Ça vient de sortir

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Cigarettes After Sex : Cry

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Non contents d’avoir le plus beau nom de groupe du monde, les Cigarettes After Sex produisent la plus belle musique qui soit. On craignait qu’ils ne puissent jamais surpasser la perfection ouatée de leur premier album,  paru il y a deux ans,  et qu’on écoute encore en boucle chaque fois qu’une soirée s’éternise. Leur second est encore meilleur,  avec des chansons qu’on croirait remixées du Velvet 3 par Roger Waters pour un film de David Lynch : crépusculaires et sensuelles, portées par la voix androgyne de Greg Gonzalez et des arrangements minimalistes de musique de chambre. Etonnant pour un groupe originaire d’El Paso (USA). Beau à pleurer, Cry est  l’album de l’hiver… Et de tous les suivants. A écouter en boucle sous la couette avant, pendant et après l’amour…

The Cure: 40 Live

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Sans qu’on s’en rende bien compte, The Cure est devenu cette chose énorme qui peut se permettre de réapparaître tous les cinq ans, de remplir les stades sans la moindre publicité , d’y donner des concerts phénoménaux de près de trois heures en alignant tube sur tube et de disparaître à nouveau sans laisser d’adresse jusqu’à l’annonce de la prochaine tournée. Seuls une poignée de groupes au monde peuvent se permettre ce genre de choses. Des dinosaures pour la plupart. En 2018, le groupe de Robert Smith fêtait son 40e anniversaire avec deux concerts historiques à Londres: le premier en juin au Royal Festival Hall, avec une étonnante setlist  reprenant un titre de chacun de ses 13 albums studio dans l’ordre chronologique puis rétrochronologique.  Le second s’est tenu au mois de juillet à Hyde Park,  avec un programme plus classique d’une trentaine de chansons balayant toute sa carrière. Les deux shows, aujourd’hui disponibles en CD , DVD et BR, sont monstrueux. On s’attendait à plus kiffer le premier, donné en format club dans lequel on n’a plus vu le groupe depuis des lustres. Il est trés bon,  mais c’est celui de Hyde Park qui nous a fait grimper au rideau. Le groupe formé du vétéran Simon Gallup à la basse (since 1979 !),   Jason Cooper à la batterie,  Roger O’Donnell aux claviers et de l’ancien sideman de David Bowie, Reeves Gabrels aux guitares,  est un véritable rouleau compresseur. Et la setlist est imparable : 29 titres 29 tubes immortels. Le son est énorme et la captation vidéo parfaite. Merci Tim Pope ! Au micro et à la guitare Robert Smith est impérial : le temps ne semble pas avoir de prise sur lui. Comme une bonne nouvelle n’arrive jamais seule, Smith a annoncé que Cure allait sortir l’an prochain non pas un,  mais trois nouveaux albums. Avec près de 9 heures de musique cumulées sur les 4CD et 2DVD du coffret, on a largement de quoi patienter jusque-là.

 

Chernobyl

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Par MAB

Diffusée depuis le 7 mai sur OCS ,réalisée en cinq épisodes pour HBO par Johan Renck et Craig Mazin, Chernobyl est enfin disponible en DVD. Série britanico américaine la mieux notée de tous les temps devant Game of Thrones“,  elle mérite l’achat. A l’heure des soucis écologiques de toutes natures, son sujet fait froid dans le dos. Et de fait, il s’agit bien d’un événement. Voire d’un phénomène planétaire. De par son contenu bien sûr,  mais aussi par les conséquences qu’il provoque dans la tête de ceux qui ont vu la reconstitution.  Le contenu d’abord: Comme son nom l’indique explicitement, Chernobyl retrace minutieusement la mécanique qui conduisit le 26 avril 1986 à la pire catastrophe causée par l’homme dans l’histoire de l’humanité (avant Fukushima en 2011). L’explosion à la centrale nucléaire Lénine en ex Union-Soviétique du réacteur n°4. Tout est dévoilé – ou rappelé pour ceux qui s’en souviennent – de l’ampleur du désastre. D’abord, la chaîne d’aveuglements et d’incompétences qui menèrent à la tragédie. Puis le déni par peur de l’Etat ou souci de promotion. Avant l’évidence des irradiations. Les premiers morts des jours suivants. Les agonies terribles des semaines à suivre. L’expulsion des lieux.  L’urgence des solutions à trouver. Les cancers dans les années qui suivront… Et dans cette horreur inconcevable, le portrait de trois êtres humains: un vice premier ministre et deux scientifiques qui tentent de se faire entendre et de limiter les dégâts. Très documenté. Sobre et précis, Chernobyl est effrayant et captivant. Nous ne sommes pas dans une dystopie. C’est le monde que nous avons créé et qui s’est installé dans le mensonge. Depuis il s’est effondré. Le bloc soviétique n’est plus. Nous avons appris à envisager le pire. La vie animale et végétale revient à Chernobyl et le site est même, depuis cette série, un haut lieu touristique ! 

Les plus belles années d’une vie

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Le pitch

Ils se sont connus voilà bien longtemps. Un homme et une femme, dont l’histoire d’amour fulgurante, inattendue, saisie dans une parenthèse devenue mythique, aura révolutionné notre façon de voir l’amour. Aujourd’hui, l’ancien pilote de course se perd un peu sur les chemins de sa mémoire. Pour l’aider, son fils va retrouver celle que son père n’a pas su garder mais qu’il évoque sans cesse. Anne (Anouk Aimée) va revoir Jean-Louis (JL Trintignant) et reprendre leur histoire où ils l’avaient laissée

Ce qu’on en pense

53 ans après,  Claude Lelouch réunit à nouveau Anouk Aimée et Jean Louis Trintignant pour une deuxième suite à Un Homme et une femme (Palme d’or 1966). Un cas unique dans l’histoire du cinéma. On craint le pire (vous avez dit géronto-porn?) et c’est le meilleur qui surgit à l’écran.  Il suffit que Lelouch monte les images d’hier sur celles d’aujourd’hui pour que l’émotion surgisse.  Revoir Anouk Aimée et Jean Louis Trintignant  et les trouver toujours aussi beaux, malgré les ravages du temps…  L’amour et le cinéma, ont cette vertu magique.  La musique chabadabada arrive (en 2cv !) au bout de 40 minutes et on fond. Les bonnes idées pullulent : comme celle de superposer  les images de Trintignant jeune au volant de sa Ford Mustang  sur celles de sa fameuse traversée de Paris au petit matin (C’était un rendez-vous : 18 feux rouges brûlés à un train d’enfer). Personne n’est dupe ( “Il n’y a qu’au cinéma que les histoires finissent bien” dit Jean-Louis à Anne ), mais c’est tellement bon de faire semblant d’y croire. Du bon, du beau , du grand Lelouch.

Fifa 2020

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Par Cédric Coppola

Encensé par les uns, décrié par les autres qui lui reprochent un aspect trop scripté, Fifa suscite le débat mais peut s’enorgueillir d’avoir une énorme communauté et squatte à longueur d’année le top des charts de vente. Bien qu’imparfaite, l’édition 2019 mettait l’accent sur la Champion’s league et l’inévitable « Ultimate team » au contenu sans cesse renouvelé pour mieux fidéliser le gamer. Inscrite dans la continuité, cette nouvelle mouture peaufine quelques manques sur le carré vert. L’intérêt principal réside dans l’arrivée du « Volta Football », des matchs en comité réduit sur des stades fermés. De quoi se rappeler au bon souvenir de  Fifa Street .Une caméra plus proche de sportifs prêts à en découdre en mixte dans des formations de trois à cinq joueurs, des gestes techniques encore plus faciles à réaliser et des parties rapides axées sur le fun. Sans changer radicalement le gameplay, « Volta » assure le show et assume son aspect Arcade. Pour se faire la main, un mode aventure – qui remplace celui consacré à Alex Hunter, qui fait toutefois une apparition – étalé sur cinq grosses heures nous demande de manière classique de partir du bas de l’échelle avant de gravir les échelons tout en recrutant en chemin quelques légendes du ballon rond. Selon ses performances, on gagne des points pour monter les attributs de son protégé… ainsi que des crédits virtuels afin de lui confectionner une garde-robe digne de ce nom. Seule la narration, avec un petit propos sur la popularité sur les réseaux sociaux servi par des personnages stéréotypés déçoit. Passé cette mise en bouche, le online prend la relève. Lequel s’appuie sur un système de division classique mais efficace.

L’incontournable « Ultimate team » voit pour sa part l’arrivée des saisons. Le principe est simple : on enchaîne des matchs en clash d’équipes (solo) ou en Rivals / Champions (online), en accomplissant différents challenges (marquer avec une star en particulier ou en respectant certaines contraintes) pour obtenir de l’expérience. Au plus on atteint les paliers élevés, au plus la récompense est grande. Une initiative qui pousse le gamer à enchaîner les matchs au quotidien,  mais évite en contrepartie de tomber dans les microtransactions, forcément présentes avec des chances très minimes de packer une star… et encore moins un fameux Zinedine Zidane,  désormais présent comme légende. La meilleure solution pour briller avec le Marseillais consiste à espérer l’obtenir en prêt puis d’enchaîner avec les matchs amicaux.  A l’heure actuelle (on n’est pas à l’abri d’un patch), les contrats des joueurs ne baissent pas dans ce mode, qui voit l’arrivée de variantes fantaisistes (rester dans une zone avant de marquer, vitesse accrue…). Sympathique même si on retourne rapidement vers des affrontements classiques. Enfin, l’inévitable « Fut champions » avec 30 matchs à faire chaque week-end pour obtenir des récompenses. On conseillera donc aux seuls passionnés disposant d’énormément de temps de s’investir dans « Ultimate team ». Sans compter que l’achat / revente de joueurs, indispensable pour glaner des crédits est aussi long que fastidieux. Plébiscitée par les adeptes du solo, la carrière est enrichie. En plus de la possibilité de créer son manager (il fallait choisir parmi une sélection d’avatars lors des éditions précédentes), la relation avec ses protégés hors du terrain a désormais une incidence sur leur progression. Les conférences d’après matchs font aussi leur apparition. Ultra complet (plus que la Master League de la concurrence), ce monde est hyper immersif, surtout lorsqu’on commence avec un club de ligue 4 Anglaise dans l’espoir de lui faire soulever la coupe aux grandes oreilles. Inutile par contre d’espérer débuter avec la Juventus… qui apparaît désormais sous le nom de Piemonte Calcio. Heureusement les joueurs (dont Cristiano Ronaldo) sont fidèlement modélisés… Mais cette absence de licence fait tâche dans un titre qui a souvent misé sur son contenu.

Sur la pelouse, les choses évoluent par petites touches et l’ensemble fait plus office de gros patch que de véritable révolution. Un peu plus de percussion dans les duels, un combo centre / tête moins efficace comparé à Fifa 19 et des gardiens plus crédibles sont à l’ordre du jour. Les ailiers sont, par contre,  d’une efficacité redoutable avec une tendance à prendre la défense dans le dos à plusieurs reprises. Le réalisme en prend un coup et les scores sont souvent improbables, avec des lignes cassées en une simple relance. Espérons donc qu’à ce niveau des correctifs voient le jour. Quant au moteur Frostbite, il fait toujours le boulot mais détaille moins les visages que le Fox Engine de Konami. L’atmosphère générale est cependant mieux retranscrite dans le jeu de chez EA Sports. Quant aux commentaires, une nouvelle fois assurés par le duo Hervé Mathoux / Pierre Ménès, ils sont toujours aussi répétitifs avec juste quelques phrases rajoutées ici et là. On conseillera donc de basculer sur les présentateurs anglais (deux duos sont présents), plus en phase avec les actions spectaculaires, toujours au cœur de cet opus. Le parti pris d’avantager les dribleurs comme Neymar aux footballeurs plus physiques (gare aux cartons qui pleuvent) démontre l’orientation foot champagne parfaitement assumée. Une question de goût. (Jeu testé sur PS4 Pro)

Rocketman

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Le pitch

Rockstar adulée, Elton John (Taron Egerton) débarque en costume de scène à une réunion des Alcooliques Anonymes et raconte comment il est devenu alcoolique et accro à tout ce qui existe comme drogues…

Ce qu’on en pense

Quelques mois après le phénoménal succès de Bohemian Rhapsody,  consacré au groupe Queen et à son chanteur Freddie Mercury , débarque sur les écrans un nouveau biopic rock : celui d’Elton John. Anobli par la Reine, le pianiste et chanteur anglais a vendu plus de disques que Queen. Le film, réalisé par Dexter Fletcher,  qui avait repris en cours la réalisation de Bohemian Rhapsody (et sauvé le projet), n’a pas connu le même succès faramineux, malgré son lancement en fanfare à Cannes ?  Cela s’explique sans doute par le fait que, contrairement à Freddie Mercury, Elton n’est pas mort jeune et en pleine gloire. C’est aujourd’hui un papa gâteau de 72 ans, au physique de banquier et sa personnalité fascine sans doute moins que celle de Mercury. Le film le cantonne un peu trop aussi dans les clichés du gamin mal-aimé par sa mère et son père qui devient,  par la grâce d’un talent de musicien hors norme, une méga star planétaire, s’autodétruit dans les excès et se fait exploiter par un manager sans scrupules dont il a eu le tort de tomber amoureux… La prestation de Taron Egerton est, par contre,  épatante. Il  incarne la rockstar à la perfection et chante même à sa place (ce qui n’était pas le cas de Rami Maleck pour Freddie Mercury). Les scènes musicales sont encore meilleures que celles de Bohemian Rhapsody. On regrette même que Dexter Fletcher n’ait pas osé en faire une vraie comédie musicale,  car les plus réussies sont celles qui participent directement à la narration. Comme celle de «Saturday Night’s Alright» en ouverture chorégraphiée. Ou celle de «Crocodile Rock», au cours de laquelle la star et le public s’envolent littéralement. Rocketman rend également justice à Bernie Taupin, parolier des plus grandes chansons d’Elton, resté dans son ombre et avec lequel il collabore pourtant toujours, 50 ans après leur première rencontre. Il met aussi en lumière le rôle décisif de son premier manager, producteur de la vieille école, qui l’a incité à aller sans attendre conquérir les States , en lui donnant ce conseil avisé : «Mets leur en plein la vue et ne te tue pas avec les drogues !». Une excellente édition vidéo qui devrait faire regretter à ceux qui ont fait la fine bouche à sa sortie en salles de ne pas être allé le voir sur grand écran en son Dolby. 

Darrieussecq : La mer à l’envers

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Par MAB

Comment mieux résumer  La mer à l’envers de Marie Darrieussecq que par cet extrait de la page 154 : « On est déjà bien enfoncé dans ce troisième millénaire qui la faisait rêver, enfant. Mais dans aucun rêve, aucun, elle ne parlait avec un garçon de l’âge de son fils, émigré du Niger, blessé dans un campement de fortune, sur un écran portatif qui ferait aussi téléphone, le tout dans une voiture hybride. » ?  Celle qui pense ainsi s’appelle Rose. Elle est à la fois une femme ordinaire et l’héroïne du récit. Et ce Younés qu’elle veut rejoindre pour tenter de le sauver, est un jeune migrant. Elle l’a croisé en mer, quand le paquebot de croisière sur lequel elle passait des vacances « ridicules » avec ses enfants a repêché une embarcation de fortune. Elle lui a alors donné le portable de son fils Gabriel. A l’insu de tous, ils sont restés en contact par géolocalisation. Elle fait aujourd hui, les mille kilomètres qui séparent le pays basque, où elle vit, de Calais,  où il survit. Elle deviendra hors la loi en l’hébergeant… « Il est impossible aujourd’hui de ne pas savoir ce qui se passe en Méditerranée, affirme Marie Darrieusscq. Tous les matins, on doit gérer une énorme culpabilité. Elle est plus forte que jamais » Pour autant, son roman n’a rien de moralisateur. Il s’inspire des témoignages que la romancière recueille de la Porte de la Chapelle à Calais et de Calais au Niger quand elle joue comme elle le dit à « la dame de charité ». Son récit est vif, précis, souvent drôle, très contemporain dans son style. Elle ne fait pas de Rose une sainte. Juste une femme ordinaire, perdue dans son époque et bousculée par une émotion providentielle. C’est bien.

Sibyl

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Le pitch

Psychanalyste, Sibyl (Virginie Efira) souhaite se consacrer à l’écriture de fiction, qu’elle a déjà pratiqué par le passé. Pour s’en donner le temps, elle commence à se séparer de ses patients,  mais ne peut résister à l’appel au secours d’une jeune actrice dépressive, Madeleine (Adèle Exarchopoulos). Enceinte du partenaire de son premier film (joué par Gaspard Ulliel), Madeleine se demande  si elle doit garder le bébé ou se faire avorter.Son amant est un séducteur et un menteur invétéré.En plus, il est en couple avec la réalisatrice du film (Sandra Hüller) !  La situation est déjà compliquée,  mais l’intervention de Sibyl va la rendre encore plus complexe. En panne d’inspiration pour son roman, la psy  se sert des confessions de Madeleine pour nourrir sa fiction, tout en projetant sur elle ses propres échecs sentimentaux… Lorsque Madeleine l’appelle sur le tournage, à Stromboli, pour l’assister psychologiquement, la situation devient totalement explosive et incontrôlable

Ce qu’on en pense

Vous l’avez aimée en avocate désastreuse dans Victoria ? Vous allez l’adorer en psy-catastrophe dans Sibyl. Virginie Efira  confirme un talent qui ne fait que croître et embellir dans le nouveau film de Justine Triet.  Pour ce qui est seulement son troisième long métrage,  la réalisatrice  de La Bataille de Solférino et Victoria  tisse une comédie psychanalytique brillante sans être trop cérébrale qui lui a valu une première sélection en compétition à Cannes. Le film embarque le spectateur dans les méandres de la psychée dérangée de ses personnages et joue très habilement avec les mises en abîmes et les effets miroirs.  Réalité, fiction, cinéma et création littéraire s’entrechoquent dans un maelstrom de sentiments, de sexe, de névroses et d’humour décalé. Intelligent, émouvant, brillamment mis en scène et drôle à la fois,  Sibyl  a tout pour séduire.      

Aladdin

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Le pitch

Quand un charmant garçon des rues du nom d’Aladdin (Mena Massoud) cherche à conquérir le cœur de la belle, énigmatique et fougueuse princesse Jasmine (Naomi Scott), il fait appel au tout-puissant Génie (Will Smith), le seul qui puisse lui permettre de réaliser trois vœux, dont celui de devenir le prince Ali pour mieux accéder au palais.Mais le puissant et cruel Jafar (Marwan Kenzari) qui veut être sultan à la place du sultan (Navid Negahban) risque de contrarier ses plans...

Ce qu’on en pense

On pouvait craindre beaucoup de ce remake d’Aladdin en prises de vues réelles, venant derrière un dessin animé et une comédie musicale ayant tous deux connu un très grand succès. Surtout réalisé par un cinéaste aussi bourrin et tape à l’œil que Guy Ritchie (Sherlock Holmes, Agents très spéciaux).La surprise n’en est que meilleure. Le film est une superbe réussite avec un couple Aladdin/Jasmine (Mena Massoud et Naomi Scott) frais et charmant, une reconstitution du royaume digne des Mille et une nuits, des effets spéciaux réussis, des chorégraphies bollywoodiennes, une belle intégration des passages chantés et des scènes d’action enlevées et pas trop répétitives. Seul petit bémol : le méchant incarné par Marwan Kenzari est un peu fade. Mais c’est l’interprétation du génie par Will Smith qui fait toute la différence. Même peint en bleu et à demi reconstitué en images de synthèse avec la musculature d’Arnold Schwarzenegger, Smith est « génial » dans les scènes de pure comédie comme dans celles exigeant de l’émotion.« J’étais terrifié de passer après Robin Williams (la voix US du dessin animé N.D.L.R.) qui avait fait une composition géniale, confiait l’acteur lors de sa venue à Paris pour l’avant-première. Mais un rôle où je pouvais à la fois chanter, danser et jouer la comédie, ça ne se refuse pas. J’ai essayé de donner au génie un côté hip-hop qu’il n’avait pas dans le dessin animé. Mais je suis surtout fier que le film transmette un message aussi humaniste et féministe ». Car, cerise sur le gâteau, en plus de toutes ses qualités, cet Aladdin 2019 est un film qui milite pour la cause des femmes, avec une Jasmine très « girl power ». « Une évolution tout à fait naturelle du personnageJe n’ai pas eu à forcer le trait » affirme Guy Ritchie. Une superbe édition vidéo assortie de nombreux bonus. 

Douleur et gloire

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Le pitch

La gloire de  Salvador Mallo (Antonio Banderas) appartient au passé. La douleur, en revanche, est son présent : c’est simple,  le réalisateur a mal partout ! Perclus de douleurs, Mallo  s’est coupé du monde. Réfugié dans un appartement musée/mausolée, où n’entrent plus que sa bonne mexicaine et Mercedes, son agent/infirmière dévouée (Nora Navas). La projection à la Cinémathèque de Madrid d’une version restaurée de son chef-d’œuvre va pourtant le tirer de sa retraite. Et fournir l’occasion de retrouvailles inattendues : avec Alberto (Asier Etxeandia) l’acteur-vedette du film, avec lequel il est fâché depuis 30 ans, avec Federico (Leonardo Sbaraglia) ancien amant adoré, avec son enfance (Asier Flores dans le rôle du petit Mallo), avec sa mère (Penélope Cruz et Julietta Serano), avec son passé et, peut-être, aussi avec son avenir…

Ce qu’on en pense

Un homme entre deux âges, qui flotte entre deux eaux… Dès son premier plan , le nouveau film d’Almodóvar annonce le programme.  Avec ce film-confession, intime et magnifique, Almodóvar signe une de ses plus belles réalisations.Peut-être son chef-d’œuvre. Souvent drôle, toujours émouvant, personnel mais jamais narcissique, d’une fluidité totale dans ses allers-retours temporels, d’une beauté époustouflante, écrit au cordeau et joué à la perfection, épuré de toute grandiloquence baroque, c’est l’œuvre d’un grand maître en pleine possession de son art. En ne parlant que de lui (le film aurait pu s’appeler Tout sur moi-même), Almodóvar parle à tous les hommes, à tous les fils et à toutes les mères. La sienne est si importante dans sa vie qu’il lui faut pas moins de deux actrices pour la jouer. Penélope Cruz l’incarne jeune (et elle est merveilleuse), Julietta Serano la joue à la fin de sa vie. La scène où ils se disent adieu est une des plus déchirantes qu’on ait vues au cinéma. Antonio Banderas, rarement aussi bien servi en rôle et en dialogues, est une révélation.

The Dead Don’t Die

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Le pitch

Dans la sereine petite ville de Centerville USA (738 âmes), quelque chose cloche. La lune est omniprésente dans le ciel, la lumière du jour se manifeste à des horaires imprévisibles et les animaux commencent à avoir des comportements inhabituels. Personne ne sait vraiment pourquoi. Les nouvelles sont effrayantes et les scientifiques sont inquiets. Mais personne ne pouvait prévoir l’évènement le plus étrange et dangereux qui allait s’abattre sur Centerville :  les morts sortent de leurs tombes et s’attaquent sauvagement aux vivants pour s’en nourrir. La bataille pour la survie commence pour les habitants de la ville…

Ce qu’on en pense

Sous ses airs de petite comédie horrifique sans importance,  le nouveau film de Jim Jarmusch (Ghost Dog, Only Lovers Left Alive, Paterson  cache  une vision du monde désespérée (mais drôle) et un bel hommage au cinéma de genre,  avec force clins d’œil et citations (George Romero bien sûr,  mais aussi Tarantino et Jarmusch lui-même). C’est plus qu’on n’en attendait du film d’ouverture du Festival de  Cannes 2019,  qu’on avait pu croire se trouver là par défaut (Tarantino n’était pas sur de pouvoir livrer à temps) et pour son casting à réveiller le tapis rouge, sinon les morts : Bill Murray, Tilda Swinton, Adam Driver, Chloé Sevigny, Danny Glover, Steve Buscemi, Selena Gomez, Tom Waits et Iggy Pop (tous parfaits). Savoureux démarquage du film de zombies The Dead Don’t Die est plus sérieux qu’il n’y paraît, avec un message écolo un tantinet apocalyptique :   « Ça va mal finir»  ne cesse de le prédire l’adjoint du shérif (joué par Adam Driver). Ces morts-vivants,  qu’un changement d’axe de la terre peut-être dû à des travaux de “fracturation polaire” a réveillés,  n’étaient-ils pas déjà morts, sans le savoir, d’avoir trop consommé et  surexploité  les ressources de la planète ? C’est ce que pense Bob L’Ermite (Tom Waits), observateur détaché du désastre,  auquel revient le mot de la fin : «Quel monde de merde !». Quand Walking Dead rejoint Une Vérité qui dérange ! 

 

 

Stephan Eicher: Homeless Songs

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En procès avec son ancienne maison de disque, Stephan Eicher n’avait plus sorti d’albums de chansons originales depuis des années. Son cas enfin réglé, il s’est empressé de publier celles qu’il avait continué d’écrire avec (ou sans ) son complice habituel, l’écrivain Philippe Djian. Résultat, ce disque de «chansons sdf»,  sur lesquelles l’helvète underground s’est permis des expérimentations qu’il n’aurait peut-être pas osées dans l’optique d’un nouvel album. Certaines pourront dérouter,  mais l’ensemble donne un disque inspiré et d’une grande richesse musicale. On mesure en l’écoutant combien il nous avait manqué et on a hâte de les écouter en live lors de la prochaine tournée qui s’arrêtera en novembre au théâtre Anthéa à Antibes

Interview : Nolwenn Leroy

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Au naturel, Nolwenn ressemble tellement à un mélange d’Isabelle Adjani et de Sophie Marceau qu’on se demande comment le cinéma ou la télévision ne l’ont pas encore détournée des salles de concert. Mais on s’en réjouit en écoutant son  album Folk, charmante collection de reprises millésimées 70’s, qu’elle vient chanter à Monaco et au Cannet. Pour l’ occasion, Nolwenn nous a raconté le makin of de ce disque boisé et chaleureux, qui sent bon le patchouli et le “Sacré Géranium” cher à Dick Annegarn…

Pourquoi un disque «folk»?
La folk me semblait une évidence, comme une extension de Bretonne. Je n’avais pas envie de faire un Bretonne 2.Travailler sur ce répertoire de chansons romantiques et engagées m’a fait un bien fou. La folk est une musique plus associée aux États-Unis, évidemment, qu’à la France.Pourtant, il y a eu un vrai mouvement en France avec Alan Stivell, Nino Ferrer, Dick Annegarn, Malicorne.Même Cabrel ou Yves Simon… Il y a sur l’album des chansons peu connues mais qu’on a gardées quelque part en tête. J’avais envie de les faire découvrir à une nouvelle génération.

Qu’est-ce que le terme de «folk» recouvre pour vous?
Pour moi, ça veut dire populaire. C’est un mot que j’aime beaucoup, qui a du sens et qui représente quelque chose d’important dans ma vie en tant qu’artiste. «Folklore», dans mon esprit, ça n’a pas le sens péjoratif qu’il peut revêtir dans un milieu parisien. Le folklore, c’est beau. Ce sont des chansons qui réveillent des émotions enfouies, qui rassemblent et réconfortent les jours de pluie.Ce sont des chansons amies comme dans «That’s all folks».Des sons de guitare chaleureux, des mélodies enveloppantes, qui font du bien. L’album que j’emmènerais sur une île déserte, il serait forcément folk:Fleetwood Mac, Neil Young, CS & N ou Dylan…

Il n’y a pas de reprises en anglais pourquoi?
Je voulais rester sur le concept de «folk française».Les reprises en anglais ce sera pour un second volume si celui-là plaît.

Comment s’est fait l’enregistrement?
On a tout enregistré en «live dans le studio» à Paris.Moi au micro et les musiciens autour. Trois ou quatre prises pour chaque chanson. Pas de coupes, pas de bidouillages: on garde la meilleure prise, avec les imperfections que ça peut comporter. C’est là que l’émotion arrive. Dick Annegarn m’a dit que cet album devait sentir le géranium, pas la rose. Pas dans la minauderie, juste un truc terrien. On en revient à l’émotion brute à l’instantanéité. Ca m’a fait du bien de travailler comme cela, car je suis souvent dans la recherche de perfection, à cause de ma formation au conservatoire. Là, on joue ensemble, on respire ensemble, on fait de la musique ensemble.C’est l’essence même du métier.Pour la tournée ce sera la même chose. Je vais me mettre à la guitare, en plus du violon et du piano. Tant pis pour les maladresses! J’espère qu’on fera les grands festivals cet été. Cette musique est faite pour ça. J’ai vécu des moments tellement extraordinaires avec Bretonne. Je voudrais bien retrouver ce feeling.

Comment conciliez-vous la vie de famille et les tournées depuis que vous êtes maman?
Comme toutes les mamans qui travaillent: je fais de mon mieux! Mon fils me suit partout.On reste en famille.Je ne l’ai pas lâché une seule journée depuis qu’il est né. C’est une vie de nomades, mais qu’est-ce qui peut être mieux pour un bébé que d’être toujours avec sa mère? Je ne connais pas d’enfants traumatisés parce qu’on s’en est trop occupés! (rires). Cela demande beaucoup d’organisation, mais ça fait du bien aussi dans ce métier égocentrique.Ca remet bien les pieds sur terre de pouponner, ça permet de prendre du recul sur le reste.

Premier et dernier disques achetés?
Le premier acheté, c’était le 45 tours de «Dangerous» de Michael Jackson.J’adorais la pochette.J’ai passé des heures à la regarder en écoutant le disque.On pouvait rentrer dans l’univers du chanteur par la pochette à l’époque. J’essaie de soigner ce côté-là pour mes propres albums, même si je sais que ce n’est plus pareil avec les CD et le streaming. Michael Jackson est resté mon chanteur de référence. Le dernier disque que j’ai acheté, c’est l’album de Cat Power, The Wanderer, qui me plaît beaucoup avec la photo de son fils et de sa guitare sur la pochette. J’aime sa voix et sa mélancolie. Ses chansons sont magnifiques.


BB Brunes : Visage

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 C’est sur la plage qu’on les a rencontrés, mais leur album est celui de la rentrée. Venus en juin le présenter au Midem à Cannes, les BB Brunes Adrien Gallo, Félix Hemmen et Bérald Crambes, nous ont raconté la genèse de Visage, leur cinquième albumUn disque de 11 titres enjoués qui chantent l’adolescence et l’amour, comme s’ils étaient encore au lycée et que les années 80 ne s’étaient jamais terminées.L’album a la fraîcheur et l’innocence des premiers Téléphone ou Indochine. Avec le son des années 80: une production pleine de synthés vintage et de guitares guillerettes qui tranche avec leurs disques précédents. C’est Samy Osta, le producteur de Feu, Chatterton ! (entre autres) qui les a aidés à accoucher des onze chansons de Visage : “ Son idée était de nous faire jouer en live, en cinq ou six prises, et de garder la meilleure, explique Bérald, le bassiste du groupe. Ça nous allait bien car ces chansons sont nées pendant la dernière tournée et on avait commencé à les jouer en concert. C’était comme un retour aux sources“. « C’est un album qu’on a fait très vite, poursuit Adrien, le chanteur des BB. Pas parce qu’on était pressés, mais parce que ça coulait de source, naturellement. On l’a bouclé en à peine un mois“.C’est sans doute ce qui lui donne sa fraîcheur juvénile et son urgence. Adrien évoque à son propos « un mélange de T Rex et de Nino Ferrer ».

A l’écoute, on pense plutôt à Bijou– que les BBB affirment mal connaître- pour les morceaux les plus rock et à plein de références new wave pour les autres. La production Low Fi de Samy Osta donne un côté brut et rock à ces chansons qui flirtent parfois avec la bluette : « J’ai commencé à écrire les textes dans une période de convalescence amoureuse, puis j’ai retrouvé mon premier amour , confie Adrien.C’étaient des sentiments forts, ça m’a donné des ailes et je me suis lâché ». Au Midem, le groupe s’est prêté à une vraie-fausse session d’enregistrement dans le studio mobile de Dynaudio qui, installé devant le Palais des festivals dans une zone ouverte au public, était une des nouvelles attractions du salon. Les BBB ont ensuite donné un set acoustique dans le Palais, à l’invitation de l’application Songkick. L’occasion de vérifier que les premiers titres sortis en single « Visage », « Habibi », « La Plus belle de toutes les filles » fonctionnaient parfaitement en live. « En fait, on a commencé à les jouer en concerts avant de les enregistrer et on a été surpris de voir qu’au bout de quelques concerts, les fans connaissaient déjà les paroles par cœur.C’était plutôt bon signe » remarque AdrienPour revoir les BB Brunes en concert dans la région, où ils se sont produits à maintes reprises depuis dix ans, il faudra attendre l’année prochaine : “ On devrait démarrer une tournée des clubs en janvier après la sortie de l’album, confient-ils. Il nous tarde de retrouver l’ambiance des concerts. ”.Et nous de retrouver leur nouveau Visage en live.

Iggy Pop : Free

ça vient de sortir|

Les figures tutélaires de David Bowie et de Lou Reed hantent le nouvel album (on n’ose pas écrire le dernier) d’Iggy Pop, intitulé Free , probablement en référence aux éclairs jazz qui le traversent de part en part. Le trompettiste texan Leron Thomas et la guitariste Sarah Lipstate (alias Noveller) sont les invités vedettes de ce disque,  qui tranche avec la production passée ou récente de l’Iguane, notamment l’antepénultième album, Post Pop Depression , produit et joué par Josh Homme des Queen of the Stone Age. La trompette jazz remplace la guitare fuzz sur la plupart des titres qui sonnent plus trip hop que rock. Les compos de la première partie de l’album (plages 1 à 6) sont superbes et la voix d’Iggy y fait merveille. Ça se gâte un peu par la suite,  avec un final qui alterne instrumentaux jazz et  spoken word à la manière des derniers Bowie (Dark Star) et Lou Reed. Iggy récite d’ailleurs un poème oublié du Lou (“We Are The People“) pendant que Leron Thomas agonise à la trompette en fond sonore. La noirceur sépulcrale du dernier titre (ironiquement intitulé “The Dawn”, l’aube) donne à l’ensemble un côté testamentaire de mauvais augure. Mais tout dans tout, Free est, sans conteste,  l’un des meilleurs albums de la carrière d’Iggy en solo. Il le jouera en live le 5 avril à Montpellier (Corum) et le 7 à Marseille (Silo).