Ça vient de sortir

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Frère et sœur

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Par J.V

Le pitch

Un frère et une sœur à l’orée de la cinquantaine… Alice (Marion Cotillard)  est actrice, Louis (Melvil Poupaud) fut professeur et poète. Alice hait son frère depuis plus de vingt ans. Ils ne se sont pas vus depuis tout ce temps – quand Louis croisait la sœur par hasard dans la rue, celle-ci ne le saluait pas et fuyait… Le frère et la sœur vont être amenés à se revoir lors du décès de leurs parents….

Ce qu’on en pense

Présenté en compétition à Cannes 2022, le nouveau film d’Arnaud Desplechin Frère et sœur est un drame familial dans la lignée d’Un Conte de Noël (2008).  Marion Cotillard et Melvil Poupaud incarnent  frêre et soeur fachés pour des raisons qui tardent à être révélées,  mais dont on se doute quelles doivent être sérieuses vue la haine qu’ils se vouent. Quelques scènes choc, excellemment dirigées et interprêtées, comme celle qui ouvre le film, ne suffisent cependant pas à situer la réalisation dans le haut de la filmographie du réalisateur nordiste. Trop de scènes dispensables, voire pénibles, finissent par perdre le spcctateur le mieux disposé à l’égard des fixettes familiales du réalisateur. Le film a d’ailleurs reçu un accueil assez frais sur la Croisette.

Elvis

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Par J.V

Le pitch

La vie et l’œuvre d’Elvis Presley (Austin Butler) à travers le prisme de ses rapports complexes avec son mystérieux manager, le colonel Tom Parker (Tom Hanks) . Une relation étalée sur une vingtaine d’années, de l’ascension du jeune chanteur à la gloire planétaire, sur fond de bouleversements culturels et de la découverte par l’Amérique de la fin de l’innocence…

Ce qu’on  en pense

Qui mieux que Baz Luhrmann, cinéaste de l’outrance et de la démesure, pour s’attaquer au biopic d’Elvis Presley ? Dévoilé en avant première mondiale à Cannes, le film remplit parfaitement son office, avec un Austin Butler magistral dans le rôle titre et une nouvelle performance oscarisable de Tom Hanks dans le rôle du manager-pygmalion, manipulateur et cupide, le tristement célèbre colonel Parker qui, jusqu’au bout,  a exploité son poulain comme un phénomène de foire.  En plus de conter l’histoire du King et de rendre hommage à son talent d’interprête et de showman, Elvis retrace tout un pan de l’Histoire des Etats-Unis, les années 50-70 marquées par la ségrégation, la lutte pour les droits civiques et l’avènement d’une jeunesse avide de liberté et d’expériences nouvelles. Un divertissement haut de gamme servi par une mise en scène virevoltante et une bande originale tonitruante. On n’en attendait pas moins du biopic du King !

Junk Head

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Par Ph.D

Le pitch

Dans un futur lointain, et à force de manipulations génétiques, l’humanité a réussi à atteindre une quasi immortalité. Cependant, elle a perdu la possibilité de se reproduire et court à l’extinction. Afin d’enquêter sur les secrets de la procréation, un homme est envoyé au plus profond de la terre, là où vivent des clones mutants prêts à se rebeller contre leurs créateurs…

Ce qu’on en pense

L’OFNI (Objet Filmique Non Identifié) de l’année ! Un projet fou réalisé en Stop Motion par le  japonais Takahide Hori qui a tout fait, à commencer par l’animation image par image des figurines qu’il a créées. Sept  ans de travail acharné pour quelque 140 000 prises de vues qui nous plongent dans un monde post-apocalyptique aux teintes sépia et à l’esthétique inédite, où s’agitent robots et créatures qui ne s’expriment que par borborigmes  (dont le réalisateur a également fait le doublage ! ). A l’arrivée : une fable SF écolo et transhumaniste qu’on n’est pas près d’oublier. 

Coupez !

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Par  Ph.D

Le pitch

Un tournage de film de zombies dans un bâtiment désaffecté. Entre techniciens blasés et acteurs pas vraiment concernés, seul le réalisateur semble investi de l’énergie nécessaire pour donner vie à un énième film d’horreur à petit budget…

Ce qu’on en pense

La veine parodique réussit, on le sait, à Michel Hazanavicius,  réalisateur du Grand détournement, d’ OSS 117, de The Artist et  du Redoutable, qui revisite cette fois la série B zombiesque. Le film s’ouvre sur le plan séquence d’une trentaine de minutes  d’un film de zombies fauché dans lequel une équipe de film qui tournait un film de zombie sur les lieux d’une expérience scientifique sur les morts vivants est à son tour contaminée et zombifiée. Flash back quelques semaines plus tot sur  les coulisses et le makin of du film. On y voit un réalisateur raté (Romain Duris atomique) accepter de tourner un film de zombie en plan séquence et en direct puis s’acharner à mener à bien son entreprise avec un acteur principal (Finnegan Oldfield )  particulièrement capricieux,  deux acteurs secondaires manquants à  l’appel, une actrice remplaçante (Bérénice Bejo, toujours parfaite) qui a une fâcheuse tendance à trop s’investir dans ses rôles surtout quand il s’agit de cogner, un figurant (Gregory Gadebois) complètement ivre, un autre atteint de diarhée irrépressible et un million de trucs qui vont de travers pendant que la caméra tourne et qu’il est impossible de couper. Une mise en abime hilarante du monde du cinéma, avec son côté joyeux et artisanal,  qui a fourni à Cannes 2022 une excellente ouverture. N’y coupez pas !

Tinykin

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Par Cédric Coppola

La nouvelle petite pépite indé se nomme Tinykin ! Et cocorico elle est française. Présenté comme un clone de Pikmin, le jeu développé par les montpelliérains de Splashteam trouve rapidement sa propre personnalité et brille par sa cohérence et l’intelligence de l’aventure qu’il propose. A plus d’un titre, les aventures de Milo méritent donc le détour. Explorateur hors pair, le héros se retrouve sur une autre planète que la sienne. Seul hic, il est très petit comparé à tout ce qui l’entoure. Autre problème, les pièces de la machine qui lui permettrait de rentrer chez lui sont éparpillées. La mission consiste donc à les retrouver au fil de niveaux peuplés d’insectes géants et de petites énigmes. Heureusement, dans sa quête, Milo fait équipe avec les fameux Tinykins. Ces petits êtres disposent de qualités différentes selon leur couleur et bien utilisées, permettent de se frayer en chemin dans les niveaux colorés et variés. A ce côté stratégique, calqué donc sur Pikmin, s’ajoute une partie plateforme très plaisante. Il est même possible de transformer une planche à savon en skateboard ! Et comme la narration n’est pas délaissée avec des personnages secondaires savoureux et que chaque décor possède un véritable cachet, la proposition frise le sans-faute. (Jeu testé sur Nintendo Switch)

 

Incroyable mais vrai

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Par J.V

Le Pitch

Alain (Alain Chabat) et Marie (Léa Drucker) emménagent dans un pavillon. Une trappe située dans la cave va bouleverser leur existence…

Notre avis

Après Mandibules et avant Fumer fait tousser, présenté à Cannes mais dont la date de sortie n’est pas encore fixée,  le prolifique Quentin Dupieux offre à Léa Drucker et Alain Chabat l’occasion de s’amuser et de nous divertir en même temps dans son univers absurde et bizarroïde. Le point de départ de cette nouvelle comédie surréaliste est un « trou de ver » situé dans le sous sol de la maison du couple  et qui leur permet de voyager dans le temps,  tout en rajeunissant de quelques heures  à chaque voyage. L’occasion d’une refléxion amusée sur le culte du jeunisme et de la virilité triomphante, via le personnage incarné par Benoit Magimel, associé à la toujours parfaite Anaïs Demoustier . Tout tient évidemment dans les situations,  les dialogues absurdes et le jeu ultra sérieux des comédiens. Jusqu’à un final accéléré,  en hommage au cnéma muet, qui permet au réalisateur d’être encore plus concis que d’habitude : 1h14 chrono ! Du Quentin Dupieux bon cru. 

 

Fifa 23

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Par Cédric Coppola

Dernière de cordée pour FIFA ! Avant de changer de nom et (peut-être) de forme avec un moteur flambant neuf, la simulation de sport d’EA Sports  a , cette année, la lourde tâche de célébrer comme il se doit la coupe du monde. Un pari relevé avec succès tant le best-seller, à défaut d’être parfait relève le niveau comparé à l’année passée. Attention toutefois : il ne faut pas s’attendre avec le mode Ultimate team, axé sur la collection de cartes et le online a un gameplay purement arcade. Les goals se trouent de façon étrange selon les matchs et les scores de tennis affluent. Le milieu de terrain est aussi souvent sacrifié aux dépens des contre-attaques et l’enchaînement de gestes techniques tue le réalisme au profit du spectacle. On conseillera donc cette variante – la plus jouée par la communauté – à ceux qui souhaitent un jeu compétitif, quitte à ce qu’il s’éloigne du vrai football. Une option « évènements«  avec des défis à remplir a bien été ajouté pour les amateurs de solo,  mais les récompenses, comme en clash équipes,  sont très faibles.

On se tourne donc vers la carrière qui, à défaut d’avoir été entièrement repensée,  offre des sensations plaisantes grâce à un rythme nettement plus posé. On peut toujours simuler des matchs, des entrainements, tout gérer de A à Z… De véritables managers ont été ajoutés… et même un héros de fiction en la présence de Ted Lasso. L’entraineur US incarné par Jason Sudeikis arrive même avec ses protégés de l’US Richmond. Une idée bigrement sympathique. Bien entendu,  il est toujours possible de suivre la progression d’un seul joueur, y compris dans le Volta, qui célèbre le foot de rue et l’habillage fait authentique avec des présentations classieuses. Le changement le plus notable se nomme Hypermotion 2. Une technologie qui, à défaut d’améliorer les contacts,  donne un peu plus de lourdeur aux millionnaires en shorts et détaille mieux les animations. Probant, tout comme le changement de commentateurs. Hervé Mathoux laissant sa place au duo Benjamin Da Silva / Omar Da Fonseca. Un bon vent de fraicheur. On notera aussi l’introduction d’une super frappe dévastatrice mais dure à placer (attention toutefois aux abus) et la présence des cinq changements. Chose qui, à elle seule,  modifie les approches stratégiques. De quoi en somme, ravir les fans de ballons ronds qui seront heureux d’apprendre le futur ajout d’une mise à jour gratuite permettant de jouer la si controversée coupe du monde au Qatar. (Jeu testé sur PS5)

Comment font les gens ?

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Par MAB

Anna, la narratrice est, non pas journaliste littéraire comme Olivia de Lamberterie l’auteure (ou l’autrice ? ) du roman, mais éditrice. Excepté ce tout petit décalage, il paraît vite évident que cette quinquagénaire parisienne débordée qui se demande « comment font les gens ? » est bâtie de toutes les expériences de sa créatrice. Soit donc cette Anna, bonne fille, bonne mère et bonne copine. Elle doit gérer tout à la fois, trois filles d’âge différent, une génitrice, ex soixante-huitarde qui perd la tête en Ehpad, un mari gentil mais au sourire fuyant dont elle découvre fortuitement l’infidélité et des auteurs qui pensent tous avoir du génie. Bref, il lui faut vivre jour après jour dans cette époque factice  et ce milieu bizarre de « privilégiés » où chacun s’inquiète et s’agite pour vivre plus et ne pas vieillir alors que d’aucun se défenestre de mal être… Évidemment en ouvrant l’ouvrage d’Olivia de Lamberterie, en découvrant ce ton badin très parisien et toutes les références littéraires, cinématographiques et autres (les marques tendances, par exemple) utilisées par la chroniqueuse de « Elle » et du « Masque et la plume » , on se dit que ce premier roman facile a du profiter d’un bon renvoi d’ascenseur. Et puis au fil de la lecture, on s’attache à cette héroïne fragile qui avoue ses faiblesses sans jamais se prendre au sérieux. A cette façon qu’elle a de prouver sans ostentation ses élans du cœur et ses courages. De dénigrer mine de rien les égos professionnels d’un milieu très « bobo ». Le récit est léger et drôle. Mais grave aussi. Il parle des femmes d’aujourd hui : des pièges tendus par leurs enfants et par les réformes de l’éducation nationale, de leurs parents qui s’en vont, de leur corps qui vieillit, des injonctions des réseaux sociaux, et de tout ce fatras inutile du féminisme militant et de la fausse gloriole. Sympathique et apaisant.

Alam : Le monde après nous

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Par MAB

Amanda et Clay, des blancs new yorkais, partent en vacances avec leurs deux enfants à Long Island. Amanda a loué une jolie villa récemment rénovée. Le temps est superbe, la piscine immense, la nature accueillante. Mais lors de la deuxième nuit, un bruit sourd résonne dans le lointain et peu de temps après, on frappe à la porte. Les propriétaires, un couple d’Afro-Américains plus âgés, surpris sur la route par une soudaine panne d’électricité et de réseau demandent l’hospitalité. Inquiets et agacés par cette intrusion,  les locataires n’ont d’autre choix que d’accepter la présence des propriétaires.  Désormais loin de la ville, coupés du monde extérieur, oppressés par ce huis clos et très anxieux pour leurs enfants ,ils sont d abord dans la méfiance avant d’être totalement terrorisés… Le Monde après nous est le troisième roman de Rumaan Alam et son premier traduit en France. Lorsqu’il écrit cette nouvelle histoire, il vit dans l Amérique de Trump, une nation désunie qui vit dans la peur de l’autre et dans de tenaces préjugés raciaux. Son œuvre  est à la fois une satire sociale et une fable anticipatrice. Elle nous montre comment la moindre faille dans notre organisation d’êtres  civilisés, le moindre dérèglement climatique peut réveiller en chacun des pulsions négatives, nous déshumaniser et nous faire sombrer peu à peu dans un chaos absolu. Sa force réside dans le choix d’un narrateur omniscient qui va disséquer chacun des personnages sans aucune concession . Le style est précis, ciselé, d’une extrême minutie quant aux actes et détails du quotidien , provoquant  un malaise grandissant chez le lecteur. Le plus curieux est que ce cauchemar survivaliste,  qui progresse à bas bruit, a été écrit avant la pandémie !

Jurassic World 3

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Par J.V

Le pitch

Quatre ans après la destruction de Isla Nublar. Les dinosaures font désormais partie du quotidien de l’humanité entière. Un équilibre fragile qui va remettre en question la domination de l’espèce humaine maintenant qu’elle doit partager son espace avec les créatures les plus féroces que l’histoire ait jamais connues.

Ce qu’on en pense

Il y a bientôt 30 ans, Steven Spielberg réussissait le pari fou de redonner vie aux dinosaures,  à l’écran du moins, avec le premier  Jurassic Park. Depuis, de suite en suite,  la magie s’est largement estompée et les effets spéciaux ne suffisent plus à provoquer l’effet « waouh » du premier opus. Il faut donc, à chaque fois, trouver de nouvelles astuces scénaristiques pour justifier une énième invasion de dinos.  Cette fois, ce sera la réunion des chasseurs historiques avec leurs successeurs.  Jeff Goldblum, Laura Dern et Sam Neill, survivants des premiers épisodes,  font donc équipe avec Bryce Dallas Howard, Chris Pratt et Omar Sy, rescapés des suivants.  Nostalgie, quand tu nous tiens ! A la réalisation, Colin Trevorrow assure le minimum syndical et livre un blockbuster ultra-calibré mais sans âme. L’action se traine dans première partie western et une seconde tournée vers l’espionnage,  avant que ne commencent enfin les poursuites et les destructions… hélas peu impressionnnantes au regard des épisodes précédents. Si le scénario parvient à faire assez correctement le lien entre passé et présent,  il échoue à ouvrir des pistes d’avenir. La thématique du  « vivre ensemble » est timidement abordée, car il est évident qu’en dehors des zones désertiques,  la cohabitation entre êtres humains et dinosaures  est vouée à l’échec. Bref, ce « monde d’après » ressemble furieusement à celui d’avant et le film restera comme un des plus faibles de la licence.

Clémentine Autain : Assemblées

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Par MAB

Clémentine Autain la députée insoumise de la Seine Saint-Denis  est une personnalité qui va au front  en puisant dans sa propre vie. Pour sa mère, l’actrice Dominique Laffin, disparue à la trentaine de dépression et d’alcoolisme, elle a écrit « Dites-lui que je l’aime » en 2019. Il y a quelques années, elle révélait le viol subi à 24 ans alors qu’elle était étudiante.  Puis, récemment, son expérience douloureuse d’une IVG a 18 ans. Outre ses convictions politiques, elle a donc très tôt manifesté ses engagements féministes.  Pas étonnant alors que l’on soit intrigué par le contenu de son premier roman au titre à double sens : «  Assemblées » .  Or, disons le d’emblée,  on ne sait trop qu’en penser. Est- il vraiment à la hauteur de ses idées? Ou juste un petit récit vite lu sur la plage qui, au passage, signale la domination des hommes et l’ambiguïté des femmes à leur égard, qu’elles soient féministes ou non. Car elle y fait  simplement et d’une façon très convenue, le portrait de trois femmes qui tournent autour du même homme, un  député quadragénaire brillant et pressé. Comme on peut bien l’imaginer , l’ une est son épouse en souffrance. L’autre, une maîtresse occasionnelle, puisée dans le vivier des jeunes assistantes parlementaires .Et la troisième une intellectuelle d’un parti opposé qui ne s’explique pas son coup de foudre puis sa passion  pour ce  parfait mâle alpha. Bien entendu, un petit tour en coulisses et alcôves de l’ Assemblée Nationale n’est pas déplaisant. Inutile de se demander si les personnages ont réellement existé et existent encore. On est prêt à reconnaître le machisme des lieux et l’attirance des femmes pour les hommes de pouvoir.  Mais il y a chez Autain dans les ficelles de son récit et dans son style de midinette un je ne sais quoi de daté qui va presque à rebours de ce qu’ elle veut démontrer. C’ est gênant. 

Jojo’s Bizarre Adventure

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Par Cédric Coppola

Dans un monde fantasmé, où le Club Dorothée existerait encore, il ne fait aucun doute que Jojo atteindrait des sommets d’audience le mercredi matin. La réalité est toute autre. Relativement méconnu en France par le grand public, le manga est culte au pays du soleil levant… depuis plus de trente-cinq ans ! En toute logique, sous l’impulsion de Bandaï Namco, l’œuvre d’Hirohiko Araki, connaît plusieurs déclinaisons vidéoludiques. Il faut avouer que les arcs narratifs, qui ne s’intéressent pas à un seul héros mais à toute une descendance, autorisent des croisements improbables… Un esprit que l’on retrouve dans All Star Battle R, transposition efficace d’un volet paru à l’origine en 2013 sur PS3. Une relecture efficace puisque les consoles de nouvelles générations permettent de retranscrire toute l’atmosphère cartoonesque et décalée du manga. En découle un jeu de combat en un contre un, qui sans être aussi technique que les mastodontes du genre comme Guilty Gear voire Dragon Ball FighterZ est aussi fun que spectaculaire. La présence de 50 combattants issus de l’ensemble de la saga est également un plus, tout comme les doublages assurés par les doubleurs japonais de l’anime. Qui plus est, les variantes de jeux sont efficaces avec l’incontournable online et pour les joueurs solo, le fameux mode « Battle » où on doit remplir différents défis en alternant les personnages. Et en cas de blocage, pas de panique, puisqu’on peut utiliser l’argent virtuel (pas de microtransaction) pour obtenir différents bonus bien utiles, enlevant, par exemple,  une grande partie de la barre de vie de son adversaire. Efficace. (Jeu testé sur PS5)

 

 

Lou Reed Unplugged

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Par Ph.D

Pour le neuvième anniversaire de la mort de Lou Reed (27 octobre 2013), trois albums de démos acoustiques inédites font surface qui raviront les fans. Le premier (RCA 1971) avait fait l’objet d’une sortie en édition limitée pour le Disquaire Day. Il regroupe les chansons que Lou Reed avait enregistées en s’accompagnant à la guitare acoustique pour son premier album solo. On y trouve des versions à l’os de « Lisa Says », « Going Down », « Berlin », « Ocean »  « I Love You » et « Ride into the sun » que la production de l’album Lou Reed avait un peu trop enjolivées,  mais aussi des titres qui n’apparaîtront que bien plus tard, sur Transformer ou Sally Can’t Dance. Le son est excellent et la voix de Lou est particulièrement en valeur. On ne peut pas en dire autant du deuxième album (Words & Music, May 1965)  qui s’adresse plutôt aux fans du Velvet Underground, habitués à des productions plus rugueuses. Il dévoile les versions primales de chansons comme « Waiting for the Man » ,  « Heroin »  ou « Pale Blue Eyes » qu’on retrouvera sur le premier album du groupe et d’autres restées inédites ou qui ont servi de brouillon pour d’autres titres (« Buzz Buzz Buzz » semble être une ébauche de « White Light/White Heat ») . Lou s’accompagne d’un harmonica, ce qui fait sonner ses chansons comme du Dylan de l’époque.   A l’écoute,  on se dit que, sans sa rencontre avec John Cale, le premier album du Velvet aurait probablement eu cette tonalité country folk, qui tranche avec les textes noirs et urbains de Lou. L’EP 6 titres Gee Whiz (1958-1964), inclus dans la version Deluxe du précédent,  plonge encore plus profond dans les archives, avec des home démos de compos bluesy inédites et une ébauche de reprise de Dylan qu’on aurait bien aimé avoir en entier (« Don’t Think Twice, It’s Allright« ).

Années 20

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Par L.V

Le pitch

Quelques heures à Paris, un soir d’été en 2020. La caméra suit un passant puis l’autre, voyageant à travers les rues de la ville et multipliant de curieuses rencontres : jeunes excentriques, personnages originaux et anticonformistes. Au cours d’un seul plan ininterrompu, la caméra lie les personnages à travers un même territoire et une époque en crise que chacun traverse et questionne à sa manière.

Ce qu’on  en pense

A la manière de Slacker de Richard Linklater, la réalisatrice Elisabeth Vogler a réalisé dans Paris ce plan séquence d’1h30 dans lequel elle suit une vingtaine de personnages anonymes qui déambulent et se parlent en  traversant plusieurs quartiers de la capitale en été. Des mini  tranches de vies, sans lien les unes avec les autres,  qui racontent en filigrane une époque en crise (le film a été tourné après le premier confinement) et une jeunesse qui se pose beaucoup de questions. Le film vaut surtout pour le pari technique qu’il représente et pour la performance des acteurs qui se relaient devant la caméra sans qu’elle cesse jamais de tourner. Mais les amoureux de Paris s’amuseront aussi à reconnaitre les rues et les quartiers traversés. Que la Capitale est belle en été,  avec ses terrasses pleines, ses quais bondés et ses jolies filles jupes légères ! Pendant la tournée promotionnelle du film, les acteurs ont participé à une web série dont les épisodes étaient tournés sur place et diffusés le soir même avant le film. Ils sont disponibles sur la chaine Youtube du film, notamment celui tourné au Mourillon à Toulon.

Les Crimes du futur

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Par J.V

Le Pitch

Alors que l’espèce humaine s’adapte à un environnement de synthèse, le corps humain est l’objet de transformations et de mutations nouvelles. Avec la complicité de sa partenaire Caprice (Léa Seydoux) , Saul Tenser (Viggo Mortensen), célèbre artiste performer, met en scène la métamorphose de ses organes dans des spectacles d’avant-garde. Timlin (Kristen Stewart), une enquêtrice du Bureau du Registre National des Organes, suit de près leurs pratiques. C’est alors qu’un groupe mystérieux se manifeste : ils veulent profiter de la notoriété de Saul pour révéler au monde la prochaine étape de l’évolution humaine…

Ce qu’on en pense 

Qui mieux que  David Cronenberg pourrait nous parler du transhumanisme, cette nouvelle frontière de l’évolution humaine ? Son nouveau film fait la synthèse de son oeuvre où fusionnent régulièrement corps et technologie  (Chromosome III, CrashExistenz…) dans une mise en scène glacée et foudroyante qui interroge sa propre pratique.  Viggo Mortensen, Léa Seydoux, Scott Speedman et Kristen Stewart se prêtent de bonne grâce aux expérimentations de ce savant fou du cinéma mondial.