Ça vient de sortir

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The Black Crowes: 30th Anniversary

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Par Ph.D

Si l’on se réfère à sa date de sortie (1990), ce disque a bien 30 ans et il est juste qu’une une édition Deluxe célèbre cet anniversaire. Mais à bien le réécouter, rien ne rattache  le premier album des Black Crowes à son époque (Madonna, Jackson, Prince, tout ça…).  Ce disque aurait pu sortir 20 ans plus tôt, au début des années 70, quand Lynyrd Skynyrd, les Allman Brothers, Bad Company, Cactus et consorts tenaient le haut du pavé rock US.  Tout y est : le son crade des guitares, la slide qui déchire, les compos blues rock,  la voix éraillée du chanteur, le piano bastringue… Jusqu’aux looks chevelus, déjà largement vintage, des musiciens à peine sortis de l’adolescence. Shake Your Money Maker a remis le rock à guitares au goût du jour dans une période où il était de bon ton de le déclarer mort et enterré. C’est cela que célèbre cette édition 30th Anniversary . Elle comprend l’album remastérisé par les frères Robinson et leur producteur historique George Drakoulias, 11 titres rares ou inédits  et, cerise sur le gâteau, un live enregistré dans leur fief d’Atlanta l’année de la sortie de l’album. Sans vouloir minimiser l’intérêt de l’album de bonus, qui comprend  les reprises de  “30 Days In The Hole” de Humble Pie et  de “Jealous Guy” de John Lennon et dont presque tous les titres auraient pu figurer sur l’édition originale, c’est le double live de 14 titres qui devrait décider les fans à investir dans la Deluxe. Le concert est une tuerie et le son est parfait. Il va falloir modifier le Top 20 des meilleurs live de tous les temps pour lui faire de la place.  

 

Kaze and the Wild Masks

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Par Cédric Coppola

Ah, les jeux de plateformes en 2D ! Incontournables de l’ère 16 bits, ils sont devenus de plus en plus rares sur les consoles actuelles,  où seuls quelques titres comme le second Yooka Laylee ont su se démarquer. Nouveau venu, le lapin Kaze, imaginé par les brésiliens de Pixel Hive, s’inscrit dans cette veine. Pas forcément une envie d’innover, mais d’appliquer intelligemment une formule, en proposant une bonne dose de challenge. Résultat : on accroche dès les premières minutes. Avec ses graphismes colorés, la diversité des décors traversés et une certaine capacité à renouveler ses situations, les aventures de Kaze sont bien rythmées et se parcourent volontiers le temps d’une dizaine d’heures. Plutôt que d’emprunter au concept de Metroidvania, avec d’incessants allers-retours, les développeurs proposent des niveaux linéaires, à parcourir d’un point A à un point B, avec des zones cachées et des items à récupérer. Les boss sont au rendez-vous, le bestiaire fourni et certaines phases mettent les réflexes à l’épreuve. La présence de quatre Wild Masks aux pouvoirs distincts, dope l’intérêt. Selon le masque, Kaze peut voler, nager, bondir sur les murs, courir à vitesse supersonique. Là encore, l’idée n’est pas neuve, mais elle est appliquée avec soin. Tout le symbole d’un jeu plaisant. (Jeu testé sur Nintendo Switch, également disponible sur PS4 et Xbox One)

Mathieu Menegaux : Femmes en colère

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Par MAB

Cour d’assises de Rennes, 24 juin 2020 : Alors que l’avocat général vient de réclamer « vingt ans », le président invite les jurés -trois magistrats et six hommes et femmes du peuple- à se retirer pour rejoindre la salle des délibérations. Ils tiennent entre leurs mains le sort de Mathilde Colignon, en prison préventive depuis trois ans pour actes de barbarie…. Palpitant et dérangeant récit de procès, « Femmes en colère » se déroule en temps réel sur une journée. A la façon d’une pièce de théâtre ou de l’impérissable long-métrage « Douze hommes en colère » de Sydney Lumet (1957) . Mais en deux lieux de paroles et de réflexions. D’un coté, la salle où les jurés débattent à huis clos sur cette affaire incendiaire, révélatrice de la société post #MeToo. Et de l’autre la cellule avoisinante où la prévenue, gynécologue dévouée, divorcée et mère aimante de deux petites filles, rédige un journal par lequel peu à peu, le lecteur comprend comment elle a basculé dans l’horreur, quelques années plus tôt. Ainsi, en alternant les discussions des jurés et le monologue intérieur de Mathilde, Mathieu Menegaux nous entraîne non seulement dans les méandres du système judiciaire mais aussi dans les ambiguïtés et dérapages de l’âme humaine. Son écriture est vive, juste, précise. Elle nous met dans la salle des débats. Un univers codifié mal connu du citoyen lambda. Comme elle nous installe aussi auprès de Mathilde pour tenter de comprendre comment de victime, elle est devenue impitoyable bourreau. Ce faisant, il nous pousse surtout à nous interroger sur le rôle de la justice face à l’opinion publique, face également à la tyrannie des réseaux sociaux et surtout, surtout face à cette explosion de la colère des femmes qui veulent pouvoir dire OUI et être entendues quand elles disent NON. Dérangeant car au final, il nous laisse seuls juges de la légitimité de la vengeance et du bien fondé de la sentence. A nous ensuite d’en débattre après lecture. Vite lu et passionnant. 

Sky Rojo

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Par Phil Inout

Le pitch

Trois prostituées, Coral (Veronica Sanchez) , Wendy ( Lali Esposito) et Gina (Yany Prado) tentent de fuir le bordel où Romeo (Asier Etxeandia), leur proxénète, les retient prisonnières.  Elles sont poursuivies par ses hommes de main Moisés (Miguel Angel Sylvestre) et Christian (Ebric Auquer), qui n’ont pas inventé la poudre mais aiment la faire parler. Les voilà lancées dans une redoutable cavale,  dont le seul objectif  est : rester en vie cinq minutes de plus …
Ce qu’on en pense

Les créateurs de Casa de Papel frappent encore fort sur Netflix avec cette nouvelle série girlie qui dépote. Un “Thelma & Louise fois trois”  sur l’île de Tenérife,  où trois prostituées font tout et n’importe quoi pour échapper à leurs proxos. B.O rock, sexe,  violence, courses poursuites, humour noir : le cocktail est connu et bien dosé. Le spectateur est embarqué sur un roller coaster sans freins pour 8 épisodes torchés à fond la caisse. Les couleurs flashent, la musique bastonne, les dialogues écorchent les oreilles et on en prend plein les yeux avec trois actrices bombissimes. Pas réaliste pour un sou,  mais jouissif. 

Drive To Survive 3

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Par Phil Inout

Depuis 2019, la série documentaire Formula 1 : Drive to Survive tient en haleine les amateurs de Formule 1,  auxquel elle offre une vue ultra immersive des courses et des coulisses de la discipline,  avec une scénarisation qui en accentue la dramaturgie, un accès extensif à tous les acteurs du circuit F1 (pilotes, mécanos, directeurs, propriétaires, journalistes spécialisés), un montage choc et des images toujours plus spectaculaires. La saison 3, qui arrive sur Netflix pile pour le lancement de la nouvelle saison de courses, ne déroge pas à la règle… Au contraire ! Entre l’épidémie de  Covid qui a bouleversé le calendrier 2020 et décimé les équipes, le fiasco Ferrari, les non renouvellement de contrats de certains pilotes vétérans de la discipline, les transferts surprises et le crash hallucinant de Romain Grosjean lors du Grand Prix du Qatar, la série a rarement aussi bien mérité son titre : conduire pour survivre. Dix épisodes à binger d’urgence avant le début de la saison 2021 à Bahrein .

It’s a Sin

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Par Philippe DUPUY

Le pitch

Ritchie (Olly Alexander), Roscoe (Omari Douglas) et Colin (Callum Scott Howells) débarquent à Londres en 1981. Trois jeunes homos plus ou moins assumés,  dont la vie d’adulte commence avec un virus nouveau qui commence à se propager  dans toute la communauté gay, sans que les autorités médicales ne donnent l’alerte… 

Ce qu’on en pense

Signée Russel T . Davies (Queer as Folk), It’s a Sin est la première mini-série sur les années Sida. Bien que produite par HBO, la série se passe à Londres au début des années 80. Une bonne idée, et pas seulement pour la BO britt pop qui convoque tous les hits de l’époque. En 1981, le sida n’est encore à Londres qu’une vague rumeur venue de New York : une troupe de comédiens gays a été décimée par un mystérieux cancer, apprend-t-on incidemment par une conversation surprise dans un couloir de fac. Mais “le cancer n’est pas contagieux“, répète en boucle Ritchie (Olly Alexander,  sosie  de Tom Hanks jeune) chaque fois que la rumeur revient à ses oreilles. Tout à sa joie de faire ses débuts sur les planches et de consommer des garçons à la chaîne, Ritchie ne veut rien savoir de cette “grosse maladie avec un petit nom” (Prince). De son côté, Roscoe  (Omari Douglas),  jeune black en rupture familiale, n’a pas très envie que ce genre de nouvelle se répande dans son pub gay : mauvais pour le business. Quant- à Collin (Callum Scott Howells) , provincial timide et mal dégrossi, il n’a  pas de vie sexuelle. Pourquoi s’en ferait-il ? Heureusement, leur copine Jill (Lydia West), avec laquelle ils partagent un grand appart en coloc,  s’inquiète à leur place. Elle va tout faire pour en savoir plus sur cette épidémie qui, alors que les familles et les autorités médicales gardent le secret,  a déjà emporté deux de leurs proches amis. Le Sida est une maladie honteuse, car elle ne touche que les homosexuels : c’est du moins ce que l’on feint de croire… Portée par un casting rafraîchissant et entamée sur le ton enjoué d’un soap à la Friends, dans le Londres gay et exhubérant du début des années 80,  It’s a Sin ne tardera pas à virer au drame. En plus de ses qualités scénaristiques et d’une réalisation digne d’un film indé, cette formidable mini-série nous rappelle que, 40 ans après, le virus est toujours là (et fait encore près d’un million de morts par an). C’est pourtant un autre qui fait la Une, dans un brouhaha médiatique inversement proportionnel au silence meurtrier qui a entouré les débuts de l’épidémie de Sida…

Un Homme d’honneur

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Par Phil Inout

Le pitch

Richard Altman (Kad Merad), juge droit et respecté, voit sa vie basculer lorsque son fils Lucas (Rod Paradot) commet un délit de fuite en laissant un motard pour mort. Richard pousse son fils à se dénoncer, mais se rend compte que la victime n’est autre que le fils d’un puissant mafieux, Bruno Riva (Gérard Depardieu)  et que Lucas signerait son arrêt de mort en se livrant aux autorités. Prêt à tout pour sauver son fils, le juge va renier tous ses idéaux, mettre le doigt dans un engrenage infernal et entamer une réelle descente aux enfers…

Ce qu’on en pense

Après This Is Us (devenu Je te promets en VF), TF1 adapte une nouvelle série US, Your Honor, elle même déclinée d’une série israélienne. L’histoire d’une descente aux enfers qui, dans la version américaine, était portée par Bryan Cranston et louchait vers Breaking Bad. Avec Kad Merad dans le rôle principal, on s’éloigne du thriller nerveux et anxiogène pour une forme plus proche de la dramatique télévisuelle,  qui convient sans doute mieux au public cible du prime time de  TF1. Le casting français (Rod Paradot, Gérard Depardieu, Zabou Breitman, Nicolas Duvauchelle…) et quelques changements scénaristiques ne suffisent pas à donner très envie d’aller au bout des six épisodes pour qui a vu les versions précédentes. Kad Merad est moins bon que dans Baron Noir, Depardieu cachetonne, Rod Paradot grimace au lieu de jouer  et les modifications apportées au scénario original ne rendent pas l’histoire plus crédible, au contraire. Après sa diffusion sur TF1, à raison de trois fois deux épisodes le lundi, Un Homme d’honneur sera disponible en intégralité dès le  23 avril sur Disney+

6 X Confin.é.e.s

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Par Phil Inout

Le pitch

Que se passe-t-il à l’intérieur quand il ne se passe rien dehors ? Dans les appartements, dans les maisons, dans les têtes?  Qu’est-ce qui émerge lorsqu’on est coincé durant des semaines en coloc avec sa famille, des presque inconnus ou en couple sans échappatoire ?  6 histoires qui ont en commun de se dérouler durant le premier confinement et qui explorent dans des registres différents la façon dont le meilleur (parfois) et le pire (très souvent) s’expriment dans cette situation inédite.

Ce qu’on en pense

Après Connectés , le film de Romuald Boulanger sorti sur Prime Video pour le #confinement2 , voici 6 X Confin.é.e.s la série,  qui débarque sur MyCanal pile poil pour le #confinement3. Soient 6 courts métrages d’une vingtaine de minutes,  réalisés par des cinéastes débutants comme la photographe Alice Moitié ou  l’humoriste Marina Rollman,  et censés se passer entre mars et mai 2020, pendant le premier confinement. Le premier met en scène Vincent Cassel dans le rôle d’un DJ sur le retour qui héberge chez lui son jeune collaborateur faiseur de sons et sa copine styliste. Au menu : conflit de générations et dj mix en live,  avec un Vincent Cassel en très grande forme. Dans le suivant, William Lebghil et Laura Felpin jouent deux gamers marginaux qui squattent un grand appartement parisien et se prennent la tête aussi bien en présentiel qu’en virtuel.  Le troisième met en scène Gilbert Melki dans le rôle d’un marginal qui tombe en panne de voiture devant un château et décide de camper dans le parc, avec le consentement plus ou moins contraint des chatelains… Bien dirigés, drôles, décalés et percutants,  les six sketches réussissent à être originaux en abordant les thématiques dans l’air du temps. Comme le harcèlement sexuel dans le film le plus marquant, où Ludivine Sagnier, people parisienne, revient dans sa famille de province et apprend,  entre la poire et le fromage,  qu’elle a été victime d’attouchements dans son enfance. Ce qu’elle avait totalement oublié…  Malgré un petite baisse de régime sur la fin, 6 X Confiné.e.s est une nouvelle réussite à mettre au compte des productions Canal +.

Lana Del Rey : Chemtrails…

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Par Ph.D

Les chemtrails sont les panaches blancs laissés dans le ciel par les réacteurs des avions. Les chansons du huitième album de Lana Del Rey leur ressemblent  : elles tracent leur sillon dans votre cerveau et laissent en se dissipant une impression diffuse mais forte. Musicalement, le disque creuse la veine folk “Laurel Canyon” du précédent (Norman Fucking Rockwell),  avec une production encore plus sobre : rien d’appuyé, tout en nuances, des  instruments que l’on entend à peine (un saxophone hyper discret) et d’autres qui dominent (guitares sèches et piano). L’accent est mis sur les parties vocales, empilées en couches multiples. La voix de la chanteuse, qui atteint parfois la pureté cristalline de celle de Joan Baez, n’a jamais été aussi bien mise en valeur. Côté compos,  on pense plutôt à Joni Mitchell, dont Lana reprend un titre,  For Free“, en trio  avec  Zella Day et Weyes Blood. Un folk jazz cinématographique qui ne cherche pas le hit, mais plutôt à installer une ambiance mélancolique. Chemtrails Over The Country Club est un disque pour fins de nuits et petits matins cotonneux. Il ne réconciliera pas Lana Del Rey avec ses détracteurs (qui la trouvent geignarde), mais comblera ses fans, pour qui elle est LA voix de l’Amérique d’aujourd’hui. 

 

Delphine de Vigan : Les enfants sont rois

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Par MAB

Est-ce un mal? Delphine de Vigan (« D’après une histoire vraie », « Rien ne s’oppose à la nuit », « Les Gratitudes ») met désormais ses pas dans ceux de Marc Levy ou Guillaume Musso. Même recette: une documentation abondante sur un sujet grand public, ici la téléréalité et les réseaux sociaux. Et même traitement : Une vingtaine d’années de quelques personnages, traité en mode polar. C’est aussi schématique que ce que font ses aînés. Un brin sentencieux aussi, alors qu’on enfonce, ici, des portes déjà largement ouvertes. Mais la simplicité d’écriture et la construction habile rendent la lecture des « Enfants sont les rois », réellement addictive. Le succès en librairie est assuré. C’est donc plutôt un bien. Sammy, 8 ans et sa sœur Kimmy, 6 ans, sont des gosses influenceurs. Leur maman, ex-fan de Loana, les a transformés en machine à cash. Les deux bambins ont 5 millions d’abonnés sur Youtube. Des « little brothers » qui les observent quotidiennement placer des produits, tester corn-flakes, jouets et baskets et attendent en retour, sourires et poutous d’amour. Mais, alors qu’elle jouait en bas de son immeuble, la petite Kimmy a été enlevée, victime sans doute d’un internaute jaloux. Une enquête policière commence. Mais pas seulement. Il s’agit aussi d’en savoir un peu plus sur Mélanie Dream, la mère des gosses qui dix ans plus tôt, avec l’émission de téléréalité, « Rendez vous dans le noir » a eu son tout petit moment de célébrité… Consommer, être vu, influencer, utiliser les réseaux sociaux pour recevoir de l’argent providentiel… Delphine de Vigan décortique les mécanismes du conditionnement social et de l’addiction à la notoriété. Évidemment, en suivant Kimmy et Sammy sur vingt ans elle en montre les effets néfastes à court et long termes. C’est souvent caricatural. Mais l’on ne peut qu’admettre les bonnes intentions de cette leçon. 

Ginny & Georgia

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Par Phil Inout

Le pitch

Ginny Miller (Antonia Gentry) a quinze ans. Elle se sent parfois plus mature que sa mère, l’irrésistible et dynamique Georgia (Brianne Howey). Après de nombreuses années d’errance à travers le pays, cette dernière décide enfin de s’implanter dans une petite ville du Massachussets. Ginny va apprendre à quoi ressemble la vie d’une adolescente de bonne famille… Ou presque !
Ce qu’on en pense

Portée par un duo mère-fille épatant (Antonia Gentry et Brianne Howey, deux découvertes),  cette nouvelle série Netflix aux airs de teen-drama à l’eau de rose se démarque du genre grâce à ses thématiques sociales et à une intrigue de thriller qui en fait un mix réussi de Gilmore Girls et de Little Fires Everywhere. Le scénario met en parallèle la vie vie quotidienne de Ginny (Antonia Gentry), adolescente métisse douce et innocente, qui découvre l’amour dans son nouveau lycée et celle de sa mère, la tempétueuse et secrète Georgia (Biranne Howey), dont on découvre en flashes back le parcours de vie chaotique, marqué par une furieuse envie d’échapper, par tous les moyens, à sa condition sociale.  La série alterne ainsi humour (avec des dialogues très enlevés), romance et drame à un rythme soutenu. Une bonne surprise.

Florence Aubenas : L’inconnu de la Poste

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Par MAB

Sept ans en immersion dans l’affaire! Sept ans de rencontres, de témoignages ! Sept ans d’aller-retour à Montréal La Cluse, le lieu du crime. Et au final un livre enquête – « L’inconnu de la poste » – qui se lit comme un polar. Avec le souci d’exactitude et l’écriture humaniste qu’on lui connait, Florence Aubenas revient, une décennie après son « Quai de Ouistreham », sur un fait divers terrible, un peu trop rapidement nommé « l’affaire Thomassin ». Certains d’entre nous s’en souviennent peut-être: Le 19 décembre 2008, au matin, alors qu’elle vient de mettre sa fille dans le car scolaire et d’ouvrir son bureau, Catherine Burgod, 40 ans, jolie postière de ce petit village du Haut Bugey est sauvagement assassinée. Vingt-huit coups de couteau. Du sang partout. Elle était enceinte de cinq mois d’un nouveau compagnon… Les regards suspects se tournent d’emblée vers Gérald Thomassin, acteur à la vie marginale, installé dans le village pour décrocher de ses addictions. Avec son visage mi-ange mi-démon bardé de cicatrices, il a tout du coupable idéal. D’autant que, enfant de la Ddass, maltraité par sa famille d’accueil, puis placé en foyer, il a débuté une carrière cinématographique d’une vingtaine de films  avec « Le Petit Criminel » de Jacques Doillon ! On serait tentée d’en raconter plus, tant cette « narrative non-fiction » aussi aboutie que l’était « L’Adversaire » d’Emmanuel Carrère,  est à la fois palpitante comme un thriller et authentique comme une plongée naturaliste dans la France profonde. Celle des territoires oubliés vivotant d’une ruralité moribonde, d’aides de l’état et de travail en usine.  Mais ce serait priver le lecteur de tous les doutes, interrogations et émotions  face aux rebondissements et retournements pathétiques de ce drame révoltant que l’auteure suit sur plus de dix ans avec la nécessité impérieuse de rendre justice. 

Caïd

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Par Phil Inout

Le pitch

Un réalisateur (Sébastien Houbani) et son caméraman (Julien Meurice) sont envoyés tourner le  clip de rap de Tony, un caïd de cité du sud de la France (Abdraman Diakité). Ils se retrouvent embarqués, malgré eux, dans une guerre des gangs… 

Ce qu’on en pense

Nicolas Lopez et Ange Basterga, un Martiguais et un Corse, avaient réalisé en 2017 Caïd,  un film de cité  autoproduit,  dans la lignée de La Haine et Un Prophète, dont l’originalité était d’être tourné en “found footage”. Primés à Cognac,  Netflix leur a proposé de l’adapter en série dans un format inédit  (10 épisodes de 10 minutes) qui semble fait pour les smartphones. Bonne pioche en tout cas  : Caïd est une réussite. Les dix épisodes s’avalent d’une traite et on en redemande. La mise en scène est immersive et hyper rythmée, les dialogues fusent, la direction d’acteurs est efficace (tous inconnus, ils sont tous très justes), tous les personnages existent malgré la brièveté des épisodes,  la tension ne baisse jamais et on compatit aux galères tragicomiques des deux innocents clippeurs  pris en otage dans une véritable guerre des gangs, sur fond de rap et de trafic de drogue.  Scotchant et drôle, Caïd est une des rares bonnes séries françaises de Netflix. Une très bonne surprise. 

Billie Eilish: The World’s…

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Par Phil Inout

2h30 de film sur une icône ado de 17 ans : est-ce bien raisonnable ? Oui,  car il s’agit de Billie Eilish, qui est à 17 ans  le talent le plus éclatant à être apparu sur la scène internationale depuis des lustres. Il suffit de la voir monter sur une scène pour comprendre que Billie est une star née. Le long film que lui consacre R.J Cutler comporte suffisamment d’images de concerts à travers le monde pour s’en convaincre. Mais son intérêt réside plutôt dans les coulisses. L’équipe du film a eu un accès intégral à l’intimité de la jeune chanteuse : de la modeste maison californienne où la famille vit en tribu, aux tour bus, aux chambres d’hôtels et aux loges où elle et son frère sont obligés de  composer et d’enregistrer, par bribes, la chanson du dernier James Bond pour répondre à la commande pressante de la production, rien des deux premières années de sa carrière internationale n’a échappé aux caméras. Une vie de nomade qui s’emballe avec les premiers tubes (“Ocean Eyes” et le phénoménal “Bad Guy“)  et ne se calme deux minutes que lorsque son corps lâche ou qu’elle pête les plombs suffisamment fort pour que son entourage se rende compte qu’elle est à bout. Le film la montre pourtant très entourée de sa famille : son frère Finneas compose avec elle et l’accompagne sur scène,  au point qu’ils forment presque un duo. Sa mère la manage et veille à son bien être sur la route. Son père, plus en retrait, se soucie surtout de sa santé mentale. Car, comme toute véritable artiste, Billie est aussi fragile psychologiquement que physiquement et on la voit craquer à plusieurs reprises sous la pression constante et le rythme effréné de la vie en tournée. Mais a aucun moment, cette ado biberonnée à internet et aux réseaux sociaux  ne songe à demander qu’on arrête de la filmer. Du coup,  le film documente autant la naissance d’une star que son adolescence : de ses terreurs nocturnes à son goût pour le dessin et à ses premières amours. Un jeune black prénommé Q entre et sort de sa vie pendant qu’elle se rapproche de l’idole de son  d’enfance, Justin Bieber. Ce dernier, qui a connu lui aussi la gloire internationale bien avant l’age adulte,  sait déjà tout de ce qui attend Billie, en bien comme en mal. Il se montre étonnamment protecteur dès leur première rencontre (dans les coulisses d’un grand festival) et lui écrit des textos pleins d’empathie. Il est peut-être, celui  qui lui évitera de se brûler prématurément les ailes,  comme tant d’autres icônes adolescentes avant elle.

Kings of Leon : When You See Yourself

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Par Phil Inout

Considérés comme de vagues cousins sudistes des Strokes à leurs débuts, les Kings of Leon ont doucement mais surement fait évoluer leur “southern garage” un peu rêche vers plus de douceur et de musicalité. Commencé avant la pandémie, l’enregistrement de leur huitième album s’est prolongé pendant le confinement. Vu qu’il n’était pas prés de repartir en tournée, le gang Followill  a pris son temps pour peaufiner les arrangements et soigner la production. Et il a bien fait : When You See Yourself est le plus bel album des Kings of Leon. Un disque homogène,  apaisé et mature,  qui s’écoute en boucle sans lasser. Achetez-le, il vous fera de l’usage.