Ça vient de sortir

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Noël: Achetez français !

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Ça n’arrive pas tous les ans (loin de là hélas!),  mais quelques uns des meilleurs disques de l’année sont le fait d’artistes francophones. Raison de plus pour acheter français à Noël. D’autant que plusieurs proposent des éditions Deluxe assorties de bonus… 

Catherine Ringer  chante  Rita Mitsouko 

En septembre 2019, Catherine Ringer remontait sur scène à la Philharmonie de Paris pour interpréter les chansons des Rita Mitsouko dont la réédition remastérisée venait de sortir, inaugurant une tournée qui s’annonçait triomphale. L’épidémie de Covid-19 a obligé la chanteuse et son groupe à l’interrompre prématurément, juste avant un concert très attendu à Monaco. Heureusement,  les shows parisiens ont été enregistrés et filmés et le double CD+ DVD qui en a été tiré sort à point pour égayer les fêtes de fin d’année. Petit train pour tout le monde !  (2 CD+DVD Because)

 

Benjamin Biolay : Grand Prix

Depuis La Superbe (2009) Benjamin Biolay s’est imposé comme le patron de la chanson française. Alors qu’on pouvait penser qu’il venait de publier son chef d’oeuvre,  ses disques suivants n’ont fait que hausser le niveau d’un cran à chaque fois. Grand Prix en mérite un: c’est le meilleur disque français de l’année. ! Il ressort  le 11 décembre enrichi de cinq nouveaux titres qui ne déparent pas la setlist de la première version. Si vous ne l’avez pas acheté à la sortie, vous avez bien fait d’attendre  !   (1 CD Polydor)

 

Jane Birkin : Oh ! Pardon tu dormais

12 ans après son dernier album de titres inédits, Jane Birkin revient avec un nouvel album dont elle a écrit tous les textes et qu’elle a enregistré avec Etienne Daho.  Inspiré d’une pièce de théâtre, écrite il y a plus de 20 ans sur le thème de la rupture,  Oh ! Pardon tu dormais permet à Jane d’aborder frontalement des sujets aussi difficiles que la mort de sa fille Kate (“Cigarettes” et “Ces murs épais)”, la séparation ou le manque d’amour. Les influences musicales vont de Kurt Weill à Gainsbourg en passant par Daho (forcément),  pour un grand disque intime et bouleversant,  qui pourrait être la version Jane de Melody Nelson  (1 CD Barclay)

 

Alain Souchon : Ames Fitfties

Avec, en ouverture, deux des meilleures chansons jamais écrites par Alain Souchon (“Ames Fifties” et “Presque”) Ames Fifties était le meilleur album français de 2019. Il ressort enrichi d’une nouvelle chanson « Jaloux du Soleil » co-écrite avec ses fils Pierre Souchon et Ours , et de plusieurs titres enregistrés en live acoustique  (2 CD Parlophone)

 

Ben Mazué : Paradis

Petit à petit, Ben Mazué nous est devenu indispensable. Dans Paradis, le chanteur Niçois  chronique la fin de son histoire d’amour avec la mère de ses enfants.  L’exil à La Réunion, où la famille s’était installée pour tenter de se ressouder, n’a pas porté les fruits espérés. Retour à la case départ, en solo mais avec un superbe album sous le bras, où ses slams et sa voix délicatement voilée font merveille. Espérons qu’il pourra bientôt venir le jouer à domicile !  (1 CD Columbia)

 

Thomas Dutronc : Frenchy

Sorti en juin,  avec un live stream mémorable depuis l’observatoire de Nice, l’album de reprises jazzy de  Thomas Dutronc  nous a fait l’été. Il s’offre une extension costaude pour les fêtes : 7 nouveaux titres en duo avec  Jane Birkin, Clara Luciani, Etienne Daho, Philippe Katerine, Eddy Mitchell et son père, Jacques, pour une reprise en mode crooners du Petit jardin ( 1 CD Blue Note)

 

Julien Doré : Aimée 

Sorti en septembre, le nouvel album de Julien Doré,  intitulé Aimée (le prénom de sa grand mère) et porté par les singles “La Fièvre” et” Nous“,  réédite le succès du précédent (&). Poésie, romantisme, second degré… Julien Doré a trouvé la formule qui marche :  l’album a été certifié platine en quelques semaines.  En attendant la reprise des concerts qu’il donnera très certainement à guichets fermés,  le chanteur a lancé une tombola solidaire pour les sinistrés de la Vésubie,  où il avait enregistré &Bon esprit !  (1 CD Columbia)

 

 

J.K Rowling : L’Ickabog

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Par MAB

Vous vous demandez quel livre glisser sous le sapin de vos bambins ? Alors, pourquoi pas un J.K Rowling ? Non. Pas un des sept Harry Potter, sortis il y a plus de treize ans. Ils les ont déjà lus et relus et réclament bien assez les produits dérivés de cette saga en or.  Mais plutôt L’Ickabog , la  nouvelle histoire fantastique de la célébrissime romancière anglaise. Et cela pour deux raisons : D’abord vous serez sûr de leur plaire s’ils ont huit ans et plus. Ensuite, vous ferez une bonne action. Dans une démarche solidaire, l’autrice s’étant, en effet, engagée à reverser l’ensemble de ses droits à des associations venant en aide à ceux qui ont le plus souffert de la pandémie. Mais reprenons au commencement. En fait L’Ickabog, existe depuis longtemps. Au départ, il s’agissait d’un conte vite écrit, destiné au seul usage des enfants en bas âge de la créatrice des Harry. Et puis le succès, les années qui passent, les enfants dans l’adolescence… L’IcKabog est délaissé dans les cartons du grenier. Jusqu’à ce que tombe le confinement. Il faut bien s’occuper à la maison. Alors la mère de famille ressort ses notes, les améliore en compagnie de sa progéniture, offre son récit en ligne par épisodes. Ce même ouvrage plaisant et didactique  que Gallimard Jeunesse édite aujourd hui en un beau volume illustré des dessins d’enfants qui ont participé au concours proposé par la prolifique conteuse. Le contenu ? Un récit d’aventure. Deux enfants courageux aux prises avec un despotisme de moins en moins éclairé. Les thèmes de l’amitié et de la famille. Et surtout une façon d’aborder des questions de société qui parlent à tous les âges, notamment celle du pouvoir politique et de ses abus ou encore du rapport entre information et vérité. Bienvenu, non ?

Kingdom Hearts Melody

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Par Cédric Coppola

C’est bien connu, les musiques de RPG Japonais font partie des plus appréciées. Ce n’est pas un hasard tant le genre se prête volontiers à des aventures épiques ponctuées de séquences plus douces, à fort impact émotionnel, qu’il convient de magnifier grâce à la B.O. En partant de ce constat, plusieurs éditeurs ont adapté l’ensemble des thèmes d’une série en jeu de rythme. C’est le cas par exemple avec Sega qui a réalisé les Persona Dancing, mais aussi de Square-Enix qui nous avait gratifié en 2012 de l’entrainant Threatrhythm Final Fantasy sur la regrettée Nintendo 3DS. Aujourd’hui voici que ces derniers remettent le couvert avec un Kingdom Hearts : Melody of Memory, lequel possède de solides arguments pour faire craquer les fans. Pour rappel, Kingdom Hearts raconte l’histoire de Sora et de ses amis qui affrontent une puissance maléfique à travers une flopée d’univers Disney. Un des principaux arguments de la saga est de croiser ces mondes et de faire collaborer beaucoup de têtes connues. Aladdin, Hercule, La Petite sirène, Dingo, Donald… La liste est longue et les retrouver est un véritable plaisir.

Pour transporter cette magie dans un titre musical, l’idée toute simple consiste à faire avancer en 3D Sora et deux de ses amis, sur une partition sur laquelle arrivent différents ennemis. Certains alliés sont imposés en fonction du décor, mais créer ses propres variantes est aussi possible. Une fois lancé, on ne se préoccupe pas des déplacements mais uniquement des coups, en n’oubliant pas de faire sauter le petit héros quand un obstacle vient lui barrer la route. C’est simple à comprendre, mais difficile à maîtriser surtout lorsqu’on monte le curseur de difficulté. Il faut en effet être dans le rythme et composer avec des adversaires qui peuvent arriver à plusieurs. De quoi laisser une belle marge de progression. Petit détail à prendre en compte : les mélodies ne sont pas celles des films de Disney, mais bien de Kingdom Hearts. Elles sont toujours appropriées avec l’atmosphère mais il ne faut pas s’attendre à jouer en écoutant des refrains très connus. Cette donnée prise en compte, on peut se lancer dans l’aventure qui nous fait revivre le périple, en n’oubliant pas d’insérer quelques cinématiques. Montée de niveaux, score à battre, défis à accomplir… C’est extrêmement complet et avec 150 morceaux il y a vraiment de quoi s’amuser. Pour ceux qui en voudraient plus, des modes libres, duel (contre l’IA ou un autre joueur) et coopération sont aussi au programme… De quoi se perfectionner en espérant collecter plus de 800 cartes autour de l’univers. (Jeu testé sur PS4 Pro)

Pink Floyd: DSOT Deluxe

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En 1987, après le départ de Roger Waters et avant celui de Richard Wright, Pink Floyd enregistre A Momentary Lapse Of Reason sous l’impulsion de David Gilmour. L’album connaît un tel succès qu’une tournée débute quelques jours à peine après sa sortie. Elle durera deux ans et réunira 4 millions de fans,  venus voir et écouter le groupe dans un show best of plus grandiose que jamais. Filmé et enregistré par Wayne Isham au Nassau Coliseum de Long Island en août 1988, Delicate Sound of Thunder,  le live paru dans la foulée,  est resté légendaire. Mais les images avaient vieilli et la setlist était incomplète. L’édition 2020 de l’album propose une version restaurée du concert à partir des 100 bobines de négatifs 35 mm originaux et des bandes audio remixées en surround 5.1, avec  8 ou 9 titres supplémentaires selon les versions (2 CD, DVD-BR, 4 CD ou triple vinyle). En cette période de disette de concerts, revoir un show de cette envergure, avec cette qualité de son et d’image, est une expérience qui rappelle le monde d’avant et laisse espérer en celui d’après.

Chambre 2806 : L’affaire DSK

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(Photo Joel Saget/AFP)                                                                                                                     

Par Philippe DUPUY

On ne saura probablement jamais ce qui s’est  réellement passé le 14 mai 2011, dans la suite présidentielle 2806 du Sofitel de New York. Deux thèses s’affrontent toujours : celle de la victime, la femme de chambre guinéenne  Nafissatou Dialo qui affirme avoir été violée par son occupant :  un certain Dominique Strauss Kahn. Et celle de ce dernier, qui a toujours évoqué sans entrer dans les détails une “relation inappropriée” (entendre adultérine) mais consentie. Les quatre épisodes de 50 minutes du documentaire réalisé sur l’affaire par Jali Lespert pour Netflix ne suffiront pas à trancher la question, que la justice américaine s’est empressée d’enterrer sous un non lieu.  Après que la police New Yorkaise ait tout fait pour humilier l’accusé,  le cabinet du procureur a, en effet, estimé que la plaignante avait trop menti dans le passé (à propos de ses fréquentations et pour obtenir son statut de réfugiée, notamment) pour être crédible à la barre d’un tribunal.  DSK a donc été élargi,  sans même avoir eu à s’expliquer publiquement. L’affaire lui a juste coûté sa carrière politique (il était, à l’époque, favori à la présidentielle contre Sarkozy), son mariage avec Anne Sinclair et quelques millions de dollars de “frais du justice”, dont 1,5 million pour acheter le silence de la victime. Silence relatif, puisqu’elle a beaucoup parlé depuis et qu’elle le fait encore longuement devant la caméra de Jalil Lespert.  On y voit une femme plus attirante que sur les photos, mais brisée par l’affaire,  qu’elle ne peut évoquer qu’en réprimant des sanglots. Bien construit, rigoureux, multipliant les témoignages et les sources d’archives sonores et vidéo, le documentaire n’apprendra pas grand chose à ceux qui ont suivi l’affaire en direct. Mais venant après l’affaire Weinstein et le mouvement #MeToo, le portrait qu’il dresse de l’ancien directeur du Fond Monétaire International est sans appel. Celui d’un baiseur compulsif qui ne s’embarrassait pas de scrupules ni de formes pour satisfaire ses besoins sexuels. Qu’il s’agisse d’une intervieweuse imprudente (Tristane Banon, piégée dans un appartement qui lui servait probablement de baisodrome), d’une prostituée du Carlton de Lille (où ses amis locaux organisaient pour lui des parties pas fines que ça),  ou d’une femme de chambre new yorkaise, entreprise à la hussarde dans le couloir de la suite présidentielle. La parole de ses défenseurs de l’époque (avocats ou amis politiques), qui persistent à ne voir en lui qu’un incorrigible Don Juan,  est aujourd’hui strictement inaudible. Même si le casier judiciaire de DSK est resté miraculeusement vierge après deux procédures infamantes (celle de New York et celle de Lille), l’époque l’a jugé et condamné.

Football Manager 2021

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Par Cédric Coppola

En marge de FIFA et de PESFootball Manager s’est imposé comme une référence incontournable pour tous les amateurs de ballon rond. Ici, pas question cependant de diriger des millionnaires en short sur la pelouse… Non l’idée est de nous inviter à prendre part à toutes les décisions autour du carré vert, avec pour seul objectif de faire grandir son club et de le mener jusqu’au sommet. Au fil du temps, la franchise a atteint un tel niveau qu’il est difficile pour les développeurs d’enrichir chaque année leur bébé. Il y a bien entendu la mise à jour des effectifs, mais cela est insuffisant pour contenter les fans et séduire des nouveaux venus, qui seront désarçonnés lors des premières heures en raison de la multitude de choses à gérer via des tableaux « Excel » ultra fournis. Pour faire évoluer la franchise dans le bon sens,  les développeurs avaient introduits il y a deux ans un onglet dans le menu pour mieux définir ses objectifs et avoir une politique cohérente, axée sur le développement des jeunes. L’an dernier, il était surtout question de revoir l’ergonomie en repensant l’interface, qui est désormais plus claire ou de mieux définir ses tactiques lors des avant matchs et l’introduction de petites subtilités, comme les consignes à donner à ses protégés lors des phases sans ballon.  Quid donc de cet opus 2021, qui comme de coutume se présente aussi bien en version Touch (format allégé) que complète pour les puristes ?

Que l’on se rassure, des nouveautés sont bien présentes. Pas de révolution certes, mais des ajustements. Un des plus notable est la refonte du système des conférences de presse qui sont moins schématiques. Les journalistes n’hésitent pas également à venir vous poser quelques questions en cours de match. De la même façon, les discours adressés aux joueurs ou à son staff sont plus variés. On apprécie aussi les réunions lors du mercato pour cibler les postes souhaités. Autant de petits « plus » qui renforcent l’immersion à défaut d’avoir un impact considérable sur les performances, sauf peut-être à haut niveau. Last but not least, le moteur graphique a subi quelques modifications au sujet des lumières et des animations. On remarque en effet un léger mieux, mais le rendu reste sommaire, loin toujours de celui de FIFA. On peut néanmoins suivre le cours des matchs de façon claire. Là est l’essentiel. Pour le reste Football Manager est fidèle à lui-même. C’est-à-dire incontournable pour les managers virtuels. On passe des heures à définir un code de conduite, à papoter avec ses adjoints, à repérer les futures pépites… On négocie les objectifs à remplir pour satisfaire la direction (il ne s’agit pas seulement de gagner mais aussi,  par exemple pour l’OM,  de pratiquer un football offensif), gère son budget… et on étudie scrupuleusement ses futurs adversaires. En toute logique les effectifs sont mis à jour et collent avec la réalité. Seul le Covid avec ses reports de matchs et ses stades vides manque à l’appel ! Celui-ci étant timidement présent avec des budgets de départ amoindris et un calendrier plus serré en début de saison. L’envie donc, d’un retour à la normale. (Jeu testé sur PC)

Goncourt 2020 : L’ Anomalie

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Par MAB

L’Anomalie  en est une, en effet, à plus d’un titre. Déjà dans la façon dont on lui a décerné le prix Goncourt dans un quotidien anormal pour tous. Sans cérémonie chez Drouant. Sans bousculades de presse. Sans émotions. Simplement par une annonce faite sur la plateforme Zoom puisque tout se fait ainsi aujourd’ hui. Mais L’anomalie  vient aussi du fait qu’Hervé Le Tellier son auteur, par ailleurs président de l’Oulipo (Ouvroir de littérature potentielle ) est, lui-même, tout entier possédé par la hantise de l’anormal. Par l’idée que nous vivons, peut-être, dans un monde d’illusion et de simulation. D’où ce roman à nul autre pareil entre thriller, anticipation, ésotérisme et construction façon série télé, nous baladant d’une temporalité à une autre, d’un pays à un autre et de personnage en personnage. L’anomalie , donc. Ses 327 pages vont de la France aux États-Unis en passant par le Nigeria et l’Inde, sur les traces d’un avion inexplicablement atterri au même endroit, après les mêmes énormes turbulences vécues dans l’effroi par les mêmes passagers mais à trois mois d’écart! Si, résumé ainsi, ce n’est pas clair, c’est « normal »! Car Le Tellier met volontairement le lecteur à contribution, lui demandant toute son attention quitte à le faire revenir en arrière, vérifier les dates, les lieux et les personnages en tête de chapitre pour bien suivre et tenter de comprendre. L’ouvrage est donc bourré d’esprit et de malice, mais pas facile. Méticuleux, technique, détaillé, il convoque tueur à gage, physiciens, mathématiciens, consuls, agents du FBI, de la Nasa et l’on en passe. Partant volontairement dans tous les sens en mêlant références littéraires, semblant de sérieux et véritable dérision. Le Tellier étant Oulipien, on songe au Perec de  La vie mode d’emploi  ou encore à Queneau . Voire, plus contemporain à Dan Brown. On ne va pas se mentir: il faut accrocher sa ceinture pour le lire jusqu’au bout. Mais c’est loin d’être peine perdue, vous verrez !

Cheyenne et Lola

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Le pitch
Libérée de prison, Cheyenne (Veerle Baetens) fait des ménages sur les ferries en rêvant de partir en Amazonie. Lola (Charlotte Le Bon) est une ravissante parisienne, égoïste et sans scrupules, qui vient de débarquer dans le Nord pour s’installer avec son amant. Quand Lola tue l’épouse de son amant, Cheyenne, témoin involontaire, sait qu’elle va être accusée du meurtre à cause de son casier. Elle est obligée de demander au caïd de la région de faire disparaître le corps. Une faveur qui va les entraîner dans un très dangereux jeu de dupes…

Ce qu’on en pense

Découverte à CanneSéries, cette nouvelle série française surfe sur la récente vague de succès remportés par les films sociaux, en mélangeant intrigue policière et peinture sociale. Bienvenue dans le Noooord, où la malheureuse Cheyenne (Veerle Baetens, crâne rasée et regard intense) , tout juste sortie de prison pour avoir refusé de dénoncer son mari braqueur, essaie de se réinsérer en faisant des ménages sur les ferries en partance pour l’Angleterre. Pas évident,  quand ses anciennes fréquentations font tout pour la mouiller dans leurs trafics  (de drogue et d’êtres humains) et qu’elle a le malheur de tomber sur une jeune écervelée (Charlotte Le Bon, excellente),  qui la mêle à un meurtre et l’entraîne malgré elle dans une cavale des plus périlleuses. C’est Thelma et Louise sur les Quais de Ouistreham (référence au livre de Florence Aubenas qui a inspiré la partie sociale de la série). La lumière et les décors industriels des Hauts de France font beaucoup pour l’attrait d’une série qui a tendance à en faire un peu trop entre réalisation esthétisante  et dialogues audiardesques, mais s’avère tout de même attachante,  grâce à ses deux actrices vedettes et à un très bon casting de seconds rôles.

The Undoing

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Le pitch
Thérapeute à succès sur le point de publier son premier livre, Grace Sachs (Nicole Kidman) a un mari aimant (Hugh Grant) et un fils qui fréquente une école privée de prestige. Mais soudain, avec une mort violente, un mari qui disparaît et de terribles révélations concernant celui qu’elle pensait connaître, sa vie bascule…

Ce qu’on en pense

Big Little Lies n’en finit plus de faire des émules. Après Little Fires Everywhere où l’on retrouvait Reese Witherspoon dans un rôle assez similaire, voici The Undoing avec une autre des protagonistes de BLL : Nicole Kidman. La star australienne a retrouvé la chevelure flamboyante et le visage lisse de ses 20 ans pour interpréter  Grace Sachs, une thérapeute confrontée aux mensonges de son mari (Hugh Grant), accusé d’avoir assassiné sa maîtresse et aux soupçons de l’inspecteur de police chargé de l’enquête (Edgar Ramirez). Dans un contre emploi parfait, Hugh Grant est l’atout majeur de cette série policière qui traîne un peu en longueur, mais captive quand même jusqu’au bout.

Foenkinos : La Famille Martin

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Par MAB

Panne d’inspiration. David Foenkinos tourne en rond. Bien beau d’être un écrivain à succès, traduit dans plus de quarante langues (« La Délicatesse », « Charlotte », « Le Mystère Henri Pick »). Mais il faut continuer à travailler, trouver de nouvelles idées, écrire encore même si la fiction finit par donner la nausée. Alors une ruse vient à l’esprit de l’écrivain : Et s’il descendait dans la rue et abordait la première personne rencontrée pour en faire le sujet de son livre? Un roman du réel en quelque sorte. Aussitôt pensé, aussitôt fait. Foenkinos – ou plutôt son double- sort de son immeuble du XVII e arrondissement de Paris et tombe sur Madeleine Tricot. La vieille dame est consentante. Elle lui ouvre sa porte et son cœur. Elle qui fut autrefois couturière chez Lagerfeld, lui tisse le récit de sa vie et lui présente sa fille Valérie, professeure d’histoire, mariée à Patrick Martin, agent d’assurance. Ils sont eux-mêmes parents de deux enfants adolescents. D’où le titre, simple et évident « La famille Martin ». Une tribu on ne peut plus banale qui, d’ailleurs, n’en revient pas de devenir la matière d’un roman. Pirandello, souvent cité, montrait des personnages en quête d’auteur. Foenkinos lui fait l’inverse et invente un auteur en quête de personnages. C’était risqué. Cela pouvait sembler vain, artificiel et autocentré. C’est tout le contraire. En manipulant la vraie vie et en lui donnant un coup de pouce romanesque, David Foenkinos ne fait pas le malin. Évoque le travail d’écriture avec autodérision. Respecte ses personnages, soulignant combien chaque individu ordinaire, pourvu qu’il s’écoute et se fasse écouter, cache en lui des ressources qui ne demandaient qu’à être révélées. Combien aussi une des fonctions de la littérature populaire est de réenchanter le réel. C’était le but de « La Famille Martin » et c’est gagné. Rien d’impérissable, peut-être. Pas matière à être adapté à l’écran, cette fois. Mais une bouffée de fraîcheur et d’optimisme. On prend.

WWE 2K Battlegrounds

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Par Cédric Coppola

Suite à une version de son traditionnel WWE en demi-teinte, 2K a décidé de ne pas sortir cette année une nouvelle mouture de son célèbre jeu de catch, probablement pour se concentrer sur la future version PS5 / Xbox Series X… Mais qu’à cela ne tienne, l’éditeur propose WWE 2K Battlegrounds, un titre qui gagne en fun ce qu’il perd en réalisme. Mais si on était gagnant au change ? Il ne suffit que d’une minute pour constater à quel point le bébé de Saber Interactive se prend facilement en main. On cogne, on fait des choppes, monte sur les cordes, déclenche différents coups spéciaux avec une facilité déconcertante. Sans être un monstre de technicité 2K Battlegrounds dispose d’un véritable fond de jeu. En maîtriser toutes les subtilités demande donc  une certaine expérience. Dans sa volonté d’être une sorte de Nba Jam du catch (depuis Nba Playgrounds, également édité par 2K a pris la relève), le jeu assume son esprit Arcade. Le look cartoon est approprié avec des mimiques des superstars (hommes et femmes) réussies et des poings qui s’enflamment à la moindre occasion. On sent aussi l’impact des coups portés. La preuve d’un titre nerveux à l’allure de parfait défouloir. Surtout lorsqu’on y joue à plusieurs. Les modes de jeux sont nombreux. La carrière, racontée par Bande dessinée mérite le détour, et toutes les variantes de combats :  1 vs 1, 2 vs 2, s’échapper d’un ring grillagé en ramassant des objets, des tournois, la traditionnelle mélée ou le dernier en lice remporte la mise… Il y a largement de quoi s’amuser. Tout le symbole d’un titre qui,  à l’image du Catch,  ne se prend pas au sérieux mais fait parler les muscles au moment opportun. Sympa ! (Jeu testé sur PS4 Pro)

Ghostrunner

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Par Cédric Coppola

Une vue FPS, une atmosphère futuriste, un héros charismatique armé d’un sabre, des ennemis munis de flingues… Difficile à première vue de définir ce Ghostrunner. Titre impitoyable mais extrêmement prenant, il met les réflexes à l’épreuve et envoûte autant par son style que par sa musique électro, tout simplement sublime. Premier constat : le titre édité par All In Games et 505 Games est difficile. Il emprunte, en effet, pas mal d’éléments au Die and retry. En résumé on avance, on meurt, on retient de son erreur et on essaie de ne pas la rééditer. Plus facile à dire qu’à faire,  tant il faut agir vite, très vite tout en veillant à ne pas se précipiter. La moindre erreur d’appréciation ou la moindre balle et hop, retour au dernier checkpoint. Et si vous éteignez la console en plein milieu d’un niveau, il faudra le recommencer au lancement. Passé ce premier contact douloureux, le jeu est extrêmement fun.

Dès l’introduction où un mystérieux personnage (l’Architecte) nous demande de le délivrer d’une prison, on découvre une tonne de possibilités. Notre héros peut courir sur des murs, sauter, se propulser sur une courte distance et surtout planer dans les airs en ralentissant le temps quelques secondes pour esquiver une attaque et faire parler sa lame. Quant au grappin, il permet de défier les lois de la gravité. Plus tard des compétences se rajoutent à ce large panel qu’il est nécessaire de maîtriser pour venir à bout du périple. Si Ghostrunner multiplie les séquences de plateforme et d’action, il a la bonne idée de ne pas se limiter à une progression en couloirs. Au contraire, la plupart des joutes se font en arènes semi-ouvertes, différentes approches sont possibles pour essayer de surprendre les ennemis. En plus de doper la durée de vie en misant sur la rejouabilité (comptez une grosse dizaine d’heures pour le premier run), une bonne connaissance de l’environnement permet de se sortir de quelques traquenards. De quoi ravir donc tous les amateurs du genre ainsi que les fans de culture Cyberpunk ! (Jeu testé sur PS4 pro)

Derby Girl

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Le pitch

Lola Bouvier (Chloé Jouannet), star déchue du patinage artistique à l’égo surdimensionné, décide de devenir  la plus grande championne de Roller Derby de tous les temps en intégrant, malgré elle, l’une des plus mauvaises équipes de l’Hexagone : les Cannibal Licornes…

Ce qu’on en pense

Découverte à CanneSéries, cette série girlie est à découvrir gratuitement sur le site de France TV ou sur la nouvelle plateforme Salto si on est abonné. Elle met en scène la fille d’Alexandra Lamy, Chloé Jouannet qui n’a pas volé son hérédité (elle s’était déjà faite remarquer dans les séries Riviera et Infidèle, mais là c’est une révélation comique),  aux côtés d’une bande de jeunes actrices également épatantes. Parodiant allègrement les séries américaines pour ados, Derby Girl envoie du bois dans l’humour trash et le mauvais goût assumé. On suit la résistible ascension de l’héroïne, sorte de Tanya Harding du roller derby, prête à tout pour devenir une championne de la discipline, après s’être faite exclure des championnats du monde de patinage artistique pour avoir coupé les doigts d’une de ses concurrentes avec ses lames de patins. C’est drôle, bien écrit, bien joué et bien réalisé : si on ne savait pas qu’elle est française, on jurerait une série anglaise !  Après l’excellent Parlement, il se confirme que les bonnes séries de France TV sont à voir en ligne plutôt que sur les chaines publiques…

No Man’s Land

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Le Pitch
2014. La vie rangée d’Antoine (Félix Moati) bascule le jour où il croit reconnaître sa sœur (Mélanie Thierry) , qu’il pensait morte, sur une vidéo de combattantes kurdes en Syrie. En partant à sa recherche, il rejoint cette unité de femmes et va voyager avec elles à travers le territoire syrien pour tenter de découvrir la vérité…

Ce qu’on en pense 

Après deux mauvais films sur les combattantes kurdes (Les Filles du soleil et Sœurs d’armes), on pouvait craindre le pire d’une série. Bonne surprise : No Man’s Land est une réussite. Du calibre du Bureau des Légendes ou presque. En plus de nous embarquer auprès d’une unité combattante en Irak, à la recherche de la sœur disparue du héros, la série se déploie en France, en Egypte et en Angleterre, dans l’ombre des agences de renseignements qui œuvrent en secret  pour empêcher les attentats terroristes.  Nous sommes en 2014, Daesh est en pleine expansion. La menace islamiste est partout, mais  Antoine (Félix Moati, excellent) n’en a cure: mortifié d’avoir perdu sa sœur archéologue dans un attentat au Caire, il est persuadé qu’elle n’est pas morte et qu’elle a rejoint les rangs kurdes. Il part en Syrie et se retrouve pris au piège de la guerre. On suit en flash-back le parcours de sa sœur (Mélanie Thierry, parfaite) pour savoir ce qui lui est arrivé.  Contrairement aux deux films précités,No Man’s Land se garde de glamoriser la guerre,  évite les clichés et les analyses géopolitiques à deux balles. La série adopte même par moments le point de vue des jihadistes,  en s’attachant à un trio de jeunes prolos anglais qui ont rejoint Daesh. Superbement écrit (par un trio de scénaristes israéliens),  bien interprêté et réalisé avec un louable souci de réalisme, No Man’s Land est à binger sur Arte + ou à déguster par épisodes sur la chaîne franco-allemande à partir du 26 novembre. 

Ron Wood : Somebody…

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“Il y a quelqu’un la haut qui doit m’aimer” : Ron Wood explique ainsi la bonne fortune qui lui a valu de devenir un Rolling Stones (après avoir joué avec les Faces, Rod Stewart et Jeff Beck, excusez du peu), de réchapper à un cancer des poumons et à diverses addictions. Doté d’un solide tempérament artistique (il peint aussi),  mais instrumentiste limité (à ses débuts avec les Rolling Stones, la comparaison d’avec Mick Taylor qu’il remplaçait a fait hurler nombre de fans), le guitariste à la tête de hibou pouvait difficilement espérer faire pareille carrière. Son tempérament amical et enjoué a sans doute beaucoup fait pour lui attirer les bonnes grâces (et les conserver) de personnages aussi ombrageux  que Mick Jagger ou Jeff Beck.  C’est ce qui transparaît dans ce sympathique portrait filmé signé Mike Figgis, où ses anciens et actuels camarades se répandent en compliments et anecdotes. En bonus,  quelques extraits du concert hommage à Chuck Berry donné l’an dernier au Tivoli Theatre de Wimborne avec Imelda May.