Ça vient de sortir

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Camilla Lackberg : Femmes sans merci

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Par MAB

Camilla Lackberg est l’un des poids lourds du polar scandinave . Parenthèse à sa production de pavés noirs dont le plus récent gros succès s’intitulait « La Cage Dorée » , « Femmes sans merci” est un très bref récit, d’une sécheresse glacée. Trois femmes vont s’inspirer d’Alfred Hitchcock et de son « Inconnu du Nord Express » pour se venger des trois maris toxiques qui les ont bafouées, violentées et trompées. Au départ, elles ne se connaissent pas et n’ont rien en commun si ce n’est une semblable détresse conjugale. C’est donc, par hasard qu’elles vont se rencontrer. Mais c’est sciemment qu’elles décident de prendre ensemble leur revanche au moyen d’un forum sur le net. Aidées les unes des autres, chacune d’elle commettra alors le meurtre parfait… Évidemment nombre de lectrices prendront sans doute un certain plaisir à lire cette revanche féminine qui châtie de vrais coupables. D’autant que le suspense est tendu et que l’auteure n’a pas froid aux yeux. Ces 144 pages vite lues seront parfaites pour un après midi de plage. Et tant pis pour les hommes qui trouveront que Lackberg à force de surfer sur la vague #metoo devient une dangereuse virago !

 

Une vie cachée

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 Le pitch

1939 : Franz Jägerstätter (August Diehl), paysan autrichien, refuse de se battre aux côtés des nazis. Reconnu coupable de trahison par le régime hitlérien, il est passible de la peine capitale. Mais porté par sa foi et son amour pour sa femme, Fani (Valerie Pachner), et ses enfants, Franz reste inébranlable

Ce qu’on en pense

Depuis sa Palme d’or, décrochée en 2011 avec The Tree of Life , on pensait avoir perdu Terrence Malick. Ses derniers films , A la merveille , Knight of Cups et Song to Song ont déconcerté ses admirateurs les plus fervents et fini de décourager les plus tièdes. Trop d’élégie tue l’élégie !  C’est donc avec appréhension qu’on se préparait à affronter trois heures d’images d’alpages, de musique sacrée et de considérations philosophico-religieuses en voix off. Et bim ! Malick sort de son fameux chapeau de cowboy ce qui est probablement son meilleur film depuis Le Nouveau monde (2005)Une Vie cachée débute, à la veille de la deuxième guerre mondiale sur des images de parades nazies à Berlin.Dans leur village des montagnes autrichiennes, Franz Jägerstätter (August Diehl) et sa famille croient vivre «au dessus des nuages» qui s’accumulent au dessus de l’Europe. L’orage éclate en mai 39 avec la convocation de Franz à la caserne la plus proche pour faire ses classes.Rapidement démobilisé, car plus utile comme cultivateur que comme soldat, il en garde une aversion tenace pour la vie militaire et la doctrine nazie. Alors que les autres habitants du village se laissent convaincre par la figure du führer et ses thèses racistes, Franz prévient qu’il n’ira pas se battre pour des idées qu’il ne partage pas. Il n’en démordra plus. Menacé, emprisonné, battu, humilié, jugé et finalement condamné à mort, il refusera même de servir comme infirmier pour sauver sa vie et faciliter la vie de sa femme (merveilleuse Valerie Pachner) et celle de ses enfants. Exécuté, il sera béatifié par Benoît XVI en 2007 (le film ne le dit pas, mais l’inspiration religieuse est évidente). Terrence Malick filme le martyre de cet homme comme la Passion du Christ,  avec l’ampleur d’une symphonie pastorale. La photographie (signée Joerg Widmer) est tout simplement magnifique et, pour une fois, le propos a le mérite d’être clair. Le film s’achève sur une très belle citation du Middlemarch de George Eliot : «Le bien croissant du monde dépend en partie d’actes non historiques ; et si les choses ne vont pas pour vous et moi aussi mal qu’elles auraient pu aller, nous en sommes redevables en partie à ceux qui ont vécu fidèlement une vie cachée et qui reposent dans des tombes délaissées». La résistance d’un seul homme vaut pour toute l’Humanité. On  pourra, certes, regretter la fâcheuse tendance de Malick à la logorrhée visuelle et son usage immodéré du grand angle. Une Vie cachée dit en trois heures ce qui aurait pu être exposé en deux. Il n’en reste pas moins que c’est un grand film. Comment le jury Cannois a pu y rester insensible demeure un mystère. 

 

 

Play

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Le pitch

En 1993, Max (Max Boublil) a 13 ans quand on lui offre sa première caméra. Pendant 25 ans il ne s’arrêtera pas de filmer. La bande de potes, les amours, les succès, les échecs. Des années 90 aux années 2010, c’est le portrait de toute une génération qui se dessine à travers son objectif

Ce qu’on en pense

Voilà un film qui risque de donner des idées à tous ceux qui partagent les instants privilégiés de leur vie privée en vidéo sur les réseaux sociaux. Pourquoi ne pas faire, avec toutes ces images,  un long montage qui raconterait leur vie, jour après jour ? Avec les outils numériques actuels, ce serait moins long et compliqué que pour le héros du film qui commence à filmer sa vie en VHS dans les années 90 et a dû stocker toutes les cassettes pendant 20 ans… Le résultat serait-il aussi drôle et émouvant que le film d’Anthony Marciano (Les Gamins)? Pas sûr, mais ça vaudrait le coup d’essayer. Entièrement réalisé comme un « found footage » (images retrouvées), Play raconte l’adolescence et les débuts dans la vie du héros (Max Boublil et ses jeunes doublures) et de sa bande de potes, dont Emma (Alice Isaaz), sa meilleure amie et son amour de jeunesse. Grace au procédé du faux film amateur et à une bande-son composée de tubes des années 90-2000 , ce sont deux décennies qui revivent à l’écran, avec leurs  moments d’euphorie (la coupe du monde de football) et leurs grandes peines (les attentats). Une réussite plutôt inattendue de la part du réalisateur des Gamins

Jeux: spécial DLC

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Par Cédric Coppola

MORTAL KOMBAT AFTERMATH

A tout Saigneur, tout honneur. D’épisodes en épisodes la célèbre série de Kombat ne cesse de s’enrichir et de faire dans la surenchère. La preuve, le 11e épisode accueille une grosse extension « Aftermath » propre à ravir les adeptes de combats en ligne… ou de solo. Six nouveaux chapitres se greffant au déjà copieux mode histoire originel. Dans un périple toujours aussi abracabrantesque qui fait revenir dans le temps une grosse partie du casting pour des batailles encore plus enflammées. Les séquences narratives sont nombreuses et la mise en scène, autant que les dialogues assument le côté nanar Série B. On est donc en terrain connu, mais pour les amateurs, c’est toujours bon à prendre. Loin de s’arrêter en si bon chemin, « MK 11 » accueille de nouveaux combattants. Les deux premiers Sheeva et Fujin sont bien connus des fans… le troisième, et c’est une surprise, se nomme Robocop ! Logiquement assez lourd, le policier fait respecter la loi avec son calibre. Le retrouver dans un jeu vidéo est un véritable plaisir. Le faire affronter d’autres personnages emblématiques, comme le Joker qui avait rejoint le roster l’an dernier est également jubilatoire. Enfin, il est important de signaler que des nouveaux stages et des Friendships – pour clore le combat sur une note moins violente – sont mis gratuitement à disposition de tous les possesseurs du jeu de base. (Jeu testé sur PS4 Pro)

THE DIVISION 2 : WARLORDS OF NEW YORK

C’est une évidence, en seulement deux opus, le AAA d’Ubisoft a marqué cette génération de consoles. Mieux il a su dans cette suite consolider ses bases et gommer les quelques faiblesses du premier volet. Un parfait mélange d’action à mener de préférence en coopération mais aussi de PvP où l’on se bat dans des Dark Zones sans foi ni loi. Si « The Division 2 » changeait de décor, laissant le New York dystopique pour Washington, le DLC permet de revenir dans la Big Apple pour continuer à faire le ménage. Toute l’astuce est de s’appuyer sur un scénario aussi classique qu’efficace dans lequel un dangereux malfrat fait régner la terreur dans la ville en compagnie de ses quatre lieutenants. Chacun d’eux, spécialisé dans un domaine dirige un quartier… et la mission consiste à s’infiltrer sur leur terrain, dans l’ordre de son choix. Récolter des informations, faire parler la poudre sur des ennemis regroupés en bande… Les gunfights sont vifs, nerveux et plus diversifiés que par le passé. On apprécie aussi la refonte de l’inventaire plus simple à gérer. Le niveau de difficulté étant plutôt élevé, l’extension est réservée aux vétérans qui ont atteint au niveau 40. Pas de panique toutefois pour ceux qui n’en sont pas encore à ce stade, une option permet de mettre son soldat à jour avant de le faire débarquer sur Manhattan. Solide. (jeu testé sur PS4 Pro)

CIVILIZATION VI

On ne présente plus « Civilization VI ». Sorti en 2016, le titre de Firaxis Games s’est rapidement imposé comme la référence du genre. Loin de se reposer sur ses lauriers, le jeu se tient constamment à jour et s’est enrichi de deux grosses extensions depuis son lancement. Plutôt que d’en proposer une troisième, les développeurs changent de formule et proposent un « Pass New Frontier » qui proposera du nouveau contenu jusqu’à mars 2021. Tous les deux mois les joueurs auront aussi des possibilités accrues. D’ores et déjà disponible le pack « Mayas et Grande Colombie » voit l’arrivée de deux nouveaux peuples accompagnés, cela va de soi, de leurs dirigeants. L’attention se porte aussi sur le mode Apocalypse,  lequel renforce les catastrophes naturelles auxquelles on est constamment confronté. Les feux de forêts, les pluies battantes mais aussi l’impact d’une comète sont donc désormais de la partie. Mais attention, l’extension « Gathering Storm » est indispensable pour avoir accès à ces problématiques. Quant à la prochaine étape, calée en juillet, elle mettra à l’honneur l’Ethiopie. Difficile avec autant de diversité de ne pas y trouver son compte. (Jeu testé sur PS4 Pro)

 

Les Graciées

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1617, Vardø, au nord du cercle polaire, en Norvège. Maren Magnusdatter, vingt ans, regarde depuis le village la violente tempête qui s’abat sur la mer. Quarante pêcheurs, dont son frère et son père, gisent sur les rochers en contrebas, noyés. Ce sont les hommes de Vardø qui ont été ainsi décimés, et les femmes vont désormais devoir assurer seules leur survie. Trois ans plus tard, Absalom Cornet débarque d’Écosse. Cet homme sinistre y brûlait des sorcières. Il est accompagné de sa jeune épouse norvégienne, Ursa, qu’il a épousée en chemin, comme on achète un chien de traîneau. Enivrée et terrifiée par l’autorité de son mari, elle se lie d’amitié avec Maren et découvre la dure vie des femmes de pêcheurs. Absalom, lui, ne voit en Vardø qu’un endroit où Dieu n’a pas sa place, un endroit hanté par un puissant démon… Inspiré de faits réèls, Les Graciées immerge le lecteur dans une Norvège moyenâgeuse, glacée et boueuse, où les femmes peuvent encore être brûlées vives pour avoir porté un pantalon de travail,  où être accusées de sorcellerie pour avoir exposé sur leur cheminée de simples amulettes en guise d’ex-votos. La prose viscérale et immersive de Kiran Millwood Hargrave envoute et captive jusqu’au terrible final, avec des descriptions précises et de superbes personnages de femmes.  On voit le grand film historique qu’un réalisateur nordique pourrait tirer de ce magnifique roman…

 

Jeux indés: Part 2

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Par Cédric Coppola

 

GOLIATH

Si la réalité virtuelle propose quelques expériences au long cours comme « Resident Evil 7 », elle s’adapte parfaitement aux jeux pensés pour des petites sessions, au plaisir immédiat. « Good Goliath » fait partie de cette catégorie et vous place aux commandes d’un géant aux prises avec des villageois prêts à tout pour défendre leur terre. Casque sur la tête, en vue subjective, un PS Move dans chaque main, le but est de faire face aux différents assauts pour assoir sa domination. Sans surprise,  on retrouve les mécaniques des Tower defense avec différentes vagues à exterminer avant de passer un niveau suivant. Pour arriver à ses fins tous les coups sont permis. Se servir des objets environnants, des tonneaux explosifs ou même attraper des humains pour les envoyer valser sur leurs collègues, rien ne manque… Viser des cibles permet aussi de faire grimper son nombre de points, le jeu de Knocktwice games étant orienté vers le scoring. De quoi s’amuser lors de quelques soirées entre amis, donc  (Jeu testé sur PS4 Pro)

STELLARIS CONSOLE EDITION

Sorti au printemps 2019 sur le PS Store, le 4X de Firaxis connaît aujourd’hui les joies d’une sortie physique. L’occasion de rappeler à quel point ce jeu de conquête spatiale fait partie des fleurons du genre. Pour qui apprécie la SF c’est un véritable plaisir que de construire son propre empire. Bien que moins ergonomique comparée au combo Clavier / Souris,  la jouabilité est parfaitement adaptée au Dualshock 4. La principale difficulté reste de composer avec des menus complexes et fournis… « Stellaris » étant un jeu si riche qu’il ne se dévoile qu’avec le temps, lors de longues sessions… Au point qu’il a parfois l’allure d’une usine à gaz pouvant décourager les néophytes. Les nombreux paramètres à prendre en compte : explorer des territoires, gérer les besoins de son peuple, veiller aux ressources, faire des découvertes et se montrer diplomates avec les autres dirigeants seront votre lot quotidien. Etendre son empire demande de la patience… mais des guerres intergalactiques sont à prévoir, d’autant plus que chaque peuple possède ses spécificités. Un must have pour tous les amateur, parfait contrepoint d’un « Civilization VI ». Mais attention, s’y plonger est extrêmement chronophage ! (Jeu testé sur PS4 Pro)

 

 

Jeux Indés : Part 1

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Par Cédric Coppola

IRON DANGER

Jamais avare quant à nous dévoiler des jeux indépendants, Daedalic entertainment a jeté son dévolu sur « Iron Danger ». Une véritable curiosité qui sort des sentiers battus et déconcerte par son univers atypique à la fois inspiré du folklore finlandais et du Steampunk. Si la vue en plongée reprend celle des Diablo, le jeu se différencie du hack’n slash par ses combats où il faut calculer chacun de ses coups et les mouvements des adversaires… Mais pas de panique : le mode Transe fait tout le sel de cette production signée Action Squad Studios. Ce pouvoir permet en effet de figer le temps pour revenir en arrière et corriger ses erreurs. Seul hic, celui-ci est limité et les ennemis sont passés maîtres dans l’art de l’anticipation. Dotée d’éléments RPG avec un arbre de compétences plutôt fourni, d’une durée de vie solide (près de 20h) et de graphismes soignés, la proposition a de quoi satisfaire le gamer en recherche de jeux différents. (Jeu testé sur PC)

 

 SKELATTACK

Avis à tous les joueurs friands de Metroidvania en 2D… et de Souls Like ! Baptisé « Skelattack » le bébé du studio Ukuza vous invite à prendre le contrôle d’un petit squelette qui en plus d’essayer de retrouver sa mémoire doit protéger le monde de l’au-delà des humains qui souhaitent dérober une précieuse flamme qui maintient la paix. Un scénario prétexte pour faire parcourir des niveaux labyrinthiques et bourrés de secrets au petit tas d’os. Ennemis vicieux, plateformes mouvantes, level-design calculé au pixel prêt. La formule est (bien) appliquée à la lettre et certaines situations sont vraiment cotons. Petite originalité dans un jeu du genre, la mort fait perdre des cristaux durement acquis… Pour les récupérer il faut se rendre à l’endroit où on a échoué. Plus facile à dire qu’à faire… et comme ces joyaux servent de monnaie pour améliorer son personnage et ses compétences, autant dire qu’il vaut mieux être constamment sur ses gardes. Autres spécificités : la légèreté du squelette. Celui-ci est si vif qu’un temps d’adaptation est nécessaire avant de multiplier les doubles sauts sans tomber dans un piège. Idem en ce qui concerne les bonds sur les parois, très nombreux. Un coup à prendre ! (Jeu testé sur PS4 Pro)

1971 PROJECT HELIOS

A défaut de renouveler le genre du jeu de stratégie au tour par tour cher à « X-Com », « 1971 Project Helios » soigne la richesse de son univers pour convaincre les gamers. A ce niveau, les développeurs de Meridiem games et Reco Technology n’ont pas fait les choses à moitié et plongent un groupe de huit mercenaires dans un monde dystopique, où la glace a recouvert la planète. Des survivants aux capacités propres qui s’unissent dans le but de retrouver un scientifique, seul capable de mettre fin à cette horreur. Comme on peut s’en douter, le voyage a plus d’importance que la destination. En plus de varier les environnements, le jeu ne se sert pas du froid comme simple décor puisqu’il a une réelle incidence sur la santé de ses protégés. Il faut donc dépenser habilement et rapidement ses points d’action pour vaincre les ennemis et tracer sa route.  Arbre de compétence, histoire bien ficelée et bande son de qualité sont d’autres atouts de ce titre parfois confus, mais envoutant. (Jeu testé sur Nintendo Switch)

 

 

Neil Young: Homegrown

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 En 1975, profondément déprimé par une rupture amoureuse Neil Young enregistre un album intitulé Homegrown qui ne verra pas le jour. Trop intime, trop douloureux… Le Loner préfère livrer à sa maison de disques Tonight’s the Night, un enregistrement effectué dans les conditions du live… Encore plus triste  !  45 ans plus tard, remettant ses archives à jour, Young décide de publier Homegrown tel qu’il l’avait abandonné. Une aubaine pour les fans qui retrouvent l’inspiration et le son folk de la trilogie impériale After The Gold Rush/Harvest/On The Beach. Guitares acoustique, slide, piano,  harmonica et cette voix juvénile et haut perchée…  Que du bonheur !  Sauf que Homegrown est un disque inachevé. La plupart des  chansons sont plus des démos que des titres définitifs. Beaucoup n’atteignent pas 3 minutes et se terminent en fade out,  genre “on finira plus tard”.  “We Don’t Smoke It No More” est une jam blues instrumentale, dans “Florida” Young parle sur fond de larsen, sur “White Line” le guitariste semble chercher les meilleures notes pour un solo… Seules “Separate Ways” et “Homegrown” sont suffisamment abouties pour se mesurer à ses classiques de l’époque. Cela donne un album inabouti, peu homogène, sans véritable ligne de force.  Un chouette cadeau pour les fans mais, hélas pas le chef d’oeuvre oublié qu’on espérait sans trop y croire.

 

 

Bob Dylan : Rough and Rowdy Ways

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Par Philippe DUPUY

A presque 80 ans, Bob Dylan s’est offert son premier numéro 1 au Billboard avec “Murder Most Foul“, immense  ballade historico-sociologique sur l’assassinat du président Kennedy (mais pas que),  sortie pendant le confinement. Le titre constitue la pièce maitresse de son nouvel album, le premier composé de chansons originales depuis l’excellent Tempest, il y a huit ans. Moins puissant que ce dernier, moins essentiel que Modern Times, son dernier chef d’oeuvre daté de 2006, Rough and Rowdy Ways n’en est pas moins un trés bel album. Celui d’un vieux chanteur qui connaît son American Songbook sur le bout de ses doigts et peut se permettre de chanter le blues comme Howling Wolf (“False Prophet”, “Goodbye Jimmy Reed“) , de flirter avec le jazz et la comédie musicale (“My Own Version of You”, “Black Rider”, “Crossing the Rubicon”) , de se moquer de son statut d’icône de la contre culture (“False Prophet“) et de confesser ses contradictions (“I Contain Multitudes“) sans se trahir, ni céder à la facilité. Il n’a pas volé son Prix Nobel de littérature. Est-ce que ça intéressera les fans de Beyoncé et Jay-Z ? Non, bien sûr. Est-ce qu’on courra l’acheter le jour de sa sortie, comme on le faisait jusqu’à Slow Train Coming (1983) ?  Probablement pas (le streaming n’est pas fait pour les chiens, non plus). N’empêche : à 79 ans, Bob Dylan reste inspiré, pertinent et productif : le Pablo Picasso du rock.   Et Rough and Rowdy Ways est un chouette disque à écouter la nuit. 

Toute ressemblance

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Le pitch

Cédric Saint Guérande (Franck Dubosc), dit « CSG », est LE présentateur préféré des Français. Ses audiences insolentes au 20 heures attisent les jalousies même au sein de La Grande Chaîne, dont il est la star…

Ce qu’on en pense

C’est au festival de Cannes qu’est née l’idée du premier film de Michel Denisot.Au cours d’un dîner avec des producteurs, l’ex-présentateur du Grand Journal de Canal + avait régalé les convives d’anecdotes sur les coulisses de la télévision. Karine Angeli (Un gars, une fille, Brice de Nice) l’a ensuite aidé à écrire le scénario, inspiré de ses souvenirs.Cela donne une comédie grinçante sur les coulisses du JT, dans laquelle Franck Dubosc incarne un mélange très crédible d’Yves Mourousi, de Laurent Delahousse et de PPDA. Les deux derniers font d’ailleurs des apparitions dans leur propre rôle, de même que plusieurs de leurs collègues présentateurs/trices. Histoire de bien souligner que tout cela est pure fiction et que «toute ressemblance etc, etc…». Boudé lors de sa sortie en salles, le film pourrait trouver son public en VOD et dvd. 

Le Prince Oublié

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Le Pitch

Sofia (Sarah Gaye), 8 ans, vit seule avec son père (Omar Sy). Tous les soirs, il lui invente une histoire pour l’endormir. Ses récits extraordinaires prennent vie dans un monde imaginaire où l’héroïne est toujours la princesse Sofia, et son père, le Prince courageux. Mais quand Sofia rentre au collège, elle rêve plutôt du Prince Charmant. Papa-Prince va-t-il devoir s’inscrire au chômage ?

Ce qu’on en pense

Vous avez dit  Pixar ? Les studios américains auraient pu avoir cette idée de scénario, qui mélange Vice Versa et Toy Story. Le passage à l’adolescence, le rapport au père (poule) et à la mère (morte), la romance du papa rêveur (Omar Sy) avec la voisine futée (Bérénice Béjo), le monde de l’enfance représenté comme un studio de cinéma, les clins d’œil à la culture ciné (de Blanche Neige à The Artist) et pop… On imagine bien les armées de scénaristes et de dessinateurs de Pixar plancher sur le sujet  et accoucher d’un nouveau chef-d’œuvre à la Toy Story. Sauf que c’est un scénariste français (Bruno Merle) qui a eu l’idée du film et que c’est Michel Hazanavicius (OSS 117, The Artist) qui l’a réalisé. Sans avoir l’air fauché, le résultat laisse quand même un goût de « pas assez ». Pas assez développé, pas assez écrit, pas assez designé (les décors et les effets numériques sont criards et moches), pas assez incarné, surtout. Le sourire solaire, la dégaine et l’humour au second degré d’Omar Sy ne suffisent pas à donner un supplément d’âme à cette jolie fable. A-t-on vraiment envie de le voir en collant fluos ? Le rôle, en tout cas, ne risque pas de lui valoir un Oscar. À ses côtés, François Damiens incarne un méchant assez truculent et Bérénice Bejo est l’atout charme du film. Mais elle est beaucoup moins bien filmée que dans The Artist et son personnage manque de peps. Hazanavicius, dont on avait beaucoup aimé la parodie de Godard (Le Redoutable), semble ici perdu hors de son continuum temporel, qui débute aux slapsticks (The Artist), passe par l’âge d’or d’Hollywood (La Classe américaine ) et s’arrête peut-être à Godard. On ne le sent pas totalement investi dans le projet. Le Prince oublié reste un chouette film, divertissant et drôle.Mais on a l’impression que le réalisateur est passé à côté de quelque chose. Un grand film, peut-être. 

 

#Jesuislà

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Le Pitch

Stéphane (Alain Chabat) mène une vie paisible au Pays Basque entre ses deux fils, aujourd’hui adultes, son ex-femme et son métier de chef cuisinier. Le petit frisson dont chacun rêve, il le trouve sur les réseaux sociauxil échange au quotidien avec Soo, une jeune sud-coréenne. Sur un coup de tête, il décide de s’envoler pour la Corée dans l’espoir de la rencontrer. Dès son arrivée à l’aéroport de Séoul, un nouveau monde s’ouvre à lui…

Ce qu’on en pense

Cinq ans après le succès surprise de La Famille Bélier (7,5 millions d’entrées), Eric Lartigau retrouve,  non pas Louane (ouf!),  mais Alain Chabat  pour une comédie romantique plus dans la veine de Prête moi ta main (2006). Tel Bill Murray dans  Lost in translation  (Sofia Coppola 2003), Chabat se retrouve immergé dans un monde inconnu (la Corée), à la recherche de l’âme sœur qu’il croit avoir trouvée sur Internet. Mais Chabat n’est pas Murray et Lartigau encore moins Coppola. Quant-à Blanche Gardin, on lui déconseillera à l’avenir les rôles avec accent… Comme on la bande annonce le laissait présager,  #Jesuislà est  une comédie romantique gentillette portée par la présence empathique d’Alain Chabat.

Dans les bois

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Le pitch

En 1994, quatre adolescents disparaissent d’un camp de vacances forestier. Deux cadavres sont retrouvés, mais Artur et Kamila restent introuvables. 25 ans plus tard,  Pavel Kopinski, le frère de Kamila,  qui était moniteur du camp à l’époque,  est devenu  procureur de Varsovie. Il est convoqué à la police pour reconnaître le corps d’un inconnu qui avait son adresse dans la poche : c’est Artur.  Se peut-il que Kamila soit encore en vie ?

Ce qu’on en pense

Il va falloir s’y faire : Harlan Coben sera pour les prochaines années le plus grand pourvoyeur de mini séries policières pour Netflix. Le contrat qu’il a signé avec la plateforme porte sur pas moins de  14 adaptations de ses romans. Chaque pays aura la sienne  ! Du moins en Europe,  où l’écrivain américain connaît un grand  succès, alors que ses ventes sont marginales dans son propre pays. Ceci explique que  Dans les bois soit une adaptation polonaise du roman éponyme, qui se passait aux Etats-Unis.  A part la langue, ça ne change pas grand-chose. On reconnaît immédiatement la patte de l’auteur, qui met d’ailleurs un point d’honneur à superviser la production et les tournages : disparition, flashback, mystère, paranoia, héros ordinaire placé dans une situation extraordinaire… Tout l’univers de l’écrivain est à l’écran. La réalisation, bien que très classique, est plutôt inventive et les incessants allers retours dans le temps, entre les années 90 et nos jours,  permettent de raconter l’histoire de manière non linéaire et d’entretenir le suspense. Les informations sont distillées au compte goutte au fil des épisodes,  histoire de tenir le spectateur en haleine, mais sans trop tirer sur la corde. Le fait que ça se passe en Pologne avec des acteurs du cru (tous excellents) permet d’éviter la sensation de déjà vu. Une plutôt bonne surprise, donc. A charge pour les futurs adaptateurs du maître de faire aussi bien.

 

Super Kickers League

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Par Cédric Coppola

Lassé de Fifa  et PES ? Déçu que la saison de Ligue 1 soit arrêtée ? Ou tout simplement envie d’un jeu de football arcade accessible sans prise de tête ? Désormais disponible en édition physique et agrémenté de quelques DLC, Super Kickers League  possède quelques solides arguments pour séduire l’amateur de Soccer. Ainsi, le titre développé par Xaloc Studios va droit au but. Les terrains sont plus petits, ce qui n’est pas gênant puisque les matchs se déroulent à 4 contre 4 (3 joueurs et un goal). Pas de sortie de balle, ni même de règles ! Les sportifs ont beau être des enfants, tous les coups sont permis, y compris mettre l’adversaire à terre. Bien entendu, le jeu ne se prend pas au sérieux et les footeux prennent l’apparence de Cow-boys, de ninjas et certains d’entre eux sont même masqués (histoire de répondre aux règles sanitaires ?). Pour couronner le tout, des super pouvoirs (sauts défiant la loi de la gravité, vitesse supersonique…) pimentent les parties. Pour se montrer complet,  le soft met à disposition plusieurs terrains aux surfaces différentes et propose quelques tournois. On conseillera cependant d’y jouer en multi, jusqu’à 6 gamers, pour plus de plaisir. Quant aux nostalgiques, ils seront ravis de retrouver un mode rétro, aux graphismes pixel-art. Sympathique,  Super Kickers League  possède malgré tout quelques défauts, à commencer par une certaine lenteur dans le gameplay. Malgré les bonnes intentions, ça manque donc de peps. D’un point de vue technique c’est aussi assez minimaliste. Idem en ce qui concerne les possibilités tactiques, assez retreintes. N’attendez donc pas la folie d’un NBA Playgrounds  transposé sauce foot. A réserver à ceux qui veulent s’essayer au genre ou tout simplement, aux casuals, donc ! (Jeu testé sur Nintendo Switch)

 

Maneater

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Par Cédric Coppola

Un requin déchaîné, des badauds qui se prélassent sur des bouées, un dangereux chasseur et une émission TV décalée… Tels sont les ingrédients de Maneater, un open world rafraîchissant où on incarne, une fois n’est pas coutume, la terreur des mers. L’occasion de découvrir un jeu rempli d’humour noir et qui a le bon goût de ne pas se prendre au sérieux en assumant son côté série B. Après avoir incarné la maman du héros, éventrée par le terrible Pete – problème pour lui : il n’avait pas prévu que le rejeton soit vivant et s’échappe -, nous voilà dans la peau de ce bébé requin, qui va vite gagner en confiance. Dans une aventure chapitrée à l’univers découpé en plusieurs zones de difficulté croissante, la bête va grandir, avec l’idée de se venger. Si les missions ont tendance à se répéter, l’aventure, étalée sur une bonne dizaine d’heures est avant tout un défouloir sans prise de tête. Marre de chasser les poissons au fond de l’eau ? Rendez vous sur la plage pour aller croquer des nageurs ou des vacanciers. Forcément, comme on peut s’y attendre, c’est gore… mais le côté coloré des graphismes équilibre le côté cruel. Si l’aspect technique est en deçà, il n’y a aucun couac et l’ensemble reste parfaitement fluide. L’une des particularités du gameplay est de nous faire à la fois naviguer dans les profondeurs et réaliser quelques éclats à la surface grâce à des coups bien sentis. Deux types d’approche pour varier les plaisirs… sans oublier qu’un arbre de compétence permet d’augmenter la puissance, la résistance ou la vitesse de son protégé. Indispensable vu la diversité du bestiaire… et les boss, plutôt cotons ! (Jeu testé sur PS4 Pro)