Ça vient de sortir

/Ça vient de sortir

Bir Baskadir

ça vient de sortir|

Par Phil Inout

Le pitch

Aide ménagère à Istambul, Meryem, une fille de la campagne,  est victime d’évanouissements réguliers. Sans autre signe clinique, elle est orientée vers une psychiatre, la trés citadine et bourgeoise docteur Peri. D’abord rétive à se confier à cette femme d’une condition très supérieure à la sienne, la jeune femme va finir lui raconter sa vie… dans les moindres détails ! La patience de la praticienne est mise à rude épreuve par ses interminables digressions…

Ce qu’on en pense

Si quelque esprit facétieux avait eu l’idée de confier une série au réalisateur Turc chouchou de Cannes,  Nuri Bilge Ceylan (palme d’or 2014 pour Winter Sleep), cela aurait pu donner quelque chose comme Bir Baskadir. Une série “Différente“, comme le suggère son titre.  Elle met en scène une flopée de personnages, de conditions et de croyances très différentes, dont les destins vont se croiser et parfois s’opposer, alors qu’ils n’auraient jamais dû se rencontrer. D’un rythme très lent,  avec de longs tunnels de dialogues erratiques, la série nécessite une certaine tolérance au cinéma d’auteur exotique pour s’apprécier pleinement. Mais la qualité de la mise en scène, la beauté de la photographie ,  le jeu des acteurs (tous excellents ), la critique sociale et l’humour sous jacent pourront retenir l’attention d’un public en quête de fictions originales. A preuve, l’étonnant succès de la série dans son pays d’origine, où la thématique et le traitement des différences socio culturelles ont alimenté des débats passionnés. 

Camille de Toledo : Thésée

ça vient de sortir|

Par MAB

Cet homme a eu dans sa vie tumultueuse plusieurs patronymes. A sa naissance en 1976, il se nommait Alexis Mittal, fils d’un producteur de cinéma et d’une journaliste du Nouvel Observateur et petit-fils du patron de Danone, Antoine Riboud. Pour nom de plume, il choisit ensuite, Camille de Toledo et devint l’écrivain essayiste et auteur de BD que le festival d’Angoulême accueillit à plusieurs reprises. Enfin pour se chercher et se dévoiler dans une œuvre remarquable pressentie pour le Goncourt ( et que l’on préfère de loin à « L’Anomalie »), il se masque derrière le nom mythologique de Thésée. Signifiant ainsi qu’il va se confronter à un Minotaure intérieur pour s’ émanciper d’un passé trop lourd et reconstruire un corps et une âme en état avancée de délabrement. Bien évidemment “Thésée, sa vie nouvelle” n’est pas un ouvrage ludique. Il dérange autant qu’il console. A offrir en ces temps festifs ? Pas sûr. Mais, à l’heure de bilans, c’est assurément, la pépite littéraire de l’année 2020. Explications : « Un jour- écrit Camille de Toledo– le corps ne tient plus, la colonne vertébrale s’affaisse, les dents se déchaussent, les nerfs se paralysent. Ce sont les chocs encodés dans la matière qui se réveillent, la mémoire encapsulée des traumas qui cherche à se faire jour » Alors il n’y a d’autre choix que de chercher pourquoi. Il faut d’abord fuir la France, partir se terrer à Berlin (hasard ou coïncidence ? ) puis écouter ce cri du corps, exhumer les blessures – les morts consécutives de son frère, de sa mère et de son père- rouvrir les cartons de photographies et de lettres des ancêtres. Pour enfin démystifier le roman familial : le mensonge entourant la mort de l’aïeul, les changements d’identité, les dits et non dits, les faux semblants du bonheur parental, mais aussi et surtout l’imposture des trente glorieuses et de la modernité…En somme à travers sa vie et celle des siens c’est tout le vingtième siècle mortifère que « Thésée » revisite. De surcroît, l’écriture incantatoire est sublime.

Hyrule Warriors : l’ère du fléau

ça vient de sortir|

Par Cédric Coppola

Croisement entre le muso Dynasty Warriors et le RPG phare ZeldaHyrule Warriors a su séduire les joueurs en 2014 sur WII U, avant de nous convaincre à nouveau lors de ses portages sur New 3ds et Switch. C’est donc en toute logique qu’un nouvel opus voit le jour. Et surprise, celui-ci prend place 100 ans avant les événements de Breath of The Wild. De quoi proposer un jeu d’action intense tout en agrandissant encore un peu le lore et le mythe qui entoure Link. Il faut le préciser, le titre est un spin-off et se démarque des épisodes classiques. Pas d’énigmes d’exploration ou de donjons. Ici le combat est privilégié et se déroule contre un grand nombre d’ennemis. Pour pallier au concept beat’em all qui peut être assez répétitif, le gamer a accès à un grand nombre de personnages. Link, Zelda, Impa, l’archer Revali mais aussi le goron Daruk, la guerrière Gerudo Urbosa ou la Zora Mipha, qui manie la lance comme personne répondent par exemple à l’appel. Tous ont leur propre style et switcher entre eux pour empêcher les troupes ennemies d’avancer ajoute un petit côté tactique très plaisant. Dans la lignée des derniers Warriors,  il est également possible de donner des ordres sur le champ de bataille pour contrer tel ou tel assaut mené par Ganon et ses sbires. Les boss et sous-boss étant bien évidemment au rendez-vous. Porté par la direction artistique de Breath of the wild, le jeu accroche l’œil. Comme ce dernier, des cut-scènes (le doublage français est bel et bien présent) renforcent l’immersion. On apprécie également le nombre de pouvoirs et autres bottes secrètes qui permettent d’enrichir le gameplay, tout en s’inscrivant parfaitement dans l’univers Zelda. Avec sa possibilité de jouer à deux, en coop locale et sa durée de vie solideL’ère du fléau ne manque pas d’atouts. Il pêche en revanche en certaines situations – lorsqu’il y a beaucoup d’effets à l’écran – dans sa fluidité, notamment en mode docké. En portable, le problème est en partie réglé mais la lisibilité, avec le nombre d’informations qui s’affichent à l’écran est forcément un peu moins bonne. Dans tous les cas, l’ensemble reste parfaitement jouable, et c’est l’essentiel… (Jeu testé sur Nintendo Switch, démo disponible sur le Nintendo E-shop)

 

 

Fitness Boxing 2

ça vient de sortir|

Par Cédric Coppola

Si la WII avait ouvert le bal avec sa balance et le jeu Wii Fit, la Switch a dignement pris la relève des jeux de sport à domicile. Dans ce registre on conseillera notamment Ring Fit et son anneau magique qui fait suer autant qu’il amuse lors d’exercices ou le temps d’un périple palpitant ainsi donc que Fitness Boxing, lequel a su séduire grâce à sa faculté d’allier rythme et précision tout en brûlant les calories. Deux ans plus tard, une suite voit logiquement le jour et sans être une révolution améliore la formule. Le but est toujours de prendre un joycon dans chaque main et de suivre les directives de son coach en tapant le bon coup, au bon moment sur des musiques entraînantes. Au niveau de la précision, les uppercuts et jabs semblent mieux répondre que par le passé… mais attention le mouvement du corps et la force de frappe ont un impact sur la réussite des défis. Sans se substituer à un entraînement professionnel, le titre édité par Nintendo permet, tout comme son prédécesseur de se familiariser avec le sport cher à Rocky Balboa, tout en se divertissant à une cadence effrénée. On a donc droit à de véritables sessions de coaching, étalées de 10 à 40 minutes, entièrement personnalisables. Le suivi au quotidien est présent et on peut aussi bien bosser en cardio qu’à niveau plus élevé. Le temps de chaque session augmentant forcément la difficulté. L’autre bon point consiste à choisir les parties du corps à privilégier. Poitrine, ceinture abdominale, les biceps, cuisses, mollets… Complet, donc. Au niveau de la playlist, les développeurs d’Imagineer ont concocté une sélection pop d’une vingtaine de titres. Des versions instrumentales de titres de Bon Jovi, Earth, Wind and fire, Ed Sheeran, Justin Bieber, Village People, Katy Perry y figurent. Parmi les principales nouveautés, la plus marquante est l’arrivée du jeu à deux sur la même console. Pratique pour s’exercer en couple et se motiver mutuellement. Il est également possible de choisir entre trois nouveaux coachs, au look personnalisable. Enfin, dans l’optique d’inviter le sportif casanier à se lever du canapé, on pourra activer une alarme, même quand la console est en veille. D’où un titre qui tient son rang et pourra au choix faire patienter jusqu’à la réouverture des salles de sport ou faire bouger ceux qui n’ont pas le temps ou l’envie de s’y rendre. (Jeu testé sur Nintendo Switch, démo jouable téléchargeable gratuitement sur l’eShop)

 

 

 Dragon Quest XI S

ça vient de sortir|

Par Cédric Coppola

Parcours chaotique pour Dragon Quest XI qui a connu des débuts mouvementés lors de sa première sortie au Japon en 2017 sur 3DS et PS4. Malgré ses qualités, le hit de Square Enix souffrait en effet de problèmes de rythme sur la console de Sony. Souci réparé lorsque le jeu a investi notre territoire l’année suivante, avec une édition Internationale convaincante… avant de s’améliorer encore par la suite lors de sa publication sur Switch. Des ajouts que l’on retrouve désormais sur les opus de salon, dans cette « Edition Ultime ». Ce pur J-RPG vous place aux commandes de l’Elu, un garçon vivant dans un village paisible, qui soudainement prend conscience de son don et de l’ampleur de sa mission. Accompagné d’alliés rencontrés en chemin, il arpente un monde coloré mais peuplé de créatures malveillantes, prend conscience des besoins de la population et se plonge dans de redoutables donjons. Comme dans les classiques de l’époque 8/16 bits, dont la série est issue, les combats se font au tour par tour. Usage d’armes, de pouvoirs, combos… La panoplie est aussi large qu’efficace. La nouveauté la plus visible est la transposition (non obligatoire) de l’aventure en 2D pixelisée. Du rétro à l’état pur. Autre bonne nouvelle : la présence des musiques en format MIDI qui apportent elles aussi un élan nostalgique. Du tout bon, qui montre la volonté de Square Enix de faire le pont entre les époques. Autres bonus de taille, les chapitres post-game ont été réintégrés. Ces derniers permettent d’en savoir plus sur les différents protagonistes, chacun étant au centre d’un périple unique. Quant à la quête Draconienne, elle se réserve aux puristes qui voudraient augmenter un challenge qui n’est pas très relevé à la base, pour peu qu’on prenne soin de farmer à minima et de forger son équipement aux feux de camps. Une très bonne pioche même si la version switch, par son côté portable reste au-dessus du lot. (Testé sur PS5)

 

 

BD : Vernon Subutex

ça vient de sortir|

Par Denis Allard

Faire d’un roman un best-seller, même quand on s’appelle Virginie Despentes, relève souvent de la loterie. Mais cela tient parfois à une seule grande idée : être en phase avec son époque. Vernon Subutex en est la parfaite illustration. Il est le récit de l’inexorable descente sociale d’un ex-disquaire et musicien d’un groupe de rock qui, ayant perdu son job puis son appartement, se retrouve subitement à la rue à Paris. De ce passé rock’n roll, va resurgir d’anciennes connaissances dont Alex Bleach qui, avant d’être foudroyé par le succès et la mort, fera de Subutex son légataire universel. Dès lors, Vernon Subutex va devenir le clochard le plus recherché de la capitale. Fort de ce succès public (1,5 million d’exemplaires vendus), critique (« Virginie Despentes touche au sommet de son art », selon Le Magazine Littéraire) et littéraire (prix Anaïs Nin, prix de la Coupole), le roman (trois tomes) a d’abord été adapté en série sur Canal+.  De là à décliner l’aventure en bande dessinée, il n’y avait qu’un pas… Habilement franchi. Dans cet univers baroque aux couleurs flashy, le trait de Luz et la plume de Despentes font rejaillir à merveille le parcours chaotique de ce héros urbain malgré lui. Le niveau de couleurs, utilisées en bi, tri et quadrichromie selon les planches,  restitue pleinement les personnages hétéroclites qui composent cette histoire et en accentue l’aspect musical et décalé. On éprouve facilement de l’empathie pour le personnage de Vernon Subutex, victime expiatoire des temps modernes mais aussi pour La Hyène, version contemporaine de la chasseuse de primes et reflet antinomique de notre héros. Une Bd passionnante sous bien des aspects qui s’achèvera dans un tome deux à paraître. En attendant, pourquoi pas, une déclinaison de Vernon Subutex en jeu vidéo ? À suivre.

 

Marie Robert : Pénélope

ça vient de sortir|

Par MAB

Et si c’était Pénélope qui avait quitté le port ? Si elle s’était mise en mouvement, sans attendre le retour d’Ulysse à Ithaque? Telle est l’hypothèse envisagée par la professeure de philosophie, essayiste et romancière Marie Robert dans « Le voyage de Pénélope . Une Odyssée de la pensée » qu’elle annonce clairement inspirée d’Homère. Un énième livre de développement personnel sans doute. La méditation, la conscience de soi étant, en effet, des sujets porteurs actuellement. Mais plus que cela. Plutôt un traité d’émancipation par l’exemple et la connaissance des textes antiques. Marie Robert confrontant les problèmes quotidiens d’une héroïne d’aujourd hui  à la pensée reconstructrice des grands philosophes : Platon, Aristote, Epicure, Descartes ou Spinoza… Sa démarche est maligne. Son roman d’une écriture très facile est à la portée de tous. Il devrait se révéler rafraîchissant et thérapeutique pour nos consciences individuelles mal menées.  Pourquoi pas un cadeau à glisser sous le sapin pour celles (et ceux )  qui ont oublié les bienfaits des cours de philo de terminale ? Un mot de l’intrigue :  Pénélope a trente ans. Le couple qu’elle formait avec Victor est fini. Profondément déprimée, la juriste démissionne de ses fonctions, se terre chez elle , devient obsessionnelle d’une propreté écolo à base de vinaigre blanc avant de décider de se barrer  « pour comprendre » ce qui lui arrive. Évidemment, sa destination sera la Grèce et même plus précisément la fameuse île d’Ithaque. Un itinéraire géographique qui lui fera parcourir les chemins historiques de la philosophie, se pencher sur les textes antiques  et la rendra petit à petit à elle-même. « Chaque personne peut utiliser la force de son esprit pour devenir acteur de son existence et du monde qui l’entoure » conclut Marie Robert. Même si sa Pénélope n’est pas toujours convaincante, on ne demande qu’à la croire.

 

Elvis Costello: Hey Clockface

ça vient de sortir|

Par Ph.D

Contrairement à Paul McCartney, avec lequel il a souvent collaboré, Elvis Costello n’a pas fait son disque de confinement tout seul chez lui. Au contraire, il est parti en Islande enregistrer les titres les plus rock et à Paris pour mettre en boite (en deux jours !) neuf titres avec un groupe de jazz. Le résultat pourrait être déséquilibré,  mais ce n’est pas le cas. On regrette quand même un peu qu’il n’ait pas choisi d’explorer plus avant la veine rock de l’excellent  “No Flag” (voir en vidéo la version française, en duo avec Iggy Pop), mais les ballades sont si bonnes que l’album s’écoute en boucle, comme un disque de Noël. Sorti dans cet ordre chronologique,  Hey Clockface trouve exactement sa place entre le nouveau McCartney et le dernier Dylan.

Une si belle famille

ça vient de sortir|

Par Phil Inout

Le pitch

Par un bel après-midi, Sunny et Meja célèbrent leur union dans la campagne suédoise, entourées de leurs proches. Mais on ne choisit pas sa famille… Et quand la situation leur échappe, tous se retrouvent confrontés au meilleur comme au pire.

Ce qu’on en pense

Entre Bergman et 4 mariages et un enterrement, cette mini série suédoise en 4 épisodes ne choisit pas… Et c’est tant mieux ! C’est l’été, deux jolies jeunes filles vont se marier dans la campagne suédoise, la météo, l’église et la maison des parents sont magnifiques. Apparemment,  la seule chose qui pourrait assombrir la fête serait que le papa d’une des mariées arrive en retard à la cérémonie. Mais rien ne va se passer comme prévu, évidemment ! Sans cesse sur le fil entre comédie de mariage, comédie de moeurs et drame familial, la série séduit par le contraste entre une réalisation de soap et un contenu décalé : les mariées sont lesbiennes, la mère de l’une d’elles s’envoie en l’air dans les toilettes avec le père de l’autre, le curé est alcoolo et ne sait pas tenir sa langue, des bébés arrivent où on ne les attendait pas… L’héroïne (Helena Bergström, formidable) raconte son histoire face caméra avec un grand sérieux,  mais en se mordant les lèvres pour ne pas rire. On est ravi d’avoir été témoin des noces du drame familial suédois et de la comédie anglaise ! 

Paul McCartney III

ça vient de sortir|

Par Ph.D

Empêché de tourner par la pandémie, Sir Paul n’est pas resté inactif dans son confinement. Comme il l’a déjà fait par deux fois dans le passé (juste après la séparation d’avec les Beatles pour son premier album solo et en 1980 pour McCartney II), il s’est enfermé dans son home studio et a enregistré une douzaine de chansons qui traînaient dans ses tiroirs, en jouant lui même de tous les instruments. Cela donne un nouvel album pochette surprise,  qui ressemble aux deux précités : cool, buissonnier, acoustique, baladeur. Simple et bio. Onze chansons qui ne vont pas faire tripper les fans de Jul, mais qui raviront les siens. A 78 ans, l’inspiration est toujours miraculeusement au rendez-vous. Le plaisir de jouer et d’enregistrer est intact et ça s’entend. On se le serait volontiers offert en vinyle,  si la pochette n’était pas si moche !

The Dark Pictures Anthology

ça vient de sortir|

Par Cédric Coppola

A l’image de Telltale, Supermassive games s’est spécialisé dans les jeux narratifs. Ils ne s’appuient cependant pas sur des licences connues mais développent des univers horrifiques ou inquiétants comme ce fut le cas sur Until Dawn et Hidden agenda. Sorti le jour d’Halloween Little Hope est, après Man of Medan, le second volet de la saga The Dark Pictures Anthology. Il n’est cependant pas question de se retrouver en mer mais de survivre dans une bourgade en plein brouillard où la sorcellerie fait rage. Si les cinq personnages principaux n’échappent pas à certains clichés, l’essentiel n’est pas là. De toute évidence, les développeurs ont souhaité que les gamers s’identifient facilement à eux et frissonnent à quelques reprises… L’aspect technique souffle aussi le chaud et le froid. D’un côté, le moteur graphique est vieillissant, de l’autre l’aspect cinématographique est vraiment poussé. Il y a beaucoup de références et les plans sont dans l’ensemble bien sentis. En tout cas l’atmosphère est là… et Little Hope procure quelques sensations fortes. Point de vue gameplay, la formule est connue. Peut-être un peu trop… On dirige ses héros, découvre des objets, des indices et surtout on effectue des choix qui ont une influence sur leur devenir. Le savoir-faire de Supermassive Games est évident et le rythme est assez soutenu pour qu’on parcoure une ou deux fois l’aventure, si possible en VOST (la version française étant ratée). On sera par contre en droit de préférer Until Dawn, plus abouti sur beaucoup de points. Espérons donc que le troisième volet de cette Anthology prenne plus de risques. Le potentiel s’y prête. (Jeu testé sur PS4 Pro)

 

 

Les Tuniques Bleues: Nord & Sud

ça vient de sortir|

Par Cédric Coppola

Spécialisé dans les adaptations de Bandes dessinées, Microids s’attaque aux Tuniques Bleues. Une plongée au cœur de la guerre de Sécession en compagnie du sergent Cornélius et du caporal Blutch, toujours prêts quand il faut aller donner une rouste aux sudistes ! Sorti à la fin des années 1980 sur des bécanes comme l’Atari ST, le jeu alors développé par Infogrames, a su séduire les amateurs de stratégie. L’idée étant de choisir un camp puis de déplacer ses protégés sur les Etats-Unis pour conquérir des territoires. De l’autre côté l’adversaire fait de même… et quand les chemins se croisent la guerre éclate. Pour compliquer le tout des Indiens ou un orage menaçant s’invitent à la fête. Dans les faits, la partie action se découpe en trois phases : la guerre où les soldats s’affrontent (à pied, à cheval et derrière un canon), une attaque du train et un assaut du fort ennemi. Si les graphismes ont été modernisés (bien que le rendu soit assez simpliste), ces deux derniers mini jeux ont été entièrement repris en 3D puisqu’on les joue désormais comme un FPS. Sur le papier l’idée n’est pas mauvaise… Pad en main, c’est générique : la jouabilité se limite au strict minimum et l’IA des adversaires laisse à désirer… Si bien que l’on regrette rapidement l’ancienne formule en 2D. Autre bémol, ce qui était valide il y a trente ans ne l’est plus forcément aujourd’hui. On fait donc rapidement le tour du soft. Seules quelques options de difficulté ou le choix de la période du conflit apportent un brin de diversité. Reste le jeu à deux en local, toujours bon à prendre… (Jeu testé sur PS4 Pro)

 

 

Mat Rad Dead

ça vient de sortir|

Par Cédric Coppola

Connu pour ses titres atypiques, Nis America nous dévoile un nouveau représentant en la matière avec Mad Rad dead, un jeu qui mélange habilement la plateforme et le jeu de rythme dans une ambiance assez démente. Tout commence par un questionnaire assez particulier sur notre rapport à l’être humain pendant qu’un petit rat se fait disséquer sous nos yeux. Mort… il a néanmoins la possibilité de revivre sa dernière journée. Temps qui va lui être utile pour partir se venger de son assassin. Cartoonesque à souhait cette proposition de Nippon Ichi Software happe dès les premiers instants par sa musique entrainante. Le gameplay fait tout le reste. Un bouton sert à faire sautiller le rat en avant, un autre à le faire bondir en hauteur, un troisième à attaquer les ennemis… et chaque action ne se déclenche que si on appuie dans le bon rythme. L’idée étant évidemment de nous faire combiner les différentes actions dans des niveaux au level-design concocté aux petits oignons. Sans être impossible le jeu réserve son lot de challenges. Chaque erreur est immédiatement sanctionnée… Heureusement on ressuscite – presque – à l’endroit de son échec. Par contre, les tableaux sont à parcourir en temps limité, ce qui ajoute une pointe de stress. Frais et rétro, Mad Rat Dead impose donc sa griffe. Une curiosité de choix. (Jeu testé sur PS4 pro)

 

 

Richard Burton : Journal intime

ça vient de sortir|

Par Ph.D

On se demande bien ce qui a pris si longtemps aux éditeurs français pour traduire et publier le journal intime de Richard Burton ?  Paru en 2012 dans la langue d’origine, le livre a connu un grand succès en Angleterre et aux Etats Unis, bien que l’acteur soit mort depuis longtemps déjà (1984). On y découvre un homme plus féru de littérature et de théâtre que de cinéma (dont il parle comme d’un simple “travail”), chroniqueur désabusé de son temps et de ses propres frasques, un portraitiste féroce et plein d’humour et un amant passionné. Au sommet de leur glamour et de leur succès (le journal couvre les périodes 1965-1971), Elisabeth Taylor et lui vivaient une relation passionnelle que deux mariages et une consommation d’alcool gargantuesque n’ont jamais réussi à émousser. Leur train de vie pharaonique et leurs disputes homériques restent légendaires et en ont fait le “couple du siècle”. Mais c’est leur complicité qui transparaît entre les lignes du journal, dont Elisabeth (désignée par un simple E majuscule,  quand elle n’est pas affublée de surnoms fantaisistes) prend parfois la main. Les tournages européens du couple et leurs escapades amoureuses sur la Côte d’Azur ou en Italie donnent des pages particulièrement savoureuses et font revivre une époque dorée et insouciante. Lecture recommandée en ces temps de morosité confinée. 

La Chronique des Bridgerton

ça vient de sortir|

Par Phil Inout

Le pitch

À Londres, pendant la Régence, Daphne Bridgerton (Phoebe Dynevor), fille aînée d’une puissante dynastie, est en âge de se marier. Sa mère et son frère aîné se chargent de trier les prétendants. Mais aucun ne convient à la belle qui voudrait faire un mariage d’amour. Ses manœuvres maladroites  pour échapper aux arrangements de sa famille font les délices de la bonne société londonienne,  informée par la lettre quotidienne de la mystérieuse et impitoyable Lady Whistledown…

Ce qu’on en pense

Première production de Shonda Rhimes (Grey’s Anatomy) pour Netflix, Bridgerton (titre original de la série, inutilement alourdi en VF) est une comédie romantique en costumes,  basée sur les huit tomes de la saga littéraire de Julia Quinn. Elle met en scène la bonne société londonienne du début du 19e siècle, à l’heure des mariages arrangés. On suit les efforts maladroits de la jeune héroïne, Daphné (campée avec beaucoup de fraîcheur par la délicieuse Phoebe Dyvenor )  pour échapper aux  prétendants sélectionnés par sa famille et trouver le grand amour. Il se présentera sous la forme d’un marquis rebelle et débauché (Rege Jean-Page), hélas bien décidé à ne pas se faire passer la corde au cou.  Dans l’esprit pop et coloré du Marie Antoinette de Sofia CoppolaBridgerton ne brille pas par l’originalité de son scénario,  ni par sa mise en scène tape à l’oeil, mais se révèle tout de même assez addictif, grâce à une  galerie de personnages attachants et à un point de vue résolument moderne et féminin. Sexy et colorée (jusque dans une mixité raciale peu conforme à la réalité historique), la série se déguste comme une boite de macarons de Noël et laisse le même goût sucré. Une mignardise !