Ça vient de sortir

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Ouistreham

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MC Solaar

Par Ph.D

Le pitch

Marianne Winckler (Juliette Binoche), écrivaine reconnue, entreprend un livre sur le travail précaire. Elle s’installe près de Caen et, sans révéler son identité, rejoint une équipe de femmes de ménage. Confrontée à la fragilité économique et à l’invisibilité sociale, elle découvre aussi l’entraide et la solidarité qui unissent ces travailleuses de l’ombre…

Ce qu’on en pense

Adaptation maline du livre-reportage de Florence Aubenas Le Quai de Ouistreham, le nouveau film d’ Emmanuel Carrère (Retour à Kotelnitch, La Moustache) met en scène Juliette Binoche dans le rôle de la journaliste-écrivaine qui s’était faite embaucher comme femme de ménage sur les car-ferries en partance pour l’Angleterre pour toucher au plus prés la réalité des travailleuse précaire et en rendre compte.  Elle y était resté plusieurs mois, en cachant sa véritable identité et en habitant dans un HLM, et avait tiré de son expérience un livre formidable. Ecrivain lui-même,  Emmanuel Carrère fait de ce stratagème le point central du film, insistant sur le sentiment de culpabilité de classe qui anime l’écrivaine tout au long de l’expérience et sur le ressentiment de certaines de celles qui l’avaient accueillie et aidée lorsqu’elle découvrent la supercherie. Florence Aubenas abordait le sujet dans son livre mais pas sous une forme aussi développée. L’autre bonne idée du réalisateur est d’avoir fait appel à de vraies employées de nettoyage pour donner la réplique à Juliette Binoche, par ailleurs trés crédible dans le rôle. Certaines, comme Hélène Lambert qui joue Estelle et Lea Carme qui joue Marilou,  révèlent de vrais talents de comédiennes. L’immersion que propose le film dans le monde des “invisibles” est trés réaliste, notamment pour les scènes de nuit sur les car ferries. On ne remontera jamais à bord d’un d’entre eux sans penser à celles (et ceux) qui en assurent la propreté et à leur dure condition.  

Tromperie

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Par Ph.D


Le pitch

Philip (Denis Podalydès ) est un écrivain américain célèbre exilé à Londres. Sa maîtresse (Léa Seydoux) vient régulièrement le retrouver dans son bureau, qui est le refuge des deux amants. Ils y font l’amour, se disputent, se retrouvent et parlent, des heures durant, des femmes qui jalonnent sa vie, de sexe, d’antisémitisme, de littérature, et de fidélité à soi-même…

Ce qu’on en pense

Chouchou du Festival de Cannes, Arnaud Desplechin inaugurait cette année Cannes Première , la section des habitués recalés de la compétition, avec ce huis clos en chambre assommant,  pseudo littéraire et théatral dont les incontournables Denis Podalydès et Léa Seydoux sont les principaux protagonistes. Expurgé de toute la perversité de la nouvelle de Philip Roth dont il est adapté, le film fait curieusement écho à celui de Guillaume Canet (Lui) – tout aussi indigeste-, lorsqu’il convoque les autres femmes de la vie de l’écrivain (Emmanuelle Devos, Anouk Grinberg et Rebecca Marder complètent le casting). Il faut faire un gros effort d’imagination pour croire que Denis Podalydès les a toutes séduites…

 

 

Compartiment n°6

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Par Ph.D

Le pitch

Une jeune finlandaise prend un train à Moscou pour se rendre sur un site archéologique en mer arctique. Elle est contrainte de partager son compartiment avec un inconnu. Cette cohabitation et d’improbables rencontres vont peu à peu rapprocher ces deux êtres que tout oppose

Ce qu’on  en pense

Compartiment N°6,   du Finlandais Juho Kuosmanen,  convie à un voyage en train dans la Russie profonde en compagie de deux jeunes gens que tout oppose, hormis le désir secret qu’ils ont l’un de l’autre. Laura (Seidi Haarla) rencontre Ljoha (Yuriy Borisov) dans le train de nuit Moscou-Mourmansk. Elle est Finlandaise et voyage en Russie pour apprendre la langue. Il est Russe et rejoint la mine, où il a trouvé du boulot. Entre l’intello et le prolo, le voyage ne s’annonce pas vraiment idyllique: Ljoha boit des quantités de vodka, mange salement, parle fort et pose des questions du genre “Tu vas vendre ta chatte à Mourmansk?” Au point que Laura envisage de quitter le train à la première station (Saint Petersbourg). Mais elle y renonce et finit par trouver du charme à ce garçon, encore plus brut de décoffrage que la majorité de ses compatriotes. Une drôle de relation,  amoureuse et fraternelle,  se nouera entre eux au fil du voyage.   Au Festival de Cannes, où le film a reçu un Grand Prix en juillet dernier, certains festivaliers sont descendus du train en marche, n’y voyant sans doute qu’une romance débraillée. Ils ont eu tort de ne pas aller jusqu’au terminus en forme de parabole sur  la coexistence pacifique (et plus si affinités)  entre la Finlande et son grand ogre de voisin.  On a adoré cette romance moderne et désespérée, dont les deux acteurs, filmés à même la peau par un émule finlandais de Sergueï Loznitsa, auraient mérité un double prix d’interprétation.

Conférence

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Par Ph.D

Le pitch

7 ans après la prise d’otages du théâtre Dubrovka, l’une des tragédies majeures du 21ème siècle dans l’histoire de la Russie, Natalia (Natalia Pavlenkova), revient à Moscou pour organiser une soirée commémorative pour les familles des victimes de l’attentat d’octobre 2002.  Pourquoi sa fille ( Kseniya Zueva) la rejette-t-elle avec une telle violence ? Parviendront-elles à se réconcilier ?

Ce qu’on en pense

Quatrième long métrage d’un des cinéaste russes les plus doués de sa génération, Ivan I. Tverdovsky (33 ans), Conférence met en scène Natalia Pavlenkova dans le rôle d’une mère de famille moscovite, rescapée de la prise d’otages du théâtre Dubovka en 2002 (128 morts dans l’assaut de la police russe). La pauvre femme  s’est retirée dans un monastère après le drame et revient à Moscou organiser une soirée commémorative. Sa fille (Kseniya Zueva),  qui s’occupe seule de son père grabataire,  refuse d’y participer et s’en prend violemment à elle. La soirée réunit peu de monde dans le théâtre où le drame a eu lieu,  mais les présents, pour la plupart rescapés de la prise d’otages,  ont à coeur de raconter leur expérience et de se souvenir de leurs proches qui y sont restés. A tel point que les autorités en prennent ombrage et les forcent à évacuer les lieux. Le souvenir (et le refus du souvenir), le deuil et le choc post traumatique sont au coeur du scénario de ce film  à la lenteur et à la pesanteur assumées. Les images, d’une rare puissance, évoquent la violence subie par les victimes sans jamais la montrer et le drame familal vécu par les héroïnes se dévoile peu à peu. Le cinéaste s’est servi des témoignages de survivants pour alimenter la trés longue et poignante scène de la commémoration,  mais les a fait réciter par des comédiens pour éviter tout voyeurisme. La dénonciation du terrorisme et de la violence de l’intervention policière n’en a que plus de force.

Céline : Guerre

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Par MAB

Toujours délicat d’évoquer Louis-Ferdinand Céline. Malgré son génial Voyage au bout de la nuit, œuvre française majeure du XX eme siècle, nombreux sont ceux qui, en effet, refusent en bloc l’auteur d’intolérables pamphlets antisémites et le partisan du régime de Vichy qui dut s’exiler six ans au Danemark pour échapper au peloton d’exécution. Et pourtant ! voilà que, soixante ans après sa mort, le père de l’inoubliable Bardamu, fait à nouveau parler de lui.  Puisqu’après une rocambolesque découverte, Gallimard publie aujourd’hui des manuscrits inédits de l’écrivain sulfureux. Notamment  Guerre . Un morceau de bravoure – encore un – sur la boucherie de 14-18. Pas de doute, sur l’authenticité de ces pages à la fois autobiographiques et romancées. Malgré une écriture parfois illisible qui a donné bien du mal à l’éditeur, malgré aussi beaucoup de confusions et désordres,  on y retrouve le formidable souffle organique, la noirceur radicale, l’efficacité narrative et la crudité du langage de l’auteur de  Mort à Crédit .  Dès les premières lignes, en effet, le lecteur reçoit en pleine face les éclats d’obus qui frappent à la tête et au bras le maréchal des logis Destouches ( futur Céline ) sur le front belge d’octobre 1914. Mort vivant, pissant le sang, l’oreille hurlante à tout jamais, on voit, – on le voit vraiment tellement la langue est imagée – l’homme blessé se relever, « la guerre dans la tête pour toujours». Il est seul, sur le champ de bataille jusqu’à ce qu’il croise un soldat anglais qui l’aide à rejoindre un hôpital de campagne…La suite sera un chaos de mots, de raccourcis syntaxiques, de pieds de nez à la grammaire et la conjugaison pour décrire dans une langue d’une incroyable modernité à la fois la noirceur du monde, les pulsions de vie de l’être humain et le sexe comme exorcisme à la mort. On termine la lecture de ce court récit halluciné, brutal et trivial, le souffle coupé. Et l’on se dit qu’il va une nouvelle fois, alimenter le débat sur l’homme misérable que Céline a pu être et la puissance décapante de son œuvre littéraire. Avec juste une interrogation tout de même: voulait-il que ces pages brouillonnes soient publiées ?

 

Rolling Stones : El Mocambo

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Par Ph.D 

Ce disque-là, cela faisait juste 45 ans que les fans des Stones l’attendaient. Depuis la parution, en 1977,  de l’album Love You Live. En grande partie enregistré aux abattoirs de Paris pendant la tournée Black and Blue de 1976, ce double album comportait une face  enregistrée dans un club de Toronto, le El Mocambo (El Mo en patois local). Pour beaucoup, la “El Moncambo Side” était la meilleure du disque, la plus roots en tout cas,  avec ses trois blues antediluviens (“Mannish Boy”, “Little Red Rooster” et “Around and Around“) et un reggae que les Stones ne jouaient  que très rarement. Comme un des deux “secret shows” que les Stones avaient donné là en mars 1977 avait été enregistré en intégralité, on pouvait penser que le reste du concert était de cet acabit. D’où l’attente, énorme. Mais, alors que les Stones publiaient des live à tout va, celui du El Mocambo restait introuvable. Jusqu’à aujourd’hui.   Et ça valait le coup de survivre jusque-là ! Le double CD du Live at the El Mocambo reprend la quasi intégralité du second show. Soit 23 titres, dont 12 ne figurent pas sur Love You LiveLe son est bien meilleur et le groupe (qui n’avait plus joué en club depuis 17 ans et n’y jouerait plus avant presqu’autant) joue beaucoup mieux. Ron Wood avait eu le temps d’apprendre les solos de Mick Taylor pendant la tournée 76 et Keith Richards, qui devait comparaitre devant un tribunal canadien pour détention d’héroïne, avait entamé une énième mais salvatrice cure de désintoxication. Résultat : les Stones n’avaient pas aussi bien joué depuis longtemps et la setlist est topissime   (All Down the Line”, “Dance Little Sister”, “Hands of Fate”,” Rip this Joint”, “Luxury”, “Route 66”, “Crazy Mama”, “Worried Life Blues”...)  Bref, c’est Noël en mai pour les fans. Seul bémol : la pochette est tellement moche qu’elle ne donne pas envie d’acheter le vinyle. Pour le coup, on préfère nettement celle de Love You Live. A l’époque les Stones avaient du goût : c’est Andy Warhol qui l’avait réalisée,  pas un robot graphiste !

Arcade Fire: WE

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Par Ph.D 

Les anciens le savent : les plus grands disques commencent généralement par vous résister. A la première écoute, ils séduisent rarement. Il y a pourtant des exceptions à la règle et le nouvel Arcade Fire en fait partie. Il est tellement facile d’accès qu’on a l’impression de l’avoir déjà écouté cent fois. C’en est presque décevant. Toutes les chansons paraissent familières. On serait presque tenté d’aller chercher la pochette de Funeral pour vérifier que ces titres n’y figuraient pas déjà. Le groupe canadien a mis deux ans pour l’enregistrer, pendant les differents confinements. Connaissant sa créativité,  on pouvait s’attendre à un double, voire un triple album. A l’arrivée pourtant, il n’y a que 6 titres. Quarante minutes de musique en tout et pour tout. A l’ère CD, c’est remarquablement peu. Ceci explique sans doute cela :  le groupe a tellement élagué qu’il n’a gardé que le meilleur du meilleur. WE est un album d’Arcade Fire parfait. Musical, engagé, fiévreux, sombre et stimulant à la fois. Peut-être bien leur chef d’oeuvre.

Renaud : Métèque

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Par Ph.D 

Après son chouette album pour enfants (Les Mômes et les enfants d’abord), Renaud revient avec un album de reprises. Son inspiration l’ayant abandonné depuis belle lurette, c’est une plutôt bonne idée. D’autant que la sélection de titres est trés personnelle et renvoie à l’histoire de la chanson française et à ses grands interprêtes : Moustaki, Montand, Reggiani, Françoise Hardy, Trenet, Ferrat, Bourvil, Hugues Aufray, Bobby Lapointe, Higelin… 13 titres pour la plupart peu connus ou oubliés,  avec lesquels Renaud, bientôt septuagénaire,  rend hommage à ceux qui ont guidé sa route. Certaines des chansons comme “Si tu me payes un verre” (Reggiani) auraient pû être signées de sa main. D’autres sont nettement plus éloignées de sa manière. Mais ils se les approprie toutes joliement et les chante d’une voix plus assurée que sur ses deux précédents albums. C’est la bonne nouvelle de celui-ci : Renaud peut chanter à nouveau. 

Sylvie Germain : La puissance des ombres 

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Par MAB

« Que chacun vienne déguisé en station de métro ». Telle avait été la consigne de Daphné et Hadrien pour fêter les vingt ans de leur rencontre au bas des marches de la station Saint-Paul. Violette était donc arrivée en patate pour Parmentier . Clémence enveloppée d’un drapeau de l’ Europe, Idriss en braies et fatras d’armes, façon Alésia , Alexis en éclopé pour  Invalides… Bref, tous avaient joué le jeu avec talent et inventivité. Les hôtes des lieux avaient installé à l’entrée un poinçonneur chantant du Gainsbourg et le serveur, lui-même avait endossé l’habit noir et blanc de l’affiche Dubo, Dubon Dubonnet ! Quelle fête loufoque ! Conversations malicieuses bourrées de références littéraires et de connaissances dans tous les domaines. Danses sur Stromae, chants, alcool à flot : les anciens amis de faculté, aujourd hui quarantenaires, se régalaient…Jusqu’au drame, lorsque Gaspard tomba mystérieusement du balcon. Raide mort sur le trottoir. Et que, quelques mois plus tard Cyril, autre convive, suivit en se rompant le cou dans une rue en escaliers… La prolifique romancière et philosophe, Sylvie Germain a toujours questionné la folie, les déviances et le tragique de l’existence. Voir le mémorable  Jours de Colère  qui lui valut le prix Femina en 1989. Par son style très visuel, sa nature mystique, son engagement humaniste, elle s’est attachée de fidèles lecteurs.  Magnus  a même remporté le prix Goncourt des lycéens en 2009. Cette  Puissance des Ombres, plus faible sans doute que ces œuvres antérieures (vite écrite?) continue dans la même veine. Scandée comme une mélopée, enveloppée d’étrange et de faux suspense, elle est construite en deux parties  : D’abord le groupe de fêtards baroques vus plus haut. Ensuite, un homme prisonnier de sa solitude, au cœur enténébré, hanté par son passé et sa culpabilité. Les premiers étaient juste païens. Lui porte jusqu’au désespoir l’absurde de la condition humaine. Poignant. 

MLB the Show 22 

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Par C.C

Petite originalité de MLB the Show 22 : Être un jeu Sony également disponible sur Xbox Series X, y compris avec l’abonnement du Game-pass ! Que l’on choisisse l’une ou l’autre des versions, le rendu est identique et cette simulation de Baseball est taillée pour ravir les amateurs de la discipline. Pour peu que l’on connaisse les subtilités de ce sport et que l’on maîtrise à minima la langue de Shakespeare (pas de traduction française), on prend du plaisir à enchaîner les home runs grâce à un gameplay très complet, où il est possible de lancer la balle de différentes manières mais aussi d’ajuster constamment sa tactique pour être certain d’empocher la victoire. Porté par une belle réalisation, avec une ambiance parfois survoltée, le titre développé par SIE San Diego Studio met à l’honneur une pléthore de modes de jeux, qui vont de la saison classique à la possibilité de faire gravir les échelons à son poulain. Une variante de Ultimate Team avec des cartes à collectionner mais aussi la Conquête, encore plus stratégique, sans compter des défis à compléter, font de ce cru 2022 un opus solide, auquel on pourra toutefois reprocher d’être un peu trop proche de son aîné, déjà fort complet. (Jeu testé sur PS5)

 

 

Assouline: Le Paquebot

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Par MAB

26 février 1932. Le « Georges Philippar », paquebot « blanc et beau comme un cygne » quitte Marseille pour une croisière inaugurale de quarante -trois jours jusqu’au Japon. A son bord, 358 passagers, 347 membres d’équipage et l’énigmatique narrateur de cette aventure, Jacques-Marie Bauer, expert en livres anciens et féru de littérature. Lui est sans doute une invention du remarquable conteur qu’est Pierre Assouline. Son témoin fictif pour relater avec romanesque une poignante et passionnante vérité historique qui viendra en fin de roman, lorsque le paquebot entamera son voyage de retour.  A l’aller donc, tout va bien à bord malgré quelques soucis récurrents de court-circuits. Sous le regard perçant de Bauer, les passagers de première classe se la coulent douce, « au régime délicieusement enivrant de la lenteur ». Ils dénigrent ou savourent la nourriture, jouent aux échecs, débattent des mérites de tel ou tel écrivain ou artiste du moment… et lorsque entrent en scène des Allemands, des camps se forment au sein de cette petite société cosmopolite : l’ascension d’Hitler divise l’assemblée. L’angoisse monte sur le sort de l’Europe, ainsi que sur leur propre sort,surtout que les incidents techniques se multiplient. La suite donnera raison à tous les Cassandre : Lors de la traversée du retour, le navire prendra feu au large d’Aden dans la nuit du 15 au 16 mai 1932. On se serait cru au « Bazar de la charité » diront les survivants ! Parmi les disparus : le grand reporter Albert Londres, dont le même Pierre Assouline a écrit la biographie. Tombé à la mer alors qu’il ne savait pas nager ou brûlé vif dans l’incendie, on ne sait pas. Ce que l’on sait c’est qu’il emporta avec lui les derniers articles que tout Paris attendait sur la guerre sino- japonaise. De l’Europe, on sait bien ce qu’il advint quelques années plus tard ! Malgré le peu de cas que Pierre Assouline fait de Stefan Zweig, il y a du « Monde d’hier » dans « Le Paquebot ». Mais par le ton volontairement anachronique et les messages intemporels sur la montée des périls, il y a aussi, hélas, un peu de celui d’aujourd’hui. Bonne lecture.

 

 

Disquaire Day 2022

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Par Ph.D

Pour le Disquaire Day du 23 avril 2022, voici dix albums récents sur lesquels vous pouvez investir les yeux fermés, mais les oreilles bien ouvertes  (cliquez sur le titre pour lire la chronique) 

1) Strictly A One Eyge Jack de John Mellencamp 

2) Skinty Fia de Fontaines DC

3) Unlimited Love de RHCP 

4) The Fantasy Life of Poetry and Crime de Pete Doherty 

5) Lucifer on the Sofa de Spoon

6) The Boy Named If d’Elvis Costello 

7) Extreme Witchcraft de Eels

8) Child of the State d’Ayron Jones 

9) Day/Night de Parcels 

10) Imposter de Dave Gahan

 

John Mellencamp : Strictly A…

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Par Ph.D

John Mellencamp, dit “Cougar”, a eu son heure de gloire dans les années 80-90 avec quelques bons albums (Scarecrow, Big Daddy, Whenever We Wanted...);  un peu surproduits – l’époque voulait ça- qui ont laissé place,  au fil des ans,  à des opus de moins en moins mémorables,  jusqu’à ce que leur auteur finisse par disparaitre des têtes de gondoles. Mellencamp a néanmoins continué à travailler et à tourner,  finissant par acquérir une stature de semi-héros déchu de l’Americana, quelques étages au dessous de Springsteen, John Fogerty ou Tom Petty. Et soudain, sans prévenir, en 2022, le voilà qui publie un disque que personne n’attendait et qui est peut-être son chef d’oeuvre. Sa voix a changé (On croirait entendre Tom Waits chanter du Springsteen; le Boss vient d’ailleurs pousser la chansonnette en duo sur deux titres), mais son inspiration est intacte : de l’Americana haut de gamme,  entre folk, rock et country. La production est parfaite avec les plus beaux sons de guitare acoustique qu’on ait entendus depuis longtemps, des violons qui donnent envie de danser la gigue, des guitares électrique qui claquent. Les chansons sont toutes excellentes, formant un nouveau classique du genre. Du genre qu’on écoute encore  quarante ans après…

 

Fontaines DC : Skinty Fia

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Par Ph.D

Au rythme d’un album par an, Fontaines DC publie déjà son troisième opus et confirme qu’il est le meilleur groupe du moment. Le titre (Skinty Fia, La Damnation du cerf ) suggère un retour aux racines irlandaises,  mais le son est toujours celui du meilleur rock anglais, dans la lignée des Joy Division, Cure, Wire et consorts. L’ambiance n’est pas à la rigolade :  Gian Chatten déclame ses textes plus qu’il ne chante,  les guitares tabassent et la section rythmique pèse des tonnes. Trois des dix titres ayant déjà été publiés en ligne,  on a l’impression d’avoir déjà écouté le disque, qui complète idéalement les deux premiers. Car il a le même défaut que ses prédécesseur : trop court !

 

Matrix Resurrections

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Par J.V

Le pitch

Dans l’espoir de savoir avec certitude si sa réalité propre est une construction physique ou mentale, et pour véritablement se connaître lui-même, M. Anderson / Néo (Keanu Reeves) doit de nouveau suivre le lapin blanc. Et si’il a bien appris quelque chose, c’est qu’une telle décision, quoique illusoire, est la seule manière de s’extraire de la Matriceou d’y entrer. Or,  cette dernière est plus plus puissante, plus sécurisée et plus redoutable que jamais…

Ce qu’on en pense

Beaucoup de choses ont changé depuis le premier  Matrix  en 1999. La saga de Néo n’a pas seulement révolutionné le genre (Science-Fiction) , elle  a aussi changé le Genre de ses créateurs. Entre temps,  les frères Wachowski,  sont devenus des soeurs ! Autant dire que Résurrections était attendu… Et qu’il vaudra mieux avoir révisé la première trilogie si on veut savourer les références meta que Lana Wachowski, désormais seule aux manettes distille au fil de l’intrigue. Visuellement, ce nouvel opus n’est pas aussi révolutionnaire que le premier à son époque, mais il a quand même fière allure. Les scènes d’action sont toujours hyper spectaculaires et Keanu Reeves retrouve avec bonheur son personnage d’Elu… Devenu développeur d’un jeu vidéo baptisé Matrix ! Dommage que la réalisatrice ait cédé à la nouvelle habitude hollywoodienne qui consiste a étirer les films au delà de deux heures. Alors que la première partie est un pur plaisir, la dernière est pénible et confuse.