Ça vient de sortir

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Spider Man : New Generation

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Le pitch

Miles Morales, un adolescent vivant à Brooklyn se découvre des pouvoirs d’araignée et s’aperçoit qu’il n’est pas le seul Spider-Man dans ce monde…Ni dans les autres d’ailleurs !

Ce qu’on en pense

On ne sait pas à quoi carburent les scénaristes et les dessinateurs de chez Sony Pictures, mais c’est efficace. Quel délire ! Ça change des franchises Marvel habituelles (Avengers et cie) qui finissent par toutes se ressembler.Dans ce bien nommé Spider-Man : New Generation, on a un Spider-Man hispano pré-pubère, un Peter Parker quadra complètement largué, une Spider-Woman blonde et même un Spider-Cochon (!) échappés d’univers parallèles, qui s’unissent pour combattre des vilains tout aussi délirants (le Caïd!) dans un New-York psychédélique, sur une B.O rap du tonnerre. On ne comprend pas tout à l’intrigue, mais on en sort avec le cerveau retourné… Et on en redemande ! C’est rythmé, rigolo, d’une richesse visuelle et d’une inventivité époustouflantes.On ne s’ennuie à aucun moment. Après Astérix – le secret de la potion magique, ce Spider-Man confirme que les adaptations de bandes dessinées ne sont jamais meilleures qu’en dessins animés. Nombreux bonus dans l’édition DVD.

 

 

Interview : Claire Denis

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 Claire Denis est venue présenter à Nice son nouveau long métrage High Life .Un film de SF envoûtant et déroutant, avec Robert Pattinson et Juliette Binoche,  qui sort enfin en DVD. La cinéaste, qui présidait le jury de la cinéfondation et des courts métrages  cette année  à Cannes,  nous en a raconté les coulisses…  

Comment se fait-il que le film ait été présenté à Toronto plutôt qu’à Cannes?
On n’avait pas fini le montage et les effets spéciaux n’étaient pas prêts. On a loupé Venise aussi à cause de ça. Du coup, c’est à Toronto qu’a eu lieu la première.
Le public a été choqué paraît-il?
La première de gala a été étrange.Certains ont semble-t-il été choqués par la scène de la sex-box et plus encore par celle où Juliette Binoche recueille la «sainte semence» de Pattinson. Ça m’a surprise. Je ne pensais pas qu’une chose aussi enfantine et ironique puisse être prise au premier degré…
On ne vous attendait pas dans la Science-fiction: qu’elle a été l’origine du projet?
Un producteur est venu me proposer de faire un film en anglais.J’ai dit oui, à condition que ça se justifie d’une manière ou d’une autre.L’anglais, c’est la langue de l’espace en quelque sorte et j’ai toujours aimé la SF. J’avais cette première image en tête d’une serre de plantations dans un vaisseau spatial. Je suis partie de là.
Comment Robert Pattinson a-t-il atterri chez Claire Denis?
Il est venu me voir, il y a cinq ans pour me proposer de travailler avec moi. Ça a totalement changé la perspective du film car j’avais imaginé un homme plus âgé pour le rôle principal. Au début, je le trouvais un peu trop iconique. J’avais aimé son travail dans Twilight et les films de Cronenberg, mais je n’aurais jamais pensé spontanément faire appel à lui pour un de mes films. On s’est vu assez souvent et un lien d’amitié s’est créé entre nous, Ça a évacué le problème. Avoir quelqu’un comme lui, tellement impliqué et désireux de faire le film, ça m’a donné beaucoup de force.

L’esthétique du film est radicalement différente de tous les films «spatiaux» récents. Avec qui avez-vous travaillé pour le design ?
Juste mon équipe habituelle.J’aurais voulu impliquer plus le plasticien danois Olafur Eliasson, dont une des œuvres a inspiré l’image finale.Mais je me suis rendue compte qu’il n’y a rien de mieux que les gens de cinéma pour faire du cinéma.Pour le vaisseau, on a imaginé une sorte de prison spatiale. Et pour les costumes, on s’est largement inspiré des combinaisons des astronautes Russes. J’en avais marre du blanc qui est la couleur obligatoire depuis Star Wars…
Quelles étaient vos références?
Avec Solaris (Tarkovski) et 2001(L’Odyssée de l’espace de Stanley Kubrick N.D.L.R), on peut déjà voyager assez loin. J’ai vu tous les Alien aussi.Mais je me suis interdit de revoir aucun film avant le tournage car je voulais rester avec mes images et mes couleurs.M’en tenir à la modestie de mon histoire. Je n’avais ni les moyens ni l’envie de faire autre chose de toute façon.Et surtout pas d’imposer à mes acteurs de jouer devant un fond vert en permanence…
C’est la première fois que vous utilisez des effets spéciaux. C’était un souci?
Non. Il y en a très peu de toute façon et comme ils tardaient à arriver, j’en ai enlevé.La scène des corps qui flottent dans l’espace, par exemple, on l’a faite au ban de montage.
Le travail sur le son est très réussi. Comment avez-vous fait?
C’était compliqué parce qu’on avait un décor qui craquouillait de partout.L’ingénieur du son allemand était très malheureux.Mais on s’est débrouillés. C’est Stuart Staples des Tindersticks qui a fait tout le sound design du film…
La chanson du générique, «Willow», que chante Robert Pattinson est magnifique. Les Tindersticks et vous, c’est une vieille histoire…
Oui, c’est notre huitième film ensemble. J’étais allé les voir au Bataclan à l’époque de leur second album pour leur demander les droits de «My Sister» que je voulais pour Nenette et Boni.Ils m’ont dit qu’ils préféreraient faire toute la BO… Avec Stuart, qui est du Nord de l’Angleterre, on a du mal à communiquer en anglais.Mais on n’a pas besoin des mots pour se comprendre.
Comment doit-on comprendre le titre?
Il y a «high» pour l’espace là-haut et «life» pour la vie qu’on cherche à reproduire. Mais c’est surtout un mot qui renvoie à mon enfance en Afrique.«High Life», c’est comme ça que les Africains qualifiaient la vie des blancs..
Y-a-t-il d’autres genres que vous aimeriez aborder, après la SF?
Je ne me pose pas la question en ces termes.L’histoire passe avant le genre. Ce qui compte c’est ce qu’on veut raconter.La forme vient après. Comme je ne ressens pas le besoin de répondre à une demande et que je fais des films qui ne coûtent pas très cher, je me sens absolument libre d’aller où j’ai envie d’aller.

Une Affaire de famille

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Le Pitch

Au retour d’une nouvelle expédition de vol à l’étalage, Osamu et son fils recueillent dans la rue une petite fille qui semble livrée à elle-même. D’abord réticente à l’idée d’abriter l’enfant pour la nuit, la femme d’Osamu accepte de s’occuper d’elle lorsqu‘elle comprend que ses parents la maltraitent. En dépit de leur pauvreté, survivant de petites rapines qui complètent leurs maigres salaires, les membres de cette famille semblent vivre heureux – jusqu’à ce qu’un incident révèle brutalement une autre réalité…

Ce qu’on en pense

Après un détour surprise par le film de procès avec The Third Murder, Hirokazu Kore-eda revient à ce qu’il sait faire de mieux avec le bien nommé Une affaire de famille. L’histoire d’une famille recomposée au gré du hasard et des circonstances, qui survit en dehors de tout modèle économique, moral, religieux ou familial. Avec sa maestria habituelle, le cinéaste japonais préféré de Cannes donne vie à cette petite troupe d ‘ affreux, sales et gentils, auxquels on s’attache très vite. Le petit garçon et la petite fille (Kairi Jyo et Miyu Sasaki) sont à croquer, la mamie (Kiki Kirin) ressemble à Maître Yoda, la maman (Sakura Ando) est très sexy quand elle troque ses sweaters informes pour une nuisette, le papa (Lily Francky) est un peu le pendant japonais de Kad Merad dans Comme des rois, et la tante (Mayu Matsuoka) est le sosie nippon de Mireille Darc jeune… Comédie sociale, tour à tour enjouée et grave, le film est dans la veine de Tel père, tel fils (Prix du jury Cannes 2013). En plus sombre et avec une critique encore plus acerbe de la société japonaise et de ses modèles économiques et culturels en pleine décomposition. Moins puissant que les premiers Kore-eda (Nobody Knows, Hana, Still Walking), menacé par les redites et l’esprit de système, Une Affaire de famille est cependant le film le plus accessible du réalisateur japonais pour le grand public. La Palme d’or décrochée à Cannes lui a permis de toucher un plus large public.

 

High Life

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Le Pitch

Dans un vaisseau spatial, un homme seul (Robert Pattinson) élève un bébé. Il est le seul rescapé d’un groupe de condamnés à mort qui ont accepté de devenir les cobayes d’une mission spatiale en dehors du système solaire, à la recherche de nouvelles sources d’énergie. Une mission de très longue durée au cours de laquelle le médecin du bord (Juliette Binoche) dirigeait une expérience de reproduction dans l’espace

Ce qu’on en pense

Dans l’espace, personne n’entend crier les bébés… Sauf Robert Pattinson, qui pouponne comme s’il avait fait cela toute sa vie !   C’est le premier effet Kiss Cool du nouveau film de Claire Denis (Trouble Every Day, White Material, Un Beau soleil intérieur). Le second est d’ordre purement esthétique: depuis Tarkovski (Solaris), on ne filme plus la SF comme le fait Claire Denis. Et c’est bien dommage! Devant son objectif, l’espace interstellaire ressemble à une prison dont on ne s’évade pas.Une prison flottante, comme ce vaisseau aux airs de cargo spatial qui dérive dans l’espace infini avec son équipage de condamnés à mort dont la peine a été commuée en mission d’intérêt général: trouver de nouvelles sources d’énergie aux confins de la galaxie.Et, accessoirement, le moyen de perpétuer l’espèce. En «shamane du sperme» (sic), la toubib de l’équipage (Juliette Binoche, toute en extensions capillaires) s’y emploie, entre deux séances en solo dans la “fuckroom” du vaisseau. Vous avez dit bizarre? Le film l’est assurément, selon les standards de l’époque. La preuve: ni les vaisseaux, ni les combinaisons spatiales ne sont blancs. Et on y communie devant la retransmission (en grand différé) d’un match de rugby écossais… C’est 2018, L’Odyssée de l’espèce ! Mais Claire Denis préfère Tarkovski à Kubrick, ce qui se défend. «Avec Solaris et 2001, on peut voyager loin» reconnaît-elle (lire interview ici). Il faudra désormais ajouter High Life dans son paquetage. Il y avait longtemps qu’on n’avait pas plané aussi haut au cinéma. Pas certain d’être redescendu, on recommande le voyage aux âmes aventureuses. Beaucoup s’y ennuieront: 80 000 jours de voyage dans l’espace, sans combats au sabre laser, ni poursuites en vitesse lumière, ça peut paraître long. A moins de se laisser flotter. La chanson générique des Tindersticks (que chante Robert Pattinson) et la lumière jaune d’Olafur Eliasson dans le dernier plan, récompenseront les braves.

 

Mortal Kombat 11

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Au début des années 1990, « Mortal Kombat » s’imposait comme le principal concurrent de « Street Fighter II ». Moins technique mais nettement plus gore, la saga s’est surtout fait connaître par ses Fatalities, exécutions d’une violence extrême, déclenchées en appuyant sur une combinaison de touches plutôt complexes. Près de trente ans plus tard Liu Kang, Sub Zero, Scorpion & co reviennent dans un onzième  opus abouti, propre à ravir les adeptes du online, de la compet’ mais aussi le gamer solitaire, grâce à une pléthore de modes de jeu. Au fil du temps NetherRealm studio a su imposer son style dans le Versus-Fighting. En alternant les « Mortal Kombat » et les « Injustice » autour des héros DC, la boite a trouvé un bon équilibre en captant l’essence de ces univers. Les développeurs ont, par exemple, été parmi les premiers à intégrer un véritable mode histoire. On le retrouve donc logiquement ici. Plutôt classique dans son déroulé avec une cinquantaine de combats entrecoupés de longues cinématiques, il occupe une grosse après-midi et réussit sa mission divertissement. Le côté série Z sanglant, souvent granguignolesque est parfaitement assumé et le scénario totalement aware multiplie les face à face entre les nouvelles et les anciennes versions des warriors. Passer par le tutoriel reste cependant une étape importante pour découvrir toutes les nouveautés de cet opus. En plus des coups (avant / arrière), choppes et autres pouvoirs traditionnels, l’arrivée du Fatal Blow (qui remplace le X-Ray) est propice aux renversements de situations. Cet enchaînement puissant se déclenche en appuyant sur deux gâchettes (L2 et R2) lorsque votre barre de vie devient critique. Seule contrainte : il est utilisable une fois par combat. A user à bon escient donc.

Pour le reste, c’est classique mais spectaculaire, nerveux et fort joli avec des arrières plans soignés. On note aussi des interactions avec le décor ou des brutalities sauvages pour terminer le fight comme il se doit. Les fatalités suscitées sont toujours de la partie et font dans la démesure. Seule ombre au tableau dans le gameplay, on ne se protège pas en allant vers l’arrière mais en appuyant sur un bouton. Plutôt que de proposer un mode arcade lambda, « Mortal Kombat » reprend son système de tours, qui nous invite à enchaîner les adversaires en plus ou moins grand nombre, selon plusieurs niveaux de difficultés. Et comme certaines de ces tours sont temporaires et regorgent de défis (pluie d’acide, sang qui régénère l’ennemi, jet de feu…), on y revient souvent pour s’améliorer avant de tenter sa chance en ligne. Ce mode est un excellent moyen d’accumuler de la monnaie virtuelle pour débloquer certains éléments dans la fameuse Krypte aux 1001 trésors. Entre des aides temporaires (pour regagner son énergie par exemple), variantes de costumes ou ajout d’images dans la galerie, il y a largement de quoi trouver son bonheur. Le roster est riche de 25 personnages connus… ou pas encore ! Les petits nouveaux : Geras, la déesse Cetrio ou Kollector, un serviteur de Shao Kan s’insèrent parfaitement au casting, dont certains membres emblématiques tel Goro manquent à l’appel. Chacun de ces anti-héros possède aussi plusieurs variantes, avec des frappes distinctes et des éléments de customisations améliorent certains de leurs atouts. Agréable, efficace, plein de punch… « MK11 » sans renouveler la formule, l’améliore sensiblement et s’impose logiquement comme l’un des beat’em all de l’année. (Jeu testé sur PS4 Pro)

Nirvana : Live at the Paramount

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En octobre 1991, alors que l’album Nevermind vient de sortir et que MTV matraque “Smells Like Teen Spirit” environ mille fois par jour, Nirvana, encore en trio,  attaque la triomphale tournée qui conduira le groupe à la reconnaissance mondiale (et Kurt Cobain à s’enfoncer le nez dans la poudre). Mais pour l’heure, Nirvana est porté par la Grâce et livre à domicile (Seattle) une prestation phénoménale. Les titres sont tout neufs, aucune usure ne se fait sentir,  même sur “Teen Spirit” que Cobain finira par détester mais qu’il joue ici comme si sa vie en dépendait. Le concert, que l’on peut aujourd’hui regarder en version superbement  restaurée sur Youtube,  n’était sorti, à l’époque, qu’en vidéo. Universal a eu la bonne idée de l’éditer en double vinyle pour le Disquaire Day, avec un son nickel, un poster (pas terrible),  une reproduction du pass VIP du concert (sympa) et un code de téléchargement. Et pour ne rien gâter la pochette est superbe. Si vous n’achetez qu’un vinyle cette année…

PGM : Point Blank

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Annoncé en 2016 par un EP 3 titres (Vertigo) et en 2017 par le très sombre single “With Our Love“, sorti en réaction au massacre de la Promenade des Anglais, le deuxième album de  Press Gang Metropol  est disponible  en digital depuis le 12 avril et arrivera en physique le 26 avril. Vous pouvez déjà le commander : il est excellent. L’arrivée en 2015 d’un nouveau chanteur, Sébastien Bernard,  à la tessiture vocale proche de Dave Gahan , a définitivement cristallisé les obsessions du groupe pour la New Wave anglaise. De Depeche Mode à Joy Division/New Order en passant par Cure ou les Psychedelic Furs, les influences sont sensibles mais parfaitement digérées sur ce deuxième album, dont les 12 titres s’avalent d’une traite. Aucun temps mort,  le son est nickel, les compos claquent, le chant est au top. Franchement, si on ne connaissait pas les origines géographiques du groupe, on jurerait entendre un groupe anglais émule de Depeche Mode.  On a très hâte de voir PGM  jouer ce disque en live.  En attendant, on l’écoute en boucle sans se lasser.

 

Astérix- Le Secret de la potion magique

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Le pitch

Se sentant vieillir le druide Panoramix décide qu’il est temps d’assurer l’avenir du village. Accompagné d’Astérix et Obélix, il entreprend de parcourir le monde gaulois à la recherche d’un jeune druide talentueux à qui transmettre le Secret de la Potion Magique

Ce qu’on en pense

Pour leur deuxième adaptation animée des aventures d’Astérix (après le très réussi  Domaine des Dieux en 2014), et sur un scénario original cette fois, Alexandre Astiers (Kaamelott) et Louis Clichy ont pris le risque de moderniser l’univers bon enfant des créatures de Goscinny et Uderzo en leur faisant aborder, pour la première fois, des zones plus sombres et plus adultes (la vieillesse, la vengeance, la jalousie…). Le méchant (bien nommé Sulfurix), resurgi du passé de Panoramix, est digne d’un vilain Marvel et la bataille finale d’un épisode des Avengers. C’est bien essayé et plein de bonnes idées, mais la greffe a quand même un peu de mal à prendre. Et côté animation, nos petits héros finissent par ressembler un peu trop à leurs figurines de produits dérivés.

Robin Trower : Coming Closer To The Day

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Avec une régularité de métronome, Robin Trower tombe un album tous les deux ans , ce qui amène le compteur à 23 depuis le début de sa carrière solo. Les dernières productions de l’ex-guitariste de Procol Harum, qui vient de fêter ses 74 ans,  sont toutes d’excellente qualité: on ne sait donc pas pourquoi, au juste,  ce nouvel opus nous fait autant d’effet. Comme à son habitude, Robin l’a enregistré tout seul dans son home studio, jouant de tous les instruments et assurant le chant. La veine est purement blues et le son toujours aussi Hendrixien. Les 12 chansons sont excellentes, impossible d’en extraire une plutôt qu’une autre:  le disque s’écoute d’une traite. Difficile évidemment de ne pas penser, au détour d’une intro , d’un riff  ou d’un solo, à “Crosstown Traffic“,  “Red House” ou quelqu’ autre classique de Jimi Hendrix,  mais  Trower n’est jamais dans la copie servile,  ni dans la démonstration de virtuosité. Il perpétue simplement le son d’Hendrix,  avec ses propres chansons, un toucher magique et un très gros feeling. Espérons que la tournée qu’il vient d’entamer aux Etats-Unis pour défendre l’album le mènera jusqu’à nous, un de ces jours comme semble le promettre le titre (interprétation optimiste).   On garde un souvenir ému de son concert à Monaco,  au bon temps du Moods,  où on avait eu l’insigne honneur de pouvoir l’interviewer.

Les Confins du monde

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Le pitch

Indochine, 1945. Robert Tassen (Gaspard Ulliel), jeune militaire français, est le seul survivant d’un massacre dans lequel son frère a péri sous ses yeux. Décidé à venger sa mort, Robert s’engage dans une quête solitaire et secrète à la recherche de celui qu’il considère comme le responsable de l’exécution de son frère et de ses camarades. Son amour pour Maï (Lang-Khê Tran), une jeune Indochinoise, le fera-t-il renoncer à sa vengeance?

Ce qu’on en pense

Avec Valley of Love, présenté en compétition à Cannes en 2015, Guillaume Nicloux (Le Poulpe, Une Affaire privée, La Clé) a, semble-t-il, ouvert un nouveau cycle de films dans lesquels la mort, le deuil et la passion amoureuse se mêlent pour en devenir les principaux enjeux. La quête vengeresse du personnage incarné par Gaspard Ulliel se double ici d’une passion dévorante dans un film-trip qui parvient à évoquer, à la fois, la démesure d’Apocalypse Now et le dépouillement de la 317e section de Pierre Schoendoerffer. Les montagnes du Nord Vietnam, magnifiquement photographiées par David Ungaro, offrent un cadre idéal à la dérive du personnage, mise en scène de manière tour à tour violente et contemplative. Gaspard Ulliel et Guillaume Gouix sont parfaits en soldats perdus et Nicloux retrouve pour la troisième fois Gérard Depardieu (en écrivain, cette fois). Le jury de la Quinzaine des réalisateurs et les César sont inexplicablement passés à côté de ce très grand film. Une injustice à rattraper en vidéo.

David Goudreault : La Bête et sa cage

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Par MAB

«J’ai encore tué quelqu’un. Je suis un tueur en série. D’accord, deux cadavres. C’est une petite série, mais c’est une série quand même. Et je suis jeune. Qui sait jusqu’où les opportunités me mèneront ? » En tout cas, depuis quelques jours, l’univers de celui qui s’exprime ainsi, est réduit à une cellule d’isolement. Son avocat vient de lui apporter papier et crayons, prétendant que l’écriture l’aiderait à tuer le temps et apporterait des pièces à son procès. Voila qui est fait dans les pages suivantes.  Ce sont les  réflexions à la première personne d’un détenu québécois que propose le canadien David Goudreault. Son roman s’intitule « La bête et sa cage ». C’est le second volet d’une trilogie commencée avec «La bête et sa mère » et qui s’achèvera avec « Abattre la bête ». Des œuvres sorties avec succès au Québec et qui viennent d’être éditées en France par Philippe Rey. Pourquoi en conseiller la lecture ? Parce qu’il s’agit de pages crues, âpres et dures sur la vérité des prisons. Un roman sans détours dont le héros, inapte à l’introspection et à la culpabilité, se drogue et subit des viols répétés. Mais aussi parce que l’écriture virtuose  sait se faire drôle lorsque ce même détenu privé de dents zozote comme un enfant ou fantasme sur Edith une gardienne. Voire tendre quand il attend désespérément une lettre de sa mère. Goudreault connait son sujet. Il est travailleur social et intervient dans les centres de détention pour animer des ateliers de créativité. Il ne juge pas. N’oppose pas bourreau et victime. Ne compatit pas plus que les détenus ne s’apitoient sur eux-mêmes. Il met le lecteur en immersion dans les cellules, soulignant que si la folie pousse l’homme au crime, l’incarcération le transforme en monstre.  

 

Dominique Bona : Mes Vies secrètes

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Par MAB

Dominique Bona est membre de l’Académie française, depuis avril 2013. Femme de lettres, elle a reçu les prix Interallié et Renaudot pour ses romans et publié de nombreuses biographies : Romain Gary, Stefan Zweig et plus récemment  Colette et les siennes. Aujourd’hui, elle dévoile ses Vies secrètes. Dans un récit à la première personne, elle relate pour la première fois, la face cachée de son travail, détaillant anecdotes et péripéties de ses enquêtes littéraires. Le récit est intime puisqu’il dit les émotions, les sentiments et les rencontres qui ont construit sa propre identité et fait d’elle, moins une romancière qu’une admiratrice des romanciers et artistes dans la vie desquels elle s’est plongée. Mais il est aussi instructif puisqu’il invite à une promenade en compagnie de ces hommes et femmes célèbres, peintres sculpteurs ou écrivains, qui ont fait rayonner la culture française de la première moitié du vingtieme siècle.  Colette et Romain Gary donc, se retrouvent compilés dans ce parcours érudit. Mais aussi Berthe Morizot, Les sœurs Heredia, Gala Dali, André Maurois, Simone Gallimard, l’éditrice… On peut lire cet ouvrage fluide à la lecture aisée, dans l’ordre. Ou bien choisir les chapitres en fonction des artistes évoqués. Sans doute, celui sur Camille Claudel enfermée à l’asile de Montfavet est-il le plus sincère, le plus personnel et le plus émouvant. Evidemment, Mes vies secrètes  n’a rien de créatif. C’est une copie de bonne élève  qui, d’une certaine façon recycle la besogne de toute une vie. Les lecteurs, les plus âgés, auront d’ailleurs l’impression d’en savoir déjà beaucoup sur les artistes évoqués. D’autres se diront aussi qu’il s’agit-là d’un bottin mondain littéraire. Un entre soi parisien ou tout le monde se connaissait, se fréquentait. Parfois s’aimait et se trompait. Mais répétons-le, ce qui en fait le charme c’est son style. Une écriture si habile et si simple qu’elle rend ces vies secrètes de grands personnages de la littérature, aussi divertissantes que des pages de magazines people.   

 

 

The Brian Jonestown Massacre

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On se doutait bien qu’un jour  The Brian Jonestown Massacre parviendrait à sortir un album dont les chansons ne seraient pas qu’une suite de jams informes. Cet heureux  jour est, semble-t-il,  arrivé avec ce nouvel album de 9 titres  fulgurant, dense et ramassé qui porte le nom du groupe,  dont Anton Newcombe, look Neil Young assumé,  est désormais le seul membre permanent,  en même temps que le leader incontesté. D’inspiration toujours très Velvet Underground, les neuf chansons de TBJM hissent l’album au niveau des meilleurs Dandy Warhol et Black Rebel Motorcycle Club, groupes frères avec lesquels Newcombe partage un goût invétéré pour les sonorités vintage et les envolées psychédéliques. Il était temps !

Muriel Barbery : Un étrange pays

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Par MAB

En 2007, « L’élégance du Hérisson », propulsait la philosophe Muriel Barbery, parmi les 10 romanciers français les plus vendus . On se souvient que ce roman entrelaçait la vie de trois personnages habitant le même immeuble parisien. Renée, la concierge, secrètement passionnée de philosophie. Paloma une adolescente délaissée par des parents grand bourgeois. Et un riche amateur d’art japonais. Cette  satire sociale eut un tel succès populaire qu’elle fut suivie deux ans plus tard par une adaptation à l’écran, Josiane Balasko incarnant la cérébrale gardienne. Mais la pression médiatique fut trop forte pour la discrète Muriel. Elle choisit de vivre au Japon, son endroit de prédilection. Et c’est de là qu’elle nous revient aujourd hui avec « Un Etrange Pays » un roman qui tranche délibérément avec le « Hérisson ». Un étrange livre en fait, entre conte philosophique et roman fantastique dont l’univers poétique fait s’affronter hommes et elfes. En quelques sortes, le tome suivant de « La vie des Elfes » qu’elle écrivit en 2015.  Impossible en revanche de résumer cette œuvre lente et exigeante. Ni de donner des repères spatio temporels. « Un étrange pays » est un solennel ouvrage d’atmosphère, qui prend le temps d’installer un monde perdu confronté aux tourments perpétuels des civilisations. Un roman esthétique et  statique qui décrit des personnages insolites dans un univers légendaire sombrant peu à peu dans le désenchantement. « Partout la conquête du pouvoir est la plus forte ; Les conflits font rage et les vérités que l’on croyait éternelles vacillent ». La chronologie donnée en épilogue se termine en 1938. Une date qui, forcement, donne du sens à l’ensemble.

 

Interview : Rami Malek

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Révélé par la série Mr Robot, Rami Malek incarne un Freddie Mercury plus vrai que nature dans Bohemian Rhapsody, le  biopic de Queen qui vient de sortir en dvd. Ils nous a expliqué comment on se glisse dans la peau d’une rock star…

Quelle a été votre première réaction lorsqu’on vous a proposé de jouer Queen?
Vous ne pouvez imaginer à quel point c’était monumental pour moi de penser que j’allais incarner Freddie Mercury. Il n’y en a qu’un, il est unique, avec ce côté provocateur énorme…

Comment se prépare-t-on à jouer un tel personnage?
Je tournais Mr Robot quand on m’a annoncé la nouvelle.Je suis allé à L. A rencontrer les producteurs qui m’ont parlé du rôle pendant 6 heures, alors qu’ils n’avaient même pas encore le budget.Je suis reparti en me disant que ça ne se ferait probablement jamais, mais que si ça se faisait il fallait que je sois prêt. Alors je suis allé m’installer à Londres où j’ai pris à mes frais des cours de chant, de piano, de prononciation, de chorégraphie. Ce qui rendait Freddie Mercury si spécial, c’est qu’on savait jamais ce qu’il allait faire! Il y avait le Freddie intime et l’audacieux performer. On ne pouvait pas se contenter de l’imiter, sinon on risquait la caricature. Il fallait saisir l’essence de sa personnalité. Les essayages de costumes et les heures passées au maquillage m’ont aidé à rentrer dans la peau du personnage. J’avais l’impression d’être le vrai Freddie quand il se préparait pour monter sur scène…

Brian May et Roger Taylor coproduisent le film. Ils étaient très présents sur le tournage?
Oui et heureusement ! Je n’aurais pas pu faire le film s’ils n’avaient pas été là. Brian m’a beaucoup aidé en me permettant de l’appeler à tout moment. À tel point d’ailleurs qu’il est devenu une sorte de mentor pour moi, même en dehors du film. Lorsqu’ils ont vu le film terminé, ce qu’ils m’ont dit a été la plus grande récompense que je puisse avoir.

La reconstitution du concert de Live Aid est incroyable. Comment l’avez-vous tournée ?
RM: On voulait que ce soit absolument fidèle aux images de l’époque. On a beaucoup répété et c’est la première scène qu’on a tournée.On a filmé tout le show sans interruption car on avait besoin de l’adrénaline du plan séquence pour retrouver celle du concert. À la fin de la prise, on s’est regardés et on s’est dit que c’était gagné.Après ça, le reste serait facile…

Au final que retenez-vous de cette expérience?
Ce rôle a changé ma vie. Comment pourrait-il en être autrement?C’était un incroyable défi que j’ai adoré relever. Petit à petit, je suis tombé amoureux du personnage. Il envoie un message puissant sur l’intégrité artistique, sur la fidélité à soi-même. Ca m’a apporté beaucoup de l’incarner.