Ça vient de sortir

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Fairy Tail

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Par Cédric Coppola

 

S’il n’est pas le manga le plus connu dans l’hexagone, « Fairy Tail » jouit d’une belle réputation. Fort de 63 tomes publiés entre 2006 et 2017, l’œuvre d’Hiro Mashima a aussi été adapté en série animée et en OAV…. Ainsi qu’en jeu vidéo sur différents portables comme la PSP ou les Smartphones. Cette nouvelle incursion vidéoludique marque donc un tournant, puisqu’il s’agit d’un jeu d’aventures à parcourir sur les consoles de salon PS4 et Switch ainsi que sur PC. De quoi donc, ravir les fans. D’ailleurs le jeu édité par Koei Tecmo s’adresse principalement à ces derniers, puisque l’action ne débute pas au milieu du manga mais dans sa seconde moitié, depuis l’Ile de Tenro jusqu’à l’arc consacré à Tataros. Dommage pour les néophytes tant l’occasion était belle pour faire découvrir la licence à une nouvelle génération de gamers, qui devront se mettre à jour avant de commencer le périple des jeunes mages. Plutôt que d’innover, « Fairy Tail » assume son déroulé classique, fait de phases d’exploration et de combats au tour par tour. C’est efficace et le fait de pouvoir choisir parmi une vingtaine de personnages emblématiques apporte de la diversité aux affrontements. Une des thématiques centrales étant l’amitié, voir les héros s’unir pour lancer un combo dévastateur fait toujours son petit effet. Certes, on n’est pas au niveau du monstre « Persona 5 » mais l’ensemble est cohérent et tient en haleine durant près de trente heures, voire plus pour qui souhaite obtenir le score maximum. A noter que certaines missions font plus office de remplissage et sont répétitives. Cependant mieux vaut les remplir pour ne pas se retrouver en position de faiblesse face à quelques ennemis coriaces. Quant à la partie technique, elle assure l’essentiel. Le Cel Shading permet des graphismes colorés et colle à l’esprit originel. On aurait cependant aimé plus de séquences animées pour dynamiser un peu l’ensemble, parfois un peu trop statique lors des phases de dialogues. Enfin, impossible de ne pas mentionner la présence de sous titres en français, ce qui est toujours un plus dans ce genre de production (les voix peuvent être en anglais ou en VO japonaise) ainsi que le côté épique qui se dégage de cette proposition qui sans être un incontournable, a de quoi divertir les adorateurs du royaume de Fiore. (Jeu testé sur Nintendo Switch)

Le Cas Richard Jewell

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Le pitch

En 1996, Richard Jewell (Paul Walter Hauser) fait partie de l’équipe de sécurité des Jeux d’Atlanta lors de l’attentat du Parc du Centenaire. Il est l’un des premiers à alerter de la présence d’une bombe et à sauver des vies. Mais il se retrouve bientôt suspecté d’avoir lui même posé la bombe, passant du statut de héros à celui d’homme le plus détesté des Etats-Unis…

Ce qu’on en pense

Clint Eastwood  fait décidément une fixette sur les “héros ordinaires”. Après le tireur d’élite d’American Sniper (2015), le pilote d’avion émérite de Sully (2016) et les deux  sauveteurs du train de 15h17 pour Paris (2018) , voici donc Le Cas Richard Jewell :  un vigile un peu trop zélé qui, après avoir été présenté comme le héros de l’attentat du parc du centenaire pendant les JO d’Atlanta  en 1996 (2 morts 110 blessés), sera soupçonné par le FBI d’avoir lui-même posé la bombe pour se faire mousser et obtenir un poste dans la police. Le film montre comment Jewell (superbement incarné par Paul Walter Hauser), passionné d’armes à feu à la vocation de policier contrariée,  avait effectivement le profil du parfait “pompier pyromane”. Il était donc logique que le FBI enquête sur lui. Mais les méthodes d’investigation des enquêteurs et surtout la fuite de son nom dans la presse ont transformé la vie du malheureux Jewell et de sa mère (jouée par Kathy Bates) en un véritable enfer. Ce n’est que grâce à l’intervention d’un avocat dur à cuire (Sam Rockwell, excellent) que Jewell parviendra à échapper à la prison,  avant d’être totalement innocenté, quelques années plus tard, par les aveux du vrai poseur de bombe. Avec ce film-dossier bien ficelé, bien dirigé et remarquablement interprêté, Clint Eastwood fait oublier le médiocre 15h17 pour Paris et revient à son meilleur niveau (à 89 ans !),  en fustigeant les abus de pouvoir du FBI et de la presse et en dressant le portrait sensible d’un brave type, victime de sa propre passion pour la loi et l’ordre.  Une métaphore de l’Amérique de Donald Trump ?   

Dark Waters

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Le pitch

Robert Bilott (Mark Ruffalo) est avocat, spécialisé dans la défense des industries chimiques. Lorsqu’il découvre que la campagne de son enfance est empoisonnée par une usine du puissant groupe chimique DuPont, il va risquer sa carrière, sa famille, et même sa propre vie pour faire éclater la vérité… Une histoire vraie.

Ce qu’on en pense

Mark Ruffalo va finir par se faire des ennemis chez les DuPont de Nemours ! Après avoir combattu un des rejetons cinglés de la famille dans Foxcatcher, l’acteur s’attaque à la poule aux œufs d’or de la dynastie pétrochimique US : le Téflon. Un anti-adhésif potentiellement cancérigène, utilisé pour les poêles, les casseroles et les revêtements de sol, qui est au centre d’un des plus grands scandales sanitaires des dernières décennies. Dans le nouveau film de Todd Haynes (Carol, Le Musée des merveilles), Ruffalo incarne l’avocat qui a révélé au monde la dangerosité du Téflon.Un rôle à la Bruce Banner qui ne se transformerait pas en Hulk : celui du jeune associé un peu péquenot d’un gros cabinet d’affaires qui, jouant contre son camp, va mettre au jour, presque fortuitement, un énorme scandale. Au début des années 80, Billot, contacté par un paysan ami de sa grand-mère, Wilbur Tenant (Bill Camp), dont les vaches meurent mystérieusement, accepte de retourner à Parkersburg, un bourg rural, où il a passé son enfance. Tenant est persuadé que l’usine DuPont du patelin déverse des produits toxiques dans la rivière où s’abreuvent ses bêtes. Mais les analyses effectuées par DuPont – plus gros employeur de la région-, ne révèlent rien de toxique. Billot demande qu’on les lui communique. Après plusieurs relances, l’industriel s’exécute de mauvaise grâce et le noie littéralement sous les documents, espérant qu’il se décourage. Erreur : Billot est un besogneux aussi accrocheur que le Téflon est anti-adhésif. Il mettra des années à prouver que les rejets de l’usine, à base de PFOA, étaient effectivement mortels. Le problème, c’est que le PFOA n’ a pas contaminé que les vaches de Wilbur Tenant. Comme il entre dans la fabrication du Téflon, 98 % de la population occidentale est ou a été en contact avec le produit ! Avec Dark Waters, Todd Haynes qu’on n’attendait pas sur ce registre, signe un film dossier passionnant dans la lignée de Spotlight, d’Erin Brokovich ou de Promised Land. A voir absolument.

Un Divan à Tunis

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Le pitch

Après avoir exercé en France, Selma (Golshifteh Farahani), 35 ans, ouvre son cabinet de psychanalyse dans une banlieue populaire de Tunis. Au lendemain de la Révolution, la demande s’avère importante dans ce pays « schizophrène ». Mais entre ceux qui prennent Freud et sa barbe pour un frère musulman et ceux qui confondent séances tarifées avec « prestations tarifées », les débuts du cabinet sont mouvementés…

Ce qu’on en pense

On jurerait qu’il y a du vécu autobiographique dans cette histoire de psy qui retourne exercer au pays et se confronte à une culture où « tout le monde parle mais personne n’écoute ». Le rêve pour une psychanalyste ! La merveilleuse Golshifteh Farahani (ça fait longtemps qu’on en est amoureux, mais là c’est définitif), pieds nus dans ses sandales, cheveux dans les yeux et clope au bec, prête son air de petite chèvre butée à l’héroïne de cette fable sociale, sucrée comme un thé à la menthe. Contre toute attente, la thérapie qu’elle propose à ses patients (quelle galerie !) est bonne. Et même excellente : on en sort le sourire aux lèvres et le cœur plus léger. Cette psychanalyse collective de la Tunisie post-Ben Ali fait un bien fou.

Rocket Arena

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Par Cédric Coppola

 

Publié dans la gamme EA Originals, qui met à l’honneur des jeux plus « indépendants », « Rocket Arena » est la dernière petite bombe d’Electronic Arts, destinée à faire un carton. Un titre purement orienté multi dont une des spécificités est d’être le premier jeu de l’éditeur à être Cross Play. Les joueurs de PS4 pouvant donc affronter ceux sur Xbox One ou PC. Une fois son personnage sélectionné, parmi une petite dizaine, avec parité respectée, on se retrouve propulsé dans des arènes en équipe de trois… prêts à en découdre avec un autre trio. Comme on est en droit de s’y attendre, chaque héros dispose de capacités spéciales. A l’aide de roquettes, de boulets de canons et autres joyeusetés tout est bon pour faire grimper la jauge de KO des ennemis, en vue de remporter la mise. Un principe calqué sur « Smash Bros » mais qui fait toujours son petit effet. La jouabilité est instinctive et nerveuse. On a droit à des esquives, à du triple saut… et on peut se propulser en l’air ou grimper sur des murs grâce à ses propres missiles. Plutôt original donc. Le soft étant très coloré (la direction artistique flashy peut néanmoins diviser), il ne se prend pas au sérieux, et c’est tant mieux. Les joutes sont donc assez funs et le mode compétitif en dope l’intensité. Autre bon point, si on n’échappe pas aux microtransactions, celles-ci se limitent aux éléments cosmétiques. Mais que serait un shooter multi sans une variété de modes de jeu ? « Rocket Arena » en compte cinq. En plus du match à mort classique, on note une variante du football, de la protection du territoire, de la chasse au trésor en territoire adverse et des sessions d’entrainement contre l’IA. De quoi se faire la main sur les différents terrains, de qualité homogène. Conclusion, le jeu développé par Final Strike Games a de quoi faire passer des soirées estivales endiablées. Reste toutefois à régler quelques soucis d’équilibrage et de lisibilité pour qu’il s’impose sur la durée. Le choix économique (le titre coûte 30 ou 40 euros selon l’édition choisie) peut aussi peser dans la balance, là où des blockbusters de Battle Royale (genre très en vogue) comme Apex Legends du même éditeur ou Fortnite, proposés en format Free to play possèdent déjà une communauté très implantée. (Jeu testé sur PS4 Pro)

Découverte : Nice Girls

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Elles s’appellent Machine, Felixita, Juniore, Canine ou Hyphen Hyphen. Elles sont chanteuses, musiciennes, performeuses. Ce sont les nouveaux talents musicaux les plus éclatants de la Côte d’Azur. Inout vous les présente.

Canine 

Sous le nom de ce qu’on croyait être un collectif musical féminin se cache en fait Magali Cotta, une Niçoise passée par le conservatoire de Paris,  fan de Nina Simone et de musiques de films,  convertie à l’electro.  Centrée sur le chant choral, enveloppé de boucles electro et de rideaux de cordes, la musique de Canine évoque par certains côtés Hyphen Hyphen,  Sia, Mylène Farmer  ou encore Enya avec ses envolées de cathédrales. Son premier album  Dune a séduit la critique qui en a fait la nouvelle Christine and the Queens. Un beau concert à Anthéa Antibes a confirmé tout le bien qu’on pensait de Canine.

Machine

Révélation du festival  Nice Music Live est le nouveau projet de Mathilde Malaussena, musicienne niçoise  qui marie rock et hip hop avec une énergie et une maîtrise de la scène confondantes. Après avoir fait ses classes dans divers groupes de rock locaux et écumé les pubs du vieux Nice, Mathilde a profité du confinement pour développer son projet solo sous le nom de Machine. Quatre titres autoproduits (et autofilmés) sont déjà sur Youtube. On attend la suite pour la rentrée. Marquée par la découverte précoce d’ Eminem et Rage Against the Machine, Machine nous évoque un mélange de  Chrissie Hynde, PJ Harvey et Mademoiselle K.

Felixita

On lui doit le tube de l’été azuréen : “Nunuages” , une ritournelle acidulée gorgée de soleil accompagnée d’un clip cascadeur tourné à Nice. La jeune niçoise découverte en première patrie de la dernière tournée d’Izia  affirme avoir appris à chanter dans les tribunes du Gym où elle accompagnait ses frangins puis ses petits copains supporters. Déjà présente dans les playlists d’été des plateformes de streaming, on attend avec impatience, à la rentrée, sa reprise féminisée du tube de Jacques Dutronc rebaptisé “J’aime les gars“.

Juniore 

Fille de l’écrivain et prix Nobel Niçois JMG Le Clezio, Anna Jean a fondé Juniore avec une copine du lycée Massena avant de rejoindre à Paris Samy Osta qui l’a aidé à façonner le son délicieusement rétro 60’s du groupe. Deux albums ont établi la popularité de Juniore  qui rayonne désormais bien au delà des frontières régionales et nationales. Les Anglais en sont fous. Nous aussi. 

Hyphen Hyphen 

On ne présente plus Hyphen Hyphen,  dont les concerts endiablés et les deux albums à succès ont établi la réputation dans toute la France et au delà. Portée par la voix puissante de Santa, la musique d’Hyphen Hyphen enflamme toutes les scènes où le groupe se produit. Bien que comptant, comme Juniore, un élément masculin,  Hyphen Hyphen affiche haut et clair sa “féminitude”, dans l’imparable single “Like Boyz” , dont le texte dit le contraire du titre.

Warhammer 40 000: Mechanicus

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Par Cédric Coppola

Au fil des ans, les figurines chères à Games Workshop ont su s’imposer dans l’univers du gaming. Du jeu d’action, du hack’n’slash façon « Diablo », des variantes stratégiques… la franchise s’est essayée à une flopée de styles avec plus ou moins de réussite. Dernier jeu en date « Mechanicus » est un tactical pur et dur, articulé autour de personnages moins emblématiques mais prisés par les fans. Un opus qui arrive sur console plus d’un an après son incursion sur PC. Dans la peau du Tech-Priest Magos Dominus, l’objectif est de remplir une série de missions sur la planète Silva Tenebris, autrefois colonisée, mais dont on ne reçoit plus de contact. Sur place, la menace alien plane… et se tirer d’affaire ne sera pas si simple. Si le pitch semble basique au premier coup d’œil, l’histoire est bien plus complexe. Elle possède différents niveaux de lecture et est longuement développée. Les nombreux personnages rencontrés ont leur motivation, un véritable background et se montrent plutôt bavards, quitte à casser le rythme. A contrario, cela donne un véritable intérêt aux tâches à accomplir. Sur le terrain, il s’agit de se rendre dans des tombes… à l’apparence holographique. Un grand écart qui mélange vestige et technologie plutôt déroutant. Dans les différents couloirs, on déploie ses troupes et atteint des points d’intérêts… On en apprend ainsi plus sur l’univers assez mystérieux avant de s’engager dans des combats au tour par tour, dans l’esprit « X-Com ». On avance donc chacune de ses unités sur une grille pour tenter de surprendre l’adversaire, avant qu’il agisse à son tour. Les capacités actives et passives jouent un rôle primordial. Au fil du temps, on élargit ses compétences et on repart à l’assaut. Classique, mais toujours efficace. Jeu rigoureux, souvent obscur, « Mechanicus » n’est donc pas à mettre entre toutes les mains. L’atmosphère SF possède cependant son propre cachet. Sans être aussi abouti que « Dawn of war », il s’appuie sur des mécaniques rôdées pour happer l’amateur pendant plusieurs dizaines d’heures, voire plus, vu que certains choix ont de réelles conséquences sur le scénario. (Jeu testé sur PS4 Pro)

La vie invisible d’Euridice Gusmao

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Le pitch

Rio de Janeiro, 1950. Euridice (Carol Duarte) 18 ans, et Guida (Julia Stockler) 20 ans, sont deux soeurs inséparables. Elles vivent chez leurs parents et rêvent, l’une d’une carrière de pianiste, l’autre du grand amour. A cause de leur père, les deux soeurs vont devoir construire leurs vies l’une sans l’autre. Séparées, elles prendront en main leur destin, sans jamais renoncer à se retrouver.

Ce qu’on en pense

Inspiré du roman éponyme de Martha Batalha, paru en 2015, La Vie invisible d’Euridice Gusmao a reçu le Prix Un Certain Regard du festival de Cannes 2019. Une récompense amplement mérité : s’il avait concouru pour la Palme d’or, ce mélo flamboyant, porté par deux  superbes actrices, dans une reconstitution splendide des années 50, aurait eu toutes ses chances. C’est, avec celui de Terrence Malick, le plus beau film qu’on ait vu à Cannes l’an dernier.

Psychedelic Furs: Made of Rain

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(Photo Matthew Reeve)

Des revenants . Comment qualifier autrement un groupe (anglais) dont l’album précédent remonte à … 29 ans ! Pourtant, Made of Rain pourrait avoir été enregistré en 1983. Rien n’a changé depuis Talk, Talk, Talk ou Forever Now. Ce mélange de guitare et de saxophone, cette voix repassée à la poudre à récurer, ces rythmiques lourdes comme un coma opiacé, ces mélodies envoûtantes … Les PsyFurs sont de retour avec un disque aussi beau et indispensable que ses prédécesseurs.  Achetez-le : vous l’écouterez encore dans 29 ans.

 

Fontaines DC : A Hero’s Death

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Trop occupés à pogoter dessus, on avait oublié de chroniquer le premier album de Fontaines DC, Dogrel, paru l’an dernier. Honte à nous ! Le groupe de Dublin est probablement la meilleure chose qui soit arrivée au rock indé depuis… Joy Division ?  Ok, disons  Gang of Four .  Minimum ! Autant dire que l’arrivée d’un deuxième album nous a mis en transe. Et on n’est pas déçu du voyage : A Hero’s Death est encore meilleur que Dogrel. Moins punk, l’effet de surprise en moins,  mais la maturité (déjà !) en plus. Tous les (11) titres cassent la baraque. “Televised Mind”, “I don’t Belong” , “A Lucid Dream”, “Clockwork Orange”Ça castagne ! L’album s’achève sur une  puissante ballade intitulée “No“. Mais on dit “oui” à Fontaines DC. 

 

  • Penny Dreadful

Penny Dreadful : City of Angels

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Le pitch

En 1938, à une époque profondément imprégnée de tensions sociales et politiques, la ville de Los Angeles est bouleversée par un crime effroyable. Le détective Tiago Vega (Daniel Zovatto) et son partenaire Lewis Michener (Nathan Lane) s’embarquent dans une enquête épique. Très vite, Tiago et les siens doivent faire face à de puissantes forces maléfiques qui menacent de les déchirer…

Ce qu’on en pense

A chaque plateforme sa série sur le Los Angeles des années 40: Netflix a son Hollywood, OCS un reboot de Perry Mason et Canal+ ce spin off de Penny Dreadful. Une énième enquête policière sur fond de spéculation immobilière, de corruption politique, de sexe et  d’espionnage . Pas trés original  mais la reconstitution du Los Angeles d’avant guerre est si réussie qu’on s’embarque volontiers sur les basques des deux enquêteurs : un jeune inspecteur chicano qui ressemble à Patrick Cohen (Daniel Zovatto) et un vieux juif chevronné (joué par l’excellent Nathan Lane) qui doivent résoudre ce qui ressemble au meurtre rituel d’une famille entière.  Dès la première scène, John Logan (scénariste star d’Hollywood qui a notamment écrit les derniers James Bond) ajoute au tableau une composante fantastique, histoire de coller à la franchise Penny Dreadful, ouverte en 2014-2015 avec une première saison très réussie dont Eva Green était la vedette. L’enquête est donc parasitée par l’existence d’un démon (incarné par Natalie Dormer) qui cherche à faire basculer le monde dans l’apocalypse en utilisant les hommes (un conseiller municipal, le frère du héros, les nazis…) comme de simples pions. Tout cela fait un peu gloubiboulga (trop de personnages, trop d’intrigues parallèles, trop de genres qui ont du mal à cohabiter, trop d’épisodes inégaux), mais la réalisation rattrape toujours le spectateur par la manche pour lui faire avaler un épisode de plus. On arrive au bout des dix épisodes rincé, mais pas fâché. 

Mafia 2 : Definitive Edition

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Par Cédric Coppola

La série Mafia a la particularité de mettre en scène des personnages différents au gré des épisodes. Mieux elle se permet aussi de naviguer entre les époques. Ainsi le premier opus – dont on attend un remake complet à la fin du mois d’août – se déroule dans les années 1930… et le troisième dans la Nouvelle-Orléans des sixties. Quant à « Mafia 2 », dont 2K vient de sortir le remake, il prend essentiellement place dans la ville fictive d’Empire Bay, en 1945, soit dans la foulée de la seconde guerre mondiale. Si le portage de la PS3 à la PS4 est propre, il est important de signaler qu’il s’agit d’un simple lifting. Certaines textures font donc datées et la jouabilité est assez rigide comparée aux standards actuels. On retient cependant l’effort fourni sur les effets de lumière et la direction artistique, vraiment réussie. Il n’est donc pas difficile, surtout pour l’amateur du genre de se plonger dans ce récit fortement inspiré des classiques de Martin Scorsese. Le personnage principal, Vito étant en quête de rédemption et doit affronter en plus de ses ennemis son passé et les errements d’un de ses amis. Présenté comme un jeu en monde ouvert, « Mafia 2 » n’en est pas vraiment un, dans la mesure, où si l’on peut se promener comme bon nous semble dans Empire Bay, les missions s’enchaînent les unes après les autres d’une manière scriptée. Un défaut ? Pas vraiment tant cela permet de se plonger pleinement dans le scénario, bien cousu et rythmé sans temps mort. On note aussi quelques apartés, comme l’ouverture au cœur du conflit hitlérien ou un flashback en prison… De quoi donner de la profondeur à ce TPS que l’on conseille principalement à ceux qui ne l’avaient pas parcouru lors de sa sortie, il y a dix ans. Déjà ! (Jeu testé sur PS4 Pro)

 

 

Stateless

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Le pitch

Par un concours de circonstances, une jeune australienne atteinte de schizophrénie (Yvonne Strahovski) échoue dans un centre de rétention de réfugiés,  où elle se fait passer pour une touriste allemande afin d’échapper à sa famille qui veut la faire interner. Elle découvre la difficile condition des migrants dans son propre pays…  

Ce qu’on en pense

Dans la veine prolifique d’Unorthodox et de Dans leur regard,  Stateless,  nouvelle mini série Netflix, est basée sur une histoire vraie : celle d’une jeune australienne atteinte de maladie mentale, internée par erreur dans un camp de réfugiés. Le scandale qui  suivit la révélation des faits dans la presse, mit en lumière les conditions de rétention inhumaines des migrants en Australie. Cate Blanchett, dont on connait l’engagement, a coproduit la série et joue dedans le rôle de la dirigeante d’un centre de développement personnel par lequel  passe l’héroïne avant de sombrer dans la schizophrénie, peut-être suite à un viol. Incarnée par Yvonne Strahovski (La Servante Écarlate), la malheureuse Sofie échoue dans un centre de rétention du bush,  qui ressemble plus à une prison de haute sécurité qu’à un centre d’accueil de migrants. On y découvre le quotidien misérable des réfugiés, mais aussi des gardiens et des membres de l’administration, soumis aux diktats d’une politique anti-immigrationniste digne des pires dictatures. Une série coup de poing, superbement réalisée et interprétée. 

Trois étés

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Le pitch

Comme chaque année, Edgar et Marta (Otávio Müller et Gisele Fróes) organisent une grande fête de Noël dans leur luxueuse villa avec leurs riches amis et voisins. Mada (Regina Casé), la gouvernante, et les autres employés de la maison se mettent en quatre pour que la réception soit réussie. Mada voudrait lui parler de son projet de baraque à sandwich, mais son patron semble particulièrement préoccupé

Ce qu’on en pense

Au Brésil, l’été bat son plein en décembre. On fête Noël à la plage, même s’il ne fait pas forcément très beau. L’hiver va d’ailleurs s’inviter prématurément dans la vie des riches patrons de Mada (formidable Regine Casé). En trois étés, leur vie va basculer. Pris dans un scandale financier, le père est arrêté, sa femme et son fils fuient à l’étranger. Mada se retrouve seule en charge de l’immense propriété et du grand-père impotent. Comme d’habitude, elle fera contre mauvaise fortune bon cœur et réussira à tenir la maison à flot, en la louant à des touristes ou en y accueillant un tournage pour payer les salaires… Un Roma brésilien, signé Sandra Kogut, qui dresse un état des lieux décapant de la société brésilienne, avec une bourgeoisie corrompue servie par un petit peuple d’employés dévoués et pleins de ressources. A l’image de la magnifique Mada, dont le grand sourire et les facéties cachent des drames autrement plus terribles qu’un simple revers de fortune…

Rock of Ages 3

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Par Cédric Coppola

Ne cherchez plus le jeu le plus déjanté de cet été, le voilà ! Son nom ? « Rock of Ages 3 »  Sa spécificité ? S’appuyer sur un humour inspiré des Monty Python, essayer de refaire l’histoire et nous propulser dans un tower défense où par exemple des boules de moutons (sic) servent à défoncer les portes de châteaux sauvagement gardés ! Avis aux amateurs de burlesque et de non-sens ! Bien qu’il ne brille pas par sa technique : les graphismes sont sommaires, le design des personnages est particulier et quelques soucis de lisibilité ternissent le tableau, difficile de ne pas être séduit par la fraîcheur de cette proposition signée Giant Monkey Robot et ACE Team. Un habile mélange entre l’arcade pure et dure et le jeu de stratégie. Dans le premier cas, on dirige la grosse boule en essayant comme dans « Monkey Ball » d’arriver à destination. Les pistes sont sinueuses et bourrées de pièges. Eviter les embûches, éviter de déformer ladite boule qui ne roulerait plus droit, conserver le plus d’animaux possibles pour causer un maximum de dégâts à l’adversaire sont le lot de tout conquérant virtuel. Dans le second cas, la mission consiste à contrer différentes vagues d’attaques en plaçant des obstacles. Tours, catapultes, obstacles, rien ne manque… Bien entendu, chaque construction nécessite des points de ressources. Il faut donc calculer au mieux les déviations à imposer aux boules ennemies, pour que ces dernières n’arrivent pas à destination. Les possibilités étant nombreuses, on essaie volontiers de nouvelles stratégies. En sus d’un copieux mode histoire où l’on remonte le temps, en partant d’une époque lointaine, avant la naissance d’un certain J.C, le titre se dote – une première dans la série – d’un éditeur de niveau complet. Les créations peuvent ensuite être partagées en ligne avec la communauté. De quoi laisser libre cours à son imagination et rallonger la durée de vie.

(Jeu testé sur PS4 Pro)