stand pour s’entrainer au maniement des différentes armes et la présence de nouvelles missions, qui sans être inoubliables gonflent la durée de vie. (Sony, jeu testé sur PS5)

 

 

Jeux Sega : Remakes

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Par Cédric Coppola

A défaut de proposer des titres inédits autour de ses célèbres licences tout public, Sega « remasterise » quelques épisodes majeurs. Des opus pas indispensables mais qui promettent quelques heures de détente. A tout seigneur, tout honneur. Sonic revient à toute allure pour revivre son aventure 3D sortie il y a dix ans sur l’illustre Nintendo WII. Une refonte qui en plus de proposer des graphismes en 4K et une animation ultra fluide bénéficie d’une poignée d’ajouts, tel un nouveau mode où il s’agit de faire la course contre la version métal du hérisson. Une aide du compagnon Tails qui permet contre l’échange de précieux jetons de ramener le héros de vie à trépas est aussi de la partie. Le rendu global reste toutefois en retrait des standards actuels puisque les graphismes malgré leur lifting restent assez cubiques. Sans atteindre la vivacité des meilleurs opus, Colours se parcourt sourire aux lèvres et trouve un minimum d’originalité grâce à la présence des Wisps, ces petites créatures qui permettent à Sonic de bénéficier de capacités très utiles. Quelques problèmes de caméra sont toujours présents, mais dans l’ensemble, on prend du plaisir devant la variété des situations rencontrées. Amusant.

Super Monkey Ball : Banania Mania est une compilation regroupant les trois premiers jeux de la franchise, qui célèbre cette année son 20e anniversaire. Au total ce sont plus de 300 niveaux qui s’offrent aux amoureux d’adresse et de vitesse. Le concept est simple : coincé dans une bulle, un petit singe doit ramasser les bananes situées sur un circuit et atteindre l’arrivée le plus rapidement possible. Forcément, les choses se corsent rapidement et seuls les plus agiles arriveront à réaliser un 100 % sur l’ensemble des parcours. Mode histoire, séquences animées, Banana mania est on ne peut plus complet. A noter que cette réédition permet de diriger d’autres personnages chers à Sega tel Sonic et de jouer jusqu’à 4 en simultané. Le tout est complété de 12 mini jeux, où les singes s’amusent par exemple au foot au baseball ou au bowling. Ambiance assurée pour ce titre addictif, qui traverse le temps sans prendre de rides. (Sega, jeux testé sur PS5)

 

 

 

Passion simple

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Le pitch

Mère célibataire et professeur de littérature, Hélène (Laetitia Dosch) tombe éperdument amoureuse d’un homme plus jeune qu’elle (Serguei Polunin). Une passion  si dévorante qu’elle va occuper toute sa vie :  “À partir du mois de septembre l’année dernière, je n’ai plus rien fait d’autre qu’attendre un homme : qu’il me téléphone et qu’il vienne chez moi. Tout de lui m’a été précieux, ses yeux, sa bouche, son sexe, ses souvenirs d’enfant, sa voix…

Ce qu’on en pense

Danielle Arbid (Beyrouth Hotel, Peur de rien) adapte à l’os le roman d’Annie Ernaux en mettant en scène Laetitia Dosch dans le rôle d’une femme éperdument amoureuse d’un bel et sombre agent de sécurité Russe, plus jeune qu’elle et marié,  qui la tient à distance et lui échappe sans cesse. Emaillé de scènes de sexe assez hot, le film tient sur la performance de Laetitia Dosch qui est de tous les plans et donne à son personnage toute la passion et la fragilité de l’héroïne du roman autobiographique d’Annie Ernaux. La mise en scène épurée de Danielle Arbid, s’en tient strictement au programme énoncé par le titre et fait ressentir presque physiquement au spectateur ce qu’est l’addiction amoureuse. Magnifique.

Mohamed Mbougar Sarr : Goncourt 2021

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Par MAB

Prix Goncourt 2021, Mohamed Mbougar Sarr  succède à Hervé Le Tellier et son « L’Anomalie ». Une surprise? Pas vraiment, puisque ce jeune auteur né au Sénégal en 1990, (31 ans! ) faisait figure de favori. Sélectionné pratiquement pour tous les prix d’Automne. Alors pour cette chronique, on a fouillé dans les livres reçus durant l’été: Pas de  La plus secrète mémoire des hommes  dans la rangée des Éditions Philippe Rey (petit Editeur, en grande majorité de Joyce Carol Oates ). Difficile de le trouver en librairie. Rupture de stocks un peu partout. Réapprovisionnement dans quelques jours avec le bandeau rouge « Goncourt » ».  Il paraît d’ailleurs qu’à Dakar, on s’arrache l’ouvrage. Pour que ces lignes existent à chaud, Il a donc fallu batailler pour se procurer cette oeuvre de 450 pages dont on craignait un peu la cerebralité. Mais c’est fait, lu et approuvé. Un livre prenant et surprenant. Une langue étonnamment riche et variée pour dire  essentiellement et superbement l’amour de la littérature, et le goût de la vie : le narrateur étant un jeune écrivain sénégalais en quête d’un illustre prédécesseur, surnommé « Le Rimbaud nègre »  et disparu mystérieusement des décennies auparavant. Cette recherche est, alors, le fil rouge d’un récit labyrinthique qui se balade d’une époque tourmentée à  une autre. De la colonisation à la décolonisation en passant par la Shoah. Et de sa propre culture à celle de l’autre.  Et cela, en mêlant tous les styles, tous les genres et toutes les références : le recit, le journal intime, les lettres et témoignages ainsi que la citation de nombreux auteurs admirés… Un peu exigeant voire déroutant par moment. Mais une verve, une liberté de ton , un engagement, des connaissances et un talent tellement  vivifiants !  Ce prix prestigieux est un formidable coup de pouce à la jeune litterature francophone.

Lana Del Rey : Blue Banisters

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Par Ph.D

On le sait depuis quelques albums, même les fans transis de Lana Del Rey (dont nous sommes) doivent d’abord surmonter un sentiment de légère déception à l’écoute des nouvelles chansons de la chanteuse américaine. Mêmes mélopées rêveuses, même ambiance mélancolique, mêmes thèmes…  Ses disques se suivent et se ressemblent. Ce sentiment est d’autant plus pregnant quand le nouvel opus arrive quelques mois à peine après le précédent,  comme c’est le cas pour Blue Banisters,  et qu’il semble à priori n’être qu’un disque de bonus, composé de chansons écartées du premier justement parce que trop ressemblantes. Il faut un certain nombre d’écoutes attentives pour s’apercevoir qu’il n’en est rien. Certes Blue Banisters est un disque compagnon de Chemtrails over the Country Club, qui accentue encore le virage intimiste des chansons de Lana,  en privilégiant le piano-voix. Mais s’il ne contient aucun tube évident, toutes les chansons sont intéressantes et la voix de la chanteuse est encore plus mise en valeur par les arrangements dépouillés. Surtout, une fois qu’elles sont devenues familières,  les chansons deviennent aussi indispensables que celles des albums précédents et forment avec elles un corpus qu’on ne se lasse pas d’écouter et qui constitue une partie de la bande son de l’époque. On aime particulièrement “Text Book“, “Blue Banisters“, “Arcadia” “Nectar of the Gods“,  “Living Legend” et  “Sweet Carolina“. Mais s’il y a une chanson par laquelle on conseille de commencer l’écoute de l’album c’est  avec “Dealer. Sur un rythme faussement indolent,  Lana introduit la chanson d’une voix à peine reconnaissable,  avant de monter dans les aigus et dans les tours comme jamais. Au deuxième couplet, elle s’énerve contre son dealer qui “ne répond jamais au téléphone” et ne “donne rien en retour” de “tout l’argent” qu’elle lui laisse. Un peu comme son père,  aux abonnés absents lui-aussi  ( “Plus à la maison depuis des années“). Quand elle conclut dans un soupir  “Toutes les lignes sont occupées, tu planes“, difficile de ne pas faire pareil. Bref, oubliez tout ce qui précède et retenez ceci : Blue Banisters est encore un grand disque de Lana Del Rey. Le septième de rang.

 

Médecin de nuit

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Par LV

Le pitch

Mikaël (Vincent Macaigne) est médecin de nuit. Il soigne des patients de quartiers difficiles, mais aussi ceux que personne ne veut voir : les toxicomanes. Tiraillé entre sa femme et sa maîtresse, entraîné par son cousin pharmacien dans un dangereux trafic de fausses ordonnances de Subutex, sa vie est un chaos. Mikaël n’a plus le choix : cette nuit, il doit reprendre son destin en main.

Ce qu’on  en pense

Un pur film de genre, signé Elie Wajeman (Alyah,  Les Anarchistes, Le Bureau des légendes) avec Vincent Macaigne dans un premier rôle très éloigné de ses compositions habituelles de trentenaire paumé et lunaire et qui offre à Pio Marmaï et Sara Giraudeau des seconds rôles intéressants. Rythmé et maîtrisé de bout en bout  : une réussite.