Ça vient de sortir

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Hollywood

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Le pitch   

Hollywood après la Deuxième Guerre mondiale, un groupe de jeunes acteurs et cinéastes pleins d’ambition ne recule devant rien pour percer dans la mecque du cinéma

Ce qu’on en pense

A la manière de La la Land, mais sans la musique, ni la guimauve, la nouvelle série de Ryan Murphy (Glee, American Horreur Story) revisite l’âge d’or d’Hollywood par les coulisses. Rien ne manque à la reconstitution du Los Angeles de la fin des années 40:   les studios, les dinners, les villas hollywoodiennes, les costumes…. Le rendu est à la hauteur du budget pharaonique de la série (on parle de 300 millions de dollars). Côté scénario, on reste un peu sur sa faim :  Hollywood insiste beaucoup sur les zones d’ombre de l’usine à rêve (l’homosexualité taboue, la prostitution, l’alcool, la drogue, les orgies…), sans proposer grand chose d’autre. Heureusement, la mise en scène est enlevée, le casting est super (mention spéciale à Holland Taylor dans le rôle de la chasseuse de têtes Ellen Kincaid et Jim Parsons dans celui de l’agent Henry Wilson) et on s’amuse à croiser les stars de l’époque (George Cukor, Vivien Leigh, Rock Hudson…) dans des situations inspirées de la réalité. Pas génialissime,  mais suffisant pour occuper agréablement les derniers jours de confinement.  

Parcels: Live Vol 1

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Imaginez cinq australiens qui n’auraient écouté que l’album de Daft Punk Random Access Memories durant leur enfance. Au moment d’enregistrer leur premier album éponyme en 2017, après quelques singles totalement inspirés par leur groupe fétiche (“Myenemy”, “Older”, “Gamesofluck” et surtout “Overnight” produit par les Daft), le groupe de Jules Crommelin tenta de prendre un peu de distance,  en lorgnant plus du côté de Metronomy ou de Phoenix. Bon disque mais succès mitigé. D’où, sans doute, l’idée d’un retour aux bases disco funk de RAM, avec ce live in studio dans lequel les Parcels revisitent leur répertoire sans renier cette fois leur influence majeure. Divine surprise : ce Live Vol 1 copieux (18 titres) est la meilleure chose qui soit arrivée au printemps 2020 : léger et dansant comme une bulle de savon s’envolant sur la promenade des Anglais, c’est déjà notre disque de l’été. Vivement le volume 2 !

After Life S2

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Le Pitch

Journaliste dans le quotidien gratuit d’un village anglais, Tony (Ricky Gervais) ne se remet pas de la mort de  sa femme Lisa (Kerry Godliman). D’abord suicidaire, il a décidé de continuer à vivre pour punir le monde de sa méchanceté, envisageant sa misanthropie comme un super-pouvoir

Ce qu’on en pense

After Life aurait pu (dû ?) se terminer au dernier épisode de la saison 1. Le héros incarné par Ricky Gervais avait fait son “travail de deuil” à sa manière particulière, se vengeant avec un humour féroce de la méchanceté du monde jusqu’à finir par comprendre que c’est à lui qu’il faisait le plus de mal. Mais on a tellement aimé l’humour de la série et ses personnages qu’on les retrouve avec bonheur pour une deuxième saison. Du bonheur,  mais un peu d’appréhension aussi : ayant décidé de redevenir l’ homme bon et généreux qu’il était avant de perdre sa femme, et de faire le bien autour de lui plutôt que d’appuyer systématiquement  là où ça fait mal, Tony (Ricky Gervais au meilleur de son humour à froid)  ne risque-t-il pas de décevoir ses fans ?  On fait rarement de bonnes fictions avec les bons sentiments. Et l’effet de surprise ne jouant plus,  on pourrait finir par se lasser des rituels mis en place par la série : Tony regardant les vidéos de sa vie avec Lisa, Tony au bureau raillant ses collègues, Tony en reportage chez les habitants les plus allumés du patelin, Tony au cimetière (avec  la merveilleuse Penelope Wilson), Tony chez le psy (Paul Kaye), Tony au chevet de son père à l’hospice, son crush avec l’infirmière (Ashley Jensen), ses prises de bec avec le postier (Joe Wilkinson) , sa complicité avec Roxy la prostituée au grand coeur (Roisin Conaby) … Heureusement, il y a du nouveau pour relancer l’intrigue: le journal risque d’être vendu et tous les employés pourraient se retrouver à la rue. De quoi redonner à Tony le mors aux dents… 

Other Lives: For Their Love

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Originaires de Stillwater (la patrie de Garth Brooks) dans l’Oklahoma, les  Other Lives  se sont créés, en deux albums, une base de fans passionnés qui voient en eux le parfait croisement de The National et de Neil Young. Leur folk hantée et orchestrale trouve son plus bel  exutoire dans ce troisième album aux compositions plus carrées,  qui devrait leur permettre d’étendre leur audience au-delà du premier cercle de fans. Les chansons de Jesse Tabish sont magnifiées par des arrangements mirifiques qui mèlent guitares piano, cordes et choeurs célestes pour toucher au sublime. For Their Love est un de ces albums dont on sait d’emblée qu’on mettra des années pour en faire le tour, sans jamais en épuiser les charmes.  Si vous ne nous croyez pas, écoutez seulement “Lost Day” :  vous n’aurez pas perdu votre journée.

This Is Us

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Le pitch

Des années 70 à nos jours, la saga d’une famille (presque) ordinaire : celle de Jack et Rebecca Pearson (Milo Ventimiglia et Mandy Moore) et de leurs triplés Randall (Sterling K Brown), Kate (Chrissy Metz) et Kevin (Justin Hartley) entre la côte Est et la côte Ouest des Etats-Unis…

Ce qu’on en pense 

Heureux spectateurs de M6 qui vont découvrir à partir de ce mois-ci la formidable série de Dan Fogelman jusqu’ici réservée aux abonnés Prime Vidéo. En six saisons et 72 épisodes, la série décrit la vie quasi quotidienne d’une famille de la classe moyenne américaine avec ses grands bonheurs (la naissance de triplés), ses drames (la perte d’un bébé), ses résiliences (l’adoption d’un bébé abandonné, né le même jour), ses projets, ses victoires et ses échecs. Des pans de vie qui traversent cinq décennies de l’histoire contemporaine. Un projet grandiose, porté par des acteurs formidables que l’on voit vieillir ou rajeunir au gré de constants aller-retours dans le temps. Impossible de ne pas s’attacher à cette famille dont on découvre peu à peu les nombreux membres, leur personnalité et leurs choix de vie. Loin de l’univers caricatural des sagas familiales à la  Dallas ou  Dinasty , This Is Us touche par son réalisme, sa finesse et sa profondeur.  Attention tout de même : c’est extrêmement addictif et on pleure autant qu’on rit. Préparez les mouchoirs !

Breeders

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Le pitch

Paul ( Martin Freeman) et sa femme Ally (Daisy Haggard) ont tout pour être heureux : un bon boulot, un chouette appart dans les beaux quartiers de Londres et trois adorables bambins. Enfin adorables, c’est vite dit…

Ce qu’on en pense

Amis confinés avec enfants : voici la série qu’il vous faut. Elle vous évitera peut-être de culpabiliser outre mesure si, parfois, il vous vient des pulsions criminelles. Breeders (que l’on pourrait traduire par “éleveurs“, comme pour le bétail) met en scène un couple de quadras de la classe moyenne britannique qui pensaient naïvement qu’avoir des enfants parachèverait le tableau idéal de leur mariage. Grave erreur ! L’arrivée de la marmaille va les confronter à leurs névroses et remettre sérieusement en cause leurs convictions les mieux établies sur les enfants, la paternité, la maternité, l’éducation et la vie en général. Cruel et irrésistiblement drôle, Breeders devrait être sponsorisé par le planning familial. 

 

Humbert : Le monde n’existe pas

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Par MAB

Est-ce une lecture recommandable par ces temps de mélancolie et de doute collectifs ? On ne sait. Pourtant  Le monde n’existe pas  de Fabrice Humbert est notre conseil du jour. Un roman entre polar et dystopie, terriblement addictif dans cette époque ubuesque que nous vivons. L’intrigue est bâtie sur une enquête menée par le narrateur, journaliste au New Yorker, brusquement renvoyé à ses années de lycée dans une bourgade reculée du Colorado par un terrible fait divers : Le viol et le meurtre d’une très jeune fille dont le coupable ne serait autre que l’ex star des lycéens, le garçon brillant dont le reporter était secrètement amoureux dans son adolescence… « Je prétends que tout ce que nous vivons est un livre, un film ou une série » fait dire à son personnage, Fabrice Humbert. De fait, le lecteur se retrouve plongé dans un tourbillon de vrai et de faux. « Notre monde n’existe pas, n’existe plus », martèle le narrateur qui se heurte sans cesse à l’illusion du réel, à la confusion des informations, au trucage des images. Un récit glaçant fait pour tout remettre en question : la perception que l’on a de soi-même et de l’autre. Mais aussi la vérité des médias et les mensonges d’état. Un point de vue bien défendu.

Stones: Living in a Ghost Town

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Par Philippe DUPUY

Décidément,  ce coronavirus (aka #Covid-19) a des effets inattendus. Après Bob Dylan, qui n’avait plus enregistré  de chanson originale depuis 12 ans, c’est au tour des Rolling Stones de sortir du bois, 8 ans après leurs derniers efforts (les dispensables “Doom and Gloom” et “One More Shot” et sur la compilation GRRR! ). Une semaine après leur  live confiné de One World Together At Home (une chouette version acoustique de “You Can’t Always Get What You Want“), le groupe a publié “Living in a Ghost Town“,  une chanson au titre prémonitoire puisqu’écrit avant le confinement. Dans les vidéos postées sur les réseaux sociaux pour annoncer la mise en ligne,  Mick Jagger et Keith Richards ont expliqué que la chanson avait été enregistrée il y a plusieurs mois à Los Angeles et produite par Don Was. Mick a récemment  modifié  les paroles pour les faire coller à la situation actuelle, avec notamment l’inclusion du mot “lockdown” (confinement) répété à plusieurs reprises. Le clip publié sur Youtube (voir ci dessous) compile avec facilité des images de capitales désertées pendant que Mick chante : “Life was so beautiful /Then we all got locked down ” (“La vie était si belle/Et puis on a tous été confinés“). De simple blues sur la solitude urbaine (“I’m a ghost living in a ghost town“), la chanson est ainsi devenue un commentaire sur la pandémie de Covid-19 avec, en exergue,  cette prière: “Please let this be over/ Not stuck in a world without end” (“Faites que ça se termine et qu’on ne soit pas coincés dans un mode sans fin“). Côté musique,  on est sur un mid tempo entre rythm’n’blues et reggae dub, avec guitares discrètes et solo d’harmonica. Cela sonne plus comme du Mick Jagger solo  que comme un vrai morceau du groupe, mais c’est largement ce que les Stones ont sorti de meilleur depuis des lustres. Avec sa mélodie accrocheuse, “Living in a Ghost Town” s’inscrit dans la tradition des chansons “d’actualité” du groupe,  ouverte avec “Street Fighting Man”   (sur les émeutes de 1968 dans le monde) et poursuivie avec “Sweet Black Angel” (sur l’arrestation de l’activiste Angela Davis) “Highwire” (sur la guerre de golfe), “Sweet Neo Con” (sur la guerre d’Irak) et “England Lost” de Jagger en solo sur le Brexit. En attendant la toujours hypothétique sortie d’un nouvel album,  les Stones font savoir qu’ils sont toujours en prise avec leur époque. 

Resident Evil 3 Remake

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Par Cédric Coppola

Septembre 1999. Alors que le monde s’apprête à passer dans le nouveau millénaire, les Zombies de « Resident Evil » envahissent pour la troisième fois la PSOne. Un volet extrêmement attendu après le succès des deux précédents et marqué par les adieux à Raccoon City, là où le virus concocté par Umbrella a vu le jour… Dans la forme, l’aventure ne change pas. On se retrouvait donc devant une aventure à vivre en 3D par des caméras fixes, essentiellement en compagnie d’une certaine Jill Valentine, une agent qui s’engouffrait déjà dans le tristement célèbre manoir en compagnie de Chris Redflied. Le fond, lui marquait un tournant : car s’il s’agit toujours de survie, l’apparition du Nemesis, créature mutante à priori indestructible, était l’occasion de multiplier les courses poursuites haletantes. Une pression constante qui est aussi l’un des points forts de ce remake.

A l’instar de « Resident Evil 2 », sorti l’an dernier, les équipes de Capcom ont revu leur copie pour transformer le jeu en véritable TPS (à la troisième personne). Les déplacements sont beaucoup plus souples et l’approche plus moderne. Idem dans la structure où des sauvegardes automatiques sont présentes en plus des célèbres machines à écrire, qui n’ont plus besoin de ruban pour enregistrer les exploits de Jill… et de son acolyte Carlos. La gestion de l’inventaire est par contre dépassée puisqu’il faut par exemple jeter un objet pour en récupérer un autre si la sacoche de son personnage est pleine. Du point de vue de l’ergonomie on aurait également aimé une option pour afficher la mini-map lors de l’exploration… Cela aurait permis de supprimer des allers retours incessants entre le jeu et le menu option.

Des petits bémols qui n’entachent pas la qualité intrinsèque de ce blockbuster pur jus, où les énigmes passent au second plan. Certes, la surprise est moindre après « Resident Evil 2 », mais comment ne pas louer la technique impeccable. Le jeu est magnifique et les différents endroits visités (Ruelles, Egouts, Commissariat, Hôpital, Laboratoire) dégagent un cachet unique, propre à renforcer la tension. Celle-ci est d’ailleurs à son comble par la présence du Nemesis qui ne lâche pas Jill d’une semelle. Pendant près de dix heures, on se sent vulnérable, on sursaute, puis on reprend espoir quand on trouve une nouvelle arme… avant d’essuyer les gouttes de sueur de son front lorsqu’on arrive à vaincre une des formes du monstre, boss de fin de niveau.

En prenant quelques libertés avec le jeu de 1999, ce « Remake » gagne aussi en dynamisme. Certes le périple est assez court (le gamer est cependant invité à recommencer pour compléter des défis) mais il a le mérite d’être oppressant, sans temps mort. D’une redoutable efficacité, cette fuite en avant purement solo est complétée par la présence de « Resistance », un mode multijoueur asynchrone, où un groupe dirige des survivants pendant qu’une sorte de maître du jeu dépose morts-vivants et consorts sur le chemin des futures victimes. Sur PS4, l’installation de cette variante, qui dispose de ses propres trophées (avis aux collectionneurs de platine) possède même son icône sur l’écran d’accueil de la PS4, rendant ainsi son installation optionnelle. (Jeu testé sur PS4 Pro)

 

The Mandalorian

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Le Pitch

The Mandalorian (Pedro Pascal), un chasseur de primes réputé,  est chargé de retrouver un enfant, enlevé par des mercenaires. Après l’avoir délivré, ne pouvant se résoudre à le laisser à ses commanditaires, il l’enlève à son tour et cherche à le confier à une tribu pacifique. Mais toute la galaxie semble être à ses trousses…    

Ce qu’on en pense

Quoi de mieux pour lancer le service de streaming Disney + qu’un spin off de Star Wars ? Voici donc les aventures du Mandalorian, le chasseur de prime intergalactique,  dont l’armure semble avoir été dessinée par Tony Stark (le réalisateur d’ Iron Man, Jon Favreau, est aux manettes) . Dans l’univers Star Wars, l’intrigue, est située entre la chute de l’Empire et l’émergence du Premier Ordre, pendant la Nouvelle République. Visuellement, la série est à la hauteur des derniers films de la saga et on y retrouve tout l’univers familier de Star Wars.  Celui de la première trilogie en particulier,  avec un côté western encore plus assumé. Le Mandalorian (que ses amis appellent familièrement Mando) est une sorte de Josh Randall de l’espace. D’abord mutique et caché derrière son casque et son armure,  on apprend à le connaitre mieux  au fil des épisodes. Mais l’attraction de cette première saison est évidemment le bébé Yoda, que Mando prend sous son aile et dont on découvre aussi, peu à peu, les pouvoirs de futur maître  Jedi. Les quatre premiers épisodes, que nous avons pu voir en avant première se regardent avec gourmandise et donnent envie de connaitre la suite. Les fans de Star Wars devraient adorer.

Dérapages

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Le Pitch

Alain Delambre (Eric Cantona) est un ex-cadre que 6 années de chômage ont détruit. Contre toute attente, sa candidature est retenue pour un poste de DRH dans un grand groupe aéronautique international. Alain veut y croire à tout prix, et mettre toutes les chances de son côté. Quand il comprend qu’il n’est qu’un faire-valoir pour conforter une candidature déjà retenue, il profite de l’épreuve finale pour dynamiter le système…

Ce qu’on en pense

Le sujet, l’auteur (Pierre Lemaitre adaptant son propre roman Cadres Noirs) et le casting (Eric Cantona, Suzanne Clément, Alex Lutz, Gustave Kervern, Alice de Lencquesaing...) laissaient espérer une série sociale digne d’Arte. Ce n’est, hélas, pas le cas. On ne croit pas une seconde à l’histoire : un groupe aéronautique français en péril doit nommer un cadre à poigne pour liquider les deux tiers de l’effectif d’une de ses usines. Pour cela,  les conseillers du jeune patron (joué par Alex Lutz) imaginent de faire passer aux candidats un examen destiné à prouver leur courage et leur loyauté envers la boite. Ils organisent pour ce faire une fausse prise d’otages,  avec interrogatoires musclés. Parmi les recruteurs très spéciaux pressentis pour conduire les interrogatoires figure Alain Delabre (Eric Cantona), un cadre quinquagénaire au chômage que 6 ans d’humiliations et une situation financière intenable ont rendu prêt à tout.  Comme l’histoire est raconté par lui, du fond d’une cellule de prison, on se doute que ça va mal tourner. Grosses ficelles scénaristiques, dialogues ineptes, personnages caricaturaux, acteurs en roue libre, réalisation sans reliefDérapages ne tient pas la route. On a lâché l’affaire, épuisés, au troisième épisode (sur six disponibles sur Arte.tv).

David Bowie : ChangesNowBowie

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Le 8 janvier 1997, pour fêter ses 50 ans, David Bowie enregistrait pour la BBC un set acoustique de plusieurs chansons. Accompagné de Reeves Gabrels , Mark Plati et de quelques choristes, Bowie revisitait son répertoire en “unplugged”, selon la formule à la mode de l’époque. L’album ChangesNowBowie,  qui  parait  quatre ans après sa mort, s’ouvre d’ailleurs par une version de “The Man Who Sold The World” popularisée par  l’Unplugged in New York de Nirvana paru en 1994. Mais plus qu’un simple set live acoustique ChangesNowBowie propose des chansons réarrangées, mixées et produites comme pour un album plutôt qu’ un show case.  Ce qui fait tout l’intérêt de ce nouveau disque posthume du Thin White Duke.  Certains titres sont d’ailleurs plutôt électriques qu’acoustiques, comme  le “White Light White Heat” de Lou Reed,  sur lequel Reeves Gabrels tord un solo particulièrement énervé.  On aime aussi beaucoup la version d’ “Aladdin Sane“, plus dépouillée que celle de l’album éponyme. Encore un album qu’on ira chercher en vinyle chez le disquaire,  à la fin du confinement: 9 titres c’est la bonne longueur pour deux faces de 33 T. D’ici là on peut déjà l’écouter sur les plateformes de streaming.

Unorthodox

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Le Pitch

Esther Shapiro (Shira Haas),  jeune femme juive mariée contre son gré,  fuit  New York, son mari, sa famille et son groupe religieux ultra-orthodoxe pour vivre sa vie de femme libre à Berlin, où sa mère, avant elle, avait trouvé refuge. Mais sa communauté n’a pas l’intention de la laisser s’émanciper…

Ce qu’on en pense

Cette formidable mini-série allemande est basée sur une histoire vraie: celle d’une jeune femme qui a dû fuir une communauté religieuse de New York pour vivre librement sa vie de femme. Il faut dire que le quotidien des femmes juives hassidiques n’a pas beaucoup évolué depuis le moyen âge. Il consiste essentiellement  à faire des enfants et la popote pendant que les hommes discutent et prient. Evoquée en flashback, la vie d’Esther avant son départ est si différente de celle qu’elle découvre en arrivant à Berlin que le contraste est saisissant. La jeune femme a l’air d’ une extra terrestre tombée de sa soucoupe,  à côté des étudiants étrangers en musicologie qu’elle rencontre par hasard dans la capitale allemande et aux basques desquels elle s’accroche, comme à une bouée de sauvetage. Le physique singulier de Shira Haas, qui l’interprête,  renforce l’impression d’étrangeté qui se dégage de cette série, au traitement vraiment original et délicat. A la fois portrait de femme, immersion dans une communauté hassidique et thriller  conjugal (le mari et un acolyte sont envoyés à ses trousses pour la récupérer), Unorthodox est plus qu’une mini -série en quatre épisode:  c’est un véritable film de quatre heures. L’Allemande Anna Winger (Deutschland 83) signe avec elle l’une des meilleures productions Netflix, tous genres confondus.

The Get Down

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Le Pitch

A la fin des années 70 dans le South Bronx,  des adolescents qui ne peuvent compter que sur eux-mêmes et n’ont pour seules armes face à la vie que leur tchatche, leur don pour la danse, le chant ou le dessin  et quelques bombes de peinture,  rêvent de célébrité. Du ghetto aux galeries d’art de SoHo, du CBGBs au Studio 54 en passant par les tours de verre d’un World Trade Center à peine achevé, ils vont réussir (ou pas) à se frayer un chemin dans ce New York au bord de la faillite, donnant naissance au mouvement hip-hop

Ce qu’on en pense

Vous avez kiffé Validé et Vinyl ? Vous allez adorer The Get Down. Autre série musicale,  diffusée depuis 2016 sur Netflix,  elle se situe entre les deux du point de vue temporel. Après le rock et le punk (Vinyl) et avant le rap (Validé), il y  a eu le disco et le hip hop. The Get Down reconstitue cette époque,  qui correspond à la toute fin des années 70 et au début des années 80. C’est Baz Luhrmann (Moulin Rouge, The Great Gatsby) qui signe le pilote et on peut dire qu’il s’est fait plaisir sur la reconstitution du New York disco:  fringues flashy, BO soul funk, bagnoles, clubs…  Rien ne manque ! Pendant qu’une des jeunes héroïnes, Mylene (Herizen F. Guardiola) cherche à échapper au joug  familial pour devenir la nouvelle Donna Summer, son copain Ezekiel (Justice Smith) fait ses premières armes dans les battles où mixe GrandMaster Flash. On assiste à la fin du disco et aux débuts du hip hop dans le New York vibrant et dangereux des premiers films de Martin Scorsese. C’est top !  Le succès de Validé et le temps libre laissé par le confinement devraient permettre de redécouvrir cette excellente série musicale, passée un peu inaperçue à sa sortie. Comme Vinyl, elle n’a tenu qu’une saison malgré ses énormes qualités.

Run

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Le Pitch

Ruby (Merritt Wever) s’apprête à aller à son cours de yoga à Los Angeles,  lorsqu’elle reçoit dans sa voiture un sms avec la simple mention “Run” (cours). Elle y répond avec le même mot, préviens son mari qu’elle ne rentrera pas à la maison et prend le premier vol pour New York…

Ce qu’on en pense

Si vous n’avez pas encore mémorisé le nom de Phoebe Waller-Bridge, c’est le moment où jamais. Actrice et scénariste anglaise,  c’est la coqueluche du moment. Sa première série, Fleabag, adaptée de son one woman show éponyme et visible sur Amazon Prime, qui la mettait en scène dans le rôle d’une jeune célibataire anglaise fofolle à l’humour sexy et trash,  l’a directement faite entrer au panthéon des humoristes anglo saxons. Elle a ensuite confirmé son talent d’écriture avec Killing Eve, histoire d’une serial killeuse qui tombe amoureuse de la détective lancée à ses trousses (3e saison en cours sur Canal +). Son influence est telle qu’on lui a même demandé de réécrire le scénario du dernier James Bond, Mourir peut attendre. C’est dire l’intérêt que suscite sa nouvelle série Run, dont la diffusion a débuté le 13 avril sur OCS. On y retrouve l’excellente Meritt Wever (mémorable policière d’Unbelievable) dans le rôle d’une jeune mère de famille de la Côte Ouest des Etats Unis qui plaque tout le jour où elle reçoit un SMS  avec la simple mention “Cours“. Entre comédie romantique et  thriller, Run entraîne le spectateur dans une folle cavale à travers les USA et ne cesse de surprendre au fil de sept épisodes menés tambours battants, avec l’humour décapant qui fait la  “PWB  touch“. Idéal pour se changer les idées en ces temps de confinement. Dommage qu’OCS ne distille les épisodes qu’au compte goutte !